Lancement de Canada créatif - l’honorable Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien

Discours

Le 28 septembre 2017 - Ottawa (Ontario)


Introduction

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d’être avec nous, en personne ou en ligne.

J’aimerais d’abord signaler que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel des peuples algonquins.

Histoire de notre système

Permettez-moi de commencer par une question. En fait, deux questions.

Pourquoi la culture a-t-elle toujours été importante pour les Canadiens?

Et pourquoi est-elle encore importante aujourd’hui?

Je vois essentiellement deux réponses à ces questions. Premièrement, la culture témoigne de ce que nous sommes. Deuxièmement, elle exprime ce que nous voulons devenir.

Nous sommes peu nombreux et établis sur un vaste territoire.

Nous sommes aussi liés par la réconciliation. Les peuples autochtones ont vécu sur ce territoire pendant des milliers d’années avant l’arrivée des colons et la fondation du Canada.

Nous sommes un peuple façonné par sa dualité linguistique. Le français et l’anglais sont au cœur de notre identité. Nous célébrons jour après jour le fait que huit millions de francophones ont une culture bien vivante parmi des millions d’anglophones.

Nous sommes une démocratie. Nous croyons à l’égalité entre les sexes, à l’égalité des races et aux droits de la personne. Et nous le faisons valoir sur la scène internationale.

Nous sommes un pays à la culture diversifiée. Un pays qui accueille les immigrants. Un pays à l’image du monde.

Grâce à toutes ces forces, notre culture et notre identité sont dynamiques.

Grâce à toutes ces forces, nous sommes uniques.

Et depuis 80 ans, nous adoptons des politiques culturelles qui préservent ces forces.

Une bonne partie de ce travail s’est fait à l’ombre d’un géant – le plus grand producteur de contenus anglophones : les États-Unis.

Le Canada sait depuis longtemps qu’il faut promouvoir la culture canadienne. Pour bâtir son identité, affirmer sa fierté et partager ses valeurs collectives.

Dès leur fondation, les premières institutions culturelles de notre gouvernement avaient un but très précis : créer un espace où s’expriment les voix du Canada.

Quand le Parlement a adopté la Loi sur la radiodiffusion en 1932. Quand il a créé Radio-Canada/CBC quatre ans plus tard. C’est à cet espace qu’il pensait.

Nous savions alors, tout comme aujourd’hui, que les Canadiens ont besoin d’un système de radiodiffusion provenant de sources canadiennes.

D’autres institutions fédérales et d’autres lois ont suivi. L’Office national du film. Téléfilm. Le Conseil des arts du Canada. Le CRTC. La Loi sur les langues officielles. La Loi sur le multiculturalisme. La Loi sur les musées.

Nos politiques ont évolué en même temps que les identités et les valeurs canadiennes. Pensons aux langues officielles, érigées en loi. Pensons au pluralisme. Pensons à notre volonté de répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.  

Le virage numérique

Aujourd’hui, nous négocions un nouveau virage.

Nous écoutons la radio, regardons la télévision et allons au cinéma. Nous visitons les musées et lisons des livres et des magazines.

Et de plus en plus, nous avons la possibilité de le faire en ligne.

En matière de contenu, les Canadiens veulent avoir des choix.

Nous savons que l’accès et les coûts liés à Internet et aux services sans fil sont des problèmes réels pour beaucoup d’entre eux.

La couverture à large bande n’est pas encore disponible partout au pays.

Nous payons les frais parmi les plus élevés au monde.

Notre gouvernement n’a pas l’intention de gonfler le prix de ces services en imposant une nouvelle taxe.

Nous avons diminué les taxes de la classe moyenne, et nous continuerons de le faire.

Cela dit, nous veillerons à ce que nos industries créatives prospèrent et fabriquent le contenu que nous aimons, à l’aide de tous les outils dont nous disposons.

Demandez à quelqu’un d’entre nous de nommer une œuvre canadienne qui l’a marqué. Je parie qu’il vous parlera d’un livre, d’une émission ou d’une chanson qu’il aimait lorsqu’il était enfant.

Passe-Partout. Mr. Dressup. Takuginai. The Logdriver’s Waltz. Anne of Green Gables, telle que moi je l’ai connue petite; Anne la maison aux pignons verts.

Voilà pourquoi il est important pour nos enfants de voir et d’entendre des histoires qui témoignent de qui nous sommes au moment même où ils grandissent.

Et c’est aussi vrai aujourd’hui qu’en 1932, lorsque la Chambre des communes a adopté la première Loi sur la radiodiffusion.

Forces et perturbation dans nos industries créatives

Le secteur des arts et de la culture est une industrie de 54,6 milliards de dollars. Il fournit des emplois à plus de 630 000 Canadiens.

Et c’est sans compter des milliers d’autres qui travaillent dans de nouveaux secteurs, par exemple les 20 000 Canadiens qui conçoivent des jeux vidéo ou qui composent la musique de ceux-ci.

Ce sont les emplois de demain.

Et pas seulement dans les grandes villes. Le Nord de l’Ontario a accueilli les  tournages de 28 longs métrages en 2016. Des productions comme Hallmark Shop Mysteries et la série Letterkenny de CraveTV, qui ont employé 1 530 personnes.

Nos industries se portent bien. Extrêmement bien.

Il y a deux semaines, l’auteure montréalaise Louise Penny était en tête du palmarès des succès de librairie du New York Times pour son roman Glass Houses;

Au même moment, la jeune poète canadienne Rupi Kaur était au 13e rang. Fait remarquable, c’est sa 34e semaine consécutive au palmarès;

Le soir même, Margaret Atwood, Lorne Michaels et le réalisateur Jean-Marc Vallée ont récolté les honneurs aux prix Emmy. Et quelques jours plus tôt, on apprenait que Donald Sutherland recevrait un Oscar honorifique.

Ce sont là des réussites exceptionnelles, saluées dans le monde entier.

Néanmoins, je sais que nos industries créatives sont nerveuses actuellement.

Certaines industries créatives sont nées dans le numérique et d’autres ont adopté le virage. Elles créent de nouveaux emplois et pénètrent de nouveaux marchés. Nous en sommes fiers, car elles sont des chefs de file dans le domaine de l’animation, des jeux vidéo et de la postproduction.

Par contre, pour d’autres industries créatives, la transition est plus difficile. Pensons à la radiodiffusion et aux médias d’information. 

Aujourd’hui, Facebook, Netflix, Spotify et YouTube offrent directement du contenu aux Canadiens – en marge du système réglementé que l’on connaît.

Ce contenu est majoritairement produit en anglais, à l’extérieur du Canada, ce qui a des répercussions différentes sur notre marché francophone et sur notre marché anglophone.

Toutes ces perturbations sont également vécues différemment selon qu’on habite en région urbaine ou en région rurale, là où la qualité d’Internet varie.

Nous devons tenir compte de ces réalités.

Et nous devons agir en conséquence.

Si nous sommes complaisants, cette nouvelle vague d’information pourrait noyer notre propre contenu – nos émissions de télévision et nos films en français; notre musique autochtone; notre programmation multiculturelle.

Cette situation m’inquiète. Elle inquiète nos créateurs. Et elle inquiète les Canadiens.

Car nous tenons au contenu canadien. Nous sommes extrêmement fiers de nos  histoires et de nos talents.

Nous continuerons de défendre Internet et de soutenir que c’est une force progressiste, ouverte et sans entraves.

En tant que gouvernement, nous adhérons au principe de la neutralité d’Internet.

Et à la fois, nous défendons farouchement l’importance de la diversité culturelle et de nos industries créatives.

Nous devons adopter une nouvelle approche – une approche résolument canadienne – pour appuyer nos créateurs de contenu et les aider à demeurer concurrentiels. Nous devons leur créer un espace dans les différents marchés et les plateformes. Ici, et à l’international.

Notre vision d’un Canada créatif

Aujourd’hui, j’annonce la vision de notre gouvernement pour un Canada Créatif.

Cette vision nous permettra d’établir l’orientation stratégique de nos programmes, de nos lois et des organismes de notre portefeuille durant les prochaines années.

Nous prévoyons également de nouvelles initiatives et de nouveaux fonds pour nous aider à atteindre notre but.

Le Canada que nous voyons est un chef de file pour la qualité de ses industries créatives. Un Canada où les créateurs disposent de moyens à la hauteur de leurs ambitions pour se démarquer sur la scène nationale et internationale.

Le Canada que nous voyons est un pionnier. Il innove et fait en sorte qu’au pays comme à l’étranger, l’espace virtuel fasse entendre une diversité de voix, y compris le contenu canadien en français et en anglais, ainsi que l’expression multiculturelle et autochtone.

C’est notre vision.

C’est ambitieux. Il le faut.

Canada créatif repose sur trois piliers :

Investir dans nos créateurs et leurs récits.

Promouvoir la découvrabilité et la distribution de contenu canadien à l’échelle nationale et internationale.

Renforcer la radiodiffusion publique et soutenir les nouvelles locales.

Je reviendrai en détail sur chacun de ces points.

D’abord…

Pilier 1 : Investir dans les créateurs et les entrepreneurs culturels canadiens et dans leurs récits

Le talent et l’imagination de nos créateurs sont au cœur de notre approche.

Dès son arrivée au pouvoir, notre gouvernement a investi de nouveaux fonds dans les arts et la culture, soit 1,9 milliard de dollars. Un investissement historique.

Mais il faut faire encore plus.

Notre nouvelle approche aidera les créateurs à produire de nouvelles idées. À prendre des risques et à créer du contenu qui se distingue.

Augmentation du financement du Fonds des médias du Canada (FMC)

Je reconnais qu’il y a beaucoup d’anxiété liée à la pérennité du financement des productions indépendantes.

Auteurs, producteurs et réalisateurs s’inquiètent de la situation. Ils s’inquiètent d’autant plus que les revenus d’abonnement sont en baisse parmi les câblodistributeurs privés. Or, ces revenus alimentent en partie le Fonds des médias du Canada.

Nous voulons démontrer notre appui au secteur.

Aujourd’hui, j’annonce que dès 2018, le gouvernement va accroître sa contribution pour maintenir le niveau de financement du Fonds des médias du Canada et pour renverser cette situation.

L’an dernier le Fonds des médias représentait plus de 28 000 emplois dans le secteur pour des émissions comme 19-2, Kim’s Convenience, Orphan Black, Unité 9 et Mohawk Girls.

Avec ce nouvel investissement, nous appuyons directement les emplois de nos auteurs, nos producteurs, nos réalisateurs, nos acteurs et nos équipes techniques.

Que votre tâche consiste à fabriquer les décors, à préparer les repas pour l’équipe de tournage ou à jouer devant la caméra, sachez que nous croyons en la force de notre secteur de la production audiovisuelle et en son importance pour nos communautés.

Cette augmentation du financement nous permettra de suivre l’évolution de l’industrie au cours des prochaines années, et de travailler ensemble à l’élaboration d’un modèle viable pour le Fonds des médias à long terme. 

Soutenir l’acquisition de compétence, le perfectionnement, l’innovation et la collaboration

Ce sont les bonnes histoires qui font les grandes productions. Mais il faut du temps et du talent pour les inventer.  

Partout au pays, les créateurs et les producteurs m’ont indiqué qu’il faut en faire plus pour que nous ayons les moyens d’inventer de bonnes histoires, dès le départ. 

J’entends régulièrement dire combien il est difficile d’obtenir des fonds de démarrage pour travailler sur un scénario ou sur la présentation d’un projet.

C’est pourquoi nous travaillerons également avec le Fonds des médias pour voir ce que nous pourrions faire de plus pour favoriser le développement de contenu au moment de la phase de réflexion, par exemple dès l’étape de la scénarisation d’un film.

En musique, nous aiderons les artistes et les entrepreneurs de la scène musicale à développer les compétences qu’il faut pour promouvoir leur musique ici et à l’international.

Dans le domaine littéraire, nous soutiendrons la production de livre imprimés et numériques en encourageant les approches novatrices de commercialisation des publications canadiennes.

Et nous allons éliminer les longs délais, mais surtout la paperasse.

Nous nous attaquerons à l’administration des crédits d’impôt traités par le BCPAC et nous travaillerons avec Téléfilm afin d’explorer l’instauration d’un guichet unique.  

Nous allons continuer de veiller à ce que tous nos programmes favorisent les créations qui reflètent le Canada dans toute sa diversité – en l’occurrence les productions dirigées par des Autochtones, les œuvres produites dans les deux langues officielles et les réalisations représentatives de notre société multiculturelle.

Nous entendons également travailler avec les organismes de notre portefeuille et avec d’autres partenaires pour atteindre une meilleure parité des sexes dans nos industries créatives.

Soutien à la prochaine génération d’espaces culturels : les hubs de créativité

Dans le secteur des technologies, les entrepreneurs jouissent d’une culture de démarrage d’entreprises dynamique et propice aux nouvelles idées.

Ils disposent d’incubateurs pour développer leurs entreprises. 

Nous devons créer des incubateurs semblables pour stimuler la croissance de nos industries créatives : des espaces de collaboration où des outils, de la formation, de l’équipement et du mentorat sont à la disposition des entrepreneurs créatifs.

Cette année, nous avons annoncé un financement supplémentaire de 300 millions de dollars destiné au Fonds du Canada pour les espaces culturels.

Aujourd’hui, nous affectons une partie de cet investissement aux hubs de créativité, car ils favoriseront l’incubation et le démarrage de la nouvelle génération d’entreprises créatives.

Des endroits comme le 312 Main, dans le Downtown Eastside, à Vancouver; ou comme la SAT, à Montréal; ou encore comme le cSPACE King Edward, à Calgary.

Les entreprises en démarrage les plus prometteuses ont aussi besoin de capitaux pour innover et croître.

C’est pourquoi nos industries créatives peuvent maintenant avoir accès au Fonds stratégique pour l’innovation du gouvernement, doté d’un budget de 1,26 milliard de dollars.

Nous voulons que nos entrepreneurs créatifs soient plus nombreux à s’inspirer de succès mondiaux comme ceux du Cirque du Soleil, de DHX ou de Robert Lepage. Et nous souhaitons qu’ils puissent obtenir le soutien dont ils ont besoin pour y arriver.

Loi sur le droit d’auteur : pleins feux sur les créateurs

Investir dans les créateurs, c’est aussi veiller à ce qu’ils soient rémunérés de façon équitable. Pour ce faire, ils doivent pouvoir protéger leur propriété intellectuelle et en tirer le meilleur parti.

Nous allons bientôt procéder à un examen parlementaire de la Loi sur le droit d’auteur. Et je vais travailler d’arrache-pied pour m’assurer que cet examen défende les intérêts des créateurs.

De même, nous allons procéder à une réforme de la Commission du droit d’auteur pour nous assurer d’investir dans le contenu culturel, de payer plus rapidement nos artistes et de réduire les coûts pour toutes les parties.

Toutes ces initiatives vont aider les créateurs à transformer de formidables idées en contenu extraordinaire.

Notre message pour eux est clair : prenez des risques, avancez des propositions audacieuses et uniques, et nous vous aiderons à réussir.

Pilier 2 : Promouvoir la distribution et la découverte du contenu canadien, au pays et dans le monde

Quand on dispose d’un contenu formidable, le défi suivant est de s’assurer qu’il trouve un public ici et à l’international.

Le défi de la distribution comporte trois aspects :

Comment structurer notre marché intérieur?

Comment composer avec les services étrangers qui pénètrent notre marché?

Comment veiller à ce que notre contenu pénètre d’autres marchés?

Le marché intérieur : la diffusion

Commençons par le marché intérieur.

De nos jours, l’accès au contenu est de plus en plus ouvert, mobile et individualisé.

Permettez-moi d’insister sur ceci : un marché intérieur vigoureux est essentiel. C’est une rampe de lancement pour les talents locaux et une condition préalable au succès mondial.  

Notre marché intérieur est la responsabilité de tous les acteurs du système. Cela ne changera pas.

Mais nos lois et notre réglementation doivent désormais fonctionner dans un environnement numérique.

C’est pourquoi, après presque 30 ans, il est temps de passer en revue la Loi sur la radiodiffusion.

Au cours de l’automne, nous communiquerons des précisions sur l’examen de cette loi et de la Loi sur les télécommunications.

Ces deux lois demeureront les piliers de notre système de communication.

Il ne fait aucun doute que le CRTC est au cœur de cette transition.

C’est pourquoi, aujourd’hui, le ministre Bains et moi-même avons envoyé une lettre à Ian Scott, le nouveau président du CRTC, pour lui exposer les enjeux que  nous croyons importants dans l’accomplissement de son mandat.

C’est également pourquoi, aujourd’hui, nous exerçons notre autorité et nous demandons au CRTC de présenter au gouvernement un rapport sur la manière dont il conçoit l’évolution du système pour soutenir le contenu canadien.

Nous lui demandons de se pencher sur de nouveaux modèles qui appuieront la création et la distribution d’émissions d’information et de divertissement canadiennes, et ce, dans les deux langues officielles.

Nous attendrons impatiemment le rapport du CRTC au cours des prochains mois, car il éclairera notre travail législatif qui est si important.

De nouveaux joueurs, de nouveaux partenaires

Passons maintenant au deuxième aspect, celui de la présence des plateformes étrangères sur notre marché.

Quel est leur rôle? Quelles sont leurs obligations envers les Canadiens?

Notre objectif est clair : en tant que gouvernement, nous avons la responsabilité de continuer à protéger et à promouvoir nos histoires et notre culture.

Nous voulons que ces plateformes servent les Canadiens et que leurs promoteurs comprennent l’importance d’appuyer le contenu canadien.

Bon nombre de ces plateformes sont elles-mêmes devenues des producteurs de contenu. Il devient donc encore plus crucial de veiller à ce que celles-ci accueillent une diversité de voix – dont les voix canadiennes.

J’ai déjà commencé à rencontrer les grandes plateformes pour créer des liens et les inviter à la table de discussion.

Nous voulons qu’elles contribuent à l’atteinte de nos objectifs : appuyer la création et la découvrabilité de contenu canadien.

Je plaide pour obtenir des engagements favorables à nos entreprises.

Aujourd’hui, j’annonce la première de ces ententes au nom du gouvernement du Canada et de Netflix.

Cette entente prévoit la création de Netflix Canada – une présence permanente en production cinématographique et télévisuelle ici même au Canada. C’est la première fois que Netflix assure ce genre de présence à l’extérieur des États-Unis.

Forte de ses investissements dans les producteurs et le contenu canadiens, notamment dans des émissions comme Anne et Alias Grace sur CBC, Travellers sur Showcase et Frontier sur Discovery, Netflix a convenu d’investir au moins 500 millions de dollars dans des productions originales au Canada, dans les deux langues officielles, au cours des cinq prochaines années.

Le marché francophone possède une industrie avec un grand potentiel de croissance et le Québec une communauté créative unique et talentueuse. C’est pourquoi Netflix s’engage à investir 25 millions de dollars dans une stratégie de développement du marché pour le contenu et la production francophones, y compris celle au Québec et dans les communautés francophones du Canada.

Netflix veillera également à la découvrabilité des films et des émissions canadiennes en les mettant en évidence et en les faisant connaître sur sa plateforme aux Canadiens et à des millions de personnes à travers le monde.    

Ces partenariats permettront à nos créateurs et nos producteurs de créer du contenu attrayant et de grande qualité à l’égal des meilleurs dans le monde.

Voilà ce qui est possible et ce qui répond à nos attentes. C’est le type d’engagement que nous nous efforcerons d’obtenir de la part d’autres plateformes également.

Ainsi, nos créateurs et nos industries resteront vigoureux, appréciés et, au bout du compte, typiquement canadiens.

Stratégie d’exportation

Maintenant, la 3e question : Comment s’assurer que notre contenu accède à d’autres marchés?

Les entrepreneurs créatifs doivent plus que jamais se tourner vers les marchés mondiaux pour demeurer concurrentiels, générer des revenus et créer des emplois.

Nous avons travaillé en ce sens dès notre arrivée au pouvoir.

35 millions de dollars sur 2 ans ont été prévus dès le 1er budget pour établir notre présence sur la scène culturelle internationale.

L’une des premières choses que nous avons faites : être présents sur le terrain.

Nous avons maintenant de nouveaux diplomates qui aideront nos industries créatives à se faire connaître à l’étranger. Ces experts locaux les aideront à percer des marchés clés pour leur croissance.

Nous avons aussi investi pour que le Canada participe aux grandes foires commerciales et à d’autres événements importants.

Parce que c’est là qu’on tisse des liens.

Parce que c’est aussi là qu’on conclut des marchés.

Cet été, le Canada était le partenaire officiel de Gamescom, à Cologne, en Allemagne.

En 2020, le Canada sera à l’honneur à la foire du livre de Francfort. Les retombées seront importantes tant pour l’industrie du livre que pour d’autres secteurs créatifs.

Ce travail doit se poursuivre et se développer.

Comment allons-nous nous y prendre pour y arriver?

Nous lancerons la toute première mission commerciale culturelle fédérale de l’histoire du Canada. Nous soutiendrons la participation de nos entreprises créatives et de nos créateurs aux grands marchés étrangers, pour qu’ils puissent conclure des ententes et tisser de nouvelles relations commerciales.

Nous moderniserons et nous élargirons la portée de nos traités internationaux de coproduction, afin de disposer de budgets de production plus importants et d’attirer de nouveaux partenaires financiers.

Un Conseil des industries créatives sera aussi créé, coprésidé par le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique.

Pour stimuler ce secteur, les différentes industries doivent communiquer entre elles. Ce conseil formé d’experts issus de l’ensemble des industries créatives travaillera à des stratégies concrètes pour ouvrir de nouveaux marchés et coordonner la présence du Canada et de son image de marque à l’échelle internationale.

Aujourd’hui, dans le cadre de notre vision d’un Canada créatif, nous annonçons un investissement de 125 millions de dollars sur cinq ans en appui à la première stratégie canadienne d’exportation pour les industries créatives.

Et nous enrichirons ce programme au fur et à mesure que nous ouvrirons de nouveaux marchés et que nous trouverons de nouvelles occasions pour les entrepreneurs créatifs du Canada.

Diversité culturelle : un exemple sur la scène mondiale

Nous avons lancé un débat international sur ce qu’il faut faire pour qu’un espace libre d’accès et ouvert comme Internet favorise en même temps la diversité des voix et le contenu national.

J’ai déjà dit que de notre point de vue, Internet est une force progressiste. Mais pour que cela prenne tout son sens, nous tous – gouvernements, fournisseurs de services Internet, société civile – devons assumer notre rôle.

Cela signifie que, dans un univers d’algorithmes, il serait nécessaire – pour servir l’intérêt public – de crever la bulle de filtres qui existe actuellement.

C’est pourquoi nous tenons pour essentiel que l’on puisse découvrir facilement du contenu canadien diversifié sur toutes les plateformes disponibles au Canada.

Nous avons fait valoir l’importance de cette question à l’UNESCO, au G7, au Forum économique mondial, et même dans la Silicon Valley.

Et nous travaillerons avec nos experts canadiens – notamment ceux du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale de l’Université de Waterloo, et ceux du Digital Global Policy Incubator de l’Université Stanford – afin d’organiser un forum qui mobilisera les gouvernements, la société civile et les fournisseurs mondiaux de services Internet autour de ces enjeux.

Le droit des États de protéger et de promouvoir leurs industries nationales doit être préservé. Il en va de la diversité des expressions culturelles sur la scène mondiale.

Je veux être très claire sur une chose : la culture est une priorité dans le cadre de nos négociations de l’ALÉNA.

C’est pourquoi notre gouvernement est déterminé à maintenir l’exception visant les industries culturelles dans le cadre de cet accord.

Pilier 3 : Renforcer la diffusion publique et soutenir les nouvelles locales

Soutien aux nouvelles locales

Le phénomène des bulles de filtres est particulièrement préoccupant dans le secteur des nouvelles, car l’information locale de qualité est une nécessité vitale.

Lors de nos consultations – et dans la foulée des excellents travaux du Comité permanent du patrimoine canadien –, j’ai entendu les Canadiens insister sur l’importance des nouvelles et de l’information locales.

Certaines collectivités comptent sur la diffusion publique – radio ou télévision – pour avoir des nouvelles locales.

D’autres comptent sur les journaux locaux imprimés, mais aussi parfois en ligne comme le AllNovaScotia, une source de nouvelles locales et commerciales pour la région de l’Atlantique.  

Il n’y a pas de solution facile pour faire face aux difficultés de ce secteur.

La responsabilité de trouver des réponses à ces enjeux est l’affaire de tous : les gouvernements, le secteur privé et la société civile.

Notre approche sera guidée par les principes suivants :

Une démocratie saine dépend d’un contenu journalistique fiable.

Et les mesures prises par le gouvernement doivent respecter l’indépendance des médias. 

Nous n’avons pas l’intention de soutenir les modèles qui ne sont plus viables pour l’industrie.

Nous préférons centrer notre aide sur l’innovation, l’expérimentation et la transition vers le numérique.

Il n’y a pas de recette universelle.

Nous devons privilégier l’expérimentation et continuer de prendre en considération les différences linguistiques et régionales.

Il y a quelques minutes, j’ai parlé des plateformes qui doivent créer et partager du contenu culturel. Nous nous attendons à ce qu’elles contribuent à l’atteinte de nos objectifs.

Nous attendons la même chose des fournisseurs de services Internet qui regroupent et diffusent les nouvelles.

Nous avons demandé à Facebook d’en faire plus. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que Facebook va s’associer à Ryerson’s Digital Media Zone et à l’école de journalisme Ryerson pour créer le tout premier incubateur d’information numérique du Canada.

Les participants recevront du financement de démarrage et du mentorat qui les aideront à accélérer la concrétisation d’idées novatrices propices au développement de la presse numérique.

C’est une première étape fort appréciée et notre intention est d’en permettre bien d’autres encore. 

L’un de nos programmes, le Fonds du Canada pour les périodiques remonte à une époque antérieure à la Confédération et servait de subvention postale pour assurer aux Canadiens sur l’ensemble de notre vaste territoire un accès à des périodiques à un prix raisonnable.

Aujourd’hui, ce Fonds vise à assurer aux Canadiens un accès à une grande variété de magazines canadiens et de journaux communautaires. Mais l’admissibilité au Fonds repose encore sur le nombre d’abonnés à la version imprimée, lequel est en chute libre. 

Alors que les publications se dotent de versions mobiles ou se déplacent en ligne, ce qui demeure le plus important pour les Canadiens, c’est qu’elles continuent à publier du contenu canadien original.

Et que nos programmes offrent à ces publications le soutien nécessaire pour innover, s’adapter et se convertir aux plateformes choisies par les Canadiens.

Un diffuseur public essentiel

Dans un tel contexte, la nécessité d’un diffuseur public vigoureux et d’envergure nationale n’a jamais été aussi évidente.

Radio-Canada/CBC a diffusé son premier bulletin de nouvelles – bilingue – à la radio en 1936. Depuis près de 81 ans, elle diffuse des nouvelles jusque dans les communautés les plus reculées de notre pays.

Dans plusieurs régions du pays, Radio-Canada est une source essentielle d’information. Parfois la seule source.

Jamais un radiodiffuseur public n’a été si nécessaire, si important pour les Canadiens.

Pour raconter les histoires qui doivent être entendues – à la télévision, à la radio, dans les documentaires, les films, et les émissions jeunesse.

Pour rapporter les nouvelles qui doivent être connues.

Pour tenir les débats qui doivent avoir lieu dans un espace reposant sur la confiance et l’intérêt du public.

Notre radiodiffuseur public a une responsabilité fondamentale. Les attentes des Canadiens sont extrêmement élevées. Elles doivent l’être.

Les nouveaux fonds investis dans Radio-Canada/CBC s’élèvent à 675 millions de dollars. Cet investissement appuie la production de contenu local, la transition vers le numérique et le recrutement de la prochaine génération de talents créatifs.

Nous avons aussi lancé un processus ouvert et indépendant pour sélectionner la prochaine direction de Radio-Canada; une direction à l’image de notre diversité et de nos talents. 

Il s’agit d’une étape importante pour Radio-Canada. Une occasion de réfléchir à l’avenir d’une mission déterminante : offrir une expérience et des contenus uniques, sur une plateforme 100 % canadienne.

Dans cet esprit, pendant l’examen de la Loi sur la radiodiffusion, nous entendons consolider le mandat de notre radiodiffuseur public.

Nous voulons que Radio-Canada soit un partenaire de premier plan parmi les organismes culturels et d’information.

Qu’elle joue un rôle de chef de file pour mettre en valeur le contenu canadien, en français et en anglais. Qu’elle reflète la diversité de notre pays et ses peuples autochtones, au Canada et dans le monde.

Quelle est la prochaine étape?

Au cours des douze derniers mois, j’ai écouté des milliers de Canadiens. Plusieurs d’entre vous étaient parmi eux.

Nous savons tous que ces questions sont très complexes.

Personne ne peut encore affirmer avec certitude la forme que prendra le modèle d’affaires permettant de créer, de produire et de distribuer le contenu canadien dans un univers numérique.

Nous sommes en présence de difficultés qui sont aussi des occasions. Elles génèrent de l’anxiété et de l’optimisme.

C’est avec humilité et un sens profond des responsabilités que je vous présente aujourd’hui la vision du gouvernement – la vision d’un Canada créatif.

Pendant que nous négocions ce tournant, nous bâtissons notre nouveau système.

Cette vision, conjuguée à la force de nos industries créatives, est notre fondation. La feuille de route de notre secteur.

Nous investissons dans nos industries créatives et dans nos créateurs. Nous nous attaquons aux problèmes de distribution. Et nous renforçons le secteur des médias, y compris notre radiodiffuseur public.

Ce matin, nous avons publié le cadre stratégique d’un Canada créatif.

Je vous invite à le lire attentivement. 

Bien sûr, le travail n’est pas terminé. Au contraire.

Durant l’année qui vient, je continuerai de travailler avec vous et avec l’ensemble du gouvernement pour maintenir notre impulsion et donner vie à cette orientation.

Nous travaillerons avec tous les organismes de notre portefeuille. Et chacun d’eux contribuera à bâtir cette vision.  

Si nous relevons le défi correctement, le Canada deviendra un chef de file mondial.

Et ce sera notre legs.

Dans plusieurs générations, nous voulons que les Canadiens disposent de points de communication qui les rassemblent, et qui sont les marqueurs d’une vision commune de notre identité.

C’est la fonction de la culture. C’est pour cette raison qu’elle est plus importante que jamais. Et qu’elle le sera encore demain.

Bâtissons ensemble un Canada créatif. 



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