Recommandations pour la qualité de l'eau potable
Introduction
Des recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada ont été élaborées, visant divers paramètres microbiologiques, chimiques, physiques et radiologiques. Ces recommandations, qui s'appliquent à l'eau potable provenant de toutes les sources, tant privées que municipales, sont présentées dans une publication intitulée : Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada. Les recommandations sont élaborées par le Sous-comité fédéral-provincial sur l'eau potable et Santé Canada les publie sous forme de brochure. Le sous-comité, qui se rencontre deux fois par année, élabore de nouvelles recommandations pour la qualité de l'eau potable et révise les recommandations existantes depuis sa création en 1983. Il se compose de membres qui représentent tous les gouvernements des provinces et des territoires, ainsi que d'un membre de Santé Canada. Des représentants de Santé Canada servent de conseillers scientifiques à ce comité.
Les Recommandations sont reconnues dans l'ensemble du pays comme étant la norme en matière de qualité de l'eau. Elles offrent un point de comparaison pratique et fiable permettant d'évaluer la qualité de l'eau, de sorte que les problèmes peuvent être rapidement identifiés et corrigés.
Puisque l'approvisionnement de l'eau potable relève de la compétence provinciale, les recommandations ne sont pas appliquées au niveau fédéral, sauf dans les secteurs de compétence fédérale. La plupart des gouvernements provinciaux et territoriaux ont toutefois émis leur propres normes de qualité de l'eau potable, basées
Contaminants des approvisionnements en eau
Les approvisionnements en eau potable du Canada sont en grande parties libres d'organismes susceptibles de causer des maladies, organismes que l'on retrouve dans les approvisionnements d'eau de nombreux pays en voie de développement. Récemment, toutefois, il y a des inquiétudes grandissantes concernant la présence dans l'eau de parasites tel Giardia et Cryptosporidium qui résistent aux techniques de désinfection couramment utilisées. Les connaissances accrues du publiques ont augmenté les inquiétudes quant à la large gamme des contaminants chimiques retrouvés dans l'eau potable. De meilleures méthodes analytiques, mises au point récemment, ont permis aux scientifiques de découvrir la présence de ces contaminants, qui étaient auparavant non décelables, à des niveaux extrêmement faibles -- en partie par billion ou même en partie par trillion (une partie par trillion représenterait un sous par 10 billions de dollars). À de si bas niveaux, leur simple présence dans l'eau potable ne signifie pas nécessairement qu'il y a risque pour la santé, et les préoccupations du public sont loin d'être justifiées.
Les contaminants de l'eau potable peuvent être d'origine très variées. On y trouve par exemple des substances chimiques d'origine naturelle (p.ex.: l'arsenic et l'amiante), des substances radioactives d'origine naturelle ou industrielle (p.ex.: le radon) et des substances chimiques synthétiques provenant d'effluents et d'émissions industriels.
D'autres contaminants, comme les trihalométhanes, peuvent également être produits lors du processus de chloration ou d'autres procédés de traitement. Des substances comme le plomb ou le cuivre peuvent être libérées des produits liés à l'eau potable utilisés dans le réseau de distribution d'eau.
Le processus d'élaboration des Recommandations canadiennes est bien établi et suit généralement les approches utilisées au niveau international. Bien qu'il existe des différences entre les approches utilisées par les différents secteurs de compétence, les Recommandations canadiennes leur sont généralement comparables. L'expertise canadienne dans le secteur de l'élaboration de recommandation est très reconnue, ce qui signifie que l'on nous demande de participer activement à l'élaboration et à la révision des nombreuses recommandations pour la qualité de l'eau potable qui sont publiées par l'Organisation mondiale de la santé.
Base pour l'établissement des recommandations
La préoccupation principale lors de l'élaboration de recommandations pour la qualité de l'eau potable est la protection de la santé humaine. Les scientifiques examinent d'abord les données disponibles afin de déterminer la relation entre la dose et la réaction, et d'établir un niveau d'exposition auquel aucun effet nocif n'est observé lors d'études chez les humains ou chez les animaux (qui s'appelle Dose sans effets nocifs observés et dont l'abréviation, NOAEL, est tirée de l'anglais).
À partir de ce NOAEL, on calcule soigneusement un niveau maximal d'exposition quotidienne (que l'on appelle apport quotidien tolérable, ou AQT) en tenant compte des différences entre les réactions chez les animaux et celles chez les humains, de la variabilité entre des individus ou des groupes de population humaine et de la fiabilité des données.
Les scientifiques peuvent ensuite utiliser cet apport quotidien tolérable afin de calculer la concentration maximale acceptable, ou CMA, en fonction du poids corporel et de la consommation d'eau potable. Puisque l'eau potable est rarement la source principale d'exposition à un contaminant, on tient également compte de l'exposition provenant d'autres sources, comme les aliments, l'air et le sol, ainsi que l'utilisation de l'eau pour le bain et d'autres fins domestiques. La proportion de l'apport par d'autres sources est généralement élevée, représentant de 80 à 95 p. cent de l'apport quotidien total calculé. La recommandation est normalement établie en fonction d'études chroniques à long terme ou durant toute la vie, ainsi que d'études spéciales portant sur la reproduction, les dommages génétiques et le pouvoir cancérogène.
D'autres considérations peuvent également entraîner de légers changement à la CMA. Par exemple, la disponibilité d'une méthode permettant de mesurer exactement la substance chimique à de très faibles concentrations et la disponibilité de méthodes de traitement ou d'élimination sont deux facteurs que l'on doit considérer. Il faut également tenir compte des caractéristiques esthétiques de l'eau, comme le goût, l'odeur, le pouvoir tachant, les propriétés corrosives, la turbidité et la couleur.
Ce que signifient les recommandations en matière de santé
Les méthodes utilisées pour élaborer les recommandations garantissent que les CMA sont bien en deçà (de 10 à 10 000 fois) des niveaux d'expositions auxquels on a pu observer des effets nocifs sur la santé. L'exposition à l'eau c ontenant la CMA ne devrait avoir aucun effet sur la santé, et l'ingestion d'eau contenant des concentrations supérieures à la CMA pendant de courtes périodes n'est pas nécessairement néfaste pour la santé.
Conclusion
Les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada sont conçues afin de fournir aux Canadiens et aux Canadiennes une eau potable propre et saine. Afin d'assurer que les recommandations sont établies selon les données scientifiques les plus récentes, le Sous-comité fédéral-provincial sur l'eau potable continuera de les réviser, et Santé Canada publiera les mises à jour lorsque cela sera nécessaire.
Vous pouvez vous procurer des copies de la plus récente édition des recommandations auprès du Groupe Communication Canada - Édition, Ottawa, K1A 0S9, ou de toute librairie qui offre les publications gouvernementales.