Élimination de la tuberculose dans l’Inuit Nunangat d’ici 2030; réduction d’au moins 50 % d’ici 2025

Document d'information

Qu’est-ce que la tuberculose?

La tuberculose (TB) est une maladie infectieuse causée par un bacille qui se propage dans l’air lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, chante ou parle. Elle s’attaque principalement aux poumons et aux voies respiratoires, mais peut aussi toucher d’autres parties du corps.

La TB peut être latente (lorsque des bacilles de la TB sont inactifs dans le corps, ne provoquent pas de symptômes et ne peuvent être propagés) ou active (lorsque les bacilles de la TB sont actifs, provoquent des symptômes et peuvent être propagés). L’infection latente et active à la TB est diagnostiquée à l’aide d’une combinaison de tests qui comporte soit un test cutané à la tuberculine ou un test sanguin de libération d’interférons gamma, une analyse des expectorations et une radiographie pulmonaire.

Les infections actives, tout comme les infections latentes, peuvent être traitées par une antibiothérapie. Sans traitement, l’infection latente à la tuberculose peut évoluer en tuberculose active. La TB active peut être mortelle si elle n’est pas traitée.

Qui est à risque?

Pour la plupart des gens au Canada, le risque de contracter une infection active à la tuberculose est très faible. Toutefois, les taux de TB active sont plus élevés chez les Autochtones nés au Canada et plus élevés encore dans les collectivités inuites que chez les non-Autochtones.

En 2016, le taux d’incidence de la tuberculose chez les Inuit dans l’Inuit Nungangat était plus de 300 fois plus élevé que celui de la population non autochtone née au Canada. Ce taux élevé dépend de plusieurs facteurs, y compris le logement inadéquat, l’insécurité alimentaire, la pauvreté, la stigmatisation et les répercussions durables des mesures gouvernementales de lutte antituberculeuse des années 1940 et 1950, qui consistaient à envoyer de nombreux Inuit dans des hôpitaux spécialisés dans le traitement de la tuberculose dans le Sud, à des milliers de kilomètres de leur famille et de leur collectivité. Ceux qui ont survécu ne sont pas rentrés chez eux avant plusieurs années. Dans certains cas, on ne connaît pas le sort des personnes qui ne sont jamais retournées dans leur collectivité.

Les Inuit et l’Inuit Nunangat

En 2016, on dénombrait environ 65 000 Inuit au Canada. Près des trois quarts (72,8 %) vivent dans quatre régions inuites au Canada, collectivement appelées l’Inuit Nunangat. Les régions inuites sont la région visée par le règlement de la revendication des Inuvialuit dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), le Nunavut, le Nunavik (le Nord-du-Québec) et le Nunatsiavut (le Nord du Labrador).

Bien qu’il y ait d’importantes différences dans l’état de santé des résidants de l’Inuit Nunangat, il y a aussi des traits communs aux quatre régions. Selon l’Inuit Tapiriit Kanatami, l’espérance de vie des Inuit est de dix ans inférieure à la moyenne canadienne, 52 % des Inuit vivent dans des maisons surpeuplées, l’insécurité alimentaire est répandue et 52,5 % des Inuit sont sans emploi.

Que fait-on?

Le gouvernement du Canada s’est engagé à collaborer avec ses partenaires provinciaux et territoriaux et les dirigeants inuits pour contrer les facteurs sanitaires et socioéconomiques qui contribuent à l’incidence élevée de la TB active chez les Inuit.

En 2013, l’Inuit Tapiriit Kanatami a élaboré la stratégie propre aux Inuit relativement à la tuberculose (en anglais) afin de faire prendre davantage conscience de la nécessité d’adopter des approches plus efficaces pour la prévention, le contrôle et le traitement de la tuberculose et de proposer une démarche afin de réduire le taux d’infection active à la tuberculose dans l’Inuit Nunangat (en anglais).

Le gouvernement du Canada et des dirigeants inuits se sont réunis en septembre 2017 sous l’égide du Comité de Partenariat entre les Inuit et la Couronne et se sont engagés à former un groupe de travail afin d’éliminer la tuberculose à l’échelle de l’Inuit Nunangat.

Le groupe de travail s’appuiera sur les résultats du dialogue permanent avec les Inuit, y compris les travaux du Groupe de travail sur la santé publique des Inuit composé d’organismes représentant les Inuit et de responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé publique.

Objectif 2030

Le groupe de travail élabore un cadre national d’action pour l’élimination de la tuberculose. De plus, chacune des quatre régions de l’Inuit Nunangat élaborera un plan d’action en vue d’éliminer la tuberculose à l’échelle de l’Inuit Nunangat d’ici 2030, avec pour objectif de réduire le taux de TB active d’au moins 50 % d’ici 2025.

Des efforts accrus ont déjà été déployés en vue de réduire les taux d’infection latente et active à la tuberculose. Le gouvernement du Canada aide le gouvernement du Nunavut à réagir aux éclosions de tuberculose, par exemple en investissant dans l’achat de technologies de diagnostic rapide de la tuberculose et en facilitant l’accès rapide à la rifapentine, un antibiotique utilisé contre la tuberculose latente. L’utilisation de la rifapentine pour traiter la tuberculose latente peut réduire considérablement le temps nécessaire pour terminer le traitement par rapport aux autres antibiotiques actuellement offerts à cette fin.

Au Nunavik, la collaboration fédérale-provinciale a permis la création d’un programme de formation pour le personnel infirmier travaillant dans les collectivités inuites. Le programme couvre la prévention, le dépistage et le traitement de la tuberculose. Le Nunavik a aussi créé des produits pour sensibiliser davantage les jeunes à la tuberculose et a mobilisé des épidémiologistes de terrain supplémentaires.

Au Nunatsiavut, un groupe d’experts sur la tuberculose a commencé à élaborer un plan d’élimination de la tuberculose, End Tuberculosis in Nunatsiavut – From Here to There, qui comportera un plan d’action régional quinquennal.  

Faits et chiffres 

  • La tuberculose touche annuellement plus de 10 millions de personnes dans le monde.
  • En 2016, on a signalé 1 737 cas de tuberculose active au Canada, un taux de 4,8 cas pour 100 000 habitants.
  • En 2016, les Autochtones nés au Canada avaient un taux d’incidence de 23,5 cas pour 100 000 habitants.
  • En 2016, le taux d’incidence au sein de la population inuite était de 170,1 cas pour 100 000 habitants.
  • Parmi les cas signalés au Canada en 2015, 85 % avaient été guéris ou avaient été traités.
  • En 2016, le taux d’incidence de la tuberculose chez les Inuit dans l’Inuit Nunangat était plus de 300 fois plus élevé que celui de la population non autochtone née au Canada

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