Chapitre 3 : Le Rapport de L'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2010 – La santé et le bien-être des aînés au Canada

Chapitre 3 : La santé et le bien-être des aînés au Canada

Le présent chapitre offre un aperçu de la santé et du bien-être actuels des Canadiens de 65 ans et plus, tout en cernant les tendances observées chez ce groupe d’âge en ce qui a trait à la mauvaise santé et à l’invalidité. Il met l’accent sur la santé physique et mentale de même que sur le sentiment de bien-être et bien-être économique.

L’état de santé des personnes de 65 à 79 ans est souvent différent de celui des personnes de 80 ans et plus. De la même manière, l’état de santé des hommes âgés diffère souvent de celui des femmes du même groupe d’âge. Par conséquent, le présent rapport fournira, au besoin, des données détaillées chaque fois qu’elles sont accessibles.

Données démographiques relatives aux aînés

Selon le recensement de 2006, 4,3 millions (14 %) des 31,6 millions de personnes vivant au Canada sont âgées de 65 ans et plus (voir le tableau 3.1)Note de bas de page 84. Au total, 73 % des aînés au Canada sont âgés de 65 à 79 ans et plus d’un quart (27 %) sont âgés de 80 ans et plusNote de bas de page 84. Les immigrants représentent environ 28 % des aînés du Canada, et les Autochtones, 1 %Note de bas de page 84-Note de bas de page 86.

Tableau 3.1 Les aînés au Canada
Année
Population (en milliers de personnes âgées de 65 ans et plus)

Remarque : De plus amples renseignements sont fournis à l'annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Source : Statistique Canada.

Population 4 335,3 2006
Autochtones 56,5 2006
Premières nations 32,0 2006
Métis 20,0 2006
Inuit 1,8 2006
Immigrants 1 215,3 2006
Immigration récente (10 ans ou moins) 78,3 2006
Immigration de longue date (plus de 10 ans) 1 137,0 2006
Personnes vivant dans des ménages privés 4 011,9 2006
Personnes vivant dans des établissements de soins de santé ou des établissements connexes 301,3 2006
Population urbaine 3 208,6 2006

Au cours des 30 dernières années, la proportion des personnes âgées de 65 ans et plus est passée de 9 à 14 %Note de bas de page 42. La même tendance a été observée dans d’autres pays développés (voir la figure 3.1)Note de bas de page 87-Note de bas de page 89. Par exemple, de 1960 à 2007, la proportion des aînés au Japon a plus que triplé, pour passer de 6 à 22 %Note de bas de page 87. En Suède, elle est passée de 12 à 17 %, et aux États-Unis, de 9 à 13 %Note de bas de page 87. Comme l’espérance de vie et les années d’espérance de vie restantes à 65 ans ne cessent d’augmenter, les aînés représenteront une plus grande proportion de la population au cours des 40 prochaines annéesNote de bas de page 43. Par exemple, alors que les aînés d’aujourd’hui forment 14 % de la population, on estime qu’en 2050 ils seront plus d’un quart (27 %) des CanadiensNote de bas de page 42 Note de bas de page 43 Note de bas de page 88 Note de bas de page 89.

Figure 3.1 Proportion, actuelle et prévue, de la population âgée de 65 ans et plus dans certains pays, pour les périodes de 1960 à 2007 et de 2010 à 2050Note de bas de page 87-Note de bas de page 89

Figure 3.1 Proportion, actuelle et prévue, de la population âgée de 65 ans et plus dans certains pays, pour les périodes de 1960 à 2007 et de 2010 à 2050

(P) Projection de la population future.
Source : Données sur la santé de 2009 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies.

[Figure 3.1, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.1

Figure 3.1 – Proportion, actuelle et prévue, de la population âgée de 65 ans et plus dans certains pays, pour les périodes de 1960 à 2007 et de 2010 à 2050

Résumé : De 1960 à 2007, le nombre d’aînés a augmenté. Le pourcentage d’aînés dans la population est passé de 7, 6 à 13,4 pour cent au Canada; de 5,7 à 21,5 pour cent au Japon; de 11,8 à 17,4 pour cent en Suède et de 9,2 à 12,6 pour cent aux États–for -Unis. Cette augmentation devrait se poursuivre jusqu’en 2050; selon les projections, les aînés compteront alors pour 26,9 pour cent de la  population au Canada, 39,3 pour cent au Japon, 24,0 pour cent en Suède et 20,5 pour cent aux États‑Unis.

Figure 3.1 – Proportion, actuelle et prévue, de la population âgée de 65 ans et plus dans certains pays,
pour les périodes de 1960 à  à 2007 et de 2010 à 2050
Pays Pourcentage de la population en 1960 Pourcentage de la population en 2007 Pourcentage de la population en 2050Note de bas de page 1
1Projection de la population future.
Canada 7,6 13,4 26,9
Japon 5,7 21,5 39,3
Suède 11,8 17,4 24,0
États–for -Unis 9,2 12,6 20,5

Sources : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Éco–for -santé OCDE (données sur la santé) 2009 et Nations Unies

En 2006, les aînés représentaient 5 % de l’ensemble de la population autochtone, et on prévoit que ce chiffre atteindra presque 7 % d’ici 2017Note de bas de page 73 Note de bas de page 86. Au cours de la même période, on estime que les aînés chez les Métis feront l’objet de la plus importante augmentation et que leur proportion passera de 5 à 8 %. On s’attend également à ce que la proportion des aînés chez les Premières nations passe de 5 à 6 % et que le pourcentage des aînés chez les Inuit reste sensiblement le même, à environ 4 %Note de bas de page 73 Note de bas de page 86. De 1996 à 2006, la proportion d’aînés, parmi les immigrants, a augmenté en passant de 18 à 19 % pour l’ensemble de la population immigranteNote de bas de page 80-Note de bas de page 83. On s’attend à ce que la proportion d’aînés, chez les immigrants de première et de deuxième générations, diminue et passe de 51 % en 2006 à 41 % de la population immigrante en 2031Note de bas de page 84.

Tout comme le reste de la population canadienne (82 %), la majorité des aînés (80 %) vivent à domicile dans les centres urbains du CanadaNote de bas de page 81 Note de bas de page 85. Bien que les aînés soient plus nombreux à vivre dans les centres urbains que dans les milieux ruraux, les personnes âgées représentent aujourd’hui un plus grand pourcentage de la population rurale que par le passéNote de bas de page 80 Note de bas de page 81 Note de bas de page 86. Cela est attribuable à l’exode toujours plus massif des jeunes vers les centres urbains, avec pour conséquence que les aînés, qui restent derrière, représentent un plus grand pourcentage de la population ruraleNote de bas de page 87. La majorité des aînés (92 %) vivent dans des ménages privésNote de bas de page 84 Note de bas de page 85. Les 8 % restants vivent dans divers types d'établissement, notamment les établissements de soins de longue durée, les résidences services et les résidences pour personnes âgéesNote de bas de page 84 Note de bas de page 81 Note de bas de page 85 Note de bas de page 88 Note de bas de page 89.





Tableau 3.2 La santé des aînés au Canada

* Données auto-déclarées
Remarque : De plus amples renseignements sont fournis à l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs
Sources: (1) Statistique Canada, (2) Agence de la santé publique du Canada, et (3) Société Alzheimer du Canada.

  Année
Santé physique
Espérance de vie (années d'espérance de vie restantes à compter de 65 ans)¹ 19,8 2005-2007
Hommes 18,1 2005-2007
Femmes 21,3 2005-2007
Espérance de vie ajustée en fonction de la santé (années d'espérance de vie restantes à compter de 65 ans)¹ 13,6 2001
Hommes 12,7 2001
Femmes 14,4 2001
Mortalité² (décès annuels pour 100 000 personnes âgées de 65 ans et plus)
Maladies de l'appareil circulatoire 1 381,2 2006
Cancers 1 126,9 2006
Maladies de l'appareil respiratoires 397,9 2006
Problèmes de santé et maladies (pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus)
Auto-évaluation de l'état de santé comme excellente ou très bonne*¹ 43,6 2009
Santé fonctionnelle excellente ou très bonne*¹ 62,0 2005
Hypertension artérielle*¹ 56,1 2009
Cardiopathie*¹ 22,6 2009
Arthrite*¹ 43,7 2009
Diabète² 21,3 2006-2007
Difficultés répétées à mener certaines activités*¹ 25,3 2008
Incidence du cancer (nouveaux cas pour 100 000 personnes âgées de 65 ans et plus, par année)¹ 2 044,2 2006
Santé mentale (pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus)
Personnes satisfait ou très satisfaites de la vie*¹ 96,5 2009
Auto-évaluation de la santé mentale comme excellente ou très bonne*¹ 70,4 2009
Maladie d'Alzheimer et autres démences (estimation)³ 8,9 2008
Bien-être économique (pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus)¹
Personnes à faible revenu (après impôt) 5,8 2008
Sentiment de bien-être (pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus)¹
Sentiment d'appartenance communautaire très fort ou assez fort* 70,2 2009
Personnes vivant seules 28,1 2006
Bénévolat* 35,7 2007
Aidant non rémunére* 24,4 2007
Taux de travail salarie 10,1 2009
Médecin de famille régulier* 95,7 2009
Consultation de professionnels des soins dentaire* 55,9 2009




Santé physique

Les données du présent chapitre proviennent, pour la plupart, de sondages sur la santé. Malgré les limites inhérentes à ce type de données, notamment la subjectivité des réponses individuelles et à la non-représentativité des personnes vivant dans un établissement ou une réserve, les données auto-déclarées peuvent fournir des renseignements importants qui, autrement, ne pourraient être accessibles. Sauf indication contraire, les données provenant de ces sources portent seulement sur les aînés vivant au sein de la collectivité.

Même si les aînés sont touchés par divers problèmes de santé physique, tels que les maladies chroniques, en plus d’être limités par une mobilité et des capacités réduites, un grand nombre d’entre eux se sentent en bonne forme et sont prêts à prendre des mesures pour améliorer leur santé. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Vieillissement en santé de 2009, 44 % des aînés se disent en excellente ou en très bonne santéNote de bas de page 100. La même année, 37 % des aînés ont déclaré avoir pris des mesures pour améliorer leur santé; ils ont notamment augmenté leur niveau d’activité physique (71 %), perdu du poids (21 %) et modifié leurs habitudes alimentaires (13 %)Note de bas de page 100.

Espérance de vie

L'espérance de vie des aînés au Canada a graduellement augmenté au fil du temps (voir la figure 3.2)Note de bas de page 101 Note de bas de page 102. En 2006, les personnes qui atteignaient 65 ans pouvaient s'attendre à vivre encore une vingtaine d'années (18 ans pour les hommes et 21 ans pour les femmes)Note de bas de page 101 Note de bas de page 102. Les femmes canadiennes ont toujours profité d'une plus grande espérance de vie que les hommes, mais cet écart se rétrécitNote de bas de page 101-Note de bas de page 103. De 1980 à 2006, l'écart observé entre les femmes et les hommes canadiens en ce qui concerne les années d'espérance de vie restantes à 65 ans a diminué, pour passer de cinq à trois ansNote de bas de page 101 Note de bas de page 102.

Toutefois, les divers groupes de population au Canada n'ont pas tous de la même espérance de vie. Bien que le nombre d'aînés chez les Autochtones ait augmenté, leur espérance de vie à la naissance était, en 2001, de 71 ans pour les hommes et de 77 ans pour les femmes, ce qui est inférieur à la moyenne canadienne enregistrée pour la même période, c'est-à-dire 77 ans pour les hommes et 82 ans pour les femmesNote de bas de page 104 Note de bas de page 105.

Dans d’autres pays développés, l’espérance de vie restante à 65 ans ont également augmentés. Certains de ces pays, comme la Suède et les États-Unis, ont vu l’écart entre l’espérance de vie restante à 65 ans diminuer chez les hommes et les femmes. La situation inverse a été observée au Japon, où l’écart s’est accruNote de bas de page 101 Note de bas de page 102.

Figure 3.2 Espérance de vie restante à 65 ans, selon le sexe, dans certains pays de l'OCDE, de 1980 à 2008Note de bas de page 101 Note de bas de page 102

>Figure 3.2 Espérance de vie restante à 65 ans, selon le sexe, dans certains pays de l'OCDE, de 1980 à 2008


Source : Données sur la santé de l'OCDE, 2009.

[Figure 3.2, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.2

Figure 3.2 – Espérance de vie restante à l’âge de 65 ans, selon le sexe, dans certains pays de l’OCDE, de  1980 à 2008

Résumé : De 1980 à 2008, l’espérance de vie restante chez les aînés est passée de 14,5 ans à 18,2 ans chez les hommes et de 18,9 à 21,4 ans chez les femmes au Canada; de 14,6  à 18, 6 ans chez les hommes et de 17,7 à 23,6 ans chez les femmes au Japon; de 14,3 à 17,8 ans chez les hommes et de 17, 9 à 20 ans chez les femmes en Suède; de 14,1 à 17,4 ans chez les hommes et de 18.3 à 20,3 ans chez les femmes aux États-Unis.

Source : Éco-santé OCDE 2009

Mortalité

Les principales causes de décès chez les Canadiens morts avant l’âge de 45 ans sont habituellement bien différentes de celles des aînés. En effet, dans une large proportion, les décès chez les plus jeunes sont surtout attribuables aux blessures et aux empoisonnements. Cependant, les principales causes de décès chez les aînés de 65 ans et plus ne sont pas bien différentes de celles des personnes âgées de 45 à 64 ans, même si le pourcentage de décès de ces groupes varie en fonction des causes (voir la figure 3.3). En 2006, les maladies de l’appareil circulatoire (y compris les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies ischémiques), les cancers (y compris les cancers du poumon, du côlon, du sein et de la prostate) et les maladies de l’appareil respiratoire (y compris les maladies pulmonaires obstructives chroniques, la grippe et la pneumonie) représentaient les trois principales causes de décès pour l’ensemble des aînésNote de bas de page 106-Note de bas de page 125.

Figure 3.3 Mortalité selon les principales causes et les divers groupes d'âge, Canada, 2006Note de bas de page 106-Note de bas de page 125

Figure 3.3 Taux de mortalité selon les principales causes et les divers groupes d'âge, Canada, 2006


Source : Statistique Canada.

[Figure 3.3, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.3

Figure 3.3 – Taux de mortalité selon les principales causes et les divers groupes d’âge, Canada, 2006

Résumé : Les principales causes de mortalité sont : chez les personnes de 0 à 19 ans, les affections périnatales (29 %), les blessures et les empoisonnements (28 %) et les anomalies congénitales (28 %); chez les personnes de 20 à 44 ans, les blessures et les empoisonnements (45 %), les cancers (19 %) et les  maladies de l’appareil circulatoire (11 %); chez les personnes de 45 à 64 ans, les cancers (4 5%), les maladies de l’appareil circulatoire (21 %) et les blessures et les empoisonnements (10 %); chez les personnes de 65 à 79 ans, les cancers (40 %), les maladies de l’appareil circulatoire (28 %) et les maladies des voies respiratoires (8 %); chez les personnes de 80 ans et plus, les maladies de l’appareil circulatoire (38 %), les cancers (19 %) et les maladies des voies respiratoires (11 %).

Source : Statistique Canada

En 2006, les principales causes de décès liés aux maladies de l'appareil circulatoire étaient les cardiopathies ischémiques et aux maladies cérébrovasculairesNote de bas de page 114. Au cours de cette même année, les décès causés par une maladie cérébrovasculaire étaient plus fréquents chez les femmes (309 décès pour 100 000 femmes comparativement à 266 décès pour 100 000 hommes), alors que les décès causés par une cardiopathie ischémique étaient plus fréquents chez les hommes (836 décès pour 100 000 hommes comparativement à 635 décès pour 100 000 femmes)Note de bas de page 42 Note de bas de page 114.

En 2006, le cancer du poumon et bronche et le cancer du côlon représentaient les principales causes de décès liés au cancer chez les aînés au CanadaNote de bas de page 107. Au cours de cette même année, les décès attribuables à ces types de cancer étaient plus fréquents chez les hommes que chez les femmes (cancer du poumon et bronche : 393 décès pour 100 000 hommes comparativement à 229 décès pour 100 000 femmes; cancer du côlon : 113 décès pour 100 000 hommes comparativement à 86 décès pour 100 000 femmes)Note de bas de page 42 Note de bas de page 107.

En 2006, les maladies pulmonaires obstructives chroniques, la grippe et la pneumonie étaient les principales causes de décès liés aux maladies de l’appareil respiratoires chez les aînés au CanadaNote de bas de page 115. Au cours de cette même année, les décès causés par une grippe ou une pneumonie étaient tout aussi fréquents chez les femmes que chez les hommes aînés (107 décès pour 100 000 hommes comparativement à 108 décès pour 100 000 femmes), tandis que les décès causés par une maladie pulmonaire obstructive chronique étaient plus fréquents chez les hommes (225 décès pour 100 000 hommes comparativement à 156 décès pour 100 000 femmes)Note de bas de page 42 Note de bas de page 115.

Bien que les trois causes de décès les plus fréquentes soient les mêmes chez les personnes âgées de 65 à 79 ans que chez celles de 80 ans et plus, les causes de décès moins répandues varient davantage entre ces groupes d’âge. Après les maladies de l’appareil circulatoire, les cancers et les maladies de l’appareil respiratoire, les causes de décès les plus fréquentes chez les personnes de 65 à 79 ans sont les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (y compris le diabète et la maladie thyroïdienne) ainsi que par les troubles digestifs (y compris la cirrhose du foie et les hernies). Les aînés de 80 ans et plus meurent des suites de maladies mentales, de troubles du comportement (y compris la démence et la schizophrénie) et de maladies du système nerveux (maladies d’Alzheimer et de Parkinson)Note de bas de page 106-Note de bas de page 125.

En 2006, les décès causés par des blessures intentionnelles ou non-intentionnelles figuraient au huitième rang des causes de décès chez les aînésNote de bas de page 106-Note de bas de page 125. Dans ce groupe d’âge, la moitié des décès liés à une blessure sont survenus à la suite d’une chute (41 %) ou d’un accident automobile (10 %), que ce soit comme conducteur, passager ou piétonNote de bas de page 42 Note de bas de page 124.

 

Troubles chroniques et maladies infectieuses

En 2009, 89 % des aînés au Canada présentaient au moins un problème de santé chronique. L’arthrite et le rhumatisme comptaient parmi les maladies chroniques les plus fréquentes, touchant près de 44 % des aînés en 2009Note de bas de page 100. De la même manière, 53 % des aînés Autochtones qui, en 2001 vivaient hors-réserve, et 46 % des aînés des Premières nations âgés de 60 ans et plus qui, en 2002-2003, vivaient dans une réserve, ont déclaré atteint de ces maladies chroniquesNote de bas de page 73 Note de bas de page 74. L’arthrose est le type d’arthrite le plus répandu chez les personnes âgées de 75 ans et plus et on estime qu’elle touche environ 85 % de ces aînésNote de bas de page 126.

En 2009, on estimait que l’ostéoporose, qui se caractérise par une diminution de la masse osseuse ainsi qu’un affaiblissement et un amincissement progressifs des os, touchait 29 % des femmes et 6 % des hommes de 65 ans et plusNote de bas de page 100. Les blessures les plus fréquentes liées à l’ostéoporose sont les fractures du poignet, de la colonne vertébrale et de la hancheNote de bas de page 127 Note de bas de page 128. On estime que l’ostéoporose est responsable d’environ 70 % des fractures de la hanche chez les personnes de 45 ans et plusNote de bas de page 129.

De nombreux aînés sont atteints d’une ou de plusieurs maladies cardiovasculaires. En 2009, près d’un quart (23 %) des aînés ont déclaré atteint d’une cardiopathie et un peu plus de 4 % ont affirmé vivre avec les séquelles d’un accident vasculaire cérébralNote de bas de page 100. L’hypertension artérielle, un important facteur de risque lié aux maladies cardiovasculaires, a été déclarée par 56 % des aînés au CanadaNote de bas de page 100. En 2002-2003, 20 % des membres des Premières nations âgés de 60 ans et plus ont signalé être atteints d’un type de cardiopathieNote de bas de page 74.

En 2006, environ 39 % de tous les nouveaux cas de cancer (61 000) ont touché des Canadiens âgés de 65 à 79 ans, et environ 17 % (27 000), des Canadiens âgés de 80 ans et plusNote de bas de page 130. Parmi ces nouveaux cas, les plus fréquents chez les hommes âgés sont les cancers de la prostate (28 %), du poumon (17 %) et du côlon (14 %) et, chez les femmes âgées, les cancers du sein (21 %), du poumon (16 %) et du côlon (16 %) (voir la figure 3.4)Note de bas de page 130.

Figure 3.4 Taux d’incidence et de décès chez les Canadiens de 65 ans et plus selon certains types de cancer et le sexe, 2006Note de bas de page 42 Note de bas de page 107 Note de bas de page 130

Figure 3.4 Taux d'incidence et de décès chez les Canadiens de 65 ans et plus selon certains types de cancer et le sexe, 2006

Source : Statistique Canada.

[Figure 3.4, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.4

Figure 3.4 – Taux d’incidence et de décès chez les Canadiens de 65 ans et plus selon certains types de cancer et le sexe, 2006

Résumé : En 2006, le plus grand nombre de décès par cancer chez les aînés des deux sexes ont été causés par des types de cancer autres que ceux qui ont été le plus souvent diagnostiqués dans cette population.

Figure 3.4 – Taux d’incidence et de décès chez les Canadiens de 65 ans et plus selon certains types de cancer et le sexe, 2006
Type de cancer Incidence pour 100 000 habitants Décès pour 100 000 habitants
Hommes - Cancer colorectal 367 149
Hommes - Cancer du poumon 441 393
Hommes - Cancer de la prostate 741 175
Hommes - Autres  1 066 650
Femmes - Cancer colorectal 253 107
Femmes - Cancer du poumon 262 229
Femmes - Cancer du sein 337 119
Femmes - Autres 751 485

Source : Statistique Canada.

En 2006-2007, 21 % des aînés canadiens vivaient avec le diabèteNote de bas de page 131. Certaines études ont montré que pas moins d’un tiers des aînés atteints de diabète n’avaient pas été diagnostiquésNote de bas de page 132 Note de bas de page 133. En 2002-2003, l’Enquête longitudinale régionale sur la santé des Premières Nations estimait que 35 % des aînés des Premières nations vivant dans une réserve étaient atteint du diabèteNote de bas de page 74. Le diabète de type 2 peut entraîner la cécité, l’amputation d’un membre inférieur, une cardiopathie, un accident vasculaire cérébral ou une insuffisance rénaleNote de bas de page 134.

Les maladies chroniques touchant la vision et l’ouïe sont également fréquentes chez les aînés. En 2009, un cinquième (21 %) des Canadiens de 65 à 79 ans et près d’un tiers (32 %) des Canadiens de 80 ans et plus ont déclaré avoir déjà reçu un diagnostic de cataractes. Toutefois, la plupart d’entre eux étaient aptes à subir une simple chirurgie correctriceNote de bas de page 100. Bien que le glaucome ne soit pas aussi fréquent, il touche 6 % des personnes de 65 à 79 ans et 13 % des personnes de 80 ans et plusNote de bas de page 100. On estime que la dégénérescence maculaire liée à l’âge, une maladie dégénérative pouvant provoquer la cécité, touche 19 % des Canadiens de 65 à 74 ans et 37 % des Canadiens de 75 ans et plusNote de bas de page 135. Les troubles de l’ouïe, notamment la surdité et les déficiences auditives, sont plus fréquents chez les aînés que chez les jeunes CanadiensNote de bas de page 136. Dans le cadre de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités de 2006, 12 % des personnes de 65 à 74 ans et 26 % des personnes de 75 ans et plus ont déclaré être atteintes d’un type de limitation auditiveNote de bas de page 136.

Figure 3.5 Proportion de la population atteinte d’au moins une maladie chronique* selon certains groupes d’âge, Canada, 2009Note de bas de page 100

Figure 3.5 Proportion de la population atteinte d'au moins une maladie chronique selon certains groupes d'âge, Canada, 2009

* Les maladies inclus sont les suivantes : angine de poitrine, asthme, arthrite ou rhumatisme, ostéoporose, hypertension artérielle, bronchite, emphysème, maladie pulmonaire obstructive chronique, diabète, cardiopathie, cancer, effets de l’accident vasculaire cérébral, maladie de Crohn, colite, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, cataracte, glaucome, maladie thyroïdienne, trouble de l’humeur et trouble anxieux.

Source : Statistique Canada.

[Figure 3.5, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.5

Figure 3.5 – Proportion de la population atteinte d’au moins une maladie chroniqueNote de bas de page 1, selon certains groupes d’âge, Canada, 2009

Résumé : De nombreux aînés présentent plus d’une affection chronique. Chez les personnes de 45 à 64 ans, 40 pour cent déclarent n’avoir aucune maladie chronique, et 7 pour cent déclarent en avoir quatre ou plus; chez les personnes de 65 à 79 ans, 12 pour cent déclarent ne pas avoir de maladie chronique, et 25 pour cent déclarent en avoir quatre ou plus; chez les personnes de 80 ans et plus, 8 pour cent déclarent ne pas avoir de maladie chronique, et 37 pour cent déclarent en avoir quatre ou plus.

Figure 3.5 – Proportion de la population atteinte d’au moins une maladie chroniqueNote de bas de page 1, selon certains groupes d’âge, Canada, 2009
Nombre de maladies chroniques De 45 à 64 ans De 65 à 79 ans 80 ans et plus
1Les maladies sont les suivantes : angine de poitrine, asthme, arthrite ou rhumatisme, ostéoporose, hypertension artérielle, bronchite, emphysème, maladie pulmonaire obstructive chronique, diabète, cardiopathie, cancer, effets de l’accident vasculaire cérébral, maladie de Crohn, colite, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, cataracte, glaucome, maladie thyroïdienne, trouble de l’humeur et trouble anxieux.
Aucune maladie 40 12 8
Une maladie 29 23 14
Deux maladies 16 23 21
Trois maladies 8 17 20
Quatre maladies 7 25 37

Source : Statistique Canada.

Bien que les maladies chroniques susmentionnées comptent parmi les plus fréquentes chez les aînés, il est important de noter que bon nombre d’entre eux sont atteints de plus d’une affection. En 2009, 25 % des Canadiens âgés de 65 à 79 ans et 37 % des Canadiens âgés de 80 ans et plus ont déclaré être atteints d’au moins quatre problèmes de santé chronique (voir la figure 3.5)Note de bas de page 100.

Les maladies chroniques, de même que l’affaiblissement du système immunitaire et la prise de certains médicaments, peuvent rendre les aînés plus vulnérables aux maladies infectieuses, comme la grippe saisonnière, le virus du Nil occidental et les infections nosocomialesNote de bas de page 137-Note de bas de page 139. En 2008, 1 373 cas d’infections nosocomiales au Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline ont été déclarés et près de la moitié (42 %) d’entre eux touchaient des patients de 65 ans et plusNote de bas de page 140. Au cours de la même période, les cas d’infections nosocomiales à entérocoque resistant à la vancomycine et d’infections au Clostridium difficile étaient également plus fréquents chez les personnes de 65 ans et plus (50 % et 65 % respectivement)Note de bas de page 140. Selon les données d’hospitalisation de 2008-2009, les aînés étaient aussi disproportionnellement touchés par les infections grippales (36 %)Note de bas de page 140. En février 2009, un sondage de prévalence ponctuelle, mené dans 49 hôpitaux au Canada, a montré que 13 % des patients hospitalisés de 65 ans et plus souffraient d’une ou de plusieurs infections nosocomiales, ce qui comprend les infections urinaires (6 %), les pneumonies (3 %), les infections de plaies opératoires (2 %), les infections au Clostridium difficile (2 %), les infections du système circulatoire sanguin (1 %) et les infections des voies respiratoires (1 %)Note de bas de page 140.

Mobilité et santé fonctionnelle

Généralement, les aînés au Canada se rapportent en bonne santé fonctionnelle, basés sur niveaux de leurs vision, l’ouïe, l’allocution, la mobilité, la dextérité, les sentiments, la capacités cognitives et la douleurNote de bas de page 141.

En 2005, on considérait que 62 % des aînés (65 % des hommes et 59 % des femmes) jouissaient d’une très bonne, voire d’une excellente santé fonctionnelleNote de bas de page 141. Les Canadiens âgés de 65 à 74 ans étaient plus nombreux à avoir une très bonne ou une parfaite santé fonctionnelle que ceux de 75 ans et plus (50 %)Note de bas de page 141.

Malgré ces auto-évaluations positives, certains aînés font face à des limitations en raison de troubles physiques de longue date causés par une blessure, d’une maladie ou du vieillissement. Au Canada, un quart des aînés et 70 % des aînés chez les Autochtones hors-réserve ont déclaré souvent éprouver de la difficulté à entendre, à voir, à communiquer, à marcher, à monter les escaliers, à se pencher, à apprendre ou à exécuter d’autres activités connexesNote de bas de page 73 Note de bas de page 142. Ils peuvent également avoir de la difficulté à réaliser leurs activités quotidiennes. Dans tous les groupes d’âge, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir besoin d’aide pour effectuer leurs activités quotidiennes, telles que la préparation des repas, les travaux domestiques, les gros travaux ménagers et les soins personnelsNote de bas de page 143.

Il est important de rappeler que bon nombre de problèmes liées à la santé fonctionnelle des aînés, comme les altérations de la vision causées par l’âge, la diminution du temps de réaction, la réduction de la force, la diminution de la coordination et le ralentissement des processus cognitifs, peuvent avoir des répercussions sur leur capacité à conduire un véhicule automobile. Les aînés touchés par de tels problèmes risquent davantage d’être impliqués dans des accidents de la routeNote de bas de page 144 Note de bas de page 145.

 

Chutes et blessures connexes

Les chutes sont la principale cause de blessures chez les aînés au Canada. On estime en effet qu’un aîné sur trois est susceptible de faire au moins une chute au cours de l’année, ce qui représentait, en 2006, environ 1,4 million d’aînés au CanadaNote de bas de page 84 Note de bas de page 146 Note de bas de page 147.

Divers facteurs de risque d’ordre biologique, médical, comportemental, environnemental et socioéconomique sont susceptibles, soit directement ou par interactions complexes, d’entraîner des chutes chez les aînésNote de bas de page 148. Des aspects de la santé physique, les maladies chroniques ou aiguës représentent d’importants facteurs de risqueNote de bas de page 148. C’est le cas notamment des déficiences visuelles ou auditives, des maladies de l’appareil respiratoire, des cardiopathies, de l’arthrite, de la maladie de Parkinson, des accidents vasculaires cérébraux et des maladies liées à la pression artérielleNote de bas de page 148-Note de bas de page 150. Les limitations physiques, comme les déficiences physiques, la faiblesse musculaire, la mauvaise condition physique (particulièrement celle des membres inférieurs), la difficulté à se déplacer et à conserver son équilibre et les maladies touchant les jambes et les pieds, peuvent également accroître les risques de chuteNote de bas de page 148-Note de bas de page 151.

À mesure que les personnes vieillissent, certaines situations ou certaines habitudes de vie peuvent concourir à l’accroissement des risques de chute liés à des problèmes de mobilité ou à un manque d’équilibre. C’est le cas lorsque ces personnes montent une échelle, portent des vêtements amples ou des chaussures mal ajustées ou transportent des objets lourds ou encombrantsNote de bas de page 149-Note de bas de page 151. De plus, bon nombre de maladies ou de troubles sont traités à l’aide de médicaments qui, consommés seuls ou en combinaison avec d’autres médicaments, peuvent entraîner des effets indésirables et ainsi accroître les risques de chuteNote de bas de page 148-Note de bas de page 151.

De la même manière, les aînés qui ont des troubles cognitifs liés à la dépression, à l’anxiété ou à la démence risquent davantage d’être victimes de chuteNote de bas de page 148 Note de bas de page 149. La consommation d’alcool, peu importe la quantité, alliée à des problèmes de santé, peut aussi augmenter les risques de chuteNote de bas de page 149. Les aînés confinés dans leur demeure ou qui vivent seuls sont également plus à risqueNote de bas de page 150 Note de bas de page 151. Enfin, ceux qui n’ont pas de réseau sociale sont aussi plus susceptibles de se placer dans des situations hasardeuses qui multiplient les dangers de faire une chuteNote de bas de page 150 Note de bas de page 152.

On estime que plus de 180 000 Canadiens de 65 ans et plus ont, en 2002-2003, été victimes d’une chute ayant causé une blessureNote de bas de page 148. Plus des deux tiers (68 %) des personnes ayant subi des blessures à la suite d’une chute étaient des femmesNote de bas de page 148. La plupart de ces blessures (37 %) se situaient au niveau des hanches, des cuisses, des genoux, des jambes, des chevilles ou des piedsNote de bas de page 148. En fait, 95 % des fractures de la hanche chez ce groupe d’âge sont causées par une chuteNote de bas de page 153 Note de bas de page 154. Le plus souvent, les chutes qui provoquent des blessures surviennent après que la personne a glissé ou trébuché (44 %), raté une marche d’escalier (26 %) ou perdu pied sur la glace ou dans la neige (20 %)Note de bas de page 148.

En 2008-2009, plus de 50 000 aînés au Canada ont été hospitalisés à la suite d’une chuteNote de bas de page 153. Les fractures de la hanche (38 %) et les autres types de fracture (39 %) représentaient les blessures les plus fréquentes résultant d’une chuteNote de bas de page 153. Ces blessures ont occasionné des hospitalisations d’une moyenne de 15 jours, une durée qui surpasse de 70 % celle liée à tout autre type d’hospitalisation chez les aînésNote de bas de page 153.

De plus, en 2008-2009, plus de la moitié (51 %) des chutes ayant occasionné l’hospitalisation d’un aîné se sont produites à la maison et environ 18 % d’entre elles sont survenues dans un établissement résidentielNote de bas de page 153. Il est probable que, en raison de leur santé fragile ou de leurs déficiences, les aînés vivant dans des établissements de soins de longue durée risquent davantage de tomber et de se blesser que les aînés vivant au sein de la collectivité. Environ la moitié des résidants des établissements de soins de longue durée tombent chaque année, et une chute sur dix entraîne des blessures gravesNote de bas de page 148.

Bien que la majorité des aînés qui se blessent à la suite d’une chute finissent par recouvrer la santé, bon nombre d’entre eux ne se rétablissent jamais complètementNote de bas de page 155-Note de bas de page 158. De toutes les chutes survenues chez les aînés, la moitié ont occasionné des blessures mineures et de 5 à 25 % ont entraîné des blessures graves, notamment des traumatismes cérébraux et des fractures des osNote de bas de page 148 Note de bas de page 159 Note de bas de page 160. Jusqu’à 40 % de toutes les causes d’hospitalisation chez les aînés sont liées à des fractures de la hanche. Ce type de fracture peut avoir de graves répercussions; il peut notamment conduire à une détérioration générale de la qualité de vie, au placement en établissement et même à une diminution de l’espérance de vieNote de bas de page 148 Note de bas de page 151 Note de bas de page 161. Parmi les aînés qui se sont fracturé la hanche à la suite d’une chute, 20 % d’entre eux meurent à l’intérieur de l’année en raison de complications postopératoires ou par l’aggravation de troubles antérieurs, comme les maladies cardiovasculaires ou neurologiquesNote de bas de page 148 Note de bas de page 162 Note de bas de page 163. D’autres aînés, s’étant rétablis d’une fracture de la hanche, peuvent développer le syndrome post-chute. Ce syndrome est caractérisé par la dépendance accrue aux autres pour effectuer les activités quotidiennes, la perte d’autonomie, la confusion, l’immobilisation, la peur de tomber et la dépressionNote de bas de page 146.

Les blessures survenues chez les aînés peuvent occasionner des effets secondaires qui vont engendrer des douleurs chroniques, réduire les capacités fonctionnelles et entraîner une diminution des activités quotidiennesNote de bas de page 155-Note de bas de page 158. Même si les chutes ne causent pas de blessure, elles peuvent avoir des répercussions psychologiques, notamment une perte de confiance, et donc conduire à une diminution des activitésNote de bas de page 148 Note de bas de page 164.Le fait d’être coupés de leurs activités sociales peut engendrer un isolement et rendre les aînés plus susceptibles de souffrir de solitude et de dépressionNote de bas de page 148. De plus, la peur de tomber conduit souvent à une plus grande dépendance et contribue à une réduction de la mobilité qui augmente d’autant les risques de chuteNote de bas de page 148 Note de bas de page 149 Note de bas de page 151.

Poids insuffisant et obésité

L’indice de masse corporelle (IMC) est un rapport entre le poids et la taille, calculé comme suit : IMC = poids (kg)/taille (m²)Note de bas de page 165. Six catégories d’IMC – chacune d’entre elles étant associée à un niveau de risque pour la santé – composent le système de classification du poidsNote de bas de page 165.

Indice de masse corporelle
Classification Catégorie d'IMC
(kg/m²)
Niveau de risque pour la santé
Poids insuffisant Moins de 18,5 Accru
Poids normal De 18,5 à 24,9 Moindre
Excès de poids De 25,0 à 29,9 Accru
Obésité 30,0 et plus
Obésité Classe I 30,0 à 34,9 Élevé
Obésité Classe II 35,0 à 39,9 Très élevé
Obésité Classe III 40,0 et plus Extrêmement élevé

Comme c’est le cas à tout âge, l’obésité chez les aînés prédispose à des problèmes de santé, y compris le diabète de type 2, l’hypertension et les cardiopathiesNote de bas de page 166-Note de bas de page 168.

L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure fréquemment utilisée pour déterminer si une personne maintient ou non un poids santé. Bien que l’IMC fournisse, dans la plupart des cas, une estimation adéquate, ces échelles standards sont toutefois moins efficaces pour évaluer le surpoids et l’obésité chez les aînés, et ce, en raison des changements corporelle entraînés par l’âgeNote de bas de page 6 Note de bas de page 166. Cependant, l’IMC demeure l’outil de mesure le plus souvent utilisé chez ce groupe d’âge, puisqu’il n’existe pas de solution de rechange faisant l’unanimitéNote de bas de page 6 Note de bas de page 166.

Selon les échelles standards et le calcul de l’IMC avec l’hauteur et le poids mesuré des répondants, le pourcentage d’aînés considérés comme obèses est passé de 22 % en 1978-1979 à 29 % en 2008Note de bas de page 169 Note de bas de page 170. Au total (toujours chez les aînés), 28 % des hommes et 31 % des femmes seraient obèses, ce qui dépasse les pourcentages observés chez les Canadiens de 18 ans et plus (26 % des hommes et 24 % des femmes)Note de bas de page 170.

Bien que les risques pour la santé liés au surpoids soient connus, du moins pour les personnes de moins de 65 ans, on pense qu’un léger surpoids offrirait un effet protecteur chez les aînés. Par exemple, les aînés en surpoids seraient plus susceptibles de vaincre une maladie aigüe, de composer avec des situations stressantes et de se rétablir rapidement à la suite d’une blessure grâce à leur surplus de réserves nutritionnellesNote de bas de page 171. En conséquence, un poids insuffisant offrirait un indice de mauvaise santé plus important que le surpoids chez les personnes de 65 ans et plusNote de bas de page 165 Note de bas de page 172 Note de bas de page 173. Ainsi, selon des études, le seuil de poids insuffisant actuel sur l’échelle d’IMC (18,5) ne conviendrait pas aux aînés parce que les risques pour la santé liés à un poids insuffisant, comme la malnutrition, l’ostéoporose et la mortalité, se feraient sentir même avec un IMC plus élevé que le seuil inférieur de l’échelle standardNote de bas de page 165,Note de bas de page 171-Note de bas de page 173. En élevant le seuil d’IMC à partir duquel les personnes sont considérées comme en poids insuffisant (un IMC légèrement au-dessus de 20, ce qui semble mieux adapté à ce groupe d’âge), on calcule que 17 % des aînés auraient un poids insuffisantNote de bas de page 165,Note de bas de page 172-Note de bas de page 174.

Comportements sains

Plusieurs aspects de la vie quotidienne des aînés peuvent jouer un rôle importants dans le maintien et l’amélioration de leur état de santé. Plus particulièrement, certains comportements peuvent avoir une grande influence sur la santé et le bien-être des Canadiens d’âge avancé, comme l’activité physique, la saine alimentation, le tabagisme, la consommation d’alcool ou d’autres substances et la prise de médicaments.

Activité physique

L’activité physique joue un rôle important dans la prévention de la maladie, le maintien de l’autonomie ainsi que dans l’amélioration de la santé mentale. Comme c’est le cas dans d’autres groupes d’âge au Canada, la plupart des aînés sont physiquement inactifs, d’autant plus que le niveau d’activité a tendance à diminuer avec l’âgeNote de bas de page 7. En 2008, selon une auto-évaluation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des activités physiques durant les loisirs auxquelles participent les aînés au Canada, la majorité (57 %) étaient considérés comme physiquement inactifsNote de bas de page 175. Au total, chez les aînés, 50 % des hommes et 64 % des femmes admettaient être inactifsNote de bas de page 175. Parmi ceux qui sont le moins susceptibles d’être actifs, on compte les aînés à faible revenu ou peu scolarisés, ceux qui souffrent d’une incapacité, d’une maladie, de douleurs chroniques, d’un manque d’énergie ou d’un manque de motivation, ou encore ceux qui ont peur de se blesserNote de bas de page 7 Note de bas de page 176. Les aînés qui vivent en établissement, qui sont isolés ou qui doivent s’occuper d’autres personnes risquent également d’être moins actifs physiquement. Parmi les obstacles qui peuvent limiter ou empêcher leur participation à des activités physiques, mentionnons les coûts, l’accès limité aux moyens de transport, les conditions météorologiques parfois défavorables et l’absence de centres communautaires où sont programmées des activités récréatives, tant intérieures qu’extérieures, qui sont sécuritaires, abordables et accessiblesNote de bas de page 176 Note de bas de page 177.

Les effets bénéfiques de l’activité physique sur la santé et le bien-être des aînés (par exemple, une baisse du risque de décès prématuré) sont bien connusNote de bas de page 176 Note de bas de page 178. Même l’activité physique entamée relativement tard dans la vie, si elle est maintenue, s’avère très bénéfiqueNote de bas de page 176. On sait que la pratique régulière d’activités physiques se traduit par des effets positifs sur les capacités fonctionnelles, la santé mentale, la forme physique et le bien-être en généralNote de bas de page 176 Note de bas de page 179. L’activité physique peut également contribuer à la prévention et même aider à gérer des maladies chroniques, comme les cardiopathies, l’hypertension, l’ostéoporose, les accidents vasculaires cérébraux, l’obésité et les cancers du côlon et du sein, ainsi qu’à prévenir l’anxiété et la dépressionNote de bas de page 176 Note de bas de page 179. L’activité physique régulière permet également d’entretenir la résistance musculaire et osseuse, la coordination ainsi que le fonctionnement et la flexibilité des articulations, en plus de favoriser l’autonomie des personnes, qui sont ainsi mieux aptes à effectuer leurs activités quotidiennesNote de bas de page 176. De plus, les aînés qui participent à des activités physiques de groupe ont plus souvent l’occasion de maintenir des liens sociauxNote de bas de page 178.

Saine alimentation et nutrition

Une saine alimentation peut contribuer à prévenir les maladies et diminuer le recours aux médicaments et aux soins de santéNote de bas de page 180. Les aînés qui mangent bien en retirent des bénéfices sur plusieurs plans : acuité mentale accrue, meilleure résistance aux maladies, diminution du temps de récupération à la suite d’une maladie ou d’une blessure, renforcement du système immunitaire, niveau d’énergie plus élevé et atténuation des problèmes de santé chroniquesNote de bas de page 181. Cependant, comme chez les Canadiens plus jeunes, bien des aînés ne suivent pas une diète équilibrée. Par exemple, en 2004, 52 % des hommes et 60 % des femmes de 71 ans et plus ont déclaré qu’ils ne consommaient pas, comme il est recommandé, le minimum de cinq portions de fruits et de légumes par jourNote de bas de page 182.

À mesure que les aînés vieillissent, leur masse maigre diminue, ce qui signifie qu’ils ont besoin de consommer moins de calories. Ils doivent donc choisir des aliments plus riches en nutriments afin de prendre assez de vitamines et de minéraux tout en consommant moins de caloriesNote de bas de page 180 Note de bas de page 183. L’insécurité alimentaire survient quand quelqu’un ne jouit pas d’un accès physiques ou économiques à une nourriture suffisante, saine et nutritive lui permettant de mener une vie saine et activeNote de bas de page 184. Bien que la majorité des aînés semblent vivre en situation de sécurité alimentaire, les Autochtones et les personnes vivant dans des collectivités rurales ou éloignées sont plus susceptibles de faire face à des obstacles importants (notamment au point de vue des coûts et de l’accessibilité) au moment de se procurer des aliments nutritifsNote de bas de page 185 Note de bas de page 186. La malnutrition, qui se définit par une baisse des réserves nutritionnelles, peut être causée par un régime alimentaire insuffisant ou déséquilibré, une mauvaise digestion ou encore un trouble de métabolisation des alimentsNote de bas de page 180 Note de bas de page 187. Un appétit insuffisant, des mauvais choix alimentaires et des troubles d’absorption de certains nutriments sont autant de facteurs qui peuvent mener à la malnutrition. Cependant, ils peuvent être exacerbés par une diète restrictive, la prise de médicaments, les maladies physiques ou psychologiques (par exemple, l’hypertension et la dépression), les pertes de goût et d’odorat, la difficulté à mâcher ou à avaler et l’alcoolismeNote de bas de page 180 Note de bas de page 181 Note de bas de page 188 Note de bas de page 189.

La prévalence de malnutrition est plus élevée (jusqu’à 60 %) chez les aînés vivant en foyer d’accueil ou en milieu hospitalier, une clientèle dont la santé et les capacités fonctionnelles sont plus susceptibles de s’être détériorées que chez les aînés vivant à domicileNote de bas de page 180. Les aînés vivant seuls ou ont des problèmes de santé sont également prédisposés à souffrir de malnutrition : il se peut qu’ils n’aiment pas manger seuls, qu’ils fassent de mauvais choix alimentaires, qu’ils n’aient pas le goût de préparer leurs repas ou qu’ils ne sachent pas cuisinerNote de bas de page 181 Note de bas de page 188.

La malnutrition chez les aînés peut exacerber l’affaiblissement du système immunitaire et des fonctions sensorielles en plus d’aggraver les symptômes liés à une maladie chronique, comme le cancer, les troubles cardiovasculaires, le diabète ou l’ostéoporoseNote de bas de page 7 Note de bas de page 190. Une diète malsaine peut également mener à la fatigue, à des troubles cardiaques, pulmonaires ou digestifs, à une faible concentration des globules rouges (anémie), à une détérioration de l’intégrité de la peau et à la dépressionNote de bas de page 188. De plus, les aînés qui souffrent de malnutrition courent d’autres risques : perte d’autonomie, placement précoce en établissement et mortalité prématuréeNote de bas de page 180. Les aînés qui ne mangent pas suffisamment peuvent parfois se sentir faibles ou étourdis, ce qui augmente le risque de chute. Une consommation insuffisante en vitamine B peut conduire à une baisse des fonctions cognitives et à un risque accru de démenceNote de bas de page 7 Note de bas de page 191. Une perte de poids non intentionnelle peut mener à un déficit musculaire et osseux, ce qui aura pour conséquence de diminuer la force et l’endurance, de compromettre l’équilibre et, ainsi, d’augmenter les risques de blessureNote de bas de page 7 Note de bas de page 12.

Tabagisme

La prévalence du tabagisme est moins élevée chez les aînés que chez le reste de la population. En effet, 9 % des Canadiens de 65 ans et plus sont des fumeurs actuels (quotidiens ou occasionnels) et 47 % d’entre eux l’ont déjà été par le passéNote de bas de page 192. Toutefois, le tabagisme est bien plus fréquent chez les aînés autochtones : 24 % des Autochtones de 65 ans et plus vivant hors-réserve sont des fumeurs quotidiensNote de bas de page 73. Plus précisément, 22 % des membres des Premières nations, 24 % des Métis et 36 % des Inuit de ce groupe d’âge sont des fumeurs actuels, alors que 39 % des membres des Premières nations, 43 % des Métis et 38 % des Inuit de ce même groupe d’âge sont d’anciens fumeursNote de bas de page 73.

Les effets du tabagisme sur la santé et le bien-être sont bien connusNote de bas de page 7 Note de bas de page 193 Note de bas de page 194. Outre son association évidente avec le cancer du poumon, les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, le tabagisme est également associé à un risque accru de fracture de la hanche, de cataractes, de maladies pulmonaires obstructives chroniques, de cancers du rein et du pancréas et de parodontiteNote de bas de page 193-Note de bas de page 195. La cigarette peut également diminuer l’efficacité de divers médicaments comme les antidépresseursNote de bas de page 194. Chez les aînés, le taux de mortalité des fumeurs actuels est deux fois plus élevé que chez ceux qui n’ont jamais fuméNote de bas de page 194. Huit des quatorze causes les plus fréquentes de décès chez les aînés sont liées au tabagisme, et la moitié des fumeurs de longue date meurent de maladies liées au tabagismeNote de bas de page 193 Note de bas de page 194.

La plupart des aînés qui fument actuellement ont été des fumeurs pendant la majeure partie de leur vie. Presque la moitié (49 %) de tous les aînés qui ont déjà fumé ou qui fument encore avaient consommé leur première cigarette dès l’âge de 16 ans, et 83 %, à l’âge de 20 ansNote de bas de page 192. Les aînés qui fument ont tendance à moins bien accepter les risques pour la santé liés au tabagisme. Et, comme c’est le cas de certains fumeurs dans le reste de la population, ils peuvent percevoir le tabagisme comme un mécanisme d’adaptation positif et donc recourir à la cigarette pour composer avec une situation émotionnelle ou stressante ou encore atténuer des symptômes psychiatriquesNote de bas de page 7 Note de bas de page 194.

Contrairement à l’idée selon laquelle les aînés sont trop vieux pour tirer des bénéfices de l’abandon du tabagisme, les dangers pour la santé en général et les risques de décès causés par une maladie liée à l’usage du tabac baissent chez les aînés qui cessent de fumer. De plus, leur qualité de vie s’améliore dès les deux premières années passées sans tabacNote de bas de page 7 Note de bas de page 196. Même ceux qui ne cessent de fumer qu’après l’âge de 60 ans peuvent s’attendre à prolonger leur vie de trois ans en moyenne, comparativement à ceux qui continuent de fumerNote de bas de page 7 Note de bas de page 196 Note de bas de page 197. Les aînés qui finissent par renoncer au tabac le font en raison des conseils de leur médecin, par leur volonté propre ou en réponse à un diagnostic de maladie graveNote de bas de page 7 Note de bas de page 194.

Consommation d'alcool et d'autres substances

Comme dans le cas du tabagisme, le taux de consommation d’alcool chez les aînés est inférieur à celui observé au sein de groupes d’âge plus jeunes. Cependant, le pourcentage d’aînés qui ont des problèmes liés à l’alcool (de 6 à 10 %) est le même que chez les autres groupes d’âge adulteNote de bas de page 198 Note de bas de page 199. Au Canada, les aînés, comme les plus jeunes, sont susceptibles de consommer de l’alcool pour composer avec des problèmes personnels : stress, pauvreté, mauvaise alimentation et problèmes de logementNote de bas de page 199. De manière similaire, les problèmes émotionnels découlant de situations éprouvantes, comme les mauvais traitements, le deuil, la solitude et la dépression, peuvent également mener à la consommation d’alcoolNote de bas de page 199 Note de bas de page 200. Ceux qui bénéficient de beaucoup de temps libre, après la retraite, consomment parfois de l’alcool pour passer le tempsNote de bas de page 200.

Parce que les aînés métabolisent l’alcool plus lentement, ils sont plus vulnérables à ses effets que les adultes plus jeunesNote de bas de page 199. La consommation d’alcool diminue le contrôle musculaire, ce qui augmente le risque de chute chez les aînés. L’alcool peut également aggraver certains problèmes de santé et accroître les risques de confusion, les pertes de mémoire, les troubles hépatiques, le diabète, les cardiopathies, l’hypertension et les troubles gastriquesNote de bas de page 199. En outre, on compte plus de 150 médicaments couramment prescrits aux aînés qui, s’ils sont pris en combinaison avec de l’alcool, peuvent entraîner des problèmes. Certains médicaments risquent de perdre leur effet voulu, alors que, pour d’autres, ils seront intensifiés ou devenir dangereuxNote de bas de page 199. Cette situation est fort préoccupante, puisque les taux élevés de dépression et de suicide sont associés à la surconsommation de substances chez les aînésNote de bas de page 198 Note de bas de page 201.

Les professionnels de la santé risquent d’avoir plus de mal à déceler des problèmes liés à la consommation et à l’abus des substances chez les aînés que dans le reste de la population, car les indicateurs usuels, tels que les problèmes de mémoire, la confusion, le manque de soins personnels, la dépression, les troubles du sommeil et les chutes, peuvent être faussement attribués aux effets du vieillissementNote de bas de page 198.

Prise des Médicaments

Selon des sondages, 76 % des aînés au Canada qui vivent en résidence privée ont pris au moins un médicament (sur ordonnance ou en vente libre) dans les deux jours précédents et 13 % ont pris au moins cinq médicaments différentsNote de bas de page 202. Ces pourcentages sont encore plus élevés chez les aînés vivant en établissement de soins : 97 % d’entre eux ont pris un médicament, alors que 53 % en ont pris au moins cinqNote de bas de page 202.

Certes, les médicaments, s’ils sont prescrits judicieusement et si leur administration est bien supervisée, peuvent prolonger la vie, diminuer la souffrance et améliorer la qualité de vie des aînés. Malheureusement, environ 50 % des médicaments prescrits aux aînés ne sont pas pris de façon appropriés, ce qui peut réduire l’efficacité du traitement et mettre en danger la vie des aînésNote de bas de page 199. On pense également que certains médicaments, comme ceux utilisés pour traiter l’anxiété, l’insomnie et l’inflammation, sont prescrits de façon excessive aux aînésNote de bas de page 203. Cela peut s’expliquer de différentes manières : manque de communication entre les aînés et leur médecin, indisponibilités des options thérapeutiques et recours à plusieurs médecins et pharmaciesNote de bas de page 203.

Certains médicaments peuvent induire des effets secondaires, comme l’instabilité, la confusion et le delirium, ou aggraver les symptômes de dépressionNote de bas de page 199. Jusqu’à 20 % des hospitalisations chez les personnes de plus de 50 ans surviennent en raison d’un problème médicamenteuxNote de bas de page 199. En outre, la prise de plus d’un médicament peut conduire à des interactions chimiques qui risquent de diminuer l’efficacité du traitement ou de causer des réactions dangereusesNote de bas de page 199. Certains médicaments, lorsqu’ils sont utilisés sur de longues périodes, peuvent également engendrer de la dépendanceNote de bas de page 199.

 

Santé mentale

La santé mentale est la capacité que chacun d’entre nous possède de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes tous confrontés. Il s’agit d’un sentiment positif de bien-être affectif et spirituel qui reconnaît l’importance de la culture, de l’équité, de la justice sociale, des interactions entre individus et de la dignité personnelle.Note de bas de page 204

Les maladies mentales sont caractérisées par des altérations de la pensée, de l’humeur ou du comportement (ou une combinaison des trois) associées à un état de détresse et à un dysfonctionnement marqués. Les maladies mentales peuvent prendre diverses formes, entre autres : troubles de l’humeur, schizophrénie, troubles anxieux, troubles de la personnalité, troubles de l’alimentation et dépendances telles que la toxicomanie et le jeu pathologique.Note de bas de page 204

Une bonne santé mentale peut aider les aînés à composer avec des situations difficiles et à affronter les épreuves, comme une maladie chronique ou le décès du conjoint ou d’un amiNote de bas de page 205. Pour les aînés atteint des troubles mentaux, les effets négatifs sont lourds de conséquences. Car, les problèmes mentaux peuvent compromettre la santé physique, le bien-être émotionnel et social ainsi que la qualité de vie des aînésNote de bas de page 205.

En 2009, la plupart des aînés interrogés se disaient satisfaits de leur vie en général (97 %) et considéraient avoir une santé mentale très bonne ou excellente (70 %)Note de bas de page 100. Par contre, on estime qu’environ 20 % des aînés vivant à domicile et de 80 à 90 % des aînés placés en établissement ont un problème de santé mentale quelconqueNote de bas de page 206 Note de bas de page 207. Les troubles mentaux et la maladie mentale ne devraient toutefois pas être considérés comme faisant partie du vieillissement normalNote de bas de page 208. Si ces problèmes ne sont pas traités, ils peuvent entraîner des répercussions importantes sur la santé et le bien-être des aînésNote de bas de page 208.

Les expériences et les événements vécus à un jeune âge ont une influence sur la santé mentale pour le reste de la vie. Par exemple, subir des mauvais traitements ou vivre dans un ménage à faible revenu peut avoir des effets négatifs sur la santé mentaleNote de bas de page 205. Le taux de dépression chez les aînés autochtones de 55 ans et plus qui ont étudié dans un pensionnat est plus élevé que chez ceux qui n’y ont pas étudiéNote de bas de page 73 Note de bas de page 74,,Note de bas de page 209-Note de bas de page 211. Par ailleurs, développer des mécanismes d’adaptation personnels en début de vie peut contribuer à une bonne santé mentale de l’enfance jusqu’à l’âge adulteNote de bas de page 205. La plupart des maladies mentales se manifestent dès l’enfance et persistent pour le reste de la vie. Elles auront des conséquences sur la santé en général, sur le sentiment de bien-être et sur la productivitéNote de bas de page 212 Note de bas de page 213.

Parmi les facteurs qui peuvent nuire à la santé mentale à partir du troisième âge et qui sont les plus fréquents, on compte le stress lié à la détérioration de la santé physique, l’isolement et la solitude, l’inactivité physique ainsi que les maladies chroniquesNote de bas de page 205. De plus, les aînés qui prennent soin d’autres aînés sont plus susceptibles de déclarer des troubles de santé psychologiques plutôt que des troubles physiquesNote de bas de page 214. Les femmes aînées, en particulier, sont plus portées que les hommes du même groupe d’âge à signaler qu’elles se sentent, parfois ou presque toujours, déchirées entre aider les autres, s’occuper de leurs responsabilités et prendre du temps pour elles-mêmes (31 % des femmes comparativement à 19 % des hommes)Note de bas de page 214.

On associe souvent le suicide aux jeunes. Cependant, le taux de suicide chez les hommes de plus de 85 ans (29 cas sur 100 000) est, en moyenne, plus élevé que dans tous les autres groupes d’âgeNote de bas de page 4 ,Note de bas de page 42 Note de bas de page 124 Note de bas de page 205. Bien que le taux de suicide soit moins élevé chez les femmes aînées, le nombre de tentatives est plus élevé que chez les hommes du même groupe d’âgeNote de bas de page 205.

Parmi les problèmes de santé mentale les plus fréquents chez les aînés, on trouve la maladie d’Alzheimer et autres formes de démence, la dépression et le deliriumNote de bas de page 205.

Maladie d’Alzheimer et autres formes de démence

Même si bien des gens utilisent les termes démence et maladie d’Alzheimer de façon interchangeable, la démence est un terme médical qui décrit plusieurs conditions associées à la perte graduelle des fonctions intellectuelles. La maladie d’Alzheimer, qui représente l’une de ces conditions, est la forme de démence la plus communeNote de bas de page 215.

En 2008, on rapportait que la démence touchait environ 400 000 aînés au Canada. On prévoit que ce nombre pourrait plus que doubler d’ici 30 ans (voir la figure 3.6)Note de bas de page 215 Note de bas de page 216. La prévalence estimée de démence est plus élevée chez les personnes de 80 ans et plus (212 cas pour 1 000 personnes ou 55 % de tous les Canadiens atteints de démence) que chez les personnes de 65 à 79 ans (43 cas pour 1 000 personnes)Note de bas de page 42 Note de bas de page 216. Les femmes aînées sont plus susceptibles que les hommes aînés d’être atteintes de démence (103 cas pour 1 000 femmes comparativement à 72 cas pour 1 000 hommes)Note de bas de page 42 Note de bas de page 216.

Figure 3.6 Prévalence prévue de démence chez les aînés*, selon le sexe, Canada, de 2008 à 2038Note de bas de page 216

Figure 3.6 Aînés canadiens à faible revenu avant impôt et après impôt, selon le sexe, Canada, de 1978 à 2008

* La population âgés de plus de 65 ans a été simulée à l’aide des données découlant de l’Étude sur la santé et le vieillissement au Canada.
Source : Smetanin, P., et al. Rising Tide: The Impact of Dementia in Canada 2008 to 2038.!!!!!

[Figure 3.6, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.6

Figure 3.6 – Prévalence prévue de démence chez les aînés CanadiensNote de bas de page 1, selon le sexe, Canada, de 2008 à 2038

Résumé : Selon les projections, de 2008 à 2038, la prévalence de la démence chez les aînés devrait passer de 407 531 à 1 042 301 cas, soit de 144 372 à 396 944 cas chez les hommes et de 263 159 à 645 357 cas chez les femmes. La population des personnes de plus de 65 ans a été simulée à l’aide des données découlant de l’Étude sur la santé et le vieillissement au Canada.

Figure 3.6 – Prévalence prévue de démence pour 1 000  aînés CanadiensNote de bas de page 1, selon le sexe, Canada, de 2008 à 2038
Année Tous les aînés Hommes aînés Femmes aînées
1La population âgée de plus de 65 ans a été simulée à l’aide des données découlant de l’ Étude sur la santé et le vieillissement au Canada.
2008 407 531 144 372 263 159
2013 473 872 172 459 301 414
2018 550 912 203 035 347 877
2023 648 016 245 212 402 804
2028 761 526 287 879 473 647
2033 902 024 344 334 557 691
2038 1 042 301 396 944 645 357

Source: Smetanin, P., et al., Rising Tide: The Impact of Dementia in Canada 2008 to 2038.

On ne connaît pas la cause de la maladie d’Alzheimer mais, selon des études scientifiques, cette maladie serait attribuable à une combinaison de facteurs de risqueNote de bas de page 217. L’âge constitue l’un de ces facteurs, alors que la capacité des cellules du cerveau à réparer leurs dommages diminue avec le temps. D’autres facteurs de risque liés à la maladie d’Alzheimer, comme l’hypertension, l’hypercholestérolémie et le surpoids, sont fréquents chez les aînés au CanadaNote de bas de page 215 Note de bas de page 217. Le diabète de type 2, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies inflammatoires chroniques, comme certains types d’arthrite, sont également des facteurs de risque connus de la maladie d’Alzheimer et d’autres démencesNote de bas de page 215 Note de bas de page 217.

Des facteurs génétiques peuvent également augmenter le risque de développer la forme familiale de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes sporadiques plus communes de la maladie. Les personnes dont un membre de la famille immédiate a eu la maladie d’Alzheimer courent deux à trois fois plus de risque de développer la maladie que celles qui n’ont pas ce genre d’antécédents familiauxNote de bas de page 215 Note de bas de page 217. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de contracter la maladie d’Alzheimer et les démences connexes, en partie parce qu’elles vivent généralement plus longtemps. Par ailleurs, les changements hormonaux associés à la ménopause contribueraient à sa prévalence plus élevée chez les femmesNote de bas de page 217. Parmi les autres facteurs de risque recensés, mentionnons des antécédents de traumatisme crânien ou de dépression clinique, le syndrome de Down, le stress chronique, le manque d’exercice physique, une quantité insuffisante de stimulation intellectuelle, de mauvaises habitudes alimentaires, un faible niveau de scolarité et un statut socioéconomique faibleNote de bas de page 215 Note de bas de page 217.

Les troubles de la mémoire font partie des symptômes les plus précoces de la maladie d’AlzheimerNote de bas de page 218. Il s’agit d’une maladie progressive et, selon le stade de son évolution, son niveau de gravité varie de léger à sévèreNote de bas de page 218. Les personnes atteintes de la maladie à un stade peu avancé peuvent se perdre, avoir de la difficulté à gérer leur argent ou à s’occuper de leurs factures, prendre du temps à effectuer des tâches routinières, se répéter, faire preuve de mauvais jugement et montrer de légers changements d’humeur et de personnalitéNote de bas de page 218. À son stade modéré, la maladie d’Alzheimer est associée à des lésions dans les régions du cerveau qui contrôlent le langage, le raisonnement, la perception sensorielle et la pensée, ce qui mène à des pertes de mémoire et à la confusion. Les personnes parvenues à ce stade peuvent également présenter les symptômes suivants : difficulté à reconnaître leurs amis et les membres de leur famille, difficulté à apprendre ou à faire de nouvelles choses, difficulté à effectuer des tâches en plusieurs étapes, difficulté d’adaptation, hallucinations, delirium, paranoïa et comportement impulsifNote de bas de page 218. Chez les personnes ayant reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer à un stade avancé, une réduction importante de la taille du cerveau mène à l’incapacité de communiquer et à une dépendance totale aux soins d’autruiNote de bas de page 218.

Dépression

La dépression, que l’on définit comme un trouble de l’humeur, peut empêcher les aînés de profiter pleinement de la vie et compromettre leur santé sur bien des niveauxNote de bas de page 205 Note de bas de page 219. Les manifestations émotionnelles et psychologiques de la dépression engendrent de la tristesse, un sentiment de piètre estime de soi et de culpabilité, une fixation sur la mort accompagnée d’idées suicidaires et de tentatives de passage à l’acte, des troubles de concentration, un isolement, un retrait de la société et la perte d’intérêt pour les passe-temps ou toute autre activité qui procure du plaisirNote de bas de page 208 Note de bas de page 219. Les aînés atteints de dépression peuvent éprouver de la fatigue, connaître des changements de poids et des modifications de l’appétit, présenter des troubles du sommeil et souffrir de douleurs physiquesNote de bas de page 208 Note de bas de page 219. Si la dépression n’est pas traitée, elle peut également mener à un abus d’alcool et de médicaments sur ordonnanceNote de bas de page 208 Note de bas de page 219.

Il existe plusieurs causes et facteurs de risque de dépression chez les aînés. Un bon nombre d’entre eux sont attribuables aux changements causés par le vieillissement. Les facteurs physiques impliqués comprennent les maladies chroniques, les incapacités, les douleurs chroniques, le déclin cognitif et la prise de médicamentsNote de bas de page 219 Note de bas de page 220. Des épreuves comme la perte du conjoint, d’un ami ou d’un membre de la famille peuvent aussi entraîner la dépression chez un aîné. Il en va de même pour le sentiment d’inutilité qu’engendre parfois le passage à la retraite ou la diminution des capacités physiquesNote de bas de page 219 Note de bas de page 220. La solitude et l’isolement, qui peuvent toucher les personnes vivant seules et celles dont le réseau social est limité ou dont la mobilité est réduite, représentent également des facteurs de risque de dépression chez les aînés. Enfin, on peut mentionner les craintes, souvent communes dans ce groupe d’âge, concernant les problèmes de santé et la peur de faire des chutesNote de bas de page 219 Note de bas de page 220.

La prévalence de la dépression est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, ce qui demeure difficile à expliquer. Chez les hommes comme chez les femmes, les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de dépression sont plus à risque de développer la maladieNote de bas de page 220. Les taux de diagnostic de dépression dépendent également du lieu de résidence. Chez les aînés qui demeurent toujours à domicile les taux de diagnostic de dépression sont moins élevés (de 1 à 5 %) que chez les aînés qui résident dans un établissement de soins de longue durée (de 14 à 42 %)Note de bas de page 221-Note de bas de page 225. Selon une étude menée récemment auprès d’aînés canadiens vivant en établissement, 44 % d’entre eux avaient reçu un diagnostic de dépression ou en présentaient les symptômes de dépression sans avoir été diagnostiqués comme telsNote de bas de page 221.

Pour des raisons qui s’expliquent mal, la dépression peut également faire augmenter le taux de mortalité, même si l’on tient compte d’autres facteurs de risqueNote de bas de page 219 Note de bas de page 226 Note de bas de page 227. Selon des études, les aînés atteints de dépression auraient une fois et demie ou deux fois plus de risque de décéder que ceux qui ne sont pas touchés par la dépressionNote de bas de page 221 Note de bas de page 222 Note de bas de page 225 Note de bas de page 227-Note de bas de page 230.

Delirium

Le delirium (aussi appelé état confusionnel aigu) est un autre trouble de santé mentale que l’on trouve généralement chez les aînés. De façon caractéristique, la personne qui en est atteinte a du mal à penser clairement et à rester alerte, et peut ne pas se souvenir des événements survenus au cours des dernières heures ou des derniers jours. Le délirium s’installe assez rapidement – en quelques heures ou en quelques jours – et ses manifestations sont habituellement de courte durée (de quelques heures à plusieurs semaines)Note de bas de page 231 Note de bas de page 232. Le delirium survient souvent chez les aînés hospitalisés. On estime que 10 à 15 % des ainés hospitalisé étaient déjà atteints au moment de leur admission, alors que de 15 à 25 % l’ont développé pendant leur séjour à l’hôpitalNote de bas de page 233. Le delirium peut également augmenter le risque de chute et prolonger l’hospitalisationNote de bas de page 234. Même si le nombre d’aînés vivant à domicile qui vivent des épisodes de delirium est inconnu, on estime que de 32 à 67 % des aînés sont atteints de ce trouble sans en recevoir le diagnosticNote de bas de page 233 Note de bas de page 235 Note de bas de page 236.

Parmi les causes possibles de delirium, mentionnons les infections graves, la fièvre élevée, la déshydratation, les maladies rénales ou hépatiques, les carences en certaines vitamines, les crises épileptiques, le manque d’oxygène, les traumas crâniens, la prise de certains médicaments, la consommation d’alcool, les opérations chirurgicales et les chutesNote de bas de page 231 Note de bas de page 232. Souvent, le delirium passe inaperçu ou est diagnostiqué à tort comme démence ou dépressionNote de bas de page 232 Note de bas de page 237.

 

Bien-être économique

On sait que le revenu est un déterminant important sur l’état de santé. En effet, les personnes dont le revenu est faible, y compris les aînés, sont plus à risque de vivre en mauvaise santéNote de bas de page 174. Les aînés à faible revenu n’ont peutêtre pas les moyens de se procurer des aliments nutritifs, de payer leur hypothèque, leur loyer ou leurs factures de services publics ou de faire les travaux d’entretien à leur domicile et peuvent avoir un accès limité aux moyens de transport ou aux services de santé non assurés, ce qui dans l’ensemble peut entraîner des effets négatifs sur leur santéNote de bas de page 238.

En 2008, 6 % des aînés canadiens vivaient avec un faible revenu. Comme le montre la figure 3.7, cela représente une baisse considérable depuis 1978, alors que ce pourcentage s’élevait à 29 %. Cette baisse s’explique par des programmes de retraite et de supplément mis sur pied, au Canada, dans les années précédentesNote de bas de page 239.

Figure 3.7 Personnes dont le revenu se situe sous le seuil de faible revenu après impôt*, par groupes d’âge, Canada, de 1978 à 2008Note de bas de page 239

Figure 3.7 Personnes dont le revenu se situe sous le seuil de faible revenu après impôt, par groupes d'âge, Canada, de 1978 à 2008

* On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 63,6 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
Source : Statistique Canada.

[Figure 3.7, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.7

Figure 3.7 – Personnes dont le revenu se situe sous le seuil de faible revenu après impôtNote de bas de page 1, par groupes d’âge, Canada, de 1978 à 2008

Résumé : De 1978 à 2008, le pourcentage de la population dont le revenu était sous le seuil de faible revenu après impôt est passé de 12,5 à 9,1 chez les personnes de moins de 18 ans; de 9,6 à 10,2 chez les personnes de 18 à 64 ans; de 29,4 à 5,8 chez les personnes de 65 ans et plus.

Figure 3.7 – Personnes dont le revenu se situe sous le seuil de faible revenu après impôtNote de bas de page 1, par groupes d’âge,
Canada, de 1978 à 2008
Année Pourcentage de la population pour personnes de moins de 18 ans Pourcentage de la population pour personnes de 18 à 64 ans Pourcentage de la population pour personnes de 65 ans et plus
1On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 63,6 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
1978 12,5 9,6 29,4
1983 15,8 12,5 19,4
1988 12,2 10 13
1993 17 13,6 10,7
1998 15,7 13,9 8,6
2003 12,7 12,2 6,8
2008 9,1 10,2 5,8

Source : Statistique Canada

La baisse du pourcentage d’aînés à faible revenu a été sensiblement la même chez les hommes et les femmes, calculée selon le revenu avant impôt et selon le revenu après impôt (voir la figure 3.8)Note de bas de page 239. Cependant, la baisse a été un peu plus prononcée chez les femmes, ce qui a contribué au rétrécissement de l’écart qui existait entre les hommes et les femmes à faible revenuNote de bas de page 73. De 1978 à 2008, l’écart observé entre le revenu après impôt des hommes et le revenu après impôt des femmes est passé de 10 à 4 %Note de bas de page 239.

Cependant, ce ne sont pas toutes les sous-populations d’aînés qui connaissent des pourcentages si peu élevés de personnes à faible revenu. En 2001, 13 % des aînés autochtones vivaient dans un ménage à faible revenu, comparativement à 7 % des aînés non autochtones. De façon similaire, 50 % des aînés autochtones seuls, vivant sans leur membre de famille, avaient un faible revenu, comparativement à 40 % des aînés seuls non autochtonesNote de bas de page 73. La même année, 17 % des aînés immigrants habitant au Canada depuis moins de 20 ans et 8 % de ceux résidant au pays depuis 20 ans et plus vivaient dans un ménage à faible revenu, comparativement à 5 % des aînés d’origine canadienne. Parmi les aînés immigrants seuls, 67 % de ceux qui demeuraient au Canada depuis moins de 20 ans et 43 % de ceux qui y résidaient depuis 20 ans ou plus comptaient sur un faible revenu, comparativement à 39 % d’aînés seuls d’origine canadienne seuls. Toujours en 2001, 19 % de toutes les femmes aînées seules canadiennes vivaient à faible revenuNote de bas de page 239.

Figure 3.8 Aînés canadiens à faible revenu avant impôt† et après impôt*, selon le sexe, Canada, de 1978 à 2008Note de bas de page 239

Figure 3.8 Aînés canadiens à faible revenu avant impôt et après impôt, selon le sexe, Canada, de 1978 à 2008

† On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le † On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 54,7 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
* On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 63,6 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
Source : Statistique Canada.

[Figure 3.8, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.8

Figure 3.8 – Aînés canadiens à faible revenu avant impôtNote de bas de page 1 et après impôtNote de bas de page 2, selon le sexe, Canada, de 1978 à 2008

Résumé : De 1978 à 2008, le pourcentage de la population canadienne ayant un revenu sous le seuil de faible revenu après impôt est passé de 23,8 à 3,6 chez les hommes et de 33,7 à 7,6 chez les femmes; le pourcentage d’aînés canadiens ayant un revenu sous le seuil de faible revenu après impôt est passé de 34,9 à 8,7 chez les hommes et de 43,8 à 16,8 chez les femmes.

Figure 3.8 – Aînés canadiens à faible revenu avant impôtNote de bas de page 1 et après impôtNote de bas de page 2, selon le sexe, Canada, de 1978 à 2008
Année Pourcentage d'hommes à faible revenu, après impôt Pourcentage de femmes à faible revenu, après impôt Pourcentage d'hommes à faible revenu, avant impôt Pourcentage de femmes à faible revenu, avant impôt
1On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 54,7 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
2On a établi ces limites de revenu en supposant que les familles dont le revenu est inférieur à celles-ci dépensent habituellement 63,6 % ou plus de leur revenu pour payer leur nourriture, leur logement et leurs vêtements. Les seuils de faible revenu ont été répartis selon la population du lieu de résidence et la taille de la famille.
1978 23,8 33,7 34,9 43,8
1983 12,6 24,6 22,7 38,2
1988 6,8 17,5 16,6 32,6
1993 6,2 14,1 13,8 28,1
1998 5,4 11,1 12,6 24,8
2003 4,4 8,7 10,2 19,2
2008 3,6 7,6 8,7 16,8

Source : Statistique Canada

Les avantages additionnels auxquels les Canadiens ont droit depuis la mise sur pied du régime de pensions du Canada ont permis d’augmenter de 18 % le revenu net moyen des couples d’aînés entre 1980 et 2003Note de bas de page 73. L’Étude sur le revenu du Luxembourg considère que le régime de retraite du Canada a sans doute facilité la transition du Canada, d’un pays ayant l’un des plus hauts taux d’aînés à faible revenu, à la fin des années 1980, à un pays affichant l’un des taux les plus faibles, au milieu des années 2000 (voir la figure 3.9)Note de bas de page 73 Note de bas de page 240.

En 2006, plus de 95 % des aînés recevaient une partie de leur revenu de la Sécurité de la vieillesse, du Supplément du revenu garanti ou de l’Allocation au conjointNote de bas de page 241. De plus, 96 % des hommes aînés et 84 % des femmes aînées recevaient des prestations du Régime de pensions du Canada ou du Régime de rentes du QuébecNote de bas de page 241. Ceux qui n’ont pas bénéficié de ces prestations n’y étaient pas admissibles ou n’en avaient pas fait la demandeNote de bas de page 242. Par exemple, en 2006, plus de 150 000 aînés admissibles au Supplément du revenu garanti ne s’en sont pas prévalusNote de bas de page 243. Ensemble, ces suppléments fédéraux comptaient pour 43 % du revenu total de tous les aînés au CanadaNote de bas de page 241. En 2000, 73 % du revenu des aînés chez les Autochtones provenait de la Sécurité de la vieillesse, du Régime de pensions du Canada, du Supplément du revenu garanti ou de l’Assurance-emploi, comparativement à 48 % pour les aînés non autochtonesNote de bas de page 73. Plus de la moitié des aînés (62 %) bénéficient d’une source privée de revenu de retraite, comme le régime de retraite de leur ancien employeur ou les Régimes enregistrés d’épargne-retraite, ce qui représente 34 % du revenu total annuel des aînés canadiensNote de bas de page 241.

Figure 3.9 Fréquence relative de faible revenu* chez les aînés, certains paysNote de bas de page 240

Figure 3.9 Fréquence relative de faible revenu chez les aînés, certains pays

* Mesure relative, fondée sur le seuil de faible revenu, correspondant à la moitié du revenu familial médian après impôt dans chaque pays en question.
Source : Étude sur le revenu du Luxembourg.

[Figure 3.9, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.9

Figure 3.9 – Fréquence relative de faible revenuNote de bas de page 1 chez les aînés, certains pays

Résumé : La fréquence relative de faible revenu chez les aînés est passée : de 17,0 en 1986 à 3,5 en 2004 en Pologne; de 10,8 en 1987 à 6,3 en 2004 au Canada; de 7,2 en 1987 à 6,6 en 2005 en Suède; de 21,7 en 1986 à 8,5 en 2004 en Norvège; de 7,0 en 1986 à 16,3 en 2004 au Royaume-Uni; de 24,3 en 1985 à 22,3 en 2003 en Australie; de 23,5 en 1986 à 24,6 en 2004 aux États-Unis.

Figure 3.9 – Fréquence relative de faible revenuNote de bas de page 1 chez les aînés, certains pays
Pays Pourcentage de la population Année (Milieu
des années 1980)
Pourcentage de la population Année (Milieu
des années 2000)
1Mesure relative, fondée sur le seuil de faible revenu, correspondant à la moitié du revenu familial médian après impôt dans chaque pays en question.
Pologne 17,0 1986 3,4 2004
Canada 10,8 1987 6,3 2004
Suède 7,2 1987 6,6 2005
Norvège 21,7 1986 8,5 2004
Royaume-Uni 7,0 1986 16,3 2004
Australie 24,3 1985 22,3 2003
États-Unis 23,5 1986 24,6 2004

Source : Étude sur le revenu du Luxembourg

Le revenu gagné par les aînés tout au long de leur vie reflète leur niveau de scolarité (voir la figure 3.10)Note de bas de page 244. De 2002 à 2007, les Canadiens de 65 ans et plus dont le niveau de scolarité ne dépassait pas le diplôme d’études secondaires étaient plus de deux fois plus susceptibles que les titulaires d’un diplôme universitaire (13 contre 5 %) d’avoir vécu dans un ménage à faible revenu, à un moment ou un autre, pendant cette période de cinq ansNote de bas de page 245.

Figure 3.10 Revenu médian après impôt des aînés, selon le sexe et le niveau de scolarité, Canada, 2006Note de bas de page 244

Figure 3.10 Revenu médian après impôt des aînés, selon le sexe et le niveau de scolarité, Canada, 2006

Source : Statistique Canada.

[Figure 3.10, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.10

Figure 3.10 – Revenu médian après impôt des aînés, selon le sexe et le niveau de scolarité, Canada, 2006

Résumé : En 2006, le revenu médian après impôt des aînés canadiens était de 24 714 $ chez les hommes et de 17 227 $ chez les femmes; chez ceux n’ayant aucun diplôme, il était de 20 387 $ chez les hommes et de 15 570 $ chez les femmes; chez ceux ayant un diplôme d’études secondaires, il était de 25 640 $ chez les hommes et de 17 895 $ chez les femmes; chez ceux ayant un diplôme d’études professionnelles, il était de 25 224 $ chez les hommes et de 17 920 $ chez les femmes; chez ceux ayant un diplôme d’études collégiales, il était de 28 724 $ chez les hommes et de 20 430 $ chez les femmes; chez ceux ayant un diplôme universitaire il était de 37 452 % chez les hommes et de 26 879 % chez les femmes.

Figure 3.10 – Revenu médian après impôt des aînés, selon le sexe et le niveau de scolarité, Canada, 2006
Niveau de scolarité Hommes Femmes
Total 24 714 17 227
Aucun diplôme 20 387 15 570
École secondaire 25 640 17 895
École de métiers 25 224 17 920
Collège 28 724 20 430
Université 37 452 26 879

Source : Statistique Canada

Sentiment de bien-être

Plusieurs facteurs influent sur le sentiment de bien-être des aînés, notamment leur appréciation de la vie, leurs liens d’appartenance sociale et leur sentiment d’être productifs et actifs au sein de la collectivité. Un faible sentiment de bien-être peut avoir des effets négatifs sur la santé et la qualité de vie.

Appartenance sociale et isolement

Les Canadiens qui n’ont pas accès à des réseaux de soutien social ou qui n’y participent pas risquent de ne pas s’intégrer socialement, de vivre en solitude et d’isolement ou de ne pas éprouver un fort sentiment d’appartenanceNote de bas de page 205 Note de bas de page 246. En 2009, environ 70 % des aînés ont déclaré avoir sentiment d’appartenance a leur communauté locale plus fort ou très fortNote de bas de page 175. En fait, parmi tous les groupes d’âge, les jeunes de 12 à 19 ans sont les seuls qui ont déclaré un pourcentage plus élevé d’un fort sentiment d’appartenance communautaire que les aînésNote de bas de page 175.

Bien qu’il soit difficile de déterminer si c’est la bonne santé qui mène à l’intégration sociale ou l’inverse, les deux sont interdépendants. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2003, 62 % des aînés se disant profondément liés à leur collectivité se considéraient également en bonne santé, comparativement à 49 % des aînés qui se sentaient moins bien intégrés socialementNote de bas de page 179. Selon une étude américaine menée chez des personnes de 50 ans et plus, un niveau élevé d’intégration sociale (lequel repose sur la situation matrimoniale, le bénévolat et la fréquence d’interactions avec les enfants, les parents et les voisins) était associé à des signes plus tardifs de perte de mémoireNote de bas de page 247.

Le vieillissement mène à une diminution des réseaux sociaux. En effet, les aînés ont tendance à n’inclure dans leur entourage que les gens avec qui ils ont établi une proximité émotionnelle, alors que les jeunes ont tendance à entretenir des réseaux plus élargisNote de bas de page 248. En outre, avec l’âge, les personnes doivent faire face à la maladie, aux incapacités et à la perte d’un nombre grandissant d’amis et de membres de leur famille, ce qui limite d’autant plus leurs occasions de socialiserNote de bas de page 7 Note de bas de page 249 Note de bas de page 250.

Les situations de la vie courante, comme les conditions de logement, la mise à la retraite et la proximité de la famille, peuvent également agir sur le sentiment d’appartenance des aînésNote de bas de page 7 Note de bas de page 249 Note de bas de page 250. La plupart des aînés (93 %) vivent à domicile. De cette proportion, près des deux tiers (65 %) vivent avec un conjoint ou une conjointe et plus d’un quart (28 %) vivent seulsNote de bas de page 73 Note de bas de page 85. Le pourcentage des hommes qui partagent leur vie avec une conjointe est plus élevé que celui des femmes avec un conjoint (79 et 54 % respectivement). Enfin, chez les personnes de 75 à 84 ans, les femmes sont plus susceptibles de vivre seules que les hommes (43 et 18 % respectivement)Note de bas de page 85. Les aînés immigrants, surtout ceux qui sont arrivés récemment au pays, sont moins susceptibles de vivre seuls que les aînés d’origine canadienneNote de bas de page 73.

Le fait de compter au moins un ami intime peut grandement contribuer à diminuer le sentiment d’isolement. En 2003, 88 % des personnes âgées de 65 à 74 ans et 82 % des personnes de 75 ans et plus ont indiqué qu’elles avaient au moins un ami cherNote de bas de page 73 Note de bas de page 251. En 2001, la majorité des aînés autochtones vivant hors-réserve (70 %) ont déclaré qu’ils avaient, toujours ou presque toujours, quelqu’un à qui se confier, au besoinNote de bas de page 73. Les aînés canadiens qui appartiennent à une organisation (par exemple, un groupe communautaire, un parti politique ou un groupe religieux) sont moins portés à déclarer qu’ils se sentent isolés et sont plutôt enclins à confier qu’ils ont six amis ou plusNote de bas de page 73.

Des problèmes d’accessibilité en matière de transport ou des contraintes économiques peuvent limiter l’interaction sociale d’une personne, et même complètement l’en priverNote de bas de page 7 Note de bas de page 249 Note de bas de page 250. Les problèmes de mobilité physique ou d’accès à des espaces publics sécuritaires et abordables font également obstacle à l’entretien de liens d’appartenanceNote de bas de page 7 Note de bas de page 82. Enfin, certaines personnes préfèrent ne pas faire appel au soutien d’autrui parce qu’elles se croient tenues d’être indépendantes ou, du moins, de le paraîtreNote de bas de page 252.

En demeurant socialement actifs par des occupations diverses (par exemple, le bénévolat ou l’adhésion à une organisation), les aînés se trouvent plus facilement une raison d’être et éprouvent un sentiment d’appartenance à l’égard quelque chose plus vaste qu’euxNote de bas de page 253. En 2007, 36 % des personnes de 65 ans et plus ont fait du bénévolat d’une façon ou d’une autre et, en moyenne, elles y ont consacré plus d’heures annuellement que tout autre groupe d’âgeNote de bas de page 254.Plus de la moitié (54 %) des aînés interrogés ont indiqué qu’un problème de santé ou une incapacité physique les empêchait de faire du bénévolat ou ne leur permettait pas d’y consacrer autant de temps qu’ils l’auraient souhaitéNote de bas de page 254. Des études portant sur les effets du bénévolat, en lien avec le bien-être, ont montré que les personnes de 60 ans et plus qui y consacraient de leur temps disaient éprouver un niveau élevé de bien-être, peu importe le nombre et le type d’organisations pour qu’elles faisaient du bénévolat ou la satisfaction qu’elles croyaient retirer à se dévouer pour les autresNote de bas de page 255.

Il est démontré que le fait de s’investir dans le bénévolat permet d’atténuer les effets psychologiques négatifs associés au déclin progressif des capacités fonctionnellesNote de bas de page 256. En plus d’améliorer leur santé mentale, les aînés qui font du bénévolat voient leurs risques de cardiopathie, de diabète ou de maladie cardiovasculaire décroîtreNote de bas de page 7. Selon certaines études, le taux de mortalité des aînés qui participent à des activités sociales est beaucoup moins élevé que celui des aînés qui n’y participent pasNote de bas de page 257.

Travail et retraite

Qu’il s’agisse d’un retour sur le marché du travail après la retraite ou du simple fait de remettre sa retraite à plus tard (après l’âge de 65 ans), le taux d’aînés canadiens qui participent à la main-d’oeuvre rémunérée est en hausse (voir la figure 3.11)Note de bas de page 73 Note de bas de page 258. En 2009, plus de 400 000 aînés (11 %) occupaient un emploi rémunéré (15 % des hommes et 7 % des femmes) comparativement à environ 200 000 (7 %) en 1990Note de bas de page 258.

Figure 3.11 Taux d’emploi rémunéré chez les aînés, selon le sexe, Canada, de 1990 à 2009Note de bas de page 258

Figure 3.11 Taux d'emploi rémunéré chez les aînés, selon le sexe, Canada, de 1990 à 2009

* Le nombre de personnes occupant un emploi, exprimé en pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus.
Source : Statistique Canada.

[Figure 3.11, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.11

Figure 3.11 – Taux d’emploi rémunéré chez les aînés, selon le sexe, Canada, de 1990 à 2009

Résumé : De 1990 à 2009, le taux d’emploi rémunéré (le nombre de personnes sur le marché du travail est exprimé en pourcentage de la population de 65 ans et plus) chez les aînés canadiens est passé de 10,6 % à 14,5 % chez les hommes, et de 3,5 % à 6,4 % chez les femmes.

Source : Statistique Canada

La retraite représente un changement important pour bien des gens et peut influer sur leur niveau de vie, leurs activités quotidiennes et leur réseau social. Des modifications apportées récemment au droit du travail et aux politiques de retraite ont eu pour effet, dans certaines provinces, de modifier l’âge auquel les Canadiens prennent leur retraiteNote de bas de page 47. En 2002, une personne retraitée sur cinq invoquait les politiques de retraite obligatoire pour expliquer sa décision de cesser de travailler à l’âge de 65 ansNote de bas de page 73. Les problèmes de santé sont également une des raisons données pour prendre sa retraite (24 % des retraités)Note de bas de page 73. Chez les retraités de 50 ans et plus, 26 % d’entre eux ont indiqué qu’ils auraient continué à travailler si ce n’était de leurs problèmes de santéNote de bas de page 73.

Près de la moitié (47 %) des nouveaux retraités ont déclaré qu’ils préféraient leur vie de retraité à leur vie de travailleurNote de bas de page 73. Ceux qui se disaient en bonne ou en excellente santé ont également indiqué que leur appréciation de la vie avait augmenté après la retraiteNote de bas de page 73. Après leur retraite, certaines personnes choisissent de retourner sur le marché du travail pour diverses raisons, soit qu’elles ne se sentent pas heureuses à la retraite, qu’elles s’ennuient du travail, qu’elles cherchent un travail plus satisfaisant ou qu’elles éprouvent des difficultés financièresNote de bas de page 73. En général, les hommes ont plus tendance que les femmes à retourner au travail (25 et 18 % respectivement)Note de bas de page 73.

 

Donner et recevoir des soins

Tous les Canadiens, peu importe leur âge, comptent parfois sur leur entourage (famille, amis et voisins) pour les aider à faire leurs courses ou d’autres tâches quotidiennes. En 2003, 29 % des aînés de 75 ans et plus ont dit avoir obtenu une aide extérieure pour leurs déplacements et pour faire leurs coursesNote de bas de page 73. La plupart des personnes de 65 à 75 ans (84 %) n’ont pas besoin d’aide pour se déplacer, en partie parce qu’elles ont accès à une automobile (89 %) et qu’elles détiennent un permis de conduire valide (85 %)Note de bas de page 73. Dans l’ensemble, les aînés vivant seuls sont plus susceptibles de recevoir de l’aide pour leurs travaux ménagers, l’entretien de leur domicile et de leur terrain, sans bien sûr oublier le soutien moralNote de bas de page 73.

En 2002, environ 25 % des aînés vivant à domicile ont indiqué qu’ils recevaient de l’aide ou des soins en raison de problèmes de santé chroniquesNote de bas de page 73. Par ailleurs, 2 % d’entre eux ont indiqué qu’ils avaient besoin de soins, mais n’en recevaient pasNote de bas de page 73. Près des trois quarts (72 %) des aînés qui bénéficiaient de soins les obtenaient de sources non officielles, comme la famille et les amisNote de bas de page 73. Les aînés vivant seuls étaient plus susceptibles (64 %) de recevoir du soutien de sources officielles, comme des organisations gouvernementales et non gouvernementalesNote de bas de page 73.

Les aînés ne sont pas seulement des récipients de soin, mais peuvent aussi prendre soins des autres, y compris des aînés. Un grand nombre d’aînés prennent soin de membres de leur famille immédiate (47 %), mais aussi d’amis et de voisins (38 %) ainsi que d’autres membres de la famille (13 %)Note de bas de page 259. En 2007, des aidants âgés de 45 ans et plus apportaient leur aide, gratuitement ou de façon non officielle, à un aîné souffrant d’un problème de santé chronique ou d’une limitation physique, 16 % des aidants était des aînés âgés de 65 à 74 ans et 8 % de ceux âgés de 75 ans et plusNote de bas de page 259 Note de bas de page 260. Parmi les aînés qui s’occupent d’autres aînés, la plupart (63 %) prennent soin d’au moins deux personnesNote de bas de page 259. Chez les aînés qui prennent soin d’autres aînés, 25 % y consacrent au moins 10 heures par semaine et 15 % au moins 20 heures, et ce, tout à fait gratuitementNote de bas de page 261. Les deux tiers des aînés qui prennent soin d’autres aînés sont âgés de moins de 75 ans et plus de la moitié (57 %) sont des femmes, bien que l’écart entre les sexes se rétrécisse depuis que les hommes contribuent de plus en plus à prodiguer des soins autant à leurs amis qu’aux membres de leur famille d’âge avancéNote de bas de page 262.

Environ un cinquième des aînés qui prennent soin d’autres aînés ont déclaré que leurs activités sociales avaient changé depuis qu’ils assumaient un rôle d’aidant (23 % des femmes et 21 % des hommes)Note de bas de page 214. L’isolement social et le manque de répit qu’entraîne la responsabilité de s’occuper d’autrui ont le potentiel de compromettre la santé physique et psychique des aidantsNote de bas de page 214. Bien que les aînés qui prennent soin d’autres aînés trouvent moins souvent l’occasion de participer à des activités sociales, 70 % des femmes et 66 % des hommes mentionnent un renforcement de leur relation avec celles-ciNote de bas de page 214.

Accès aux soins et aux services

Les aînés canadiens doivent avoir accès à des soins et des services adéquats pour pouvoir maintenir et améliorer leur santé et leur bien-être. Cela peut reposer sur une gamme diversifiée de ressources et de services de soutien, comme les soins médicaux, les soins à domicile et les services sociaux. En 2009, la plupart des aînés (96 %) ont déclaré avoir accès à un médecin de famille régulierNote de bas de page 100.

Les aînés qui bénéficient de soins et de soutien les reçoivent par l’intermédiaire de services officiels de soins à domicile (services subventionnés par l’État, offerts par un organisme privé ou un organisme bénévole) ou de services non officiels (services offerts par les amis, la famille ou les voisins)Note de bas de page 263. En 2003, 15 % des ménages composés d’aînés bénéficiaient de soins officiels ou non officielsNote de bas de page 263. Par ailleurs, un plus grand nombre de femmes que d’hommes, parmi les aînés, ont déclaré recevoir des services de soins officiels (10 contre 7 %) ou non officiels (5 contre 3 %)Note de bas de page 263. Il n’est pas surprenant qu’à mesure qu’ils vieillissent, les aînés ont de plus en plus tendance à demander des soins à domicile officiels et non officiels (voir la figure 3.12)Note de bas de page 263.

Figure 3.12 Pourcentage d’aînés ayant reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, Canada, 2003Note de bas de page 263

Figure 3.12 Pourcentage d'aînés ayant reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, Canada, 2003

Source : Statistique Canada.

[Figure 3.12, Équivalent textuelle]

Texte équivalent - Description longue - Figure 3.12

Figure 3.12 – Pourcentage d’aînés ayant reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, Canada, 2003

Résumé : En 2003, 8 % des aînés canadiens de 65 à 74 ans avaient reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, soit 5 % qui n’avaient reçu que des soins officiels, 3 % qui n’avaient reçu que des soins non officiels et 1 % qui avaient reçu les deux types de soins; 20 % des aînés canadiens de 75 à 84 avaient reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, soit 12% qui n’avaient reçu que des soins officiels, 5 % qui n’avaient reçu que des soins non officiels et 3 % qui avaient reçu les deux types de soins; 42 % des aînés canadiens de 85 ans et plus avaient reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, soit 24 % qui n’avaient reçu que des soins officiels, 10 % qui n’avaient reçu que des soins non officiels et 8 % qui avaient reçu les deux types de soins.

Figure 3.12 – Pourcentage d’aînés ayant reçu des soins à domicile au cours de la dernière année, Canada, 2003
Âge Total Soins officiels seulement Soins non officiels seulement Soins officiels et non officiels
De 65 à 74 ans 8 5 3 1
De 75 à 84 ans 20 12 5 3
85 ans et plus 42 24 10 8

Source : Statistique Canada

Les aînés qui requièrent des soins attentifs et continus ne peuvent être fournis à domicile sont plus susceptibles d’être confiés à un établissement de soins de longue durée. Depuis une vingtaine d’années, le pourcentage d’aînés vivant dans ces établissements est demeuré relativement stable (7 %), même si les besoins concernant ce genre d‘établissements ou les soins qui y sont offerts ne sont pas connusNote de bas de page 264. Le nombre d’établissements offrant du soutien est également resté assez stable au cours de la même période, passant d’environ 2 000 établissements actifs (160 000 lits) en 1986 à 2 100 établissements (207 000 lits) en 2006Note de bas de page 265. De tous les établissements actifs au cours de 2006, 54 % étaient dirigés par une organisation ou une entreprise privée, 26 %, par des organisations à vocation religieuse ou des organismes sans but lucratif et 20 %, par une municipalité, un gouvernement provincial ou territorial ou le gouvernement fédéralNote de bas de page 266.

En 2009, 56 % des aînés au Canada avaient consulté un professionnel de soins dentaires au cours des 12 mois précédents, alors que 20 % n’en avaient pas consulté depuis au moins cinq ansNote de bas de page 100. Une bonne hygiène buccale joue un rôle important pour la santé générale et le bien-être des aînés. À l’opposé, une mauvaise hygiène buccale peut entraîner divers problèmes de santé, comme les affections gingivales, les infections pulmonaires et les maladies respiratoiresNote de bas de page 267. De plus, la perte des dents et les douleurs causées par les affections gingivales, la carie dentaire ou des dentiers mal ajustés peuvent nuire à la mastication et conduire à la malnutritionNote de bas de page 268. Selon les résultats du volet composante sur la santé bucco-dentaire de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007-2009), 13 % des adultes de 60 à 79 ans évitaient certains aliments en raison de problèmes buccauxNote de bas de page 269. La capacité réduite de supporter une intervention, l’anxiété ou la crainte à l’égard des procédures ainsi que la volonté limitée de recevoir des soins dentaires attribuable à la prise de médicaments ou à la baisse des habiletés cognitives représentent autant d’obstacles au maintien d’une santé dentaire appropriée chez les aînésNote de bas de page 270. De plus, certains aînés pensent, à tort, qu’ils n’ont pas besoin de ces soinsNote de bas de page 270 Note de bas de page 271.

Les résultats de l’Enquête (2007-2009) indiquaient également que, en raison des coûts associés aux soins dentaires, 13 % des adultes de 60 à 79 ans évitaient de consulter un dentiste et 16 % refusaient de recevoir des soins dentairesNote de bas de page 269. Ces pourcentages augmentent chez les personnes à faible revenu âgées de 60 à 79 ans, alors que 24 % d’entre elles évitaient les visites chez le dentiste et que 22 % refusaient tous les soins recommandés en raison des coûtsNote de bas de page 269. Par ailleurs, il se peut aussi qu’un dentiste hésite à offrir des soins aux aînés, soit parce que le traitement risque d’être plus long et plus difficile, soit en raison du préjugé selon lequel les aînés manquent de patience et d’endurance ou qu’ils ne possèdent pas les ressources financières leur permettant de suivre un traitement jusqu’au boutNote de bas de page 270. Chez de nombreux aînés qui n’ont pas d’assurance dentaire, la question des coûts semble représenter un plus grand obstacleNote de bas de page 272.

L’accès des aînés à des soins et à des services dépend notamment de l’accessibilité des ressources et de l’information en matière de santé, de leur connaissance des services offerts par la collectivité et de leur propension à se renseigner à ce sujetNote de bas de page 272. En outre, il se peut que des médecins attribuent erronément certains problèmes de santé avec le vieillissement normal, ce qui peut conduire à des erreurs de diagnostic et de suiviNote de bas de page 272. Les aînés sourds ou malentendants peuvent éprouver des difficultés à communiquer, alors que les aînés aux prises avec des problèmes de mobilité ou des incapacités auront plus de difficulté à obtenir des services en raison de l’accès limité aux bâtimentsNote de bas de page 272. Les perceptions d’autrui peuvent également faire obstacle aux aînés qui cherchent à obtenir des soins ou des renseignements appropriés. Par exemple, si un prestataire de services considère un aîné comme un client « difficile à servir » ou incapable de prendre ses propres décisions, il risque de préférer consulter les membres de la famille plutôt que le patient lui-même pour les décisions importantesNote de bas de page 272.

Par ailleurs, certains aînés doivent se déplacer sur de très longues distances, que ce soit pour se rendre chez le médecin, à l’hôpital, dans un établissement de soins de santé spécialisés ou un centre de diagnosticNote de bas de page 273. C’est pourquoi des problèmes de transport (incluant les frais connexes), une mobilité physique réduite ou encore l’impossibilité de pouvoir compter sur autrui pour ses déplacements peuvent limiter l’accès des aînés aux services dont ils ont besoinNote de bas de page 272. Les conditions météorologiques peuvent également compliquer les choses et rendre les déplacements encore plus difficilesNote de bas de page 273.

Dans les régions nordiques, rurales ou éloignées, les aînés doivent souvent composer avec des services limités, puisque les établissements de santé sont moins nombreux et plus dispersés qu’en région urbaineNote de bas de page 273. De plus, le nombre de spécialistes de la santé (par exemple médecins, infirmières et dentistes) qui offrent des services dans ces régions est limitéNote de bas de page 273. Par conséquent, certaines familles doivent prendre soin des aînés sans recevoir un soutien adéquat. Lorsqu’elles ne sont pas aptes à fournir les soins nécessaires, elles doivent bien souvent recourir aux établissements dans des communautés plus grandes, isolant ainsi les aînés de leur famille, de leurs amis et de leur collectivité d’origineNote de bas de page 273.

Pour certains aînés, la question des coûts peut représenter un obstacle additionnel à l’obtention de soins et de services. Les médicaments sur ordonnance et les aides fonctionnelles (comme les aides à la mobilité et les technologies de l’information) sont parfois trop coûteux pour les aînés qui en ont besoinNote de bas de page 272. Même les aînés qui bénéficient de prestations de maladie ou qui sont admissibles à un régime provincial de soins de santé ou d’assurance médicaments peuvent ne pas être indemnisés pour certains frais liés à ces médicaments et appareilsNote de bas de page 272 Note de bas de page 274.

La littératie en santé est « la capacité de trouver, de comprendre, d’évaluer et de communiquer l’information de manière à promouvoir, à maintenir et à améliorer sa santé dans divers milieux au cours de la vie »Note de bas de page 275.

Le niveau de littératie en santé constitue un autre facteur qui influe sur la santé et le bien-être des aînés. Pour pouvoir gérer leurs problèmes de santé, chroniques ou autres, et choisir des modes de vie sains, les aînés doivent être capables de lire et de déchiffrer les étiquettes nutritionnelles, de respecter la posologie de leur médication et de comprendre les directives et les renseignements en matière de santéNote de bas de page 276. Cependant, seulement un adulte de plus de 65 ans sur huit (12 %) a un niveau suffisant de la littératie en santé pour prendre des décisions élémentaires concernant sa santéNote de bas de page 276-Note de bas de page 278. Plusieurs facteurs expliquent le niveau de littératie relativement faible des aînés en matière de santé : la difficulté, plus tôt dans la vie, à terminer des études supérieures, l’assimilation plus lente de nouvelles informations, l’incidence élevée de démence et de troubles cognitifs légers et le taux élevé de troubles visuels et auditifsNote de bas de page 73 Note de bas de page 277 Note de bas de page 279. Les aînés ayant un faible niveau de littératie en santé sont plus susceptibles de se dire en mauvaise santé; d’ailleurs, un faible niveau de littératie en santé est même associé à une prévalence élevée de diabèteNote de bas de page 280.

Les aînés autochtones, les minorités visibles ou les nouveaux arrivants au Canada peuvent se heurter à d’autres obstacles au moment d’obtenir des soins de santé adéquats, soit en raison de valeurs culturelles divergentes ou de barrières linguistiquesNote de bas de page 281. Il se peut également qu’ils évitent des soins en établissement à moins qu’ils pourront préserver leur culture en continuant de parler leur langue, de manger leur propre nourriture et de pratiquer leur religionNote de bas de page 281. Chez les immigrants, une mauvaise compréhension du rôle des autorités et spécialistes de la santé combinée à une méconnaissance des divers types de services communautaires peut accroître les difficultés d’accèsNote de bas de page 281. De plus, selon leur statut d’immigrant, il se peut que certains d’entre eux ne soient pas admissibles à des services de santé complets ou à une aide financière adéquateNote de bas de page 281.

Mauvais traitements et négligence

L’Organisation mondiale de la Santé définit les mauvais traitements à l’endroit des aînés comme étant « un acte isolé ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, qui se produit dans toute relation de confiance et cause un préjudice ou une détresse chez la personne âgée »Note de bas de page 282.

Un des principaux sujets de préoccupation qui concernent le bien-être des aînés, c’est le risque de négligence, de mauvais traitements physiques et psychologiques ou d’exploitation financière. Il est difficile de bien cerner l’étendue du problème au Canada, puisque les données sont très limitées et désuètes et que, en raison de leur nature, ces situations sont peu souvent déclarées. Les études à ce sujet permettent cependant d’estimer que de 4 à 10 % des aînés au Canada ont vécu une ou plusieurs formes de mauvais traitements ou de négligence commise par une personne sur laquelle ils comptentNote de bas de page 283-Note de bas de page 285. De plus, les données manquent au sujet des mauvais traitements et de la négligence que subissent les aînés en établissement, bien que ce problème ait fait la manchette, à la suite de renseignements anecdotiques, et ait fait l’objet d’études ponctuellesNote de bas de page 286. Puisque les mauvais traitements et la négligence prennent différentes formes, leurs effets peuvent toucher de nombreux aspects de la santé et du bien-être des aînés qui en sont victimesNote de bas de page 287 Note de bas de page 288.

En 2007, 48 aînés sur 100 000 au Canada ont été victimes d’un crime commis par un membre de la famille et rapporté à la policeNote de bas de page 289. Parmi les crimes violents commis par les membres de la famille à l’endroit d’un aîné, le plus souvent signalé est le crime par voie de fait simple (52 %), qui regroupe les mauvais traitements physiques, que ce soit pousser, frapper, gifler ou menacer d’utiliser la forceNote de bas de page 289. Les menaces représentaient 19 % des crimes violents, alors que 16 % étaient le résultat d’attaques graves ayant causé des blessures ou au cours desquelles une arme avait été utiliséeNote de bas de page 289. Les enfants et les conjoints, actuels et anciens, étaient le plus souvent les auteurs de crimes violents commis à l’endroit des aînésNote de bas de page 289. Les femmes âgées étaient presque deux fois plus souvent violentées par un conjoint ou un ex-conjoint que les hommes (17 femmes sur 100 000 par rapport à 9 hommes sur 100 000). Les hommes âgés, quant à eux, étaient plus souvent la victime de leurs propres enfants adultes (15 sur 100 000) que de tout autre membre de la familleNote de bas de page 289. Au Canada, on ne connaît pas l’ampleur des cas non signalés de mauvais traitements physiques contre les aînésNote de bas de page 284 Note de bas de page 285.

La maltraitance peut avoir des conséquences directes sur le plan physique, comme occasionner des blessures. Dans 40 % des cas de violence physique envers un aîné qui ont été signalés à la police en 2007, la victime avait subi des blessures habituellement causées par le recours à la forceNote de bas de page 289. Les aînés au Canada sont souvent plus fragiles que les adultes plus jeunes et, par conséquent, leurs os peuvent se fracturer plus facilement et prendre plus de temps à guérirNote de bas de page 288. En outre, la maltraitance peut avoir d’autres effets néfastes sur la santé, notamment induire des troubles gastro-intestinaux et des maux de tête, et peut aggraver d’autres problèmes de santé déjà existantsNote de bas de page 288 Note de bas de page 290. Des recherches ont également démontré que le taux de mortalité est plus élevé chez les aînés victimes de mauvais traitements que chez ceux qui ne le sont pasNote de bas de page 288 Note de bas de page 291 Note de bas de page 292.

La santé des aînés peut aussi être compromise par les mauvais traitements d’ordre psychologique ou émotionnel. Ce genre de violence, qui s’exerce de manière verbale ou non verbale, mine le sentiment d’identité de la personne, sa dignité ou son assuranceNote de bas de page 293. Des données de 1999 indiquent qu’environ 7 % des Canadiens de 65 ans et plus interrogés par Statistique Canada ont déclaré avoir subi de la violence psychologiqueNote de bas de page 294. Parmi eux, 78 % ont déclaré que l’agresseur était leur conjoint ou leur ex-conjoint, 26 %, un de leurs enfants et 2 %, un soignantNote de bas de page 295.

L’exploitation financière, de façon générale, comprend toute forme de manipulation financière et d’utilisation de l’argent ou des biens à des fins répréhensiblesNote de bas de page 296. Selon l’Enquête sociale générale de 1999, 1 % des aînés ont déclaré être victimes d’exploitation financière attribuable aux méfaits d’un conjoint, d’un ex-conjoint, d’un enfant ou d’un soignantNote de bas de page 295. Les conjoints et les ex-conjoints étaient le plus souvent responsables de cette exploitation (61 %), suivis des enfants (36 %) et des soignants (6 %)Note de bas de page 295.

En plus des conséquences physiques, les mauvais traitements et la négligence peuvent avoir d’importantes répercussions sur le bien-être émotif et social des aînésNote de bas de page 287 Note de bas de page 288. On rapporte en effet que les aînés victimes de violence, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, présentent souvent des taux plus élevés de dépression et d’anxiété que ceux qui n’ont jamais subi de mauvais traitementsNote de bas de page 287 Note de bas de page 288. La dépression consécutive aux mauvais traitements peut, elle aussi, augmenter l’isolement des aînésNote de bas de page 297 Note de bas de page 298. Lorsque les aînés sont victimes de mauvais traitements et de négligence de la part de membres de la famille ou d’autres personnes de leur entourage, ils peuvent ressentir de la honte, de la culpabilité ou de l’embarrasNote de bas de page 288. L’exploitation financière des aînés peut avoir des effets néfastes sur leur santé et leur bien-être en les privant des ressources nécessaires au maintien d’une bonne qualité de vie, surtout en ce qui concerne l’alimentation saine, la pratique d’activité physique et l’accès aux médicaments et aux soins appropriésNote de bas de page 288. Certains aînés, pour pouvoir faire face aux mauvais traitements et à la négligence, sont susceptibles d’abuser de l’alcool ou de recourir à d’autres droguesNote de bas de page 288.

Certains aînés, comme les femmes, les personnes de santé fragile et celles atteintes d’une déficience cognitive ou physique, sont plus susceptibles de subir des mauvais traitements ou d’être victimes de négligence. Les aînés atteints de maladies chroniques ou de déficiences physiques qui engendrent une dépendance et un besoin de recevoir des soins particuliers sont aussi plus vulnérables aux mauvais traitements et à la négligenceNote de bas de page 299. D’autres facteurs bien connus augmentent le risque de mauvais traitements chez les aînés, comme la vie en résidence partagée, l’isolement social et la démence. Quant aux auteurs de mauvais traitements, différents facteurs de risque peuvent expliquer leur comportement, comme la maladie mentale, l’agressivité, l’abus d’alcool et le lien de dépendance envers la personne âgée. Dans les collectivités autochtones, la cohabitation, la pauvreté, le faible niveau de scolarité et le chômage sont considérés comme des facteurs de risque qui peuvent conduire aux mauvais traitements et à la négligence envers les aînésNote de bas de page 300 Note de bas de page 301.

Résumé

Les aînés vivent plus longtemps, et la plupart d’entre eux sont généralement en bonne santé. Puisque l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, les problèmes liés à la santé physique et mentale des aînés au Canada ainsi qu’à leur bien-être économique et social risquent de s’accroître. La plupart des aînés vivent dans des conditions propices au maintien d’une bonne santé : ils jouissent d’un revenu adéquat et ils entretiennent des liens serrés avec leur famille et leur collectivité. Cependant, si les circonstances entraînent une dégradation de leurs conditions de vie, il est probable que cela conduise à la détérioration de leur état de santé et mette grandement en péril leur bien-être. Le présent chapitre a montré que, même si la plupart des aînés canadiens sont en bonne santé, de nombreux facteurs doivent être prévenus, atténués ou mieux gérés. Dans certains cas, ce sont les transitions et les défis liés au vieillissement qui posent des risques alors que, dans d’autres cas, plusieurs facteurs propres au parcours de vie vont se combiner pour déterminer l’état de santé d’une personne ainsi que la manière dont cet état peut évoluer et influencer son bien-être futur. Même si, dans bien des cas, il est préférable de faire de la prévention beaucoup plus tôt dans la vie, toute mesure prise, même tardivement, peut jouer un rôle préventif et contribuer à retarder l’apparition de certaines maladies ou atténuer la gravité de problèmes de santé déjà existants. Dans le prochain chapitre, nous discuterons des approches et des interventions qu’il est nécessaire de mettre de l’avant pour résoudre certains problèmes qui minent la santé des aînés et pour instaurer des conditions qui favorisent au mieux un vieillissement en santé.

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