Pour les professionnels de la santé : hépatite C

Consultez des renseignements détaillés à l'intention des professionnels de la santé.

Sur cette page

Ce que les professionnels de la santé doivent savoir à propos de l'hépatite C

L'hépatite C n'est pas une maladie pouvant être prévenue par un vaccin.

Dans toutes les provinces et les territoires, les laboratoires et les cliniciens doivent signaler les cas d'hépatite C aux services locaux de santé publique.

Au Canada :

  • le test de dépistage des anticorps et le test d'amplification des acides nucléiques (TAAN) du virus de l'hépatite C (VHC) ont été mis en œuvre en 1992 pour assurer la sécurité des produits sanguins:
    • avant cette date, des milliers d'individus ont contracté le VHC après avoir reçu du sang ou des produits sanguins
  • le dépistage universel effectué dans les banques de sang a permis :
    • d'éliminer complètement le risque de transmission de l'hépatite C par transfusion
    • d'améliorer de façon significative la qualité de l'approvisionnement en sang

Pour en savoir plus, consultez la définition nationale de cas.

Dépistage et tests

Nous recommandons l'utilisation d'une approche fondée sur les risques pour le dépistage du VHC.

  • Les fournisseurs de soins de santé canadiens sont encouragés à effectuer le dépistage en fonction des facteurs risques.
  • Outre le dépistage fondé sur les risques, il est recommandé de faire passer des tests aux personnes qui présentent des symptômes ou des signes cliniques de maladie hépatique, ou encore une anomalie à l'exploration biochimique du foie.
  • Le dépistage de l'hépatite C est également indiqué chez les personnes qui ont reçu un diagnostic d'infection par le virus de l'hépatite B (VHB) ou par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Facteurs de risque

Le dépistage est recommandé chez les personnes ayant pu être exposées au VHC, selon les facteurs de risque suivants :

  • utilisation de drogues par injection, par voie intranasale ou par inhalation avec du matériel de consommation partagé, ne serait-ce qu'une seule fois
  • exposition à du matériel non stérile utilisé pour la prestation de services médicaux, dentaires ou personnels, par exemple :
    • hémodialyse
    • blessures professionnelles (p. ex. travailleurs de la santé exposés à du sang par suite d'une blessure par piqûre d'aiguille)
    • pratiques de tatouage ou de perçage corporel non sécuritaires et utilisation de matériel non stérile
    • partage d'articles de soins personnels
    • interventions chirurgicales
  • transfusion de sang, de produits sanguins ou une greffe d'organe reçue avant 1992 au Canada
  • interventions médicales invasives pratiquées dans un pays où les pratiques de prévention et de contrôle des infections ne sont pas normalisées
  • participation à des activités sexuelles comportant un risque de contact sanguin (p. ex. relation anale sans condom)
  • naissance, voyagement ou résidence dans une région où la prévalence de l'hépatite C est élevée :
    • Asie de l'Est et Pacifique
    • Europe de l'Est et Asie centrale
    • Amérique latine et Caraïbe
    • Moyen-Orient et Afrique du nord
    • Afrique subsaharienne
  • naissance d'une mère ayant le VHC

Certaines populations sont touchées de façon disproportionnnée par le VHC :

  • hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (gbHARSAH)
  • personnes incarcérées ou ayant été incarcérées
  • personnes sans domicile fixe
  • Autochtones
  • personnes en provenance d'un pays où la prévalence du VHC est élevée

Manifestations cliniques

Les manifestations cliniques de l'hépatite C sont différentes selon qu'il s'agit d'une infection aiguë ou chronique.

Infection hépatique aiguë

L'hépatite C aiguë est asymptomatique chez la plupart des personnes (de 60 % à 75 %).

Dans le cas contraire, elle peut s'accompagner des signes et symptômes suivants :

  • nausées
  • malaises
  • anorexie
  • jaunisse
  • vomissements
  • taux élevé d'alanine aminotransférase sérique (ALT)
  • douleur abdominale dans le quadrant supérieur droit

Ces symptômes peuvent durer de 2 à 12 semaines.

Infection hépatique chronique

Environ 25 % des personnes infectées par le VHC l'éliminent spontanément de leur organisme dans une période de 6 mois. Cependant, dans la plupart des cas (75 %), l'infection devient chronique. L'infection chronique par l'hépatite C est souvent asymptomatique.

Certaines personnes atteintes de l'hépatite C chronique ont :

  • des nausées
  • du prurit
  • des malaises
  • des douleurs abdominales

L'infection se caractérise par une fluctuation du taux d'ALT. De plus, une thrombopénie (diminution du nombre de plaquettes) peut être le signe d'une cirrhose. Par ailleurs, on sait que l'aggravation de la thrombopénie est proportionnelle au degré de gravité de la maladie hépatique.

Les séquelles d'une infection chronique par le VHC comprennent :

  • une cirrhose ou une fibrose hépatique
  • un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie)

La cirrhose et le carcinome hépatocellulaire peuvent se manifester sur une période de 20 à 30 ans, selon des facteurs tels le sexe, l'âge et le degré de consommation d'alcool. Environ 1 à 5 % des personnes atteintes de l'hépatite C chronique développeront un carcinome hépatocellulaire.

Si une cirrhose se développe, la personne peut présenter :

  • une ascite
  • une jaunisse
  • une splénomégalie
  • des varices œsophagiennes
  • une encéphalopathie hépatique

Même si elles sont rares, les manifestations extrahépatiques peuvent inclure:

  • le lichen plan
  • le syndrome de Sjogren
  • une porphyrie cutanée tardive
  • un lymphome non-Hodgkinien
  • une glomérulonéphrite extramembraneuse
  • une cryoglobulinémie mixte essentielle
  • une glomérulonéphrite membranoproliférative

Tests diagnostiques

Le diagnostic de l'hépatite C s'effectue au moyen de 2 types de tests :

  1. le test de dépistage des anticorps anti-hépatite C (anti-VHC)
  2. le test de détection de l'acide ribonucléique (ARN du VHC)

Test de dépistage des anticorps anti-VHC

Test de dépistage des anticorps anti-VHC permet la détection des anticorps anti-VHC. Un résultat positif révèle que la personne a été exposée au VHC à un moment, mais ne permet pas de déterminer s'il s'agit d'une infection actuelle ou antérieure. Le test de dépistage des anticorps anti-VHC peut être fait par l'entremise d'un test sérologique ou d'un test hors laboratoire certifié. Les résultats positifs à un test de dépistage des anticorps anti-VHC nécessitent un test de confirmation additionnel.

Fenêtre sérologique : Il peut falloir de 5 à 10 semaines avant que des anticorps anti-VHC soient détectés dans le sang après une exposition au virus. Il peut être nécessaire de répéter des tests d'anticorps anti-VHC.

Test de l'ARN du VHC

Test de l'ARN du VHC est utilisé pour la détection de la présence du virus et pour confirmer une infection par le VHC actuelle. Le test est également utilisé pour mesurer la charge virale.

Il arrive que les personnes immunodéprimées ne fabriquent pas d'anticorps anti-VHC; il faut alors faire un test de l'ARN du VHC pour confirmer la présence d'une infection.

Traitement

L'hépatite C est considérée comme une infection que l'on peut guérir.

Il existe six souches principales (génotypes) du VHC; la distribution des génotypes diffère d'une région à l'autre. Le schéma thérapeutique de même que la durée et l'efficacité du traitement peuvent varier selon le génotype.

Au Canada, le génotype 1 est le plus courant.

L'objectif du traitement de l'hépatite C consiste à obtenir une réponse virologique soutenue (RVS), à savoir une charge virale non détectable dans le sang à la suite du traitement.

Dans les dernières années, le traitement de l'hépatite C a évolué et fait maintenant appel à une combinaison de médicaments appelés « antiviraux à action directe » (AAD). Ces médicaments sont mieux tolérés et plus efficaces que les schémas thérapeutiques antérieurs.

Les traitements AAD de courte durée sans interféron :

  • ont un taux de RVS élevé (> 90 %),
  • sont administrés pendant 8 à 24 semaines, et
  • entraînent peu d'effets indésirables.

Les personnes atteintes de l'hépatite C chronique nécessitent une évaluation clinique plus poussée et un traitement devrait être considéré, quel que soit le degré de fibrose. Un hépatologue, un gastroentérologue ou un fournisseur de santé avec expérience dans la prise en charge de l'hépatite virale devrait être consulté.

Les cliniciens devraient consulter le programme de leur province ou de leur territoire pour ce qui a trait à l'hépatite C afin d'obtenir de plus amples renseignements sur la couverture des traitements par l'intermédiaire de la liste des médicaments assurés de la province ou du territoire.

Pour en savoir plus

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