Allocution prononcée à l’occasion du 25e Forum canadien annuel sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le crime financier de l’Institut canadien par le commissaire adjoint de la Surveillance et de la Mise en application, Frank Lofranco
Discours
10 juin 2026
Toronto (Ontario)
La version prononcée fait foi
Agir ensemble : une réponse à l’échelle du système contre la fraude financière
Bonjour et merci de m’avoir invité à me joindre à vous aujourd’hui. C’est un plaisir d’être de retour à cet événement après plusieurs années, d’autant plus que, plus tôt dans ma carrière, lorsque j’occupais des postes dans la lutte contre le blanchiment d’argent, je participais régulièrement à cette conférence que je ne manquais jamais d’ajouter à mon calendrier.
Être de retour cette année semble particulièrement opportun, car demain, avec le début de la Coupe du monde de la FIFA, une grande partie du monde parlera de forme, de talent et de tactique. Ce dont nous sommes certains d’être témoins, ce sont des performances d’équipe mettant en valeur ce qu’on appelle le football total.
Comme certains d’entre vous le savent, je suis un adepte de ce magnifique sport. J’y ai joué quand j’étais plus jeune. Disons simplement que c’était dans un corps différent et bien avant l’arrivée des arbitres assistants virtuels.
Mais pour ceux qui ne passent pas leur temps plongé dans le football – ou le soccer – le « football total » était surtout associé aux équipes néerlandaises des années 1970. Il décrivait un style de jeu dans lequel aucun joueur n’était limité à un seul rôle fixe; le mouvement, l’anticipation et la responsabilité partagée comptaient autant que l’intelligence individuelle.
L’idée était simple, mais radicale : quand le jeu change, toute l’équipe change avec lui – en couvrant l’espace, en comblant les trous et en s’adaptant en temps réel.
Cela peut sembler inhabituel comme point de départ dans une conférence sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le crime financier, mais cette métaphore est utile pour le défi qui nous attend.
Le défi auquel je fais référence, et cela ne devrait pas vous surprendre, est la fraude ciblant les consommateurs, où le préjudice est souvent plus immédiat, plus personnel et plus visible pour les Canadiennes et les Canadiens.
Et, comme vous le savez sans doute, aujourd’hui, la fraude ne reste pas à un seul endroit. Elle se répand rapidement dans les produits, les institutions, les secteurs et les administrations, et une réponse statique, figée et unique sera toujours trop lente et trop tardive.
Aujourd’hui, alors que la Coupe du monde commence, le football total offre plus qu’une métaphore sportive.
Ce style de jeu nous offre une façon d’envisager le défi qui nous attend, car une réponse efficace contre la fraude financière nécessite un système où nous pouvons agir ensemble, anticiper les risques, prévenir les préjudices et assurer la responsabilité au sein des systèmes dont vous faites partie.
Je plaiderai en faveur d’une approche fondée sur la pensée systémique en quatre parties, appelons-les les principaux points à retenir.
D’abord, je parlerai du rôle précis de l’ACFC dans ce contexte : la façon dont nos efforts de surveillance, de recherche et d’éducation des consommateurs peuvent contribuer à une réponse systémique plus large.
Ensuite, j’aborderai l’état de la fraude financière ciblant les consommateurs d’aujourd’hui, en mettant l’accent sur les principales réalités qui doivent éclairer notre réponse. Une sorte de prise de conscience, si vous voulez.
Puis, j’examinerai comment cette réponse évolue à l’heure actuelle, y compris la Stratégie nationale antifraude du Canada et les répercussions des récentes mesures de lutte contre la fraude.
Enfin, je terminerai en évoquant les objectifs communs vers lesquels nous devrions travailler ensemble, entre les organismes de réglementation, l’industrie, les autorités chargées de l’application de la loi et tous les partenaires et intervenants représentés dans cette salle.
Le rôle de l’ACFC et son importance dans la lutte contre la fraude
Permettez-moi de commencer par le rôle de l’ACFC.
D’abord et avant tout, nous sommes chargés d’exercer une surveillance. Nous surveillons la manière dont les institutions financières sous réglementation fédérale, principalement les banques, se conforment à leurs obligations en matière de protection des consommateurs.
Ces obligations comprennent notamment des mesures de protection des consommateurs propres aux transactions par carte de débit et de crédit non autorisées, mesures qui englobent les lois, les codes de conduite et les engagements publics.
Les cartes de débit et les cartes de crédit sont uniques parmi les produits financiers, car elles offrent toutes deux une protection en matière de responsabilité pour les transactions frauduleuses.
Je reviendrai sur ce point dans un instant, mais le gouvernement a présenté des modifications pour renforcer et étendre ces mesures de protection de longue date comme première étape pour lutter contre la fraude.
En plus d’exercer une surveillance, l’ACFC joue également un rôle clé dans la recherche, l’éducation et la littératie financière.
Nous étudions les tendances et les répercussions de la fraude, et nous travaillons avec des partenaires pour sensibiliser les Canadiennes et les Canadiens et les aider à se protéger.
Il y a un principe important ancré dans ce dernier point.
La sensibilisation des consommateurs est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Il faudrait présenter l’éducation comme un complément aux mesures de sécurité et aux mesures de protection applicables à l’échelle du système, et non comme un substitut à celles-ci.
Cette distinction est importante, car la fraude aujourd’hui n’est pas simplement un problème de « vigilance des consommateurs ».
La fraude devient de plus en plus un problème de conception, de responsabilité et de coordination, et ce, à l’échelle des institutions, des industries et des gouvernements.
Et c’est pourquoi le rôle de l’ACFC est important : nous réunissons la surveillance, les données probantes et la perspective des consommateurs afin de cerner les lacunes du système et d’aider à mettre en place des mesures de protection plus cohérentes et plus efficaces pour les consommateurs.
L’état de la fraude aujourd’hui : quatre réalités pour éclairer notre réponse
C’est le moment de notre prise de conscience : à quoi ressemble l’environnement de la fraude aujourd’hui?
Permettez-moi de vous présenter quatre réalités, chacune d’entre elles offrant une leçon pour les personnes qui s’efforcent de lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le crime financier et la fraude.
Réalité numéro 1 : la fraude est désormais systémique.
Elle est organisée. Elle est sophistiquée. Elle évolue rapidement. Certains diraient à un rythme alarmant.
Selon le Centre antifraude du Canada, en 2025 seulement, les pertes déclarées au Canada ont atteint 704 millions de dollars, contre 645 millions de dollars l’année précédente. Et plus de 300 % de plus que les pertes signalées en 2020.
Ces chiffres ne reflètent probablement pas la véritable ampleur.
Comme l’a fait remarquer le Centre antifraude du Canada, les cas signalés ne représentent probablement qu’une petite partie de toutes les fraudes.
Si seulement 5 à 10 % des fraudes sont signalées, alors les pertes réelles ne se chiffrent pas en millions – elles se chiffrent en milliards.
La combinaison des modes de prestation est également importante, avec des pertes considérables liées aux paiements numériques.
Encore une fois, selon les rapports du Centre antifraude du Canada pour 2024, la fraude par virement bancaire représentait environ 154 millions de dollars, tandis que la fraude par virement électronique Interac représentait environ 36,7 millions de dollars. Mais si l’on tient compte de la sous-déclaration, les deux modes de prestation représentent des pertes à une échelle beaucoup plus grande.
Ce que ces données nous disent, c’est que l’augmentation de la fraude n’est pas temporaire – elle reflète une croissance structurelle soutenue d’environ 10 % par année.
Derrière ces chiffres se cachent des répercussions réelles et souvent prolongées, qu’il s’agisse de la perte de la pension d’une veuve, d’une personne âgée qui perd les économies de toute une vie ou de fonds détournés pendant des mois de transactions frauduleuses.
Ce n’est pas une seule vulnérabilité qui rend cela possible, mais tout un système interconnecté dont les fraudeurs tirent parti :
- ils exploitent la vitesse et la portée des paiements numériques;
- ils exploitent la confiance qu’ont les consommateurs envers les institutions financières;
- et ils exploitent la surveillance fragmentée entre les entités financières, les systèmes de paiement, les ordres de gouvernement et les secteurs de notre économie.
La leçon à retenir ici est que la fraude n’est pas un incident ponctuel.
Lorsqu’une menace touche plusieurs secteurs, toute réponse qui se limite à un secteur ou à une institution arrivera toujours trop tard et sera toujours inefficace.
Passons à la réalité numéro 2 : on ne tient pas compte des signes avant-coureurs évidents, ou on les ignore complètement.
Encore une fois, il s’agit d’un problème systémique :
- un échange limité des renseignements empêche une détection rapide et une intervention coordonnée;
- des cadres de responsabilité inégaux ou peu précis affaiblissent les mesures incitatives à prévenir, à détecter et à réagir rapidement
- et la responsabilisation dispersée et fragmentée entre les institutions, les secteurs et les administrations rendent la coordination des mesures difficile.
La leçon à retenir ici est qu’une protection inadéquate contre la fraude reflète souvent les faiblesses du système, ce qui entrave une détection, une intervention et une prévention efficace en temps opportun.
Permettez-moi de passer à la réalité numéro 3 : certains consommateurs, en particulier les plus vulnérables, subissent un préjudice disproportionné.
En effet, les recherches de l’ACFC montrent que la fraude touche tout le monde, mais que différents groupes font face à différents risques.
L’hameçonnage et l’utilisation de cartes non autorisée sont plus souvent signalés par les femmes et les aînés, tandis que les hommes et les jeunes Canadiennes et Canadiens sont plus vulnérables à la fraude en matière d’investissement.
La fraude touche de plus en plus les personnes qui sont le moins en mesure d’absorber les pertes, ce qui les plonge souvent dans des difficultés financières.
La leçon à tirer ici est qu’une protection efficace se mesure à la façon dont les mesures de protection servent les personnes les plus à risque.
Enfin, la réalité numéro 4 : la responsabilisation est souvent réactive, motivée par un renvoi à l’échelon supérieur plutôt qu’intégrée au système.
C’est le point le plus troublant et l’un des plus importants.
Dans bien trop de cas concrets, le besoin de responsabilisation apparaît seulement une fois que les problèmes ont attiré l’attention des médias, donné lieu à des plaintes, entraîné des litiges ou fait l’objet d’un examen politique.
En tant qu’organisme de réglementation, nous soulevons ces préoccupations dans nos discussions avec l’industrie.
Un système qui dépend d’un renvoi à l’échelon supérieur, de la pression du public ou de la persuasion morale pour obtenir des résultats équitables ne protège pas les consommateurs de manière prévisible.
La leçon à retenir ici est simple : la responsabilisation devrait être intégrée, et non déclenchée après coup.
C’est pourquoi de nombreuses administrations partout dans le monde soulignent maintenant la nécessité de disposer de mesures de protection plus structurées et plus directes : des règles plus claires, des mesures incitatives plus fortes et une responsabilisation plus uniforme.
Passer à l’action
La fraude n’est pas seulement un problème au Canada, c’est un problème à l’échelle mondiale.
Le rapport « Observateur des risques pour les consommateurs dans le domaine financier » de l’OCDE, que je vous recommande d’ajouter à votre liste de lecture, a été publié en mars dernier et a révélé que la grande majorité des pays considèrent la fraude comme le principal risque auquel les consommateurs de produits et services financiers font face.
Alors, que pouvons-nous faire? Quelles mesures pouvons-nous prendre?
Nous voyons d’autres administrations, comme le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Australie et Hong Kong prendre des mesures. Ces dernières s’emploient à :
renforcer les cadres de protection des consommateurs, y compris les mécanismes de responsabilité et de réparation;
- élargir l’échange de renseignements entre les secteurs de l’économie, y compris avec les télécommunications et les plateformes en ligne;
- et à investir dans des capacités de détection et d’intervention en temps réel.
Au Canada, le gouvernement fédéral élabore une Stratégie nationale antifraude.
À plus court terme, un jalon important a été la récente adoption du projet de loi C-15, qui instaure de nouvelles obligations réglementaires visant les banques canadiennes afin de lutter contre la fraude ciblant les consommateurs, obligations que l’ACFC surveillera et mettra en application.
Permettez-moi de vous les présenter brièvement. Il y a de nouvelles obligations légales à respecter, notamment :
- se conformer aux politiques et aux procédures pour détecter et prévenir la fraude et en atténuer les conséquences;
- obtenir le consentement exprès des consommateurs avant d’activer certaines fonctionnalités du compte et permettre aux consommateurs de désactiver les fonctionnalités indésirables du compte;
- permettre aux consommateurs d’ajuster les limites applicables à certaines transactions effectuées à partir de leurs comptes;
- et, enfin, recueillir et communiquer des données normalisées sur la fraude à l’ACFC.
Ces données sont particulièrement importantes.
Elles fourniront à l’ACFC des renseignements structurés et comparables sur la façon dont la fraude touche les Canadiennes et les Canadiens, notamment sur les types d’escroqueries qui se produisent, leur déroulement et les domaines dans lesquels les mesures de protection sont insuffisantes.
L’obligation juridique en matière de politiques et de procédures est tout aussi importante.
À l’heure actuelle, il est juste de dire que chaque institution gère les fraudes et les allégations de fraude de manière quelque peu différente.
Comme plusieurs d’entre vous le savent, une obligation en matière de politiques et de procédures efficaces comporte des avantages et des conséquences bien distincts. La conformité évolue, passant d’un simple exercice réglementaire à un exercice axé sur la gouvernance et les contrôles, et est intégrée dans le modèle opérationnel d’une institution.
Par définition, elle s’adapte en fonction du risque et de la complexité, nécessite la surveillance du conseil d’administration et fait l’objet d’une application systémique plutôt que ponctuelle.
Comme je l’ai mentionné plus tôt, ces mesures renforcent la protection des consommateurs que l’ACFC serait chargée de surveiller.
C’est un excellent premier pas, qui fait également partie d’un programme plus large à l’échelle du système.
Pour l’avenir, le gouvernement envisage d’autres mesures dans tous les secteurs, y compris des plateformes numériques et de télécommunications, en s’appuyant sur des initiatives de l’industrie, comme la Coalition canadienne antifraude.
Et, comme vous le savez peut-être, le gouvernement fédéral s’affaire également à mettre en place une nouvelle agence contre les crimes financiers afin de rassembler l’expertise des autorités chargées de l’application de la loi et des services de renseignements.
Cette agence aidera à renforcer la capacité du Canada à enquêter sur des crimes financiers graves et complexes, à contribuer au recouvrement de produits illicites et à participer aux efforts internationaux de lutte contre les crimes de nature financière.
D’ailleurs, l’exploitation financière est de plus en plus reconnue comme forme de préjudice financier et de fraude potentielle.
Un nouveau Code de conduite pour la prévention de l’exploitation financière, qui sera supervisé par l’ACFC, établira les attentes sur la façon dont les institutions financières repèrent, préviennent et atténuent les cas où des personnes subissent ou risquent de subir de l’exploitation financière, et sur la façon d’y réagir.
Ensemble, ces mesures montrent une orientation claire : vers des mesures de protection plus solides, de meilleures données et une approche plus globale.
Objectifs communs : ce que nous devrions viser
Permettez-moi de revenir au dernier point : les objectifs communs.
Les crimes financiers et la fraude ne sont pas le problème d’une seule institution, et ils ne seront pas réglés par les solutions d’une seule institution.
Au contraire, comme j’ai tenté de le faire comprendre, il s’agit d’un problème commun, qui nécessite des solutions communes. Ajoutons à cela la nécessité de trouver des solutions axées sur des objectifs communs pour les consommateurs, les principales victimes de la fraude.
Du point de vue des consommateurs de produits et services financiers, permettez-moi de vous présenter quelques facteurs de réussite pour l’établissement d’objectifs communs.
Mais avant d’en parler, je vous demanderais de mettre de côté, juste un instant, votre titre de poste, de mettre de côté l’optique institutionnelle que vous apportez à cette discussion, de mettre de côté la façon dont vous abordez cette question dans votre vie professionnelle.
Au lieu de cela, songez au mot « consommateur », non pas comme une catégorie abstraite, mais comme une personne de votre entourage qui vous tient à cœur.
Il peut s’agir :
- d’un parent vieillissant, qui hésite avant de répondre à un message texte;
- d’un adolescent ou une adolescente (un fils, une fille, une nièce, un neveu) qui trouve son chemin dans les médias sociaux où abondent les occasions de s’enrichir rapidement;
- d’un ou une jeune adulte qui met discrètement et prudemment de l’argent de côté dans un compte d’épargne dans l’espoir d’acheter un jour une première maison.
Je vous demande de voir et de penser à ces personnes dans le mot « consommateurs » pendant que j’énumère quatre facteurs de réussite simples.
Premier facteur, la sensibilisation des consommateurs doit rester essentielle, mais pas primordiale.
Nous devons absolument investir dans l’éducation, mais nous ne pouvons pas faire porter le poids de la protection uniquement aux consommateurs. La réussite signifie qu’un consommateur (vos parents, vos enfants, vos proches ou vos amis) peut reconnaître le risque, mais qu’il n’a pas à assumer tout le fardeau de la prévention, de l’intervention ou du rétablissement en cas de fraude.
La sensibilisation doit être soutenue par des garanties, des mesures de protection applicables et des recours clairs.
Concrètement, cela signifie qu’un consommateur sait vers qui se tourner, qu’il reçoit du soutien en temps opportun et qu’il ne se retrouve pas seul à se démêler dans un labyrinthe d’institutions simplement pour comprendre qui est responsable.
Cela m’amène à mon deuxième facteur de réussite : la nécessité d’établir des bases claires et cohérentes en matière de protection.
Lorsque les mesures de protection varient, des lacunes apparaissent et ces lacunes seront exploitées.
Et lorsque cela se produit, ce sont les consommateurs qui subissent un traitement injuste et qui se retrouvent avec des résultats financiers négatifs.
La cohérence est importante ici. Elle réduit la complexité, renforce la confiance des consommateurs dans les institutions et améliore la résilience du système financier dans son ensemble.
En termes simples, chaque consommateur devrait pouvoir compter sur un ensemble de mesures de protection de base, peu importe comment, et où il s’engage sur le marché financier.
Troisième facteur, l’échange de renseignements doit être plus efficace.
Dans un système multisectoriel, les données et les renseignements doivent évoluer ensemble. La réussite signifie que les organismes de réglementation et les institutions peuvent voir les tendances émergentes plus tôt, déterminer où se produit le préjudice et agir avant que des incidents isolés ne deviennent des pertes plus importantes.
Les réponses aux questions « qui échange quoi, avec qui et dans quel but » doivent être claires. Sinon, les retards et la fragmentation compromettront notre capacité de prévenir, de détecter et d’intervenir.
Lorsque ces réponses sont claires, les institutions ne travaillent pas à contre-courant, et les consommateurs sont mieux protégés parce que le système est en mesure d’intervenir plus rapidement.
Quatrième, et dernier facteur, nous avons besoin d’une meilleure coordination. Les consommateurs ont besoin d’une véritable expérience « d’accès universel ».
Ils ne devraient pas être transférés d’une institution à l’autre, et l’industrie ne devrait pas avoir à faire face à des attentes contradictoires.
Donc, ici, la réussite signifie qu’un consommateur peut entrer dans le système par n’importe quelle porte et recevoir une réponse rapide, cohérente et axée sur la résolution du préjudice plutôt que sur le renvoi de la responsabilité.
Car, en fin de compte, la fragmentation n’est pas neutre, c’est une vulnérabilité.
Et les fraudeurs n’hésitent pas à en tirer parti, souvent au détriment du consommateur même auquel vous pensez.
Mot de la fin
Permettez-moi de terminer là où j’ai commencé, avec ma métaphore sportive et la Coupe du monde de la FIFA.
Je ne peux peut-être pas prédire qui gagnera la Coupe du monde 2026, mais je peux vous dire ce que l’on pourra très certainement observer chez l’équipe gagnante :
des joueurs qui non seulement connaissent leur rôle, mais qui sont capables de lire le terrain, de réagir aux menaces rapidement et collectivement, et de se soutenir mutuellement lorsque le jeu change, car c’est ainsi que l’équipe atteint réellement son objectif.
La lutte contre la fraude nécessite une approche capable de détecter les risques tôt, de combler rapidement les lacunes et de s’adapter en temps réel pour atteindre l’objectif de protection des consommateurs de produits et services financiers et du système financier.
C’est l’essence même d’une approche fondée sur la pensée systémique pour lutter contre la fraude.
L’ACFC entend bien continuer de faire sa part.
Nous avons à cœur de contribuer au bon fonctionnement du système pour les consommateurs grâce à une surveillance rigoureuse, en protégeant leurs droits, en sensibilisant le public et en renforçant la confiance des consommateurs dans le système financier.
Sur ce, je tiens à vous remercier de m’avoir accordé votre temps aujourd’hui.
Merci du travail que vous accomplissez pour protéger l’intégrité du système financier du Canada et le bien-être financier des Canadiennes et des Canadiens.
Encore une fois, merci à l’Institut canadien de m’avoir invité et donné l’occasion de parler du lien entre la protection des consommateurs et la lutte plus vaste contre les crimes financiers et la fraude.