Lettre d’opinion de la présidente de la CCSN au sujet des tests de dépistage de drogues et d’alcool dans le secteur nucléaire

Déclaration

Le Canada a un dossier de sûreté nucléaire enviable. Cet automne, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) exigera que les titulaires de permis de sites à sécurité élevée instaurent des mesures de surveillance supplémentaires pour protéger encore mieux les Canadiens.

À la suite d’un vaste examen des rôles et responsabilités en milieu de travail, nous rendrons obligatoires le dépistage de l’alcool et des drogues chez les travailleurs qui occupent des postes essentiels aux installations nucléaires à sécurité élevée, comme les centrales nucléaires. Ces postes comprennent les travailleurs accrédités de la salle de commande et les travailleurs autorisés à porter des armes à feu à l’intérieur et autour des installations nucléaires.

Cette nouvelle mesure témoigne de notre engagement envers une approche proactive pour assurer la protection des Canadiens. Les personnes à qui on a confié des rôles dans des secteurs essentiels à la sûreté sont tenues de respecter les normes les plus rigoureuses en matière d’aptitude au travail.

Pourquoi allons-nous maintenant de l’avant avec les tests de dépistage de l’alcool et des drogues? Nous le faisons pour deux raisons principales.

D’abord, la légalisation récente du cannabis au Canada a modifié la façon dont cette drogue est achetée et consommée. Cela ne change cependant rien au fait que les travailleurs du secteur nucléaire ne doivent jamais être sous l’influence de substances licites ou illicites au travail. Dans ce nouveau contexte, nous devons être encore plus vigilants dans l’intérêt de la population canadienne.

Ensuite, nous croyons fermement qu’il nous faut être proactifs : il vaut mieux établir des mesures adéquates pour garantir l’aptitude des travailleurs occupant des postes essentiels à la sûreté, plutôt que d’attendre qu’un événement survienne pour réagir. Cela signifie que nous ne pouvons pas nous permettre de rester les bras croisés. Nous devons plutôt continuer à prendre des mesures pour établir les normes de sûreté les plus élevées dans les installations que nous réglementons. Le dépistage de l’alcool et des drogues, y compris les tests aléatoires qui sont déjà la norme aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays, apporteront un degré d’assurance supplémentaire.

Traditionnellement, une grande part de notre travail a consisté à imposer des processus de sûreté de calibre mondial et à exiger les normes de fiabilité les plus élevées en ce qui concerne les équipements. La dimension humaine du risque a toujours été prise en compte, mais il est désormais temps de veiller à ce que les travailleurs soient tenus de respecter ces mêmes exigences élevées. La performance des travailleurs est un élément crucial de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires.

Les mesures prises par la CCSN en matière de dépistage de l’alcool et des drogues émanent de consultations exhaustives auprès de scientifiques et d’autres experts, d’exploitants et de travailleurs de centrales nucléaires, de la Commission canadienne des droits de la personne et du grand public. Notre modèle est fondé sur la recherche scientifique et sur la nécessité de protéger la population contre le risque.

Une fois que la Commission aura publié officiellement ses nouvelles exigences, chaque titulaire de permis de site nucléaire à sécurité élevée devra élaborer – et mettre en œuvre dans les 12 mois qui suivent – un plan de dépistage de l’alcool et des drogues pour ses installations, et ce plan devra aussi comprendre des tests de dépistage aléatoires. Tout employé qui échouera à un test de dépistage sera immédiatement retiré de ses fonctions; il sera évalué et recevra du counselling au besoin. Il devra aussi fournir un certificat médical avant de pouvoir réintégrer un poste essentiel pour la sûreté.  

Alors que nous prenons d’autres mesures pour mieux protéger les Canadiens, nous répondons aussi aux préoccupations tout à fait légitimes concernant le droit à la vie privée, en veillant à ce que seuls les travailleurs occupant des postes essentiels pour la sûreté soient tenus de se soumettre à ces nouveaux tests de dépistage.

Je travaille dans le secteur nucléaire depuis plus de trente ans. Je sais que ses travailleurs sont hautement qualifiés, dévoués et extrêmement soucieux de la sûreté. Au fil des années, j’ai aussi pu constater à quel point le Canada bénéficie d’un secteur nucléaire surveillé étroitement et réglementé rigoureusement. La surveillance efficace réduit les risques et permet de protéger les Canadiens.

En instaurant le dépistage de l’alcool et des drogues, y compris les tests aléatoires, nous renforcerons le bilan exemplaire du secteur en matière de sûreté, et nous protégerons encore mieux les travailleurs du nucléaire et tous les Canadiens, aujourd’hui et dans l’avenir.

Rumina Velshi est présidente et première dirigeante de la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

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