Comment l’agente correctionnelle Ashley Singh a bâti une carrière fondée sur la compassion, l’engagement et le service

Ashley Singh dans un uniforme correctionnel de cérémonie accompagnée de deux autres agents en uniforme en arrière-plan.

Lorsque Ashley Singh a mis le pied dans un établissement pour la première fois, elle ne portait pas d’uniforme. En tant que bénévole au début de la vingtaine, elle était simplement poussée par la curiosité et avait un intérêt naissant pour le domaine de l’application de la loi.

« À l’école secondaire, tout le monde parlait des heures de bénévolat », se souvient-elle. « Puisque je savais que je voulais une carrière dans la police ou quelque chose du genre, j’étais ouverte à explorer différents organismes. »

Cette ouverture l’a menée au Service correctionnel du Canada (SCC), où un coordonnateur des bénévoles l’a accueillie dans un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé.
Au cours des deux années suivantes, elle a visité des établissements, contribué à des salons d’information et aidé des femmes à produire leur déclaration de revenus ou à se rendre à des rendez-vous médicaux.

« Certaines personnes qui résident dans une maison de transition n’ont pas de moyens de transport ou ont des problèmes de mobilité », explique Ashley. « Aider ces personnes à répondre à ces besoins quotidiens m’a montré la dimension humaine des services correctionnels. »

Son rôle principal en tant que bénévole était d’aider les agents de programmes responsables du Modèle de programme correctionnel intégré, le modèle holistique que le SCC utilise pour les programmes correctionnels des délinquants. C’est l’un de ces agents qui lui a suggéré de devenir elle‑même une agente correctionnelle.

« Ce n’était pas quelque chose que j’avais envisagé, mais ils ont vu quelque chose en moi et ont pensé que je serais vraiment bonne dans ce rôle », explique-t-elle. « J’ai décidé de présenter ma candidature et deux ans plus tard, j’ai été choisie. »

Ashley s’est jointe au SCC en 2014 et a commencé sa carrière à l’Établissement de Grande Cache en Alberta après avoir suivi le Programme de formation correctionnelle à Régina, en Saskatchewan. À partir de là, elle a transféré vers l’Établissement de Kent, un établissement à sécurité maximale en Colombie-Britannique, avant d’être transférée à l’Établissement du Pacifique, où elle est depuis. Aujourd’hui, elle travaille comme agente correctionnelle II par intérim au Centre régional de réception et d’évaluation, l’une des unités les plus occupées et dynamiques de la région.

« Chaque personne purgeant une peine de ressort fédéral (dans la région du Pacifique) commence son cheminement avec nous », explique Ashley.

Chaque délinquant nouvellement arrivé fait l’objet d’une évaluation de 90 jours dans le Centre régional de réception et d’évaluation avant d’être placé. Les agents recueillent les dossiers d’admission, coordonnent les déplacements quotidiens, répondent à d’innombrables questions et veillent à ce que les personnes aient tout ce qu’il leur est permis d’avoir, des vêtements aux articles de première nécessité.

L’unité compte également une aire de détention temporaire, où les personnes qui ont enfreint leurs conditions sont logées pour une courte durée.

« C’est difficile, parce qu’ils ont déjà été dans la collectivité », indique-t-elle. « Il faut gérer de la frustration, de la déception et beaucoup d’émotions, mais nous devons également répondre à leurs besoins et assurer la sécurité de tout le monde. »

À travers tout ça, Ashley ne se voit pas seulement comme ayant un rôle d’application de la loi, mais comme faisant partie du cheminement de quelqu’un.

« Écouter les délinquants parler de ce qui les a menés jusque-là m’a montré à quel point les gens éprouvent des difficultés », explique-t-elle. « Nous ne pouvons pas contrôler leur passé, mais nous pouvons influencer leur avenir. Aider une personne à rester sur la bonne voie, c’est ce qui compte. »

Son dévouement s’étend au-delà des murs de l’établissement : elle est une fière membre de la garde d’honneur depuis près de 10 ans. Elle s’est d’abord jointe à la garde d’honneur à l’Établissement de Grande Cache, puis a assumé le rôle de chef de brigade à l’Établissement du Pacifique.

« Pour moi, cela représente la discipline, l’unité et la tradition », indique-t-elle. « Que ce soit pour des funérailles, une parade ou le jour du Souvenir, nous sommes là pour quelque chose de plus grand que nous. »

Pour Ashley, la garde d’honneur est également un puissant symbole de la représentation. En tant que femme de couleur, elle est consciente de l’influence qu’elle a sur les jeunes filles qui la voient en uniforme.

Ashley Singh marche dans la rue avec d’autres agents portant un uniforme correctionnel de cérémonie.

Ashley représente fièrement le SCC publiquement en tant que membre de la garde d’honneur.

« Toutes ces jeunes filles viendront pour prendre des photos et se diront “Wow, c’est tellement sympa, c’est vraiment cool!” Je veux être un modèle pour elles, afin qu’elles puissent savoir qu’on peut être une femme et qu’on peut travailler dans les services correctionnels ou pour des organismes d’application de la loi », explique-t-elle.

« J’invite les femmes de tous les horizons à essayer de nouvelles choses et à surmonter les obstacles auxquels elles feront face. La seule façon de devenir plus forte, c’est de se placer dans des situations difficiles. Les services correctionnels sont un environnement difficile et dynamique où tout va très vite et qui vous aide à surmonter les obstacles auxquels vous faites face. »

Vivre dans le moment présent est un aspect essentiel du travail et pour Ashley, ça commence par la conscience de soi, c’est-à-dire reconnaître lorsqu’elle se sent submergée et se donner la permission de prendre une pause et se ressaisir. « Je fais également partie de l’équipe du Programme d’aide aux employés et de la Gestion du stress lié aux incidents critiques, donc je reconnais l’importance de la santé mentale », explique-t-elle.

« Nous sommes les personnes qui soutiennent les autres en cas de traumatisme, de crise ou de rétablissement. Toutefois, nous devons également nous rappeler de nous soutenir nous-mêmes. »

Après plus de 10 ans de service, Ashley espère que son héritage est simple : « Je veux que les gens se souviennent de moi comme d’une personne qui a travaillé fort, qui a fait de son mieux et qui a laissé chaque situation dans un meilleur état qu’elle l’a trouvée », indique-t-elle.

« Si je peux inspirer une personne à se dépasser et à croire qu’elle peut aussi y arriver, c’est la marque que je souhaite laisser. »

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2026-03-03