Épisode 2 : Repartir en force
Dans cet épisode, nous accompagnons Joe, un agent de libération conditionnelle, pendant une journée de travail chargée à Hamilton, en Ontario. Il nous emmène dans les coulisses de son travail de surveillance des délinquantes et délinquants en liberté conditionnelle dans la collectivité.
Avertissement à propos du contenu
Cet épisode relate des faits pouvant troubler certaines personnes. Pour public averti seulement. Si vous êtes victime d’un acte criminel ou si vous travaillez avec le Service correctionnel du Canada, des services de soutien sont à votre disposition.
Transcription de la video
L’emploi, c’est vraiment important pour les gars en liberté conditionnelle parce qu’ils ont passé beaucoup de temps en incarcération.
Beaucoup de gens se sentent coupables d’avoir raté des moments importants pendant leur incarcération. Donc, quand ils sortent de prison, ils sont motivés à repartir en force.
Tout le monde est gagnant. Autant la collectivité, que les gars qui retrouvent une bonne estime de soi.
Introduction
Pour la plupart des délinquants, l’incarcération ne représente qu’une étape de leur peine. La majorité d’entre eux passeront éventuellement une partie importante de celle-ci sous surveillance dans la collectivité. Tandis que les agents correctionnels veillent à leur encadrement en établissement, les agents de libération conditionnelle prennent le relais dans la collectivité. Aujourd’hui, nous accompagnons Joe, un agent de libération conditionnelle à Hamilton.
Bon matin, bon matin!
Aujourd’hui, on va sortir du bureau pour aller rencontrer diverses personnes dans la collectivité, dont des délinquants sous responsabilité fédérale en liberté conditionnelle, dans leur milieu de travail, à leur domicile ou dans une maison de transition.
Les dossiers dont s’occupe Joe l’amènent à se déplacer partout sur le territoire desservi par le Bureau de libération conditionnelle de Hamilton, même si la majorité de ses visites se déroulent dans la ville.
Libéré conditionnel A
Il est environ 7 h 30 et on s’en va faire une rencontre de surveillance.
Aujourd’hui, je vais simplement lui remettre son autorisation de déplacement, qui précise le périmètre où il peut se déplacer pendant sa libération conditionnelle. Pour quelqu’un comme lui, qui est en liberté depuis un certain temps, l’autorisation est renouvelée chaque année.
Hé, comment ça va?
Oui, ça va bien.
Super.
Après avoir passé en revue son autorisation de déplacement mise à jour, la conversation prend une tournure plus personnelle. Le libéré conditionnel revient sur les progrès qu’il a réalisés et sur les étapes importantes qu’il a franchies depuis son retour dans la collectivité.
C’est courant. Comme je l’ai dit, on travaille ensemble depuis près de dix ans.
L’essentiel du travail a été fait plus tôt, à son retour dans la collectivité. Comme il l’a mentionné, il devait alors régler des questions liées à la garde de ses enfants.
Au cours des neuf dernières années, la situation a beaucoup évolué et ils sont parvenus à un bon équilibre. Les enfants vont bien et les choses se passent comme elles le devraient, quand on met de côté la question de la libération conditionnelle et de l’incarcération.
Libéré conditionnel B
Après avoir effectué certaines tâches administratives au bureau, Joe part pour une journée bien remplie de rencontres de surveillance aux quatre coins de la ville.
Aujourd’hui, on va rencontrer l’un des libérés conditionnels à son lieu de travail. Il travaille dans le secteur de la construction. Son employeur et lui vont me rencontrer. Cette rencontre a donc deux objectifs : confirmer qu’il occupe effectivement un emploi et que cet emploi est rémunéré.
Ça me permet aussi de discuter avec son employeur pour m’assurer qu’il comprend bien que l’emploi doit être déclaré et rémunéré selon les règles. Il doit y avoir une rémunération officielle, avec la documentation appropriée, comme les factures et les talons de chèques de paie. C’est aussi l’occasion de répondre à toutes les questions que l’employeur pourrait avoir.
En général, dans les métiers syndiqués du secteur de la construction, les employeurs sont très ouverts à l’idée d’embaucher des libérés conditionnels et de leur offrir une deuxième chance. Dans le cas de ce gars-là, il doit réintégrer le syndicat, payer ses cotisations et tout ça.
C’est un pas dans la bonne direction. La personne gagne un revenu, fait quelque chose d’utile et, surtout, évite de se retrouver dans les situations qui l’ont menée à être sous notre responsabilité.
Comme c’est une première rencontre, tout le monde est un peu nerveux ou inquiet. Les gens se demandent pourquoi on est là et si on va revenir souvent. J’essaie donc de rester discret. Je ne vais pas débarquer sur un chantier en disant : « Je cherche Untel. » On organise plutôt la rencontre à proximité. C’est une façon de respecter la vie privée de la personne et de ne pas nuire à une situation de travail qui se passe bien.
Allô, ici John.
Salut John, c’est encore Joe.
Oui. Il est en route.
Parfait, merci.
Pas de trouble.
Là, ils sont encore à l’étape où ils creusent le trou, puis ils vont t’amener sur le chantier. Toi, qu’est-ce que tu vas faire ici? Sur quoi vas-tu travailler?
Je suis charpentier. Je fais du coffrage de béton.
OK. Donc, coffrage de béton et charpenterie. Parfait. Et ton dossier avec le syndicat, tout est dans l’ordre maintenant ou pas encore?
Après une autre rencontre qui s’est bien déroulée, Joe évoque les nombreux défis auxquels les personnes récemment remises en liberté sont confrontées lorsqu’elles tentent de reprendre une vie normale en dehors de la prison.
L’emploi, c’est vraiment important pour les gars en liberté conditionnelle parce qu’ils ont passé beaucoup de temps en incarcération. Quand ils sortent, les deux grands défis sont généralement de trouver un emploi et un logement. Ce sont souvent les premières étapes pour reprendre leur vie en main.
Tout le monde est gagnant : la collectivité, la personne et sa famille. L’emploi lui donne une bonne estime de soi. Dans son cas, il lui permet aussi d’aider à faire vivre sa famille. Beaucoup de gens se sentent coupables d’avoir raté des moments importants pendant leur incarcération. Donc, quand ils sortent de prison, ils sont motivés à repartir en force. Comme je l’ai dit, l’emploi fait toute la différence.
Libéré conditionnel C
Notre prochaine visite nous mène chez un homme vivant en banlieue de Hamilton et purgeant une peine à perpétuité. Même s’il n’est plus incarcéré, il restera sous la surveillance du SCC pour le reste de sa vie. Lui et son épouse nous parlent de ce qu’ont représenté, au fil des décennies, la responsabilisation, la surveillance et la réinsertion dans la collectivité.
J’ai été en semi-liberté pendant trois ans. La transition s’est donc faite progressivement; je n’ai pas obtenu tout de suite la libération conditionnelle totale. Quand je suis sorti, il m’arrivait de rester planté devant une porte, dans un endroit public, en attendant que quelqu’un l’ouvre.
Les gens me regardaient et me disaient : « La porte n’est pas fermée à clé. » Ça a probablement été l’une des choses qui m’a le plus marqué. J’étais tellement habitué au système, où tous les déplacements sont contrôlés. Même en quittant un magasin, je pensais parfois : « Ils ne vont pas me fouiller? » C’était vraiment étrange.
Je dirais qu’il m’a fallu de six mois à un an pour vraiment m’habituer. Avec le temps, je m’y suis fait. Aujourd’hui, je n’y pense même plus. En fait, en juillet prochain, ça fera 20 ans que je suis en liberté conditionnelle totale.
Leur vie est essentiellement comme vous la voyez. Tout se déroule bien. Nous sommes là, mais plutôt en arrière-plan, et c’est comme ça que ça devrait être. C’est comme ça que le système devrait fonctionner. Comme il l’a raconté, il a commencé son parcours dans une maison de transition.
Pendant combien de temps? Trois ans. Puis il a poursuivi son parcours progressif vers un retour dans la collectivité.
Je suis reconnaissante du fait que ce système lui ait permis de reprendre sa place dans la société. Je sais qu’il porte encore le poids du passé, mais on arrive quand même à profiter du moment présent.
C’est une bonne personne et un bon mari. Il contribue de nombreuses façons à son entourage. Et je suis vraiment heureuse qu’il ait eu cette chance et qu’on lui ait donné l’occasion de reprendre sa vie en main.
Il connaît très bien toute cette réalité. Cela fait maintenant 20 ans qu’il vit dans la collectivité et qu’il travaille dans son domaine. Aujourd’hui, lui et son épouse se projettent vers la prochaine étape de leur vie. Ils peuvent envisager l’avenir comme n’importe quel autre couple : la retraite approche et leur maison est presque entièrement payée. Mais il sait aussi qu’il demeurera en liberté conditionnelle pour le reste de sa vie.
Je pense que les personnes qui purgent une peine à perpétuité comprennent bien tout ça, notamment en raison de tout le temps qu’elles ont passé dans le système correctionnel et du long parcours qu’elles doivent franchir avant même d’avoir la chance de retourner dans la société.
Et quand on leur donne cette chance, elles vont tout faire pour ne pas la perdre. Les conséquences d’une bêtise sont beaucoup plus lourdes pour un condamné à perpétuité en liberté conditionnelle que pour quelqu’un qui purge une peine d’une durée déterminée. Pour lui, retourner en prison n’est tout simplement pas une option.
Et c’est un peu ça, l’objectif du système correctionnel. Si on enferme quelqu’un en lui donnant l’impression qu’il ne sortira jamais, il peut finir par se dire : « À quoi bon? » et devenir fataliste. L’idée, c’est plutôt de lui faire comprendre qu’il devra répondre de ses actes et payer sa dette envers la société, mais qu’il aura aussi une deuxième chance s’il fait les bons choix.
En même temps, il faut faire preuve de discernement lorsqu’on décide à qui accorder cette chance dans la collectivité. Mais quelqu’un comme lui en est un bon exemple. Quand on voit où il est rendu aujourd’hui, ça n’aurait pas eu beaucoup de sens de le garder en prison.
Maison de transition Saint-Léonard
On se rend à l’un des établissements résidentiels communautaires, plus communément appelés « maisons de transition ». Celui-ci est géré par la Société Saint-Léonard.
À la Maison Clinton de la Société Saint-Léonard, les résidents bénéficient d’un environnement structuré et de l’appui du personnel pour les aider à réintégrer progressivement la collectivité.
Salut! Comment ça va?
Salut Joe, comment tu vas?
Ça va bien. Est-ce que Colin est dans son bureau? Oui, il est là.
Colin! Hé!
On va à ton bureau pour jaser quelques minutes?
On peut faire ça si tu veux.
Oui, d’accord.
Je voulais commencer par venir ici pour que tu nous parles un peu de l’endroit, du genre de personnes qui vivent ici et de comment ça fonctionne au quotidien.
Je m’appelle Colin Avery et je suis le directeur des programmes ici, à la Maison Clinton de la Société Saint-Léonard. Comme son nom le dit, c’est un lieu de transition entre l’établissement et la collectivité. Les gars arrivent ici à leur sortie de l’établissement pour retrouver une certaine stabilité. On les aide à traverser cette période de transition. Souvent, ils n’ont pas de logement, pas d’emploi, rien de tout ça.
On les aide à trouver les ressources dont ils ont besoin. En général, ils restent ici environ six mois, puis ils passent à un logement plus permanent et poursuivent leur parcours.
N’hésitez pas à organiser ou à déplacer les choses comme vous voulez.
À l’occasion, je viens à l’établissement pour rencontrer le délinquant et l’agent chargé de son cas, ou parfois seulement le délinquant, pour voir comment les choses se passent et faire une rencontre de suivi. Un endroit comme celui-ci offre plusieurs services aux gars. On peut les aider à se trouver un emploi ou s’assurer qu’ils respectent les règles et les conditions qui s’appliquent à eux.
C’est un bon endroit pour une rencontre de suivi, et ça leur évite d’avoir à venir au bureau. On varie un peu les types de rencontres. Aujourd’hui, c’est simplement une entrevue de surveillance habituelle.
Libéré conditionnel D
C’est une audience différente, n’est-ce pas? Et c’est pas comme si j’avais à plaider ma cause. Alors, je ne vois pas l’intérêt d’avoir un représentant culturel.
Je comprends, mais je vais t’expliquer pourquoi je vois un avantage à ça. Ça permet d’intégrer la perspective culturelle dans le processus décisionnel. Comme tu travailles déjà avec ce service communautaire de counseling de la diaspora africaine, on obtiendra une lettre de leur part. Mais je pense aussi qu’il est important qu’une autre personne appelée à examiner le dossier puisse intégrer cette perspective, surtout compte tenu de tout le travail que tu accomplis volontairement et de façon constante.
C’est pour ça que je t’en parle. Mais si tu ne veux pas que cet aspect soit pris en compte, je ne vais pas cocher la case.
Libéré conditionnel E
Et où en est-on avec le médecin?
Je n’ai toujours pas eu de retour.
OK.
Je vais probablement devoir retourner le voir.
D’accord, mais tu es sur une liste d’attente, ou…?
Oui, ils ont dit que ça prendrait quelques mois.
OK. Il va peut-être falloir essayer autre chose et voir si un médecin dans une clinique sans rendez-vous pourrait te prendre en charge. Je sais que tu es déjà passé par là, mais c’est pas facile de trouver un médecin en ce moment. Et, pour qu’on puisse continuer tout le reste du travail avec toi, il te faut un médecin.
Libéré conditionnel F
Comme je l’ai dit, il faut y aller une étape à la fois. Ça ne fait même pas un mois que tu es sorti et tu te débrouilles bien. En général, quand toutes ces choses sont réglées, ça aide beaucoup pour la suite. C’est donc bien que Saint-Léonard puisse t’offrir un peu de travail et un certificat qui pourra t’être utile si tu veux travailler dans le domaine de l’alimentation à l’extérieur de la maison de transition.
Oui, c’est mon objectif. Je veux travailler dans le domaine de l’alimentation. C’est ce que je vise.
OK.
Libéré conditionnel G
Si les conditions imposées par la Commission des libérations conditionnelles du Canada ne sont pas respectées, la libération conditionnelle peut être suspendue ou révoquée, et la personne peut être réincarcérée dans un établissement fédéral.
OK, alors, un test d’urine est revenu positif.
Oui.
Le résultat du dépistage a révélé la présence de cocaïne. On a réglé cette situation. Tu as toujours le soutien de la maison de transition. Tu participes maintenant à un programme, ton couvre-feu a été resserré, mais les permissions de sortir la fin de semaine ont été retirées. Et tu t’efforces maintenant de regagner progressivement les privilèges que tu avais obtenus?
Oui. OK.
Oui. Un test est revenu négatif.
OK. Alors, tu es de retour sur la bonne voie. Je ne veux pas qu’on repasse par-là, parce qu’il faut que tu gardes le soutien de la maison de transition. Si tu consommes de la drogue et tout le reste, ça ne marchera pas. Ce n’est pas une façon de réussir à rester dans la collectivité.
C’est bien. On va continuer à faire des tests pour s’assurer que les résultats restent négatifs. Je vais simplement mettre ça à ton dossier.
Évaluation communautaire
La prochaine étape est une évaluation communautaire. Avant qu’une personne puisse s’installer dans une nouvelle résidence, les agents de libération conditionnelle évaluent si le milieu de vie est sécuritaire, stable et propice à une réinsertion sociale réussie.
Notre rencontre vise simplement à faire le point sur ce qui s’est passé depuis la dernière fois et, de mon côté, je veux confirmer où tu habites actuellement, puisque lors de notre dernière rencontre, tu n’habitais pas à la même adresse. J’ai lu le rapport.
J’ai vu qu’il se passait pas mal de choses à ce moment-là. Alors, avant qu’on parle de notre ami dans l’Ouest, j’aimerais que tu me mettes à jour. J’ai aussi quelques questions pour mieux comprendre ce qui s’est passé depuis notre dernière conversation.
On ne sait pas ce que la Commission des libérations conditionnelles va décider. C’est pour ça que je voulais lui parler du concept d’une maison de transition. Parce qu’elle n’est pas très loin. Ça pourrait être une option. C’est d’ailleurs le cas dont je parlais avec Ryan. Les délinquants peuvent commencer là-bas, où ils sont près de leurs réseaux de soutien, sans passer directement de l’établissement à la maison. Puis ils feraient cette transition progressivement, si c’est ce qui est décidé.
Visite auprès de tiers
Bon, maintenant, on se dirige vers l’autre côté de la ville.
Une partie de notre mandat consiste à rencontrer les personnes qui font partie de l’entourage et du réseau d’un délinquant. On les appelle les tiers. Ça peut être des personnes au travail ou à l’école, son ou sa partenaire, sa mère ou son père, ou une tante ou un oncle.
C’est juste pour avoir une bonne idée des personnes qui font partie de leur vie. Parce que, d’une façon un peu particulière, toutes les personnes qui gravitent autour de la personne font aussi partie du parcours de libération conditionnelle. Et, une bonne partie de notre travail, c’est d’expliquer les choses, d’orienter les gens, et de comprendre et valider l’information.
Et évidemment, notre objectif principal, c’est la sécurité du public. Alors, quand quelqu’un est entouré d’un réseau positif, ça favorise sa réinsertion sociale.
On fait simplement une visite auprès d’un tier d’un des gars à la maison de transition. On rencontre sa famille pour prendre des nouvelles, avoir son point de vue et voir comment ça se passe pour lui là-bas. On discute aussi de ce à quoi on peut s’attendre et de la façon dont ils peuvent nous aider à assurer un retour réussi dans la collectivité.
Habituellement, nos proches savent quand on va bien et quand on commence à déraper. Et c’est utile d’avoir ce genre de relation, parce qu’ils savent à qui s’adresser s’ils ont des questions ou des préoccupations.
Entre.
Merci.
Comment vas-tu, Joe?
Je vais bien, et vous?
Je vais bien.
C’est juste un suivi. On s’était parlé la dernière fois. Comme j’étais dans le coin aujourd’hui, je me suis dit que j’allais passer vous voir. J’étais à la maison de transition plus tôt, je l’ai rencontré, donc il savait que je m’en venais ici. La dernière fois, j’ai pu confirmer que c’est ici qu’il passera ses fins de semaine lorsqu’il pourra de nouveau obtenir des permissions de sortir.
Oui.
Bureau du service de police régional de Halton
Notre prochain arrêt, c’est le quartier général du service de police régional. On va y pour rencontrer notre agent de liaison avec le service de police. Il s’occupe de plusieurs personnes en liberté conditionnelle ou en probation. Il agit comme le lien entre nous et le service de police. On travaille ensemble parce qu’on a tous le même objectif : assurer la sécurité du public dans la collectivité.
Je vais le rencontrer pour faire un suivi, parce que j’ai quelques personnes en liberté conditionnelle dans Halton. On va le rencontrer et il va pouvoir expliquer un peu plus en détails son rôle dans la collectivité et comment il travaille en collaboration avec les responsables fédéraux de libération conditionnelle.
Le voilà. L’homme, la légende.
Comment ça va, les gars?
Concrètement, je m’occupe de ce qu’on appelle la gestion des délinquants. Donc, toutes les personnes en liberté conditionnelle ou en probation, celles qui sont assujetties à une ordonnance de mise en liberté, et les délinquants sexuels, relèvent un peu de moi. Je travaille de près avec les agents de libération conditionnelle parce qu’un bon nombre des détenus sont remis en liberté d’office dans notre collectivité.
Je travaille avec les agents de libération conditionnelle pour faire des vérifications et m’assurer que tous les délinquants respectent leurs conditions, qu’ils se présentent quand ils sont censés le faire et qu’ils n’enfreignent pas leurs conditions et ne racontent pas de mensonges aux agents de libération conditionnelle ou aux policiers.
C’est utile d’avoir ce genre d’info sur certains délinquants, parce qu’on sait que les gens ne disent pas toujours toute la vérité et qu’ils ne sont pas toujours fiables. Alors, c’est bien d’avoir la confirmation d’un agent de libération conditionnelle.
Et de mon côté, je fais des vérifications pour confirmer ce qu’ils disent aux agents de libération conditionnelle, pour m’assurer qu’ils respectent leurs conditions, qu’ils vivent vraiment là où ils disent vivre, qu’ils travaillent vraiment là où ils disent travailler, ce genre de choses.
Au bout du compte, je pense que la collectivité en bénéficie. Les agents de libération conditionnelle et les policiers font chacun leur travail, et ils ont le même objectif : assurer la sécurité du public.
Et ça justifie notre travail dans la collectivité. Et, des deux côtés, nos supérieurs savent qu’on garde un œil sur ces gars-là.
Analyse d’urine
Le lendemain matin, l’activité bat déjà son plein au bureau. Des libérés conditionnels provenant de toute la région attendent d’être appelés pour fournir un échantillon dans le cadre du programme obligatoire d’analyses d’urine.
Le programme d’analyses d’urine nous permet de vérifier le respect de la condition d’abstinence lorsqu’une personne est assujettie à une condition qui lui interdit de consommer de l’alcool ou de la drogue. C’est probablement l’un des meilleurs programmes en place, parce que le résultat est assez clair : c’est positif ou négatif. Avec la technologie actuelle, c’est très difficile de ne pas obtenir un résultat fiable quant à la présence ou non de certains types de drogues dans le système.
L’important, c’est qu’on ne peut pas prévenir les gens trop d’avance, parce que ça irait à l’encontre du but recherché. Si on les avise dans un délai raisonnable, ça ne compromet pas les résultats. Mais je ne peux pas dire : “La semaine prochaine, lundi, tu vas passer un test.” C’est beaucoup trop d’avance.
Conclusion
Alors que nous terminons notre journée avec Joe, nous lui demandons s’il aime faire ces visites dans la collectivité.
Oui, parce que ça brise la routine. On n’est pas assis à un bureau toute la journée, tous les jours. Et ça nous permet de voir la réalité sur le terrain. Par exemple, quelqu’un peut me dire qu’il a trouvé un emploi, et je peux voir un talon de paie, mais c’est bien de voir de mes propres yeux où cette personne travaille, ce qu’elle fait et avec qui elle interagit. Les choses changent constamment et on s’adapte. Alors oui, j’aime cette diversité.
Façons de visionner
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Ressources d'assistance
Pour les victimes d’actes criminels
Si vous êtes victime d’un acte criminel, les Services aux victimes du SCC offrent des ressources pour vous soutenir. Pour en savoir plus, consultez notre page d’information pour les victimes.
Pour les employés du SCC
Si vous êtes un employé du SCC et que vous avez vécu un traumatisme, des ressources sont disponibles pour vous soutenir en tout temps. Voici quelques exemples :
- Ressources et programmes de santé mentale pour les employés (accessibles uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- Stratégie du Service correctionnel du Canada en matière de santé mentale et de bien-être au travail (2025 à 2028) (accessible uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- Agents d’orientation du PAE et contacts régionaux (accessibles uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- TELUS Santé (accessible uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- Programme de gestion du stress lié aux incidents critiques (accessible uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- PSPNET
- Bureau de l’ombudsman du bien-être au travail (accessible uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada)
- 9-8-8 : Ligne d’écoute en cas de crise suicidaire