Recherche quantitative originale – Risque de cancer de la prostate par profession dans le Système de surveillance des maladies professionnelles de l’Ontario, Canada

Jeavana Sritharan, Ph. D.Rattachement de l'auteur 1; Jill S. MacLeod, M.P.H.Rattachement de l'auteur 1; Christopher B. McLeod, Ph. D.Rattachement de l'auteur 3,Rattachement de l'auteur 4; Alice Peter, M. Sc.Rattachement de l'auteur 5; Paul A. Demers, Ph. D.Rattachement de l'auteur 1,Rattachement de l'auteur 2

https://doi.org/10.24095/hpcdp.39.5.02f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Rattachement des auteurs :

Rattachement de l'auteur 1

Centre de recherche sur le cancer professionnel, Action Cancer Ontario, Toronto (Ontario), Canada

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Rattachement de l'auteur 2

Dalla Lana School of Public Health, Université de Toronto, Toronto (Ontario), Canada

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Rattachement de l'auteur 3

School of Population and Public Health, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique), Canada

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Rattachement de l'auteur 4

Institut de recherche sur le travail et la santé, Toronto (Ontario), Canada

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Rattachement de l'auteur 5

Santé de la population et prévention, Action Cancer Ontario, Toronto (Ontario), Canada

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Correspondance :

Paul A. Demers, Centre de recherche sur le cancer professionnel, Action Cancer Ontario, 525, avenue University,3e étage, Toronto (Ontario)  M5G 2L3; tél. : 416-217-1274; courriel : paul.demers@cancercare.on.ca

Résumé

Introduction. Des études épidémiologiques canadiennes ont permis d’établir des liens entre certaines professions et le risque de cancer de la prostate, mais avec des données probantes limitées. Il n’y a pas de facteurs de risque évitables bien établis pour le cancer de la prostate, ce qui rend nécessaire l’examen approfondi des facteurs professionnels pour consolider les données existantes. Cette étude utilise des données sur les professions et sur le cancer de la prostate provenant d’une importante cohorte de surveillance en Ontario pour laquelle les données des demandes d’indemnisation des accidentés du travail sont jumelées aux bases de données administratives sur la santé.

Méthodologie. Nous avons examiné les professions des 1 231 177 travailleurs de sexe masculin du Système de surveillance des maladies professionnelles entre 1983 et 2015 et nous avons jumelé ces travailleurs au Registre des cas de cancer de l’Ontario afin de détecter et suivre les cas de diagnostics de cancer de la prostate. Nous avons utilisé des modèles de risques proportionnels de Cox pour calculer les rapports de risques (RR) ajustés selon l’âge et des intervalles de confiance (IC) à 95 % pour estimer le risque de cancer de la prostate par groupe professionnel.

Résultats. Au total, 34 997 cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués parmi les travailleurs inscrits dans le Système de surveillance des maladies professionnelles. Dans l’ensemble, on a observé un risque élevé de cancer de la prostate chez les hommes travaillant dans les domaines de la gestion et de l’administration (RR = 2,17; IC à 95 % = 1,98 à 2,38), de l’enseignement (RR = 1,99; IC à 95 % = 1,79 à 2,21), du transport (RR = 1,20; IC à 95 % = 1,16 à 1,24), de la construction (RR = 1,09; IC à 95 % = 1,06 à 1,12), de la lutte contre les incendies (RR = 1,62; IC à 95 % = 1,47 à 1,78) et du travail policier (RR = 1,20; IC à 95 % = 1,10 à 1,32). Des résultats incohérents ont été observés en ce qui a trait aux emplois de bureau et à ceux du secteur agricole.

Conclusion. Les associations observées dans les professions de cols blancs, de la construction, du transport et des services de protection concordent avec les résultats d’études canadiennes antérieures. Nos résultats mettent l’accent sur la nécessité d’évaluer les expositions spécifiques aux divers emplois, le comportement sédentaire, le stress psychologique et le travail par quarts. La compréhension de certains facteurs de risque professionnels permettrait de mieux comprendre l’étiologie du cancer de la prostate et d’améliorer les stratégies de prévention.

Mots-clés : profession, cancer de la prostate, surveillance, Ontario, cohorte, demandes d’indemnisation

Points saillants

  • Il s’agit de la première vaste étude de surveillance professionnelle en Ontario qui établit un lien entre les demandes d’indemnisation des accidentés du travail et des données administratives sur la santé.
  • On a observé des risques accrus de cancer de la prostate chez les cols blancs et chez les travailleurs des secteurs du transport, de la construction et des services de protection, alors que les résultats sont mitigés en ce qui concerne les employés de bureau et les agriculteurs.
  • Les résultats concordent avec ceux d’études canadiennes récentes sur la profession et le cancer de la prostate.
  • Les futures études doivent porter sur les expositions spécifique aux divers emplois et analyser d’autres facteurs comme le travail par quarts, le stress, le comportement sédentaire et les tendances en matière de dépistage.

Introduction

Le cancer de la prostate est le cancer le plus souvent diagnostiqué chez les hommes au CanadaNote de bas de page 1,Note de bas de page 2. Mis à part les quelques facteurs de risque non modifiables établis que sont l’âge, les antécédents familiaux de cancer de la prostate et l’origine ethnique, il n’existe aucun facteur de risque modifiable clairement établi pour le cancer de la prostateNote de bas de page 1,Note de bas de page 2. Le risque de cancer de la prostate augmente avec l’âge, surtout après 50 ansNote de bas de page 1. On sait que les Afro-Américains présentent les taux les plus élevés de cancer de la prostate et qu’ils sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic à un stade avancé de la maladie que les autres hommesNote de bas de page 3,Note de bas de page 4. Les hommes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate courent également un risque accru et ont davantage tendance à recourir au dépistage de ce type de cancerNote de bas de page 5. De plus en plus de données probantes montrent aussi que les hommes obèses ou en surpoids présentent un risque accru de cancer de la prostate, que l’on peut relier à des facteurs alimentaires et à la sédentaritéNote de bas de page 6. Certains éléments de preuve révèlent également que la consommation de viande transformée ou de viande rouge peut entraîner une hausse du risque de cancer de la prostateNote de bas de page 7. Les comportements des hommes à l’égard du dépistage par dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA) peuvent également contribuer aux différences observées dans le risque de cancer de la prostateNote de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 10.La compréhension des facteurs de risque modifiables de ce type de cancer demeurant limitée, il est nécessaire d’explorer d’autres facteurs, comme la profession.

L’existence de facteurs de risque liés au travail pour le cancer de la prostate est de plus en plus claire : plusieurs études canadiennes récentes ont révélé des associations solides entre l’emploi dans de grands groupes professionnels et le risque de cancer de la prostate. Ces associations ont été observées dans les domaines de la gestion et de l’administration, de l’agriculture, de la construction, du transport et des services de protectionNote de bas de page 5,Note de bas de page 11,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13,Note de bas de page 14. On a formulé l’hypothèse que le risque de cancer de la prostate dans ces professions est lié à des facteurs comme le comportement sédentaire, le stress, le travail par quarts, l’exposition aux vibrations globales du corps (VGC) et l’exposition à des produits chimiques (en particulier les pesticides et les gaz d’échappement des moteurs diesel)Note de bas de page 15,Note de bas de page 16,Note de bas de page 17,Note de bas de page 18,Note de bas de page 19,Note de bas de page 20,Note de bas de page 21. Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), il existe quelques éléments de preuve sur les liens entre le risque de cancer de la prostate et les industries de production de caoutchouc, le cadmium et l’arsenic métalliques, le malathion et l’exposition aux rayonnements X et gammaNote de bas de page 22.

On prévoit que le cancer de la prostate va demeurer le cancer le plus fréquent chez les Canadiens dans les prochaines décenniesNote de bas de page 2. Étant donné que les hommes adultes ayant une activité professionnelle passent une bonne partie de leur vie au travail, les facteurs de risque professionnels sont susceptibles de constituer des composantes importantes du risque de cancer de la prostate. L’amélioration de la surveillance en milieu professionnel est donc cruciale pour déterminer et réduire les risques de cancer de la prostate liés au travail. Le Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), premier système du genre en Ontario, consiste à jumeler les demandes d’indemnisation des accidentés du travail aux bases de données administratives sur la santé afin d’établir et de suivre les tendances relatives aux maladies liées au travailNote de bas de page 23,Note de bas de page 24. Le jumelage du SSMP a été mis au point pour la surveillance de nombreuses maladies professionnelles, dont le cancer de la prostate. À la différence des études précédentes menées à l’échelle de la population, le SSMP porte sur une vaste cohorte de la population active de l’Ontario.

Le but de cette étude était d’étudier au moyen du SSMP les associations entre la profession et le cancer de la prostate en Ontario. Elle visait aussi à déterminer si on y observe les mêmes résultats que ceux obtenus dans les études épidémiologiques antérieures menées sur la population au Canada et à explorer de nouvelles associations.

Méthodologie

Le SSMP a été créé grâce au jumelage de plusieurs bases de données administratives sur la santé en Ontario. Ce système est capable de détecter les risques associés à diverses maladies, et notamment aux cancers, chez les travailleurs ontariens, ce qui offre une information précieuse sur les maladies professionnelles.

Une cohorte de travailleurs de l’Ontario a été constituée à partir des données sur les demandes d’indemnisation entraînant un arrêt de travail acceptées par la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT). La CSPAAT offre une protection obligatoire couvrant 70 à 76 % des travailleurs et verse des prestations à ceux dont la demande d’indemnisation pour accident du travail ou maladie professionnelle a été acceptéeNote de bas de page 25. Les travailleurs non couverts par la CSPAAT sont les travailleurs autonomes qui n’ont pas opté pour la protection, les travailleurs des secteurs financiers et du divertissement et divers autres groupesNote de bas de page 25. Les dossiers de la CSPAAT de 1983 à 2014 étaient admissibles au jumelage. Ces dossiers contiennent des renseignements propres à la demande d’indemnisation (date de la blessure ou de la maladie, profession/secteur de l’industrie au moment de la demande, nature de la blessure ou de la maladie) et des renseignements personnels (nom du travailleur, sexe, date de naissance et date de décès [le cas échéant]). La profession associée à la demande a été codée par la CSPAAT selon la Classification canadienne descriptive des professions (CCDP 1971).

Les dossiers de la CSPAAT (n = 2 253 734 travailleurs uniques) ont été jumelés, par l’entremise d’une série de liaisons déterministes et probabilistes, à la Base de données sur les personnes inscrites (BDPI) au régime d’assurance-santé de l’Ontario (OHIP) (1990-2015) (n = 16 162 277), qui contient des renseignements sur le sexe, le lieu de résidence, la date de naissance, la date de décès ou d’émigration (le cas échéant) et le numéro d’assurance-maladie (NAM)Note de bas de page 23,Note de bas de page 24. Les dossiers suivants ont été exclus : aucune mention du sexe ou de la date de naissance, personne de moins 15 ans, date de la demande non valide ou absence d’un code de profession ou d’industrie valide, ce qui a fourni un total de 2 190 246 travailleurs uniques pour la cohorteNote de bas de page 23,Note de bas de page 24. Les travailleurs ont ensuite été jumelés de façon déterministe au Registre des cas de cancer de l’Ontario (RCCO) au moyen des NAM disponibles (n = 1 796 731), mais aussi de façon probabiliste lorsque aucun NAM n’était disponible, par l’utilisation du nom, du sexe, de la date de naissance et de la date de décès (n = 393 515)Note de bas de page 24. Le RCCO fournit des renseignements sur les nouveaux cas de cancer en Ontario (1964-2016) obtenus à partir des dossiers d’hôpital, des rapports de pathologie, des dossiers des centres de cancérologie et des certificats de décès. Nous avons ainsi pu relier 214 821 travailleurs uniques à des diagnostics de cancer dans le RCCONote de bas de page 23,Note de bas de page 24. La période de suivi a commencé à partir de la date de la première demande et, pour l’analyse présentée ici, nous avons suivi les membres de la cohorte du SSMP dans le RCCO pour diagnostic du cancer de la prostate (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision, C61). Les travailleurs enregistrés dans le RCCO ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate avant leur entrée dans la cohorte du SSMP ont été exclus afin d’obtenir une cohorte sans cancer de la prostate au départ. Les travailleurs ont fait l’objet d’un suivi depuis leur entrée dans la cohorte jusqu’au diagnostic de cancer de la prostate, à leur départ de l’Ontario, à leur décès ou à la fin de la période étudiée (31 décembre 2016)Note de bas de page 23,Note de bas de page 24. Une description complète des méthodes de jumelage est accessible ailleursNote de bas de page 24.

Des modèles de risques proportionnels de Cox ont servi à calculer des rapports de risques (RR) ajustés selon l’âge et des intervalles de confiance (IC) à 95 % pour estimer le risque de cancer de la prostate pour chaque groupe professionnel. Les travailleurs possédant plus d’un dossier de demande d’indemnisation pouvaient se retrouver dans plusieurs groupes professionnels. Chaque groupe professionnel analysé a été comparé à l’ensemble des travailleurs de la cohorte. Auparavant, nous avons pris en compte différents groupes de référence (p. ex. les emplois de cols blancs) et avons limité les analyses à des groupes d’âge précis où l’incidence du cancer de la prostate était plus élevée (plus de 50 ans), mais les résultats n’ont révélé aucun changement significatif (résultats non présentés). Nous présentons ici les groupes professionnels par niveaux de classification : division (code à 2 chiffres), grand groupe (code à 3 chiffres) et groupe intermédiaire (code à 4 chiffres). Nous avons effectué les analyses à l’aide du progiciel statistique SAS, version 9.4 (SAS Institute Inc., Cary, Caroline du Nord, États-Unis).

Dans le cadre de cette analyse, l’examen des groupes professionnels s’est fait en fonction de groupes d’intérêt prédéfinis ou présumés découlant de l’évaluation du CIRC et d’études canadiennes antérieures : l’agriculture, la gestion et l’administration et les secteurs connexes, le transport, la construction et les services de protectionNote de bas de page 5,Note de bas de page 11,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13,Note de bas de page 14. Comme le SSMP est récent, pouvoir éprouver sa capacité à détecter des risques constants parmi des groupes prédéfinis ou présumés renforce sa fiabilité et sa validité comme système de surveillance.

L’étude a été approuvée par le Comité d’éthique de la recherche en sciences de la santé de l’Université de Toronto (no de référence du protocole : 27513).

Résultats

La cohorte du SSMP était composée de 1 231 177 travailleurs de sexe masculin, dont l’âge moyen au moment de l’entrée dans la cohorte était de 37,4 ans. Au cours de la période d’étude de cette cohorte, 70 % des travailleurs n’ont obtenu qu’une seule demande d’indemnisation pour accident de travail. Le cancer de la prostate était le cancer le plus souvent diagnostiqué dans la cohorte du SSMP, avec un total de 34 997 nouveaux cas déclarés (tableau 1). Le temps de suivi moyen pour la profession par division, grand groupe ou groupe intermédiaire était de 261 mois-personnes.

Tableau 1. Distribution de la cohorte du SSMP, par année de naissance
Année de naissance Nombre d’hommes dans la cohorte Nombre de cas de cancer de la prostate
n (%) n (%)
Abréviation : SSMP, Système de surveillance des maladies professionnelles.
Remarque : – indique des données dont les effectifs sont inférieurs à 5.
Avant 1920 2 357 (0,2) 328 (1,0)
1920-1929 40 973 (3,3) 5 387 (15,4)
1930-1939 98 766 (8,0) 11 067 (31,6)
1940-1949 171 826 (14,0) 11 208 (32,0)
1950-1959 287 897 (23,4) 5 883 (16,8)
1960-1969 345 476 (28,0) 1 099 (3,1)
1970-1979 182 909 (14,9) 24 (0,1)
1980-1989 87 545 (7,1)
1990 et après 13 428 (1,1)
Ensemble 1 231 177 (100) 34 997 (100)

Le tableau 2 présente le nombre de cas de cancer de la prostate et les estimations du risque par division professionnelle. Les groupes professionnels prédéfinis et présumés affichant des risques élevés dans le SSMP étaient la gestion et l’administration, l’enseignement, les métiers de la construction et les transports (utilisation d’équipement). On a observé des risques plus faibles parmi deux groupes prédéfinis soupçonnés d’être à risque, à savoir l’agriculture et l’exploitation forestière. D’autres associations ont été observées dans les groupes professionnels suivants : sciences naturelles et génie; médecine et santé; services; mines et carrières; traitement des matières premières; usinage; fabrication, montage et réparation de produits; manutention et enfin conduite de machines et d’appareils divers.

Tableau 2. Risque de cancer de la prostate selon le groupe professionnel (division) dans le SSMP
Division des professions (code CCDP) Nombre de cas Nombre total de travailleurs RRTableau 2 Note de bas de page a (IC à 95 %)

Abréviations : CCDP, Classification canadienne descriptive des professions; RR, rapport des risques; SSMP, Système de surveillance des maladies professionnelles.

Tableau 2 Note de bas de page a

Ajusté pour l’âge et l’année civile.

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Tableau 2 Note de bas de page b

Groupes prédéfinis.

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Tableau 2 Note de bas de page c

Risques accrus statistiquement significatifs.

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Tableau 2 Note de bas de page d

Risques réduits statistiquement significatifs.

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Direction, administration et professions connexes (11)Tableau 2 Note de bas de page b 464 14 228 2,17 (1,98–2,38)Tableau 2 Note de bas de page c
Sciences naturelles, génie et mathématiques (21) 538 20 814 1,30 (1,20–1,42)Tableau 2 Note de bas de page c
Sciences sociales et secteurs connexes (23) 128 6 834 1,10 (0,92–1,31)
Enseignement et secteurs connexes (27)Tableau 2 Note de bas de page b 353 10 018 1,99 (1,79–2,21)Tableau 2 Note de bas de page c
Médecine et santé (31) 362 17 068 1,14 (1,03–1,27)Tableau 2 Note de bas de page c
Arts plastiques, décoratifs, littéraires, d’interprétation et secteurs connexes (33) 156 8 400 1,11 (0,95–1,30)
Travail administratif et secteurs connexes (41)Tableau 2 Note de bas de page b 2 133 96 316 1,00 (0,96–1,04)
Commerce (51) 1 163 71 727 0,88 (0,83–0,94)
Services (61) 4 221 187 123 1,07 (1,04–1,11)Tableau 2 Note de bas de page c
Agriculture, horticulture et élevage (71)Tableau 2 Note de bas de page b 586 39 236 0,68 (0,63–0,74)Tableau 2 Note de bas de page d
Pêche, chasse, piégeage et activités connexes (73) 8 518 0,66 (0,33–1,33)
Exploitation forestière (75)Tableau 2 Note de bas de page b 183 10 109 0,67 (0,58–0,77)Tableau 2 Note de bas de page d
Mines, carrières, puits de pétrole et de gaz (77) 422 12 870 1,31 (1,19–1,44)Tableau 2 Note de bas de page c
Traitement des matières premières – métaux, argile, verre, pierre, produits chimiques (81) 1 403 62 878 0,93 (0,88–0,98)Tableau 2 Note de bas de page d
Traitement des matières premières – aliments, bois, pâte à papier, textile (82) 1 372 67 325 0,87 (0,82–0,91)Tableau 2 Note de bas de page d
Usinage de matières premières et secteurs connexes (83) 4 428 168 127 1,07 (1,04–1,11)Tableau 2 Note de bas de page c
Fabrication, montage et réparation de produits finis (85) 7 156 261 187 1,12 (1,09–1,14)Tableau 2 Note de bas de page c
Construction (87)Tableau 4 Note de bas de page b 5 284 211 378 1,09 (1,06–1,12)Tableau 2 Note de bas de page c
Transports (91)Tableau 4 Note de bas de page b 3 998 153 882 1,20 (1,16–1,24)Tableau 2 Note de bas de page c
Manutention et secteurs connexes (93) 2 392 121 957 0,80 (0,76–0,83)Tableau 2 Note de bas de page d
Conduite de machines et d’appareils divers (95) 619 21 541 1,15 (1,06–1,24)Tableau 2 Note de bas de page c
Activités non classées ailleurs (99) 3 554 174 651 0,85 (0,82–0,88)Tableau 2 Note de bas de page d

Le tableau 3 présente le nombre de cas de cancer de la prostate et les estimations du risque pour les grands groupes professionnels (code CCDP à trois chiffres) et certains groupes professionnels intermédiaires (code CCDP à quatre chiffres) qui présentent une association prédéfinie ou présumée. Les résultats complets concernant les groupes intermédiaires sont présentés dans un tableau supplémentaire (S1) disponible sur demande auprès des auteurs.

Tableau 3. Risque de cancer de la prostate pour certains grands groupes professionnels du SSMP prédéfinis
Profession (code CCDP) Nombre de cas Nombre total de travailleurs RRTableau 3 Note de bas de page a (IC à 95 %)
Direction et administration 

Abréviations : CCDP, Classification canadienne descriptive des professions; RR, rapport des risques; SSMP, Système de surveillance des maladies professionnelles.

Tableau 3 Note de bas de page a

Ajusté pour l’âge et l’année civile.

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Tableau 3 Note de bas de page b

Risques accrus statistiquement significatifs.

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Tableau 3 Note de bas de page c

Risques réduits statistiquement significatifs.

Tableau 1 Retour à la référence de la note de bas de page c

Fonctionnaires et administrateurs (administration publique) (111) 115 2 835 1,97 (1,64–2,37)Tableau 3 Note de bas de page b
Autres directeurs et administrateurs (113) 240 7 150 2,43 (2,14–2,76)Tableau 3 Note de bas de page b
Professions reliées à la direction et à l’administration (117) 116 4 422 1,96 (1,63–2,35)Tableau 3 Note de bas de page b
Enseignement universitaire et secteurs connexes (271) 24 438 3,71 (2,48–5,53)Tableau 3 Note de bas de page b
Enseignement primaire et secondaire et secteurs connexes (273) 282 8 225 1,94 (1,72–2,18)Tableau 3 Note de bas de page b
Autre genre d’enseignement et secteurs connexes (279) 57 1 519 2,01 (1,55–2,60)Tableau 3 Note de bas de page b
Tenue de livres et travail de comptabilité (413) 79 4 479 1,04 (0,84–1,30)
Conduite de machines de bureau et de machines de traitement électronique des données (414) 23 983 0,96 (0,64–1,44)
Enregistrement, planification des mouvements et distribution du matériel (415) 1 204 58 607 0,87 (0,82–0,92)Tableau 3 Note de bas de page c
Réception, renseignements et acheminement du courrier et des messages (417) 160 8 238 1,30 (1,11–1,52)Tableau 3 Note de bas de page b
Autres emplois administratifs et professions connexes (419) 181 8 931 1,21 (1,05–1,40)Tableau 3 Note de bas de page b
Ressources naturelles
Exploitants agricoles et directeurs d’exploitations agricoles (711/713) 112 3 528 1,72 (1,43–2,07)Tableau 3 Note de bas de page b
Travailleurs en agriculture, en horticulture et travailleurs assimilés (718/719) 468 34 920 0,61 (0,56–0,67)Tableau 3 Note de bas de page c
Autres travailleurs en agriculture, en horticulture et en élevage (718) 37 1 834 0,75 (0,55–1,04)
Pêche, chasse, piégeage et activités connexes (731) 8 518 0,66 (0,33–1,33)
Exploitation forestière (751) 183 10 109 0,67 (0,58–0,77)Tableau 3 Note de bas de page c
Mines, carrières, forage et dynamitage (7711) 135 3 473 1,28 (1,08–1,52)Tableau 3 Note de bas de page b
Autres industries extractives, y compris l’extraction de pétrole et de gaz (7710) 326 10 365 1,36 (1,22–1,52)Tableau 3 Note de bas de page b
Construction et métiers
Traitement des minerais (811) 40 948 1,38 (1,01–1,89)Tableau 3 Note de bas de page b
Traitement des métaux et secteurs connexes (813) 681 26 178 1,09 (1,10–1,18)Tableau 3 Note de bas de page b
Traitement et façonnage de l’argile, du verre, de la pierre et secteurs connexes (815) 214 9 007 0,82 (0,71–0,94)Tableau 3 Note de bas de page c
Traitement des produits chimiques, du pétrole, du caoutchouc, du plastique et de matières connexes (816) 493 28 227 0,79 (0,73–0,87)Tableau 3 Note de bas de page c
Aliments, boissons et secteurs connexes (821) 962 45 030 0,89 (0,83–0,95)Tableau 3 Note de bas de page c
Préparation des bois (pâte à papier et papier exceptés) (823) 106 5 923 0,70 (0,58–0,84)Tableau 3 Note de bas de page c
Pâte à papier, papier et secteurs connexes (825) 145 4 879 1,12 (0,95–1,32)
Textile (826) 99 5 362 0,74 (0,60–0,90)Tableau 3 Note de bas de page c
Autres secteurs du traitement des matières premières (829) 74 7 141 0,83 (0,66–1,04)
Usinage des métaux (831) 1 201 39 210 1,30 (1,22–1,37)Tableau 3 Note de bas de page b
Façonnage des métaux (usinage excepté) (833) 2 990 118 192 1,04 (1,00–1,08)
Usinage des bois (835) 135 7 550 0,81 (0,68–0,96)Tableau 3 Note de bas de page c
Façonnage de l’argile, du verre, de la pierre et des matières connexes (837) 372 12 678 1,06 (0,96–1,18)
Fabrication et montage de produits métalliques (851) 2 036 67 413 1,17 (1,12–1,23)Tableau 3 Note de bas de page b
Fabrication, montage, installation et réparation (matériel électrique, électronique et matériel connexe) (853) 628 25 862 1,17 (1,08–1,27)Tableau 3 Note de bas de page b
Fabrication, montage et réparation (produits en bois) (854) 391 21 627 0,68 (0,61–0,75)Tableau 3 Note de bas de page c
Fabrication, montage et réparation (articles en tissu, en fourrure et en cuir) (855) 231 8 686 0,90 (0,79–1,02)
Fabrication, montage et réparation (articles en caoutchouc, en matières plastiques et en matières connexes) (857) 225 11 006 0,65 (0,57–0,75)Tableau 3 Note de bas de page c
Entretien et réparation (matériel électrique excepté) (858) 3 382 110 106 1,30 (1,26–1,35)Tableau 3 Note de bas de page b
Fabrication, montage et réparation (autres produits finis) (859) 732 34 982 1,05 (0,98–1,13)
Excavation, nivellement, pavage et secteurs connexes (871) 600 17 912 1,51 (1,39–1,64)Tableau 3 Note de bas de page b
Montage, installation et réparation (matériel électrique, d’éclairage et de communication par fil) (873) 1 035 34 606 1,28 (1,21–1,36)Tableau 3 Note de bas de page b
Autres secteurs de la construction (878) 3 735 162 367 1,00 (0,97–1,03)
Transports
Transport aérien (911) 120 7 397 0,93 (0,78–1,11)
Exploitation du transport ferroviaire (913) 159 3 825 1,85 (1,58–2,16)Tableau 3 Note de bas de page b
Transport fluvial et transport maritime (915) 61 2 550 1,12 (0,87–1,44)
Transport automobile (917) 548 20 733 1,45 (1,10–1,19)Tableau 3 Note de bas de page b
Autres moyens de transport (919) 275 12 166 2,16 (1,92–2,43)Tableau 3 Note de bas de page b
Conduite de machines et d’installations fixes et secteurs connexes (953) 270 7 165 1,59 (1,41–1,79)Tableau 3 Note de bas de page b
Services de protection et de sécurité
Pompiers (6111) 404 11 647 1,62 (1,47–1,78)Tableau 3 Note de bas de page b
Détectives et agents de police (6112) 501 19 448 1,20 (1,10–1,32)Tableau 3 Note de bas de page b
Gardiens et veilleurs (6115) 454 17 400 1,36 (1,24–1,49)Tableau 3 Note de bas de page b
Employés des services de protection et de sécurité (6119) 15 617 1,01 (0,61–1,68)

Gestion et administration

Une augmentation des risques a été observée dans tous les grands groupes professionnels de la gestion et de l’administration ainsi que de l’enseignement et dans plusieurs groupes professionnels de travail de bureau non liés à la gestion (tableau 3). Un risque accru de plus de 70 % a été observé pour le grand groupe professionnel lié à l’enseignement, le risque le plus élevé ayant été observé chez les professeurs d’université (groupe professionnel intermédiaire) (S1).

Ressources naturelles

Un risque accru a été observé dans l’ensemble du grand groupe professionnel des exploitants agricoles et des directeurs d’exploitations agricoles (tableau 3) et, dans le groupe professionnel intermédiaire, ce risque s’est révélé spécifique à un petit groupe d’agriculteurs (S1). En revanche, on a observé un risque plus faible dans le grand groupe professionnel de l’agriculture, de l’horticulture et des secteurs connexes (tableau 3), diminution attribuable aux travailleurs agricoles (S1). Les risques moindres dans le secteur de l’exploitation forestière étaient principalement attribuables aux travailleurs de la coupe de bois et, dans une moindre mesure, aux manœuvres et aux travailleurs assimilés (S1). Des risques accrus dans les professions liées à l’exploitation des mines et des carrières ont été observés dans tous les groupes professionnels intermédiaires des mines et des carrières (S1).

Construction et métiers manuels

Des risques plus élevés ont été observés pour les professions liées aux métaux comme le traitement, l’usinage et le façonnage des métaux, ainsi que la fabrication et le montage d’autres produits métalliques, et tous ces grands groupes professionnels affichaient un nombre élevé de cas de cancer de la prostate (tableau 3). À l’échelle des groupes professionnels intermédiaires, on a relevé aussi un nombre élevé de professions liées à la métallurgie avec de nombreux cas de cancer de la prostate : contremaîtres en traitement des métaux, lamineurs, contremaîtres en usinage des métaux, ajusteurs-outilleurs, machinistes, contremaîtres en façonnage des métaux, forgerons, chaudronniers et tôliers (S1). Un risque accru a également été observé au sein du grand groupe professionnel des mécaniciens et des réparateurs, qui comptait parmi les plus nombreux cas de cancer de la prostate parmi les professions de la construction (tableau 3). Presque tous les groupes intermédiaires de mécaniciens et de réparateurs affichaient des risques accrus de cancer de la prostate, principalement en raison de nombreux cas de cancer de la prostate dans les secteurs des véhicules à moteur et des machines utilisées dans l’industrie, l’agriculture et la construction (S1). Plusieurs grands groupes professionnels de la construction ont été perçus comme présentant un risque moindre : traitement des produits non métalliques, transformation des aliments et des boissons, préparation des bois, traitement des textiles, usinage du bois et fabrication, montage et réparation d’articles en bois, en caoutchouc et en matières plastiques (tableau 3).

Transports

Plusieurs grands groupes professionnels du secteur des transports étaient associés au cancer de la prostate, avec notamment des risques accrus dans les secteurs du transport ferroviaire, du transport automobile, des autres moyens de transport et secteurs connexes, ainsi que de la conduite de machines et d’installations fixes (tableau 3). Dans le cas du transport ferroviaire, tous les groupes intermédiaires présentaient des risques accrus, mais ces groupes enregistraient un petit nombre de cas de cancer de la prostate. Tous les groupes professionnels intermédiaires liés au transport automobile présentaient également des risques accrus, principalement en raison des nombreux cas liés à la conduite de camions et d’autobus (S1).

Services de protection

Des risques accrus de cancer de la prostate ont été observés chez les pompiers, les policiers, les détectives, les gardiens et les veilleurs (tableau 3).

Autres professions

Le tableau 4 présente des estimations du risque pour les autres grands groupes professionnels où des risques accrus ont été observés au niveau de la division (tableau 2) mais qui n’avaient pas été considérés comme des groupes d’intérêt prédéfinis ou présumés. Cela concerne principalement les hommes employés dans les grands groupes professionnels liés aux sciences, au génie et aux sciences sociales (sciences de la vie, architecture et génie) et aux services de santé (diagnostic des maladies, soins infirmiers, autres professions dans le domaine de la santé), qui présentaient un risque accru de cancer de la prostate (tableau 4).

Tableau 4. Risque de cancer de la prostate pour d’autres grands groupes professionnels dans le SSMP
Profession (code CCDP) Nombre de cas Nombre total de travailleurs RRTableau 4 Note de bas de page a (IC à 95 %)
Sciences, génie et sciences sociales

Abréviations : CCDP, Classification canadienne descriptive des professions; RR, rapport des risques; SSMP, Système de surveillance des maladies professionnelles.

Tableau 4 Note de bas de page a

Ajusté pour l’âge et l’année civile.

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Tableau 4 Note de bas de page b

Risques accrus statistiquement significatifs.

Tableau 4 Retour à la référence de la note de bas de page b

Tableau 4 Note de bas de page c

Risques réduits statistiquement significatifs.

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Sciences physiques (211) 70 2 491 1,13 (0,90–1,43)
Sciences de la vie (213) 49 1 793 1,36 (1,02–1,79)Tableau 4 Note de bas de page b
Architectes et ingénieurs (214) 128 3 675 1,36 (1,02–1,79)Tableau 4 Note de bas de page b
Autres professions en architecture et en génie (216) 284 11 918 1,22 (1,09–1,38)Tableau 4 Note de bas de page b
Mathématiques, statistiques, analyse des systèmes et secteurs connexes (218) 18 1 361 1,03 (0,65–1,64)
Sciences sociales (231) 46 1 942 1,75 (1,31–2,34)Tableau 4 Note de bas de page b
Service social et secteurs connexes (233) 88 5 179 0,93 (0,75–1,14)
Services de santé
Diagnostic et traitement des maladies (311) 12 255 2,33 (1,33–4,10)Tableau 4 Note de bas de page b
Soins infirmiers, thérapeutiques et secteurs connexes (313) 303 14 789 1,09 (0,97–1,22)
Autres professions dans le domaine de la médecine et de la santé (315) 58 2 317 1,58 (1,22–2,04)Tableau 4 Note de bas de page b
Autres professions
Beaux-arts, dessin publicitaire, photographie et secteurs connexes (331) 38 1 529 1,41 (1,03–1,94)Tableau 4 Note de bas de page b
Arts d’interprétation et arts audiovisuels (333) 21 1 628 0,93 (0,61–1,43)
Rédaction (335) 8 273 1,50 (0,75–3,00)
Sports et loisirs (337) 90 5 009 1,05 (0,85–1,29)
Vendeurs de biens de consommation (513) 1029 66 747 0,86 (0,81–0,91)Tableau 4 Note de bas de page c
Préparation des aliments et des boissons et services connexes (612) 99 14 814 0,44 (0,36–0,53)Tableau 4 Note de bas de page c
Services de logement et secteurs connexes (613) 61 2 663 0,99 (0,77–1,27)
Imprimerie et secteurs connexes (951) 335 13 551 0,95 (0,85–1,05)

Analyse

Comme c’est le cas au sein de la population générale, le cancer de la prostate s’est révélé le cancer le plus souvent diagnostiqué chez les hommes de la cohorte du SSMP. Conformément aux associations prédéfinies et présumées et aux études canadiennes les plus récentes, nous avons observé un risque excédentaire de cancer de la prostate chez les cols blancs et chez les travailleurs des domaines du transport, de la construction et des services de protection, ainsi que dans certaines professions administratives et agricolesNote de bas de page 5,Note de bas de page 11,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13. Les résultats de cette vaste étude, qui a porté sur plus de 1,2 million de travailleurs de sexe masculin en Ontario, renforcent les constatations faites antérieurement. Les associations avec les professions que nous avons observées peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs liés au travail, en particulier un comportement sédentaire ou un faible niveau d’activité physique, un stress psychologique, un travail par quarts, une exposition aux vibrations globales du corps et une exposition à certains produits chimiques.

Des études antérieures semblent en effet indiquer que le comportement sédentaire ou le faible niveau d’activité physique au travail pourraient être liés à un risque accru de cancer de la prostateNote de bas de page 26. Une méta‑analyse regroupant 19 études de cohortes et 24 études cas-témoins a permis d’observer une réduction de 19 % du risque de cancer de la prostate lié à l’activité physique en milieu professionnelNote de bas de page 27. Même si le mécanisme biologique expliquant le lien entre l’inactivité physique et le cancer de la prostate n’est pas encore vraiment compris, on suppose qu’une baisse de l’activité physique peut avoir une influence sur le risque de cancer de la prostate en modifiant les concentrations de testostérone, la fonction immunitaire et les facteurs de croissance analogues à l’insulineNote de bas de page 27. Les risques accrus de cancer de la prostate observés antérieurement dans les professions de cols blancs et les professions administratives ont souvent été attribués au comportement sédentaire, étant donné que les expositions à des produits chimiques dangereux dans le cadre de ces professionsNote de bas de page 5,Note de bas de page 11,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13 sont rares. Nos constatations relatives aux professions de gestion et d’administration peuvent elles aussi s’expliquer par un comportement sédentaire accru et une faible activité physique au travail. Les hommes qui occupent des postes de direction sont également plus âgés, plus instruits et expérimentés, mais nous avons pu tenir compte de l’âge. En outre, ces travailleurs affichent habituellement un statut socioéconomique supérieur à celui des cols bleus, or un statut socioéconomique supérieur est associé à une utilisation accrue des services de santé et à un diagnostic précoce possible de cancer de la prostate (p. ex. dépistage accru du PSA), ce qui pourrait jouer un rôle dans nos résultatsNote de bas de page 5,Note de bas de page 28. Par ailleurs, l’existence de risques moins élevés chez les cols bleus (emplois liés à l’agriculture, à l’exploitation forestière et à certains métiers de la construction en particulier) observés dans le cadre de notre étude pourrait être liée à une activité physique plus importante pratiquée par ces travailleurs par rapport aux cols blancs. Les travailleurs du transport, en particulier les conducteurs de camions et d’autobus repérés dans notre étude, sont également susceptibles de connaître de longues périodes de sédentarité ou en position assise. Des études antérieuresNote de bas de page 11,Note de bas de page 15 réalisées en Ontario n’ont révélé aucun lien avec le niveau d’activité physique de ces travailleurs, mais quelques étudesNote de bas de page 29,Note de bas de page 30 ont démontré que la hausse de la sédentarité professionnelle chez les conducteurs était également liée au travail par quarts, à l’obésité et à un faible niveau d’activité physique en dehors des heures de travail.

On sait que le stress psychologique a d’importantes répercussions sur l’état de santé, notamment un risque accru de maladies cardiovasculaires et de maladies mentales, et son rôle dans l’étiologie du cancer suscite un intérêt croissantNote de bas de page 31. Le stress chronique peut avoir un impact sur le développement du cancer par l’activation du système nerveux sympathique, qui entraîne une régulation à la baisse de la réponse immunitaire cellulaire et contribue à l’instabilité génomique. Le stress chronique peut aussi avoir une influence sur les concentrations de testostérone et favoriser le développement du cancer de la prostateNote de bas de page 31. Le stress en milieu de travail est la principale source de stress chez les hommes, mais peu d’études ont été en mesure d’évaluer le stress au travail en lien avec le risque de cancer de la prostate. Le stress en milieu de travail est évalué en fonction de l’équilibre entre les exigences et le contrôle, les contextes de stress intense correspondant à des exigences élevées associées à un faible degré de contrôleNote de bas de page 31. C’est un élément important présent au sein de plusieurs professions relevées dans notre étude, en particulier la lutte contre les incendies et le travail policier, qui sont reconnues comme des professions à haut risque pour lesquelles les travailleurs sont appelés à répondre à un éventail de situations d’urgence dans des environnements de stress intense constantNote de bas de page 32. Il faut aussi tenir compte de la perception du stress, en particulier si le travailleur perçoit son travail comme étant très stressant par rapport aux autres travailleurs. Des études ont relevé que des niveaux de stress plus élevés étaient souvent signalés chez les cols blancs par rapport aux cols bleusNote de bas de page 31,Note de bas de page 33. Le stress au travail peut être à l’origine de l’augmentation des risques relevée chez les cols blancs dans le cadre de notre étude. Ce type de stress est également associé à une augmentation des facteurs relatifs à un mode de vie malsain comme l’inactivité physique, l’obésité, la consommation accrue d’alcool et le tabagismeNote de bas de page 7.

Des méta-analyses récentes sur le travail par quarts et le cancer de la prostate suggèrent que le travail de nuit et le travail en rotation sont associés à un risque de cancer de la prostateNote de bas de page 19,Note de bas de page 34,Note de bas de page 35. Le travail par quarts peut inhiber la synthèse de la mélatonine et perturber le rythme circadienNote de bas de page 35,Note de bas de page 37. On sait que la mélatonine est un contributeur important à la prévention du développement du cancerNote de bas de page 19, et sa suppression causée par une hausse du travail par quarts peut augmenter les concentrations de testostérone et mener à un risque accru de cancer de la prostate. Cette situation s’applique à certaines professions relevées dans cette étude qui sont visées par le travail par quarts, comme le transport, les services de protection et les soins de santé. Les conducteurs du secteur des transports, en particulier les camionneurs identifiés dans notre étude, sont susceptibles d’effectuer des quarts de nuit ou des heures irrégulièresNote de bas de page 29,Note de bas de page 30. Le travail par quarts est également fréquent dans les professions liées aux services de protection comme la lutte contre les incendies et le travail policierNote de bas de page 38,Note de bas de page 39. Les risques accrus de cancer de la prostate observés dans les professions associées aux soins de santé, en particulier les professions infirmières, pourraient être liés au travail par quarts, sachant que des études antérieures ont permis d’établir une relation entre les professions infirmières, le travail par quarts et le risque de cancer du seinNote de bas de page 36,Note de bas de page 37.

L’exposition aux VGC est fréquente dans les professions qui font appel à l’utilisation répétitive d’un véhicule ou d’une machine, en particulier les emplois liés au transport et à la construction. L’exposition aux VGC se produit lorsque l’énergie mécanique contenue dans les surfaces vibrantes est transmise au corps en position debout ou assiseNote de bas de page 40. Même si le rôle des VGC dans l’étiologie du cancer de la prostate demeure incertain, d’autres affections de la prostate comme la prostatite et l’augmentation des concentrations de testostérone ont été associées à une exposition aux VGCNote de bas de page 40. Dans le cadre de notre étude, les travailleurs œuvrant dans les secteurs du transport ferroviaire, du camionnage, du transport automobile et de la conduite de machines et d’installations fixes présentaient un excès de risque similaire à celui des études portant sur l’exposition aux VGCNote de bas de page 10,Note de bas de page 15,Note de bas de page 16,Note de bas de page 17,Note de bas de page 40,Note de bas de page 41,Note de bas de page 42. Les travailleurs de la construction qui effectuent des travaux de machinerie nécessitant l’utilisation d’outils à main peuvent aussi être exposés aux VGC, mais nous ignorons quelles professions de la construction dans notre étude impliquent des VGC.

Nos résultats peuvent également être mis en lien avec l’exposition à certains produits chimiques. Le risque accru chez les exploitants agricoles et les directeurs d’exploitations agricoles pourrait être lié à une exposition aux pesticides, ce qui a été prouvé de manière solide dans la littérature antérieureNote de bas de page 43,Note de bas de page 44,Note de bas de page 45. De plus, certaines études sur l’agriculture ont révélé des associations chez des hommes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate et l’exposition à certains pesticidesNote de bas de page 46,Note de bas de page 47. Les travailleurs agricoles peuvent être également exposés aux gaz d’échappement des moteurs diesel, tout comme les travailleurs de la construction, du transport, des mines et des services de protectionNote de bas de page 11,Note de bas de page 12,Note de bas de page 13,Note de bas de page 43,Note de bas de page 44,Note de bas de page 45,Note de bas de page 48. Cette exposition peut être due au fait que les travailleurs utilisent des véhicules au diesel ou se trouvent à proximité de ceux-ci pendant de longues périodesNote de bas de page 43,Note de bas de page 44,Note de bas de page 45,Note de bas de page 48. L’exposition aux gaz d’échappement diesel est également répandue dans les professions de l’exploitation forestière, mais on a observé des risques réduits pour ces groupes dans le cadre de notre étude. D’après les évaluations du CIRCNote de bas de page 25, on dispose d’éléments probants indiquant que les composés métalliques à base de cadmium et d’arsenic sont liés à un risque de cancer de la prostate. Dans le cadre de notre étude, il n’a toutefois pas été possible de circonscrire les professions en fonction de l’exposition à certains métaux, bien que nous ayons observé des risques accrus pour différentes professions liées à la métallurgie dans le secteur de la construction. Des risques accrus ont également été observés chez les mécaniciens et les réparateurs, et ces travailleurs sont susceptibles d’être exposés à des agents chimiques tels que les solvants, le fer et l’acier et le matériel de soudageNote de bas de page 49.

Les comportements de dépistage contribueraient également aux différences dans les risques de cancer de la prostate observées dans certains groupes professionnels de notre étude. L’épreuve de dosage de PSA est le seul test de dépistage du cancer de la prostate offert. Or ce test n’est pas spécifique et peut entraîner des résultats faussement positifs et des tests supplémentaires inutilesNote de bas de page 28,Note de bas de page 50. Le dépistage systématique du cancer de la prostate n’étant pas recommandé au CanadaNote de bas de page 50, certains facteurs liés au dépistage peuvent avoir une influence sur les comportements des hommes à l’égard du dépistage : il ressort de données antérieures que les hommes plus âgés, ceux affichant un statut socioéconomique élevé et ceux présentant des antécédents familiaux de cancer de la prostate ainsi que les hommes mariés sont plus susceptibles que les autres hommes de se soumettre à un dépistageNote de bas de page 14,Note de bas de page 28,Note de bas de page 44. De plus, on sait que les hommes qui occupent des emplois de col blanc sont mieux informés sur le dépistage du cancer de la prostate, ont un meilleur accès au dépistage et il est plus facile pour eux de prendre le temps de s’y soumettre, ce qui peut expliquer certains des risques accrus constatés au sein de ces professionsNote de bas de page 10,Note de bas de page 28. Les risques moindres observés dans les emplois de cols bleus des secteurs de la construction, de l’agriculture et de l’exploitation forestière peuvent être liés à un moindre dépistage du cancer de la prostate en raison d’un statut socioéconomique inférieur, d’horaires de travail moins flexibles et d’une sensibilisation moindre aux ressources de dépistageNote de bas de page 10. Les travailleurs des services de protection, en particulier les pompiers, sont susceptibles de subir des examens médicaux plus fréquents que les autres travailleurs, étant donné la nature de leur profession, ce qui accroît l’adoption de comportements favorables à l’égard du dépistageNote de bas de page 51,Note de bas de page 52. Les risques excédentaires observés dans notre étude en sciences sociales et en génie ont également été relevés ailleurs dans la littérature, ce qui laisse penser que ces hommes sont plus susceptibles de se soumettre à un dépistage du cancer de la prostate que les autres hommesNote de bas de page 5,Note de bas de page 10. De plus, nos constatations portant sur les travailleurs de la santé pourraient se rattacher à une hausse du dépistage chez ces travailleurs, car ils sont plus susceptibles d’être informés des tests médicaux à leur disposition.

Cette étude comporte des limites. On a recueilli des renseignements sur les professions exercées au moment de la demande, mais on ne disposait pas des antécédents professionnels au cours de la vie. Nous n’avions pas non plus la capacité d’examiner certains facteurs relatifs à la profession comme la durée de l’emploi. Seuls les travailleurs ayant présenté une demande d’indemnisation pour accident du travail ont été inclus dans cette cohorte, ce qui entraîne une surreprésentation des travailleurs exerçant des professions physiquement dangereuses comparativement à l’ensemble de la main-d’œuvre, car la plupart des demandes acceptées concernent des accidents du travail. Bien que cette cohorte comprenne de nombreux travailleurs de l’Ontario, elle n’est pas nécessairement représentative de tous les individus des professions identifiées, ce qui pourrait entraîner un biais de sélection si les facteurs de risque associés au cancer de la prostate sont corrélés à des dangers physiques. Toutes les analyses ont été effectuées au sein de la même cohorte, de sorte que le groupe cible et le groupe de référence sont composés d’anciens travailleurs accidentés, ce qui peut compenser ce biais. Les travailleurs qui occupent des emplois particulièrement dangereux peuvent aussi présenter un risque accru de décès, ce qui pourrait les priver d’un suivi avant l’âge auquel ils sont à risque élevé de cancer de la prostate. Bien que l’ajustement en fonction de l’âge puisse régler ce problème, son incidence ne pourrait être pleinement évaluée qu’à l’aide d’un modèle de risque concurrent.

Étant donné la façon dont la cohorte a été constituée, les personnes occupant des postes de cadres supérieurs peuvent s’être vues attribuer un niveau de risque plus élevé correspondant en fait à une exposition subie dans le cadre de fonctions antérieures, par exemple un gestionnaire auparavant travailleur manuel. Cette situation peut aussi se produire simplement parce que les gens doivent être plus âgés pour obtenir ce poste (par exemple les juges) et que le cancer de la prostate est une maladie de l’âge avancé. Même si toutes les analyses ont été ajustées pour l’âge, ce qui devrait atténuer au moins partiellement ce biais, il faut faire preuve de prudence dans l’interprétation des risques excessifs au sein de ces groupes. De plus, les bases de données administratives utilisées dans cette étude ne contiennent pas de renseignements sur le statut socioéconomique (p. ex. revenu, niveau de scolarité), le mode de vie ou les facteurs de risque connus du cancer de la prostate, mis à part l’âge, alors que ces facteurs pourraient être des facteurs de confusion et aider à atténuer certains biais de sélection. Cette étude fait également appel à de multiples tests qui peuvent mener à des résultats attribuables au hasard, un problème courant avec les études sur les professions portant sur plusieurs groupes. Toutefois, les résultats de notre étude sont similaires à ceux de publications antérieures, ce qui offre une fiabilité à nos constatations. L’un des principaux points forts de notre étude est qu’elle adopte une approche fondée sur le jumelage avec des données administratives sur la santé qui sont précises et actualisées. Un autre point fort de l’étude est l’utilisation de données sur les demandes d’indemnisation incluant des données de l’état civil et des renseignements précis sur l’emploi. L’approche fondée sur le jumelage est efficace pour obtenir un grand échantillon de cas de cancer de la prostate assortis de renseignements professionnels antérieurs au diagnostic. Par ailleurs, les comparaisons ont été restreintes à une cohorte de travailleurs plutôt qu’à la population générale, ce qui réduit l’impact potentiel de l’effet du travailleur en santé.

Conclusion

Cette étude a permis d’observer des associations entre la profession et le risque de cancer de la prostate similaires aux associations prédéfinies ou présumées présentées dans des études canadiennes antérieures. Ces associations portent sur les professions des domaines de la gestion et de l’administration, de la construction, du transport et des services de protection et le risque de cancer de la prostate. D’autres associations ont été également relevées, et elles nécessitent un examen plus approfondi. Il faut continuer à examiner les expositions potentiellement spécifiques à un emploi et certains autres facteurs comme le comportement sédentaire, le stress, le travail par quarts et les tendances en matière de dépistage, entre autres facteurs non liés à la profession. Le fait de comprendre les facteurs spécifiquement professionnels aidera à déterminer comment les différents emplois sont liés au risque de cancer de la prostate. Cela ouvre la voie à une meilleure connaissance des facteurs de risque du cancer de la prostate et à l’adoption de stratégies de prévention fondées sur des données probantes.

Remerciements

Ce projet a été financé par le ministère du Travail (no 14-R-29) et l’Agence de santé publique du Canada (no 1516-HQ-000066). Le Centre de recherche sur le cancer professionnel est financé par Action Cancer Ontario, la Société canadienne du cancer et le ministère du Travail de l’Ontario.

Conflits d’intérêts

Aucun à déclarer.

Contributions et déclaration des auteurs

JS, l’auteur principal, a contribué à la conception de l’étude, à l’analyse et à l’interprétation des données, ainsi qu’à la rédaction et à la révision du document. JSM a contribué à l’acquisition des données, à la conception de l’étude, à l’analyse des données et à la révision du document. CBM et AP ont contribué à l’interprétation des données et à la révision du document. PAD a contribué à l’acquisition des données, à la conception de l’étude, à l’interprétation des données et à la révision du document.

Le contenu de l’article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ils ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.

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