Questionnaire soumis par la juge Michele H. Hollins

Document d'information

Selon le nouveau processus de nomination des juges annoncé par la ministre de la Justice le 20 octobre 2016, tout avocat ou juge canadien intéressé et ayant les qualifications requises peut poser sa candidature en remplissant un questionnaire à cet effet. Les questionnaires sont ensuite utilisés par les comités consultatifs à la magistrature à travers le Canada pour examiner les candidatures et soumettre à l’attention de la ministre de la Justice une liste de candidats « hautement recommandés » et « recommandés ». Les candidats sont avisés que certaines parties de leur questionnaire peuvent être rendues publiques s’ils sont nommés à la magistrature.

Ci-dessous, les parties 5, 6, 7, et 11 du questionnaire rempli par la juge Michele H. Hollins.

Questionnaire relatif au processus de nomination à la magistrature

[...]

PARTIE 5 – EXIGENCES LINGUISTIQUES

Veuillez noter qu’en plus de vos réponses aux questions énoncées ci-après, vous serez peut-être évalué sur votre connaissance fonctionnelle des deux langues.
Sans formation supplémentaire, êtes-vous capable de lire ou de comprendre des documents de la cour :

  • en anglais : oui
  • en français : non

Sans formation supplémentaire, êtes-vous en mesure de discuter d’affaires juridiques avec vos collègues :

  • en anglais : oui
  • en français : non

Sans formation supplémentaire, êtes-vous capable de converser avec un avocat en cour :

  • en anglais : oui
  • en français : non

Sans formation supplémentaire, êtes-vous capable de comprendre les observations orales présentées en cour :

  • en anglais : oui
  • en français : non

PARTIE 6 – ÉTUDES

Noms des établissements, années d’études, diplôme et années d’obtention du diplôme :

  • 1989-1992 : Université de la Saskatchewan, College of Law – LL.B.
  • 1985-1987 : Texas Christian University, Fort Worth, Texas – Baccalauréat ès sciences (biochimie), diplôme obtenu en 1987
  • 1983-1985 : University of Science & Arts of Oklahoma, Chickasha, Oklahoma – Baccalauréat ès sciences (chimie)

Formation continue :

  • Formation juridique permanente, 1992 à aujourd’hui
  • Pas de formation formelle après le LL.B.

Distinctions académiques :

  • Bourses d’études :
    • 1983 : bourse de début d’études, University of Science & Arts of Oklahoma
    • 1986 : admission à une Honour Society (reconnaissant l’excellence scolaire) de la Texas Christian University
    • 1989 : bourse de début d’études, Université de la Saskatchewan, College of Law
  • Prix juridiques :
    • 2008 : récipiendaire du titre de conseillère de la Reine
    • 2010 : Prix d’excellence Louis St-Laurent (Association du Barreau canadien)
    • Women in Law Leadership Award (Broader Roles) de 2013 (prix de leadership des femmes en droit, rôle élargi)

PARTIE 7 – ANTÉCÉDENTS PROFESSIONNELS

Veuillez indiquer dans l’ordre chronologique et à partir du plus récent les emplois que vous avez exercés, et préciser pour chacun la durée applicable et le nom de l’employeur. Concernant les emplois dans le domaine juridique, veuillez inscrire les secteurs de travail ou les spécialisations, ainsi que les années correspondantes. Au besoin, indiquez si les secteurs de travail ont changé.

Expérience de travail le domaine juridique :

  • 2004 à aujourd’hui : associée, Dunphy Best Blocksom LLP (contentieux des affaires civiles et litige commercial)
  • 2001-2003 : avocate, Dunphy Best Blocksom LLP (contentieux des affaires civiles et litige commercial)
  • 1994-2001 : avocate, McCarthy Tetrault S.E.N.C.R.L., s.r.l. (contentieux des affaires civiles et litige commercial)
  • 1993-1994 : stagiaire en droit de Thomas Ferguson, c.r. à McCarthy Tetrault S.E.N.C.R.L., s.r.l.
  • 1992-1993 : auxiliaire juridique auprès du juge en chef D.K. McPherson, Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan
  • 1990 : adjointe à la recherche pour l’été, Université de la Saskatchewan, College of Law

Expérience de travail dans un domaine non juridique :

  • 1987-1989 : commis aux narcotiques, National Drug (aujourd’hui Médis), Regina, Saskatchewan
  • 1986-1987 : adjointe à la recherche médicale, Veteran’s Administration Hospital, Dallas, Texas
  • 1985-1987 : serveuse et barmaid, The Ocean Club, Fort Worth, Texas

Autres expériences professionnelles :

Inscrivez toutes les associations du Barreau ou comités d’affaires juridiques dont vous êtes ou avez été membre, et tous les titres des postes que vous avez occupés au sein de ces groupes, ainsi que les dates correspondantes.

  • Présidente nationale de l’Association du Barreau canadien (2014-2015)
    • Jusqu’en 2017, notre conseil d’administration national était composé de 25 directeurs représentant toutes les régions géographiques et les secteurs d’intérêt de nos 37 000 membres. En tant que présidente, j’ai présidé toutes les réunions en personne et les téléconférences du conseil d’administration (11 en tout au cours de l’année 2014-2015). Les vice‑présidents et les effectifs des directeurs étaient également généralement présents et avaient droit de parole dans la majorité des cas.
    • Nous avons discuté de questions hautement controversées au cours de mon mandat. Nous avons pris et mis en œuvre des décisions qui ont fait l’objet de beaucoup de discussions auxquelles ont participé les membres du conseil, des groupes constitutifs (parfois contrariés) au sein de l’organisation, les membres du grand public et les médias.
    • De plus, nous avons entamé le projet « Repenser l’ABC », un examen de l’ensemble de l’organisation et un remaniement de l’objectif de l’Association du Barreau canadien, de notre stratégie et de nos activités. Le conseil d’administration a dû déployer des efforts considérables pour en arriver à un consensus au sujet d’importants changements, y compris les répercussions financières de ce travail, et pour poursuivre la surveillance du projet tout au long de mon mandat.
    • En tant que présidente nationale, j’ai rencontré les ministres de la Justice des provinces et des territoires, le ministre de la Justice du gouvernement fédéral, des juges, des juges de paix et des juges en chef, les membres exécutifs d’organismes judiciaires, des barreaux, la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada, l’Association canadienne des conseillers juridiques d’entreprises, l’American Bar Association et d’autres dirigeants de barreaux internationaux. J’ai accordé de nombreuses entrevues à des médias (journaux, radio et télévision) sur des sujets comme le projet de loi C-51, les femmes dans la profession et le processus de nomination des juges.
    • J’ai siégé au conseil d’administration national de l’ABC à quelques reprises et agi en tant qu’administratrice en chef nationale (2012 à aujourd’hui), présidente de l’ABC, division de l’Alberta (2007-2008), et présidente du comité de recrutement national de l’ABC (2000-2001).
    • En tant qu’ancienne présidente (2015-2016), j’ai présidé les réunions du conseil national, composé d’environ 230 délégués. J’ai également fait partie de l’Équipe de l’intégration de l’Association du Barreau canadien et suis actuellement (2016-2017) chef d’équipe pour l’une des équipes de transition (conseil d’administration, assemblée générale annuelle et forum sur le leadership), mise sur pied dans le cadre de l’adoption d’une nouvelle structure de gouvernance, qui aura lieu au cours de la prochaine année.
  • Autres comités de l’ABC et rôles
    • Comité national des finances (2013-2014)
    • Comité directeur de la Conférence juridique canadienne et de l’Assemblée de la mi-hiver de l’ABC (2013 à aujourd’hui)
    • Présidente, Comité d’examen de la Conférence juridique canadienne et de l’Assemblée de la mi-hiver (2012-2013)
    • Comité national de nomination (2013, présidente en 2015-2016)
    • Présidente, Association du Barreau canadien, division de l’Alberta (2007‑2008)
    • Membre du comité exécutif de l’Alberta, 2004-2010
    • Membre du Comité national des communications (2009-2012); vice‑présidente (2011)
    • Membre, Comité des communications de la division (2009-2012)
    • Membre, Comité de rédaction de la division (2009-2013)
    • Représentante de l’ABC au Comité des prix et récompenses (2007)
    • Agente de liaison de l’ABC auprès des conseillers du barreau du Barreau de l’Alberta (2006-2007)
    • Représentante de l’ABC sur le Comité de Bulletin de renseignements de politique de justice, Sous-comité sur la confiance du public (2006-2007)
    • Représentante de l’ABC pour le Legal Services Mapping Project (projet d’établissement de carte des services juridiques) du Forum canadien sur la justice civile (2008)
    • Comité organisateur de l’Assemblée de la mi-hiver, Lake Louise (2009)
    • Comité organisateur de la Conférence juridique canadienne, Calgary (2007)
    • Comité organisateur de l’Assemblée de la mi-hiver, Banff (2005)
    • Co-présidente du comité organisateur, Alberta Law Conference (2002, 2004)
    • Présidente, Comité national de recrutement (2000-2001)
    • Présidente, Comité de recrutement, division de l’Alberta (1998-2000)
    • Comité national des finances (2000-2001)
    • Comité exécutif du Conseil des sections nationales (2000-2001)
    • Co-présidente du Comité de formation juridique publique, division de l’Alberta
    • Coordonnatrice des sections du Sud, division de l’Alberta
    • Bénévole lors de la Journée du droit (en cours)
  • Alberta Lawyers’ Assistance Program, ASSIST (programme d’aide aux avocats de l’Alberta), avril 2009 à 2012
    • Conseil d’administration, secrétaire
    • Membre, comité de collecte de fonds
    • Membre, comité du programme de soutien par les pairs
    • Bénévole au soutien par les pairs (en cours)
  • Arbitre au Barreau (2016 à aujourd’hui)
    • J’ai été nommée arbitre au Barreau de l’Alberta en mars 2016 afin de siéger à des conseils de discipline avec des conseillers du Barreau, y compris des conseillers non juristes. J’ai terminé la formation pour ce poste et j’attends que la date de ma première audience, qui aura lieu en 2017, soit fixée.
  • Revue du Barreau canadien (2016 à aujourd’hui)
    • J’ai été nommée en février 2016 pour siéger au conseil de rédaction de la Revue du Barreau canadien, dont le président est actuellement (au moment de la rédaction du présent document) le juge Cromwell de la Cour suprême du Canada. Les rédacteurs récemment nommés sont le professeur Tanovich et M. Waters, doyen intérimaire, qui travaillent tous les deux à l’University of Windsor. Ma première rencontre avec ce groupe aura lieu à l’automne 2016.
  • Symposium de la Cour suprême du Canada (2016 à aujourd’hui)
    • L’on m’a demandé de joindre le comité organisateur d’un symposium qui célébrera la Cour suprême du Canada en 2017. La présidente du comité est la juge Karakatsanis de la Cour suprême du Canada. Nous tenons actuellement des rencontres de préparation et des conférences téléphoniques.
  • Comité consultatif du doyen, Université de la Saskatchewan, College of Law (2012 à aujourd’hui)
  • Comité consultatif des Women in Law Leadership Awards (2015 à aujourd’hui)

Activités bénévoles :

  • Bénévole au kiosque « Posez une question à un avocat » lors de la Journée du droit, Calgary, Alberta (avril 2016)
  • Je prends des dossiers de façon bénévole dans mon cabinet étant donné que je peux me le permettre; j’aide et supervise également d’autres avocats qui prennent des dossiers de façon bénévole. J’ai fait des présentations à des groupes non juristes à quelques reprises afin de leur donner des conseils sur les modes de recouvrement et le droit du travail. J’ai fait du bénévolat pour Pro Bono Law Alberta afin de former de jeunes avocats spécialisés dans le droit de la fiducie, plus particulièrement dans le domaine de la forclusion.

Enseignement et formation continue :

Indiquez toutes les organisations et activités de formation judiciaire ou juridique auxquelles vous avez pris part (p. ex., enseignement dans une faculté de droit, à l’Institut national de la magistrature, à l’Institut canadien d’administration de la justice, etc.)

  • Enseignante invitée/chef d’équipe, Legal Education Society of Alberta (LESA) cours intensif de plaidoirie en première instance (2004 à aujourd’hui, le prochain cours aura lieu en juin 2017)
  • Conférencière sur les troubles de santé mentale au Agents of Parliament Professional Development Forum (forum de perfectionnement professionnel des hauts fonctionnaires du Parlement) (avril 2016)
  • Conférencière à l’Association of Women Lawyers’ Mentoring Circle (cercle de mentorat de l’Association des femmes juristes) sur la résilience (novembre 2015)
  • Participante à la Advocates’ Society Fall Convention, Cancun, Mexique, questions litigieuses actuelles en Alberta (novembre 2015)
  • Participante à l’American Bar Association Conference, table ronde avec les invités internationaux, « Impact of Innovation and Automation in Legal Services » (répercussions de l’innovation et de l’automatisation sur les services juridiques) (août 2015)
  • Participante à la Conférence du Commonwealth sur le droit, Glasgow, Écosse, « Risk and the Rule of Law » (le risque et la primauté du droit) (avril 2015)
  • Conférencière vedette auprès d’anciens étudiants, cycle de conférences de McKercher LLP, Université de la Saskatchewan, College of Law, « Numbers Matter: The Retention and Advancement of Women in Law, Business and the Profession » (les chiffres comptent : le maintien en poste et l’avancement professionnel des femmes en droit, au sein de l’entreprise et dans la profession) (janvier 2015)
  • Conférencière à un dîner-causerie des jeunes avocats de l’ABC, division de l’Alberta, « Personal Wellness » (bien-être personnel) (2015)
  • Entrevues dans le cadre de présentations vidéo pour l’initiative de santé mentale de l’Association du Barreau de l’Ontario, « Starting the Conversation » (entamer la discussion) et pour l’initiative de l’ABC, « Mental Health for Lawyers » (la santé mentale pour les avocats) (2014)
  • Participante à la conférence nationale sur le pro bono (2014), « Fitting the Pieces Together » (assembler les pièces)
  • Participante à la conférence du Programme d’aide aux juristes (PAJ) (octobre 2013)
  • Participante à la conférence de 2013 de l’Université de la Saskatchewan, « Changing Face of Law » (le paysage en évolution du droit)
  • Participante à la FJP de l’ABC de 2013, « How to Survive Your First Year of Practice » (survivre à sa première année en tant qu’avocat) (août 2013)
  • Représentante de l’ABC à la Commonwealth Lawyers Conference (conférence des avocats du Commonwealth) à Cape Town, Afrique du Sud (avril 2013)
  • Participante à la présentation « Retaining Women in Law » (maintenir les femmes en poste dans le domaine du droit) Saskatchewan, 2012
  • Participante au symposium des barreaux de l’Afrique orientale, « Strengthening your Bar Association » (renforcer votre Barreau) à Nairobi, Kenya (janvier 2012)
  • Participante à la Women in Law Leadership Conference (2011)
  • Présentatrice à la série « Maîtres en pratique » de l’ABC (webinaire)
    • Preparing Your Witness for Discovery (préparer votre témoin en vue de l’interrogatoire préalable) (décembre 2010)
    • Document Production (production de documents) (novembre 2011)
  • Présentatrice de l’atelier « Organizing Your File » (organiser ses dossiers) dans le cadre du New Lawyer Seminar (LESA)
  • Présentatrice à « The New Rules: A Seamless Transition » (les nouveaux règlements : une transition sans heurts) (LESA)
  • Présentatrice de « Wrongful Dismissal Claims Under the New Rules » (réclamations pour congédiement injustifié en vertu des nouveaux règlements), section du droit du travail et de l’emploi de l’ABC (novembre 2010)
  • Participante à la présentation « Recovering Costs » (recouvrer des frais) dans le cadre de l’Alberta Law Conference de l’ABC
  • Participante à la Women in Law Leadership Conference (2011)
  • Présentatrice, LESA « Seamless Transition to the New Rules » (transition sans heurts vers les nouveaux règlements) (2010)
  • Présidente, LESA New Lawyers Seminar (septembre 2008)
  • Présidente, Barristers Update Panel, Alberta Law Conference (mars 2006)
  • Présentatrice, Barristers Update Panel, Alberta Law Conference (mars 2007)
  • Responsable d’un stagiaire (2006-2007)
  • Diverses séances présentées au sein du cabinet d’avocats et postes de mentorat officiels
  • Admission au Barreau/enseignante au Centre canadien pour l’éducation juridique professionnelle (2002-2006, 2008)

Activités communautaires et civiques

Indiquez toutes les organisations dont vous êtes membre ou tout poste que vous avez occupé, ainsi que les dates correspondantes.

  • Fondation canadienne du cancer du sein (2000-2006 environ)
    • Membre, Comité des finances et de la gestion des risques
    • Membre, Comité de collecte de fonds
    • Membre, Comité des candidatures et de la gouvernance
    • Membre, Groupe de travail sur la gouvernance nationale
    • Membre, Services consultatifs organisationnels
    • Membre, comité organisateur, La course à la vie CIBC (2 ans)
  • Comité des maréchaux-ferrants du Stampede de Calgary (août 2008 à aujourd’hui)
    • Présidente, sous-comité de la présentation sur les arts du métal (2013­2014)
  • Comité des bovins à viande du Stampede de Calgary (2015 à aujourd’hui)
  • Membre, Talisman Centre
  • Membre, Squash Alberta
  • Membre, Rainbow Group Committee (groupe de travail du Calgary Emergency Women’s Shelter) (1999-2003)
  • Solliciteuse bénévole, Alberta Diabetes (Foothills) Association (passé)
  • Bénévolat auprès d’anciens étudiants du College of Law de l’Université de la Saskatchewan (passé)
  • Comité du centenaire du College of Law de l’Université de la Saskatchewan (2011)
  • Entraîneuse bénévole, Calgary West Little League et Calgary Minor Basketball Association (passé)

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PARTIE 11 – LE RÔLE DE LA FONCTION JUDICIAIRE DANS LE SYSTÈME JURIDIQUE CANADIEN

Le gouvernement du Canada souhaite nommer des juges ayant une connaissance approfondie de la fonction judiciaire au Canada. Afin de fournir une base solide à leur évaluation, on demande aux candidats de donner leur opinion sur des sujets généraux liés à la fonction judiciaire et au système juridique au Canada. Pour chacune des questions ci-dessous, veuillez fournir une réponse de 750 à 1000 mots.

1. Que considérez-vous comme votre plus grande contribution au droit et à la poursuite de la justice au Canada?

  • Ma plus grande contribution au droit et à la poursuite de la justice au Canada est le fait que je fais mon travail. C’est ce que j’ai d’abord voulu répondre à cette question, puis j’ai hésité pendant des jours en me disant qu’on attendait sûrement de moi une réponse plus inspirante. Cependant, plus je pense à la question, plus je suis certaine de ma réponse.
  • La portée de mon travail est relativement restreinte; je travaille dans le domaine du contentieux civil et commercial et je me spécialise en droit du travail. Mes clients sont surtout des petites entreprises et des particuliers, plus précisément des employés, mais je compte également parmi mes clients des moyennes et grandes entreprises. Mes clients me consultent quand ils ont des problèmes ou des questions concernant leurs droits et obligations juridiques dans des circonstances précises. Les circonstances dans lesquelles ils se trouvent se ressemblent parfois, mais sont toujours uniques.
  • Mon travail consiste à écouter attentivement tous les problèmes que m’exposent mes clients et à leur donner des conseils en me fondant sur ma connaissance de la loi. Il est important que je comprenne non seulement les faits qui sont à l’origine du problème, mais également les objectifs de mes clients, puisque ceux‑ci n’ont pas tous les mêmes priorités. Je dois aider mes clients à prendre les meilleures décisions afin de résoudre leurs problèmes juridiques. Cela signifie que je dois comprendre leur point de vue et leur expliquer de façon claire la loi qui s’applique à leur situation. Cela signifie également que je dois cibler les risques, les avantages et le coût liés à diverses options ou approches et que je dois en discuter avec mes clients. Il peut arriver que je ne puisse pas explorer toutes les pistes en raison des ressources (personnelles, financières, temporelles) du client. L’un des aspects de mon travail que je préfère est la créativité dont je dois parfois faire preuve pour résoudre le problème du client en respectant les contraintes que sa situation m’impose.
  • Parfois, pour bien faire mon travail, je n’ai qu’à informer le client que sa réclamation ou son moyen de défense n’est pas valable, selon moi. Lorsqu’un client prend la décision éclairée d’intenter une poursuite, je le représente et y mets toute mon énergie. Je peux adopter une approche axée sur la conciliation ou intenter une action en justice en ayant recours à l’ensemble des options du système accusatoire. Dans tous les cas, je dois suffisamment connaître la loi et les circonstances entourant l’affaire pour en arriver à un règlement favorable ou pour obtenir en fin de compte du tribunal qu’il ordonne une réparation. Que ce soit dans la salle d’audience ou, plus souvent, dans mon bureau, dans une salle de réunion ou par téléphone, je dois montrer au client que je connais la loi, la lui expliquer et lui expliquer les répercussions du système judiciaire sur sa situation, puisque sa foi en la disponibilité de la justice au Canada en dépend.
  • Je suis tentée de répondre que ma plus importante contribution à la poursuite de la justice au Canada est le travail que j’ai accompli pour l’Association du Barreau canadien; j’ai participé à bon nombre d’initiatives importantes qui, selon moi, ont aidé à améliorer notre système de justice ou qui nous ont donné la possibilité d’y apporter des améliorations. Je continue de croire que les personnes qui travaillent dans le système, qu’il s’agisse d’assistants juridiques, d’avocats, de greffiers ou de juges, contribuent quotidiennement au droit et à la poursuite de la justice au Canada.
  • J’aime mon travail et suis très fière de ce que j’ai accompli. Je ne suis qu’une personne au sein d’un très grand et très complexe système judiciaire, mais je fais du mieux que je peux tous les jours. Cela m’a permis d’aider des centaines de personnes à s’y retrouver dans le système et à résoudre leurs problèmes.

2. Comment votre expérience vous a-t-elle permis de saisir la variété et la diversité des Canadiens et des Canadiennes et leurs points de vue uniques?

  • Bien que j’aie eu l’occasion de représenter des clients de divers milieux au cours de mes années de pratique, c’est sans aucun doute mon travail au sein de l’Association du Barreau canadien, plus particulièrement mon travail en tant que présidente nationale (2014-2015), qui m’a permis de me rendre compte de la diversité des Canadiens. Mon rôle de présidente, plus encore que d’autres rôles de bénévole ou de professionnelle que j’ai assumés, m’a donné l’occasion de parcourir le pays et de rencontrer une grande diversité de participants et d’utilisateurs du système judiciaire. J’ai travaillé avec des groupes de défense des droits des clients, des écoles de droit, des représentants du gouvernement, d’autres organisations juridiques et même des associations internationales d’avocats, ce qui m’a donné une meilleure compréhension et appréciation du système juridique canadien et du rôle que les juges y jouent.
  • J’ai notamment été à Toronto, à Inuvik, à Pictou et à Winnipeg, où j’ai découvert des aspects du système judiciaire dont j’avais peu ou pas connaissance; j’y ai vu des avocats qui représentaient les plus grandes entreprises et les entreprises les plus prospères du pays et des avocats qui représentaient les citoyens les plus pauvres, les plus marginalisés et les plus exploités du Canada. J’ai pu m’immerger dans le monde des avocats du secteur public, des avocats spécialisés dans les lésions corporelles, d’avocats généraux responsables de services juridiques d’envergure, d’étudiants en droit et d’universitaires, de juges de tous les niveaux du système judiciaire et de représentants du gouvernement de partout au pays. J’ai véritablement eu une vue d’ensemble du système judiciaire canadien et cela a été une expérience transformatrice.
  • Par exemple, mon travail sur des questions liées au financement de l’aide juridique et à l’aide gratuite m’a permis de rencontrer des dizaines de personnes partout au pays qui travaillent dans des cliniques, des organismes, des cabinets d’avocats et des ministères gouvernementaux et qui ont toutes pour objectif d’améliorer l’accès au système judiciaire de sorte que les personnes qui n’ont pas les ressources requises aient une chance égale devant la justice.
  • Dans le cadre de mon travail en tant que présidente (et de mon travail en tant qu’avocate), je me suis penchée sur la santé mentale et le bien-être personnel des avocats. J’ai parlé avec de nombreux avocats qui avaient ou qui ont eu des problèmes de santé mentale, des problèmes de dépendance ou d’autres difficultés personnelles qui les empêchaient de bien faire leur travail et d’être heureux. Je crois que les juges devraient toujours garder à l’esprit que les justiciables (et les avocats) qui se présentent devant eux peuvent souffrir d’une maladie invisible.
  • L’une des pierres angulaires de l’Association du Barreau canadien est, depuis longtemps, la protection de l’égalité et l’élimination de la discrimination. Nous avons travaillé sur l’affaire Trinity Western bien longtemps avant qu’elle ne devienne une affaire. Nous avons fait des pressions pour que les droits des transgenres soient protégés. J’ai eu de formidables occasions de travailler avec des membres et des bénévoles de la communauté LGBTQ et j’ai beaucoup appris d’eux. Tout ce que l’on dit ou fait est examiné par de multiples « experts en matière d’égalité » du conseil d’administration et cela fait une importante différence; je n’ai pas honte de dire que je pourrais améliorer mes connaissances sur certains domaines et développer mon empathie pour certaines personnes, mais que j’ai beaucoup appris de mon travail avec des avocats ayant des origines raciales, sociales, religieuses et ethniques différentes.
  • Je réalise qu’il s’agit surtout d’exemples démontrant la diversité des avocats, et pas nécessairement des clients qu’ils représentent. Cependant, les clients de divers avocats sont généralement également issus de divers milieux. J’ai eu l’occasion de travailler avec différentes personnes partout au pays, ce qui a élargi mes façons se voir les choses, et je serai toujours reconnaissante d’avoir eu cette chance.

3. Décrivez le rôle que doit jouer un juge dans une démocratie constitutionnelle.

  • Dans notre démocratie, le rôle du juge est d’appliquer la loi aux parties qui se présentent devant lui et aux questions qu’il doit trancher.
  • Bien que l’Association du Barreau canadien ait de bonnes intentions, elle utilise si souvent l’expression « primauté du droit » qu’on n’en saisit plus toute l’importance. Le présent appel de candidatures m’a permis de réexaminer le concept de la primauté du droit. Il existe une variété de définitions, mais je préfère celle du Oxford Dictionary, qui explique que la primauté du droit est [traduction] « le fait de restreindre l’exercice arbitraire du pouvoir en le soumettant à des lois bien définies et établies ». J’aime particulièrement le fait que cette définition inclut le concept de certitude et de clarté du droit.
  • En tant que juriste, la pertinence de l’avis juridique que je donne à mes clients dépend de ma compréhension de l’état actuel du droit. Plus l’état du droit est clair, plus il est facile pour moi de fournir un avis juridique qui s’applique aux problèmes de mes clients. Il y a longtemps que j’ai suivi le cours sur la jurisprudence du professeur McConnell, mais je me rappelle de l’importance qu’il estimait que l’on devait accorder à ces concepts. Par conséquent, je crois que le juge doit d’abord et avant tout connaître l’état actuel du droit qui s’applique aux affaires qui lui sont présentées et respecter les principes et les fondements du ratio decidendi.
  • Cependant, l’évolution du droit n’est pas seulement naturelle, elle est nécessaire. Il n’incombe pas au juge de trouver des applications novatrices au droit pour obtenir justice, puisqu’il s’agit du rôle de l’avocat. Les juges devraient toutefois être ouverts aux arguments inédits et aux nouvelles façons d’interpréter les lois existantes. Ils devraient s’efforcer de comprendre l’histoire et les fondements des lois existantes, tout en restant ouverts aux possibilités qu’offre une société en constante évolution et en gardant à l’esprit que les problèmes d’aujourd’hui sont très différents des problèmes qui existaient il y a 100 ans ou même 20 ans.
  • Le juge doit à la fois respecter la jurisprudence et faire preuve de compassion envers les parties qui se présentent devant lui afin d’en arriver à une conclusion équitable, dans la mesure du possible.

4. À qui s’adressent les décisions de la cour pour laquelle vous vous portez candidate?

  • J’estime que les décisions s’adressent principalement aux parties qui ont demandé l’aide de la cour pour résoudre le problème judiciaire qu’elles ne seraient pas en mesure de résoudre sans l’aide de la cour. J’ai été témoin d’affaires dans lesquelles le ou les juges semblaient peu se soucier du fait que l’affaire qui leur était présentée touchait de vraies personnes. Bien qu’un juge doive toujours garder à l’esprit les publics secondaires auxquels s’adresse un jugement, sa principale obligation est de rendre une décision qui est justifiable et que peuvent comprendre les parties.
  • En tant qu’avocate plaidante, j’apprécie également les jugements qui tiennent compte du rôle important que joue la jurisprudence dans notre système. En d’autres mots, la collectivité juridique (les avocats qui informent les clients et les professeurs de droit qui enseignent aux futurs avocats) doit également être en mesure de discerner clairement le ratio decidendi de la décision d’une façon qui contribue au principe de certitude et clarté du droit (voir le point ci-dessus).
  • Le raisonnement suivi pour rendre une décision doit être clair; il faut expliquer non seulement la décision finale, mais également les éléments qui ont été examinés et la façon dont ceux-ci l’ont été. Cela peut également aider les parties à accepter une décision défavorable, puisqu’elles seront en mesure de comprendre le processus qui a mené à la décision. Étant donné le nombre croissant de plaideurs non représentés, les décisions judiciaires s’adressent également aux membres du grand public; il faut donc rédiger les décisions de façon claire et concise.

5. Prière d’indiquer les qualités personnelles, les compétences et l’expérience professionnelles ainsi que l’expérience de vie qui, selon vous, vous rendent apte à exercer le rôle de juge.

  • Ma vie professionnelle a toujours été et continue d’être une expérience formidable. Bien que j’en sois venue à étudier le droit de façon plutôt indirecte, j’ai adoré chaque minute de mon expérience en tant que juriste. J’apprécie tant les défis intellectuels que les défis pratiques, de même que la satisfaction que m’apporte mon travail auprès des clients et des autres avocats. Je pense être devenue une très bonne avocate. Selon moi, une bonne avocate est une personne qui possède des compétences professionnelles, qui se voue sincèrement à la défense des intérêts de ses clients et qui est loyale envers ses associés, son cabinet d’avocats et sa profession.
  • Le fait de siéger en tant que juge serait l’expression ultime d’une vie dans le domaine du droit. Je crois que mes expériences de vie et les possibilités de carrière qui se sont offertes à moi tout au long de mon parcours, ce dont je suis très reconnaissante, sont un gage de réalisme et m’inclineront à ne jamais oublier le rôle des fonctionnaires dans notre système. Je suis très travaillante et j’aime sincèrement le droit (ce qui rend le fait de travailler si fort moins difficile). J’ai de bonnes capacités d’apprentissage et j’ai soif d’apprendre; je suis persuadée qu’en travaillant d’arrache-pied, je serai en mesure de bien connaître les domaines du droit avec lesquels je suis moins familière.
  • J’estime également avoir démontré, en tant qu’avocate accomplie, ma capacité d’écouter et de comprendre les problèmes des clients et de les résoudre en ayant recours à la jurisprudence existante et en faisant parfois preuve de créativité. Je comprends le rôle important du droit dans la société, mais j’ai également été témoin de ses limites. Le rôle du juge ne se limite pas qu’à étudier ou à connaître le droit; il doit également posséder un sens de la justice. Je crois posséder la compassion, le bon sens et le bon jugement requis pour servir la population de l’Alberta en tant que juge.
  • Pendant près de 25 ans, j’ai pris part à des litiges dans le cadre desquels j’ai dû plaider devant la cour. J’ai participé au système judiciaire en tant qu’avocate, mais j’ai toujours essayé de percevoir le système du point de vue de mes clients. J’ai toujours essayé de conseiller et de représenter mes clients, de présenter les affaires devant la cour, d’interagir avec l’avocat adverse et les autres avocats et de résoudre les problèmes de mes clients ou de rendre une décision de façon à donner une bonne image de l’administration de la justice. Je suis fière d’être avocate au sein du système judiciaire canadien et j’assumerais mon rôle de juge de façon à rendre hommage à l’administration de la justice.

6. Compte tenu de l’objectif voulant que les Canadiens et Canadiennes se reconnaissent et reconnaissent leurs expériences de vie au sein de la magistrature, vous pouvez, si vous le voulez, ajouter des renseignements sur vous-même que vous croyez être utiles aux fins de cet objectif.

  • Je suis de toute évidence une femme et me suis plongée dans des enjeux touchant les femmes dans notre société, notamment l’égalité des sexes (ou l’inégalité des sexes) dans les entreprises, les institutions et les cabinets d’avocats canadiens; j’ai également fait du bénévolat dans des maisons de refuge pour femmes à Calgary et j’ai tenté de conseiller et d’encourager des jeunes femmes à tous les stades de leur carrière en droit.
  • Mon parcours personnel permet de comprendre qui je suis et la raison pour laquelle je suis si reconnaissante de m’être rendue où je suis aujourd’hui. Je me suis mariée très jeune et mon mari et moi-même avions une relation très difficile. Nous étions un couple d’origine raciale différente au Texas au milieu des années 1980; j’ai donc une connaissance directe des relations raciales. J’ai mis un terme à cette relation à 26 ans. J’avais terminé la moitié de mes études en droit et mes jumelles avaient 2 ans et demi. J’ai terminé mes études en droit en tant que mère monoparentale et j’ai déménagé à Calgary avec mes filles, où je n’avais aucune famille, et j’ai fait mon stage dans un grand cabinet national d’avocats.
  • J’ai beaucoup travaillé et l’on attendait beaucoup de moi, mais je me suis toujours estimée chanceuse d’avoir trouvé une façon de subvenir aux besoins de ma famille et encore plus chanceuse d’avoir trouvé un métier que j’aimais réellement et dans lequel je réussissais de mieux en mieux. Plus important encore, j’ai élevé deux filles qui sont maintenant des femmes heureuses, en santé et extrêmement accomplies, qui ont toujours travaillé fort et qui ont acquis la confiance en soi que j’ai toujours voulu qu’elles possèdent.
  • Je sais que de nombreuses femmes vivent des relations difficiles ou dangereuses; certaines doivent subvenir seules aux besoins de leurs enfants sans le soutien et les possibilités dont j’ai bénéficié. Je ne compare pas ma situation à la leur et je ne pense pas du tout avoir été malchanceuse. Je pense toutefois que mes années difficiles et le fait d’avoir terminé mes études en droit et d’avoir entamé une carrière dans ce domaine en tant que mère monoparentale de deux filles d’origine raciale mixte ont façonné la manière dont je perçois la vie et toutes mes relations. Mes expériences m’ont rendue forte et, je l’espère, compréhensive, tolérante et encourageante.

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