Mycoplasma Genitalium : Étiologie et épidémiologie

Étiologie et épidémiologie des infections à Mycoplasma genitalium.

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Étiologie

Les mycoplasmes sont de petites bactéries anaérobies facultatives (de 0,2 à 0,3 μm) dépourvues de paroi cellulaire Note de bas de page 1, Note de bas de page 2. Ils sont pléomorphes et ne peuvent pas être colorés par la méthode de Gram ni identifiés au microscope optique.

Les mycoplasmes génitaux appartiennent à la classe des Mollicutes de la famille des Mycoplasmataceae, qui compte deux genres, soit Mycoplasma et Ureaplasma Note de bas de page 1, Note de bas de page 2.

Sept espèces de Mycoplasma ont été identifiées dans le tractus urogénital, y compris M. genitalium, qui a émergé comme une cause importante d'infections du tractus génital. Des associations entre l'infection à M. genitalium et l'urétrite non chlamydienne et non gonococcique ont été rapportées.

Épidémiologie

M. genitalium est un pathogène émergent, sexuellement transmissible. Peu de données sont disponibles sur la prévalence de M. genitalium au Canada et sur les tendances de la résistance aux antimicrobiens au niveau regional Note de bas de page 3, Note de bas de page 4.

A l'échelle internationale, les estimations de la prévalence de M. genitalium varient de 1 à 4 % chez les hommes et de 1 à 6 % chez les femmes. La prévalence peut aller jusqu'à 38 % chez les personnes présentant un risque élevé d'infections transmissibles sexuellement (ITS) Note de bas de page 5.

L'étude National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health menée aux États-Unis a rapporté une prévalence de M. genitalium de 1 % chez les adultes âgés de 18 à 27 ans Note de bas de page 6.

L'enquête National Survey of Sexual Attitudes and Lifestyles menée au Royaume-Uni a révélé que 1,2 % des hommes et 1,3 % des femmes âgés de 16 à 44 ans avaient une infection à M. genitalium. Chez les personnes ayant le M. Genitalium, 56 % des hommes et 94 % des femmes étaient asymptomatiques Note de bas de page 7.

Une grande revue systématique et méta-analyse a révélé que les personnes atteintes d'une infection à M. genitalium étaient deux fois plus susceptibles de contracter le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Les raisons de cette augmentation du risque ne sont pas clairesNote de bas de page 8.

Dans certains milieux, des associations entre les infections à M. genitalium et à C. trachomatis et(ou) N. gonorrhoeae ont été rapportées. Note de bas de page 9, Note de bas de page 10, Note de bas de page 11 , Note de bas de page 12. Dans une étude canadienne multicentrique, M. genitalium a été détecté chez 13,4 % des femmes ayant C. trachomatis et chez 5,4 % des femmes n'ayant pas C. trachomatisNote de bas de page 3.

Une étude menée à Toronto auprès de 1 193 personnes qui se sont présentées à une clinique de santé sexuelle révèle que 4,5 % des hommes et 3,2 % des femmes ont eu des résultats positifs pour M. genitalium et que 50 % des hommes et 40 % des femmes étaient symptomatiques Note de bas de page 4.

Dans une étude réalisée en Alberta auprès de clients de deux cliniques spécialisées en ITS, la prévalence de M. genitalium était de 5,3 % chez les hommes et de 7,2 % chez les femmes. Chez les femmes, les facteurs associés à l'infection à M. genitalium incluaient le jeune âge, Peuples Autochtones, appartenance à des groupes ethniques non caucasiens et une co-infection par C. trachomatis ou N. gonorrhoeae Note de bas de page 13.

Références

Note de bas de page 1

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