ARCHIVÉE - Utilisation des apports nutritionnels de référence

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Ce feuillet d'information constitue une brève introduction à l'utilisation appropriée des apports nutritionnels de référence (ANREF) aux fins de l'évaluation et de la planification de l'alimentation. Toutefois, il ne renferme pas suffisamment de détails pour permettre à des spécialistes d'utiliser les ANREF. Les professionnels de la nutrition et de la santé doivent consulter les ressources énumérées dans la section Utilisation des ANREF par les professionnels de la nutrition et de la diététique communautaires.

Pour utiliser les ANREF de façon appropriée, il est en effet essentiel de bien comprendre leur cadre conceptuel, les critères d'une alimentation adéquate sur lesquels ils reposent, les statistiques sous-jacentes aux diverses applications de leurs valeurs, ainsi que la différence entre leur utilisation à l'échelle individuelle et collective.

Aperçu des apports nutritionnels de référence

Les apports nutritionnels de référence (ANREF) sont des valeurs nutritionnelles de référence qui remplacent les apports nutritionnels recommandés de 1990 (ANR90) au Canada et les apports nutritionnels recommandés (Recommended Dietary Allowances) de 1989 aux États-Unis. Les ANREF sont établis selon un concept élargi qui inclut les indicateurs fonctionnels d'une bonne santé et la prévention des maladies chroniques, ainsi que les effets indésirables sur la santé d'apports excessifs en nutriments. Tout comme c'était le cas pour les ANR90, chaque type d'ANREF tient compte des apports nutritionnels quotidiens moyens chez les personnes bien portantes au fil du temps.

L'intégration des ANREF, en particulier des besoins moyens estimatifs (BME) et des apports maximaux tolérables (AMT), fournit de meilleurs outils pour l'évaluation et la planification de l'alimentation des individus et des groupes. Les ANREF ont été élaborés en prévision de diverses utilisations :

  • évaluation de l'alimentation d'individus et de groupes;
  • conception et évaluation des régimes alimentaires dans divers établissements;
  • création de lignes directrices sur la nutrition et de programmes d'éducation nutritionnelle;
  • élaboration de règlements visant la qualité nutritionnelle de l'approvisionnement alimentaire.

La figure ci-dessous illustre les liens entre les différents types d'apports nutritionnels de référence. Le tableau qui suit résume les définitions des ANREF et les concepts illustrés par la figure.

FIGURE : Lien entre les valeurs des ANREF, le risque de consommation insuffisante de nutriments et le risque d'effets indésirables sur la santé

FIGURE : Lien entre les valeurs des ANREF, le risque de consommation insuffisante de nutriments et le risque d'effets indésirables sur la santé

Les rapports du sous-comité chargé de l'interprétation et de l'utilisation des apports nutritionnels de référence fournit de précieux conseils aux praticiens du domaine de la nutrition :

Chaque rapport présente les concepts théoriques et les statistiques sur lesquels reposent les diverses applications des valeurs des ANREF, des exemples d'applications ainsi que des lignes directrices destinées à aider les professionnels à déterminer les cas dans lesquels certaines utilisations ne seraient pas appropriées.

Utilisation appropriée des ANREF - Aperçu

La plupart des applications des ANREF se classent en deux catégories générales : évaluation et planification.

  • L'évaluation de l'alimentation consiste à comparer les apports nutritionnels habituels aux besoins nutritionnels et à examiner la probabilité de consommation insuffisante ou excessive.
  • La planification de l'alimentation a pour but de planifier les régimes alimentaires habituels de manière à ce que la probabilité de consommation insuffisante ou excessive soit faible.

De toute évidence, ces deux applications générales sont étroitement liées. Dans la plupart des cas, la planification est une activité continue dans le cadre de laquelle les planificateurs fixent des objectifs en ce qui concerne l'apport habituel, déterminent si ces objectifs sont atteints, puis modifient leur méthode de planification en conséquence.

On peut évaluer et planifier l'alimentation d'un individu ou d'un groupe. Les méthodes et les valeurs des ANREF appropriées diffèrent dans chaque cas.

Le tableau suivant présente de façon succincte les utilisations appropriées des ANREF, mais il ne contient pas les détails permettant de les utiliser correctement. Pour plus de détails sur l'utilisation des apports nutritionnels de référence, voir les rapports suivants du Food and Nutrition Board : Applications in Dietary Assessment (2000) et Applications in Dietary Planning (2003).

Il importe également de souligner que les ANREF sont des normes pour les personnes apparemment bien portantes; ils ne doivent pas être utilisés pour les personnes atteintes de maladie aiguë ou chronique ni pour combler les besoins de personnes qui présentent des carences.

Utilisation des ANREF pour l'évaluation de l'alimentation

Pour plus de détails sur la façon d'utiliser les apports nutritionnels de référence pour évaluer l'alimentation, voir le rapport du Food and Nutrition Board, intitulé Applications in Dietary Assessment (2000).

Qu'il s'agisse d'évaluer les régimes alimentaires d'individus ou de groupes, on a besoin de deux types d'information :

  1. l'apport habituel précis (à long terme) de l'individu ou du groupe
    -le nombre de jours nécessaires pour évaluer avec exactitude l'apport habituel diffère selon le nutriment, ainsi que selon l'individu ou le groupe;
  2. le(s) besoin(s) nutritionnel(s) de l'individu ou du groupe
    -le besoin est l'apport continuel le plus bas d'un nutriment qui, selon un indicateur particulier de consommation suffisante, permettra de maintenir un degré défini d'équilibre sur le plan nutritionnel.

Évaluation de l'alimentation d'individus

L'interprétation des données sur l'apport nutritionnel en fonction des ANREF peut améliorer l'évaluation de l'alimentation d'un individu. Toutefois, il faut faire preuve de prudence lorsqu'on interprète l'information obtenue, car elle ne constitue qu'une petite partie de l'évaluation de l'état nutritionnel. Idéalement, on combine les données sur l'apport à des données cliniques, biochimiques et (ou) anthropométriques en vue d'obtenir une évaluation valide de l'état nutritionnel. On peut utiliser ces données physiologiques pour compléter ou confirmer les estimations d'une alimentation inadéquate en fonction des données nutritionnelles. Par exemple, un apport habituel bien en-deçà de l'ANR ou de l'AS constituerait une bonne raison de pousser plus loin l'évaluation de l'état nutritionnel d'une individu au moyen de tests de laboratoire ou d'un examen clinique. Les individus dont l'apport habituel dépasse l'AMT peuvent être exposés à un risque d'effets indésirables sur la santé.

Il est difficile de déterminer si un individu consomme suffisamment de nutriments car l'estimation de l'apport habituel est imprécise et les besoins de l'individu sont mal connus. Il faudrait estimer avec exactitude l'apport habituel et les besoins de l'individu. Par conséquent, l'évaluation de la consommation de nutriments chez un individu doit être interprétée avec circonspection, en même temps que d'autres types de renseignements le concernant.

Évaluation de l'alimentation de groupes

L'évaluation de l'alimentation de groupes (par exemple, au moyen d'une enquête sur la population) peut fournir de l'information sur la prévalence de la consommation insuffisante ou excessive de nutriments. Les chercheurs peuvent aussi étudier l'alimentation de petits groupes ayant des caractéristiques communes afin de déterminer si leurs apports sont suffisants où si une partie d'un groupe est exposée à un risque d'effets indésirables sur la santé. L'évaluation de l'alimentation de groupes peut servir à élaborer des politiques sur les aliments et la nutrition et à déterminer si les programmes sur les aliments et la nutrition sont efficaces. Selon les résultats de l'évaluation, on élaborera des stratégies d'intervention pour résoudre tout problème qui pourrait avoir été relevé.

L'évaluation de l'alimentation à l'échelle d'un groupe consiste généralement à comparer les apports habituels de nutriments aux besoins nutritionnels de manière à évaluer la prévalence d'une consommation insuffisante au sein du groupe. Deux méthodes ont été mises au point à cette fin :

  • la méthode fondée sur les probabilités, qui consiste à déterminer le risque de consommation insuffisante pour chaque individu du groupe et à additionner les probabilités (moyenne pondérée du risque de consommation insuffisante);
  • la méthode du seuil de BME, une version simplifiée de la méthode fondée sur les probabilités qui peut être utilisée dans des conditions précises pour calculer approximativement la proportion d'individus dans le groupe dont les apports sont insuffisants par rapport aux besoins.

L'ANR ne doit pas être utilisé comme seuil pour évaluer les apports nutritionnels de groupes car il en résulterait une sérieuse surestimation de la proportion d'individus à risque de consommation insuffisante au sein d'un groupe.

En ce qui concerne les nutriments pour lesquels un AS a été établi, la meilleure façon de procéder consiste à étudier l'apport moyen et médian par rapport à L'AS. Lorsque l'AS a été établi en fonction de l'apport moyen d'un groupe bien portant, on supposera que des groupes similaires dont les apports moyens se situent au niveau de l'AS ou au-dessus consomment suffisamment de nutriments. Lorsque l'AS a été dérivé de façon expérimentale ou a été déterminé en combinant des données expérimentales et des données sur les apports, l'évaluation sera moins fiable. Lorsque les apports moyens d'un groupe sont inférieurs à l'AS, on ne peut déduire que la consommation de nutriments chez ce groupe est suffisante.

L'AMT peut servir de seuil pour mesurer les apports habituels dans un groupe et déterminer la proportion de ce groupe qui est exposée à un risque potentiel d'effets indésirables associés à une consommation excessive de nutriments.

Évaluation de l'alimentation - Résumé

Utilisation des ANREF dans la planification de l'alimentation

Pour plus de détails sur l'utilisation des apports nutritionnels de référence pour planifier l'alimentation, voir le rapport du Food and Nutrition Board, intitulé Applications in Dietary Planning (2003).

Qu'il s'agisse d'une individu ou d'un groupe, le but est de planifier une alimentation habituelle permettant d'assurer un apport suffisant en nutriments (de sorte que la probabilité que la consommation de nutriments soit insuffisante ou excessive soit relativement faible).

  • Pour les individus, la planification a pour but d'obtenir des apports habituels se rapprochant de l'ANR ou de l'AS.
  • Pour les groupes, la planification a pour but de déterminer une distribution des apports habituels qui entraîne une faible prévalence d'apports insuffisants ou risquant d'être excessifs.

Lorsqu'on se fonde sur les ANREF pour planifier les apports alimentaires d'individus ou de groupes, il est utile de prendre en considération le processus et les indicateurs fonctionnels utilisés pour élaborer les ANREF pour des nutriments particuliers. Les points à prendre en considération pour la planification sont notamment les suivants : les facteurs influant sur la biodisponibilité des nutriments, tels que la source, la forme chimique et la matrice alimentaire, ainsi que les facteurs physiologiques et les facteurs liés au mode de vie et à la santé pouvant modifier les besoins nutritionnels et, par conséquent, les apports recommandés.

Planification de l'alimentation d'individus

Pour les individus, la planification de l'alimentation a pour but d'obtenir une faible probabilité d'apport insuffisant tout en réduisant au minimum le risque potentiel d'apport excessif de chaque nutriment. L'ANR ou l'AS sert d'apport nutritionnel cible pour les individus. Les personnes qui planifient l'alimentation doivent savoir qu'il n'existe aucun avantage reconnu à tirer d'apports habituels supérieurs à ces niveaux. On a souvent recours à des outils d'éducation nutritionnelle, tels le Bien manger avec le Guide alimentaire canadien, pour aider un individu à planifier une saine alimentation.

Planification de l'alimentation de groupes

Pour les groupes, la planification de l'alimentation a pour but d'obtenir une distribution des apports nutritionnels habituels qui favorise une faible prévalence d'apports insuffisants et d'apports excessifs pouvant entraîner un risque potentiel d'effets indésirables. Pour ce faire, il faut définir une prévalence acceptable d'un apport insuffisant et estimer la distribution des apports habituels dans le groupe. On peut ensuite déterminer la distribution cible des apports habituels. La marche à suivre pour planifier les apports de groupes diffère selon que le groupe est relativement homogène ou composé de plusieurs sous-groupes dont les besoins nutritionnels et énergétiques varient. Dans la plupart des cas, la planification de l'alimentation de groupes est un processus continu dans le cadre duquel on planifie les apports alimentaires, on les évalue afin de déterminer l'efficacité de la planification et on modifie les activités de planification en conséquence.

Planification de l'alimentation - Résumé

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