Petit pompon (Crossidium seriatum) : plan de gestion 2022
Titre officiel : Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) au Canada 2022
Loi sur les espèces en péril
Série des Plans de gestion
Adoption en vertu de l’article 69 de la LEP
Information sur le document
Référence recommandée :
Environnement et Changement climatique Canada. 2022. Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) au Canada. Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. 2 parties, 4 p. + 18 p.
Version officielle
La version officielle des documents de rétablissement est celle publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.
Version non officielle
La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, et tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.
Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.
Illustration de la couverture : © Terry McIntosh
Also available in English under the title
“Management Plan for the Tiny Tassel (Crossidium seriatum) in Canada”
Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.
Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie‑Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie-Britannique (partie 2), en vertu de l’article 69 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent plan de gestion afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.
Le plan de gestion fédéral du petit pompon au Canada est composé des deux parties suivantes :
Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.
Partie 2 – Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique, préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique.
Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique
Préface
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996) Note de bas de page 2 les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard du petit pompon et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent plan de gestion, conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration avec le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique en vertu du paragraphe 66(1) de la LEP. L’article 69 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si le ministre estime qu’un plan existant s’applique à l’égard d’une espèce sauvage et comporte les mesures voulues pour la conservation de l’espèce. La Province de la Colombie‑Britannique a remis le plan de gestion du petit pompon ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie‑Britannique. Ce plan de gestion a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.
La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer et à mettre en œuvre ce plan pour le bien du petit pompon et de l’ensemble de la société canadienne.
La mise en œuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.
Ajouts et modifications apportés au document adopté
Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de gestion provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.
En vertu de la LEP, les interdictions relatives à la protection des espèces et de leur habitat ne s’appliquent pas aux espèces préoccupantes. Les mesures de conservation dans le plan de gestion provincial portant sur la protection d’individus et de leur habitat sont quand même adoptées afin d’orienter les efforts de conservation, mais ne donneraient pas lieu à une protection juridique fédérale.
1 Information sur la situation de l’espèce
Cette section remplace l’information sur la désignation légale du petit pompon au Canada au titre de la LEP (section 2 du plan de rétablissement provincial).
La désignation légale du petit pompon à l’annexe 1 de la LEP est « espèce préoccupante » (2019).
| Cote mondiale (G)* | Cote nationale (N)* | Cote infranationale (S)* | Statut selon le COSEPAC | Liste de la C.-B. |
|---|---|---|---|---|
G2G4 |
Canada (N3) |
Colombie‑Britannique (S3) |
Préoccupante (2014) |
Liste bleue** |
* Cotes de conservation : 1 – gravement en péril; 2 – en péril; 3 – susceptible de disparaître du territoire ou de la planète; 4 – apparemment non en péril; 5 – non en péril.
** Le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique définit la liste bleue comme une liste contenant les espèces ou écosystèmes préoccupants.
2 Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 4. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou de tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 5 (SFDD).
La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre de plans de gestion peut, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le plan de gestion lui‑même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.
Le plan de gestion provincial du petit pompon contient une section (la section 8) décrivant les effets des activités de gestion sur d’autres espèces. Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de gestion provincial à titre d’énoncé sur les effets des activités de gestion sur l’environnement et sur les espèces non ciblées. Les activités de planification de la gestion du petit pompon seront mises en œuvre de façon à tenir compte de toutes les espèces en péril cooccurrentes et, ainsi, à éviter ou à atténuer les effets négatifs sur ces espèces ou leur habitat. Certaines mesures de gestion du petit pompon (p. ex. inventaire et protection de l’habitat) pourraient favoriser la conservation d’autres espèces en péril dont l’aire de répartition chevauche celle du petit pompon et qui dépendent de caractéristiques de l’habitat semblables.
3 Références
B.C. Conservation Data Centre. 2020. Species Summary: Crossidium seriatum. BC Species and Ecosystems Explorer. B.C. Ministry of Environment, Victoria B.C. Accessible à : http://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/ (consulté le 15 décembre 2020).
NatureServe. 2020. NatureServe Explorer [application Web]. NatureServe, Arlington, Virginia. Accessible à : https://explorer.natureserve.org.https://explorer.natureserve.org Page du Crossidium seriatum : https://explorer.natureserve.org/Taxon/ELEMENT_GLOBAL.2.122670/Crossidium_seriatum (consulté le 15 décembre 2020).
Partie 2 – Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique, préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique
Titre officiel : Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique
Préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique
Septembre 2016
Information sur le document
À propos de la série de Plans de gestion de la Colombie‑Britannique
La présente série réunit les plans de gestion visant à conseiller la Province de Colombie‑Britannique. Le gouvernement provincial rédige de tels plans pour les espèces risquant de devenir menacées ou en voie de disparition en raison de leur vulnérabilité à l’égard de certaines activités humaines ou de certains phénomènes naturels.
Qu’est‑ce qu’un plan de gestion?
Le plan de gestion énonce un ensemble coordonné de mesures de conservation et d’utilisation des terres qui doit à tout le moins garantir que l’espèce ciblée ne deviendra pas menacée ou en voie de disparition. Le plan doit résumer les données scientifiques les plus rigoureuses sur la biologie de l’espèce et sur les facteurs qui la menacent, comme fondement pour l’élaboration d’un cadre de gestion. Il doit enfin fixer des buts et objectifs et recommander des approches permettant d’atteindre ces buts et objectifs.
Prochaines étapes
Le plan de gestion fournit de l’information utile sur les facteurs menaçant l’espèce ainsi que des lignes directrices sur les mesures que peuvent appliquer les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres, les conservationnistes, les universitaires et les gouvernements intéressés par la conservation de l’espèce et de son habitat.
Pour de plus amples renseignements
Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie‑Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique portant sur le sujet à l’adresse suivante :
<http://www2.gov.bc.ca/gov/content/environment/plants-animals-ecosystems/species-ecosystems-at-risk/recovery-planning> (en anglais seulement)
Référence recommandée
Ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique. 2016. Plan de gestion du petit pompon (Crossidium seriatum) en Colombie‑Britannique. Ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique, Victoria (Colombie‑Britannique). 18 p.
Illustration/photographie de la couverture
Terry McIntosh
Exemplaires supplémentaires
On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique portant sur la planification du rétablissement à l’adresse suivante : <http://www2.gov.bc.ca/gov/content/environment/plants-animals-ecosystems/species-ecosystems-at-risk/recovery-planning>
Avis
Le présent plan de gestion a été préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique. Il vise à conseiller les autorités responsables et les organisations susceptibles de participer à la gestion de l’espèce.
Le présent document énonce les mesures de gestion jugées nécessaires, d’après les meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles disponibles, pour empêcher que les populations de petit pompon de Colombie‑Britannique ne deviennent menacées ou en voie de disparition. La mise en œuvre des mesures de gestion visant à atteindre les buts et les objectifs énoncés dans le présent document est assujettie aux priorités et aux contraintes budgétaires des organisations participantes. Les buts, les objectifs et les approches en matière de gestion pourraient être modifiés à l’avenir afin de tenir compte de nouvelles orientations ou constatations.
Les autorités responsables ont eu l’occasion d’examiner le présent document. Cependant, celui‑ci ne présente pas nécessairement les positions officielles de ces organismes, ni les opinions personnelles de chacune des personnes concernées.
Pour que la conservation de l’espèce soit couronnée de succès, il faudra compter sur l’engagement et la coopération des nombreux intervenants qui participeront éventuellement à la mise en œuvre du présent plan de gestion. Le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique invite tous les citoyens de la province à participer à la conservation du petit pompon.
Remerciements
Le présent plan de gestion a été préparé par Brenda Costanzo (ministère de l’Environnement [Ministry of Environment] de la Colombie‑Britannique [MECB]). De l’aide additionnelle a été fournie par : Jenifer Penny et Marta Donovan (Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique); Jordan MacDonald, Peter Fielder, Dave Fraser et Leah Westereng (MECB); Byron Woods (ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie‑Britannique); Marc Jones (candidat au doctorat, Université de la Colombie‑Britannique, campus Okanagan). Louise Blight et Orville Dyer (MECB), Kella Sadler et Matt Huntley (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune [ECCC‑SCF] – Région du Pacifique), Marie‑Andrée Carrière (ECCC‑SCF – Région de la capitale nationale), Kim Borg (ECCC‑SCF – Région de la capitale nationale) et Kirk Safford (BC Parks) ont fourni des commentaires supplémentaires.
Sommaire
Le petit pompon (Crossidium seriatum) est une petite mousse (de 1 à 1,5 mm de hauteur) vert foncé à brun doré. Les feuilles mesurent 0,6 à 1,3 mm de longueur et 0,3 à 0,6 mm de largeur, et leur sommet est arrondi à légèrement émarginé. Sur le dessous de la feuille, la nervure présente des filaments dont les saillies sont arrondies.
Le petit pompon a été désigné « espèce préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en raison de son aire de répartition très étroite et des menaces auxquelles il fait face, notamment l’érosion due à l’utilisation récréative de l’habitat et l’entretien des tranchées de route. Il n’est pas encore inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP)Note de bas de page 6du gouvernement fédéral. En Colombie‑Britannique, le petit pompon est coté S3 (vulnérable) par le Conservation Data Centre et figure sur la liste bleue provinciale. Le cadre de conservation de la Colombie‑Britannique classe l’espèce comme une priorité 1 sous les buts 1 (participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes) et 3 (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes).
Le but de gestion consiste à maintenir toutes les populations existantes connues du petit pompon ainsi que toute population qui pourrait être découverte à l’avenir en Colombie‑Britannique.
Les objectifs de gestion sont les suivants :
- Assurer la protection à long termeNote de bas de page 7 des populations connues du petit pompon et de son habitat
- Déterminer l’ampleur des menaces réelles et potentielles qui pèsent sur l’espèce et son habitat, et atténuer les effets de ces menaces
- Confirmer l’aire de répartition du petit pompon (y compris toute nouvelle population) et déterminer de manière fiable les tendances des populations au moyen d’activités de suivi
1 Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*
Date de l’évaluation : Novembre 2014
Nom communa : Petit pompon
Nom scientifiquea : Crossidium seriatum
Statut selon le COSEPAC : Préoccupante
Justification de la désignation : Cette très petite mousse a une aire de répartition très étroite dans l’ouest du Canada. On la retrouve seulement dans la steppe arbustive semi‑aride de quatre vallées dans la région de l’Okanagan, dans la partie centrale la plus au sud de la Colombie‑Britannique. Les relevés ont permis de confirmer la présence de l’espèce dans seulement 20 sites situés sur des pentes escarpées associées aux dépôts glaciolacustres calcaires. Les menaces incluent l’érosion due à l’utilisation récréative de l’habitat et l’entretien des tranchées de route. Les changements climatiques peuvent également représenter une menace, quoique les impacts potentiels soient inconnus. Un site est disparu en raison de la conversion de l’habitat.
Présence au Canada : Colombie‑Britannique
Historique du statut selon le COSEPAC* : Espèce désignée « préoccupante » en novembre 2014.
* Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
a Les noms communs (anglais) et scientifiques mentionnés dans le présent plan de gestion suivent les conventions d’appellation du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique et peuvent différer des noms utilisés par le COSEPAC.
2 Information sur la situation de l’espèce
Petit pompona
Désignation légale
FRPAb : Non
OGAAb : Non
Wildlife Act de la C.‑B.: c Non
LEP : d Non
Cotes de conservatione
Liste de la C.‑B. : Bleue
Cote en C.‑B. : S3 (2015)
Cote nationale : N2N3 (2012)
Cote mondiale : G2G4 (2009)
Autres cotes infranationales:f
États : Arizona (SNR),
Californie (SNR),
Nevada (S2),
Nouveau‑Mexique (SNR)
Cadre de conservation de la Colombie‑Britannique (B.C. Conservation Framework)g
But 1: Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.
Prioritéh : 1 (2010)
But 2: Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril.
Priorité : 6 (2010)
But 3: Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.
Priorité : 1 (2010)
Groupes de mesures du cadre de conservation:g
Inventaire; élaboration du rapport de situation; inscription au Wildlife Act; planification; transmission au COSEPAC; protection de l’habitat; restauration de l’habitat; intendance des terres privées
a Sources de données : Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique (2016), sauf indication contraire.
b Non = espèce non inscrite dans une des catégories d’espèces sauvages nécessitant une attention particulière en matière de gestion destinée à réduire les impacts des activités menées dans les forêts et les parcours naturels sur des terres de la Couronne au titre du Forest and Range Practices Act (FRPA; Province of British Columbia [2002]) et/ou des activités pétrolières et gazières sur des terres de la Couronne au titre du Oil and Gas Activities Act (OGAA; Province of British Columbia [2008]).
c Non = espèce non désignée comme étant une espèce sauvage au titre du Wildlife Act de la Colombie‑Britannique (Province of British Columbia, 1982).
d Non = espèce non inscrite aux annexes de la Loi sur les espèces en péril (LEP; gouvernement du Canada, 2002). L’évaluation du COSEPAC sera examinée par le gouverneur en conseil qui pourrait, sur la recommandation du ministre, modifier la liste pour inclure l’espèce à l’annexe 1 de la LEP.
e Rouge : comprend toutes les espèces ou sous‑espèces indigènes qui ont, ou qui pourraient avoir, le statut d’espèce disparue, en voie de disparition ou menacée en Colombie‑Britannique. Bleue : comprend toutes les espèces ou sous‑espèces indigènes considérées comme étant préoccupantes (anciennement désignées vulnérables) en Colombie‑Britannique. S = infranational; N = national; G = mondial; T = taxon infraspécifique (ici sous‑espèce); B = population reproductrice; X = espèce vraisemblablement disparue du territoire; H = possiblement disparue du territoire; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, susceptible de disparaître du territoire ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = non applicable; NR = non classée; U = non classable.
f Source de données : NatureServe (2015).
g Source de données : ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2009).
h Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (priorité la plus élevée) à la priorité 6 (priorité la plus faible).
3 Information sur l’espèce
3.1 Description de l’espèce
Le petit pompon (Crossidium seriatum) est une petite mousse (de 1 à 1,5 mm de hauteur) vert foncé à brun doré. Les feuilles mesurent 0,6 à 1,3 mm de longueur et 0,3 à 0,6 mm de largeur, et leur sommet est arrondi à légèrement émarginé. La marge des feuilles est révolutée depuis la base jusqu’au sommet. La nervure se prolonge au sommet de la feuille en une soie mince. Sur le dessous de la feuille, la nervure présente des filaments dont les saillies sont arrondies. La capsule cylindrique mesure 1,5 à 2,3 mm de longueur, et l’opercule est conique (couvercle de la capsule). Les spores mesurent 11 à 13 µm de diamètre (COSEWIC, 2014).
3.2 Population et répartition de l’espèce
3.2.1 Répartition
Le petit pompon est une espèce de la steppe arbustive qui se trouve dans les régions arides de l’ouest de l’Amérique du Nord (figure 1 de la partie 2), notamment dans zones peuplées d’armoise, des prairies et des régions désertiques. Au Canada, l’espèce est principalement présente dans le centre‑sud de la Colombie‑Britannique, où elle occupe généralement des falaises limoneuses abruptes dans les steppes arbustives des vallées du fleuve Fraser et des rivières Thompson, Nicola et Okanagan (figure 2 de la partie 2). Les occurrences se trouvent dans les zones biogéoclimatiques à graminées cespiteuses ou à pin ponderosa très sèches et chaudes de la Colombie‑Britannique.
3.2.2 Taille de la population
Le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique possède des renseignements sur 21 occurrences d’éléments (OE; EO en anglais)Note de bas de page 8. Parmi ces occurrences, 19 sont considérées comme existantes et une est disparue (OE25) en raison de la conversion de l’habitat en terres agricoles (COSEWIC, 2014). Une autre occurrence (OE16) peut avoir été perturbée par des activités de voirie et est possiblement disparue (B.C. Conservation Data Centre, 2016), car elle n’a pas été retrouvée depuis la première observation en 2006 (tableau 1 de la partie 2). Il n’existe aucun dénombrement des individus matures, car le petit pompon est minuscule et peut pousser de façon isolée parmi d’autres espèces de mousses; il est donc difficile de déterminer avec exactitude la taille de la population.
Figure 1 de la partie 2. Aire de répartition du petit pompon en Amérique du Nord (COSEWIC, 2014).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Kilometres = kilomètres
Description longue
La figure 1 de la partie 2 montre l’aire de répartition du petit pompon en Amérique du Nord. Elle contient plusieurs points représentant les « observations » de l’espèce. La majorité des observations ont été faites en Colombie Britannique, au Canada, et en Californie, au Nevada et en Arizona, aux États Unis. Quelques observations ont également été faites dans l’État de Washington, en Idaho, au Nouveau Mexique et au Texas.
Figure 2 de la partie 2. Aire de répartition du petit pompon en Colombie‑Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2016). La numérotation des populations correspond à celle qui est indiquée dans le tableau 1 de la partie 2.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
British Columbia = Colombie‑Britannique; Map Extents = Zone agrandie
Legend = Légende; Extant = Population existante
Possibly extirpated = Population possiblement disparue; Extirpated = Population disparue
Description longue
La figure 2 de la partie 2 montre l’aire de répartition du petit pompon en Colombie Britannique; 20 populations numérotées sont indiquées sur la carte. Selon la carte, les populations de l’espèce sont existantes, possiblement disparues ou disparues. La population numéro 2, à l’ouest de Walhachin, est la seule population disparue. La population numéro 15 est la seule possiblement disparue et se trouve près de Merritt, Shulus et Collettville. Toutes les autres populations sont existantes. Les populations numérotées de 8 à 14 et de 16 à 18 sont toutes regroupées près de Penticton et d’Okanagan Falls. Les populations numéro 19 et 20 se trouvent près d’Osoyoos. Les populations numéro 1, 3, 4, 5, 6 et 7 sont regroupées près de Kamloops, et la population numéro 21 est située au nord ouest de 70 Mile House.
| Population/emplacement | No de la population | No d’occurrence d’élément | Nom du site donné par le COSEPAC | ID du COSEPAC | Situation de la populationa | Date(s) d’observation | Observateur(s) | Régime foncier |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Rivière Thompson Sud, Monte Creek, à 3 km à l’ouest de la confluence |
1 |
OE1 |
Kamloops, 23 km à l’est |
001 |
Existante |
2011; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Vallée Semlin |
2 |
OE25 |
Cache Creek, route 1, 5 km à l’est |
005 |
Disparue |
2005; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Ville de Valley View, au sud de Kamloops |
3 |
OE23 |
Kamloops, 3,5 km à l’est |
Cr8 |
Existante |
2013 |
Baldwin |
Inconnu |
Rivière Thompson Sud/ruisseau Gregor, à 4,7 km à l’ouest |
4 |
OE24 |
Kamloops, 12 km à l’est |
Cr9 |
Existante |
2013 |
Baldwin et Jones |
Inconnu |
Pic Paul, à 2,2 km au sud‑est, réserve indienne (RI) Kamloops 1 |
5 |
OE5 |
Kamloops, 3 km à l’est |
Cr10 |
Existante |
2013 |
Baldwin et Jones |
Premières Nations |
Rivière Thompson Sud/ruisseau Juniper, RI Kamloops 1 |
6 |
OE6 |
Kamloops, 8 km à l’est |
Cr11 |
Existante |
1980; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Premières Nations |
Mont Wheeler, région de Kamloops, Lac du Bois |
7 |
OE29 |
S. O. |
S. O. |
Existante |
1982 |
Nicholson |
Aire protégée provinciale |
Ruisseau Shatford, RI Penticton 1 |
8 |
OE7 |
Penticton, 10 km à l’ouest |
Cr12 |
Existante |
2008; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Premières Nations |
Penticton, Avenue Green Est |
9 |
OE9 |
Penticton |
Cr14 Cr15 |
Existante |
2004; 2006; 2013 |
McIntosh McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Lac Skaha/ruisseau Gillies, à 1,2 km au sud |
10 |
OE11 |
Rive est du lac Skaha, 6 km au sud de Penticton |
Cr16 |
Existante |
2013 |
Baldwin et Jones |
Inconnu |
Skaha/ruisseau Gillies |
11 |
OE12 |
Rive est du lac Skaha, 5 km au sud de Penticton |
Cr17 |
Existante |
2013 |
Baldwin et Jones |
Inconnu |
Lac Skaha/ruisseau Gillies, à 2,1 miles au nord |
12 |
OE13 |
Penticton, 3 km au sud |
Cr18 |
Existante |
2007; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Lac Okanagan/ |
13 |
OE14 |
Penticton, 2 km au nord |
Cr19 |
Existante |
1999;2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Lac Okanagan/ Trout Creek, à 1 km au sud‑ouest |
14 |
OE15 |
Trout Creek, 1 km au sud |
Cr20 |
Existante |
2011; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Rivière Coldwater/ Spanish Creek, à 0,6 km au sud‑est de la confluence, Merritt |
15 |
OE16 |
Merritt, 3 km au sud |
Cr22 |
Possiblement disparue |
2006 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Ville de Trout Creek, à 0,7 km au nord‑ouest |
16 |
OE17 |
Trout Creek, 1 km au nord |
Cr23 |
Existante |
2005; 2013 |
McIntosh; Baldwin et Jones |
Inconnu |
Lac Skaha/ruisseau Skaha, à 1 km au sud |
17 |
OE18 |
Rive ouest du lac Skaha, à 4 km au sud de Penticton |
Cr24 |
Existante |
2010; 2013 |
Baldwin; Baldwin |
Inconnu/ |
Ruisseau Johnson Spring, lac Okanagan |
18 |
OE19 |
Rive est du lac Okanagan, à 5 km au nord de Penticton |
Cr25 |
Existante |
2013 |
Baldwin |
Inconnu |
Ruisseau Inkaneep, RI Osoyoos 1 |
19 |
OE27 |
À 6 km au nord d’Osoyoos |
W7 |
Existante |
2006 |
McIntosh et Peirson |
Premières Nations |
Osoyoos, à 2,8 km au sud‑ouest |
20 |
OE28 |
À environ 3 km au sud d’Osoyoos, à l’ouest du lac Osoyoos |
FB |
Existante |
2007 |
McIntosh |
Inconnu |
Fleuve Fraser/Dog Creek, à 4,6 km au sud de la RI Canoe Creek 3 |
21 |
OE26 |
Au‑dessus du niveau du fleuve Fraser, entre Gang Ranch et Dog Creek |
W3 |
Existante |
1984 |
McIntosh |
Premières Nations |
a Existante : l’occurrence a été vérifiée récemment et existe encore et/ou l’habitat est encore jugé convenable pour l’espèce.
3.3 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat du petit pompon
3.3.1 Besoins en matière d’habitat
Le petit pompon se trouve dans la steppe arbustive des zones biogéoclimatiques à graminées cespiteuses et à pin ponderosa très sèches et chaudes (Meidinger et Pojar [eds.], 1991) dans le centre‑sud de la Colombie‑Britannique. Il pousse dans des sols au substrat de limons lacustres, qui sont généralement des dépôts glaciolacustres calcaires à texture fine. Ces limons se trouvent le long des rivières Thompson et Okanagan, où les occurrences du petit pompon se situent à une altitude allant de 300 à 700 m. Ces milieux peuvent être ouverts et exposés ou naturellement ombragés (COSEWIC, 2014).
3.3.2 Besoins biologiques
L’établissement de l’espèce dépend soit de la dispersion de ses spores par le vent sur de longues distances vers le substrat approprié (limons lacustres), soit de la dispersion de ses fragments végétatifs ou de ses spores sur de courtes distances vers le même substrat (tableau 2 de la partie 2). Même s’il ne possède pas une bonne capacité de compétition, le petit pompon cohabite avec d’autres espèces de mousses. La superficie qu’il occupe pourrait être restreinte, car les autres mousses lui font compétition pour l’espace (COSEWIC, 2014).
| Stade du cycle vital | Fonctiona | Élémentsb | Caractéristiquesc |
|---|---|---|---|
Sporophyte |
Production de spores/germination |
Milieux ouverts et exposés ou milieux ombragés sur des sols à texture fine; falaises abruptes dont l’altitude varie entre 300 et 700 m |
|
Gamétophyte |
Formation de gamètes/fertilisation pour la production de sporophytes |
Mêmes éléments que ci‑dessus; humidité nécessaire à la fertilisation |
Mêmes caractéristiques que ci‑dessus; habitat ouvert nécessaire au développement des gamétophytes |
a Fonction : processus du cycle vital de l’espèce (p. ex. floraison, production de fruits, dispersion des graines, germination, développement des semis).
b Élément : composante structurale essentielle de l’habitat dont l’espèce a besoin.
c Caractéristique : composante de base ou paramètre mesurable d’un élément.
3.4 Facteurs limitatifs
Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques qui rendent l’espèce moins susceptible de réagir favorablement aux mesures de gestion/conservation.
Le petit pompon se reproduirait au moyen de spores ainsi qu’à partir de tissus des tiges et des rhizoïdes (COSEWIC, 2014); toutefois, les sporophytes ne sont produits que dans des zones de suintement ou après des épisodes de pluies. Aucun sporophyte n’a été observé dans la province, à l’exception d’une occurrence, aujourd’hui disparue, au site de Cache Creek.
Les sols lacustres (dépôts glaciolacustres calcaires) des falaises limoneuses à pente abrupte constituent l’habitat de prédilection de l’espèce; le type de sol peut donc représenter un facteur limitatif (COSEWIC, 2014).
4 Menaces
Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (adapté de Salafsky et al., 2008). Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont considéréesNote de bas de page 9. Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifsNote de bas de page 10,qui sont présentés à la section 3.4.
4.1 Évaluation des menaces
La classification des menaces présentée ci‑dessous se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’IUCN‑CMP (Union internationale pour la conservation de la nature‑Partenariat pour les mesures de conservation) et concorde avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web « Open Standards » (Open Standards, 2014). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Dans le présent plan, les menaces sont caractérisées en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » de la menace est calculé selon sa portée et sa gravité. Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, voir Master et al. (2012; en anglais seulement) et les notes au bas du tableau. Les menaces qui pèsent sur le petit pompon ont été évaluées pour l’ensemble de la province (tableau 3 de la partie 2).
| Menacea | Description de la menace | Impactb | Portéec | Gravitéd | Immédiatetée |
|---|---|---|---|---|---|
1 |
Développement résidentiel et commercial |
Négligeable |
Négligeable |
Extrême |
Élevée |
1.1 |
Zones résidentielles et urbaines |
Négligeable |
Négligeable |
Extrême |
Élevée |
2 |
Agriculture et aquaculture |
Négligeable |
Négligeable |
Extrême |
Élevée |
2.1 |
Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois |
Négligeable |
Négligeable |
Extrême |
Modérée |
2.3 |
Élevage de bétail |
Négligeable |
Négligeable |
Élevée‑modérée |
Élevée |
4 |
Corridors de transport et de service |
Faible |
Petite |
Élevée‑modérée |
Élevée |
4.1 |
Routes et voies ferrées |
Faible |
Petite |
Élevée‑modérée |
Élevée |
6 |
Intrusions et perturbations humaines |
Négligeable |
Négligeable |
Élevée‑modérée |
Élevée |
6.1 |
Activités récréatives |
Négligeable |
Négligeable |
Élevée‑modérée |
Élevée |
6.3 |
Travail et autres activités |
Négligeable |
Négligeable |
Négligeable |
Élevée |
11 |
Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents |
Inconnu |
Généralisée |
Inconnue |
Élevée‑modérée |
11.4 |
Tempêtes et inondations |
Inconnue |
Généralisée |
Inconnue |
Élevée‑modérée |
a Les numéros renvoient aux menaces de catégorie 1 (chiffres entiers) et de catégorie 2 (chiffres avec décimales).
b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce. Le taux médian de réduction de la population pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. : l’immédiateté est non significative/négligeable [menace passée] ou faible [menace possible à long terme]); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.
c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71‑100 %; grande = 31‑70 %; restreinte = 11‑30 %; petite = 1‑10 %; négligeable < 1 %).
d Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71‑100 %; élevée = 31‑70 %; modérée = 11‑30 %; légère = 1‑10 %; négligeable = < 1 %; neutre ou avantage possible = ≥ 0 %). Pour cette espèce, une période de 10 ans a été utilisée.
e Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.
4.2 Description des menaces
L’impact global des menaces pesant sur cette espèce à l’échelle de la province est faibleNote de bas de page 11. Ce résultat global tient compte des impacts cumulatifs de multiples menaces. Les activités d’entretien des routes sont la principale menace pesant sur l’espèce (tableau 3 de la partie 2). Les menaces sont détaillées dans les paragraphes suivants, par catégorie de menace de niveaux 1 et 2.
Menace 1. Développement résidentiel et commercial (impact négligeable)
1.1 Zones résidentielles et urbaines
Le petit pompon occupe principalement les vallées des rivières Thompson et Okanagan, où la demande de développement résidentiel est élevée. Cependant, étant donné que l’espèce préfère s’établir sur des falaises limoneuses, la forte pente et l’instabilité géologique de ces zones réduisent la portée de cette menace (COSEWIC, 2014).
Menace 2. Agriculture et aquaculture (impact négligeable)
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois
L’expansion des cultures, des pâturages ou des vignobles est également limitée par l’instabilité géologique et la forte pente associées à l’habitat de prédilection du petit pompon (COSEWIC, 2014). La steppe à armoises d’un site à Cache Creek (OE25) a été convertie en terres agricoles (COSEWIC, 2014).
Menace 4. Corridors de transport et de service (impact faible)
4.1 Routes et voies ferrées
L’expansion ou l’entretien des routes qui comprend l’élimination du limon lacustre nécessaire à la croissance du petit pompon entraînerait la perte d’habitat, ce qui menacerait la survie de l’espèce. Cinq populations sont possiblement perturbées par les activités routières (OE7, OE9, OE13, OE14 et OE16). Les plantes pourraient être accidentellement détruites, enfouies ou enlevées, et leur habitat pourrait être perturbé ou enfoui lors de l’expansion des routes. L’expansion des routes serait l’événement le plus susceptible de détruire les plantes des talus escarpés, puisque personne ne peut marcher à ces endroits et que les plantes envahissantes y sont presque absentes. Cependant, l’une ou l’autre de ces activités ne toucherait probablement que les portions inférieures des talus les plus près de la chaussée.
Même si la croissance de certaines occurrences est attribuable à la création de tranchées de route il y a 20 à 30 ans, dans l’ensemble, cette activité aurait eu des effets négatifs sur l’espèce. La probabilité de colonisation au cours des 15 prochaines est incertaine, puisqu’on ignore combien de temps il a fallu au petit pompon pour recoloniser une tranchée de route. La construction de routes pourrait créer un nouvel habitat pour le petit pompon, mais cet habitat ne serait pas nécessairement colonisé étant donné la production limitée de sporophytes par l’espèce (COSEWIC, 2014).
Menace 6. Intrusions et perturbations humaines (impact négligeable)
6.1 Activités récréatives
Un site occupé par le petit pompon se trouve à proximité de pistes de vélos de montagne (COSEWIC, 2014). Dans l’ensemble, cette activité est populaire dans les régions de Kamloops et de Penticton, et les pistes tracées par les vélos pourraient avoir une incidence directe sur les populations : les mousses pourraient être arrachées du substrat ou compactées dans le sol. De plus, les activités de vélo de montagne pourraient accroître l’érosion des falaises, ce qui perturberait une plus grande superficie de l’habitat du petit pompon.
6.3 Travaux et autres activités
La collecte d’espèces de mousses aux fins de recherche ou d’inventaire aurait un impact négligeable sur les populations.
Menace 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact inconnu)
11.4 Tempêtes et inondations
Les changements climatiques pourraient entraîner l’augmentation de la superficie d’habitat convenable disponible (attribuable à l’assèchement des conditions au printemps et à l’été) et de la production de sporophytes (attribuable à l’augmentation de fortes pluies en automne et en hiver). Toutefois, l’augmentation des précipitations pourrait également accroître l’érosion des falaises limoneuses qui abritent le petit pompon, ce qui réduirait la superficie de l’habitat de l’espèce.
5 But et objectifs de gestion
5.1 But de gestion
Le but de gestion consiste à maintenir toutes les populations existantes connues du petit pompon ainsi que toute population qui pourrait être découverte à l’avenir en Colombie‑Britannique.
5.2 Justification du but de gestion
Le but global est de maintenir toutes les populations existantes connues de l’espèce en Colombie‑Britannique. Ce but vise toutes les populations existantes de l’espèce ainsi que toute population découverte à l’avenir. Il est impossible de fixer un but de gestion quantitatif pour le petit pompon, puisqu’il n’existe aucune donnée démographique de référence et que les tendances des populations sont inconnues. Comme pour de nombreuses autres espèces de plantes rares, très peu d’information est disponible concernant la répartition historique du petit pompon.
5.3 Objectifs de gestion
Les objectifs de gestion pour le petit pompon sont les suivants :
- Assurer la protection à long termeNote de bas de page 12 des populations connues du petit pompon et de son habitat
- Déterminer l’ampleur des menaces réelles et potentielles qui pèsent sur l’espèce et son habitat, et atténuer les effets de ces menaces
- Confirmer l’aire de répartition du petit pompon (y compris toute nouvelle population) et déterminer de manière fiable les tendances des populations au moyen d’activités de suivi
6 Approches pour l’atteinte des objectifs
6.1 Mesures déjà achevées ou en cours
Les mesures suivantes ont été classées d’après les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie‑Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2009). Leur état d’avancement pour l’espèce est indiqué entre parenthèses.
Élaboration du rapport de situation (achevée)
- Le rapport du COSEPAC est achevé (COSEWIC, 2014)
Présentation au COSEPAC (achevée)
- Le petit pompon a été désigné « espèce préoccupante » (COSEWIC, 2014). (Réévaluation prévue en 2024)
Planification (achevée)
- Le plan de gestion de la Colombie‑Britannique est terminé (présent document, 2016)
Inventaire (achevé)
- L’inventaire a été réalisé en 2013 aux fins du rapport de situation du COSEPAC
Protection de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)
- Une population au mont Wheeler (OE 29) se trouve dans l’aire protégée Lac du Bois Grasslands et bénéficie d’une protection en vertu du Protected Areas of British Columbia Act
- Une population à Penticton (OE9) est présente dans l’habitat essentiel désigné pour le phasque de Vlassov (Environment and Climate Change Canada, 2012)
6.2 Mesures de gestion recommandées
| Objectif | Groupe de mesures du cadre de conservation | Mesures à prendre pour atteindre les objectifs | Menacesa ou préoccupations traitées | Prioritéb |
|---|---|---|---|---|
1 |
Protection de l’habitat |
Établir des mécanismes de protection appropriés. Identifier tous les propriétaires et gestionnaires des terres et communiquer avec eux. Chercher à conclure des covenants de conservation ou des accords d’intendance avec les propriétaires des terres privées. |
TOUTES LES MENACES |
Essentielle |
1, 2 |
Protection de l’habitat |
Élaborer des pratiques de gestion exemplaires visant à atténuer les menaces. |
4.1 |
Essentielle |
2 |
Protection de l’habitat |
Évaluer les menaces et assurer leur suivi afin de déterminer si elles sont potentielles ou réelles. |
4.1 |
Nécessaire |
3 |
Inventaire |
Assurer le suivi des sites qui pourraient convenir à l’espèce et des populations existantes dans la province. |
Inventaire |
Nécessaire |
3 |
Inventaire/ protection de l’habitat existant |
Élaborer et mettre en œuvre un protocole de suivi permettant d’obtenir des estimations fiables de la taille des populations. |
Suivi |
Nécessaire |
1, 3 |
Protection de l’habitat |
Effectuer le suivi de la situation de la population et des menaces dans les localités connues tous les 5 ans. |
Suivi |
Bénéfique |
1, 2 |
Protection/ |
Présenter les résultats du suivi et mettre en œuvre des mesures d’atténuation des menaces, au besoin; effectuer un suivi visant à évaluer l’efficacité des mesures d’atténuation. |
4.1 |
Bénéfique |
4 |
Protection/ |
Déterminer les besoins particuliers de l’espèce en matière d’habitat (p. ex. exposition, humidité, intensité lumineuse, température, chimie du sol et teneur en humidité), notamment les conditions environnementales (en particulier d’humidité) favorisant une production optimale de sporophytes. |
Lacunes dans les connaissances |
Bénéfique |
a Les numéros des menaces sont ceux de la classification de l’IUCN‑CMP (voir le tableau 3 de la partie 2 pour les détails).
b Essentielle : urgente et importante, la mesure doit être prise immédiatement; nécessaire : importante, mais non urgente, la mesure peut être prise dans les deux à cinq prochaines années; bénéfique : la mesure est bénéfique et pourrait être prise quand cela sera possible.
7 Mesure des progrès
Les indicateurs de rendement présentés ci‑dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte du but et des objectifs de gestion. Des indicateurs de rendement sont indiqués pour chaque objectif, le but étant l’obtention de chaque résultat mesurable énoncé au cours des cinq prochaines années.
Paramètre mesurable de l’objectif 1
- Des accords d’intendance ont été conclus pour la protection des populations de petit pompon, ou d’autres formes de protection de l’espèce ont été établies
Paramètre mesurable de l’objectif 2
- La principale menace pesant sur les populations de petit pompon (p. ex. l’entretien des routes) est évaluée et atténuée dans la mesure du possible; les mesures d’atténuation font l’objet d’un suivi visant à évaluer leur efficacité
Paramètre mesurable de l’objectif 3
- Un inventaire des habitats convenables a été effectué, et les tendances des populations indiquent que le nombre de plantes dans les sites connus est stable ou augmente à long terme
8 Effets sur les espèces non ciblées
D’autres espèces de mousses en péril se trouvent dans l’habitat du petit pompon, notamment le phasque de Vlassov (Microbryum vlassovii), qui figure sur la liste rouge du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique ainsi que sur la liste des espèces en voie de disparition à l’annexe 1 de la LEP. L’espèce Grimmia plagiopodia (aucun nom commun), mousse figurant sur la liste rouge, occupe aussi des falaises lacustres de la province.
La mise en œuvre des activités de gestion visant le petit pompon tiendra compte de toutes les espèces en péril cooccurrentes afin d’éviter les effets négatifs sur ces espèces ou leur habitat.
9 Références
B.C. Conservation Data Centre. 2016. BC Species and Ecosystems Explorer. B.C. Min. Environ., Victoria, BC. <http://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/> [consulté le 12 juillet 2016].
B.C. Ministry of Environment. 2009. Conservation framework—Conservation priorities for species and ecosystems: primer. Ecosystems Br., Environ. Stewardship Div., Victoria, BC. <http://www2.gov.bc.ca/assets/gov/environment/plants-animals-and-ecosystems/species-ecosystems-at-risk/species-at-risk-documents/cf_primer.pdf> [consulté le 22 mai 2015].
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Environment and Climate Change Canada. 2012. Recovery Strategy for the Nugget Moss (Microbryum vlassovii) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment Canada, Ottawa. XVI pp. + Appendix. [Également disponible en français : Environnement et Changement climatique Canada. 2012. Programme de rétablissement du phasque de Vlassov (Microbryum vlassovii) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa, XVIII p. + annexe.]
Government of Canada. 2002. Species at Risk Act [S.C. 2002] c. 29. Justice Laws website <http://laws-lois.justice.gc.ca/eng/acts/S-15.3/page-1.html>. [consulté le 22 mai 2015]. [Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2002. Loi sur les espèces en péril [L.C. 2002] ch. 29. Site Web de la législation (Justice) https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/S-15.3/page-1.html.]
Master, L.L., D. Faber‑Langendoen, R. Bittman, G.A. Hammerson, B. Heidel, L. Ramsay, K. Snow, A. Teucher et A. Tomaino. 2012. NatureServe conservation status assessments: factors for evaluating species and ecosystems at risk. NatureServe, Arlington, VA. <http://www.natureserve.org/sites/default/files/publications/files/natureserveconservationstatusfactors_apr12_1.pdf> [consulté le 22 mai 2015].
Meidinger, D. et J. Pojar [eds.] 1991. Ecosystems of British Columbia. B.C. Min. For., Victoria, BC. Spec. Rep. Ser. No. 6.
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