Vaincre l’hésitation face à la vaccination dans le contexte de la COVID-19 : À l’intention des fournisseurs de soins de santé

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Objectif du présent guide

Ce guide a été préparé pour aider les fournisseurs de soins de santé à mieux comprendre la réticence à se faire vacciner contre la COVID-19 et à la contrer, dans leur pratique et au-delà.

Les vaccins contre la COVID-19 sont l'un des nombreux outils importants qui aideront à mettre fin à cette pandémie au Canada et dans le monde. Toutefois, le succès du programme de vaccination contre la COVID-19 au Canada dépend de l'acceptation et de l'adoption de ces vaccins par les Canadiens et les Canadiennes.

Les fournisseurs de soins de santé jouent un rôle essentiel dans la prise de décisions de leurs patients en matière de vaccination. De nombreux Canadiens ont des questions au sujet des vaccins contre la COVID-19 et peuvent hésiter à se faire vacciner lorsqu'ils en ont l'occasion. L'information et les conseils que les fournisseurs de soins de santé communiquent aux patients au sujet des vaccins - et la façon dont ils les communiquent - peuvent être un facteur déterminant dans la décision des patients de se faire vacciner contre la COVID-19.

Ce qu'il est important de savoir au sujet de la réticence à se faire vacciner

À propos de l'hésitation à se faire vacciner

L'Organisation mondiale de la santé définit l'hésitation à se faire vacciner comme « la réticence ou le refus de se faire vacciner malgré la disponibilité des vaccins ».

Figure 1. Continuum de l'hésitation face à la vaccination
Figure 1. Continuum de l'hésitation face à la vaccination

Le continuum d'acceptation des vaccins. Figure adaptée de MacDonald et SAGE Working Group on Vaccine Hesitancy (2015) [en anglais seulement].

Figure 1 - Équivalent textuel

Cette figure illustre le continuum d'acceptation des vaccins. Le continuum renferme cinq groupes, représentés par cinq formes le long du continuum. La taille relative de ces formes et leur ordre dans le continuum reflètent le niveau d'acceptation des vaccins de chaque groupe et leur demande de vaccins. Il existe, dans le continuum d'acceptation des vaccins, un plus petit continuum de réticence envers les vaccins.

À la gauche du continuum se trouve le premier groupe, soit les personnes qui acceptent tous les vaccins en toute confiance. Ce groupe est représenté par un grand carré. La taille de la forme représente l'acceptation et la demande élevées de vaccins de ce groupe. Ce groupe ne fait pas partie du continuum de réticence envers les vaccins.

À côté de ce groupe, représenté par un plus petit carré, se trouve le deuxième groupe, soit les personnes qui acceptent tous les vaccins, mais qui sont incertaines de cette décision ou qui n'en ont pas entièrement confiance. La demande de vaccins de ce groupe est moins élevée par rapport à celle du premier groupe, d'où sa plus petite forme. Ce groupe « accepte tout, mais n'est pas certain » est le premier des trois groupes du continuum de réticence envers les vaccins.

Le troisième groupe représente les personnes qui acceptent certains vaccins tout en refusant d'autres vaccins, et celles qui retardent la vaccination. Ce groupe est représenté par un triangle sur son côté, son sommet pointant vers la droite, représentant un spectre au sein de ce groupe distinct. Ce troisième groupe se situe également dans le continuum de réticence envers les vaccins; les personnes sont plus réticentes que celles du « groupe qui accepte tout, mais qui n'est pas certain ».

À côté de ce groupe, il y a le quatrième groupe, soit les personnes qui refusent tous les vaccins, mais qui ne sont pas tout à fait certaines de cette décision. Ce groupe est représenté par un petit cercle situé à l'extrême droite du continuum, représentant sa faible acceptation et sa faible demande de vaccins. Il s'agit du dernier des trois groupes du continuum de réticence envers les vaccins.

Enfin, le cinquième groupe, le plus à droite du continuum, sont les personnes qui refusent tous les vaccins avec conviction. Leur position à l'extrémité la plus éloignée du continuum et la petite taille du cercle utilisé pour les représenter reflètent leur faible acceptation et leur faible demande de vaccins. Ce cinquième groupe n'apparaît pas dans le continuum de réticence envers les vaccins étant donné sa conviction dans sa décision de refuser tous les vaccins.

L'hésitation face à la vaccination existe sur un continuum, comme le montre la figure 1, qui va d'« accepter tous les vaccins, même s'il y a de l'incertitude » à « refuser tous les vaccins, même s'il y a de l'incertitude ». Entre ces deux extrémités du continuum, il y a ceux qui acceptent certains vaccins, retardent la vaccination et/ou refusent certains vaccins. Par exemple, les personnes qui refusent les vaccins contre la COVID-19 tout en étant généralement en faveur de la vaccination et celles qui ont l'intention d'attendre quelques mois avant de se faire vacciner, même si elles sont admissibles à le faire plus tôt.

Ce continuum démontre que l'hésitation à se faire vacciner peut prendre de nombreuses formes. Les personnes peuvent également se déplacer dans le continuum au fil du temps, à mesure que leurs connaissances, attitudes et comportements liés à la vaccination changent.

Impact de l'hésitation face à la vaccination sur la santé publique

La vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre les maladies évitables par la vaccination. Au cours des 50 dernières années, la vaccination a sauvé plus de vies au Canada que toute autre intervention en santé, ce qui en fait un grand succès en santé publique.

L'hésitation à se faire vacciner représente un des principaux obstacles à la réussite de la vaccination. Lorsque le taux de vaccination est faible ou diminue, cela mine la force des programmes de vaccination qui existent pour protéger les personnes et les collectivités contre les maladies évitables par la vaccination et leurs répercussions sur la santé publique. Par conséquent, les collectivités où le taux de vaccination est faible sont plus susceptibles d'être touchées par des éclosions localisées de maladies évitables par la vaccination.

Au début de 2019, avant la pandémie de COVID-19, l'Organisation mondiale de la santé a inscrit l'hésitation face à la vaccination parmi les dix principales menaces à la santé mondiale. Depuis, la pandémie a attiré encore plus d'attention sur la question de l'hésitation à se faire vacciner et a renforcé la nécessité de relever ce défi de santé publique.

Fréquence de l'hésitation face à la vaccination contre la COVID-19

La plupart des Canadiens indiquent qu'ils ont l'intention de se faire vacciner contre la COVID-19 lorsqu'un vaccin sera disponible.Note de bas de page 1 De plus, de nombreuses études indiquent que la confiance du public à l'égard des vaccins contre la COVID-19 a augmenté depuis que les vaccins contre la COVID-19 ont été autorisés pour la première fois et que la vaccination des groupes prioritaires a commencé, en décembre 2020.Note de bas de page 2

Cependant, les recherches effectuées au cours des premiers mois de la disponibilité du vaccin contre la COVID-19 au Canada montrent que de nombreuses personnes ressentent une certaine hésitation à l'égard des vaccins. Des sondages menés pendant cette période par le gouvernement du Canada et diverses firmes de sondage indiquent que bien qu'une faible proportion de Canadiens n'aient pas l'intention de se faire vacciner contre la COVID-19, d'autres ont l'intention d'attendre avant de le faire ou n'ont pas encore pris leur décision à ce sujet.

Au Canada, certains sous-groupes sont plus susceptibles de déclarer hésiter à se faire vacciner contre la COVID-19. Il s'agit notamment des Canadiens noirs, des Autochtones, des nouveaux arrivants, et des jeunes adultes. Certains de ces sous-groupes sont également plus susceptibles d'être confrontés à d'autres obstacles sociaux et structurels à l'accès à la vaccination.

Bien qu'il puisse être utile de comprendre comment les attitudes et les intentions relatives au vaccin varient selon les différents groupes, il est important de se rappeler que chaque personne est différente. Les individus sont façonnés par leurs identités, leurs expériences et les contextes propres à chacun, qui peuvent tous influencer leur confiance à l'égard des vaccins.

L'hésitation face à la vaccination ne se limite pas à la population générale; certains fournisseurs de soins de santé disent avoir des inquiétudes au sujet des vaccins contre la COVID-19. Selon les résultats d'un sondage mené auprès des fournisseurs de soins de santé par l'Agence de la santé publique du Canada en décembre 2020, 15 % des répondants ont indiqué qu'ils ne se feraient pas vacciner contre la COVID-19 lorsqu'un vaccin serait disponible ou qu'ils n'étaient pas certains de le faire.

L'ensemble de ces résultats permet de penser que, bien que la plupart des Canadiens aient confiance dans les vaccins contre la COVID-19 et les acceptent, l'hésitation face à la vaccination contre la COVID-19 demeure prévalente, tant chez les fournisseurs de soins de santé que les membres du public. C'est auprès des patients/clients qui adoptent une approche « attentiste » de la vaccination contre la COVID-19 ou qui sont indécis au sujet de la vaccination que les conseils et les encouragements des fournisseurs de soins de santé peuvent avoir l'effet positif le plus important sur l'adoption du vaccin.

Pourquoi certaines personnes hésitent à se faire vacciner

Les raisons qui sous-tendent l'hésitation à se faire vacciner sont variées et complexes. Voici un résumé des principaux facteurs qui peuvent influencer l'hésitation à se faire vacciner :

Confiance : degré de confiance à l'égard de l'efficacité et de l'innocuité des vaccins, les systèmes qui administrent les vaccins et les motifs de ceux qui établissent les politiques sur les vaccins.

Attitude complaisante : perception que les risques de maladies évitables par la vaccination sont faibles et que les vaccins ne sont pas nécessaires.

Commodité : mesure dans laquelle les vaccins sont disponibles, abordables, accessibles et la capacité des personnes de comprendre (connaissances linguistiques et en matière de santé) les besoins de vaccination.

Calcul : participation individuelle à une recherche d'information approfondie et à l'évaluation des risques d'infection et de ceux liés à la vaccination.

Responsabilité collective : mesure dans laquelle on est disposé à protéger les autres en se faisant soi même vacciner.

Ces « 5 C » peuvent jouer à l'échelle individuelle et communautaire et refléter des facteurs historiques, culturels et contextuels. Par exemple, la réticence des Autochtones et des Canadiens noirs à se faire vacciner contre la COVID-19 doit être replacée dans le contexte de l'histoire et des réalités actuelles du colonialisme, du racisme et de discrimination contre ces communautés, y compris au sein du gouvernement, de la santé publique et des établissements de soins de santé. Les structures coloniales ont directement contribué à réduire l'accès des peuples autochtones à des soins de santé adéquats, à une alimentation saine et à de l'eau potable, tout en les contraignant à des niveaux beaucoup plus élevés de logements surpeuplés, d'itinérance et d'incarcération. Ces facteurs les ont rendus plus vulnérables à la maladie, y compris à la COVID-19.Note de bas de page 3 De plus, la confiance dans les institutions médicales a été érodée par une histoire d'expérimentation médicale sur ces groupes de population, ainsi que par l'utilisation d'installations médicales de ségrégation raciale pendant les années d'après-guerre.Note de bas de page 4 Les expériences en matière de racisme et de discrimination peuvent éroder la confiance des individus et des communautés à l'égard de ces institutions, ce qui peut à son tour éroder la confiance dans les vaccins.

L'hésitation face à la vaccination n'est ni nouvelle ni propre aux vaccins contre la COVID-19. Cependant, certains aspects du contexte de la COVID-19 ont amené certaines personnes à s'inquiéter des vaccins contre la COVID-19, y compris celles qui sont généralement en faveur de la vaccination. Ces facteurs comprennent la disponibilité et le partage généralisés de renseignements erronés/désinformation au sujet de la COVID-19, la COVID-19 et les mesures de réponse à la COVID-19 (les vaccins contre la COVID-19 en particulier), la rapidité avec laquelle les vaccins ont été mis au point et les nouvelles technologies de vaccin utilisées dans certains vaccins contre la COVID-19. Ces facteurs sont examinés dans la section « Reconnaître l'hésitation à se faire vacciner et y réagir ».

Stratégies pour renforcer la confiance à l'égard des vaccins

Cette section décrit des stratégies pratiques fondées sur des données probantes que les fournisseurs de soins de santé peuvent utiliser pour aborder la réticence à se faire vacciner dans leur pratique. Elles comprennent des techniques de communication pour les interactions avec les patients qui peuvent hésiter à se faire vacciner (tableau 1), ainsi que des mesures concrètes que les fournisseurs de soins de santé peuvent prendre pour créer un milieu de travail où le personnel, les patients et les visiteurs sont encouragés à se faire vacciner (tableau 2).

Tableau 1. Stratégies fondées sur des données probantes pour renforcer la confiance à l'égard des vaccins grâce à la communication avec les patients
Stratégies Justification
Utilisez des énoncés présomptifs qui transmettent la norme sociale de la vaccination et l'attente selon laquelle les patients se feront vacciner lorsque vous amorcez une discussion avec des patients au sujet des vaccins. Par exemple, « Nous vous administrerons votre vaccin contre la COVID-19 aujourd'hui » ou « Je réserverai du temps pour votre vaccination contre la COVID-19 au cours de votre rendez-vous la semaine prochaine ». La recherche montre que de telles déclarations présomptives sont plus efficaces pour encourager la vaccination chez les patients hésitants qu'une approche plus participative (c.-à-d. demander ce que quelqu'un « aimerait faire » au sujet des vaccins).
Cultiver un « espace sécuritaire » pour les discussions sur la vaccination. Cela comprend des choses relativement simples, mais importantes comme l'écoute active et la création d'occasions d'en apprendre davantage sur les questions, les valeurs et les expériences des patients liées à la vaccination. Cela signifie également partager de l'information sur les vaccins en utilisant un langage simple accessible, par exemple en utilisant des analogies pour expliquer le fonctionnement des vaccins et en évitant le jargon technique. Les valeurs, les visions du monde, les expériences et les identités distinctes des personnes façonnent leurs sentiments et leurs décisions au sujet des vaccins. Le fait d'être conscient de ces facteurs chez vos patients peut aider à améliorer leur confort, à établir un terrain d'entente et à bâtir la confiance. Ceci vous permettra également de relier la vaccination à quelque chose que votre patient considère comme « juste », quelque chose qui a de la valeur ou est important pour lui ou elle (p. ex., le désir d'être une bonne mère, de retrouver les libertés personnelles limitées par la pandémie, de rester en santé).
Parlez de vos propres expériences de vaccination, de la vaccination d'autres patients et/ou de la façon dont vous avez choisi de faire vacciner vos proches ou les avez encouragés à se faire vacciner (p. ex., enfants, parents âgés). Utilisez la narration pour partager ces expériences et points de vue d'une façon qui suscite l'intérêt. En tant que source fiable d'information sur la santé, vos expressions de confiance à l'égard de la vaccination peuvent renforcer la confiance de vos patients à l'égard de la vaccination. La recherche montre que l'approche narrative est une méthode très engageante pour parler des vaccins avec les patients, et que même de courtes anecdotes personnelles peuvent aider à réduire les préoccupations relatives aux vaccins. Les faits et les chiffres sont utiles, mais ce sont les histoires qui comptent et sont partagées.
Activer les « bonnes » émotions. Lorsque vous discutez de vaccins avec des patients, soyez intentionnel et exploitez des émotions positives comme l'espoir, l'amour, la fierté et la préoccupation pour les autres, plutôt que d'évoquer la honte, la tristesse ou la culpabilité. Par exemple, vous pouvez valider la décision d'une personne et ses sentiments positifs au sujet de la vaccination au moyen d'un simple énoncé comme « vous faites quelque chose d'important pour vous protéger pendant cette pandémie » ou « merci d'avoir fait votre part; la vaccination est un moyen important de nous aider à mettre fin à cette pandémie ». Relier la vaccination aux émotions positives est un moyen efficace de motiver les gens à se faire vacciner. À l'inverse, l'activation d'émotions négatives pour encourager la vaccination peut se retourner contre vous. La recherche montre que la peur peut nous rendre impuissants et nous immobiliser, tandis que la honte peut inciter certaines personnes à persister dans leurs croyances et à ne pas démordre de leurs décisions, plutôt que de tenir compte de nouveaux renseignements ou points de vue.
Évitez le jugement et les étiquettes. Certains patients peuvent exprimer des hésitations ou des préoccupations au sujet des vaccins (y compris la peur des aiguilles) dans des contextes cliniques. Dans ces cas, il est important de ne pas exprimer de jugement, attribuer des étiquettes négatives ou rabaisser/exprimer de la frustration face aux craintes et aux inquiétudes. Pour certaines personnes qui hésitent à se faire vacciner, les croyances et les décisions liées à la vaccination sont profondément personnelles et font partie intégrante de leur identité. Pour ces patients, les attaques perçues contre ces croyances et ces décisions peuvent être perçues comme des attaques contre eux en tant qu'individus. Pour de nombreux enfants et adultes qui ont une phobie de l'aiguille, les expériences négatives dans les contextes de vaccination (p. ex., la perception d'être ridiculisés ou punis pour ses craintes) peuvent renforcer davantage la phobie et accroître la réticence à se faire vacciner à l'avenir. Consultez les lignes directrices d'Immunisation Canada sur la gestion de la douleur lors de la vaccination à l'intention des cliniciens pour connaître des moyens plus empathiques et efficaces de gérer la peur et l'anxiété liées aux aiguilles.
Faire preuve de transparence pendant une discussion sur les risques et les avantages de la vaccination et informer les patients des risques qu'il y a à ne pas se faire vacciner. Vous pouvez discuter de ce qu'il en est actuellement connu des vaccins contre la COVID-19 autorisés, de la façon dont les effets et l'innocuité de ces vaccins autorisés continuent d'être étudiés et surveillés, ainsi que des mécanismes qui sous-tendent les effets secondaires communs (p. ex., en mentionnant que les effets secondaires transitoires comme la fièvre, les maux de tête ou les frissons reflètent que notre système immunitaire travaille à développer une protection contre la maladie). Dans la mesure du possible, utilisez une formulation positive pour décrire le risque d'événements indésirables, par exemple en soulignant la grande proportion de personnes qui n'ont pas d'effets secondaires graves par rapport au nombre relativement faible qui en ont. D'autre part, assurez-vous d'expliquer quels sont les avantages sociaux et sanitaires de la vaccination. Par exemple, précisez clairement que la vaccination contre la COVID-19 n'est pas un « laissez-passer gratuit » pour reprendre immédiatement toutes les activités sociales et que les mesures de santé publique comme le port d'un masque et le lavage des mains demeureront essentielles pendant que les scientifiques continueront d'étudier le virus de la COVID-19 et les vaccins et de surveiller l'évolution de la pandémie. La transparence est un élément clé du renforcement de la confiance, en particulier maintenant, avec les théories du complot qui ont pris de l'ampleur et l'information erronée/la désinformation qui se répandent au sujet de la COVID-19 et des vaccins. Une approche d'écoute active lors de la discussion sur les risques et les avantages est plus susceptible d'inspirer confiance à l'égard du vaccin qu'une approche de style prescriptif. Préparer les patients à la possibilité d'effets secondaires courants, mais transitoires comme la douleur au point d'injection est un élément important au moment d'obtenir leur consentement éclairé. Ces discussions peuvent être une occasion opportune et efficace de décrire les façons dont les vaccins mobilisent le système immunitaire et préparent l'organisme à lutter contre la maladie. Cet exemple montre l'importance d'aller au-delà de la simple communication des faits sur les vaccins (p. ex., énumérer les effets secondaires et mentionner que la durée de la protection contre le virus après la vaccination n'est pas connue) pour inclure des explications sur la raison pour laquelle ces choses sont vraies. Ce type d'explication plus approfondie « en coulisses » des données cliniques et de recherche peut contribuer grandement à renforcer la confiance des patients à l'égard des vaccins contre la COVID-19.
Tableau 2. Stratégies fondées sur des données probantes pour renforcer la confiance à l'égard des vaccins grâce à des initiatives en milieu de travail
Stratégies Justification

Devenez le fer de lance d'un « engagement » à l'appui de la vaccination contre la COVID-19 dans votre milieu de travail ou participez-y. Un engagement est tout simplement une promesse liée à une action ou à un comportement particulier (dans ce cas, se faire vacciner). Lorsqu'il est public, un engagement communique votre point de vue et vos intentions personnels à votre entourage, y compris vos collègues et vos patients. Les engagements peuvent prendre diverses formes. Voici quelques façons simples d'inciter les gens à prendre l'engagement de se faire vacciner contre la COVID-19 dans votre milieu de travail :

  • Ajoutez à votre signature de courriel votre intention de vous faire vacciner ou signalez que vous avez déjà été vacciné (p. ex., « Je prévois me faire vacciner contre la COVID-19/J'ai reçu mon vaccin contre la COVID-19. Voici pourquoi : [raison personnelle de la vaccination]. Quelle est la raison pour laquelle vous vous faites vacciner? »)
  • « Partagez » votre engagement sur les médias sociaux au moyen d'un message, d'un en-tête de profil ou d'un « décor » sur votre photo de profil qui souligne que vous allez recevoir le vaccin ou que vous avez été vacciné.
  • Créez un mur d'engagement ou un tableau d'engagement que tous les gens de votre milieu de travail peuvent voir. Affichez une grande affiche vierge intitulée « Je vais me faire vacciner contre la COVID-19 parce que ______ ». Écrivez la raison personnelle pour laquelle vous avez choisi de vous faire vacciner et signez votre nom. Vous pouvez aussi créer un mur d'engagement en affichant l'étiquette « Je vais me faire vacciner contre la COVID-19 » sur un espace de mur vierge. Vous pouvez signer votre nom sur un feuillet autoadhésif et l'afficher au mur pour faire connaître votre engagement publiquement. Encouragez vos collègues et les chefs de file respectés qui occupent divers postes dans votre milieu de travail à faire de même. Demandez : « Avez-vous pris l'engagement? »
  • Lancez un concours d'engagement dans votre milieu de travail. Recueillez les promesses de vaccination des amis et de la famille. Mettez vos collègues au défi de voir qui peut en recueillir le plus. Créez un document intitulé « Je vais me faire vacciner contre la COVID-19 », entrez votre nom en premier et faites-le circuler parmi les personnes que vous connaissez, demandez-leur d'ajouter leur nom. Partagez votre liste croissante avec vos collègues.
La recherche en sciences du comportement montre que l'engagement préalable, qui est un élément central d'un engagement, augmente la probabilité qu'une personne prenne des mesures, surtout lorsque l'engagement est pris publiquement. De plus, les engagements publics transmettent également le message que la vaccination est une norme sociale et qu'il faut la célébrer. Les gens qui s'engagent publiquement et ceux qui sont témoins d'engagements sont plus susceptibles de se faire vacciner eux-mêmes.
Animez la formation sur les vaccins contre la COVID-19 et y participer afin d'appuyer les connaissances et les compétences liées à la vaccination de vos collègues et de votre personnel. La formation peut aller des principes de base sur le fonctionnement et l'innocuité des vaccins aux instructions techniques sur la manipulation, l'entreposage et l'administration des vaccins contre la COVID-19 (selon le champ d'exercice du personnel). Il est essentiel d'offrir aux fournisseurs de soins de santé une formation complète et mobilisatrice sur les vaccins contre la COVID-19, peu importe la mesure dans laquelle les fournisseurs administrent ou conseillent les patients sur les vaccins dans leur pratique. Cela s'explique par le fait que les fournisseurs de soins de santé peuvent avoir les mêmes questions et préoccupations que le grand public au sujet des vaccins. La formation peut être l'occasion de faire part de ces questions et préoccupations et de les aborder, et peut contribuer à renforcer la confiance à l'égard des vaccins et à aider les fournisseurs de soins de santé à se faire les champions des vaccins pour leurs patients et au sein de leurs collectivités.
Célébrez le succès en annonçant au personnel et aux patients le nombre de vaccins contre la COVID-19 qui ont été administrés dans votre milieu de travail. Vous pouvez le faire au moyen de panneaux physiques (p. ex., un comptoir de vaccination), sur le site Web de votre organisation, dans les médias sociaux ou simplement en partageant les bonnes nouvelles verbalement avec les personnes que vous rencontrez au travail. Ces mesures envoient un message positif et habilitant au sujet de la vaccination contre la COVID-19 et indiquent que les organisations et les fournisseurs de soins de santé sont fiers du rôle qu'ils ont joué pour soutenir son adoption. Ces messages aident à établir la vaccination contre la COVID-19 comme faisant partie de la norme et peuvent également ouvrir la voie à des discussions éclairées sur les vaccins.
Facilitez la vaccination autant que possible pour le personnel. Ceux qui gèrent du personnel dans les établissements de soins de santé ou en sont responsables devraient faire ce qu'ils peuvent pour que le personnel puisse se faire vacciner facilement. Il pourrait s'agir d'accorder au personnel un congé payé pour se faire vacciner pendant les heures de travail, d'offrir la vaccination sur place et de donner au personnel de multiples occasions de se faire vacciner. Des études sur les travailleurs de la santé montrent que les obstacles à l'emploi et les obstacles financiers, comme le fait de devoir s'absenter du travail sans rémunération pour se faire vacciner contre la COVID-19, sont associés à une moindre intention de se faire vacciner. La commodité peut faciliter l'adoption du vaccin. Faire en sorte qu'il soit facile pour les membres du personnel de se faire vacciner envoie également le message que la prise de cette mesure sanitaire est une partie importante de leur travail par opposition à un « plus ».

Reconnaître l'hésitation à se faire vacciner et y réagir

Cette section vise à aider les fournisseurs de soins de santé, en particulier ceux qui administrent des vaccins, à répondre avec confiance aux questions et aux préoccupations des patients concernant les vaccins. Cela aidera à accroître la confiance des patients à l'égard des décisions en matière de vaccination. La section donne des exemples de ce à quoi l'hésitation peut « ressembler » dans la pratique, organisée par les « 5 C » de l'hésitation à se faire vacciner (décrite dans la section « besoin de savoir » au sujet de l'hésitation à se faire vacciner), ainsi que des conseils sur la façon dont les fournisseurs de soins de santé peuvent réagir de manière à soutenir la confiance à l'égard des vaccins et leur adoption.

Tableau 3. Les 5 C de l'hésitation à se faire vacciner
Patient Fournisseurs de soins de santé
Confiance
« Ces vaccins m'inquiètent beaucoup. J'ai l'impression que leur développement a été précipité et que nous ne savons pas avec certitude s'ils sont vraiment sécuritaires. J'ai vraiment peur d'attraper la COVID, surtout compte tenu de mon état pulmonaire et de mon âge, mais je ne fais pas vraiment confiance à ces vaccins. »

« Je vous remercie de m'en avoir fait part. Le développement rapide des vaccins est absolument remarquable. En tant que fournisseur de soins de santé, j'ai été parmi les premiers à me faire vacciner. J'ai eu ma deuxième injection la semaine dernière ici, à la clinique, et je suis très satisfait de cette décision.

Je peux dire avec certitude que Santé Canada a des normes très élevées en matière d'innocuité des vaccins. Les décisions d'autoriser l'utilisation de vaccins au Canada sont fondées sur des preuves scientifiques et médicales démontrant que les vaccins sont sûrs et efficaces.

En raison de la pandémie, les pays et les scientifiques ont travaillé en étroite collaboration avec les gouvernements pour faire du développement de vaccins contre la COVID-19 une priorité. Cela a permis de mettre au point des vaccins efficaces en un temps record sans compromettre leur innocuité.

L'innocuité et l'efficacité des vaccins contre la COVID-19 autorisés ont également été évaluées chez des milliers de personnes qui se sont portées volontaires pour recevoir le vaccin dans le cadre d'essais cliniques. Depuis que les vaccins ont été autorisés pour un usage public, des millions de personnes dans le monde ont été vaccinées contre la COVID-19 et sont maintenant beaucoup mieux protégées contre la maladie à cause de cela. Je vous recommande fortement de vous faire vacciner, surtout compte tenu de votre affection pulmonaire, et de façon pratique, vous pouvez obtenir le vaccin pendant que vous êtes ici aujourd'hui. »

Attitude complaisante
« Je n'ai pas vraiment peur de tomber malade. Je suis jeune, alors mon risque de mourir de la COVID-19, si jamais je l'ai, est très faible. Je ne pense pas qu'il y ait grand avantage à me faire vacciner. » « Vous avez raison de dire que les personnes de votre âge sont plus susceptibles d'avoir des symptômes relativement bénins lorsqu'elles contractent la COVID-19. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Et bien que les taux de mortalité soient une façon d'examiner l'incidence de la COVID-19 sur différents groupes d'âge, je peux vous dire que certaines personnes, y compris les personnes de votre âge, ont des complications à long terme après avoir contracté la maladie. Je ne souhaite pas que cela arrive vous arrive, ni à aucun de mes autres patients. C'est pourquoi je vous recommande de recevoir le vaccin lorsque vous le pourrez. Même pour les personnes de votre âge, les avantages de la vaccination l'emportent de loin sur les risques potentiels qu'il y a à contracter la COVID-19. »
« Je fais beaucoup de choses pour me protéger. Je mange bien, je me lave les mains, je fais régulièrement de l'exercice et toutes ces bonnes choses. Je suis généralement en bonne santé. Je ne pense pas vraiment avoir besoin de me faire vacciner. » « C'est formidable d'entendre que vous faites ces choses pour rester en santé. Il faut absolument continuer. J'aime penser aux vaccins comme un entraîneur personnel pour votre système immunitaire, quelque chose pour le rendre encore plus fort et plus efficace qu'il ne l'est actuellement. Si vous êtes un jour exposé au virus de la COVID-19, le fait d'être vacciné permettra à votre système immunitaire de lutter plus rapidement et plus efficacement contre le virus, de sorte que vous serez moins susceptible de tomber malade. C'est pourquoi je recommande à presque tous mes patients de se faire vacciner, y compris ceux qui sont en bonne santé comme vous. Nous pouvons tous tirer profit d'un entraîneur personnel pour notre système immunitaire. »
Commodité
« J'ai entendu dire que pour certains de ces vaccins, il faut revenir pour recevoir une deuxième dose après un certain temps. Je ne conduis pas, alors je dois prendre l'autobus, et mes horaires de travail sont très irréguliers. Il me semble que ça serait compliqué pour moi de recevoir le vaccin. Je ne devrais peut-être même pas me donner la peine... »

« Vous avez raison pour ce qui est des deux doses pour certains vaccins et du fait qu'il y a une période d'attente recommandée entre les deux. Cela dit, il y a une certaine marge de manœuvre pour tenir compte de votre horaire. Si cela vous rendre service, nous pouvons fixer le rendez-vous pour la première et la deuxième dose aujourd'hui pour que tout soit réglé et inscrit dans votre calendrier. Une chose de moins à faire. Je peux vous donner les heures pendant lesquelles nous offrons les vaccins afin que vous puissiez les comparer à votre horaire de travail et que nous puissions trouver le moment qui vous convient le mieux.

Je sais que votre travail est très important pour vous. Le fait de vous faire vacciner vous aidera à rester protégé et en santé pour continuer à travailler et rendra aussi votre trajet en autobus plus sécuritaire. C'est un bon investissement pour vous-même. »

Calcul
« J'ai beaucoup lu en ligne sur la COVID-19 et les vaccins. D'après ce que j'ai lu, ce n'est pas vraiment pire que la grippe et certaines personnes doutent même de l'existence du virus. Je pense que tout cela est exagéré et qu'on essaie de faire peur aux gens et de les contrôler. Le gouvernement ne va pas m'obliger à recevoir l'un de ces vaccins... »

« Merci de m'avoir fait part de vos doutes. J'aimerais qu'il soit vrai que le virus de la COVID-19 n'est pas réel ou qu'il est inoffensif, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Dans cette seule clinique, j'ai vu des douzaines de patients chez qui on a diagnostiqué la COVID-19, dont beaucoup étaient des cas graves.

On compare la grippe et la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Voici ce que nous savons avec certitude : la COVID-19 semble se propager plus facilement que la grippe et causer des maladies plus graves chez certaines personnes. Contrairement au virus de la grippe, le virus qui cause la COVID-19 est nouveau. En raison de cette nouveauté, avant le début de la pandémie, aucun d'entre nous n'avait jamais été exposé au virus ou n'avait eu la chance d'acquérir une immunité pour s'en protéger. Par contre, en raison des infections antérieures et de nos solides programmes de vaccination contre la grippe, une grande proportion de Canadiens sont immunisés contre la grippe, ce qui aide à limiter le nombre de cas de grippe que nous voyons chaque année.

C'est en partie pourquoi les vaccins sont si importants pour limiter la propagation et le nombre de décès causés par la COVID-19. Le gouvernement ne forcera personne à se faire vacciner. Cela dit, en tant que fournisseur de soins de santé, je vous recommande absolument de vous faire vacciner lorsque vous le pourrez, pour vous-même et pour vos proches. »

Responsabilité collective
« Je sais qu'avec "l'immunité collective", il n'est pas nécessaire que tout le monde se fasse vacciner. Comme la plupart des gens finiront par se faire vacciner, je devrais être en sécurité, même si je ne me fais pas vacciner moi-même. » « Essayez de voir la vaccination un peu comme les précautions que vous prenez pour l'entreposage des aliments lorsque vous faites du camping. Si tout le monde sur le terrain de camping fait sa part et entrepose correctement sa nourriture, les ours à proximité ne viendront pas renifler à la recherche de leur prochaine collation. Si vous décidez de laisser vos aliments sortis après le souper, vous pourriez vous en tirer, puisque tout le monde a été prudent, mais vous avez certainement augmenté les chances d'inviter un ours à votre camping. Ce n'est pas bon pour les autres campeurs, et ce n'est certainement pas bon pour vous. Choisir de ne pas se faire vacciner est très semblable, surtout pendant que nous attendons encore de savoir dans quelle mesure les vaccins contre la COVID-19 peuvent réduire la propagation du virus de la COVID-19. Il est essentiel que chacun d'entre nous se fasse vacciner afin que nous puissions au moins assurer notre propre sécurité et, espérons-le, réduire la propagation du virus dans nos collectivités. »

Lectures et ressources supplémentaires

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