Partie IV : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des infections transmises par les appareils souples d’endoscopie digestive et de bronchoscopie – Problèmes liés au retraitement des endoscopes souples

PARTIE IV.  PROBLÈMES LIÉS AU RETRAITEMENT DES ENDOSCOPES SOUPLES

1. Retraitement des endoscopes souples et des accessoires connexes

La complexité des endoscopes souples et leur sensibilité à la température rendent difficiles leur nettoyage ainsi que la stérilisation/désinfection subséquente. Si la stérilisation s’avère la méthode optimale, la norme minimale acceptable pour le retraitement des endoscopes est la désinfection de haut niveau (DHN). En tout temps, le nettoyage doit précéder la DHN. Les accessoires d’endoscopie doivent être stérilisés.

Lorsque des endoscopes souples sont retraités, le personnel affecté au retraitement doit se conformer à un protocole validé recommandé par le fabricant de l’endoscope. Le tableau 4 présente des instructions détaillées, basées sur des directives nationales et internationales, relativement aux étapes précises et à la raison d’être du nettoyage, de la désinfection, du rinçage, du séchage et de l’entreposage des endoscopes, peu importe le type ou le modèle. La figure 3 présente un diagramme des étapes de retraitement décrites au tableau 4.

REMARQUE : Le tableau qui suit est un guide sommaire des étapes critiques à suivre pour le retraitement des endoscopes souples. Prière de consulter le manuel de retraitement fourni par le fabricant de chaque endoscope à retraiter. Il est possible que des étapes additionnelles ou des procédures différentes soient nécessaires pour le retraitement adéquat de différents types et modèles d’endoscopes.
Le personnel devrait porter l’équipement de protection individuelle en tout temps pendant le retraitement.

TABLEAU 4. étapes critiques du retraitement des endoscopes souples Note de bas de page 36 Note de bas de page 93 Note de bas de page 94 Note de bas de page 95 Note de bas de page 96 Note de bas de page 97 Note de bas de page 98
ÉTAPE OU PROCÉDURE JUSTIFICATION OBSTACLES À UN RETRAITEMENT ADÉQUAT
Prénettoyage (immédiatement après usage au chevet du patient)
1. Essuyer le tube d’insertion de l’endoscope à l’aide d’un chiffon doux non pelucheux jetable ou d’une éponge à endoscope trempés dans une solution détergente enzymatique fraîchement préparée. Réduit le risque de contamination du milieu et des travailleurs.  
2. Rincer les canaux air/eau comme l’indique le fabricant de l’endoscope. Rincer tous les autres canaux avec une solution de détergent enzymatique au chevet du patient, immédiatement après l’intervention, puis purger avec de l’air. Enlève les gros débris et fait en sorte que les matières provenant du patient ne sèchent pas, ce qui compliquerait le retraitement. Les bons adaptateurs doivent être utilisés afin d’irriguer adéquatement tous les canaux selon les directives du fabricant.
3. Enlever toutes les parties amovibles (p. ex. les valves) et procéder à leur retraitement. Placer le bouchon étanche, au besoin. Transporter rapidement dans un récipient couvert jusqu’à la salle de retraitement avant que ne sèchent les matières provenant du patient. Prévient le séchage des matières provenant du patient sur l’endoscope et prévient la contamination du milieu environnant. Si le retraitement est fait à l’extérieur de l’établissement, il peut y avoir un long délai de transit et les sécrétions peuvent sécher sur l’instrument.
Test d’étanchéité

4. Effectuer l’essai d’étanchéité conformément aux directives du fabricant.

Remarque : Si une fuite est détectée, il faut réparer l’endoscope. Suivre les directives du fabricant.

S’il y a présence de fuites, des liquides s’infiltreront dans le boîtier de l’endoscope lors du nettoyage subséquent et causeront des dommages. Les matières provenant du patient peuvent pénétrer dans le boîtier de l’endoscope et ne seront plus accessibles au nettoyage; les saletés séquestrées font obstacle à la désinfection; elles agissent comme une source de contamination si l’endoscope est utilisé sur un autre patient.
Nettoyage et rinçage manuels
5. Immerger complètement l’endoscope dans une solution de détergent enzymatique. Le détergent enzymatique accroît la capacité de nettoyage en dissociant les protéines. L’immersion réduit les aérosols et, ainsi, réduit le risque de contamination infectieuse du personnel responsable du retraitement.
  1. L’endoscope n’est pas complètement immergé, le nettoyage n’est pas aussi bien fait.
  2. Le temps de contact avec le détergent enzymatique n’est pas adéquat.
  3. Le retraitement complet de l’endoscope n’est pas fait assez rapidement. Si des endoscopes utilisés sur des patients sont laissés à tremper dans une solution de détergent enzymatique ou demeurent mouillés jusqu’au lendemain, cela favorisera la formation de biofilm.
  4. Le détergent enzymatique n’est pas dilué adéquatement ou la température requise pour l’activation du produit n’est pas atteinte, ce qui peut altérer la performance du produit.
6. Nettoyer toutes les surfaces extérieures de l’endoscope à l’aide d’un chiffon doux non pelucheux ou d’une éponge à endoscope tout en maintenant l’endoscope immergé. Utiliser des brosses à endoscope pour nettoyer TOUS les canaux pendant que l’appareil est immergé. (REMARQUE : ce ne sont pas tous les canaux qui peuvent être brossés – suivre la recommandation du fabricant pour le nettoyage des canaux). Répéter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de débris. Le brossage améliore grandement l’efficacité du processus de nettoyage. Un brossage inadéquat va laisser des matières provenant du patient qui peuvent faire obstacle à la désinfection et entraîner la transmission d’infections entre patients.
S’assurer que la brosse utilisée est appropriée pour le type d’endoscope et que le diamètre des soies convient au diamètre du canal. Des brosses inadéquates peuvent ne pas déloger les matières biologiques et endommager l’intérieur des canaux. Se reporter aux spécifications des canaux données par le fabricant de l’endoscope.
7. Utiliser les adaptateurs de nettoyage fournis par le fabricant pour veiller à ce que le détergent enzymatique adéquat s’écoule bien dans TOUS les canaux (y compris le canal contenant le câble d’élévation, le canal à jet d’eau, le 2e  canal thérapeutique, le canal du ballonnet) et faire tremper dans le détergent enzymatique selon les directives du fabricant du détergent enzymatique. Les matières résiduelles dans tout canal peuvent représenter un risque de transmission de matières infectieuses au patient suivant. Si un canal est bloqué, le liquide va s’écouler par d’autres canaux. Il faut donc s’assurer que le liquide s’écoule dans tous les canaux. La méthode à privilégier pour irriguer l’instrument consiste à aller de l’extrémité ombilicale à l’extrémité distale.
8. Retirer l’endoscope du bassin de détergent enzymatique et le placer dans un bassin rempli d’eau propre pour le rincer. Les enzymes sont des protéines et si ces protéines ne sont pas bien rincées, elles peuvent s’accumuler dans les canaux de l’endoscope. Le détergent n’est pas enlevé correctement si l’on utilise une quantité insuffisante d’eau de rinçage. On peut utiliser le cycle de prérinçage de certaines unités de retraitement automatique des endoscopes (URAE) pour s’assurer que l’on obtient le volume approprié de rinçage.
9. Rincer tous les canaux avec un volume adéquat d’eau pour enlever tout le détergent. (Au minimum, utiliser au moins trois fois le volume total des canaux de l’endoscope soumis au retraitement. Veiller à utiliser une grande quantité d’eau pour enlever tout le détergent enzymatique). Les enzymes sont des protéines et si ces protéines ne sont pas bien rincées, elles peuvent s’accumuler dans les canaux de l’endoscope. Le détergent n’est pas enlevé correctement si l’on utilise une quantité insuffisante d’eau de rinçage. On peut utiliser le cycle de prérinçage de certaines URAE pour s’assurer que l’on obtient le volume approprié de rinçage.
10. Après le rinçage, purger tous les canaux de l’endoscope avec de l’air pour s’assurer qu’il ne reste pas d’eau. Essuyer les surfaces externes de l’endoscope avec un chiffon doux non pelucheux jetable pour enlever toute humidité résiduelle. L’eau résiduelle va diluer le désinfectant de haut niveau et en réduire la concentration. Un désinfectant de haut niveau dilué par l’eau résiduelle pourrait avoir une efficacité moindre et ne pas désinfecter adéquatement l’appareil.
Désinfection de haut niveau
11. Contrôler la concentration minimale efficace (CME) du désinfectant de haut niveau ou de l’agent stérilisant s’il est réutilisé. Des bandelettes réactives propres au produit sont disponibles à cette fin. Les désinfectants de haut niveau qui sont réutilisés peuvent perdre de leur efficacité s’ils sont trop dilués ou inactivés. Le manque de contrôle peut mener à l’utilisation de concentrations inefficaces de désinfectant de haut niveau et à une élimination microbienne inadéquate.
12. Immerger complètement l’endoscope dans un bassin réservé à cette fin rempli d’un désinfectant de haut niveau ou d’agent stérilisant approuvé selon les directives du fabricant. Utiliser les adaptateurs de nettoyage de l’endoscope pour remplir TOUS les canaux avec le bon désinfectant de haut niveau ou agent stérilisant (y compris le canal contenant le câble d’élévation, le canal à jet d’eau, le 2e  canal thérapeutique, le canal du ballonnet) et faire tremper dans le désinfectant de haut niveau ou l’agent stérilisant selon les directives du fabricant du produit en question. Essuyer l’endoscope avec un chiffon doux non pelucheux pour enlever toutes les bulles à la surface de l’endoscope. (REMARQUE : si l’on utilise une URAE pour le retraitement des endoscopes pour les Cholangio-Pancréatographie Rétrograde par voie Endoscopique (CPRE) ou autres endoscopes spéciaux, veiller à ce que tous les canaux puissent être désinfectés par l’URAE. Dans le cas contraire, les canaux ne pouvant être désinfectés automatiquement DOIVENT être nettoyés/désinfectés manuellement avant de placer le tout dans l’URAE). L’élimination microbienne doit être efficace. Par conséquent, seuls les désinfectants ayant une activité antimycobactérienne (comme les désinfectants de haut niveau) ou des agents stérilisants sont appropriés. Les désinfectants autres que ceux approuvés peuvent donner une élimination microbienne inadéquate.
13. Il est essentiel que la période de contact et la température soient adéquates. Par conséquent, la température du produit devrait être surveillée et la période de contact devrait être contrôlée avec précision conformément aux recommandations du fabricant. Le recours à un chronomètre devrait être envisagé. Si la durée de l’exposition ou la température est inférieure à ce qui est minimalement efficace, les microorganismes peuvent survivre. Cela augmente le risque de transmission d’infections. Les problèmes de durée d’exposition sont fréquents lorsque la désinfection est faite manuellement, car il arrive souvent que l’on ne chronomètre pas l’exposition au désinfectant de haut niveau. Ce n’est pas un problème avec les URAE, du moment que l’unité est programmée selon les directives du fabricant du désinfectant de haut niveau ou de l’agent stérilisant. Les exigences en matière de température doivent quand même être respectées lorsqu’on se sert d’une URAE.
14. Après la désinfection, purger tous les canaux avec de l’air pour s’assurer d’enlever toute trace de désinfectant de haut niveau ou d’agent stérilisant de l’endoscope et retirer l’endoscope du désinfectant de haut niveau ou de l’agent stérilisant. Le désinfectant de haut niveau ou l’agent stérilisant résiduel peut causer des dommages aux tissusNote de bas de page 99. Il faut utiliser les bons adaptateurs pour bien drainer l’air de tous les canaux conformément aux directives du fabricant afin de retirer toute trace de désinfectant de haut niveau ou d’agent stérilisant de l’endoscope.
Rinçage
15. Immerger complètement l’endoscope dans un bassin réservé à cette fin rempli d’eau fraîche exempte de bactéries ou rempli d’eau stérile. Rincer tous les canaux avec un volume adéquat d’eau pour enlever toute trace de désinfectant de haut niveau ou d’agent stérilisant (utiliser au moins environ trois fois le volume total des canaux de l’endoscope soumis au retraitement et s’assurer d’utiliser un grand volume d’eau pour enlever le désinfectant de haut niveau ou l’agent stérilisant). Se reporter aux recommandations du fabricant du désinfectant de haut niveau ou de l’agent stérilisant pour connaître la procédure adéquate de rinçage. Certains désinfectant de haut niveau ou agents stérilisants doivent faire l’objet de plusieurs rinçages complets avec de l’eau. La plupart des URAE effectuent le rinçage avec plusieurs litres d’eau. Le désinfectant de haut niveau ou l’agent stérilisant résiduel peut causer des dommages aux tissusNote de bas de page 99; par conséquent, un rinçage adéquat est essentiel pour retirer tous les résidus. Des problèmes de rinçage inadéquat sont possibles lorsqu’on procède à la désinfection manuellement. Certains endoscopes peuvent nécessiter de plus grandes quantités d’eau de rinçage que d’autres. Comme le volume de rinçage dans une URAE est habituellement préréglé et ne peut pas être réduit par l’utilisateur à moins qu’il ait été mal programmé initialement, les URAE effectuent un rinçage plus fiable comparativement aux méthodes manuelles, où la variabilité de l’utilisateur est problématique.

16. Le tout dernier rinçage devrait être fait avec de l’eau stérile ou exempte de bactéries.

On peut utiliser l’eau du robinet, mais dans ce cas, il est ESSENTIEL de faire un rinçage avec de l’alcool à 70-90 % entre chaque usage chez un patient avant l’entreposage.

L’eau du robinet peut contenir des mycobactéries, Pseudomonas et d’autres microorganismes. Par conséquent, le rinçage final devrait être fait avec de l’eau exempte de bactéries (c.-à-d. filtrée à l’aide de filtres de 0,2 µm). La filtration peut permettre d’obtenir de l’eau exempte de bactéries s’il n’y a pas de virus dans l’eau et si les filtres sont brevetés. La prolifération de bactéries dans les canaux des endoscopes souples peut être causée par des microorganismes présents dans l’eau du robinet et laissée dans des canaux humides. Cela a déjà entraîné la transmission d’infections entre patients.
Séchage

17. Retirer l’endoscope de l’eau de rinçage et drainer tous les canaux avec de l’air pour enlever toute eau de rinçage résiduelle. Rincer tous les canaux avec de l’alcool à 70 % - 90 % (environ 60 mL passés dans tous les canaux en utilisant les bons adaptateurs).

(REMARQUE : le rinçage à l’alcool et le séchage ne sont pas nécessaires si l’endoscope est réutilisé immédiatement chez un autre patient, à moins que le rinçage final ait été fait avec de l’eau non filtrée du robinet)

Cela facilite le séchage des canaux et permettra aussi de tuer tout microorganisme présent dans l’eau du robinet. Un séchage inadéquat a été associé à la transmission d’infection entre des patients à cause de la prolifération microbienne.
18. Après le rinçage à l’alcool et avant d’entreposer l’endoscope, purger tous les canaux à l’air forcé. Essuyer les surfaces externes de l’endoscope avec un chiffon doux non pelucheux humidifié avec de l’alcool. Cela facilite le séchage des canaux. Un séchage inadéquat a été associé à la transmission d’infections entre patients à cause de la prolifération microbienne.
L’air à haute pression (air comprimé) peut endommager les structures internes de l’endoscope. Consulter le fabricant de l’endoscope pour de plus amples renseignements.
19. Entreposer l’endoscope déroulé en position verticale (c.-à-d. l’accrocher dans un cabinet ventilé et fermé). Entreposer les parties amovibles et réutilisables (comme les valves et le bouchon étanche) séparément de l’endoscope. Cela facilite le séchage de l’endoscope durant l’entreposage et réduit le risque de recontamination. Le fait de laisser les valves sur l’appareil lors de l’entreposage accroît le risque d’humidité résiduelle, augmentant alors le risque de prolifération microbienne et d’infection.

Figure 3.  Diagramme de retraitement des endoscopes

Figure 3. Diagramme de retraitement des endoscopes

Équivalent textuel - La figure 3 présente de façon graphique les étapes de retraitement tel que décrit au tableau 4.

1.1 Prénettoyage

Le nettoyage manuel méticuleux des endoscopes et de leurs accessoires est essentiel à la réussite de la désinfection ou de la stérilisation subséquente. Le nettoyage manuel désigne le retrait physique de matières organiques ou des saletés. La présence de matières organiques ou de saletés résiduelles peut fournir aux microorganismes une protection contre la pénétration et la destruction par les germicides, faisant ainsi obstacle à la désinfection ou à la stérilisation.

Les étapes initiales du nettoyage s’effectuent immédiatement après l’intervention sur le patient afin d’éviter le séchage des sécrétions sur la surface externe et dans les canaux internes de l’endoscopeNote de bas de page9Note de bas de page15. À la fin de l’intervention et avant de transporter l’endoscope à la salle de retraitement, il faut procéder aux étapes suivantes:

  • Essuyer le tube d’insertion avec un chiffon doux non pelucheux ou une éponge pour endoscope trempés dans une solution fraîche de détergent enzymatique.
  • Irriguer les canaux air/eau conformément aux directives du fabricant de l’endoscope.
  • Irriguer tous les autres canaux avec une solution de détergent enzymatique au chevet du patient, immédiatement après l’intervention d’endoscopie, puis les purger avec de l’air.
  • Irriguer tous les canaux internes avec une solution fraîche de détergent enzymatique pour humidifier et diluer les débris organiques.
  • Enlever toutes les parties amovibles et les faire retraiter.
  • Placer le bouchon étanche (si indiqué).
  • Transporter immédiatement le tout dans un récipient couvert vers la salle de retraitement.
Prénettoyage

1.2 Test d’étanchéité

Test d’étanchéité

Le but de ce test est de détecter tout bris physique à l’extérieur ou à l’intérieur de l’endoscopeNote de bas de page 4, Note de bas de page 60. Ces bris physiques compromettent l’intégrité de l’endoscope et causeront des dommages aux structures internes (c.-à-d. les fils électriques, le faisceau de lumière, les câbles de manipulation) de l’endoscope qui ne sont pas faites pour être en contact avec des liquides. Ces bris peuvent aussi créer un réservoir favorisant la prolifération des microorganismesNote de bas de page 4. Le test d’étanchéité devrait être fait après chaque intervention et avant le nettoyage manuel.

On vérifie l’étanchéité en appliquant une pression d’air à l’intérieur de l’endoscope et en surveillant la présence de bulles d’air provenant de l’endoscopeNote de bas de page 4 ou l’incapacité de maintenir une pression d’air adéquate dans l’endoscope.

Si l’on détecte une fuite, il faut immédiatement mettre l’endoscope hors service et en demander la réparation ou le remplacement. Voir les directives du fabricant pour ce qui est de la décontamination et du transport adéquats des endoscopes brisés. Il faut toujours effectuer le test d’étanchéité conformément aux directives du fabricantNote de bas de page 4, Note de bas de page 60.

1.3 Nettoyage manuel et rinçage

Le nettoyage manuel des endoscopes souples est sujet aux erreurs et doit donc être fait avec soin.

Un des problèmes que l’on peut rencontrer chez le personnel responsable du retraitement est la méconnaissance de tous les canaux d’un modèle particulier d’endoscope souple en retraitement. Cela met en évidence la nécessité de la formation du personnel, de l’évaluation continue des compétences et de l’assurance de la qualité. Il est utile d’avoir des diagrammes des types/modèles d’endoscopes retraités dans l’établissement de santé, indiquant clairement tous les canaux qui doivent être nettoyés et désinfectés.

Le détergent enzymatique utilisé pour nettoyer les endoscopes souples (suivre les recommandations du fabricant pour la reconstitution et l’application) est une solution protéinée et par conséquent, si le rinçage de cette solution n’est pas bien fait après le nettoyage, il restera des protéines de détergent. Si cet endoscope mal rincé est ensuite placé dans un désinfectant à l’aldéhyde, les protéines résiduelles de détergent seront « fixées » dans les canaux et à la surface de l’endoscope, ce qui pourrait protéger les bactéries sous-jacentes contre l’exposition au désinfectant.

 

 

  • Après avoir effectué avec succès le test d’étanchéité, immerger complètement l’endoscope dans une solution fraîche de détergent enzymatique (préparée selon les directives du fabricant).
  • Nettoyer toutes les surfaces externes de l’endoscope avec un chiffon doux non pelucheux ou une éponge pour endoscope tout en maintenant l’endoscope immergé.
  • Utiliser des brosses pour endoscope pour nettoyer TOUS les canaux pendant que l’appareil est immergé. (REMARQUE : ce ne sont pas tous les canaux qui peuvent être brossés – suivre les recommandations du fabricant pour le nettoyage des canaux). Répéter jusqu’à ce que tous les débris aient été enlevés. Les endoscopes souples ont plusieurs canaux de diamètres différents; il est donc essentiel d’avoir sous la main un éventail de brosses. Les brosses devraient être du bon diamètre et de la bonne longueur pour faire en sorte que les poils entrent en contact (exercent une friction) avec les parois des lumières.
  • Utiliser les adaptateurs de nettoyage fournis par le fabricant de façon que suffisamment de détergent enzymatique passe dans TOUS les canaux (y compris le canal contenant le câble d’élévation, le canal à jet d’eau, le 2e canal thérapeutique, le canal du ballonnet) et faire tremper dans le détergent enzymatique selon les directives du fabricant du détergent enzymatique.
  • Enlever l’endoscope du bassin de détergent enzymatique et le placer dans un bassin rempli d’eau propre pour le rinçage.
  • Rincer tous les canaux avec suffisamment d’eau pour enlever tout le détergent (utiliser au moins trois fois le volume total des canaux de l’endoscope soumis au retraitement. S’assurer d’utiliser une grande quantité d’eau pour enlever tout le détergent enzymatique). Il est acceptable d’utiliser l’eau potable du robinet pour rincer l’endoscope après le nettoyage.
  • Après le rinçage, purger les canaux de l’endoscope avec de l’air pour veiller à enlever toute l’eau. Essuyer les surfaces externes de l’endoscope avec un chiffon doux non pelucheux jetable pour enlever toute humidité résiduelle.

Tous les canaux devraient être brossés et rincés avant la désinfectionNote de bas de page 1 Note de bas de page 3 Note de bas de page 6 Note de bas de page 21 Note de bas de page 47 Note de bas de page 64 Note de bas de page 100.

Idéalement, le nettoyage et la désinfection des endoscopes devraient se faire immédiatement après leur usage. Dans certains cas, cela peut être difficile à faire (p. ex. lors d’interventions d’urgence après les heures de travail). S’il n’est pas possible de procéder au nettoyage immédiatement, l’endoscope peut être rincé et mis à tremper dans une solution de détergent enzymatique jusqu’à ce qu’il soit correctement retraitéNote de bas de page 101. Si l’endoscope a été nettoyé, mais qu’il n’a pas été désinfecté et qu’il a été laissé à tremper, il devrait être complètement nettoyé à nouveau avant la désinfection. Si par inadvertance des endoscopes souples sont laissés sans nettoyage jusqu’au lendemain, l’étape de nettoyage manuel doit être effectuée avec grand soin avant la désinfection/stérilisation. Comme nous l’avons mentionné précédemment dans la section sur la formation d’un biofilm, si un endoscope souple est laissé sans nettoyage jusqu’au lendemain, avec des microorganismes résiduels et des sécrétions du patient dans les canaux, il y aura formation de biofilm qui pourrait être difficile à enlever par la suite. Consulter le fabricant de l’endoscope pour obtenir des directives particulières en cas de retard dans le retraitement.

Peu d’études publiées se sont penchées sur la possibilité de remplacer le nettoyage manuel par le recours à un unités de retraitement automatique des endoscopes (URAE) dans le cadre du retraitement des endoscopes souples. Dans un article, les chercheurs ont constaté que l’étape de nettoyage automatique de l’URAE étudiée équivalait à un nettoyage manuel optimal pour les marques et modèles d’endoscopes souples à l’essaiNote de bas de page 95. Avec les avancées technologiques et la commercialisation d’URAE dotées d’un cycle de nettoyage, il faudra évaluer l’efficacité du nettoyage de ces nouveaux appareils. En attendant la réalisation de telles études, le nettoyage doit être fait manuellement.

1.4 Désinfection et stérilisation

On estime que la stérilisation est la méthode optimale. Cependant, la norme minimale acceptable pour le retraitement des endoscopes est la désinfection de haut niveau (DHN). À ce jour, la plupart des endoscopes souples sur le marché sont sensibles à la température et ne peuvent pas être stérilisés à la vapeur. (Remarque : certaines marques de bronchoscopes peuvent être stérilisées à la vapeur, mais elles sont peu utilisées).

Si l’on a recours à la DHN, il est essentiel que la durée d’exposition, la température et la concentration de la matière active soient constamment atteintes et très bien contrôlées.
1.4.1 Choix du produit de désinfectant de haut niveau

L’agent chimique liquide (ACL) idéal utilisé en tant que désinfectant de haut niveau devrait avoir les caractéristiques suivantes : large spectre antimicrobien, délai d’action rapide, compatible avec les instruments délicats, non toxique pour le personnel des soins de santé, les patients et l’environnement, inodore, ne tache pas, s’élimine sans restriction, longue durée de réutilisation et de conservation, facile d’usage, demeure actif en présence de protéines et de matière organique, capacité de surveillance de la concentration, coût relativement faible. Actuellement, aucun produit sur le marché ne satisfait à tous ces critères. Les principaux désavantages sont l’incompatibilité du matériel (p. ex. acide peracétique, peroxyde d’hydrogène) et la toxicité pour les humains (p. ex. le glutaraldéhyde)Note de bas de page 102.

Malgré leurs limites, les ACL sont pratiques, ils agissent assez rapidement et ils sont utilisés universellement pour retraiter les endoscopes souples et d’autres instruments. Lors du choix d’un produit de désinfectant de haut niveau, le personnel responsable de la prévention des infections devrait évaluer les besoins de l’établissement (p. ex. le nombre d’endoscopes retraités par jour, la formation, le délai d’exécution), se renseigner sur les coûts et connaître les exigences des règlements provinciaux et fédéraux en matière d’usage sécuritaire et d’élimination. Il est important que les travailleurs de la santé qui utilisent un désinfectant de haut niveau quelconque connaissent les fiches signalétiques de tous les produits chimiques/marques utilisés et puissent facilement y avoir accès et qu’ils se tiennent au courant des nouveaux produits et des nouvelles pratiques. Le tableau 5 énumère les produits/procédés à basse température actuellement approuvés pour la désinfection/stérilisation des endoscopes souples et contient des commentaires concernant leur usage approprié. Pour plus de détails sur les avantages et les désavantages des produits de désinfectant de haut niveau disponibles, le lecteur est invité à consulter Pratiques exemplaires en matière de nettoyage, de désinfection et de stérilisation dans tous les établissements de soins de santéNote de bas de page 2 Note de bas de page 12 Note de bas de page 102.

1.4.2  Agents chimiques liquides

La méthode la plus courante pour la désinfection/stérilisation des endoscopes souples est le recours à des agents chimiques liquides (ACL), dont le glutaraldéhyde, l’orthophthalaldéhyde (OPA), l’acide peracétique et le peroxyde d’hydrogène (voir le tableau 5). Le glutaraldéhyde a une valeur limite d’exposition prévue par la réglementation provinciale en matière de santé et sécurité au travail, et il faut prendre des précautions particulières en matière de traitement de l’air lors de son usage à cause de la propension de cet agent à susciter des réactions de sensibilisation chez certains travailleurs de la santé. Il faut respecter la durée adéquate de contact pour l’ACL utilisé, comme l’indique le tableau 5. La durée minimale de contact du glutaraldéhyde (alcalin ou acide) est de 20 minutes à la température ambiante. Même si le fabricant recommande une durée de contact de 45 minutes à 25 °C, les lignes directrices actuelles et les opinions d’experts confirment qu’une période de 20 minutes à la température ambiante (20 °C) est adéquate, pourvu qu’il y ait eu un prénettoyage minutieux avant l’exposition au glutaraldéhydeNote de bas de page 1 Note de bas de page 3 Note de bas de page 38 Note de bas de page 40 Note de bas de page 90 Note de bas de page 103 Note de bas de page 104 Note de bas de page 105.

L’orthophthalaldéhyde (OPA) a la durée d’exposition la plus courte, soit une durée de 10 minutes à la température ambiante (min 20 °C) ou de 5 minutes s’il est utilisé dans une URAE à une température minimale de 25 °C. Les renseignements fournis au tableau 5 étaient à jour au moment de la publication du présent document. Il faut toujours se reporter aux directives du fabricant pour le produit en question et pour obtenir d’autres précisions. On doit veiller à ce que le contenant du produit porte un numéro d’identification du médicament (DIN), ce qui signifie que le produit est homologué par Santé Canada pour le marché canadien.

1.4.3 Stérilisation au gaz à basse température et au gaz plasma

La stérilisation est nécessaire si l’endoscope pénètre dans le corps par une incision, comme dans le cas d’une entéroscopie peropératoireNote de bas de page 12 Note de bas de page 14. Les instruments médicaux critiques qui sont sensibles à la température et à l’humidité doivent être stérilisés à basse température (< 60 °C). Toutes les méthodes de stérilisation actuelles présentent des limites et il importe de les comprendre pour garantir l’application adéquate des nouvelles technologies de stérilisation dans les établissements médicauxNote de bas de page 106.

Peu importe la méthode de stérilisation utilisée, un nettoyage manuel complet et minutieux doit précéder la stérilisation afin d’enlever les sels et débris organiques Note de bas de page 107 Note de bas de page 108 Note de bas de page 109 Note de bas de page 110 Note de bas de page 111 .

La méthode de stérilisation à basse température la plus couramment utilisée est celle à l’oxyde d’éthylène. C’est la compatibilité de l’oxyde d’éthylène avec une vaste gamme de matériaux qui fait que le procédé est le plus approprié pour la plupart des instruments médicaux sensibles à la température et à l’humidité. Cependant, la méthode comporte des risques de toxicité pour le personnel, les patients et l’environnement ainsi que des risques associés à la manipulation d’un gaz inflammableNote de bas de page 112. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a rehaussé sa classification de l’oxyde d’éthylène du groupe 2A au groupe 1 (agent cancérogène connu pour les humains)Note de bas de page 113. On peut réduire au minimum l’exposition des travailleurs au produit en ayant recours à un système de ventilation adéquatement conçu et réservé à l’élimination de l’oxyde d’éthylène, à des pratiques sécuritaires en milieu de travail et à de la formation continueNote de bas de page 114.

La stérilisation à l’oxyde d’éthylène est une méthode acceptable pour les endoscopes souples, toutefois, une longue période d’aération de l’équipement est nécessaire après l’exposition pour permettre la désorption de tous les gaz toxiques résiduels de l’endoscope. En outre, d’autres étapes sont nécessaires (p. ex. application d’une valve d’aération ou retrait du bouchon étanche) pour garantir la perfusion adéquate du gaz et prévenir les dommages causés par l’accumulation de pression. Il existe des contenants spéciaux où loger les endoscopes souples durant ce procédé (il faudrait suivre les recommandations du fabricant). Il ne faut PAS placer les endoscopes souples dans leur contenant d’entreposage pendant leur stérilisation à l’oxyde d’éthylène.

La stérilisation par plasma de peroxyde d’hydrogène est utilisée dans les hôpitaux du monde entier depuis plus d’une dizaine d’annéesNote de bas de page 115. Contrairement à l’oxyde d’éthylène, le peroxyde d’hydrogène n’est pas toxique et ne laisse pas de résidus importants sur les instruments stérilisés. AlfaNote de bas de page 107 Note de bas de page 116 a démontré la difficulté d’obtenir une stérilisation en ayant recours aux systèmes de stérilisation au plasma, dans les lumières étroites en présence de sérum et de sels.

Elle a également démontré que le recours à un « booster »muni d’un adaptateur de lumière, qui apporte une source additionnelle de peroxyde d’hydrogène au creux de la lumière, semble rehausser l’efficacité du procédé de stérilisation par plasma. De nouvelles technologies de stérilisation par plasma ont été jugées supérieures aux anciens systèmes et elles améliorent la marge de sécurité de ce procédé de stérilisationNote de bas de page 109 Note de bas de page 117 Note de bas de page 118 Note de bas de page 119.

Lors du retraitement d’un endoscope au moyen d’un procédé de stérilisation par plasma de peroxyde d’hydrogène, il faut s’assurer que les lumières sont faites de Teflon® ou de polyéthylène et que les dimensions de ces lumières correspondent à celles précisées par le fabricant du stérilisateur en question. Il faut aussi s’assurer que l’endoscope est fait de matériaux qui sont compatibles avec cette méthode de retraitement. Si les lumières ou les matériaux ne correspondent pas aux recommandations du fabricant, consulter le fabricant de l’endoscope pour savoir comment stériliser adéquatement l’appareil.

Tableau 5. Désinfectants/procédés de stérilisation de haut niveau couramment utilisés pour le retraitement des endoscopes souples
MATIÈRE ACTIVE DURÉE DE CONTACT COMMENTAIRES
Désinfection de haut niveau
 Glutaraldéhyde à 2 % Les fabricants indiquent un minimum de 45 minutes à 25 ºC (selon l’opinion d’experts et les lignes directrices publiées, un minimum de 20 minutes à température ambiante (20 ºC) est adéquat).
  • Les aldéhydes sont des fixateurs de protéines; par conséquent, il est essentiel que l’instrument médical ait été méticuleusement nettoyé et rincé avant de l’exposer au glutaraldéhyde, car toute protéine résiduelle sera fixée sur la surface par ce désinfectant de haut niveau. Compte tenu de cette propriété de fixation des protéines, on ne devrait pas employer d’aldéhydes pour le retraitement des endoscopes utilisés chez des patients qui ont une infection à prions connue ou soupçonnée.
  • Les vapeurs de glutaraldéhyde sont sensibilisantes et les aires de travail doivent être adéquatement ventilées pour garantir que les concentrations demeurent sous les valeurs limites d’exposition (VLE) précisées dans les règlements de santé et sécurité (SST) au travail. L’usage d’une URAE atténue cet aspect.
  • La recirculation de l’air dans l’endroit où le produit est utilisé est interdite par les règlements de SST et la ventilation doit être dirigée vers l’extérieur. Selon la fiche signalétique (FS) du produit, il faut 10 renouvellements d’air/heure dans la pièce où le produit est utilisé.
  • Il est essentiel d’effectuer une surveillance régulière de la qualité de l’air pour veiller au contrôle des vapeurs de glutaraldéhyde.
  • Le glutaraldéhyde est réutilisable durant 14 à 28 jours (selon la formulation).
  • Il faut effectuer une vérification de la concentration minimale efficace (CME).
  • Le glutaraldéhyde est utilisé depuis très longtemps et coûte moins cher au gallon que les autres agents.
  • Dans certains endroits, l’élimination dans les égouts peut être réglementée.
Orthophthalaldhéhyde (OPA) Au moins 10 minutes à température ambiante (20 °C)
Au moins 5 minutes à 25 °C (lorsqu’utilisé avec une URAE)
  • L’OPA est un aldéhyde et il se lie aux protéines comme le fait le glutaraldéhyde, mais il est beaucoup moins fixateur que le glutaraldéhyde. Compte tenu de cette propriété de fixation des protéines, on ne devrait pas employer d’aldéhydes pour le retraitement des endoscopes utilisés chez des patients qui ont une infection à prions connue ou soupçonnée.
  • Les vapeurs peuvent causer une sensibilisation, mais elles causent moins de problèmes comparativement au glutaraldéhyde. La FS du produit précise qu’il faut 10 renouvellements d’air/heure dans la pièce où le produit est utilisé.
  • Il n’est pas nécessaire de surveiller la qualité de l’air pour ce qui est des vapeurs d’OPA.
  • L’OPA est réutilisable pendant 14 jours.
  • Il est nécessaire de procéder à une vérification de la CME.
  • Le rinçage après l’exposition à l’OPA est essentiel, car l’OPA est hydrophobe et difficile à éliminer des endoscopes souples par rinçage. L’usage d’une URAE facilite le rinçage adéquat après exposition.
  • L’OPA coûte plus cher que certains produits.
Peroxyde d’hydrogène à 7,5 %
(certaines formulations à 3 – 4 % ont également été validées lors des vérifications des allégations de DHN du fabricant)
15 à 30 minutes à 21 ºC (selon la formulation)
  • Des problèmes de compatibilité des matériaux ont été notés pour le laiton et le cuivre; le produit n’est donc pas largement utilisé avec les endoscopes souples.
  • Il est nécessaire de procéder à une vérification de la CME.
  • Le produit est réutilisable pendant 14 jours.
Acide peracétique à 0,2 % 5 minutes à 30 ºC ou 12 minutes à 50-56 ºC selon la formulation
  • Il n’y a pas de problèmes avec les vapeurs (sauf durant des déversements accidentels).
  • Le produit peut-être éliminé dans les égouts.
  • Le produit altère le fini d’aluminium anodisé.
Stérilisation
Oxyde d’éthylène (formulation à 100 % ou avec gaz porteur autre que le Fréon®) 30 minutes à 1 heure d’exposition (selon l’agent stérilisant)
  • Une aération de 8 à 12 heures est requise à 50-60 °CNote de bas de page 120.
  • Il faut exercer une surveillance des niveaux d’exposition à l’oxyde d’éthylène du personnel conformément aux VLE prescrites dans la réglementation de SST. Il faut se conformer à la réglementation fédéraleNote de bas de page 114 Note de bas de page 121.
  • La réglementation en SST interdit la recirculation de l’air dans l’endroit où le produit est utilisé; la ventilation doit être dirigée à l’extérieur.
  • Des contenants spéciaux approuvés pour usage de l’oxyde de l’éthylène doivent être utilisés pour les endoscopes souples.
Gaz plasma (peroxyde d’hydrogène vaporisé) ~ 50 minutes
  • Le produit est sécuritaire pour l’environnement, car il n’y a pas de vapeurs.
  • Les limites sont attribuables à la faible pénétration du gaz dans les lumières étroites et longues.
  • Limites liées à la compatibilité avec des matériaux.
  • On ne peut utiliser que les emballages appropriés pour l’usage avec le gaz plasma.

Remarque : Les lecteurs sont invités à vérifier les derniers renseignements sur l’homologation sur le site de la Direction des produits thérapeutiques de Santé Canada (TPD)

1.4.4 Unités de retraitement automatique des endoscopes (URAE)

Les unités de retraitement automatique des endoscopes (URAE) normalisent le procédé de désinfection et diminuent l’exposition du personnel aux désinfectants de haut niveau et aux agents de stérilisationNote de bas de page 122 Note de bas de page 123. Le fabricant de l’URAE doit fournir une liste des endoscopes souples pour lesquels le retraitement dans sa propre URAE a été validé, ainsi qu’une liste des désinfectants chimiques/agents stérilisants qui peuvent être utilisés avec cette URAENote de bas de page 124. Certaines URAE n’acceptent que certains agents chimiques à usage unique, tandis que d’autres peuvent fonctionner avec une gamme de désinfectant de haut niveau réutilisables. Dans chaque cas, il faut suivre les directives précises du fabricant de l’URAE et seuls les endoscopes compatibles avec l’URAE en question (comme l’indique le fabricant de l’endoscope et le fabricant de l’URAE) devraient être retraités par ces méthodes.

Si le fabricant de l’URAE recommande l’usage de raccords pour les endoscopes souples retraités dans l’appareil, il faut alors employé le bon raccord pour l’endoscope particulier à retraiterNote de bas de page 124 Note de bas de page 125 Note de bas de page 126. Les modèles actuels d’URAE auront tous des cycles de désinfection et de rinçage. En plus de ces cycles de base, ils peuvent aussi avoir une ou plusieurs des capacités suivantes : test d’étanchéité, cycle de nettoyage, rinçage à l’alcool, cycle de séchage.

Peu importe l’URAE utilisée, le nettoyage manuel (incluant un rinçage minutieux) doit être fait avant de placer l’endoscope souple dans l’URAE (même si l’on utilise le cycle de nettoyage de l’URAE)Note de bas de page 123 Note de bas de page 124.

Le cycle de nettoyage de l’URAE fournit une marge de sécurité additionnelle en effectuant un nettoyage supplémentaire, mais il ne remplace pas l’exigence absolue d’un nettoyage manuel minutieux. De plus, même si une URAE a la capacité d’exécuter le test d’étanchéité, la vérification manuelle des fuites devrait quand même être faite avant le nettoyage manuel. Si le cycle de l’URAE ne comprend pas un rinçage à l’alcool, cette étape doit être effectuée avant le séchage manuel à l’air forcé si l’endoscope souple doit être entreposé.

Des enquêtes concernant des infections consécutives à une bronchoscopie ont révélé des lacunes dans la procédure de retraitement associée à l’URAENote de bas de page 34 Note de bas de page 65. Des rapports ont également fait ressortir des incohérences entre les directives de retraitement fournies par le fabricant de l’URAE et celles du fabricant de l’endoscope, situation qui a entraîné l’usage de raccords de canaux inappropriés et un retraitement inadéquat des bronchoscopesNote de bas de page 126 Note de bas de page 127. Au Canada, le fait que l’on ait constaté une prolifération microbienne dans des composantes critiques de l’URAE même si l’entretien de celle‑ci avait été fait selon les recommandations, a suscité des préoccupations additionnelles concernant l’usage des URAE. Par conséquent, la Direction des produits thérapeutiques de Santé Canada (anciennement la Direction générale des produits de santé et des aliments) a publié des recommandations pour la sélection d’une URAENote de bas de page 124. Les critères énumérés au tableau 6 sont également décrits à la Partie V – Recommandations pour le retraitement des endoscopes souples, section 2.0 (f) i-vii de la présente ligne directrice.

Tableau 6 – Sélection d’une unité de retraitement automatique des endoscopesNote de bas de page 124

Avant d’acheter une URAE, il faut s’assurer que celle‑ci répond aux critères suivants :

  • l’URAE est autorisée pour la vente au Canada,
  • il n’y a aucun réservoir d’infection potentiel – c’est‑à‑dire des endroits dans l’URAE où l’eau et le désinfectant peuvent stagner,
  • l’URAE peut irriguer efficacement tous les canaux de tout endoscope à traiter, assurant un bon contact entre le désinfectant chimique et les parois des canaux,
  • tous les liquides utilisés (eau et produits chimiques) sont entièrement drainés et jetés après chaque cycle de lavage pour qu’il ne reste aucun réservoir d’infection potentiel (endroits dans l’URAE où l’eau peut stagner) et pour éliminer le risque de réutiliser des liquides contaminés,
  • pour le cycle de désinfection, veiller à ce que l’eau et les produits chimiques soient complètement drainés entre les cycles,
  • si l’URAE utilise un désinfectant à usage unique, il faut s’assurer que le désinfectant est évacué complètement et jeté après chaque cycle,
  • si le désinfectant employé est réutilisable, il faut faire en sorte que la concentration minimale efficace (CME) soit surveillée quotidiennement à l’aide des bandelettes réactives fournies par le fabricant du désinfectant. On doit jeter le désinfectant conformément aux règlements locaux si la date limite de réutilisation du désinfectant (telle qu’indiquée par le fournisseur) est échue ou si le désinfectant échoue à un contrôle de la CME, selon la première de ces éventualités,
  • on peut ajuster la durée du cycle et la température pour assurer la DHN ou la stérilisation, d’après le désinfectant/stérilisant utilisé,
  • on peut ajuster la durée du cycle pour assurer un rinçage adéquat selon le type d’endoscope à retraiter,
  • le fabricant de l’URAE identifie par marque et par modèle chaque endoscope pouvant être retraité adéquatement par l’URAE et les limites de l’appareil dans le retraitement de certains modèles d’endoscopes et d’accessoires (p. ex. : le diamètre de la lumière du câble d’élévation dans un duodénoscope peut faire obstacle au passage adéquat des liquides pour un retraitement efficace de ce secteur de l’endoscope).
1.4.5 Retraitement des accessoires d’endoscopie

Étant donné la nature complexe des accessoires de l’endoscope, il est essentiel de leur porter une attention particulière et de se conformer à un protocole validé pour leur retraitement. Les accessoires comme les pinces à biopsie, les papillotomes, les sphincterotomes et les brosses cytologiques peuvent être à usage unique (jetables) ou réutilisables. Tous les accessoires d’endoscopie réutilisables qui pénètrent les muqueuses sont considérés comme critiques et doivent être nettoyés avec un laveur à ultrasons puis stérilisés entre chaque patientNote de bas de page 4 Note de bas de page 12 Note de bas de page 14 Note de bas de page 47. Il faut respecter à la lettre les modes d’emploi et directives d’entretien des produits réutilisables du fabricantNote de bas de page 11 Note de bas de page 28.

Il est important que chaque établissement soit parfaitement au courant de tous les enjeux que comporte la sélection des accessoires. Par exemple, si des accessoires réutilisables sont employés, l’établissement doit avoir l’équipement de nettoyage approprié (comme un laveur à ultrasons) pour leur retraitement adéquat. Le matériel médical contaminé ou endommagé est une source potentielle de contamination croisée, d’infection et de blessure pour les patients et le personnel. Lors d’une éclosion de huit cas d’infection à Salmonella Newport chez des patients subissant une coloscopie, la souche épidémique n’a pas été détectée sur les quatre coloscopes utilisés durant l’éclosion, mais elle était présente sur le ressort spiralé d’une pince à biopsie, accessoire qui est difficile à nettoyer de façon mécaniqueNote de bas de page 58. À ce jour, l’usage de vapeur sous pression est la seule méthode qui permet la pénétration efficace des spirales métalliques du ressortNote de bas de page 4 Note de bas de page 101.

Principalement pour des raisons d’ordre économique, la réutilisation du matériel critique et semi‑critique à usage unique se fait couramment dans bon nombre d’établissements, bien que cette pratique soit encore sujette à controverseNote de bas de page 129. Au Canada, les résultats d’une récente enquête montrent que les pratiques en milieu hospitalier n’ont pas beaucoup changé au cours des dix dernières années et qu’une minorité d’hôpitaux retraitent le matériel médical à usage unique (MMUU)Note de bas de page 130. Aux États-Unis, les lignes directrices stipulent que le retraitement du matériel à usage unique doit satisfaire à la même norme que celle garantie par le fabricant. Certaines tierces entreprises fournissent ce service, mais il doit être effectué rigoureusement et soumis à des contrôles. Au Canada, il n’existe à ce jour aucun fournisseur agréé de services de retraitementNote de bas de page 2 Note de bas de page 131.

Lorsque le fabricant n’approuve pas la réutilisation, l’établissement sera tenu légalement responsable d’établir à quel moment et dans quelles conditions la réutilisation du matériel médical ne présente pas un risque accru pour les patients et de prouver qu’une norme de diligence raisonnable a été maintenue durant la réutilisation du matériel en question. Tous les établissements qui choisissent de réutiliser du matériel médical à usage unique doivent valider la stérilité et l’intégrité du matériel retraité et disposer de protocoles détaillés incluant des mécanismes d’évaluation continue et d’assurance de la qualité. Cela comprend la formation initiale et la formation continue du personnel, ainsi que des politiques et des normes pour déterminer le nombre maximal d’utilisations du matériel et en surveiller l’usageNote de bas de page 132 Note de bas de page 133 Note de bas de page 134. En règle générale, il n’est pas recommandé de réutiliser du matériel médical à usage unique.

Tableau 7 – Recommandations de Santé CanadaNote de bas de page 124

I. Instruments médicaux réutilisables

  • Les établissements de santé et les fournisseurs de soins de santé devraient lire attentivement le mode d’emploi du fabricant avant d’acheter des instruments médicaux réutilisables pour s’assurer que le retraitement de ces instruments peut se faire adéquatement avec l’équipement dont ils disposent.
  • Les établissements de santé et les fournisseurs de soins de santé devraient exiger des fabricants qu’ils incluent des directives complètes pour l’emploi, le démontage, le nettoyage, le remontage et la stérilisation de tous les instruments réutilisables et qu’ils offrent la formation appropriée aux utilisateurs lorsqu’elle est essentielle à l’usage sécuritaire du produit.
  • Les établissements de santé et les fournisseurs de soins de santé devraient établir des procédures et offrir de la formation au personnel, pour que les instruments soient nettoyés et stérilisés conformément aux directives du fabricant. Ces directives devraient être classées, de manière à être facilement récupérables et consultables par les utilisateurs.
  • Les établissements de santé et les fournisseurs de soins de santé devraient valider leurs procédures de stérilisation, les réexaminer régulièrement et s’assurer qu’elles sont suivies.
  • Les établissements de santé et les fournisseurs de soins de santé devraient signaler à Santé Canada tout cas d’omission par le fabricant de fournir des directives adéquates pour l’emploi, le nettoyage et la stérilisation d’un instrument réutilisable.

II. Instruments médicaux à usage unique

  • Santé Canada se préoccupe du fait que la réutilisation d’instruments à usage unique pourrait exposer les patients à des dangers. Il s’attaque à ce dossier, en collaboration avec les provinces, les territoires et les intervenants.
1.4.6 Valves et flacons de lavage (bouteilles d’eau)

On a signalé des éclosions impliquant des pièces amovibles comme des valves d’aspirationNote de bas de page 59. Après chaque acte endoscopique, les valves doivent être retirées de l’endoscope, nettoyées manuellement et soumises à la DHN ou à la stérilisation conformément aux directives du fabricant. Il est impératif que toutes les fentes et fissures soient minutieusement nettoyées afin de les rendre exemptes de débris. On recommande l’utilisation d’un laveur à ultrasons pour faciliter le retrait des saletés. Il faut effectuer un rinçage adéquat après la sonification en vue d’enlever toute souillure dégagée par le procédé. Les flacons de lavage et leur tube de raccordement devraient être stérilisés ou, au minimum, soumis à une DHN au moins une fois par jour, et seule de l’eau stérile devrait être utilisée pour remplir les flaconsNote de bas de page 1 Note de bas de page 33 Note de bas de page 85 Note de bas de page 135.

Remarque : Pour chaque intervention de CPRE, il faut utiliser un flacon fraîchement stérilisée rempli d’eau stérile Note de bas de page 1 Note de bas de page 135 .

2. Endoscopes à gaine

Une des méthodes proposées pour ne pas avoir à suivre un protocole complexe de retraitement est d’employer un endoscope à gaine. L’endoscope à gaine comprend un endoscope réutilisable sans canal et une seule unité à gaine jetable et stérile constituée de la gaine, des canaux air et eau et d’aspiration, d’une fenêtre distale et d’une enveloppe pour recouvrir la composante de commande de l’endoscope. Toutes les surfaces contaminées, y compris les canaux, sont alors jetées, ce qui élimine tout risque de transmission croisée d’agents infectieux provenant du patient précédentNote de bas de page 136. Il existe peu d’études sur l’utilisation d’instruments à gaine pour l’endoscopie haute et basse. Dans une étude prospectiveNote de bas de page 137, les chercheurs ont constaté que le temps nécessaire au retraitement de l’instrument à gaine était significativement plus court (c.-à-d. 9,6 minutes comparativement à 47 minutes) que pour un gastroscope conventionnel. D’autres étudesNote de bas de page 138 Note de bas de page 139 ont fait état de résultats semblables avec des temps réduits de retraitement d’instruments, mais certaines préoccupations existent quant à la capacité fonctionnelle des endoscopes à gaine et quant au coût de la gaine comparativement au coût du retraitement de l’endoscopeNote de bas de page 140.

3. Entreposage des endoscopes souples

Les endoscopes souples devraient être entreposés dans une armoire de rangement réservée à cette fin et munie d’une porte de façon à prévenir la recontamination ou les brisNote de bas de page 141.

Les armoires de rangement devraient satisfaire aux critères suivants :

  • être faites de matériaux qui peuvent être désinfectés une fois par semaine avec un désinfectant de bas niveau approuvé;
  • être ventilées lorsque les portes sont fermées;
  • être situées ailleurs que dans une salle d’intervention, une salle de retraitement ou un endroit très passant;
  • être facilement accessibles de façon que l’on puisse y placer les endoscopes sans les endommager, sans mettre en danger les travailleurs de la santé (p. ex. un travailleur devant atteindre une étagère élevée pour aller chercher un endoscope entreposé);
  • pouvoir contenir un nombre d’endoscopes suffisant pour la capacité d’accueil des patients;
  • être conçues de manière à permettre l’entreposage vertical des endoscopes, dans une position déroulée pour faciliter le séchage.

Il existe des armoires de rangement munies de connexions qui permettent de faire circuler de l’air dans les canaux des endoscopes, assurant ainsi le séchage complet des canauxNote de bas de page 142. De telles armoires spéciales ne sont pas nécessaires si le séchage manuel est bien fait avant l’entreposage. Si un endoscope souple doit être entreposé pendant plus d’une semaine avant d’être utilisé, il doit être retraité avant usageNote de bas de page 143 Note de bas de page 144 Note de bas de page 145 Note de bas de page 146.

Il est essentiel que les valves soient entreposées séparément de l’endoscope. Elles peuvent être placées dans un sac-filet et suspendues au-dessus de l’endoscope, mais elles ne devraient pas être placées dans l’orifice de l’endoscope destiné à les recevoir. Si l’on entrepose les endoscopes avec leurs valves en place, l’humidité risque d’être emprisonnée dans les canaux, ce qui favorisera la prolifération microbienne et la formation de biofilm au sein des canauxNote de bas de page 141.

L’étui de transport utilisé pour déplacer les endoscopes propres et retraités hors du milieu de soins de santé ne devrait pas servir à entreposer un endoscope ou à transporter l’instrument d’un endroit à l’autre de l’établissement de santé. Un endoscope placé dans son étui de transport devra être retraité avant d’être utilisé sur un patient. Si l’étui de transport devenait contaminé, il faudrait contacter le fabricant de l’étui en question pour obtenir d’autres directives. Dans certains cas, il faudra peut-être jeter l’étui de transportNote de bas de page 85 Note de bas de page 147.

4. Gestion de la qualité

Le retraitement adéquat des endoscopes souples est obligatoire pour assurer la sécurité des patients qui subissent une endoscopie pulmonaire ou digestive. Un programme de gestion de la qualité devrait comporter les éléments suivantsNote de bas de page 4 Note de bas de page 6 Note de bas de page 101 Note de bas de page 148 Note de bas de page 149:

Formation du personnel

  • Le personnel responsable du retraitement doit avoir reçu une formation suffisante pour effectuer le retraitement de façon adéquate et sécuritaire. La formation devrait être continue et inclure une partie pratique avec les divers endoscopes utilisés dans l’établissement. Cette formation devrait être documentée par le formateur principal.
  • L’ajout de nouveaux instruments devrait être précédé par une formation adéquate pour le personnel. Un programme annuel de recertification devrait être envisagé.
  • On devrait disposer de protocoles écrits, assortis de rappels fréquents au personnel de l’importance de ne pas déroger aux directives écrites.

Administration

  • Un contrôle du matériel incluant une inspection visuelle pour déterminer les facteurs pouvant compromettre la méthode de nettoyage ou de désinfection.
  • Le maintien d’un registre pour chaque intervention endoscopique, incluant, sans toutefois s’y limiter, le type d’intervention avec la date et l’heure, le modèle et le numéro de série de l’endoscope utilisé, les renseignements concernant le patient, le personnel ayant participé à l’intervention, l’information sur la méthode de retraitement (p. ex. le numéro de série ou d’identification de l’URAE, le produit chimique utilisé, le personnel effectuant le retraitement). Ces renseignements aideront à lier de façon rétrospective l’endoscope utilisé pour chaque intervention chez un patient.
  • Des vérifications annuelles des procédés de retraitement et des pratiques de prévention et de contrôle des infections.
  • Un programme d’entretien préventif pour tous les instruments médicaux (c.-à-d. les endoscopes, l’URAE, le matériel de vérification des fuites).
  • Un système de surveillance capable de détecter les grappes d’infections ou de pseudo-infections associées à des actes endoscopiques.
  • La notification au personnel responsable de la prévention et du contrôle des infections de tout cas d’infection soupçonnée ou confirmée.
  • Il importe de consulter le personnel responsable de la prévention et du contrôle des infections au moment de revoir la procédure ou la politique de retraitement, de la modifier ou de la mettre à jour.

4.1 Formation du personnel

Le retraitement des endoscopes souples comporte une étroite marge de sécurité à cause de la complexité des instruments et des procédés utilisés. Le non‑respect des recommandations de retraitement du fabricant pourrait faire en sorte que des microorganismes demeurent dans l’instrument, augmentant ainsi le risque d’infectionNote de bas de page 95. Le retraitement des endoscopes souples, comme toute activité humaine, est sujet à l’erreur, car il s’agit d’un procédé en plusieurs étapes qui est tributaire des humains et du matériel de nettoyage manuel ou automatique. La probabilité d’erreurs est accrue si le personnel qui manipule les endoscopes souples durant leur retraitement est inexpérimenté ou sans formation. Un élément majeur de la gestion de la qualité consiste à veiller à ce que le personnel en endoscopie reçoive une formation portant expressément sur le matériel utilisé et à ce qu’il y ait une vérification continue des compétences pour garantir la conformité aux protocoles. Pour que le nettoyage et la désinfection soient effectués adéquatement, il est essentiel d’avoir des employés compétents qui maintiennent une excellence constante dans leur pratiqueNote de bas de page 2, Note de bas de page 3, Note de bas de page 4, Note de bas de page 6, Note de bas de page 7, Note de bas de page 9, Note de bas de page 11, Note de bas de page 16, Note de bas de page 45, Note de bas de page 85, Note de bas de page 91, Note de bas de page 149.

L’information relative à la prévention et au contrôle des infections est une composante primordiale du programme d’orientation et de formation continue de tout le personnel, y compris les médecins, les infirmières et les techniciens qui travaillent en endoscopieNote de bas de page 6, Note de bas de page 9. Le programme d’orientation et de formation continue devrait inclure, sans toutefois s’y limiter, les éléments suivants :

  • Mécanismes de transmission des maladies,
  • Pratiques de base et précautions additionnelles,
  • Utilisation appropriée de l’équipement de protection individuelle,
  • Réglementation en matière de santé et de sécurité au travail,
  • Procédures de retraitement des endoscopes souples et de leurs accessoires,
  • Pratiques de travail sécuritaires,
  • Manipulation sécuritaire des produits chimiques utilisés dans le cadre du retraitement,
  • Gestion sécuritaire des déchets,

Un exemple de protocole de formation figure à l’annexe G.

4.2 Entretien préventif et réparations

L’évaluation périodique des endoscopes par des employés compétents peut réduire à la fois les risques pour les patients et les coûts de réparation. Les fabricants fourniront du personnel technique qualifié pour de telles évaluations et un service sur place. Les réparations devraient toujours satisfaire ou dépasser les spécifications originales du fabricant et être faites avec des pièces du constructeur d’origine du matériel. La détection des réparations mineures à faire avant que d’autres bris ne surviennent peut permettre de prévenir l’utilisation sur un patient d’un endoscope qui ne satisfait pas aux normes; elle peut aussi éviter des réparations et des coûts majeurs inutiles.

Durant le nettoyage manuel, du personnel qualifié devrait inspecter les instruments pour vérifier leur bon fonctionnement et la présence de brisNote de bas de page 4, Note de bas de page 11. Si un endoscope doit être réparé, il importe d’assurer une désinfection adéquate; si la désinfection est impossible, il faut alors suivre les précautions de manipulation indiquées par le fournisseur de service pour l’expédition d’un endoscope contaminé et conformément aux directives provinciales et fédérales du transport des marchandises dangereusesNote de bas de page 11. Lorsqu’un endoscope doit être réparé par quelqu’un d’autre que le fabricant d’origine (c.-à-d. un tiers effectuant des réparations), le fournisseur de service devrait fournir de l’information à l’effet que le nouveau produit ou le produit réparé répond aux spécifications originales du produit ou les surpasse (p. ex. si le canal d’aspiration est remplacé ou réparé, le matériau utilisé devrait être physiquement compatible avec le désinfectant de haut niveau utilisé).

Les réparations doivent être effectuées par quelqu’un qui connaît les divers matériaux utilisés pour les réparations et qui est au fait de la complexité mécanique de l’endoscope souple à réparer.

4.3 Contrôle de la charge microbienne dans les canaux des endoscopes souples

Deux problèmes peuvent survenir durant le retraitement des endoscopes souples : i) la persistance de matières organiques si le nettoyage est inadéquat et ii) la présence de microorganismes résiduels si la désinfection de haut niveau ou la stérilisation est sous-optimale ou si les endoscopes ne sont pas bien séchés avant leur entreposage. Le recours à des cultures de contrôle continu du milieu endoscopique dans le but de vérifier l’efficacité des techniques courantes de nettoyage et de désinfection demeure controversé. Les directives des sociétés d’endoscopie digestive de l’AustralieNote de bas de page 10 et de la FranceNote de bas de page 150, celles de la European Society of Gastrointestinal Endoscopy (ESGE) et de la European Society of Gastroenterology and Endoscopy Nurses and Associates (ESGENA)Note de bas de page 151 préconisent de réaliser des cultures régulières de prélèvements effectués sur des endoscopes souples et des URAE à la recherche de pathogènes précis. Les directives nord-américaines, pour la plupart, ne recommandent pas un contrôle systématique des canaux d’endoscope à moins que l’on ait constaté la transmission d’infections, une éclosion ou une erreur de retraitementNote de bas de page 3, Note de bas de page 4. La surveillance systématique de la charge microbienne dans les canaux des endoscopes souples peut être utile à titre de « contrôle du procédé » en fournissant un outil précieux d’assurance de la qualité pour aider à identifier des problèmes auparavant inconnus associés à la méthode de retraitementNote de bas de page 135, Note de bas de page 136, Note de bas de page 152, Note de bas de page 153, Note de bas de page 154. Les résultats de cette surveillance pourraient servir à renforcer l’adhésion du personnel aux bonnes techniques de retraitement ou à reconnaître la nécessité de réviser les procédures et politiques en matière de retraitement. Le contrôle de la charge microbienne ne devrait pas servir à déterminer qu’un endoscope en particulier doit être mieux retraité avant usage. Quant à la nécessité d’aviser le patient après une endoscopie lorsque la surveillance a permis de relever des lacunes dans le retraitement, la question demeure controversée. L’annexe D résume comment effectuer une vérification de la charge microbienne dans le cadre d’une enquête sur une éclosion.

5. Protection des travailleurs de la santé pendant l’endoscopie/bronchoscopie et pendant le retraitement du matériel

5.1 Risques associés à l’endoscopie

Les interventions d’endoscopie et de bronchoscopie peuvent comporter un risque d’infection pour le patient comme pour le travailleur de la santé (TS). Même si l’on n’a signalé aucun cas de transmission d’un pathogène à diffusion hématogène d’un patient à un travailleur de la santé durant une endoscopie, une telle transmission demeure possible. Une piqûre d’aiguille ou une blessure causée par un instrument pointu ou tranchant impliquant un patient infecté représente le plus grand risque de transmission de pathogène à diffusion hématogène pour les travailleurs de la santé. La probabilité de transmission par une piqûre d’aiguille ou une blessure par un instrument pointu ou tranchant pourrait atteindre 30 % pour le VHB, 4 % pour le VHC et 0,25 % pour le VIHNote de bas de page 19, Note de bas de page 155. La probabilité d’exposition percutanée à des pathogènes transmis par le sang est liée principalement à une blessure causée par des accessoires endoscopiques pointus contaminés (comme des anses, des pinces à biopsie). Cependant, la possibilité d’exposition des muqueuses à des sécrétions contaminées est réelle si les travailleurs de la santé ne portent pas d’équipement de protection individuelle (EPI)Note de bas de page 13, Note de bas de page 46. Il est primordial que tous les travailleurs de la santé de l’unité d’endoscopie se conforment aux pratiques de base pour réduire au minimum le risque d’infection.

Le risque de transmission de la tuberculose (TB) par des patients infectés qui subissent une bronchoscopie est également préoccupantNote de bas de page 72. Les mesures de prévention et de contrôle des infections précisent que le personnel doit utiliser un appareil de protection respiratoire N95 lorsque des patients pouvant avoir une infection respiratoire subissent une bronchoscopie.

5.2 Risques associés au retraitement

Les procédures de retraitement comportent un risque potentiel d’exposition à des agents biologiques (p. ex. des agents infectieux) et chimiques (p. ex. désinfectant de haut niveau). Les travailleurs de la santé peuvent être contaminés lors de manipulation inadéquate d’instruments qui ont été contaminés par un patient, comme un endoscope ou ses accessoires après une intervention d’endoscopie. Avant d’entreprendre tout nettoyage d’un endoscope souple, le personnel devrait revêtir l’EPI approprié. Le personnel responsable du retraitement doit savoir que même après le nettoyage manuel de l’endoscope souple, des microorganismes infectieux viables peuvent encore être présents sur ou dans l’endoscope (le procédé de nettoyage ne désinfecte pas l’endoscope) et qu’il est encore nécessaire de porter l’EPI pour manipuler l’endoscope après le nettoyage.

Le nettoyage et la désinfection des endoscopes impliquent l’utilisation de produits chimiques qui peuvent émettre des vapeurs toxiques et exacerber les allergies. Pour éviter ces dangers pour le personnel, les patients et l’environnement, il faut utiliser ces produits avec prudence et suivre les mesures de sécurité établies. Il faut consulter l’étiquette du produit ou la FS associée à chaque produit pour connaître la façon adéquate de manipuler le produit.

5.3 Mesures de précaution et pratiques de prévention et de contrôle des infections

Les mesures les plus importantes pour éviter de contracter une infection consistent à avoir de bonnes pratiques d’hygiène des mains et à porter l’EPI approprié. En outre, il est primordial de retirer l’EPI de la bonne façon après une intervention, car ce dernier peut être une source d’infection. Tout le personnel participant à l’acte endoscopique ou au retraitement de l’endoscope après usage doit connaître les principes fondamentaux des « pratiques de base »Note de bas de page 13 et du « lavage des mains »Note de bas de page 12. On recommande le lavage des mains avant et après chaque contact avec un patient et son milieu environnantNote de bas de page 12, Note de bas de page 156. On recommande de porter des gants et une blouse imperméable durant une intervention d’endoscopie et lors du nettoyage des endoscopes. Les blouses devraient être changées entre chaque intervention, après le nettoyage des instruments et lorsqu’elles sont visiblement salesNote de bas de page 157. Bien que rares, il y a eu des rapports de cas de transmission du VHC par des éclaboussures de sang qui ont atteint la conjonctive de travailleurs de la santéNote de bas de page 158, Note de bas de page 159 on a aussi signalé un cas de conjonctivite bactérienne consécutive à des éclaboussures durant une coloscopieNote de bas de page 73. Par conséquent, le port d’un dispositif de protection faciale (c.-à-d. masque et protection oculaire/écran facial) est recommandé pour protéger les muqueuses des yeux, du nez et de la bouche durant tout acte endoscopique et lors du retraitement des instruments. Les lunettes ne sont pas suffisantes pour protéger des éclaboussures. Pour les interventions d’endoscopie, en général, un masque chirurgical/opératoire suffira. Si l’on soupçonne une infection, il est recommandé de porter un appareil de protection respiratoire N95 approuvé par le NIOSH durant une bronchoscopieNote de bas de page 160, Note de bas de page 161, Note de bas de page 162, Note de bas de page 163. L’EPI ne devrait pas être porté hors de la salle où a lieu l’intervention ou hors de la salle où sont nettoyés les instruments.

5.4 Considérations en matière de santé et sécurité au travail

Les travailleurs de la santé qui travaillent dans des milieux où l’on manipule des endoscopes devraient recevoir tous les vaccins recommandés par le Comité consultatif national de l’immunisationNote de bas de page 164, y compris le vaccin contre l’hépatite B. Les travailleurs de la santé devraient également subir régulièrement un test intradermique à la tuberculine, conformément aux Lignes directrices pour la lutte antituberculeuse dans les établissements de soins et autres établissements au CanadaNote de bas de page 165. La fréquence des tests intradermiques à la tuberculine dépendra du nombre de patients atteints de tuberculose suivis en clinique (p. ex. une fois par année ou tous les 6 mois dans les établissements à risque élevé)Note de bas de page 165. En cas d’exposition à un patient atteint de tuberculose infectieuse, on recommande de suivre le protocole de l’hôpital pour la prise en charge post-exposition. De la même façon, s’il y a exposition percutanée ou muqueuse à du sang ou à des liquides organiques durant l’intervention, il faudra effectuer un suivi par l’entremise du programme de santé et sécurité au travail.

L’exposition au glutaraldéhyde peut causer des maux de tête, une conjonctivite, une dermatite, des réactions d’allure asthmatique et une irritation nasaleNote de bas de page 21. Ces effets peuvent être réduits au minimum par une ventilation à la source appropriée et conformément à la FS du produit utiliséNote de bas de page 11. Des désinfectants de haut niveau moins toxiques (comme l’orthophthalaldéhyde à 0,55 %) sont maintenant disponibles, mais aucun produit n’est parfaitNote de bas de page 166. Lors du nettoyage des endoscopes, afin d’éviter tout contact avec des produits chimiques pouvant causer des lésions caustiques, le personnel devrait porter des gants et une protection faciale (masque et protection oculaire/écran facial) pour se protéger les yeux, les muqueuses et le visage, et une blouse ou un tablier imperméable pour se protéger le corpsNote de bas de page 157. Tous les produits chimiques doivent être entreposés et manipulés adéquatement et tous ceux qui manipulent des produits chimiques doivent connaître les risques associés à ces produits et savoir ce qu’il faut faire en cas de déversement. Il faut consulter l’étiquette de chaque produit ou sa FS pour connaître la manipulation appropriée.

5.5 Contrôles environnementaux

Certains microorganismes sont transmissibles par voie aérienne (p. ex. la tuberculose) et des contrôles environnementaux s’imposent. On exige une pression négative dans les salles où sont réalisées les bronchoscopies et les salles de réveil après l’interventionNote de bas de page 165, Note de bas de page 167. On recommande au moins 12 renouvellements d’air à l’heure pour les nouvelles unités de bronchoscopie en construction et 6 renouvellements d’air à l’heure pour les établissements existants. L’air devrait être dirigé vers l’intérieur (pression négative) et devrait être évacué à l’extérieur par un système réservé à cette fin ou muni de filtres HEPANote de bas de page 9, Note de bas de page 167, Note de bas de page 168, Note de bas de page 169. La salle de retraitement des instruments d’endoscopie devrait aussi être en pression négative et il faut prévoir au moins huit renouvellements d’air à l’heure de façon à protéger le personnel des vapeurs toxiques générées par les agents de nettoyage ou de désinfection. Des contenants couverts devraient également être utilisés pour un contrôle additionnel des vapeursNote de bas de page 167, Note de bas de page 170.

Les aires de travail doivent être adéquatement ventilées de façon que les concentrations de produit demeurent sous les valeurs limites d’exposition précisées dans les règlements provinciaux en matière de SST. Ces règlements interdisent la recirculation de l’air dans le secteur où le produit est utilisé, et l’air doit être évacué à l’extérieur. Le recours à une URAE aide à réduire la concentration des vapeurs et le risque associé aux éclaboussures.

L’oxyde d’éthylène est une substance désignée aux termes de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Les établissements de santé qui utilisent au moins 10 kg d’oxyde d’éthylène par année aux fins de stérilisation doivent respecter les Lignes directrices pour la réduction des rejets d’oxyde d’éthylène provenant de la stérilisationNote de bas de page 121 et la norme CSAZ314.9-01 Installation et ventilation des stérilisateurs à l’oxyde d’éthylène dans les établissements de santé de l’Association canadienne de normalisationNote de bas de page 114.

6. Aménagement d’une unité d’endoscopie

L’aménagement d’une unité d’endoscopie est important afin de faciliter la prévention et le contrôle adéquats des infections et de favoriser la santé et la sécurité au travail. Les principaux points à considérer dans l’aménagement et l’utilisation de l’espace pour les interventions sur les patients, le retraitement et l’entreposage du matériel sont notamment : i) le volume de patients, ii) la densité de circulation et iii) les types d’actes endoscopiques effectuésNote de bas de page 4. Le principal objectif est d’obtenir une circulation efficace des patients et du personnel dans l’unité – de l’aire de réception à la salle d’intervention, puis la salle de réveil – tout en maintenant une séparation distincte entre les aires de soins des patients et les secteurs et le matériel contaminés. Des conditions de travail agréables, autant pour le personnel clinique que le personnel de soutien, favoriseront la pratique systématique d’interventions adéquates. L’unité d’endoscopie idéale permettrait une circulation des patients et des endoscopes en boucle ou dans un seul sens.

Dans les salles d’intervention, le déroulement du travail devrait se faire de la zone propre à la zone contaminée. On recommande de désigner une zone propre pour les activités de consignation au dossier et de dictée et pour les fournitures. Il doit y avoir une zone distincte réservée au prénettoyage des endoscopes et à la manipulation des instruments contaminés. La salle d’intervention devrait être dotée d’un lavabo réservé au lavage des mains et muni d’un dispositif mains libres.

Pour les patients atteints d’une maladie infectieuse transmissible par l’air, confirmée ou soupçonnée, on devrait disposer d’un lieu permettant de prendre les précautions appropriées si ces patients ne peuvent pas être transportés immédiatement dans une salle adéquatement ventiléeNote de bas de page 13, Note de bas de page 166.

Au moment d’aménager une unité d’endoscopie, on recommande de prévoir des toilettes et un vestiaire privés pour les patients. Il serait bon de réserver une salle de repos pour le personnel, puisque les activités personnelles (manger, boire, se maquiller, mettre des lentilles cornéennes, etc.) devraient être interdites dans toutes les zones de soins des patients et dans la salle de retraitementNote de bas de page 4, Note de bas de page 171.

La zone de retraitement des instruments devrait être physiquement séparée des salles d’intervention; elle devrait être désignée comme zone d’accès restreint et aménagée de façon à permettre au personnel de se conformer au déroulement du travail dans un seul sensNote de bas de page 11,Note de bas de page 67. On peut regrouper les fonctions de retraitement en trois catégories générales : le nettoyage, la décontamination et l’entreposage. Le déroulement du travail devrait être unidirectionnel, soit de la zone contaminée ou « sale » vers la zone de nettoyage et ensuite vers l’entreposage. Un espace adéquat devrait être alloué pour chaque fonction, avec une zone réservée à l’entreposage dans une salle distincteNote de bas de page 167. Les zones de retraitement devraient avoir un système de plomberie et des drains distinctsNote de bas de page 11; si des URAE sont utilisées, le secteur devrait disposer d’un espace adéquat et de connexions aux services publics selon l’appareil utiliséNote de bas de page 4, Note de bas de page 167. On recommande de fournir un espace adéquat pour le rangement des désinfectants chimiques près de l’URAE. D’autres points à considérer pour la zone de retraitement des endoscopes sont l’installation d’un plancher monolithique ou sans jointsNote de bas de page 167, Note de bas de page 168 et de comptoirs en acier inoxydable. Les lavabos devraient avoir un contour arrondi et être assez creux pour permettre l’immersion complète des endoscopes. Ils doivent être de taille suffisante pour que l’endoscope n’y soit pas enroulé de façon serrée, car cela pourrait endommager les faisceaux de fibres optiques. Toute autre caractéristique de conception qui facilite le nettoyage est souhaitable. La présence de portes et de lavabos munis de dispositifs mains libres améliorera le déroulement du travail et réduira le risque de contamination croisée. Des lavabos distincts réservés au lavage des mains doivent être présents à chaque entrée ou sortie.

Il faut prévoir une ventilation appropriée (voir la section 5.5) pour éliminer les vapeurs toxiques des produits chimiques de désinfection ainsi que les particules ou microbes sous forme d’aérosols. Le local réservé au nettoyage manuel et à la désinfection devrait être en pression négative par rapport aux pièces adjacentes, tandis que la zone d’entreposage des endoscopes devrait être en pression positiveNote de bas de page 170. La ventilation dans la zone d’entreposage devrait être adéquate pour assurer un entreposage des endoscopes propres dans un milieu sec.

7. Surveillance, enquête sur les éclosions et gestion des éclosions

Peu de milieux de soins ont en place des programmes de surveillance régulière post-intervention pour suivre l’incidence des infections associées à l’endoscopie. De nombreuses endoscopies sont maintenant effectuées en consultation externe et il est difficile de faire le suivi des patients dans la communauté. En outre, certaines infections, comme l’hépatite B et la tuberculose, ont de longues périodes d’incubation et, par conséquent, une infection clinique se manifestant plus tard peut ne pas être associée à une endoscopie antérieure. On a suggéré de mettre en place des programmes de surveillance des infections, au moins de façon périodique, pour les interventions à risque élevé comme la Cholangio-Pancréatographie Rétrograde par voie Endoscopique (CPRE)Note de bas de page 45.

L’éclosion est définie comme étant une augmentation du taux d’infection ou de maladie au-dessus de la normale. De ce fait, il faut avoir en place une surveillance continue des complications possibles pour connaître ou être en mesure de calculer le niveau de fond; on peut aussi effectuer un examen rétrospectif pour obtenir des données de base. On a signalé de nombreuses éclosions d’infections reliées aux actes endoscopiques (voir le tableau 1) ainsi que des cas de transmission de microorganismes sans maladie reliés à des endoscopes contaminés (voir le tableau 2).

Tout cas d’infection après une intervention d’endoscopie devrait être examiné puisqu’il peut s’agir d’un événement sentinelle signalant la présence d’une éclosion. Si l’on soupçonne une éclosion, il est recommandé d’entreprendre une enquêteNote de bas de page 4, Note de bas de page 172. L’annexe H décrit les étapes à suivre pour effectuer une enquête sur une éclosion. Bon nombre d’étapes peuvent avoir lieu simultanément.

8. Enquête sur un problème de retraitement

Les incidents d’exposition potentielle dus à des manquements aux directives de désinfection et de stérilisationNote de bas de page 57, Note de bas de page 173 et à des lacunes dans les procédés de désinfection ou de stérilisationNote de bas de page 25 sont fréquents dans les milieux de soins. Le but d’une enquête sur un problème possible de retraitement est de déterminer quels sont les facteurs à l’origine de cette exposition potentielle et de protéger les patients contre des événements indésirables; l’enquête ne vise nullement à jeter le blâme sur une ou plusieurs personnes en particulier.

Toute enquête devrait être faite d’après une méthode normalisée. Rutala et coll.Note de bas de page 174 ont décrit une méthode d’enquête pour une exposition survenant après un échec potentiel d’une procédure de désinfection/stérilisation. La tableau 8 décrit les étapes à suivre pour enquêter sur un problème de retraitement. Chaque situation étant unique, les étapes de l’enquête devraient être adaptées en conséquence. En outre, l’American Society for Gastrointestinal Endoscopy (ASGE) a récemment publié des directives concernant la notification au patient et le suivi dans les cas où on a découvert un manquement important à la procédure de retraitementNote de bas de page 175.

Tableau 8. Enquête sur un problème de retraitement

  1. Confirmer l’échec de la désinfection ou de la stérilisation (p. ex. revoir l’heure et la date de l’échec possible, la méthode de stérilisation utilisée, les paramètres du procédé et les indicateurs physiques, chimiques et biologiques).
  2. Saisir tout article mal désinfecté ou stérilisé.
  3. Ne pas utiliser l’appareil de désinfection/stérilisation mis en doute (p. ex. le stérilisateur ou l’URAE) tant que son bon fonctionnement n’a pas été confirmé.
  4. Informer le personnel clé (p. ex. le directeur des soins médicaux ou infirmiers de l’unité impliquée, les responsables de la gestion du risque).
  5. Effectuer une évaluation complète de la cause de l’échec de la désinfection/stérilisation (p. ex. examiner les circonstances exactes de l’échec : les dates et les résultats des mesures du procédé, les indicateurs physiques, chimiques, biologiques).
  6. Préparer une liste des patients ayant pu être exposés (p. ex. nom, numéro d’identification), consigner la date d’exposition, l’instrument contaminé utilisé, les facteurs de risque d’infection sous‑jacents, l’apparition de toute infection associée aux soins de santé ou d’autres événements indésirables.
  7. Déterminer si l’échec de la désinfection/stérilisation augmente le risque d’infection pour les patients.
  8. Informer d’autres employés (p. ex. administration, relations publiques, service juridique) du problème de retraitement.
  9. Formuler une hypothèse expliquant l’échec de la désinfection/stérilisation et mettre en œuvre une mesure corrective.
  10. Élaborer une méthode pour évaluer les événements indésirables chez les patients (p. ex. des tests de laboratoire pour tout patient source et pour les personnes exposées à des pathogènes transmis par le sang).
  11. Envisager la possibilité d’aviser les autorités provinciales et fédérales.
  12. Envisager la possibilité d’aviser le patient.
  13. Élaborer un plan de suivi à long terme (p. ex. surveillance à long terme, changements aux politiques et procédures en place).
  14. Préparer un compte rendu après action.

Adapté de RutalaNote de bas de page 174

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