Enquête sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien : Phase I - Rapport sur ce que nous avons entendu
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- Message de la ministre
- Résumé
- Introduction
- Processus de consultation
- Composition des effectifs
- Rémunération et avantages sociaux
- Préoccupations concernant le travail non rémunéré
- Conventions collectives et application
- Normes du travail claires
- Recommandations des intervenants
- Conclusion
- Faits saillants
- Prochaines étapes
- Annexe A : Participants aux consultations
- Annexe B : Questions de discussion
- Annexe C : Glossaire des termes clés
Message de la ministre
Le Code canadien du travail (le Code) prévoit des protections pour les travailleurs sous réglementation fédérale, notamment en fixant un salaire minimum. Il interdit expressément le travail non rémunéré.
Le Code stipule explicitement que les employés sous réglementation fédérale doivent recevoir une rémunération égale ou supérieure au salaire minimum.
Le gouvernement du Canada prend très au sérieux les allégations liées au travail non rémunéré. L'été dernier, l'une des principales préoccupations soulevées par les agentes et agents de bord d'Air Canada concernait le fait que certaines de leurs tâches n'étaient pas rémunérées. Ces allégations ont profondément choqué de nombreux Canadiens qui estiment qu'au Canada, personne ne devrait avoir à travailler gratuitement.
En réponse à ces allégations, j'ai lancé, en août 2025, une enquête sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien, qui porte plus particulièrement sur les pratiques de rémunération des agentes et agents de bord. Le Programme du travail a demandé des observations écrites et tenu plusieurs tables rondes avec des représentants de l'industrie et des syndicats. Les résultats ont donné un aperçu de la complexité des structures de rémunération dans ce secteur et ont mis en lumière des situations où certains agentes ou agents de bord estiment ne pas être rémunérés à la hauteur du travail effectué.
Les données dont le Ministère avait besoin pour mener une analyse complète de ces allégations n'ont pas été faciles à obtenir. Dans certains cas, il n'existait tout simplement pas de documents permettant de comparer la rémunération versée avec les heures déclarées. Ce rapport initial, Enquête sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien : Phase I - Rapport sur ce que nous avons entendu, ne conclut pas à un manquement systémique à l'échelle du secteur au respect des normes du Code concernant la rémunération. Il met toutefois en évidence certains aspects des pratiques de rémunération qui doivent être examinés de plus près. Ces constats soulignent clairement qu'un examen plus approfondi s'impose.
Par conséquent, j'ai demandé au Programme du travail d'entreprendre un examen plus exhaustif, notamment en invitant l'industrie aérienne à effectuer des auto-vérifications de conformité salariales. Cet examen supplémentaire permettra d'obtenir les renseignements nécessaires pour évaluer dans quelle mesure les structures de rémunération correspondent réellement aux heures travaillées. L'absence de documents permettant de comparer les heures déclarées avec les données salariales montre bien que ces travaux supplémentaires sont indispensables pour mener l'enquête à terme. J'ai également chargé le Programme du travail de procéder à des inspections et à des enquêtes en réponse aux plaintes connues. Ces travaux sont déjà en cours. Chaque fois que le gouvernement constate une non-conformité au Code, il intervient afin de veiller au respect des droits des travailleurs sous réglementation fédérale.
J'ai également demandé au Programme du travail de déterminer comment la notion de « travail » est définie et appliquée dans ce secteur en vertu du Code. Au cours des prochaines semaines, les intervenants clés du secteur seront mobilisés afin d'acquérir une compréhension commune des protections salariales, de leur application concrète et des mesures de soutien offertes aux employés. Cette invitation est adressée aux représentants de l'industrie aérienne ainsi qu'aux syndicats. Parallèlement, le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées étudie la question du travail non rémunéré dans ce secteur et l'ampleur de la situation. Le gouvernement examinera attentivement les conclusions du Comité, de même que les commentaires des intervenants, afin de déterminer si des changements aux politiques s'imposent.
Le Canada ne peut être fort que si nous unissons nos efforts pour garantir des milieux de travail équitables et sécuritaires. Ce rapport initial constitue une étape essentielle pour veiller à ce que tous les travailleurs sous réglementation fédérale reçoivent une rémunération conforme au Code.
Je remercie sincèrement toutes les personnes qui ont fait part de leurs expériences et de leurs points de vue, et j'encourage la poursuite de la collaboration pour la prochaine étape de l'enquête.
L'honorable Patty Hajdu
Ministre de l’Emploi et des Familles et ministre responsable de l’Agence de développement économique pour le Nord de l’Ontario
Résumé
Le mandat de la ministre responsable du Programme du travail, l'honorable Patty Hajdu, ministre de l'Emploi et des Familles et ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario, est de promouvoir des conditions de travail sûres, saines, équitables et inclusives ainsi que des relations de travail axées sur la coopération dans le secteur privé sous réglementation fédérale, ce qui comprend l'industrie du transport aérien. Les normes de travail pour les travailleuses et travailleurs des compagnies aériennes, y compris celles liées à la rémunération, sont établies dans la partie III du Code canadien du travail (le Code). Bien que le Code permette une souplesse aux milieux de travail syndiqués pour négocier des structures salariales adaptées à leurs besoins opérationnels particuliers, le rôle de la ministre consiste à veiller à ce que ces systèmes de rémunération respectent les normes minimales du Code et de les faire appliquer lorsque ce n'est pas le cas.
Le 18 août 2025, la ministre a annoncé le lancement d'une enquête pour examiner les allégations selon lesquelles le secteur aérien ne respectait pas les normes de rémunération établies dans le Code, en particulier en ce qui concerne les agentes et agents de bord. Dans le cadre de la première phase de l'enquête, le Programme du travail a organisé quatre séances de consultation virtuelle avec 21 organisations d'employeurs et d'employés et a reçu 14 observations écrites. L'objectif de ces consultations était d'entendre les employeurs et les employés de l'industrie aérienne au sujet des pratiques de rémunération, en mettant l'emphase sur la conformité de la rémunération des agentes et agents de bord aux exigences du Code. Ce rapport résume les informations et perspectives partagées lors de ces consultations.
Il y a environ 20 000 agentes et agents de bord au Canada, dont la plupart sont syndiqués. Les grands transporteurs ont presque tous rapporté employer des travailleuses et travailleurs syndiqués, tandis que certains plus petits transporteurs emploient du personnel non syndiqué. Les structures de rémunération varient d'un transporteur à un autre, mais elles sont généralement classées selon deux types. Le système fondé sur les crédits,Footnote 1 qui reste la norme au sein de l'industrie au Canada et à l'échelle internationale, rémunère principalement les agentes et agents de bord pour le temps de vol (ou « temps de vol cale à cale »), auquel des calculs appelés « garanties minimales » et « ratio de période de service ou des heures par courrier » sont ajoutés pour tenir compte des tâches non liées au vol. Les taux horaires du temps de vol cale à cale pour les postes d’entrée s'échelonnent de 26,42 $ à 40,38 $, tandis que les salaires réels varient en fonction des taux individuels et des calculs basés sur les horaires et les garanties. Un employeur d'employés non-syndiqués utilise un modèle salarié, qui offre un revenu annuel prévisible d'environ 45 000 $ pour les postes d’entrée. Les deux modèles de rémunération offrent une gamme d'indemnités et d'avantages non-salariaux, notamment des repas en vol, des indemnités journalières et d'autres avantages sociaux.
Le Code offre une flexibilité aux syndicats et aux employeurs de négocier diverses structures de rémunération, y compris des systèmes qui ne prévoient pas une rémunération horaire. La structure de rémunération fondée sur les crédits est un exemple d'un tel système. Au fil du temps, ces structures ont été négociées conjointement par les employeurs et les syndicats afin de répondre aux besoins particuliers du secteur aérien.
Résultats
Les consultations ont démontré que les parties prenantes représentant les employeurs et employés ont convenu que toutes les tâches des agentes et agents de bord, y compris les tâches au sol comme l'embarquement et le débarquement des avions et les tâches en matière de sécurité ainsi que la formation, constituent des heures de travail qui doivent être prises en compte dans les régimes de rémunération. Cela est conforme avec la signification du travail telle que décrite dans les Interprétations, politiques et guides (IPG) sur les heures de travail élaborées et publiées par le Programme du travail, qui précise que le travail comprend: les périodes d'essai, la formation requise, le temps de déplacement requis par l'employeur, le temps à la disposition de l'employeur sur le lieu de travail, et le temps de pause où l'employé reste à la disposition de l'employeur.
Cependant, les employés et les employeurs ne s'entendaient pas sur la question de savoir si la structure de rémunération fondée sur le crédit rémunérait adéquatement tous les types de travail effectués par les agentes et agents de bord de façon concrète. Les employeurs qui rémunèrent selon un système fondé sur le crédit soutiennent que les agentes et agents de bord sont bel et bien rémunérés pour toutes les tâches accomplies, puisque ces modèles de rémunération sont conçus pour englober l'ensemble des tâches liées au vol, et non seulement le temps de vol cale à cale. Les groupes d'employés, quant à eux, soutenaient que les heures de travail non payées persistent, ce qui signifie que les employés peuvent être payés en dessous du seuil du salaire minimum, en raison de la conception du modèle de rémunération. Ils ont souligné l'insatisfaction des agentes et agents de bord concernant leur salaire, qui, selon eux, n'a pas suivi l'inflation ni augmenté au même rythme que la hausse du salaire minimum fédéral.
Enfin, lorsqu'interrogées au sujet des heures de travail et les exigences de salaire minimum en vertu de la partie III du Code, toutes les grandes compagnies aériennes ont indiqué qu'elles trouvaient les exigences existantes claires. Toutefois, les petits transporteurs et syndicats ont souligné les ambiguïtés concernant la définition du terme « travail » lors de l'application des dispositions en matière de salaire minimum à des structures de rémunération complexes. Les groupes d'employés ont recommandé des modifications réglementaires ou législatives afin de définir explicitement ce qui constitue des activités considérées comme du travail et d'exiger la rémunération de toutes les activités effectuées pendant la période de service au taux horaire de cale à caleFootnote 2. Les groupes d'employés ont également réclamé un renforcement de l'application par des audits et une unité dédiée aux normes du travail dans l'aviation. Les employeurs se sont opposés à une intervention législative, préférant une résolution par la négociation collective, bien que certains aient suggéré de clarifier les directives dans les IPG ou de lancer des campagnes de sensibilisation du public visant à mieux expliquer les structures de rémunération dans l'industrie aérienne. La section prochaines étapes indique les mesures que le Programme du travail entreprendra en fonction de cette rétroaction.
Dans une structure de rémunération fondée sur les crédits, les agentes et agents de bord ne reçoivent pas de salaire horaire. Ils reçoivent plutôt une rémunération fondée sur un système de crédits, destiné à rémunérer le temps de vol et les tâches au sol associées. Ce type de structure de rémunération est permis en vertu du Code, à condition que les employés reçoivent au moins le salaire minimum fédéral (par exemple, si leur salaire est au moins égal au salaire minimum lorsqu'on calcule la moyenne sur une certaine période). Ainsi, le Programme du travail conclut que la structure de rémunération des agentes et agents de bord dans l'industrie aérienne respecte généralement la norme établie en vertu du Code.
Cependant, les consultations ont permis de relever certains enjeux touchant particulièrement des agentes et agents de bord à temps partiel et occupant des postes d’entrée pour lesquels les pratiques de rémunération méritent un examen plus approfondi. Plusieurs exemples ont été fournis par des représentants syndicaux, où le calcul fondé sur les crédits entraînait, pour un quart de travail donné, une rémunération moyenne inférieure au salaire minimum fédéral (voir les exemples dans la section préoccupations concernant le travail non rémunéré de ce rapport). Toutefois, pour déterminer si les agentes et agents de bord sont effectivement sous-payés par rapport au salaire minimum, le Programme du travail devrait examiner leur rémunération sur une période plus longue. Au cours des consultations, le Programme du travail a encouragé les représentants des employeurs et des syndicats à fournir des données détaillées sur la rémunération. Ces données supplémentaires n'ont pas été fournies.
Prochaines étapes
En février 2026, le chef de la conformité et de l'application du Programme du travail convoquera une réunion spéciale du Comité consultatif sur les normes du travail, à laquelle les représentants des compagnies aériennes et des syndicats seront également conviés, afin d'examiner en détail les exigences du Code en matière de salaire minimum, leur application et les mécanismes de recours dont disposent les employés s'ils sont payés en dessous du salaire minimum. Les membres seront également invités à donner leur avis sur la nécessité de modifier la législation ou la réglementation afin de clarifier la signification du terme travail.
Le Programme du travail est également prêt à recevoir des données supplémentaires de la part des représentants, telles que des relevés de paie détaillés pour les agentes et agents de bord à temps partiel et ceux occupant des postes d’entrée, ainsi que toute documentation relative aux horaires de vol et aux retards associés.
Pour garantir le respect du Code, le Programme du travail prendra des mesures additionnelles :
- les employeurs du secteur aérien seront invités à procéder à des vérifications internes de leurs dossiers de paie et à transmettre leurs résultats au Programme du travail afin de prouver que tous les agentes et agents de bord, y compris ceux occupant des postes d’entrée, sont rémunérés conformément au Code. Si les employeurs ne se conforment pas volontairement, le chef de la conformité et de l'application pourrait émettre des ordres de vérification interne aux employeurs du secteur aérien ou même imposer une sanction administrative pécuniaire en cas de non-respect
- les plaintes déposées par tous les employés (y compris les employés syndiqués) auprès du Programme du travail alléguant que la norme du Code n'est pas respectée seront également examinées
En cas de non-conformité, le gouvernement prendra les mesures appropriées pour garantir le respect du Code, y compris des inspections, des ordonnances de conformité et des sanctions administratives pécuniaires, si cela est nécessaire.
Ces prochaines étapes, ainsi que les résultats de l'étudeFootnote 3 du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées (HUMA) sur les répercussions de l'absence de définition du terme « travail » dans la partie III du Code, aideront le gouvernement à déterminer si des mesures additionnelles sont nécessaires, tel qu'élargir les directives pour le secteur aérien sur ce qui constitue du travail dans les IPG, ou des changements réglementaires ou législatifs pour clarifier ce qui constitue du travail dans les secteurs sous réglementation fédérale, y compris les compagnies aériennes.
Introduction
Le secteur canadien de l'aviation commerciale a subi une transformation importante depuis son premier vol de passagers payant en 1920. Pendant les premières décennies au cours desquelles des vols de passagers ont eu lieu, le transport aérien était très coûteux et relativement dangereux. Il n'était pas rare d'embaucher des infirmières et infirmiers comme agentes et agents de bord pour apporter une aide médicale aux passagers. À mesure que le transport aérien est devenu moins exclusif et plus sûr, le nombre de vols et d'agentes et agents de bord a augmenté considérablement. La nature du travail des agentes et agents de bord et les qualifications requises ont également changé.
En 1948, les agentes et agents de bord au Canada ont fondé l'Association canadienne des agents de bord des compagnies aériennes, qui devient par la suite la division aérienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). À l'heure actuelle, environ 90 % des agentes et agents de bord sont syndiqués et leurs conditions de travail, y compris la structure et les taux de rémunération, sont négociées entre leurs syndicats et leurs employeurs.
La structure de rémunération des agentes et agents de bord diffère souvent de celle des emplois traditionnels de 9h à 17h. Bien qu'il existe un « modèle salarié » pour la rémunération, le « modèle fondé sur les crédits » est depuis des décennies la norme de l'industrie la plus courante. Ce modèle qui, initialement, comptabilisait et accordait une rémunération uniquement en fonction du temps de vol (ou le "temps de vol cale à cale"), a évolué pour tenir compte d'autres facteurs tels que les garanties minimalesFootnote 4. Au cours des dernières années, la rémunération des agentes et agents de bord est devenue un point de discorde en partie à cause de la hausse rapide de l'inflation qui dépassait la croissance des salaires et de l'augmentation des retards sur les vols. Les préoccupations visent principalement le travail non rémunéré pour les tâches effectuées au sol, en dehors du temps de vol.
Le 18 août 2025, l'honorable Patty Hajdu, ministre de l'Emploi et des Familles et ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario, a annoncé le lancement d'une enquête sur les pratiques de rémunération dans le secteur aérien, qui visait particulièrement à déterminer si la rémunération des agentes et agents de bord est conforme aux exigences du Code canadien du travail (le Code). Ce rapport résume les commentaires reçus des intervenants représentant les employeurs et les employés tout au long de la période de consultation.
Exigences du Code canadien du travail et recours
La partie III du Code établit des normes relatives aux conditions d'emploi, y compris les heures de travail, le salaire minimum, les congés annuels, les jours fériés et les droits liés à un licenciement. La partie III vise environ 1 020 000 employés qui travaillent dans 18 500 entreprises du secteur privé et sociétés d'État sous réglementation fédérale, y compris les compagnies aériennes.
Bien que la partie III ne définit pas ce qui constitue du travail, le Programme du travail d'Emploi et Développement social Canada a élaboré des Interprétations, politiques et guides (IPG) pour assurer l'application uniforme du Code.
Selon l'IPG-002, en général, un employé est réputé travailler dans les situations suivantes :
- durant toute période d'essai ou de formation exigée par l'employeur
- durant tout voyage exigé par l'employeur
- lorsqu'il est à la disposition de l'employeur sur le lieu de travail ; l'employé doit attendre que son employeur lui assigne du travail ou lui attribue des tâches en dehors de ses responsabilités habituelles
- lorsqu'il est en pause accordée par l'employeur mais qu'il est tenu de demeurer à la disposition de l'employeur (par exemple, pour répondre à des clients ou au téléphone)
Ces IPG ont été élaborés en fonction des besoins et des commentaires des parties prenantes et peuvent être mis à jour au besoin.
La partie III prévoit que les employeurs doivent payer aux employés au moins le salaire minimum pour le temps travaillé, qui est actuellement le plus élevé des deux montants suivants : 17,75 $ l'heure, ou le taux de salaire minimum provincial ou territorial où l'employé travaille habituellement. Toutefois, la partie III précise également que ces dispositions relatives au salaire minimum ne s'appliquent pas aux employeurs et aux employés visés par une convention collective accordant aux employés des droits et avantages au moins égaux à ceux que prévoient les dispositions de la partie III concernant le salaire minimum.
Cela permet aux employeurs et aux syndicats de négocier des structures de rémunération alternatives qui diffèrent du modèle du salaire horaire et qui peuvent être mieux adaptées aux besoins particuliers de leur milieu de travail. Cependant, il n'est pas permis à un employeur de payer à un employé moins que ce qu'il aurait gagné au taux du salaire minimum pour les heures travailléesFootnote 5. Dans le cas des employés qui ne sont pas payés strictement en fonction du temps, la conformité au Code est généralement évaluée en fonction de la rémunération moyenne sur une période donnée (par exemple, veiller à ce que le salaire pour 160 heures de travail soit égal à au moins 160 x 17,75 $).
Pour ce qui est des mécanismes de recours, les employés qui ne sont pas couverts par une convention collective peuvent déposer une plainte directement auprès du Programme du travail. Dans ces cas, un inspecteur du Programme du travail est chargé d'enquêter et de déterminer si l'employeur se conforme au Code.
Dans les milieux de travail syndiqués, les employeurs et les syndicats négocient entre eux afin de conclure une convention collective acceptée par toutes les parties. Ils peuvent négocier une structure de rémunération qui correspond aux besoins uniques du milieu de travail. Par conséquent, si les parties ont des différends au sujet des modalités de leur convention collective qu'elles ont négociée ensemble, y compris la question de savoir si la structure de rémunération qu'elles se sont donnée répond aux exigences du Code en matière de salaire minimum, elles devraient résoudre ces questions selon la procédure de règlement des griefs prévue dans la convention et, en fin de compte, de leur propre processus d'arbitrage.
Bien qu'un employé syndiqué puisse déposer une plainte relative aux normes du travail auprès du Programme du travail, lorsque l'objet de la plainte est couvert par une convention collective et qu'il y a un processus de règlement par une tierce partie, le Programme du travail dispose de vastes pouvoirs lui permettant de rejeter la plainte ou de la déclarer irrecevable en vertu du paragraphe 168.1(1) du Code. Il peut encourager le plaignant à contacter son syndicat afin de déposer un grief conformément aux termes de sa convention collective. Dans ces cas, un arbitre a le pouvoir d'interpréter et d'appliquer la convention collective, de rendre des décisions exécutoires et de prendre des mesures correctives, y compris déterminer si une structure de rémunération convenue par les deux parties répond aux normes minimales. Compte tenu de l'importance de préciser que le secteur aérien se conforme aux normes inscrites dans le Code, le Programme du travail mènera une enquête sur les allégations selon lesquelles les normes minimales de rémunération ne seraient pas respectées.
Processus de consultation
Dans le cadre de la première phase de l'enquête, le Programme du travail a organisé quatre tables rondes virtuelles, soit deux dans chaque langue officielle, les 23 et 24 septembre et les 2 et 3 octobre. Ces séances ont été animées selon un document de discussion, qui comprenait des questions auxquelles les intervenants étaient également invités à répondre par écrit.
Au total, 18 organisations d'employeurs et trois organisations d'employés du secteur aérien ont participé aux tables rondes.Footnote 6 De plus, 14 intervenants ont transmis des observations écrites au Programme du travail. Les consultations ont pris fin le 17 octobre 2025.
Veuillez consulter l'annexe A pour obtenir une liste complète des organisations participantes et l'annexe B pour la liste des questions de discussion.
Les principaux points à retenir dans la section suivante reflètent le point de vue des représentants de l'employeur et des employés qui ont participé aux séances virtuelles ou soumis des observations écrites. Cette section vise à fournir un résumé des principaux points soulevés au cours de l'exercice mené et non à refléter tous les commentaires entendus ou reçus.
Composition des effectifs
Au Canada, il y a environ 20 000 agentes et agents de bord, y compris les commissaires de bord et les directrices et directeurs de bord, dont la plupart sont syndiqués. Au cours des consultations, les employeurs ont déclaré avoir entre 25 et 10 500 agentes et agents de bord, ce qui représente un écart considérable entre les transporteurs. Parmi les grands transporteurs, les seuls employés non syndiqués sont ceux qui sont en formation ou en période de probation. Certains petits transporteurs ont déclaré que leurs agentes et agents de bord n'étaient pas syndiqués.
Rémunération et avantages sociaux
La structure de rémunération des agentes et agents de bord peut être classée selon deux modèles, l'un étant fondé sur les crédits et l'autre sur une échelle salariale fixe. Le modèle fondé sur les crédits est le plus courant, particulièrement chez les employeurs dont les agentes et agents de bord sont syndiqués. Ce modèle a été élaboré à l'époque où les agentes et agents de bord étaient rémunérés uniquement pour le temps de vol, ou à partir du moment où l'avion quitte la porte d'embarquement (le retrait des cales), jusqu'au moment où il arrive à la porte d'embarquement (la pose des cales). Ce modèle a évolué vers le modèle actuel fondé sur les crédits, selon lequel la rémunération des agentes et agents de bord est déterminée par le nombre total de « crédits » qui sont calculés à l'aide de diverses formules, y compris le temps de vol (ou « temps de vol cale à cale ») et d'autres facteurs, multipliés par un taux de rémunération convenu (ou « taux horaire de temps de vol cale à cale »), établi dans le cadre de la négociation collective. De manière générale, les différentes tâches donnent lieu à des attributions de crédits distinctes.
De plus, les conventions collectives dont la structure salariale est fondée sur le modèle de crédits prévoient des garanties quotidiennes et/ou mensuelles minimales qui établissent un plancher de crédits (et donc de salaires), peu importe le temps de vol. Par exemple, la plupart des employeurs accordent un minimum de 4 crédits par quart de travail (ou « période de service »), peu importe le nombre réel d'heures travaillées. Nous avons également compris que les périodes de service (c.-à-d. tout le quart de travail d'un agent de bord) sont prises en compte dans les systèmes fondés sur des crédits. De nombreuses compagnies aériennes nous ont également partagé que leur utilisation de la « garantie de période de service » ou de la « garantie du ratio de période de service » signifie que les agentes et agents de bord peuvent recevoir environ 1 crédit pour chaque tranche de 2 heures de travail effectuées en dehors des heures de vol (p. ex. embarquement, retards, débarquement).
Scénario A
Le scénario A est présenté pour illustrer comment les agentes et agents de bord sont payés. Les détails de la structure salariale, incluant le taux horaire et la garantie de période de service (ratio), varient selon la convention collective en vigueur. Notez qu'il ne s'agit pas d'un exemple réel, mais simplement d'une illustration à des fins explicatives.
Theresa est appelée à effectuer une période de service de 12 heures et 15 minutes, durant laquelle elle aura 2 vols d'environ 4 heures chacun (temps de vol total = 8 heures). Le premier vol part de l'aéroport A à 8 h et arrive à l'aéroport B à 12 h, tandis que le deuxième vol quitte l'aéroport B à 15 h et arrive à l'aéroport A à 19 h. Le taux horaire de vol cale à cale de Theresa est de 30,02 $/heure.
Sa rémunération pour la journée sera calculée en fonction du plus élevé entre ses crédits d'heures de vol cale à cale (temps de vol) ou ses crédits de garantie de période de service :
- Crédits d'heures de vol cale à cale (temps de vol) = 8 heures
- Garantie de période de service = Période de service totale ÷ 2 = 6,13 heures ≈ 6 heures et 8 minutes
Dans ce cas, les crédits d'heures de vol cale à cale sont supérieurs aux crédits de garantie de période de service, ce qui signifie que sa paie sera calculée en multipliant son taux horaire par 8 heures :
Paie totale pour la journée = 8 heures × 30,02 $/heure = 240,16 $
Pour les voyages de plusieurs jours, y compris les trajets internationaux, la rémunération peut être calculée à l'aide d'une formule différente. Par exemple, la « garantie des heures par courrier » ou la « garantie du ratio des heures par courrier » peut fournir un crédit toutes les 4 heures à l'extérieur de la base d'affectation, pour la durée totale de leur voyage.
Bien que les formules varient selon la compagnie aérienne, une caractéristique commune aux modèles fondés sur le crédit est que les agentes et agents de bord sont payés le plus élevé des montants suivants :
- le temps de vol réel
- 4 heures
- la garantie de période de service
- la garantie par courrier
- la garantie minimale mensuelle
Les intervenants ont signalé que le taux horaire de temps de vol cale à cale au niveau d'entrée peut varier de 26,42 $ à 40,38 $. Selon les estimations du Programme du travail, les agentes et agents de bord à temps plein au niveau d'entrée dans le cadre du système fondé sur les crédits pourraient gagner entre 23 423 $ et 38 020 $ par annéeFootnote 7, bien que les salaires soient difficiles à comparer puisque les horaires mensuels et les garanties minimales utilisées par les compagnies aériennes peuvent varier considérablement.
Scénario B
Le scénario B est présenté pour illustrer comment les agentes et agents de bord sont payés. Les détails de la structure salariale, incluant le taux horaire et la garantie des heures par courrier (ratio), varient selon la convention collective en vigueur. Notez qu'il ne s'agit pas d'un exemple réel, mais simplement d'une illustration à des fins explicatives.
Elio est appelé à effectuer un trajet international d'une durée totale de 60 heures loin de sa base, incluant les escales et le temps de service. Son temps de vol total pour le voyage est de 12 heures. Le taux horaire de temps de vol cale à cale d'Elio est de 27,68 $/heure.
- Vol de départ : Départ de l'aéroport A vendredi à 11 h et arrivée à l'aéroport C à 17 h
- Vol de retour : Départ de l'aéroport C dimanche à 17 h et arrivée à l'aéroport A à 23 h
Sa rémunération pour le trajet sera calculée en fonction du plus élevé entre ses crédits d'heures de vol cale à cale (temps de vol) ou ses crédits de garantie des heures par courrier:
- Crédits d'heures de vol cale à cale (temps de vol) = 12 heures
- Garantie des heures par courrier = Durée totale du courrier ÷ 4 = 15 heures
Dans ce cas, les crédits de garantie des heures par courrier sont supérieurs aux crédits d'heures de vol cale à cale, ce qui signifie que sa paie sera calculée en multipliant son taux horaire par 15 heures :
Paie totale pour le courrier = 15 heures × 27,68 $/heure = 415,20 $*
*Les agents et les agentes de bord appelés pour des trajets de plusieurs jours loin de leur base ont droit, selon leur accord collectif, aux avantages non salariaux et aux indemnités supplémentaires, tels que des repas en vol, des indemnités journalières, l'hébergement payé, le transport entre les aéroports l'hébergement, et des allocations de nettoyage à sec.
Un autre modèle de rémunération, bien que moins courant au Canada, est celui du modèle salarié. Ce modèle est conçu pour fournir un revenu annuel prévisible tout en tenant compte des heures supplémentaires, des rôles spécialisés et du temps passé loin de la base. Cette approche s'applique habituellement aux agentes et agents de bord à temps plein qui travaillent une semaine de 40 heures. Selon un employeur qui utilise ce modèle, un agent de bord occupant un poste d’entrée gagne environ 45 000 $ par annéeFootnote 8, les heures supplémentaires étant rémunérées au taux horaire et demi. Selon ce modèle, toutes les heures passées en service, y compris les tâches avant et après le vol, les retards au sol et les autres responsabilités requises, sont comptabilisées dans le calcul des heures de travail hebdomadaires.
Il a été rapporté que certains agentes et agents de bord à temps partiel dans cette structure sont rémunérés par affectation, spécifiquement à taux fixes pour des périodes de disponibilité ou de formation, des tâches d'enregistrement et de réception et des jours de volFootnote 9. Des primes supplémentaires peuvent également s'appliquer, comme la rémunération du directeur de service, les indemnités pour les périodes prolongées à l'extérieur de la base ou les primes pour les tâches spécialisées.
En plus de leur taux horaire de temps de vol cale à cale, il a été indiqué que les agentes et agents de bord, dans le cadre des deux modèles de rémunération, recevaient une gamme d'indemnités et d'avantages non salariaux. Par exemple, pour les voyages de plusieurs jours, les agents de bord reçoivent des repas en vol ainsi que des indemnités journalières pour le temps passé à l'extérieur du lieu de travail d'attache. Certains employeurs offrent des avantages non salariaux, y compris des allocations de nettoyage à sec, un stationnement gratuit, une couverture d'assurance collective et des programmes d'épargne-retraite, y compris les régimes enregistrés d'épargne-retraite et les régimes de participation différée aux bénéfices.
Dans l'ensemble, les employeurs et les employés ont expliqué que, même si les formules de rémunération varient d'un employeur à l'autre, les modèles canadiens sont généralement harmonisés avec les pratiques internationales de l'industrie, y compris les indemnités et autres avantages non salariaux.
Les employeurs et les employés ont convenu que toutes les tâches des agentes et agents de bord, y compris l'embarquement et le débarquement des avions, les fonctions de sécurité, la formation, etc., constituent des heures de travail qui doivent être prises en compte dans le régime de rémunération.
Les intervenants ont toutefois présenté des points de vue différents sur la question de savoir si les agentes et agents de bord exercent des activités à la disposition de leur employeur qui ne sont pas rémunérées. Les représentants des employés ont souligné qu'une partie importante du travail des agentes et agents de bord demeure non rémunérée. Ils ont noté que la rémunération est généralement limitée au temps de vol cale à cale, sans rémunération directe pour les préparations avant le vol, les vérifications de sécurité, l'embarquement, les retards ou les tâches après le vol, et ce même si les agentes et agents de bord sont tenus de rester en service, notamment à cause d'un retard. Lorsque le travail effectué avant et après le vol est rémunéré, les représentants des employés ont indiqué qu'il est souvent payé à un taux inférieur au taux horaire des heures de vol cale à cale et qu'il n'est reconnu que pour une durée limitée avant le départ et après l'atterrissage. Dans bien des cas, la rémunération ne s'applique que lorsque les tâches dépassent la période normale de service ou lorsque la garantie de période de service dépasse les heures réelles de vol. Selon les représentants des employés, cette structure crée d'importantes parties de tâches régulières non payées ou sous-payées.
Certaines observations écrites d'employés ont allégué que certaines tâches accomplies n'étaient toujours pas rémunérées, y compris l'enregistrement, les séances d'information, le traitement des urgences médicales, l'aide aux passagers en situation de handicap et la gestion des retards. Les groupes d'employés ont insisté sur le fait que les retards au sol ne sont généralement pas indemnisés, sauf dans des circonstances particulières où la rémunération est explicitement stipulée dans la convention collective.
Tous les employeurs qui rémunèrent leurs agentes et agents de bord au moyen d'un système de rémunération fondé sur les crédits ont insisté sur le fait que le système de crédits et le taux horaire des heures de vol cale à cale sont conçus pour englober l'ensemble des tâches associées aux vols, et non seulement le temps passé dans les airs. Ils ont noté que les activités au sol, comme l'embarquement, les démonstrations de sécurité, l'aide aux passagers et les responsabilités après l'arrivée sont intégrées dans les heures créditées ou couvertes par des garanties minimales. Les employeurs ont fait remarquer que les périodes de service des agentes et agents de bord commencent habituellement une heure avant l'heure de départ prévue et se terminent entre 15 et 30 minutes après l'atterrissage, et que les responsabilités préalables à l'embarquement et postérieures à l'arrivée sont intégrées au temps rémunéré. Certaines compagnies aériennes offrent une indemnisation supplémentaire aux agents de bord pendant les retards au sol ou lorsque les agents de bord sont tenus de travailler au-delà de leurs périodes de service prévues.
Deux compagnies aériennes ont fait remarquer que l'indemnisation n'était pas toujours fournie dans la forme traditionnelle. Ils ont expliqué que certaines activités, comme la formation en ligne ou les périodes de réserve sans affectation, n'étaient pas payées directement, mais que les agentes et agents de bord recevaient une certaine forme d'indemnisation par l'entremise d'autres mécanismes ou allocations non précisés. Un employeur a indiqué que toutes les tâches avant et après le vol sont incorporées dans les heures hebdomadaires et rémunérées au taux horaire des heures de vol cale à cale des agentes et agents de bord.
Préoccupations concernant le travail non rémunéré
Les employeurs ont mentionné le paragraphe 168(1.1) du Code, tel qu'interprété par l'IPG‑002, afin de soutenir que les agentes et agents de bord reçoivent au moins le salaire minimum fédéral pendant leur quart de travail, y compris le temps passé à travailler avant et après le vol à la disposition de l'employeur. La plupart des compagnies aériennes interprètent le paragraphe 168(1.1) comme signifiant que, même si un employé ne reçoit pas le salaire minimum pour chaque heure de son quart de travail, sa rémunération mensuelle globale doit atteindre en moyenne et au moins le salaire minimum lorsqu'elle est divisée par chaque heure de travail pour ce mois. Plusieurs compagnies aériennes ont déclaré qu'elles effectuaient régulièrement des révisions salariales pour s'assurer que cela reste le cas.
Cependant, au moins une compagnie aérienne non syndiquée a indiqué que ses agentes et agents de bord à temps partiel qui sont payés par affectation plutôt qu'à l'heure ne reçoivent pas toujours au moins le salaire minimum, surtout en cas de retards importants ou d'autres problèmes opérationnels. Le chef de la conformité et de l'application effectue une inspection de suivi de cette compagnie aérienne.
Les groupes d'employés ont indiqué que le salaire mensuel de nombreux agentes et agents de bord dans certaines compagnies aériennes, en particulier ceux qui ne gagnent que des salaires au niveau d'entrée, est inférieur au salaire minimum fédéral (le plus élevé entre 17,75 $ l'heure et le salaire minimum provincial ou territorial) lorsqu'on calcule la moyenne de chaque heure de travail. Certains syndicats ont affirmé que chaque fois qu'une agente ou un agent de bord est assujetti à un taux horaire de temps de vol cale à cale inférieur à 2 fois le salaire minimum, il reçoit probablement moins que le salaire minimum, étant donné que, en moyenne, le temps de vol cale à cale représente la moitié des périodes de service totales des agentes et agents de bord (c.-à-d. le temps de vol par rapport au temps écoulé entre l'arrivée au travail et la fin du service). Les syndicats ont indiqué que c'était le cas pour la plupart des grandes compagnies aériennes, à l'exception de quelques-unes qui offrent des taux de base au moins 2 fois plus élevés que le salaire minimum, et ils ont fourni des exemples, notamment Footnote 10Footnote 11:
- dans une compagnie aérienne, le syndicat a allégué qu'un agent de bord avait travaillé 12 heures, mais n'avait été rémunéré que pour 6 heures au taux de 27,61 $ l'heure, ce qui donnait en moyenne 13,82 $ l'heure pour cette période
- dans une autre compagnie aérienne, le syndicat a affirmé qu'un agent de bord avait travaillé 12 heures et 55 minutes et qu'il avait été payé pour 4 heures et 57 minutes de travail par temps de vol en bloc, ce qui donnait en moyenne 10,96 $ l'heure pour cette période
Conventions collectives et application
Le paragraphe 57(1) du Code prévoit que toutes les conventions collectives doivent comprendre un processus de grief et d'arbitrage pour régler les désaccords. Le paragraphe 168(1.1) exige que tout désaccord relatif aux exigences en matière de salaire minimum (entre autres) soit réglé par un processus de grief et d'arbitrage prévu dans la convention collective, à condition que celle-ci confère aux employés des droits et des avantages au moins égaux à ceux que prévoient les dispositions relatives au salaire minimum prévues dans la partie III du Code. Le Programme du travail a consulté les parties prenantes afin d'évaluer si les syndicats ont pris des mesures pour régler les allégations de travail non rémunéré et sous-payé, et, le cas échéant, si l'arbitrage des griefs avait permis de résoudre efficacement ces différends.
La plupart des compagnies aériennes consultées ont dit qu'elles n'avaient eu aucun grief concernant le travail non rémunéré. Une grande compagnie aérienne a fait remarquer que des griefs avaient déjà été déposés concernant d'autres allégations de non-conformité aux normes du travail, y compris le défaut de payer le salaire minimum et le défaut de rémunérer adéquatement les agentes et les agents de bord qui remplissent les fonctions du comité de santé et de sécurité au travail.
- Par exemple, un syndicat représentant les agentes et agents de bord a déposé un grief alléguant que la compagnie aérienne ne versait pas aux agentes et agents de bord au moins le salaire minimum. L'arbitre a statué en faveur de l'employeur, affirmant que la rémunération globale prévue dans la convention collective conférait à l'employé un droit ou un avantage supérieur que celui qu'il aurait reçu en vertu du droit au salaire minimum prévu par le Code
Cependant, les syndicats ont exprimé une opinion différente. Ils ont expliqué que le processus de règlement des griefs et d'arbitrage prévu dans les conventions collectives n'est pas un moyen idéal pour régler la question du travail non rémunéré.
- Un syndicat a indiqué qu’il avait contacté le Programme du travail en mai 2023 pour obtenir des précisions sur les activités qui devraient être rémunérées pour les agentes et agents de bord. Le Programme du travail a réitéré que le Code exige que les employés soient payés au moins le salaire minimum et que, pour les employés syndiqués, la convention collective doit établir les dispositions salariales et le cadre de règlement des griefs. Le syndicat a interprété cette réponse comme signifiant que la question est peu susceptible d'être résolue par les mécanismes de grief et d'arbitrage existants et qu'elle nécessiterait des modifications législatives ou réglementaires
Dans l'ensemble, les syndicats représentant les agentes et agents de bord ont recommandé que le Programme du travail envisage d'enquêter de façon proactive sur les lieux de travail du secteur aérien et d'appliquer les exigences du Code.
Normes du travail claires
La plupart des intervenants des employeurs et des employés ont convenu que toutes les tâches au sol, la formation, ou le temps où les agentes et agents de bord sont à la disposition de leur employeur, devraient être comptés comme des heures de travail. La négociation collective et les conventions collectives qui en résultent sont les moyens appropriés de garantir que les agentes et agents de bord soient rémunérés d'une manière qui respecte les normes minimales du Code.
En général, les grandes compagnies aériennes ont indiqué qu'elles croient que les exigences du Code et les produits d'orientation connexes sont clairs et n'ont pas besoin d'être révisés. Certaines compagnies aériennes dont les employés sont syndiqués procèdent régulièrement à des examens afin de s'assurer du respect des normes du travail prévues à la partie III, en collaboration avec le syndicat.
À l'inverse, les compagnies aériennes plus petites et non syndiquées estimaient que, bien que les exigences générales du Code soient claires, leur application au secteur aérien, qui utilise souvent des structures salariales complexes en raison de la nature particulière du travail, était moins claire. Par exemple, une compagnie aérienne a affirmé qu'elle ne comprend pas comment les exigences en matière de temps de travail s'appliquent aux heures où l'employé est sur appel, aux périodes de préparation (c.-à-d. avant le décollage d'un vol) et au temps passé loin de la base d'affectation (p. ex. pendant une escale).
Un groupe d'employés a déclaré que les exigences du Code et de ses règlements sont trop vagues et souples. Ils ont souligné que l'absence d'une définition de « travail », le recours aux processus de règlement des griefs pour régler les différends et le paragraphe 168(1.1), qui stipule que les exigences relatives au salaire minimum ne s'appliquent pas aux employés liés par une convention collective qui prévoit des droits et des avantages au moins aussi favorables que ceux conférés par les dispositions de la partie III sur le salaire minimum, perpétuent tous le problème du travail non rémunéré chez les agentes et agents de bord. Ils soutiennent que le recours aux plaintes individuelles est inadéquat.
Recommandations des intervenants
Les syndicats consultés ont recommandé au gouvernement d'apporter des changements aux politiques pour résoudre ce problème. Ces changements peuvent être classés comme suit :
Modifications de l'application
Un avis fréquemment exprimé par les groupes d'employés est que le Programme du travail devrait jouer un rôle plus actif dans l'enquête sur les allégations de travail non rémunéré en effectuant des vérifications de la conformité des compagnies aériennesFootnote 12. Un syndicat a fait remarquer que, si les inspecteurs fédéraux du travail avaient demandé des documents démontrant le nombre d'heures de service, le nombre d'heures de vol et les talons de chèque de paie des agentes et agents de bord, ils verraient clairement que de nombreux agentes et agents de bord sont payés en deçà du salaire minimum. Un autre syndicat a recommandé que le Programme du travail établisse une unité dédiée aux normes du travail pour le secteur aérien qui serait chargée d'appliquer les exigences du Code dans ce secteur.
Modifications aux heures de travail
Les groupes d'employés ont recommandé des modifications au Code ou à ses règlements qui préciseraient que les activités suivantes exécutées par les agentes et agents de bord devraient être considérées comme du travail :
- toute période d'essai ou de formation exigée par l'employeur
- tout déplacement exigé par l'employeur
- le temps passé à la disposition de l'employeur sur le lieu de travail, y compris pendant les retards ou l'attente entre 2 vols à l'aéroport, ou lorsque l'employé est en pause autorisée par l'employeur
Plusieurs groupes d'employés ont recommandé que la signification du terme travail, conformément à l'IPG-002, soit intégrée au Code plutôt que de laisser les employeurs et les syndicats la négocier dans le cadre des conventions collectives.
Les syndicats préféreraient que toute modification au Code précise également que toutes les heures de travail effectué par les agentes et agents de bord devraient être rémunérées selon le taux horaire de temps de vol cale à cale des agentes et agents de bord, et non pas en utilisant un calcul de la moyenne.
Changements plus étendus suggérés pour améliorer les conditions de travail en général
Enfin, au moins un groupe d'employés a encouragé le gouvernement à s'opposer aux politiques qui contribueraient à la déréglementation des compagnies aériennes (y compris la propriété étrangère) et à appuyer les mesures réglementaires axées sur les passagers qui accordent la priorité à la protection du consommateur plutôt qu'au profit.
Plusieurs représentants des employés ont indiqué qu'ils appuieraient des modifications semblables à celles proposées dans le projet de loi émanant d'un député C-415, qui a été présenté au cours de la session parlementaire précédente et est mort au Feuilleton. Selon eux, ce projet de loi énumérait certaines activités au cours de la période de service d'un agent de bord qui ne sont pas généralement rémunérées en fonction du taux horaire de temps de vol cale à cale et qui exigeait que ces activités soient payées au taux salarial régulier des agentes et agents de bord.
Étant donné que la plupart des employeurs étaient d'accord avec les représentants des employés sur le fait que, conformément à leurs conventions collectives négociées et au Code, l'ensemble des tâches au sol, la formation et le temps mis à la disposition de l'employeur devraient être comptés comme des heures travaillées, la principale divergence d'opinions concerne moins la définition de ce qui constitue du travail que la question de savoir si le système de rémunération actuel garantit adéquatement que toutes les heures sont dûment rémunérées.
Les grandes compagnies aériennes ont affirmé qu'à leur avis, aucun changement de politique n'est nécessaire et que ce désaccord doit être réglé à la table des négociations avec les syndicats ou par voie de grief et d'arbitrage. Des modifications législatives ou réglementaires qui perturbent le système de rémunération actuel pourraient, par inadvertance, entraîner des répercussions sur d'autres dispositions de la convention collective découlant d'une collaboration et de négociations approfondies. Quelques compagnies aériennes ont fait remarquer que, plutôt que de procéder à des modifications législatives ou réglementaires, il faudrait prendre des mesures pour s'assurer que les intervenants et le grand public comprennent mieux comment les agentes et agents de bord sont payés, par exemple au moyen d'une campagne de sensibilisation du public.
Cependant, certaines compagnies aériennes ont suggéré que le Programme du travail ajoute des exemples clairs dans l'IPG-002 qui s'appliquent précisément aux travailleurs de l'industrie de l'aviation et qui précisent si certaines activités (p. ex. les périodes sur appel, la formation obligatoire en ligne) devraient être considérées comme du temps de travail. D'autres recommandations moins courantes des compagnies aériennes incluent :
- clarifier dans le Code que la conformité au salaire minimum peut être obtenue grâce à des systèmes de rémunération structurés (comme les modèles fondés sur les crédits qui sont couramment utilisés pour rémunérer les agentes et agents de bord) pourvu que la rémunération globale atteigne ou dépasse le salaire minimum lorsqu'elle est calculée en moyenne sur l'ensemble des heures travaillées
- ajouter une définition du temps de travail dans le Code ou dans ses règlements qui s'applique facilement aux agentes et agents de bord
Le message général entendu de la part des compagnies aériennes, c'est qu'elles croient que les agentes et agents de bord sont payés pour chaque heure de travail, y compris les tâches au sol, même si ces tâches au sol ne sont pas rémunérées à un taux horaire ou à un taux horaire de temps de vol cale à cale. Les compagnies aériennes ont affirmé que les conventions collectives des agentes et agents de bord indiquent clairement que le paiement pour le temps de vol cale à cale comprend le paiement des activités avant et après le vol en dehors de ces heures. Elles ont aussi insisté sur le fait que ce modèle de rémunération est le fruit de longues négociations et d'établissement de consensus avec les syndicats au cours du processus de négociation collective au fil des ans.
Quelques compagnies aériennes ont également fait remarquer qu'elles ne considéraient pas la campagne de travail non rémunéré comme une indication d'un véritable problème de normes du travail, et qu'il est aisé de présenter de manière erronée au public les structures de rémunération des agentes et agents de bord. Certains ont même mentionné la possibilité de passer à un système de paiement horaire, où les agentes et agents de bord sont payés à un taux inférieur pour chaque heure de travail distincte, plutôt que le taux horaire de temps de vol cale à cale actuel et le système fondé sur les crédits, afin d'améliorer les relations publiques.
La plupart des compagnies aériennes croient que le gouvernement ne devrait pas intervenir dans la résolution de cette question et que tout changement à la structure de rémunération des agentes et agents de bord doit se faire à la table de négociation.
Cependant, les groupes d'employés ne partagent pas ce point de vue. Ils ont affirmé que de nombreux agentes et agents de bord travaillent des dizaines d'heures non rémunérées chaque mois et qu'ils touchent un salaire qui n'a pas suivi l'inflation ou la hausse du salaire minimum. Ils ont également indiqué que, en raison de ces facteurs (le temps au sol non rémunéré et les salaires qui n'ont pas augmenté conformément à la hausse du salaire minimum), au moins certains agentes et agents de bord ne gagnent pas le salaire minimum pour chaque heure travaillée. Les représentants syndicaux étaient fermement convaincus que cette question doit être réglée au moyen de modifications législatives ou réglementaires qui clarifient les activités des agentes et agents de bord qui doivent être considérées comme du travail et qui précisent comment ce travail doit être rémunéré.
Enfin, au-delà des complexités de la rémunération et des obligations prévues par la loi, les groupes d'employés ont indiqué que le Programme du travail devrait tenir compte de l'impact de la perception généralisée du travail non rémunéré chez les agentes et agents de bord. Par exemple, un sondage mené en 2022 par le SCFP a révélé queFootnote 13 :
- 99,5 % des agentes et agents de bord déclarent qu'ils ne sont pas payés lorsqu'ils passent le contrôle de sécurité (où ils doivent porter leur uniforme et être prêts à aider, au besoin)
- 98,6 % des agentes et agents de bord déclarent ne pas être payés lorsqu'ils aident les passagers à débarquer
- 98,4 % des agentes et agents de bord déclarent qu'ils ne sont pas payés pendant que l'avion est immobile à la porte après l'atterrissage, même s'ils doivent quand même aider les passagers
Les groupes d'employés ont affirmé que ces chiffres, de même que la récente campagne sur le travail non rémunéré et le conflit de travail, démontrent à quel point les agentes et agents de bord sont démoralisés et insatisfaits. Ils ont souligné qu'il est essentiel de prendre des mesures pour que les agentes et agents de bord soient rémunérés équitablement afin que le transport aérien demeure aussi sécuritaire et confortable que possible pour la population canadienne.
Conclusion
Le Programme du travail s'engage à protéger les travailleurs, y compris les agentes et agents de bord, et à soutenir des milieux de travail productifs et équitables. Le Programme du travail est reconnaissant envers toutes les organisations qui ont pris le temps de participer activement, que ce soit lors des tables rondes ou par l'entremise de la présentation d'observations écrites.
Les employés syndiqués qui croient ne pas recevoir au moins le salaire minimum sont encouragés à déposer un grief auprès de leur syndicat, conformément à leur convention collective. Tous les employés (y compris les employés syndiqués) qui croient être payés en dessous du salaire minimum fédéral peuvent déposer une plainte officielle auprès du Programme du travail. Le Programme du travail fera enquête sur les plaintes officielles. Auparavant, les plaintes effectuées par les travailleurs syndiqués dont les conventions collectives prévoyaient un mécanisme de résolution par une tierce partie étaient transmises au syndicat.
Faits saillants
Dans l'ensemble, les consultations et les travaux réalisés à ce jour n'ont pas permis de conclure que l'ensemble du secteur échoue à rémunérer les agentes et agents de bord conformément aux exigences salariales du Code.
- Les compagnies aériennes et les syndicats conviennent que toutes les activités des agentes et agents de bord, y compris le temps passé en vol et au sol, constituent du travail et doivent être rémunérées comme telles
- Les compagnies aériennes et les syndicats ne s'entendent pas sur la question de savoir si certaines activités sont adéquatement rémunérées
- Les premières conclusions de l'enquête suggèrent que le système de rémunération fondé sur les crédits couramment utilisé par des compagnies aériennes est conforme au Code. Toutefois, les informations mises à la disposition du Programme du travail au cours de cette consultation n'étaient pas suffisamment détaillées pour permettre de déterminer si ces systèmes, lorsqu'ils sont utilisés par certaines compagnies aériennes, peuvent conduire à des situations isolées lors desquelles les agentes et agents de bord gagnent moins que le salaire minimum
- Dans le cadre de la structure de rémunération fondée sur les crédits, les agentes et agents de bord ne reçoivent pas de salaire horaire. Ils sont plutôt rémunérés selon un système de crédits, conçu pour compenser à la fois le temps de vol et les tâches au sol associées
- Ce type de structure de rémunération est permis en vertu du Code si les employés reçoivent globalement au moins le salaire minimum (par exemple, si leur rémunération est au moins égale au salaire minimum lorsqu'elle est calculée en moyenne sur une certaine période)
- Les syndicats ont fourni des preuves suggérant que certains agentes et agents de bord de niveau d'entrée pourraient, dans certains cas, ne pas recevoir au moins le salaire minimum si leur rémunération est calculée en moyenne sur chaque heure de leur quart de travail. Étant donné que le Code permet aux employés syndiqués d'être rémunérés selon des structures de rémunération alternatives, qui peuvent inclure le calcul des heures en moyenne sur une période plus longue (comme une semaine ou un mois), ces informations ne suffisent pas à déterminer si les exigences relatives au salaire minimum n'ont pas été respectées
- Il existe un mécontentement généralisé parmi les agentes et agents de bord concernant leur rémunération. Selon les syndicats, les taux de salaire n'ont pas suivi l'inflation ni augmenté au même rythme que les hausses du salaire minimum fédéral. Il en résulte une structure salariale moins avantageuse pour les agentes et agents de bord aujourd'hui qu'elle ne l'était lorsqu'elle a été initialement convenue par les syndicats
Prochaines étapes
Bien que les consultations n'aient pas trouvé de preuve d'un problème à l'échelle du secteur, les cas spécifiques soulevés par les syndicats méritent un suivi supplémentaire afin de garantir le respect du Code.
Le chef de la conformité et de l'application du Programme du travail convoquera en février 2026 une réunion spéciale du Comité consultatif sur les normes du travail, à laquelle les compagnies aériennes et les syndicats concernés sont également conviés, afin d'examiner en détail les exigences du Code en matière de salaire minimum, leur application et les mécanismes de recours dont disposent les employés s'ils sont payés en dessous du salaire minimum. Les membres seront également invités à donner leur avis sur la nécessité de modifier la législation ou la réglementation afin de clarifier la signification du terme « travail ».
Pour assurer la conformité au Code, le Programme du travail prendra des mesures supplémentaires :
- les employeurs du secteur aérien seront invités à effectuer des vérifications internes de leurs dossiers de paie afin de démontrer que tous les agentes et agents de bord, y compris ceux occupant des postes d’entrée, sont rémunérés conformément au Code et de transmettre les résultats au Programme du travail. Si les employeurs ne se conforment pas volontairement, le chef de la conformité et de l'application pourrait émettre des ordres de vérification interne ou même imposer une sanction administrative pécuniaire en cas de non-respect
- les plaintes déposées auprès du Programme du travail concernant le non-respect des normes prévues par le Code feront également l'objet d'enquêtes
Si des cas de non-conformité sont relevés, le gouvernement prendra les mesures appropriées pour garantir le respect du Code, notamment au moyen d'inspections, d'ordonnances de conformité et de sanctions administratives pécuniaires, le cas échéant.
Ces prochaines étapes concrètes, ainsi que les résultats de l'étude du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées (HUMA)Footnote 14 sur les répercussions de l'absence de définition du terme « travail » à la partie III du Code, aideront le gouvernement à déterminer si d'autres mesures sont nécessaires, comme l'élargissement des directives destinées à l'industrie aérienne sur ce qui constitue du travail dans les IPG, ou encore des modifications législatives ou réglementaires visant à clarifier ce qui constitue du travail dans les secteurs de compétence fédérale, y compris le transport aérien.
Le Programme du travail est également prêt à recevoir des données supplémentaires de la part des représentants, telles que des relevés de paie détaillés pour les agentes et agents de bord à temps partiel et ceux occupant des postes d’entrée, ainsi que toute documentation relative aux horaires de vol et aux retards associés.
Annexe A : Participants aux consultations
Liste des organisations qui ont participé aux séances virtuelles
Représentants des employeurs
- Air Canada
- Air Inuit
- Air North
- Air Tindi
- Association du transport aérien du Canada
- Canadian North
- Flair Airlines
- Jazz
- KF Aerospace
- Conseil national des lignes aériennes du Canada
- Nolinor
- PAL Airlines
- Pacific Coastal Airlines
- Pascan
- Porter Airlines
- Air Transat
- Wasaya
- WestJet/Sunwing
Représentants des employés
- Association des pilotes de ligne
- Congrès du travail du Canada
- Syndicat canadien de la fonction publique (diverses sections locales)
Liste des organisations qui ont soumis des observations écrites
- Air Canada et AC Rouge
- Air North
- Air Transat
- Association du transport aérien du Canada
- Canadian North
- Syndicat canadien de la fonction publique - national
- Syndicat canadien de la fonction publique - section locale 8111
- Congrès du travail du Canada
- KF Aerospace
- Conseil national des lignes aériennes du Canada
- Nolinor
- Pacific Coastal Airlines
- Porter Airlines
- West Jet
Annexe B : Questions de discussion
- Combien d'agentes et agents de bord sont employés dans votre milieu de travail ou par votre employeur ? Combien d'entre eux sont des commissaires de bord ou des directrices ou directeurs de bord ?
- Les agentes et agents de bord (y compris les commissaires de bord et les directrices et directeurs de bord) sont-ils syndiqués? Y a-t-il des exceptions pour certaines catégories d'employés ?
- Veuillez décrire la structure salariale des agentes et agents de bord dans votre milieu de travail, y compris les taux de rémunération (p. ex. crédits minimaux garantis par période de service et par courrier) et les indemnités (ou autres avantages non salariaux).
- Existe-t-il des activités pour lesquelles les agentes et agents de bord sont à la disposition de l'employeur, mais ne sont pas rémunérés ?
- Si c'est le cas, quelles sont ces activités ?
- Les employés sont-ils rémunérés autrement pour ces activités ?
- Les agentes et agents de bord reçoivent-ils au moins le salaire minimum pour chaque heure travaillée, conformément à la définition du travail figurant dans l'IPG-002 ? Veuillez fournir des détails si ce n'est pas le cas.
- Si votre milieu de travail est syndiqué, est-ce que le mécanisme de grief et d'arbitrage prévu à votre convention collective a été utilisé pour résoudre des désaccords concernant le travail non rémunéré ? Dans l'affirmative, quelle était la nature du grief et quel en a été le résultat ?
- À votre avis, est-ce que les exigences relatives aux heures de travail, au salaire minimum en vertu de la partie III du Code et leur interprétation connexe dans l'IPG-002, sont claires ? Veuillez en expliquer les raisons.
- Y a-t-il des changements (p. ex. des directives supplémentaires ou des modifications réglementaires ou législatives) qui aideraient à clarifier les droits des agentes et agents de bord en matière de durée du travail ou de salaire minimum ?
- Y a-t-il d'autres points que vous aimeriez porter à l'attention du Programme du travail à ce sujet ?
- Avez-vous des questions ?
Annexe C : Glossaire des termes clés
Modèle de rémunération fondé sur les crédits :
Constitue la norme de l'industrie pour la rémunération des agentes et agents de bord. La rémunération est déterminée par des heures de crédit, qui reflètent généralement le temps de vol cale à cale (la période allant du moment où un avion quitte la porte d'embarquement de son aéroport de départ (le retrait des cales) jusqu'à son arrivée à la porte d'embarquement de destination (la pose des cales)) ainsi que certaines tâches au sol. Chaque heure de crédit est multipliée par le taux négocié, et les compagnies aériennes garantissent généralement un nombre minimal d'heures de crédit par mois afin d'assurer un salaire de base. Le modèle est conçu pour englober à la fois les responsabilités en vol et au sol.
Temps de vol cale à cale :
Correspond à la période allant du moment où les freins de stationnement de l'avion sont relâchés et qu'il quitte la porte d'embarquement (le retrait des cales) jusqu'au moment où l'avion s'arrête complètement à la porte d'embarquement de l'aéroport de destination et que ses freins de stationnement sont enclenchés (la pose des cales).
Taux horaire de temps de vol cale à cale :
Est le taux de rémunération pour chaque heure de vol de cale à cale.
Garantie minimale mensuelle :
Représente le nombre d'heures de crédit que les compagnies aériennes s'engagent à payer aux agents de bord chaque mois, indépendamment du nombre réel d'heures de vol. Généralement comprises entre 65 et 80 heures selon la compagnie, ces garanties visent à assurer un revenu stable même lorsque les horaires sont réduits, que des vols sont annulés ou que des changements opérationnels limitent le temps de vol.
Période de service :
Fait référence à la période pendant laquelle une agente ou un agent de bord est considéré en service par la compagnie aérienne. Elle commence lorsque l'employé se présente au travail et se termine lorsqu'il est officiellement libéré après avoir accompli ses responsabilités post‑vol. Une période de service englobe toutes les responsabilités effectuées au sol et en vol, y compris les préparatifs avant le vol, l'embarquement, les opérations de vol, les escales et les tâches après le vol. La durée des périodes avant et après le vol est préétablie dans les conventions collectives et ne reflète pas nécessairement le temps réel nécessaire pour accomplir ces responsabilités à chaque vol.
Garantie de période de service :
Assure que les agentes et agents de bord reçoivent un nombre minimal de crédits de rémunération pour chaque période de service, indépendamment du temps de vol réel. Cette garantie a été instaurée afin de protéger les agentes et agents de bord contre une rémunération disproportionnellement faible lors de longues journées de service comportant peu d'heures de vol cale à cale effectives.
Garantie des heures par courrier :
Assure que les agentes et agents de bord reçoivent un nombre minimal de crédits de rémunération pour un voyage complet ou une séquence de périodes de service hors de leur base d'affectation, indépendamment des heures de vol cale à cale réelles. La garantie fixe un nombre d'heures de crédit par heure passée hors de la base d'affectation.
Base d'affectation :
Est l'aéroport où les agentes et agents de bord commencent et terminent normalement leurs périodes de service prévues.