Épisode 3 : Fouille du Max

Dans notre troisième épisode, suivez Wayne, agent correctionnel II, pendant son quart de nuit à l’Établissement d’Edmonton, un établissement à sécurité maximale.

Avertissement : Cet épisode contient des descriptions explicites de situations d’urgence réelles impliquant danger physique et traumatisme. La prudence est de mise. Pour accéder à des ressources d’aide, veuillez consulter le bas de cette page.

      
Transcription de la video

Épisode 3 : Fouille du Max  

Je m’appelle Wayne, et je travaille ici à l’Établissement d’Edmonton. Je suis un agent correctionnel 2, et je travaille ici depuis 24 ans.

Au nord-est de la ville d’Edmonton, en Alberta, se trouve l’Établissement d’Edmonton, une prison à sécurité maximale accueillant une population carcérale d’un peu plus de 300 personnes.

Ce soir, nous suivons Wayne Weum durant son quart de nuit du lundi.

Chaque personne qui entre à l’établissement doit faire scanner ses effets personnels, y compris moi. « OK, merci, mon ami. »

Et allons-y.

Fouille du Max

Alors, nous avons un breffage trois fois par jour, le plus long étant celui du matin. Ils résument tout ce qui s’est produit au cours des 24 dernières heures pour que le monde soit au courant de ce qui s’est produit et sache à quoi s’attendre durant leur quart. 

Le breffage

Après la récapitulation, ils nous disent habituellement ce qui va se passer dans la journée, ce à quoi il faut s’attendre si des détenus entrent ou sortent de la prison pour des rendezvous ou des transfèrements à l’intérieur ou à l’extérieur de l’établissement, (…) quelle est la routine, si quelque chose a changé.

Donc, après tout ça, ils prennent les présences et s’assurent que tout le monde est là et prêt à aller à son poste, puis le breffage est terminé et nous partons.

19 h 30, le détenu (inaudible) aurait présenté un niveau de conscience altéré. Il a été amené à la salle d’entrevue pour que le personnel des soins de santé puisse l’évaluer. On a demandé au personnel de le surveiller pendant deux heures.

19 h 33, un détenu a été trouvé inconscient, avec de l’écume à la bouche (inaudible). Du Narcan a été administré. Une ambulance a aussi été demandée et dépêchée sur les lieux. 19 h 39, on a appelé plus de membres du personnel infirmier en renfort…

C’était un breffage un peu plus chargé que d’habitude. De toute évidence, un colis a été introduit ici dernièrement. Ce n’est pas très rare que nous en entendions autant au sujet d’activités liées aux drogues. Mais ce que nous ferons ce soir est d’essayer de prendre le dessus. Nous allons essayer de trouver ce qui reste et faire de notre mieux pour arrêter ça tout de suite. Espérons que nos agents du renseignement de sécurité travaillent là-dessus. Ils font du bon travail et pourront peut-être faire la lumière sur la situation. 

Patrouilles de sécurité

Première ronde du quart de travail. 

Wayne et Jarrod se promènent dans une unité pour effectuer les vérifications régulières des cellules. 

Pendant la ronde, certains détenus demandent à Wayne de faire des demandes de privilège.

C’étaient des formulaires de demande de détenus. Parmi ceux-là, il y en avait un adressé à un agent de libération conditionnelle : « Viens me voir au sujet de plans s’il vous plait » L’autre, vous pouvez voir le jeune homme qui était là. Il commence tout juste une peine d’emprisonnement à vie. Donc, il demande que des jeux vidéo additionnels soient admis. Et l’unité d’admission et de libération examinera la demande. Si elle respecte les paramètres de ce à quoi il a droit, elle sera certainement probablement approuvée et il y aura une période d’attente. Mais c’est le processus. Ils signent la demande du détenu, puis me la donnent, et j’en fais le tri. Si c’est approprié, je les signe et leur donne leur copie, puis, ensuite, je les poste. 

Le gym

(Parlant au téléphone) « OK, parfait. Oui, nous arriverons dans probablement quelques minutes. OK, bonne journée. Merci. »

Prêts à aller au gym? OK.

Nous allons juste annoncer notre arrivée ici.

Hé, Cody. Trois employés qui s’en vont dans le gym. OK. Merci.

Hé, les gars.

Voici l’aire de loisirs.

Et c’est ici que sont les agents qui sont affectés ici, ils sont dans ce poste et peuvent surveiller les activités ici.

Beaucoup d’entre eux (les détenus) viennent ici et y passent une heure ou la durée de leur période de loisirs. D’ici, ces gars peuvent évaluer l’atmosphère qui règne dans le gymnase. Si quelque chose cloche ou s’ils ont l’impression que quelque chose ne va pas, ces gars pourront observer le tout de cet endroit et ils pourront communiquer avec les personnes dans les passerelles. Il y a des passerelles dans toutes les directions autour d’ici et les options d’intervention là-haut sont beaucoup plus nombreuses qu’elles ne le sont ici. Donc, ces gars sur le plancher, ils sont juste responsables de l’observation et de la surveillance de l’aire de loisirs.

Tout comportement inhabituel de détenu attire notre attention et, bien sûr, c’est là que nous nous lèverons et observerons un peu plus attentivement. Nous observons toujours. Nous saurons lorsque quelque chose ne va pas. Ça arrive très vite. Et puis, bien sûr, c’est là que nous commençons à observer le moindre geste. Tout ici est aussi enregistré sur vidéo, sous chaque angle. Donc, nous pouvons capter les comportements des détenus presque partout. Il y a très, très peu d’angles morts dans l’établissement, et encore moins dans des endroits comme le gymnase et la cour de récréation où le risque est un peu plus élevé parce que c’est ici que, souvent, ils règlent leurs affaires, si vous voulez. 

Ce que nous cherchons, les premiers signes que quelque chose va mal virer dans le gymnase à tout le moins sont d’abord qu’il commencera à y avoir du bruit ou un rassemblement inhabituel, si vous voulez, ou parfois un rassemblement au milieu de la pièce. Ils commenceront à discuter et nous commencerons à voir les indicateurs non verbaux s’intensifier, un peu plus de gestes avec les bras et des comportements un peu plus agressifs. Même si on est dans un poste de contrôle en train d’observer le tout sur vidéo sans son, on peut voir l’atmosphère devenir un peu plus tendue. Donc, lorsqu’il commence à y avoir du bruit, lorsque la communication non verbale commence à s’intensifier un peu ou si on voit deux groupes se séparer, c’est là que nous commençons à prendre vraiment conscience de ce qui se passe.

Bon. À la prochaine, les gars. Merci beaucoup.

Donc, nous annonçons lorsque nous arrivons sur le plancher, car pendant que nous sommes ici, le risque est un peu plus élevé. Les passerelles sont là-haut, à ma gauche et à ma droite. Ils sont au courant que nous sommes là. Aussi, les personnes qui surveillent l’endroit au bout ici où nous sortons du gym, elles guettent notre arrivée pour ouvrir la barrière dès que nous arrivons ici.

La brutalité que nous voyons ici à ce niveau de sécurité peut être très perturbante si on n’y est pas habitué. Et je pense qu’on ne s’habitue jamais vraiment à ça. Il faut juste trouver des façons de gérer tout ça et avoir des choses importantes auxquelles se raccrocher en dehors du travail. Donc, pour moi, je me suis habitué à pouvoir gérer ce qui se passe pendant que je suis ici si je suis témoin d’un incident ou d’une intervention ou si j’y prends part. Je peux passer au travers. Je peux compartimenter ça à l’intérieur. Et ensuite, je peux juste gérer tout ça plus tard à l’aide des choses que j’ai en place à l’extérieur, et pour lesquelles je suis reconnaissant.

Fouille de cellule

Et maintenant, nous nous dirigeons vers les fouilles.

On procède à une fouille complète de chaque cellule deux fois par mois et au besoin. Mais en raison de toute l’action qu’il y a eu dans l’établissement la veille, l’équipe intensifie ses efforts en effectuant une fouille exceptionnelle des cellules, ciblant plus particulièrement le récent afflux de drogues qui a entraîné plusieurs surdoses.

Alors on dirait qu’ici, ils ont sorti les détenus de leur cellule et ils sont dans l’aire de loisirs pour nous donner le temps et l’espace pour effectuer la fouille de façon appropriée. Ils devraient tous avoir été soumis à une fouille à nu puis placés dans l’aire. Donc, allons dans la rangée pour voir si nous pouvons entrer dans une cellule.

Où faisons-nous des fouilles? 

Donc, on ne sait jamais ce qu’on va trouver durant une fouille de cellule. Mes partenaires ont trouvé un petit contenant de, comment dire, déchets humains. Et ils l’ont gardé pour une seule raison. Un malchanceux en aurait reçu le contenu si nous ne l’avions pas trouvé. Alors nous allons le jeter. Je vais vous éviter d’avoir à ouvrir le couvercle, mais faites-moi confiance, ce n’est pas beau lorsqu’on ouvre ce couvercle. Nous allons laisser ça juste ici jusqu’à ce que nous ayons tout nettoyé. 

Et les agents ici, ils ont aussi trouvé de la broue (de l’alcool artisanal). 

Si vous n’êtes pas familier avec la broue faite en prison, ne vous familiarisez pas avec, car c’est le liquide le plus dégueulasse que vous pouvez imaginer. Les détenus utilisent à peu près n’importe quoi pour, comme source de sucre, comme base, et ensuite n’importe quoi pour la fermentation. Ça pourrait être quelques morceaux de pain ou s’ils réussissent à mettre la main sur de la levure dans la cuisine d’une façon ou d’une autre, ils fabriqueront de la broue et ils ne connaissent pas la teneur en alcool, mais elle fermentera pendant quelques jours, puis ils la boiront. Et ensuite, c’est une mauvaise journée pour tout le monde, mais surtout pour le personnel. 

Il y a beaucoup de choses ici. Donc, j’imagine que mes partenaires ici seront occupés pendant longtemps dans celle-ci.

OK, alors que cherchons-nous?

Nous cherchons de la spice, de la broue (alcool artisanal), des drogues, des armes. 
 
Alors ça, c’est strictement interdit. Le gicleur est intégré. Donc, je prends un peu un risque ici. Je dois découvrir ça. Ils n’ont pas le droit de couvrir leur gicleur comme ça. Et tout ce que ce gars a fait est de mouiller du papier de toilette. OK, je n’aurai pas de douche aujourd’hui. Dieu merci. Nous allons inspecter tout ça et nous assurer que c’est intact, car c’est un beau gros morceau de métal. Nous ne voulons pas qu’il se détache parce qu’il pourrait très, très facilement être retiré et transformé en armes.

Encore, le système de ventilation. C’est en fait assez bien conçu ici comme ça où les lattes sont horizontales et verticales. Donc, c’est très difficile d’enfoncer une arme là-dedans.

Traditionnellement, dans les pavillons plus anciens, on peut voir des lattes horizontales. Et s’ils veulent enfoncer une arme là-dedans, ils vont l’enfoncer dedans en y attachant un petit bout de corde et laisser le coin de la corde à l’extérieur. Lorsqu’ils veulent la récupérer, ils ont simplement à tirer sur la corde et l’arme sort. 

Mais venez voir ceci. Ce sont des marques d’aiguisage ici. Si vous pouvez voir les détails, ce que nous avons fait, c’est les recouvrir de peinture en aérosol. Cela nous indique que ce sont des marques d’aiguisage qui ont déjà été trouvées et que nous nous en sommes occupés. Si elles deviennent trop profondes, nous demanderons à notre service d’ingénierie de venir remplacer la plaque frontale complète. Mais un détenu ici a passé du temps à frotter du métal là-dessus pour l’aiguiser. Nous l’avons découvert. Nous l’avons recouvert de peinture pour que nous sachions que nous nous en sommes occupés. Tout ce qui est en métal a le potentiel d’être retiré du mur et utilisé comme arme. 

Ces choses-là sont habituellement gardées parce qu’elles sont de la bonne taille pour une fenêtre. Et lorsqu’ils veulent protester ou nous empêcher de voir à l’intérieur, ils n’ont qu’à coller ça à l’intérieur de la fenêtre. Et nous ne pouvons absolument rien faire tant que nous n’ouvrons pas la porte pour l’enlever nousmêmes, s’ils refusent de le retirer. Donc, je vais mettre ça dans le sac à ordures, avec tous les autres déchets ici.

Pendant la fouille, si nous ne trouvons pas d’armes ou de drogues, nous pouvons conclure que tout est beau dans la cellule. 

Je n’ai pas encore trouvé de prise électrique qui n’est pas noircie. Comme vous pouvez le voir ici, celleci a été brûlée. Ce que les détenus font, c’est qu’ils relient quelques fils de cuivre avec des coupeongles ou n’importe quel petit morceau de métal qu’ils peuvent trouver, ils les branchent ici, et ils obtiennent une source d’alimentation pour une machine à tatouer ou un moyen de réchauffer leur eau. S’ils ont seulement un gobelet en silicone rempli d’eau et qu’aucune eau chaude n’est disponible, le courant provenant directement de la prise va permettre de chauffer l’autre extrémité du métal et de réchauffer leur eau. Et évidemment, la prise électrique finit complètement brûlée.

Nous avons bien sûr parlé du fait que c’était une mauvaise batch et j’ai bien dit que les bonnes batch, ça n’existe plus vraiment étant donné la quantité de fentanyl qui circule. 

Tiens, voilà quelque chose d’intéressant. En fouillant, je suis tombé sur ce morceau de vêtement et j’ai remarqué un petit trou. C’est très, très subtil.

C’est dans le collet de ce manteau et, si on regarde juste le manteau, ça pourrait passer inaperçu.

C’est un endroit idéal pour cacher un objet interdit, parce que ça se camoufle très facilement dans le reste des vêtements. Donc, une arme, une arme longue et étroite, pourrait facilement y être glissée. Et lorsque le détenu porte le manteau, l’objet se place naturellement, ou il peut relever le col comme ça et il restera bien en place. Donc, je vais prendre le temps de passer mes doigts le long du collet pour voir s’il y a quelque chose de rigide ou d’anormal. Ça ne semble pas être le cas.

Mais au final, durant cette fouille – cette fouille approfondie – nous cherchons de la drogue. Donc, nous devons vraiment intensifier nos efforts, parce que ça peut être caché pratiquement n’importe où, même dans ce petit nœud du drap.

Ah oui, un matelas spécialisé. Même les détenus qui ont des privilèges supplémentaires peuvent enfreindre les règles. Comme on peut le voir, le matelas est endommagé à l’intérieur. Nous faisons donc particulièrement attention et nous vérifions si quelque chose y est caché.

Donc, pour n’importe quelle cellule, celle-ci par exemple, selon notre plan de fouille, pour être conforme, il faut fouiller cette cellule deux fois par mois quoi qu’il arrive.

Aujourd’hui, nous menons une fouille exceptionnelle. Donc, les circonstances font en sorte qu’en plus de notre plan de fouille habituel, nous devons aussi effectuer cette fouille. Les paramètres de cette fouille sont très précis, alors que notre plan de fouille vise les objets interdits en général. La fouille que nous menons présentement est une fouille exceptionnelle, parce que nous cherchons de la drogue, dont de la spice et… quoi d’autre, Toby? Du fentanyl. Oui, du fentanyl. Cette fouille prendra donc un peu plus de temps que nos fouilles mensuelles de cellules.

Nous avons conclu que tout est beau dans cette cellule, et même s’il y avait une quantité anormalement importante d’effets ici, nous avons pu passer à travers.

Il n’y a rien qui sorte de l’ordinaire ici.

Résultats des fouilles

Alors les agents qui ont fouillé cette cellule ont pris un échantillon de la broue que nous avons trouvée plus tôt et ont jeté le reste. J’ai tous les contenants ici, et ce contenant de matières fécales, qui va aussi sortir d’ici.

Tout ça vient de la même cellule. C’est une station d’accueil Nintendo Switch, et j’imagine que le reste a été brisé, perdu ou autrement endommagé. C’est ce qu’il en reste, et j’imagine que ce gars-là la gardait parce que c’est un excellent matériau pour fabriquer des armes, avec tous les bords rigides. Ça peut être très, très facile à défaire en morceaux et à aiguiser, et je vous ai montré des marques d’aiguisage là où des détenus ont frotté des objets contre le métal du mur de brique. Ça se transforme très facilement en arme.

Donc, ces composants électroniques brisés, ça ressemble peut-être à une carte mère ou à un disque dur provenant d’un appareil électronique. Je suppose que ça vient d’une Switch. Oui, voilà, Game Boy. Il y a le pavé directionnel juste là, et des trucs ont été récupérés de ça. 

Ça, je ne sais pas ce que c’est. Une invention. Un abaisse-langue avec un petit écrou et un boulon à travers. Je n’ai jamais vu ça avant.

Ici, nous avons tout un tas de fils différents.

Celui-ci, c’est le dessus d’un appareil artisanal de distillation, et on peut voir les résidus juste là, dans le bouchon. Et ça, c’est simplement un bouchon ordinaire de savon à vaisselle, de sauce BBQ. Et les deux sont joints à l’aide d’un tube de stylo, et ils ont installé un système d’aération et un système d’alimentation ici. Ça ici, ça ressemble à l’élément chauffant – les tiges sont insérées pour garder la substance chaude. Cela accélère le processus de fermentation. 

Et bien sûr, l’extrémité qui se branche. Ce type de pièce, on voit ça souvent. On peut en trouver partout. Toutes les chaînes stéréo, les télévisions, les Switch, les réveils-matin, ils ont tous la même chose. Donc, nous en retrouvons tout le temps.

Un petit morceau de tuyau en caoutchouc pour l’aération de l’appareil de distillation.

Et d’après l’information que j’ai eue, tout ça a été trouvé dans la même cellule, alors ce gars-là gère ce qu’on appelle un magasin. C’est le fournisseur, et c’est le gars qui fait la meilleure broue. Nous allons en parler plus dans une seconde. 

Ça, c’est une bouteille en verre, et je ne sais pas d’où elle a pu venir. Ce n’est pas un article que nous fournissons ici. La bouteille est en verre, et à l’intérieur il y a un autre composant métallique qui vient d’un appareil électronique. Je vais le laisser à l’intérieur, car c’est un peu tranchant. J’imagine qu’elle a été introduite ici dans une trousse pénitentiaire, dissimulée parmi les vêtements. C’est très difficile à détecter avec un détecteur de métal, parce qu’elle est en verre, et elle passerait pas mal inaperçue dans l’appareil à rayons X.

Et où est ce petit pic? Voilà, même quelque chose d’aussi petit que ça. Ce que c’est, ça ressemble à un clou qui a été récupéré d’une quelconque façon. Et le bout ici, le plastique, et bien c’était à l’origine un sac à ordures. Alors tout ce matériel peut servir à faire fondre un sac à ordures pour obtenir cette forme. Et ça se cache parfaitement dans une main. 

Et voilà, ça peut être très dangereux.

Assez dangereux pour tuer quelqu’un. Et c’est très facile à dissimuler, comme mon collègue vient de le dire. L’objet peut être caché dans la ceinture, dans l’entrejambe ou dans la zone du derrière. Et il serait presque toujours indétectable. 

Belles trouvailles, tout le monde. Et du papier sablé. Alors ici on a du papier sablé. Avec un morceau de métal et un peu de temps libre, ils pourraient utiliser le papier sablé pour aiguiser le métal jusqu’à ce qu’ils obtiennent une pointe très, très fine.

Tous ces objets proviennent de la même cellule.

Voici la plus importante trouvaille dans cette cellule du distillateur. C’est pratiquement de l’alcool pur. Donc, nous trouvons de la broue presque tous les jours. Et c’est pâteux, rempli de ketchup et de pain, et ça a l’air dégoûtant. L’odeur est pire encore. Juste en ouvrant le couvercle, je peux sentir l’alcool. C’est de l’alcool presque pur et ça me fait couler des yeux. Je vais donc refermer ça et le remettre ici.

Ces objets vont être enregistrés comme preuve et apportés en avant. Et le détenu responsable de ça va recevoir un bordereau de saisie long comme ça, avec tous les objets qui ont été retirés de sa cellule. 

Alors les agents ont fait du bon travail, surtout pour l’alcool et la bouteille en verre. Et l’arme qui a été trouvée a été retirée, alors les cellules sont maintenant plus sécuritaires.

Beau boulot.

Ici, on a notre casier destiné aux éléments de preuve. Alors chaque fois que nous trouvons quelque chose, n’importe quel objet interdit, nous venons l’inscrire dans ce petit livre. 

C’est comme ça que nous assurons un suivi de tout ce qui entre. Nous avons aussi ici des bordereaux de saisie d’éléments de preuve, qui se trouvent également dans chaque pavillon. 

Quand nous trouvons quelque chose qui ne devrait pas être là, ou n’importe quel type d’objets interdits, on remplit ce bordereau. Une copie est jointe à notre rapport. Une autre est versée au dossier du détenu. Et bien sûr, le détenu reçoit aussi une copie afin d’être informé de ce que nous avons saisi. Ces documents sont présentés en cour quand nous témoignons dans les tribunaux tout le temps, s’il y a des accusations criminelles qui découlent de ce que nous avons trouvé. Alors chaque casier est vide comme ça. Je vais l’éclairer un peu.

Chaque casier est vide, alors quand on trouve quelque chose, on le met ici. Les cadenas sont prêts à être utilisés. Et une fois que les objets y sont rangés, nous verrouillons le casier comme ceci et inscrivons le numéro du casier des éléments de preuve – dans ce cas-ci, le numéro 17. Nos agents du renseignement de sécurité savent ainsi où trouver les éléments de preuve qu’on a enregistrés.

Sous-culture carcérale

J’ai un détenu qui doit être transféré vers un établissement à sécurité moyenne.

Je dois aller lui parler rapidement pour lui demander quels sont ses plans. Son agente de libération conditionnelle m’a demandé de le faire pour que je puisse lui faire un compte rendu et vérifier si toutes ses choses sont en ordre et s’il est prêt pour le transfèrement.

Tu veux aller à l’aire de service ou rester ici?

Bon, je viens d’avoir une conférence de cas avec l’un de mes délinquants dans le pavillon à propos d’un transfèrement vers un établissement à sécurité moyenne. Il a cette cote de sécurité, donc l’objectif est de le sortir d’ici le plus tôt possible pour qu’il puisse être placé dans un établissement plus approprié pour y purger le reste de sa peine.

Donc, quelque chose d’aussi simple que de le sortir de la rangée pour venir me parler – le sortir devant tous ses pairs – ça attire immédiatement l’attention. Et il m’a dit pendant notre conversation que sa principale préoccupation était ceci : « Tu sais, on m’a sorti de la rangée devant tous mes pairs; comment estce que je vais expliquer ça? C’est mauvais pour moi. » Je lui ai répondu : « Je comprends, et nous ne voulons certainement pas te mettre dans une mauvaise situation. » Mais en même temps, ces conversations doivent avoir lieu, et j’espère qu’il n’aura pas trop de problèmes, car il doit composer avec les oreilles et les regards indiscrets, et avec la sousculture carcérale, qui peut être assez brutale si on n’est pas prudent.

Pour ce qui est du choix de carrière, je me souviens que, vers la fin de mon programme, un enseignant au collège prononçait un discours lors de notre cérémonie de remise des diplômes, et nous présentait un à un, et il a dit ceci à mon sujet : « Wayne est le seul étudiant que j’ai rencontré dans ce programme de criminologie qui, dès le départ, a dit qu’il voulait devenir agent correctionnel. » Et c’est vrai. Dès le début de mes études collégiales, je savais que je voulais être agent correctionnel. Et me voilà – c’est exactement ce que j’espérais. C’est un bon emploi et une carrière enrichissante. Si je pouvais revenir en arrière et tout refaire, je referais probablement exactement la même chose. 

Salut, mon ami, nous quittons. Merci.

Une chose à laquelle je ne m’habituerai jamais, c’est le bruit. Même aujourd’hui, quand je rentre chez moi – c’est calme chez moi – si le son de la télé est trop fort, je le remarque tout de suite quand je rentre de travailler, parce que pendant tout mon quart, j’ai entendu des coups, du fracas et des cris. C’est agréable de retourner à la maison, dans un endroit tranquille.

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2026-04-07