Chapitre 4 : Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2009 – Répercussions des facteurs sociaux et physiques sur la santé

Chapitre 4 - Répercussions des facteurs sociaux et physiques sur la santé

De nombreux facteurs ont des répercussions sur la santé des enfants canadiens, notamment l'environnement, les expériences vécues, la culture ainsi que divers autres déterminants de la santé. De la même manière, la capacité d'apprentissage, la résilience, les aptitudes sociales et la maturité affective sont toutes influencées par une combinaison de facteurs et ce, dès le jeune âgeNote de bas de page 161. Ainsi, les facteurs économiques et sociaux (par exemple revenu, scolarisation, appartenance sociale et comportements sociaux) ont des répercussions directes et indirectes sur la santéNote de bas de page 216.

Statut socioéconomique

Même si de nombreux enfants canadiens vivent dans des conditions qui leur permettront de grandir en santé (par exemple revenu adéquat, sécurité alimentaire et logement adéquat), les enfants de certaines familles ou collectivités ne vivent pas dans des environnements toujours aussi favorables. L'environnement socioéconomique dans lequel évolue un enfant peut lui être avantageux ou désavantageuxNote de bas de page 161.

Les niveaux de revenu et de scolarité d'un ménage combinés avec d'autres facteurs sociaux permettent d'en déterminer le statut socioéconomique (SSE). Les études montrent que les inégalités en matière de SSE sont liées aux inégalités sur le plan de la santéNote de bas de page 220.

Les enfants qui vivent dans des familles de faible SSE risquent davantage d'être de faible poids à la naissance et de souffrir d'une incapacité, d'une maladie, de troubles comportementaux ou de maladies mentales susceptibles d'avoir des répercussions à long terme sur leur santéNote de bas de page 221. En effet, les inégalités en matière de santé existent à tous les niveaux de l'échelle socioéconomique. L'état de santé global de chacun des quintiles de revenu inférieurs est, le plus souvent, moins bon que celui du ou des quintiles de revenu supérieurs. Ainsi, il n'est pas fautif d'affirmer que les disparités en matière de santé touchent, dans une certaine mesure, tous les niveaux socioéconomiques, et non pas seulement les niveaux les plus basNote de bas de page 30. Par exemple, des données sur les naissances recueillies dans divers quartiers du Québec durant dix ans montrent une relation entre le revenu des ménages et les résultats de grossesse. La figure 4,1 montre que, plus le nombre de ménages du quartier se situant sous le seuil de faible revenu est élevé, plus les risques de naissance prématurée et de retard de croissance intra-utérin sont élevésNote de bas de page 222.

Le statut socioéconomique (SSE) fait référence à la position qu'occupe un groupe ou une personne dans la société. Il est évalué selon diverses variables, notamment la profession, le niveau de scolarité, le revenu, le patrimoine et le lieu de résidenceNote de bas de page 217. Il existe une relation étroite entre le SSE et l'état de santé. Habituellement, plus le SSE est élevé, plus la santé est bonne, et plus il est faible, plus la santé est mauvaise. La pauvreté, qui se mesure selon le revenu et le niveau de consommation, est un terme qui peut parfois être remplacé par « statut socioéconomique inférieur ». Toutefois, lorsqu'on fait référence à la pauvreté, on oublie souvent de tenir compte des nombreux défis et obstacles que doivent affronter, dans le quotidien, les ménages de SSE inférieurNote de bas de page 30 Note de bas de page 218, notamment l'exclusion sociale, ou l'incapacité de s'intégrer à la sociétéNote de bas de page 30 Note de bas de page 218. L'exclusion sociale est une manière simple d'expliquer ce qui peut se produire lorsqu'une personne ou un groupe de personnes fait face à divers problèmes, souvent reliés entre eux, et qui engendrent une spirale d'événements défavorables (par exemple chômage, discrimination, peu de compétences, faible revenu, logement de piètre qualité, taux de criminalité élevé, mauvaise santé et éclatement de la famille)Note de bas de page 219.

Durant l'enfance, comme à l'âge adulte, un SSE faible peut avoir une incidence majeure sur le développement de certaines des maladies chroniques les plus répandues, notamment la coronaropathie, le diabète de type 2 et la maladie pulmonaire obstructive chroniqueNote de bas de page 23. De plus, les ménages dont le SSE est peu élevé sont souvent plus vulnérables à d'autres facteurs de risques associés aux maladies, comme l'alimentation durant la grossesse, l'alimentation du nourrisson et la qualité de l'air tant à l'intérieur qu'à l'extérieurNote de bas de page 23.

Puisque l'enfance est une période cruciale du développement physique et mental, l'exposition à la pauvreté durant cette période et la durée de cette exposition auront une grande importanceNote de bas de page 223 Note de bas de page 224. L'enfance est, entre autres, la période durant laquelle le corps se développe et les structures affectives et cognitives s'établissent (par exemple développement de l'estime de soi, de ses relations avec autrui et des manières de se comporter). Les impacts de ces carences lors du développement risquent d'être toujours présents à l'âge adulte, surtout si les variables liées au SSE restent les mêmes ou si aucune mesure n'est prise pour en atténuer les conséquencesNote de bas de page 23.

Tableau 4,1 Facteurs ayant des répercussions sur la santé des enfants
    Description Année
Statut socioéconomique

Remarque : L’annexe E : Définitions et sources de données des indicateurs fournit de plus amples renseignements à ce sujet.

Enfants vivant dans des familles à faible revenu (après impôt)Footnote 1.1 12,4 Pourcentage de la population âgée de 0 à 11 ans 2006
Personnes vivant l’insécurité alimentaireFootnote *  Footnote 1.2 10,4 Pourcentage des ménages ayant des enfants (au cours de l’année précédente) 2004
Personnes ne pouvant avoir accès à un logement acceptable Footnote 1.3 12,7 Pourcentage des ménages 2006
Pourcentage des ménagesFootnote *  Footnote 1.6 96,1 Pourcentage des ménages où au moins un des parents a un niveau de scolarisation élevé (c’est-à-dire un diplôme d’études secondaires ou postsecondaires) 2007
Milieux familial, scolaire et communautaire
Fonctionnement de la familleFootnote * Footnote 1.5 8,7 Pourcentage d’enfants de 0 à 5 ans provenant d’une famille très dysfonctionnelle 2004–2005
Parent souffrant de dépressionFootnote * Footnote 1.5 10,0 Pourcentage d’enfants de 0 à 5 ans dont la personne responsable des soins manifeste de fortes tendances dépressives 2004–2005
Mauvais traitementFootnote * Footnote 1.6 22,1 Nombre de cas corroborés par 1 000 habitants, de 0 à 11 ans (à l’exclusion du Québec) 2003
Médecin de famille régulierFootnote * Footnote 1.6 92,1 Pourcentage de ménages ayant des enfants de 0 à 11 ans 2007
Faibles résultats dans au moins un des domaines liés à la maturité scolaireFootnote * Footnote 1.4 27,5 Pourcentage de la cohorte nationale d’enfants de la maternelle 2006
Cohésion du quartierFootnote * Footnote 1.5 13,6 Pourcentage d’enfants de 0 à 5 ans vivant dans un quartier où la cohésion est faible 2004–2005
Sécurité du quartierFootnote * Footnote 1.5 22,3 Pourcentage d’enfants de 0 à 5 ans vivant dans un quartier peu sécuritaire 2004–2005
Comportements sains
Comportements des adultes
Allaitement maternel (initiation)Footnote * Footnote 1.6 90,3 Pourcentage de femmes ayant donné naissance au cours des 5 à 14 derniers mois 2006–2007
Allaitement maternel (6+ months)Footnote *  Footnote 1.6 53,9 Pourcentage de femmes ayant donné naissance au cours des 5 à 14 derniers mois 2006–2007
Tabagisme durant le dernier trimestre de la grossesseFootnote * Footnote 1.6 10,5 Pourcentage de femmes ayant donné naissance au cours des 5 à 14 derniers mois 2006–2007
Consommation d’alcool durant la grossesseFootnote *  Footnote 1.6 10,5 Pourcentage de femmes ayant donné naissance au cours des 5 à 14 derniers mois 2006–2007
Comportements des enfants
Activité physique (plus de 7 heures par semaine) Footnote 1.1 84,3 Pourcentage d’enfants de 6 à 11 ans 2004
Temps passé devant un écran (moins d’une heure par jour)Footnote 1.1 20,9 Pourcentage d’enfants de 6 à 11 ans 2004
Consommation de fruits et de légumes (plus de 5 portions par jour) Footnote 1.1 41,3 Pourcentage d’enfants de 2 à 171 ans 2004

Figure 4,1 Pourcentage des résultats négatifs de grossesse selon les quintiles de revenu du quartier, au Québec, de 1991 à 2000 Note de bas de page 222

Figure 4,1 Pourcentage des résultats négatifs de grossesse selon les quintiles de revenu du quartier, au Québec, de 1991 à 2000
Équivalent textuel - Figure 4,1

Sommaire : Le pourcentage des naissances prématurées au Québec a varié de 8,2 % dans le quintile des quartiers les plus pauvres à 6,7 % dans celui des quartiers les plus riches de 1991 à 2002. Le pourcentage des naissances où l’enfant était petit compte tenu de l’âge de la grossesse au Québec a varié de 12,3 dans le quintile des quartiers les plus pauvres à 9,1 dans celui des quartiers les plus riches de 1991 à 2002.

Source : Luo, Z. C., R. Wilkins et M. S. Kramer (2006).

Figure 4,1 - Pourcentage des résultats négatifs de grossesse selon les quintiles de revenu du quartierFootnote +, au Québec, de 1991 à 2000
Résultats de grossesse Quintile 5, 
Plus pauvre
Quintile 4 Quintile 3 Quintile 2 Quintile 1,
Plus riche
Naissances prématurées 8,2 7,4 7,2 7,0 6,7
Retard de croissance intra-utérin 12,3 11,2 10,6 9,8 9,1

Note en bas de page :

Q : Population divisée en cinquièmes selon le pourcentage des habitants du quartier qui se situent sous le seuil de faible revenu.

Source : Luo, Z. C., R. Wilkins et M. S. Kramer (2006).

Revenu suffisant

Même si la pauvreté ne se définit pas seulement par le revenu, les indicateurs de revenu sont souvent utilisés comme variables de substitution puisqu'aucun indicateur normalisé ne permet de mesurer les combinaisons complexes de facteurs qui la définissent. L'indicateur le plus fréquemment utilisé au Canada est le seuil de faible revenu (SFR), qui compare la portion du revenu familial investie dans la nourriture, les vêtements, les chaussures et le logement à celle d'autres familles de mêmes taille et emplacement géographiqueNote de bas de page 226.

D'après le SFR, il a été établi que 12 % des enfants canadiens âgés de moins de 12 ans vivaient dans la pauvreté en 2006Note de bas de page 227. Bien qu'il s'agisse d'une amélioration, si on se réfère aux taux enregistrés entre 1991 et 2006 (voir la figure 4,2) et qui ont même atteint les 20 %, le pourcentage actuel regroupe tout de même une importante portion des enfants de ce groupe d'âge et démontre que le problème de revenu insuffisant persiste au Canada.

Pauvreté — Selon la définition de l’Organisation des Nations Unies, la pauvreté est « une condition humaine marquée par la privation soutenue ou chronique des ressources, des capacités, des choix, de la sécurité et des pouvoirs nécessaires pour bénéficier d’un niveau de vie adéquat et des autres droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux »Note de bas de page 225.

Figure 4,2 Estimation du nombre d’enfants de 0 à 11 ans vivant dans un ménage à faible revenu, au Canada, de 1991 à 2006 Note de bas de page 227

Figure 4,2 Estimation du nombre d'enfants de 0 à 11 ans vivant dans un ménage à faible revenu, au Canada, de 1991 à 2006
Équivalent textuel - Figure 4,2

Sommaire : Le pourcentage des enfants âgés de 0 à 11 ans qui vivaient dans des ménages à faible revenu est passé de 16 à 20 % entre 1991 et 1996 pour tomber à 12 % entre 1996 et 2006.

Source : Statistique Canada.

Figure 4,2 - Estimation du nombre d’enfants de 0 à 11 ans vivant dans un ménage à faible revenu, au Canada, de 1991 à 2006
Année Pourcentage
1991 16,1
1992 16,6
1993 18,6
1994 17,2
1995 18,8
1996 20,2
1997 19,5
1998 17,0
1999 16,0
2000 15,1
2001 13,2
2002 13,3
2003 13,4
2004 13,6
2005 12,7
2006 12,4

Source : Statistique Canada.

Il a été estimé que les taux de pauvreté fondés sur le SFR sont plus élevés dans certaines populations canadiennes, notamment chez les enfants handicapés (1 sur 4), les enfants dont la famille a récemment immigré au Canada (1 sur 2) et les enfants autochtones vivant, ou non, dans une communauté des Premières nations (respectivement 1 sur 4 et 1 sur 2,5)Note de bas de page 229. Une enquête réalisée en 2006 a dévoilé des différences significatives entre les enfants autochtones et non autochtones de moins de 6 ans, vivant dans des milieux urbains définis comme des régions métropolitaines de recensement (RMR). Même si plus de 20 % des enfants non autochtones des RMR vivaient dans des familles à faible revenu, ces taux étaient nettement plus élevés chez les enfants autochtones. Ainsi, 57 % des enfants des Premières nations, 45 % des enfants inuits et 42 % des enfants métis vivaient dans des familles à faible revenuNote de bas de page 185.

Une mesure comparant le revenu familial après impôt au revenu national médian des familles de même taille est souvent utilisée, à l'échelle internationale, pour comparer les taux de pauvreté de différents pays. Une étude, réalisée en 2007 à l'aide de cette mesure, a classé le Canada au 15e rang des 24 pays de l'OCDE évalués sur la base du pourcentage d'enfants vivant dans la pauvreté relative. Les pays affichant le pourcentage le plus faible d'enfants vivant dans la pauvreté relative étaient le Danemark, la Finlande et la NorvègeNote de bas de page 230–232. L'étude a également montré que de 1994 à 2000, le taux de pauvreté au Canada n'a que légèrement diminué (0,4 %)Note de bas de page 230 Note de bas de page 231.

Non seulement la pauvreté persiste chez les enfants canadiens, mais l'écart entre les familles à revenu plus élevé et à revenu plus faible s'est accentué avec le temps (voir la figure 4,3).

Figure 4,3 Taux estimés selon les déciles de revenus les plus élevés et les plus faibles* des familles élevant des enfants au Canada, de 1976 à 2004 Note de bas de page 233

Figure 4,3 Taux estimés selon les déciles de revenus les plus élevés et les plus faibles* des familles élevant des enfants, de 1976 à 2004
Équivalent textuel - Figure 4,3

Sommaire : Les fluctuations de l’écart entre les 10 % des familles qui ont le revenu après impôt le plus élevé et les 10 % des familles qui ont le revenu après impôt le plus faible est visible au cours de la période de 20 ans de 1976 à 1996 tout en demeurant assez constant en moyenne. Depuis une augmentation subite en 1996, on peut toutefois voir que l’écart se creuse régulièrement, ce qui est attribuable en partie au fait que les familles les plus riches bénéficient de façon disproportionnée d’une économie robuste.

Source : Yalnizyan, A. (2007).

Figure 4,3 Taux estimés selon les déciles de revenus les plus élevés et les plus faiblesFootnote ** des familles élevant des enfants au Canada, de 1976 à 2004
Année Écart après impôt
1976 8,1
1977 7,9
1978 7,8
1979 8,2
1980 8,1
1981 7,9
1982 7,9
1983 8,2
1984 8,7
1985 8,2
1986 8,0
1987 8,0
1988 7,5
1989 7,7
1990 7,9
1991 8,0
1992 7,8
1993 7,8
1994 7,9
1995 7,9
1996 8,8
1997 9,3
1998 8,9
1999 9,0
2000 9,3
2001 9,2
2002 9,5
2003 9,5
2004 9,9

Note de bas de page :

* Les déciles correspondent à la répartition des familles élevant des enfants au Canada en dix parties selon leur revenu après impôt.Source : Yalnizyan, A. (2007).

La figure 4,3 représente l'écart entre le décile (tranche de 10 %) des familles ayant le revenu après impôt le plus élevé et le décile des familles ayant le revenu après impôt le plus faible. Bien que l'écart ait fluctué durant 20 ans (de 1976 à 1996), il est généralement resté stable. Toutefois, depuis son accroissement soudain en 1996, il s'est continuellement accentué. Cette augmentation progressive peut être partiellement expliquée par l'enrichissement excessif des familles les plus aisées qui ont pu profiter, à l'époque, d'une économie robusteNote de bas de page 233. En 2004, les familles du décile de revenu après impôt le plus élevé gagnaient 10 fois plus que les familles du décile de revenu après impôt le plus faible. Cette différence est importante car plus ces écarts sont prononcés, plus les différences sont marquées au chapitre de la santé des différentes tranches de la populationNote de bas de page 234. Compte tenu du lien qui existe entre le revenu et la santé, on pourrait s'attendre à ce que cet écart croissant entre les enfants de ménages à faible revenu et à revenu élevé se maintienne et même augmente davantage les inégalités actuelles tant en matière de santé qu'au chapitre des possibilités de développement.

Répercussions du revenu sur le développement des enfants

Les chercheurs canadiens ont révélé que le revenu familial a des répercussions importantes sur le développement des enfantsNote de bas de page 228. En effet, l'augmentation du revenu familial permet d'atténuer jusqu'à 80 % des 27 facteurs ayant une incidence sur le développement des enfantsNote de bas de page 228. Les recherches ont montré que, comparativement aux enfants vivant dans un ménage à revenu plus élevé, les enfants de famille à faible revenu sont :

  • deux fois plus susceptibles de vivre dans une famille dysfonctionnelle (en ce qui concerne la stabilité familiale, les relations d'entraide et la protection);
  • plus susceptibles de vivre dans un logement insalubre ou dans un quartier démuni (c'est-à-dire un quartier où les activités répréhensibles, telles que la toxicomanie, la vente de drogues et les cambriolages, sont communes et où il survient de fréquentes tensions en raison des différences culturelles);
  • plus susceptibles de présenter des niveaux élevés d'agressivité indirecte;
  • plus de deux fois et demie (2,5) plus susceptibles d'éprouver des problèmes avec au moins une de leurs aptitudes de base (par exemple vision, ouïe, élocution ou mobilité);
  • plus susceptibles de présenter un développement tardif du vocabulaire;
  • moins susceptibles de participer à un sport organisé (une mesure des activités récréationnelles et culturelles de leur collectivité)Note de bas de page 228.

Sécurité alimentaire

L'une des conséquences probables de la pauvreté relative est de conduire à l'insécurité alimentaire. Une personne souffre d'insécurité alimentaire lorsqu'elle n'a pas d'accès physique ou économique à une quantité suffisante de nourriture de qualité et nutritive pour mener une vie saine et activeNote de bas de page 235. En 2004, 10 % des ménages canadiens ayant des enfants ont déclaré avoir souffert d'insécurité alimentaire liée à la faiblesse de leurs revenus, à un moment ou un autre, au cours de l'année précédente. Même si dans de nombreux cas ce sont les adultes de ces familles qui ont souffert d'insécurité alimentaire, les enfants aussi en ont été victime dans 5 % de tous les ménages. De plus, 23 % des enfants de familles autochtones ont déclaré avoir souffert d'insécurité alimentaireNote de bas de page 236.

Les enfants qui vont à l'école affamés ou mal nourris ont moins d'énergie, de mémoire, de créativité et de concentration. Ils éprouvent de la difficulté à résoudre les problèmes et risquent de développer des troubles de comportement. Parce qu'ils ont faim à l'école, ces enfants pourraient ne pas se développer pleinement et en subir les conséquences au niveau de la santé pour le reste de leur vie.

Logement et eau

Il est essentiel d'être bien logé afin de vivre et s'épanouir dans un environnement sain. Un logement insalubre peut avoir de nombreuses et très fâcheuses répercussions sur la santé. On peut mentionner les maladies respiratoires, telles que l'asthme, qui peuvent être causées par de la moisissure ainsi qu'une mauvaise ventilation, ou encore les problèmes de santé mentale causés par le surpeuplementNote de bas de page 237–239. Le problème du surpeuplement est particulièrement aigu chez les populations des Premières nations et les Inuits du CanadaNote de bas de page 132 Note de bas de page 240. En 2006, il a été estimé qu'environ 15 % de la population des Premières nations vivait dans des logements surpeuplés; ce taux est cinq fois supérieur à celui observé dans la population non autochtoneNote de bas de page 132.

Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, pour qu'un logement soit jugé acceptable, il doit être « de qualité convenable, de taille adéquate et de prix abordable » (voir l'annexe E)Note de bas de page 241. Même si le nombre d'enfants, ou de familles ayant des enfants, vivant dans un logement insalubre est inconnu, les données montrent que 13 % de tous les ménages canadiens ont été incapables d'accéder à un logement acceptable en 2006Note de bas de page 241.

Il est également important d'avoir accès à de l'eau potable saine. En mars 2008, 1 766 petites villes et quartiers ainsi que 93 communautés des Premières nations du Canada ont reçu la directive de faire bouillir leur eau potableNote de bas de page 242. Les pathogènes qui se trouvent dans le système d'approvisionnement en eau potable, notamment Giardia et Cryptosporidium, peuvent causer des coliques, de la fièvre, des nausées ainsi que des vomissements et de la diarrhée susceptible d'entraîner la déshydratationNote de bas de page 243. E. coli, une autre bactérie qui fait souvent l'objet d'avis recommandant de faire bouillir l'eau potable, est réputée pour causer un certain type d'insuffisance rénale, le syndrome hémolytique et urémique (SHU), chez 10 % à 15 % des enfants infectésNote de bas de page 244.

Milieux familial, scolaire et communautaire

La pauvreté a des répercussions non seulement sur la santé et la vie sociale des enfants, mais elle peut aussi «appauvrir» les chances qui leur sont offertesNote de bas de page 228. Qu'il s'agisse de recevoir des soins attentionnés, de baigner dans un environnement propice à l'apprentissage, d'avoir accès aux soins de santé, à une saine alimentation ou de pouvoir établir des interactions sociales stimulantes avec d'autres enfants, tous ces facteurs contribuent à un développement physique et social qui, à long terme, peut avoir un impact majeur sur la santé et le bien-êtreNote de bas de page 30 Note de bas de page 161. Au départ, l'environnement familial joue un rôle déterminant dans le développement de l'enfant. Par la suite, les environnements scolaires et communautaires vont graduellement prendre une plus grande part dans son évolution. Un enfant aura la possibilité de se développer sainement et pleinement si, dans ces environnements, il est en mesure de vivre des expériences enrichissantes et de satisfaire ses besoins. En effet, des recherches ont montré que les environnements de vie favorables atténuent les effets négatifs associés à un faible revenu.

Influences de la famille

Les enfants d'âge préscolaire passent la majeure partie de leur temps avec leur famille. Le type de relation qu'entretiennent les parents et le fonctionnement de la famille dans son ensemble peuvent avoir des répercussions sur la santé d'un enfant. Par exemple, la santé mentale d'un parent ou de la personne chargée de pourvoir à ses besoins peut avoir un impact direct sur les soins qui sont fournis à l'enfant et, par conséquent, sur sa santé. La majorité des enfants canadiens vivent dans des familles fonctionnelles dont les parents sont en bonne santé mentaleNote de bas de page 14. Toutefois, l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) 2004- 2005 a révélé que 10 % des enfants de 0 à 5 ans étaient élevé par un parent qui manifestait des niveaux élevés de dépression et que 9 % des enfants du même groupe d'âge vivaient dans des familles très dysfonctionnelles (le niveau de fonctionnalité a été mesuré selon la capacité de résolution des problèmes, l'aptitude de communiquer, d'assumer ses rôles, d'être réceptif et de se comporter adéquatement)Note de bas de page 14. Ces enfants sont plus susceptibles d'éprouver des problèmes relationnels, comportementaux et affectifs que les enfants vivant dans une famille fonctionnelleNote de bas de page 14. Selon des analyses antérieures des données de l'ELNEJ, les enfants de 2 à 5 ans vivant dans une famille dysfonctionnelle ou dans une famille où l'un des parents est dépressif souffrent davantage d'anxiétéNote de bas de page 245. Les enfants de ce groupe d'âge ayant un parent dépressif se montraient également plus enclins à adopter des comportements agressifsNote de bas de page 245.

Violence et négligence

La maltraitance des enfants englobe tous les actes qui peuvent directement ou indirectement blesser l'enfant, à savoir; la violence et la négligence, qu'elles soient physiques ou psychologiques, les abus sexuels et l'exposition à la violence familialeNote de bas de page 246. La violence et la négligence envers les enfants représentent un problème inquiétant au Canada. Selon l'Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI), le nombre de cas de violence et de négligence a doublé entre les cycles de cueillette de données de 1998 et de 2003246Note de bas de page 246. Cet accroissement peut en partie être attribuable à la sensibilisation accrue, aux changements apportés à la réglementation, aux méthodes de collecte de données ou aux taux accrus de mauvais traitementNote de bas de page 246. En 2003, il y a eu plus de 75 000 cas corroborés de mauvais traitements chez les enfants canadiens de 0 à 11 ans, c'est-à-dire 22 cas par 1 000 enfants de ce groupe d'âge (voir la figure 4,4). Dans la majorité des cas, l'exposition à la violence familiale et la négligence constituaient les principales sources de violence, et dans presque tous les cas, l'auteur des mauvais traitements (ou l'un des auteurs, le cas échéant) était un membre de la famille de l'enfantNote de bas de page 246. Les enfants qui risquent davantage d'être victimes de violence sont ceux qui vivent avec un parent monoparental, ou handicapé, ou sans emploi, ou dont le niveau d'instruction est peu élevé ou qui vivent dans un ménage à faible revenu, ou surpeuplé. Dans de nombreux cas, plusieurs de ces différents facteurs sont réunisNote de bas de page 246–249. Des données probantes montrent que les mauvais traitements peuvent avoir des répercussions négatives bien sûr durant l'enfance, mais elles peuvent aussi perdurer le reste de la vie de la personne maltraitée et même se transmettre aux générations suivantes. Selon les recherches, non seulement les mauvais traitements subis durant l'enfance sont susceptibles de causer des blessures, d'augmenter le risque de contracter des maladies transmises sexuellement et de provoquer des troubles affectifs, mais ils peuvent aussi entraîner d'autres maladies à l'âge adulte, telles que la fibromyalgie, le syndrome du côlon irritable, la maladie pulmonaire chronique et le cancerNote de bas de page 250.

En 2003, un peu plus de 9 % des cas corroborés de mauvais traitement, dans la tranche d'âge des 0 à 11 ans, touchaient les enfants de moins d'un anNote de bas de page 246. Même avant la naissance, un enfant peut être considéré à risque. On estime que 6 % des femmes canadiennes sont victimes de violence physique durant leur grossesseNote de bas de page 251 Note de bas de page 252. Le foetus d'une femme enceinte, qui a reçu des coups assez violents pour provoquer des contusions de l'abdomen, peut avoir subi des fractures du crâne, une hémorragie intracrânienne ou la fracture d'un os. De telles situations peuvent entraîner un décollement placentaire, un accouchement prématuré, un avortement spontané ou la mort du foetusNote de bas de page 253 Note de bas de page 254.

La violence et la négligence peuvent avoir des répercussions immédiates et à long terme. Ces mauvais traitements risquent de compromettre le développement d'un enfant si certains de ses besoins ne sont pas comblés (par exemple besoin de se sentir en contrôle, de se sentir aimé et d'avoir des liens avec son entourage)Note de bas de page 22 Note de bas de page 30. Lorsque la violence et la négligence proviennent des membres de la famille, l'enfant peut perdre sa capacité d'établir des liens de confiance et de dépendance ainsi que craindre pour sa sécuritéNote de bas de page 255.

Les recherches montrent que les souffrances vécues durant l'enfance peuvent nuire au développement neurologique et avoir des effets à long terme sur la structure et le fonctionnement général du cerveauNote de bas de page 22 Note de bas de page 256. Plus un enfant vit des expériences traumatisantes, plus les répercussions sont nombreuses et plus le risque de développer des problèmes de santé et des difficultés sociales s'accroîtNote de bas de page 22 Note de bas de page 256. Un lien a été établi entre la maltraitance des enfants et les mauvais résultats, les échecs et les abandons scolairesNote de bas de page 257. Selon l'enquête Les jeunes de la rue au Canada, 30 % des jeunes de la rue de 15 à 24 ans ont connu une forme ou une autre de négligence dans le passéNote de bas de page 258. Une corrélation a également été établie entre la fréquente administration de punitions physiques par un parent, ou un tuteur, et le développement de comportements violents chez l'enfant ou l'adolescent qui les a subiNote de bas de page 259.

L'un des types de mauvais traitements dont les enfants canadiens souffrent le plus souvent est l'exposition à la violence familiale. Une telle exposition peut avoir de graves répercussions à long terme, et notamment se traduire par de l'hyperactivité, des troubles affectifs et de l'agressivité physique. Les fillettes qui sont exposées à la violence, ou en subissent durant leur enfance, deviennent parfois victimes de violence conjugaleNote de bas de page 260. Quant aux jeunes garçons, placé dans des conditions similaires, ils risquent eux-mêmes de devenir les auteurs d'actes de violence à l'adolescence et à l'âge adulteNote de bas de page 259. Il est toutefois important de se rappeler que de nombreux enfants victimes de mauvais traitements n'ont jamais eu recours à la violence. Le fait de recevoir le soutien émotionnel d'un parent non violent durant l'enfance, de suivre une thérapie à un moment de la vie ou d'entretenir une relation satisfaisante avec un partenaire qui les soutient à l'âge adulte peut aider ces personnes à ne pas user de violence envers leurs enfants ou leur partenaireNote de bas de page 261.

L'intimidation représente également un problème au Canada. En 2000, 12 % des enfants de 10 à 11 ans ont déclaré être victimes d'intimidation au moins à quelques reprises à l'école. Les enfants de ménages à faible revenu (de moins de 40 000 $ par année) sont plus souvent victimes d'intimidation que les enfants de ménages à revenu plus élevé (respectivement 20 % et 9 %)Note de bas de page 262. En raison de l'utilisation accrue de l'Internet, l'intimidation n'est maintenant plus réservée à la cour d'école, mais s'effectue également en ligne (cyberintimidation). En 2001, 25 % des utilisateurs Internet canadiens de 9 à 17 ans ont déclaré avoir reçu des courriels contenant des messages haineux au sujet d'autruiNote de bas de page 263.

En ce qui concerne la santé, les enfants victimes d'intimidation, tout comme leurs auteurs, risquent davantage de développer des problèmes affectifs, sociaux et psychiatriques, qui peuvent perdurer à l'âge adulteNote de bas de page 262 Note de bas de page 264. Les recherches montrent que l'intimidation au terrain de jeu peut éventuellement être un indicateur de comportements malsains, tels que le harcèlement sexuel, le harcèlement professionnel, l'agression dans les fréquentations amoureuses, la violence conjugale et la violence envers les enfants et les aînésNote de bas de page 262. De plus, même si la cyberintimidation est un phénomène relativement nouveau, un récent rapport international montre qu'elle a des conséquences néfastes sur le fonctionnement psychosocial des enfantsNote de bas de page 265.

Figure 4,4 Cas corroborés de mauvais traitement, selon la catégorie et le sexe, au Canada (sauf le Québec), 2003 Note de bas de page 141 Note de bas de page 246

Figure 4,4 Cas corroborés de mauvais traitement, selon la catégorie et le sexe, au Canada (sauf le Québec), 2003
Équivalent textuel - Figure 4,4

Sommaire : En 2003, le nombre de cas prouvés de mauvais traitements conjugués à la violence physique pour 1 000 habitants âgés de 0 à 11 ans au Canada, sauf au Québec, s’établissait à 5,3 chez les sujets masculins et 3,9 chez les sujets féminins; à la violence sexuelle, à 0,5 chez les sujets masculins et 0,6 chez les sujets féminins; à la négligence, à 6,8 chez les sujets masculins et 6,3 chez les sujets féminins; aux mauvais traitements affectifs, à 3,0 % chez les sujets masculins et 3,5 chez les sujets féminins; à l’exposition à la violence conjugale, à 7,3 chez les sujets masculins et 7,0 chez les sujets féminins; et le nombre total de cas prouvés de mauvais traitement s’établissait à 22,8 chez les sujets masculins et 21,3 chez les sujets féminins.

Source : Agence de la santé publique du Canada.

Figure 4,4 Cas corroborés de mauvais traitement, selon la catégorie et le sexe, au Canada (sauf le Québec), 2003
Formes de maltraitance Taux pour 1 000 habitants, garçons Taux pour 1 000 habitants, filles
Violence physique 5,3 3,9
Violence sexuelle 0,5 0,6
Négligence 6,8 6,3
Négligence 3,0 3,5
Exposition à la violence familiale 7,3 7,0
Total 22,8 21,3

Source : Agence de la santé publique du Canada

Services à la petite enfance et développement

Les parents qui s'absentent de la maison en raison, notamment, de leur travail ou de leurs études font appel à des services de garde pour offrir une bonne qualité de vie à leur enfant durant leur absence. Lorsque ces milieux offrent des occasions d'apprentissage et d'interactions sociales, ils peuvent contribuer au développement physique et social des enfants ainsi qu'à leur santé et leur bien-être futurNote de bas de page 22 Note de bas de page 161.

Les parents canadiens ont recours à divers types de services de garde d'enfants, réglementés ou non. Au Canada, il n'y a pas d'outil de mesure concret qui permette d'évaluer si les besoins des parents en ce qui concerne ces services sont satisfaits. Toutefois, des renseignements qui concernent les places libres dans les services de garde réglementés ainsi que l'utilisation des
divers types de services sont disponibles. Des données recueillies en 2002–2003 montrent que 54 % des enfants canadiens de 6 mois à 5 ans ont bénéficié de services de garde d'enfants hors du milieu familial (réglementés ou non). Les types de services les plus répandus étaient
offerts soit par une personne non apparentée mais à l'exclusion des garderies (30 %), soit par un membre de la famille à la maison ou ailleurs (30 %) ou soit enfin par une garderie (28 %)266. Même si le nombre de places dans les services de garde réglementés au Canada a récemment augmenté, le nombre de places réglementées disponibles ne permettaient d'accueillir que 17 % des enfants canadiens de 0 à 12 ans, en 2006Note de bas de page 267.

Bien que ces diverses options se complètent, il est difficile de déterminer si tous les besoins sont satisfaits et, plus particulièrement, si des services de qualité sont accessibles à tous. Il est également difficile d'évaluer la qualité des garderies officielles et non officielles, même si des indicateurs de qualité, comme la formation du personnel, les salaires, le financement et les soins, ont été établis pour faciliter l'évaluation des garderies officielles réglementées au Canada. Les données recueillies à l'aide de ces indicateurs, et les enquêtes antérieures sur les garderies canadiennes, indiquent que la qualité des services offerts est généralement médiocreNote de bas de page 268–270.

Des obstacles de nature financière et le manque de services adaptés à l'âge et à la culture peuvent restreindre l'accessibilité aux services. Même si l'ensemble des provinces et des territoires offrent des subventions pour compenser le coût des services de garde réglementés, le montant de ces subventions, les programmes qui permettent d'y accéder et les critères d'admissibilité diffèrent d'une administration à l'autreNote de bas de page 271. Une telle situation engendre bien sûr des inégalités au chapitre de l'accessibilité mais aussi en matière de financement. Ainsi, certains des parents, qui ont pourtant besoin de soutien financier à cet égard, doivent débourser euxmêmes une importante somme d'argent alors que d'autres en sont dispensésNote de bas de page 271. Il existe également des obstacles qui restreignent l'accès à des services qui favorisent l'épanouissement des enfants de manière appropriée pour leur âge ou en lien avec leur héritage culturel. Environ 90 % des familles autochtones avec enfants n'ont pas accès à des programmes réglementés de développement pour les jeunes enfants ou à des programmes qui comportent des éléments représentatifs de la culture autochtoneNote de bas de page 18 Note de bas de page 272. Une enquête menée en Colombie-Britannique montre également que les programmes parascolaires destinés aux enfants de 9 à 12 ans ne répondent pas à leurs besoins développementauxNote de bas de page 273. Les parents de ces enfants ont déploré qu'il soit si difficile d'accéder aux programmes favorisant le développement de leurs enfants en dehors des heures de classe. D'ailleurs, un parent sur cinq a mentionné que de tels programmes n'étaient tout simplement pas offerts dans sa collectivitéNote de bas de page 273. Cette enquête montre également que plus de 10 % des enfants n'étaient pas surveillés ou étaient seuls entre 15 h et 18 hNote de bas de page 273.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), qui reconnaît l'importance d'offrir des services à la petite enfance, a élaboré un ensemble de 10 indicateurs de référence pour évaluer ces services dans les principaux pays de l'OCDE. Ces indicateurs de référence peuvent être classés dans 4 grandes catégories : cadre stratégique, accès, qualité et contexte d'entraide. Selon le premier rapport de l'UNICEF, qui faisait le point sur les services de garde offerts dans 25 pays, la Suède répondait aux 10 indicateurs de référence et l'Islande, à 9, alors que le Canada et l'Irlande étaient les deux seuls pays à respecter la norme minimale pour un seul des 10 indicateurs de référenceNote de bas de page 274. Ces premiers résultats doivent être interprétés avec prudence, compte tenu des limites des données et des indicateurs. En effet, ce sont les normes minimales, plutôt que le niveau de qualité, qui ont été mesurées. Par ailleurs, les services de garde informels offerts à la maison ou dans le quartier, les autres services offerts aux enfants et la participation des parents n'ont pas été évaluésNote de bas de page 274. Toutefois, il ne fait aucun doute que le Canada accuse un retard en ce qui concerne la prestation des principaux services de garde nécessaires au bon développement des jeunes enfants.

Accès aux soins de santé primaires

Par définition, les familles qui ont accès aux soins de santé primaires bénéficient de différentes mesures préventives, de divers diagnostics et de possibilités de traitements qui, autrement, ne seraient pas accessibles. Et justement, la grande majorité des enfants canadiens ont accès à de tels soins. Au Canada, 92 % des familles interrogées ayant des enfants de moins de 12 ans ont mentionné qu'elles avaient accès à un médecin généraliste en 2007Note de bas de page 275. Toutefois, ces données ne tiennent pas compte des familles les plus susceptibles d'éprouver des difficultés d'accès à ces soins (par exemple les familles qui ne peuvent participer à l'enquête parce qu'elles n'ont pas le téléphone ou sont sans adresse permanente). De plus, des obstacles liés à la langue, à des problèmes d'accessibilité physique, d'éloignement ou aux coûts des services de santé non assurés (par exemple soins ophtalmologiques et dentaires) peuvent empêcher des familles, ou des enfants, de recevoir les services requisNote de bas de page 276 277. Les Autochtones et les personnes nouvellement immigrées sont confrontés à de tels obstacles au CanadaNote de bas de page 276 Note de bas de page 278.

L'accès aux soins dentaires est tout aussi important pour la santé des enfants. Le maintien d'une bonne santé dentaire durant l'enfance profite autant à la santé immédiate de l'enfant qu'à sa santé future, dentaire ou généraleNote de bas de page 279. La douleur occasionnée par une dent cariée peut nuire à la qualité du sommeil, affecter le comportement et même avoir un impact sur la prise de nourriture et donc compromettre la santé générale de l'enfantNote de bas de page 280. Il est nécessaire d'avoir des dents de lait saines afin de développer des dents permanentes en santéNote de bas de page 279. Une mauvaise santé dentaire qui persiste jusqu'à l'âge adulte peut entrainer de graves conséquences pour la santé, notamment des maladies respiratoires, le diabète, des cardiopathies en plus d'accroître le risque de donner naissance à un bébé prématuré ou de faible poidsNote de bas de page 281. Même s'il est impossible de déterminer le nombre d'enfants canadiens qui ne reçoivent pas de soins dentaires, certaines données laissent tout de même penser que leur accès varie selon les régions du pays. En vertu de la Loi canadienne sur la santé, les soins dentaires ne sont pas universellement couverts. Ils doivent donc être principalement financés par des fonds privés. En plus du financement limité des programmes d'examen et de traitement dentaires, d'autres obstacles nuisent à la bonne santé dentaire, notamment la disponibilité des services, la stigmatisation associée à leur accès par le moyen de l'aide sociale, les barrières culturelles et les coûts supplémentaires liés au déplacement et à l'absentéisme au travailNote de bas de page 282.

Maturité scolaire

Une manière d'évaluer à quel point l'éducation préscolaire et les possibilités de développement profitent aux enfants, à la collectivité ou même au pays consiste à déterminer le nombre d'enfants qui, à l'âge de la maternelle, ont atteint la maturité scolaire. Cette mesure des niveaux de connaissances, des habiletés, de la maîtrise du langage, des aptitudes cognitives et de la maturité acquises traduit la somme des nombreuses expériences vécues durant la petite enfance. C'est donc une méthode indirecte par laquelle on peut se représenter la manière dont les interactions complexes entre les événements, les influences et le milieu de vie ont pu contribuer à la santé générale des enfants.

L'Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) est l'un des moyens employés pour évaluer la maturité scolaire des enfants. Il est utilisé dans plusieurs provinces et territoires canadiens, ainsi qu'à l'étranger, et mesure le niveau de développement des enfants dans les cinq champs suivants : santé physique et bien-être; compétences sociales; développement langagier et cognitif; maturité affective; et aptitudes à communiquer et connaissances généralesNote de bas de page 283. En 2006, une cohorte nationale de plus de 100 000 enfants de la maternelle de 7 provinces (moyenne d'âge de 5,7 ans) a été évaluée à l'aide de l'IMDPE. Ce qui a permis de déterminer que plus d'un quart de la cohorte (28 %) était « vulnérable » dans au moins un des cinq champs. Cela signifie que ces enfants, pour un champ en particulier, se situaient dans le décile inférieur de leur groupe. En outre, près de 14 % des enfants étaient vulnérables dans deux champs ou plusNote de bas de page 284.

Des différences statistiques significatives ont également été observées dans les résultats moyens de tous les champs parmis les différents groupes d'enfants. Pour les cinq champs :

  • les résultats moyens des enfants autochtones étaient généralement plus faibles que ceux des enfants non autochtones;
  • les résultats moyens des enfants ayant fréquenté un jardin d'enfant ou un centre d'éveil préscolaire à temps partiel étaient plus élevés que ceux des enfants qui n'y avaient pas été inscrits;
  • les résultats moyens des enfants ayant fréquenté une prématernelle étaient plus élevés que ceux des enfants qui n'y avaient pas été inscritsNote de bas de page 283 Note de bas de page 284.

Les données portent également à croire que les enfants en âge d'aller à la maternelle qui n'ont pas atteint la maturité scolaire vont par la suite continuer d'accumuler du retard durant le reste de leur parcours scolaire. En effet, on constate que plus un enfant de la maternelle est vulnérable dans les champs de l'IMDPE liés à l'écriture et au calcul, plus il risque d'échouer le test normalisé d'évaluation des habilités de base qui lui sera administré en quatrième annéeNote de bas de page 285. Étant donné que l'éducation est l'un des fondements d'une vie en bonne santé, les enfants mal préparés pour l'école risquent d'éprouver plus de problèmes de santé au cours de leur vie que les enfants bien préparésNote de bas de page 16.

Caractéristiques du quartier

Il n'est pas évident d'évaluer la sécurité d'un quartier en se basant uniquement sur les critères selon lesquels il s'agit d'un endroit où les enfants sont protégés contre la violence, les mauvais traitements, l'exploitation, les blessures la négligence à la maison, à l'école et dans la collectivitéNote de bas de page 286. Le simple fait de croire qu'un quartier ne soit pas sécuritaire peut déjà affecter la santé en général. En effet, si un quartier est perçu comme non sécuritaire, cela peut avoir une incidence sur le niveau d'activité physique (par exemple faible disponibilité et utilisation des pistes cyclables, des parcs et des espaces de loisirs) et donc avoir un impact sur la santé des enfantsNote de bas de page 287 Note de bas de page 288. Une étude a montré que les enfants vivant dans un quartier que leurs parents considèrent dangereux risquent davantage d'afficher un surplus de poids à l'âge de sept ans (Les effets de l'environnement bâti sur l'obésité et les surplus de poids seront abordées dans le chapitre 5)289. Même si la majeure partie des parents ou tuteurs interrogés dans le cadre de l'ELNEJ 2004-2005 avaient l'impression que leur quartier était sécuritaire, plus d'un cinquième (22 %) de ceux qui avaient des enfants de 0 à 5 ans ont estimé leur quartier comme peu sécuritaireNote de bas de page 14. Le degré de cohésion du quartier fournit également un bon indicateur de la manière dont chaque habitant croit pouvoir compter sur le soutien de son voisinage. Les données de l'ELNEJ 2004-2005 ont également montré que 14 % des parents ou tuteurs d'enfants de 0 à 5 ans avaient l'impression que le degré de cohésion de leur quartier était faible. Cet indicateur a été associé à des niveaux plus élevés de troubles de conduite, d'hyperactivité, de troubles affectifs et de blessures non liées aux sports chez les enfants de 4 à 11 ansNote de bas de page 290.

Expositions ambiantes

Les enfants peuvent être exposés à des substances potentiellement nocives durant les premières années de leur vie (par exemple pollution atmosphérique ou exposition prolongée aux rayons ultraviolets du soleil). Bien que peu d'informations soient disponibles pour un bon nombre d'exposition à ces substances nocives, on a recueilli sur certaines d'entre elles une quantité suffisante de renseignements pour nous permettre de faire le point. Par exemple, la fumée de tabac ambiante est une exposition nocive pour laquelle des données, quant à la prévalence des effets secondaires et les répercussions sur la santé, sont bien documentées. En effet, les données montrent qu'en 2007, 7 % des enfants canadiens de 0 à 11 ans ont été exposés à de la fumée de tabac secondaire à la maisonNote de bas de page 291. Ils courent davantage le risque, que les enfants non exposés, de mourir de la MSN, de développer des problèmes de santé comme l'asthme, ou de souffrir d'infections aux oreilles et de difficultés des voies respiratoires inférieures. Les données montrent également que la fumée secondaire peut entrainer des effets néfastes sur les capacités cognitives des enfantsNote de bas de page 292.

En ce qui concerne les autres substances nocives, bien que les données recueillies démontrent qu'elles ont des effets néfastes sur la santé, il est cependant impossible de déterminer dans quelle mesure les enfants canadiens y sont exposés. Par exemple, on sait que l'exposition à la moisissure représente un problème puisqu'elle peut contribuer au développement d'allergies et de maladies respiratoires. De fait, les symptômes de l'asthme peuvent être aggravés par une exposition à divers contaminants, et notamment la moisissure contenue dans l'air intérieur et extérieurNote de bas de page 293–295. Les jeunes enfants peuvent aussi être exposés au plomb. Or même l'exposition à de très faibles quantités de plomb peut affecter la santé des jeunes enfants et causer de difficultés d'apprentissage en plus d'entraîner d'autres effets néfastes sur le développementNote de bas de page 293 Note de bas de page 296 Note de bas de page 297. D'autre part, certaines données probantes établissent un lien entre l'exposition des parents à des pesticides, dans le cadre de leur travail, et certains types de cancers chez les enfantsNote de bas de page 298–301. Une exposition au méthylmercure, par consommation directe ou indirecte de poisson (par la mère), peut compromettre la santé des foetus et des jeunes enfantsNote de bas de page 302. À l'heure actuelle, le gouvernement du Canada va de l'avant avec de nouvelles propositions de règlements. Ces dernières visent à interdire la promotion et l'importation de biberons en plastique polycarbonate contenant du bisphénol A, ainsi que l'utilisation de six types de phtalates dans la fabrication de jouets de vinyle et de produits de soins pour enfants, en raison de leurs effets potentiellement néfastes sur la santéNote de bas de page 303–306.

Comportements sains

Les comportements des adultes, comme des enfants, peuvent avoir des répercussions sur la santé infantile. Les manières d'agir des parents, qu'elles soient positives ou négatives, ont une incidence sur la santé de leurs enfants et ce, à toutes les étapes du développement : de la conception à l'enfance, en passant bien sûr par les périodes critiques du développement foetal et de la petite enfance.

Comportements des adultes

Allaitement maternel

Les pratiques adoptées par les mères, tel que l'allaitement maternel, peuvent favoriser le sain développement des nourrissons. La réduction des risques d'asthme, d'obésité et d'infections aux oreilles est l'un des avantages de cette pratiqueNote de bas de page 307–309. Les taux d'initiation de l'allaitement maternel au Canada ont monté en flèche dans les quatre dernières décennies (25 % des mères ont initié l'allaitement en 1965, comparativement à 90 % en 2006-2007)Note de bas de page 310 Note de bas de page 311. Les taux d'initiation de l'allaitement maternel varient d'une population à une autre. Ils sont généralement moins élevés que la moyenne nationale chez les jeunes mères (76 % des mères de 15 à 19 ans), les mères monoparentales (78 %), les mères autochtones hors réserve (82 %) et les mères issues des Premières nations vivant dans les réserves (63 %). Ces taux sont toutefois plus élevés chez les nouveaux arrivants où les mères optent à 92 % pour l'initiation de l'allaitementNote de bas de page 275 312. L'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada et la Société canadienne de pédiatrie recommandent que les nourrissons nés à terme et en santé soient allaités exclusivement au sein pendant un minimum de six moisNote de bas de page 312 313. En 2005, un peu plus de la moitié des mères canadiennes ont déclaré avoir allaité leur enfant durant plus de six mois mais seulement 14 % l'on fait de manière exclusiveNote de bas de page 311 Note de bas de page 314.

Tabagisme

Bien que les efforts déployés pour réduire le tabagisme des parents durant la grossesse aient porté leurs fruits au cours des dernières années, certaines mères canadiennes continuent de fumer alors qu'elles sont enceintes311 Note de bas de page 315. En 2006-2007, 11 % des Canadiennes ont déclaré avoir fumé durant le dernier trimestre de leur grossesse, et près de 17 % ont déclaré avoir fumé durant l'année qui a suivi la naissance de leur enfantNote de bas de page 311. En 2002-2003, plus d'un tiers (37 %) des mères membres des Premières nations vivant dans une réserve ont déclaré avoir fumé durant leur grossesseNote de bas de page 50 Note de bas de page 316. L'exposition à la fumée secondaire durant la grossesse comporte également des risques pour la santé. Environ 25 % des femmes qui ont eu un enfant en 2006-2007 ont déclaré vivre avec un fumeur durant leur grossesseNote de bas de page 311. Des données probantes démontrent que les effets à court terme sur la santé et les complications associées à ce type de comportement entraînent des risques accrus d'avortement spontané, de naissance prématurée et de MSNNote de bas de page 317. Les répercussions à long terme pour les enfants comprennent, quant à elles, des risques accrus d'infections des oreilles et d'infections respiratoires, d'asthme ainsi que des difficultés d'apprentissageNote de bas de page 50 Note de bas de page 317 Note de bas de page 318.

Alcool et drogues

Tout comme le tabagisme, la consommation d'alcool durant la grossesse a diminué au cours des dernières annéesNote de bas de page 312. En 2006-2007, dans le cadre de l'Enquête sur l'expérience de la maternité (EEM), des femmes ont été interrogées sur leurs habitudes de consommation d'alcool durant leur grossesse. Près de 11 % d'entre elles ont déclaré avoir consommé de l'alcool durant leur dernière grossesse, et 1 % de ces femmes ont déclaré l'avoir fait plus d'une fois par semaineNote de bas de page 311. Une des graves conséquences de la consommation d'alcool durant la grossesse, c'est de donner naissance à un enfant qui souffre de l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale (ETCAF). Environ 1 % de tous les nouveaux-nés canadiens (c'est-à-dire plus de 3 000 bébés par année) en sont atteintsNote de bas de page 319. Cette estimation peut être inexacte, puisque les signes et les symptômes associés à l'ETCAF sont souvent difficiles à reconnaître et peuvent ne pas être décelés avant plusieurs annéesNote de bas de page 320. L'ETCAF est associée à des difficultés d'apprentissage et à des problèmes de comportement; les enfants atteints peuvent, entre autres, ne pas comprendre les conséquences de leurs actions et éprouver des difficultés dans leurs relations socialesNote de bas de page 319 Note de bas de page 321–323.

Selon l'EEM 2006-2007, 7 % des femmes ont utilisé des drogues illicites (par exemple consommation de marijuana, de cocaïne, d'héroïne, d'ecstasy ou inhalation de vapeurs de colle, d'essence et d'autres solvants) trois mois avant leur grossesse, mais seulement 1 % des femmes l'ont fait sachant qu'elles étaient enceintesNote de bas de page 311 Note de bas de page 324. Le foetus d'une mère qui consomme des drogues comme la cocaïne et l'héroïne peut souffrir du syndrome de sevrage néonatal, c'est-à-dire d'une accoutumance à la drogue à laquelle il a été exposé durant la gestationNote de bas de page 325. Le syndrome de sevrage néonatal provoque des symptômes classiques de sevrage après la naissance, notamment l'insomnie, la fièvre, une transpiration abondante et des problèmes d'alimentationNote de bas de page 325. Il existe également une corrélation entre l'exposition prénatale à la cocaïne et le développement du trouble oppositionnel avec provocation et du TDA/HNote de bas de page 326.

Infections transmissibles sexuellement

Certaines infections transmissibles sexuellement (ITS) sont de plus en plus fréquentes chez les jeunes femmes canadiennes, notamment celles causées par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), ainsi que la syphilis et la chlamydia, ce qui accroît les risques de transmission verticale (entre la mère et l'enfant) de ces maladiesNote de bas de page 327 Note de bas de page 328. Par exemple, le nombre de cas de syphilis congénitale a augmenté durant la dernière décennie. À l'échelle nationale, il est passé de 2 cas ou moins à 8 cas par annéeNote de bas de page 329 Note de bas de page 330. Même si le nombre de cas de transmission verticale d'ITS et de maladies virales est faible, ce type d'exposition néfaste peut avoir de sérieuses répercussions à court et à long terme sur la santé des foetus et des nouveaux-nésNote de bas de page 331. Une syphilis congénitale peut provoquer un avortement spontané, une mortinaissance, une naissance prématurée ou d'un bébé de faible poidsNote de bas de page 148 Note de bas de page 332. Au cours de leur vie, les bébés atteints de syphilis congénitale peuvent souffrir de déficience auditive, de retard du développement et de certaines anomalies de la peau et des osNote de bas de page 332 Note de bas de page 333. Le nombre de cas de chlamydia a augmenté au cours des dernières années. Cette infection augmente les risques de mort foetale in utero, de faible poids à la naissance, d'infections oculaires et de pneumonieNote de bas de page 334–336.

Comportements des enfants

Une fois que les enfants sont nés, leurs propres comportements peuvent avoir des répercussions sur leur santé, bien que leurs actions soient dans une grande mesure déterminées par leurs environnements social et physique. Par exemple, le niveau d'activité physique des enfants est influencé par le comportement des parents, les possibilités d'accès à une aire de jeu sécuritaire et les occasions de participer à des sports organisés. De la même manière, les habitudes alimentaires des enfants sont conditionnées par le type de nourriture disponible à la maison. Les enfants qui ont une mauvaise alimentation et qui ne font pas suffisamment d'exercice quotidiennement risquent davantage d'avoir un excès de poids.

Activité physique

Même si la majorité des enfants canadiens fait régulièrement de l'activité physique, 16 % des enfants de 6 à 11 ans s'adonnent à moins de sept heures d'activité physique par semaine, ce qui est inférieur au nombre d'heures recommandé dans les Lignes directrices à l'intention des enfants et des jeunes en matière d'activité physiqueNote de bas de page 179 Note de bas de page 337. Les recherches montrent que chaque heure d'inactivité physique augmente de façon significative les risques de l'enfant de souffrir d'un excès de poids. En 2004, une étude a révélé que les enfants de 6 à 11 ans qui passaient plus de deux heures par jour devant la télévision ou l'ordinateur couraient près de deux fois plus de risques de se retrouver avec un surplus de poids ou d'être obèse (35 %) que les enfants du même âge qui y passaient une heure ou moins (18 %)Note de bas de page 179.

Nutrition

Les données sur les habitudes alimentaires recueillies dans le cadre de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2004 montrent que 70 % des enfants de 4 à 8 ans ne consomment pas la quantité quotidienne minimale recommandée de fruits et de légumes, que plus d'un quart ne consomment pas la quantité quotidienne minimale recommandée de produits céréaliers et que plus d'un tiers des enfants de 4 à 9 ans ne consomment pas la quantité quotidienne minimale recommandée de produits laitiers ou de viande et substitutsNote de bas de page 338 339. Les résultats de l'enquête révèlent également que 7 % des enfants de 4 à 8 ans consomment plus que l'apport calorique quotidien recommandé en lipidesNote de bas de page 338. La consommation accrue de glucides, de sucres simples et d'aliments «prêts-à-manger» hypercaloriques et de portions trop copieuses augmentent les risques d'obésité chez les enfantsNote de bas de page 188 Note de bas de page 340–342. Le coût de la nourriture influence également les habitudes alimentaires. Un plus grand nombre de familles autochtones que de familles non autochtones éprouvent des difficultés financières à se procurer de la nourriture. Ceci est particulièrement vrai pour les familles qui vivent dans le Nord du Canada, où le coût du transport augmente le prix des denrées saines et périssables telles que le lait et les fruits fraisNote de bas de page 160 Note de bas de page 343 Note de bas de page 344.

Résumé

La plupart des enfants canadiens vivent dans des conditions qui leur permettront de grandir en santé. En général ils vivent dans une famille dont le revenu est suffisant, ne souffrent pas d'insécurité alimentaire, habitent dans un logement adéquat, ont accès à des services de garde durant la petite enfance, ainsi qu'à une éducation durant l'enfance et s'épanouissent en relation étroite avec leur famille et leur collectivité. Toutefois, certains facteurs sociaux et environnementaux peuvent avoir des répercussions néfastes sur leur santé. Ces effets peuvent être ressentis durant l'enfance et parfois persister à l'âge adulte ou alors se manifester seulement des années plus tard. Dans le cadre du présent rapport, trois des facteurs susmentionnés (SSE et possibilités de développement, violence et négligence, ainsi que risques prénataux) et trois importantes questions de santé abordées au chapitre 3 (santé mentale et troubles mentaux, obésité, ainsi que blessures non intentionnelles) seront examinés plus attentivement au chapitre 5. Il s'agit de six domaines où il est possible de grandement favoriser l'amélioration de l'état de santé des enfants canadiens à l'aide de mesures destinées à renverser les mauvaises tendances, qu'elles soient stables ou à la hausse, dans le but d'éliminer leurs effets néfastes sur la santé à court et à long terme.

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