Commentaire – Le Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé : mesures d’adaptation mises en avant par les chefs de file autochtones en matière de climat

Gabrielle RichardsRattachement de l'auteur 1; Jim Frehs, M.A.Rattachement de l'auteur 1; Erin Myers, B.A.Rattachement de l'auteur 1; Marilyn Van BibberRattachement de l'auteur 2

https://doi.org/10.24095/hpcdp.39.4.03f

Rattachement des auteurs :

Rattachement de l'auteur 1

Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé (PCCASS), Services aux Autochtones Canada, Ottawa (Ontario), Canada

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Rattachement de l'auteur 2

Arctic Institute for Community-Based Research (AICBR), Whitehorse (Yukon), Canada

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Correspondance

Gabrielle Richards, Division de la santé environnementale et publique, Services aux Autochtones Canada, Immeuble Jeanne Mance, I.A. 1919D, 200, promenade Églantine, Ottawa (Ontario) K1A 0K9; tél. : 343 540 8011; courriel : Gabrielle.richards@canada.ca

Résumé

Le Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé (PCCASS) est un programme qui relève de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Services aux Autochtones Canada (qui relevait auparavant de Santé Canada). Le PCCASS aide les collectivités des Premières Nations et des Inuits à réduire l’impact des changements climatiques sur la santé et à s’adapter à ces derniers. Les conséquences des changements climatiques sur la santé des Autochtones se font sentir dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité alimentaire, les remèdes traditionnels, la santé mentale et les pratiques reposant sur l’utilisation des terres. Le programme vise à répondre aux besoins des collectivités des Premières Nations et des Inuits engendrés par les changements climatiques et les problèmes de santé qui en découlent, afin de favoriser la résilience et l’adaptation face aux changements climatiques actuels et à venir, et ce, en mettant au premier plan les jeunes et le renforcement des compétences. Cet article, qui se fonde sur les onze années d’expérience du PCCASS avec les collectivités autochtones, fournit un aperçu de son modèle et des travaux qu’il a soutenus et qu’il continue de soutenir. On y présente trois exemples de projets communautaires pour réduire les conséquences des changements climatiques sur la santé et s’y adapter, projets qui témoignent de la résilience des collectivités autochtones face aux changements climatiques.

Mots-clés : changement climatique, Premières Nations, Inuits, communautaire, adaptation, atténuation

Points saillants

  • Le Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé (PCCASS) pour les Premières Nations au nord du 60e parallèle apporte un soutien direct aux communautés des Premières Nations dans l’élaboration et la mise en œuvre de projets d’adaptation et d’atténuation pour subvenir à leurs besoins dans le cadre d’un climat en mutation.
  • Ce commentaire fournit un aperçu du travail et de l’historique du PCCASS et présente trois projets, sur le territoire de la Première Nation de Selkirk, à Arviat et sur le territoire Mi’kmaq, qui illustrent le travail entrepris par ces communautés avec le soutien du Programme.

Introduction

Les changements environnementaux constituent à la fois un danger pour la santé humaine et une opportunité de mettre au point des solutions novatrices et adaptées pour les populations les plus menacées par ces bouleversementsNote de bas de page 1. Les collectivités des Premières Nations et des Inuits comptent parmi les plus gravement touchées, car leurs moyens de subsistance et leur bien‑être dépendent de la santé de la terre. Cunsolo Willox et ses collaborateursNote de bas de page 2 ont expliqué que la santé et le bien‑être des collectivités autochtones sont liés à la terre : [traduction] « Les identités, le bien‑être, les moyens de subsistance, les histoires et les connexions émotionnelles et spirituelles [des Autochtones] émergent de la terre sur laquelle ils vivent » (p. 546). De nombreux Autochtones continuent de vivre de la terre en pratiquant la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette. Les changements environnementaux ont donc un impact physique direct sur les collectivités des Premières Nations et des Inuits : perturbation de la sécurité alimentaire, fonte des glaces, détérioration du pergélisol, baisse du rendement des récoltes, propagation des maladies infectieuses, et vagues de chaleur plus intenses et plus longuesNote de bas de page 1Note de bas de page 3Note de bas de page 4. Les collectivités des Premières Nations et des Inuits sont aussi affectées sur le plan émotionnel : elles ont souligné que les changements environnementaux et leurs effets sur le territoire perturbaient l’identité et les moyens de subsistance de leurs membresNote de bas de page 2Note de bas de page 5. Les changements environnementaux se produisent à un rythme plus élevé que jamaisNote de bas de page 1, et leurs conséquences sur les collectivités autochtones sont exacerbées par les marques laissées par la colonisation – particulièrement en ce qui concerne la culture et les moyens de subsistanceNote de bas de page 6. Parmi les nombreuses conséquences de la colonisation, on compte le déplacement et la relocalisation des Premières Nations et des Inuits sur leur territoire, la négation de leur droit à l’autodétermination, la suppression des langues et des connaissances traditionnelles autochtones et l’exploitation du territoire et de ses ressourcesNote de bas de page 7. Combinées aux changements climatiques, ces conséquences ont accru la vulnérabilité de ces populations en affaiblissant considérablement leur santé et leur bien‑être.

Le savoir autochtone est un élément clé de résilience face aux changements climatiques, car il aide à en réduire les conséquences sur la santé : les connaissances spécifiques à un territoire et à une culture favorisent la capacité d’adaptation aux problèmes de santé causés par les changements environnementauxNote de bas de page 8. Le savoir autochtone, considéré comme l’ensemble des connaissances qui s’accumulent et évoluent, grâce à des processus d’adaptation et de transmission culturelle au fil des générations au sein d’une collectivitéNote de bas de page 9, est [traduction] « une compréhension du monde et de la place de l’humain dans le monde […] un point de vue qui explique les mystères qui nous entourent et qui donne [aux collectivités] un sentiment d’appartenance » (Arctic Climate Impact Assessment, 2004)Note de bas de page 10. L’un des points forts du savoir autochtone est qu’il repose sur les contextes locaux des systèmes culturels et de parenté, permettant la mise en place de mécanismes d’adaptation ajustés au territoire et à la culture de chaque collectivitéNote de bas de page 8. Ces caractéristiques peuvent aider à renforcer, dans les collectivités des Premières Nations et des Inuits, les pratiques d’atténuation en réponse aux défis que leur posent les changements climatiques.

Le Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé (PCCASS)

Le Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé (PCCASS) a été mis sur pied en 2008 en réponse aux préoccupations soulevées par des collectivités des Premières Nations et des Inuits au nord du 60e parallèle, à savoir le Nunatsiavut (nord du Labrador) et le Nunavik (nord du Québec), qui étaient – et sont toujours – directement touchées par les changements climatiquesNote de bas de page 10Note de bas de page 11. Ces collectivités souhaitaient mener des projets de recherche qui permettent d’améliorer la santé et le bien‑être de leurs membres. Le PCCASS finance directement les collectivités autochtones et les organisations autochtones sans but lucratif pour qu’elles mènent leurs propres recherches sur les changements climatiques et la santé et pour qu’elles renforcent les compétences de leurs membres, particulièrement les jeunes. Le financement direct permet aux collectivités des Premières Nations et des Inuits de favoriser l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques en utilisant les fonds en fonction de leurs besoins. Les projets financés par le PCCASS visent à renforcer les compétences des collectivités et à accroître la sensibilisation aux changements climatiques et à la santé tout en respectant la souveraineté autochtone. Dans le but d’apporter des changements concrets au sein des collectivités et, par conséquent, de sensibiliser celles-ci aux changements climatiques afin de réduire les risques sur la santé et le bien‑être, les projets s’appuient sur le savoir autochtone ainsi que sur d’autres méthodes scientifiques.

Le PCCASS a financé, entre 2008 et 2016, 95 projets de recherche et d’adaptation communautaires visant en particulier la sécurité alimentaire, la qualité de l’eau, les activités fondées sur l’utilisation des terres, la santé mentale et les remèdes traditionnels. En 2016, le programme a été élargi au reste du Canada, de manière à desservir les collectivités situées au sud du 60e parallèle. À l’heure actuelle, il existe donc un programme dans le Sud et un autre dans le Nord pour aider les collectivités des Premières Nations et des Inuits à s’adapter aux environnements en transformation et à comprendre l’impact des changements climatiques sur leur santé et leur bien‑êtreNote de bas de page *.

Les Premières Nations jouent un rôle de premier plan dans le programme par l’entremise d’un comité de sélection autochtone, qui examine les projets, offre de la rétroaction et prend les décisions en matière de financement. Le transfert des processus décisionnels aux représentants des collectivités des Premières Nations et des Inuits garantit que les projets entrepris dans le cadre du PCCASS sont vraiment réalisés pour et par les collectivités. L’intégration des chefs de file autochtones fait en sorte que les projets entrepris dans ce cadre reposent sur des approches interdisciplinaires qui combinent le savoir autochtone à d’autres méthodes scientifiques afin de favoriser l’adaptation aux conséquences des changements climatiques. L’intégration de ces sources de savoir a amélioré les compétences des collectivités et a facilité la prise de mesures d’atténuation et d’adaptation visant à protéger leur bien‑êtreNote de bas de page 10.

Trois études communautaires financées par le PCCASS

Nous présentons ici trois études de cas illustrant les travaux soutenus par le PCCASS. Ces projets, qui sont représentatifs de l’envergure et de la portée des travaux menés par les collectivités autochtones depuis 2008, sont des exemples d’initiatives fructueuses menées par des collectivités autochtones avec l’aide financière du PCCASS. Chacun d’eux est emblématique de la capacité d’adaptation des Premières Nations et des Inuits et fait ressortir le rôle des connaissances traditionnelles dans l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs conséquences, ce qui a accru la résilience des collectivités face à ces changements. Les projets, qui ont été réalisés sur le territoire de la Première Nation de Selkirk, à Arviat et sur le territoire Mi’kmaq, aident à comprendre comment les collectivités autochtones s’adaptent aux changements climatiques et s’attaquent à leurs conséquences sur la santé et le bien‑être. Les études de cas dans le Nord sont tirées d’un rapport de synthèse du PCCASS au nord du 60°N qui est en voie de publication, des données publiées sur le site ClimateTelling, de rapports de projet (utilisation autorisée) et de commentaires des responsables des projetsNote de bas de page 11Note de bas de page 12.

La Première Nation de Selkirk a reçu en 2015‑2016 de l’aide financière du PCCASS, ce qui lui a notamment permis de produire une vidéo et de publier des documents disponibles sur le site Web de ClimateTelling et sur le site Web de l’Arctic Institute for Community-Based ResearchNote de bas de page 5Note de bas de page 11. La Première Nation de Selkirk est établie au centre du Yukon, où la population de saumons du fleuve Yukon a chuté de façon marquée. Le projet entrepris par la Première Nation de Selkirk portait sur la relation entre la terre, l’eau et la population qui dépend des camps de pêche pour assurer sa sécurité alimentaire et maintenir des pratiques culturelles en faveur de son bien‑être mental, physique, émotionnel et spirituel. La collectivité dépend du saumon pour se nourrir, et la capture du saumon est au cœur des traditions culturelles des Tutchones du Nord. En raison du faible nombre de saumons qui remontent, ce qui est attribuable aux changements climatiques et aux pressions industrielles sur le cycle de vie du saumon quinnat, la Première Nation de Selkirk craint non seulement la perte d’une source vitale de nourriture, mais aussi la disparition des traditions de longue date des camps de pêche. Ces camps sont essentiels à sa sécurité alimentaire, et ils font partie intégrante du transfert de savoir autochtone à la génération suivante. La collectivité souhaite donc poursuivre les traditions des camps de pêche pour assurer la santé et le bien‑être mental de ses membres. Le projet visait, tout en s’adaptant aux changements climatiques, à préserver la sécurité alimentaire et les connaissances ainsi que la culture des Tutchones. La recherche a été guidée par un comité consultatif communautaire, les aînés de Selkirk et la collectivité. Une enquête sur les camps de pêche menée par des jeunes avec l’aide des responsables de la recherche a donné l’occasion à ces jeunes d’apprendre par expérience la valeur et le rôle des camps de pêche d’été ainsi que de comprendre les conséquences des changements climatiques sur leur terre et leur collectivité. Malgré l’absence de poisson, les jeunes ont appris des aînés l’importance de maintenir les traditions des Tutchones, ces traditions constituant un outil important pour protéger leur santé mentale face aux défis à venir. Le projet, qui a abouti à six grandes stratégies d’adaptation aux changements climatiques, a encouragé les jeunes à se relier au savoir autochtone et à son rôle dans la promotion du bien‑être mental, tout en leur montrant les conséquences des changements climatiques sur leur terre. Cela s’est fait grâce à des activités sur la terre organisées lors d’un camp de pêche d’hiver pour les jeunes, durant lequel ils ont contribué au processus de recherche, notamment en menant des entrevues et en prenant des photos, ce qui a permis de créer un montage Photovoice. Le projet visant à accroître la confiance des jeunes envers le savoir de leur collectivité et à les sensibiliser, eux et les autres membres, aux conséquences des changements climatiques sur leur santé et leur culture. La collectivité s’est engagée à préserver ses traditions à travers les stratégies d’adaptation aux changements climatiques qui ont été définies, notamment le rôle des camps de pêche.

La collectivité d’Arviat, au Nunavut, a reçu du PCCASS un financement de 4 ans pour entreprendre un projet portant sur la sécurité alimentaire à partir de 2010. La collectivité a préparé une série de rapports et divers autres documents, dont des vidéos et des publications consultables sur le site Web de ClimateTellingNote de bas de page 11. La collectivité d’Arviat a mis au point un projet ciblant la sécurité alimentaire. Ce projet visait à revitaliser les pratiques des pêcheurs et des chasseurs locaux qui semblaient avoir été perdues à la suite des bouleversements sociaux et culturels des 40‑50 dernières années. Ces bouleversements ont entraîné des problèmes de sécurité sur la terre, ainsi qu’une hausse du gaspillage des animaux chassés, car les pratiques coloniales dissuadaient d’utiliser le savoir autochtone. Par ailleurs, de nombreux membres de la collectivité sont devenus diabétiques parce qu’ils consommaient des aliments industriels, une solution de rechange plus dispendieuse et moins saine que les aliments traditionnelsNote de bas de page 12. La collectivité a mis au point un projet en menant des entrevues avec des aînés d’Arviat, qui ont fourni de l’information sur les valeurs inuites et sur le savoir autochtone, de sorte que ce projet respecte les valeurs culturelles et les protocoles traditionnels. Au cours de ces entrevues, les aînés ont souligné la valeur de partage de la nourriture et ont procuré à la communauté un congélateur communautaire. La phase suivante a consisté à explorer les manières de produire des aliments locaux et sains. Pour ce faire, un système de compostage a été mis en place et des algues ont commencé à être utilisées comme engrais. La collectivité a ensuite travaillé à renforcer les compétences locales afin de gérer une serre. Le projet a stimulé l’engagement de la collectivité à assurer la viabilité d’une méthode de production alimentaire durable. Chacune de ces initiatives communautaires a renforcé les compétences de la collectivité et favorisé la revitalisation du savoir autochtone, ce qui a permis de réintégrer les systèmes de connaissances tout en apportant des innovations (comme les serres) et en assurant la sécurité alimentaire de la population. Ces initiatives, qui fonctionnent très bien encore aujourd’hui, ont conduit à créer le Programme des jeunes chasseurs d’Arviat, qui vise à enseigner aux jeunes des techniques de chasse, et à créer plusieurs courts métrages et publications sur le cheminement de la collectivité. Il s’agit d’un exemple de projet aidant les collectivités des Premières Nations et des Inuits à créer des systèmes alimentaires locaux qui soient respectueux de l’environnement, qui produisent des aliments sains et qui soient culturellement adaptés.

Au moment d’étendre le programme au reste du Canada en 2016, les collectivités autochtones ont fait savoir au PCCASS que les événements météorologiques extrêmes affectaient leur santé et leur bien‑être. Les changements climatiques ont en effet conduit à une augmentation de la fréquence d’événements météorologiques extrêmes comme les feux de forêt et les inondationsNote de bas de page 13, qui touchent de façon disproportionnée les collectivités autochtones, particulièrement celles des régions rurales et côtièresNote de bas de page 14. Le PCCASS a accordé une aide financière au Groupe de conservation Mi’kmaq, de la Confédération des Mi’kmaq de la péninsule de la Nouvelle‑Écosse (intégré ultérieurement dans le Programme d’action climatique Mi’kmaq), pour un projet sur la gestion des urgences dans six collectivités Mi’kmaq. Ce projet impliquait la réalisation de recherches, la mobilisation des membres des collectivités, des évaluations des besoins et la présentation de rapports sur l’état des plans d’urgence. Il a aidé les collectivités Mi’kmaq à mettre en place des mesures de gestion des urgences incluant le savoir autochtone sur la santé et la sécurité. Le projet portait sur les conséquences physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles des changements climatiques, des situations d’urgence et de la gestion des urgences sur la santé de la population. Le Programme d’action climatique Mi’kmaq a recueilli, grâce à des discussions, des renseignements sur les préoccupations et les besoins des membres des collectivités (en particulier des jeunes et des aînés) à propos des cas d’urgence liée à un événement météorologique extrême. Le projet a aussi permis de réunir aînés et jeunes dans des ateliers d’échange de connaissances et de transmission d’habiletés destinés à renforcer les compétences et la résilience. Ces ateliers, consacrés entre autres une activité de fabrication de pagaies pour canot ainsi qu’à diverses autres activités artisanales, visaient à fournir des habiletés utiles en cas d’urgence. Ces compétences permettent de connecter les jeunes à la terre et les aident à mieux comprendre les changements climatiques et leur incidence sur les événements météorologiques extrêmes.

Conclusion

Ces trois projets financés par le PCCASS constituent des exemples d’initiatives communautaires qui favorisent la résilience face aux changements climatiques dans les collectivités des Premières Nations et des Inuits. Ils ont été choisis afin d’illustrer cette résilience et afin de fournir un aperçu des initiatives communautaires qui ont mis ces collectivités à l’avant‑plan des mesures de lutte et d’adaptation aux changements climatiques. Ils font ressortir l’importance d’ajuster les mesures d’adaptation et d’atténuation au contexte local, particulièrement en ce qui concerne les systèmes alimentaires et la gestion des urgences. Ils s’appuient sur le savoir autochtone local pour renforcer les compétences dans les collectivités.

La mise en contact des jeunes et des aînés pour assurer la transmission du savoir autochtone d’une génération à l’autre renforce la résilience des collectivités et contribue à la viabilité des projets et des initiatives, par le renforcement des habiletés des jeunes. Chaque projet combine la formation par les pairs et la formation professionnelle pour renforcer les compétences dans une variété de secteurs, notamment les techniques de recherche et d’entrevue, les compétences technologiques et les méthodes de survie sur la terre. Ces habiletés sont acquises par la transmission intergénérationnelle du savoir, qui est essentielle pour assurer la viabilité à long terme des collectivités, dont l’avenir est incarné par les jeunes. Les projets financés par le PCCASS s’appuient sur le savoir des Premières Nations et des Inuits pour renforcer les capacités d’adaptation aux changements climatiques en lien avec les préoccupations des collectivités en matière de santé. Grâce à ces efforts, les collectivités autochtones sont en mesure d’exprimer leurs visions et leurs préoccupations pour les sept prochaines générations.

Remerciements

Le PCCASS souhaite remercier les chefs de projet de chacune des études de cas pour nous avoir permis de décrire leurs travaux dans ce manuscrit et pour avoir formulé des commentaires au sujet de ce manuscrit.

Conflits d’intérêts

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Contributions des auteurs et avis

GR travaille au Programme sur le changement climatique et l’adaptation du secteur de la santé. Elle a contribué à la rédaction du commentaire en collaboration avec JF et EM, qui ont approuvé le manuscrit et fourni une rétroaction visant à assurer une représentation fidèle du programme. MVB a effectué la révision critique du manuscrit et contribué à l’étude de cas sur la Première Nation de Selkirk.

Le contenu de l’article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs et ils ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.

Références

Notes de bas de page

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Notes de bas de page

Note de bas de page *

Pour plus d’information sur le PCCASS au nord du 60°N, veuillez consulter : https://www.sac-isc.gc.ca/fra/1536238477403/1536780059794.

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