Déclaration du Conseil des médecins hygiénistes en chef au sujet de l’augmentation des taux de vapotage chez les jeunes au Canada

Déclaration

11 avril 2019

Le nombre de jeunes Canadiens qui utilisent des produits de vapotage nous inquiète. En tant que défenseurs de la santé publique, nous trouvons que cette tendance est très troublante, surtout parce que beaucoup de ces jeunes sont des non-fumeurs.

Au Canada, nous avons eu de grands succès à faire baisser les taux de tabagisme chez les jeunes au cours des dernières années, mais nous redoutons vivement qu’une nouvelle génération de jeunes dépendants à la nicotine entraîne une résurgence du tabagisme ou crée de nouveaux problèmes de santé publique, renversant ainsi des décennies de progrès.

Les dispositifs de vapotage se présentent sous des formes élégantes rappelant des produits de haute technologie qui séduisent les jeunes grâce à leur aspect novateur, cool et inoffensif. Les produits de vapotage, sont offerts dans toute une variété de saveurs alléchantes, dont la plupart contiennent de la nicotine. En outre, l’usage de ces produits fait l’objet de plusieurs publications dans les médias sociaux. Mais le plus préoccupant, ce sont les nouveaux types de produits de vapotage que l’on trouve sur le marché, comme les dosettes et les sels, dont la teneur en nicotine est très élevée. Une seule dosette peut exposer son utilisateur à la même quantité de nicotine qu’un paquet de cigarettes.

La nicotine crée une très forte dépendance et peut avoir de graves conséquences pour le cerveau. Non seulement elle nuit à la mémoire et à la concentration de tous, mais elle influe sur le développement du cerveau des adolescents et des jeunes adultes. Elle modifie les parties du cerveau qui contrôlent l’attention, l’apprentissage, l’humeur et les impulsions. Une exposition à la nicotine à l’adolescence peut augmenter la gravité de la dépendance future à la nicotine et au tabac. Nous devons intervenir maintenant pour protéger nos enfants des méfaits associés au vapotage.

Pour prévenir la dépendance à la nicotine chez les jeunes, il faut adopter une approche de santé publique complète. Ensemble, nous devons prendre des mesures énergiques pour protéger nos jeunes contre ces produits. Parents, alliés des jeunes, éducateurs, professionnels de la santé et régulateurs ont tous un rôle à jouer pour faire cesser le vapotage chez les jeunes. Agir maintenant en tant que coalition aidera le Canada à renverser cette tendance.

Ce que les jeunes peuvent faire

Si vous utilisez des produits de vapotage, arrêtez maintenant. Si vous n’en utilisez pas, ne commencez pas. Le vapotage expose les utilisateurs à des substances chimiques toxiques, et beaucoup de jeunes ignorent qu’ils inhalent de la nicotine. Encouragez vos amis à se tenir loin du vapotage et à avoir de bonnes habitudes de vie.

Ce que les adultes peuvent faire

Les parents et les alliés des jeunes ont un grand rôle à jouer eux aussi. Entamez la conversation. Parlez à vos enfants et adolescents des risques du vapotage. Informez-vous au sujet de ces produits et donnez le bon exemple. Soyez au courant des règles concernant le vapotage et la cigarette en vigueur à l’école de votre enfant.

Si vous fumez ou utilisez des produits de vapotage, demandez de l’aide pour vous défaire de cette habitude. Si vous avez recours au vapotage pour cesser de fumer, faites de l’abandon de cette pratique votre prochaine étape. Ne donnez pas de dispositifs de vapotage ou de produits du tabac aux jeunes. Conservez les produits de vapotage, y compris les liquides de recharge contenant de la nicotine et les cartouches vides, hors de la portée des enfants.

Ce que les professionnels de la santé et les éducateurs peuvent faire

Les professionnels de la santé occupent une position privilégiée pour sensibiliser leurs jeunes patients et leurs parents aux risques pour la santé associés au vapotage. De plus, les responsables de la santé, des services sociaux et de l’éducation peuvent amplifier et adapter leurs efforts de prévention et y inclure des messages, des programmes et des politiques sur le vapotage et les cigarettes électroniques. Quand les jeunes participent à la conception des programmes et des campagnes de sensibilisation du public et à l’adaptation de ceux-ci à leurs contextes, ces efforts sont plus significatifs et efficaces.

Ce que les gouvernements peuvent faire

Pour s’attaquer à ce problème, tous les ordres de gouvernement doivent continuer de créer des environnements qui empêchent le vapotage chez les jeunes en renforçant les cadres réglementaires et les politiques afin de restreindre l’accessibilité des produits de vapotage et l’accès à ceux-ci et de faire en sorte qu’ils perdent de leur attrait pour les jeunes. On parle ici, entre autres, de réglementer la vente et la publicité des produits de vapotage et d’établir des politiques dans les écoles et la collectivité qui réduisent l’utilisation et favorisent le développement des jeunes.

Bien que la priorité soit de tout mettre en œuvre pour que les jeunes ne s’initient pas au vapotage, nous savons que pour les fumeurs adultes, il est moins dangereux de se tourner vers le vapotage exclusivement que de fumer. Cela étant dit, le vapotage expose les utilisateurs à des substances chimiques nocives et ses effets à long terme sur la santé sont encore inconnus. L’usage du tabac et des produits de vapotage (double usage) a très peu d’avantages pour ce qui est de la réduction des risques pour la santé.

Si vous êtes fumeur, vous pouvez obtenir de l’aide pour renoncer au tabagisme grâce à des ressources en ligne offertes dans votre province ou votre territoire ou en consultant un professionnel de la santé. Les jeunes et les adultes qui ne fument pas ne devraient pas non plus s’adonner au vapotage.

Nous devons tout faire pour éviter qu’une nouvelle génération de Canadiens devienne dépendante à la nicotine et compromette sa santé à long terme. Nous avons tous un rôle dans la protection de nos jeunes.

Dre Theresa Tam
Administratrice en chef de la santé publique du Canada

Dre Bonnie Henry
Agente de santé provinciale, Colombie-Britannique
Présidente, Conseil des médecins hygiénistes en chef

Dr Brendan E. Hanley
Médecin hygiéniste en chef, Yukon
Vice-président, Conseil des médecins hygiénistes en chef

Dre Claudia Sarbu
Médecin-hygiéniste en chef, Terre-Neuve-et-Labrador

Dre Heather Morrison
Médecin hygiéniste en chef, Île-du-Prince-Édouard

Dr Robert Strang
Médecin-hygiéniste en chef, Nouvelle-Écosse

Dre Jennifer Russell
Médecin-hygiéniste en chef, Nouveau-Brunswick

Dr Horacio Arruda
Directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint, Québec

Dr David Williams
Médecin-hygiéniste en chef, Ontario

Dr Michael Isaac
Médecin hygiéniste en chef par intérim, Manitoba

Dr Saqib Shahab
Médecin-hygiéniste en chef, Saskatchewan

Dr. Deena Hinshaw
Médecin-hygiéniste en chef, Alberta

Dr Michael Patterson
Médecin-hygiéniste en chef, Nunavut

Dre Kami Kandola
Administratrice en chef de la santé publique, Territoires du Nord-Ouest

Dr Evan Adams
Médecin hygiéniste en chef, Régie de la santé des Premières Nations

Dr Tom Wong
Médecin hygiéniste en chef, Santé publique, Services aux Autochtones Canada

Liens importants

Personnes-ressources

Relations avec les médias
Agence de la santé publique du Canada
613-957-2983
hc.media.sc@canada.ca

Renseignements au public
Sans frais : 1-866-225-0709
Courriel : info@hc-sc.gc.ca


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