Page 7 : Recommandations au sujet de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada – Troisième édition

Partie I : Gestion des eaux récréatives

2.0 Enquête relative à la sécurité et à l'hygiène du milieu

L'enquête relative à la sécurité et à l'hygiène du milieu (ESHM) constitue le fondement ou la trame d'un plan avisé de gestion des risques pour les eaux récréatives, et de sa mise en oeuvre. Une telle enquête se présente sous la forme d'une recherche exhaustive et d'une évaluation des dangers existants et potentiels liés à la qualité de l'eau, qu'ils soient biologiques, chimiques ou physiques, et des risques qui leur sont associés sur le plan de la santé et de la sécurité du public dans les zones désignées comme plages. L'ESHM constitue également un examen général de tous les aspects de l'exploitation d'une plage. Les données recueillies apportent aux exploitants de plages, aux fournisseurs de services et aux autorités compétentes les informations nécessaires à la prise de décisions avisées aux fins de la gestion des risques, ainsi qu'à la formulation et à l'application d'un programme efficace de surveillance des plages. L'ESHM a sa place dans l'approche à barrières multiples de la gestion des eaux récréatives dans la mesure où elle permet de déterminer les zones d'intervention prioritaire en vue de la réduction du niveau de risque auquel sont exposés les usagers.

Les ESHM doivent être répétées chaque année, juste avant la saison de baignade. Elles permettent :

  • de recenser les caractéristiques fondamentales des eaux récréatives;
  • de détecter toute source possible de contamination fécale;
  • de mettre en évidence tout autre danger potentiel pour la qualité de l'eau, qu'il soit de nature physique, chimique ou biologique, ou les sources d'un tel danger, susceptible de représenter un risque pour les usagers des eaux récréatives;
  • d'évaluer l'efficacité des programmes de surveillance et des mesures de gestion des risques en vigueur.

L'autorité disposant des connaissances les plus complètes concernant l'exploitation quotidienne de la plage constitue le candidat le mieux placé pour conduire le processus des ESHM. Le processus peut également être grandement amélioré par une collaboration intersectorielle. Parmi les personnes et les groupes qu'il pourrait être intéressant de consulter au sujet du processus, on trouve :

  • l'organisme provincial, territorial ou fédéral réglementaire ou de gestion compétent;
  • les exploitants de plages;
  • le ministère de la Santé publique et environnementale;
  • les membres de la communauté;
  • des particuliers représentant les entreprises et l'industrie locales.

Les ESHM reposent sur trois grandes étapes : les préparatifs pré-enquête, la visite des lieux et le rapport d'évaluation.

2.1 Préparatifs pré-enquête

Cette étape couvre la collecte et l'examen de toutes les informations disponibles sur la plage et les zones avoisinantes, y compris les rapports d'enquête précédents. Elle peut fournir des informations utiles sur les tendances passées, les problèmes et les succès, et permettre une visite plus approfondie et plus efficace sur le terrain. Les préparatifs peuvent démarrer par un examen général des informations concernant la plage, par exemple ses caractéristiques physiques, les différents types d'activités qui s'y déroulent et les estimations de sa fréquentation. Les cartes topographiques, les photos aériennes et les données issues des systèmes d'information géographique (SIG) peuvent apporter une perspective différente favorisant l'identification des sources de contamination, des sites d'échantillonnage possibles et de l'utilisation des sols à proximité. L'étude des données antérieures concernant les résultats des épreuves microbiologiques, les affichages publics et la surveillance des maladies fournit des informations permettant de déterminer si la zone se prête à des activités récréatives, ainsi que les risques potentiels pour les baigneurs. L'évaluation des données hydrologiques et météorologiques et des autres données sur la qualité de l'eau compte tenu des précipitations, des courants, des marées, des vents dominants et des rejets potentiels (eaux usées, eaux pluviales et autres rejets de déchets) peut contribuer à préciser leur impact (individuel ou collectif) sur la qualité des eaux.

2.2 Visite des lieux

La visite des lieux a pour objet d'identifier de visu et de confirmer tous les dangers, réels ou potentiels, liés à la qualité de l'eau. Par ailleurs, des informations peuvent être recueillies sur l'existence et la conformité des installations publiques, des dispositifs de sécurité et des mécanismes d'information et de sensibilisation du public. Aux fins d'une ESHM, on entend par « danger » tout objet ou circonstance pouvant mettre en péril la sécurité ou la santé humaines. Dans la plupart des zones de baignade, les risques de contact avec la pollution fécale du milieu ambiant constituent une préoccupation majeure; c'est pourquoi il convient de porter attention aux sources possibles de contamination fécale à la fois ponctuelles (rejets ou déversements pouvant contenir des eaux usées, des eaux de pluie ou d'autres déchets d'origine fécale) et non ponctuelles (p. ex. les oiseaux et les animaux sauvages et domestiques, les ruissellements d'eau de pluie depuis la plage et les zones avoisinantes, les eaux septiques et la contamination provenant des baigneurs eux-mêmes).

D'autres dangers réels ou potentiels peuvent aussi être présents, notamment :

  • des dangers chimiques (p. ex. les rejets industriels, les contaminations provenant des marinas/bateaux);
  • des dangers biologiques (p. ex. les proliférations de cyanobactéries, les organismes responsables de la dermatite du baigneur);
  • des dangers physiques (p. ex. des déchets ou une faible visibilité).

D'autres informations peuvent s'avérer utiles pour déceler les dangers difficiles à discerner à l'oeil nu. Ainsi, la présence de grandes quantités de débris flottants peut indiquer des rejets d'eaux usées ou d'eaux de pluie. Une liste des différents types d'informations à recueillir pendant la visite des lieux est fournie à l'annexe D.

Il est parfois souhaitable de visiter les lieux par temps sec et par temps de pluie. Les effets des épisodes de chutes de pluie et de tempêtes sur la qualité de l'eau doivent être étudiés. Certains types de contamination (p. ex. ruissellement, rejets d'eaux pluviales) ne sont visibles qu'en périodes de pluie. Des échantillons d'eau représentatifs peuvent également être prélevés et analysés pour confirmer une éventuelle contamination et en déterminer la variabilité et la source. Des enquêtes succinctes peuvent aussi être effectuées tout au long de la saison estivale, en même temps que la surveillance microbiologique, afin de recueillir des informations récentes sur les zones vouées à des activités récréatives. Ces informations se sont avérées utiles pour élaborer des modèles qui aident à prévoir la qualité des eaux. De plus amples informations sur la question sont fournies à la section 10.0 (Dépistage des sources de pollution fécale) ainsi qu'à l'annexe B (Échantillonnage et analyse microbiologique).

2.3 Rapport d'évaluation

Une fois la visite des lieux terminée, il faut entreprendre une évaluation des risques pour préciser les dangers prioritaires. Les risques devront, aux fins de l'ESHM, prendre en considération la probabilité d'une exposition à un danger donné et les conséquences associées à cette exposition. La mise en oeuvre d'une évaluation des risques adaptée exige donc la prise en compte de facteurs susceptibles de contribuer à l'exposition d'un baigneur. Ces facteurs sont notamment la proximité d'un danger par rapport à la zone de baignade, les effets des caractéristiques physiques de l'endroit (profondeur, circulation de l'eau), l'incidence possible des conditions météorologiques, les types et modes d'exécution des activités récréatives pratiquées dans la zone, et les effets de toute barrière existante. Ainsi, dans le cas d'un trop-plein d'égout unitaire, les facteurs contribuant à l'exposition des usagers pourraient être de fortes précipitations entraînant un déversement d'eaux usées, des courants ou des vents qui pousseraient ces eaux vers la zone de baignade, et l'absence de moyens d'information pour faire savoir au public que la zone de baignade doit être évitée immédiatement après de fortes pluies. L'évaluation des risques peut aussi contribuer à préciser les endroits où des barrières supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires pour réduire l'exposition humaine.

Le processus doit aboutir à la production d'un rapport d'évaluation sur lequel devront être fondés les nouveaux plans de gestion ou d'exploitation de la plage. Outre la présentation des constats faits durant l'enquête, le rapport doit définir les priorités d'intervention, préciser les barrières à mettre en place et formuler des recommandations en vue d'un programme adapté de surveillance de la plage.

Ces recommandations doivent indiquer les lieux, périodes et fréquences spécifiques d'échantillonnage et donner un aperçu des mesures à prendre si une alerte ou d'autres formes d'intervention s'imposent.

L'organigramme présenté à la figure 1 (d'après Codd et coll., 2005) pourrait illustrer le déroulement des activités de conception et de mise en place de la stratégie à barrières multiples pour les eaux récréatives. Les exploitants de plages, les fournisseurs de services ou les autorités compétentes désireux d'élaborer leur propre plan d'exploitation peuvent s'en inspirer.

Figure 1. Déroulement possible des activités de conception et d'application de la stratégie à barrières multiples pour les eaux récréatives.

Un schéma montrant un déroulement possible des activités de conception et d'application de la stratégie à barrières multiples pour les eaux récréatives
Description d'un schéma montrant un déroulement possible des activités de conception et d'application de la stratégie à barrières multiples pour les eaux récréatives - Équivalent textuel
Un déroulement possible des activités de conception et d'application de la stratégie à barrières multiples pour les eaux récréatives peut être résumé par un graphique composé de neuf étapes consécutives. Les neuf cases à la gauche du graphique représentent les différentes étapes; à la droite, dans des cercles figurent les étapes du processus d'enquêtes relatives à la sécurité et à l'hygiène du milieu (ESHM). Des flèches relient les étapes du schéma à celles correspondantes aux enquêtes relatives à la sécurité et à l'hygiène du milieu. La première étape du schéma est (1) l'évaluation de la situation; elle correspond aux deux premières étapes du processus d'ESHM que sont les préparatifs pré-enquête et la visite des lieux. Les cinq étapes suivantes consistent en (2) l'évaluation des priorités d'intervention, (3) l'identification des barrières possibles, (4) la détermination des barrières réalisables incluant les considérations sanitaires, économiques et écologiques, (5) la sélection d'une ou plusieurs options, et (6) la définition des options dans un plan d'action. Ces cinq étapes constituent le rapport d'évaluation, dernière phase du processus d'ESHM. Les trois dernières étapes du schéma sont : (7) la mise en œuvre du plan d'action, (8) le suivi de l'efficacité du plan d'action, et si nécessaire (9) la révision du plan. D'autres renseignements plus spécifiques sont disponibles à l'intérieur du document.
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