Rapport annuel de 2016 sur la Loi sur les espèces en péril : chapitre 6

6 Mise en œuvre du rétablissement

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6.1 Protection de l’habitat essentiel

La protection de l’habitat essentiel aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) dépend du type d’espèce (aquatique, terrestre, oiseau migrateur) et de l’emplacement de l’habitat essentiel (aire protégée fédérale, autres terres domaniales, terres non domaniales).

Les paragraphes 58(1) et 61(1) de la LEP indiquent que la destruction de l’habitat essentiel constitue une infraction. Toutefois, cette interdiction ne s’applique pas automatiquement suivant la désignation de l’habitat essentiel.

Si l’habitat essentiel d’une espèce est désigné dans une aire protégée fédérale aux termes du paragraphe 58(2), la LEP exige qu’une description de cet habitat essentiel soit publiée dans la Gazette du Canada dans les 90 jours suivant la désignation de l’habitat essentiel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action définitif qui est publié dans le Registre public des espèces en péril. Le paragraphe 58(1) de la LEP interdisant la destruction de l’habitat essentiel entre en vigueur 90 jours suivant la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Étude de cas
Parcs Canada transforme la construction routière en occasions pour les espèces

Le projet de réaménagement de la route 117, dans le Parc national du Canada Kouchibouguac, fait appel à la collaboration, à la planification préalable et à la compréhension de l’écosystème local pour transformer un projet de construction routière en avantages à long terme pour les espèces.

Le revêtement de 24 kilomètres de route a risqué de détériorer des habitats sensibles de cours d’eau, où vivent de nombreuses espèces menacées, notamment la tortue des bois. La mortalité sur les routes est l’une des plus grandes menaces pour les tortues des bois au Canada.

Tunnel de la route 117 à Kouchibouguac Photo : © Agence Parcs Canada
Tunnel de la route 117 à Kouchibouguac
Photo : © Agence Parcs Canada (APC)
Tortue des bois / Photo : Sylvain Giguère © Environnement et Changement climatique Canada
Tortue des bois / Photo : Sylvain Giguère
© Environnement et Changement climatique Canada (ECCC)

Le projet de réaménagement de la route passait directement dans deux zones d’habitat essentiel pour la tortue des bois. Des études scientifiques réalisées à Kouchibouguac ont également montré la présence de quatre « points chauds » le long de la route particulièrement mortels pour les amphibiens, dont les grenouilles et les salamandres. Avec ces informations en tête, l’équipe de construction, les ingénieurs et les écologistes de Kouchibouguac ont travaillé en étroite collaboration afin d’installer quatre tunnels pour la faune dans ces points chauds. Deux de ces tunnels se trouvent dans l’habitat essentiel de la tortue des bois. Ces passages sont spécialement conçus pour permettre à la faune de traverser de manière sécuritaire en dessous de la route plutôt que sur la route. Pour s’assurer que les grenouilles, les salamandres, les tortues et d’autres petits animaux trouvent les tunnels, des clôtures ont été installées le long de la route pour diriger la faune vers les passages inférieurs.

Les améliorations apportées à l’habitat ne s’arrêtent pas là. En plus du revêtement de la route, 58 ponceaux devaient être remplacés. Les nouveaux ponceaux, plus grands, ont amélioré l’habitat de nombreuses espèces de poissons en réduisant l’érosion. Des « bassins de plongée » ont été créés le long de plusieurs ponceaux, ce qui ralentit l’écoulement de l’eau tout en offrant des lieux de repos pour les poissons migrateurs et un habitat pour les amphibiens. À six endroits, le remplacement des ponceaux a agrandi l’habitat des poissons en reliant les cours d’eau bloqués auparavant, ce qui avait fragmenté l’habitat aquatique.

Ce ne sont pas les seuls liens établis dans le cadre de ce projet. Les biologistes du parc ont travaillé avec des ingénieurs pour choisir l’emplacement des tunnels pour la faune. Les entrepreneurs en construction ont collaboré avec le personnel de l’APC et de Pêches et océans Canada (MPO) pour choisir le type de ponceaux à installer. L’implication de partenaires qui pouvaient transmettre leur expertise et leur soutien tôt dans le processus de planification a été essentielle à la réussite du projet.

En 2016, ECCC a protégé l’habitat essentiel de huit espèces dans huit réserves nationales de faune (RNF) et quatre refuges d’oiseaux migrateurs (ROM) :

  • Rainette faux-grillon de l’Ouest, population des Grands Lacs/Saint-Laurent et du Bouclier canadien (RNF de Wellers Bay
  • Souris des moissons (RNF de la Base des Forces canadiennes Suffield)
  • Noctuelle sombre des dunes (RNF de la Base des Forces canadiennes Suffield)
  • Chénopode glabre (RNF de la Base des Forces canadiennes Suffield)
  • Petit blongios (RNF de Shebody, RNF du Cap-Tourmente, RNF du Ruisseau-Big, RNF de Loin Point, ROM de Nicolet, ROM de Philipsburg et ROM du Haut-Canada)
  • Éléocharide géniculée (RNF de Long Point)
  • Paruline polyglotte (RNF de Vaseux-Bighorn et ROM du lac Vaseux)
  • Porte-queue de Behr (RNF de Vaseux-Bighorn)

En 2016, l’APC a protégé l’habitat essentiel de 16 espèces dans huit parcs nationaux :

  • Couleuvre agile à ventre jaune de l’Est (Parc national du Canada des Prairies)
  • Paruline à ailes dorées (Parc national du Canada du Mont-Riding)
  • Grand iguane à petites cornes (Parc national du Canada des Prairies)  
  • Porte-queue demi-lune (Parc national du Canada des Lacs-Waterton)
  • Petit blongios (Parc national du Canada de la Pointe-Pelée et Parc national du Canada des Mille-îles)  
  • Pie-grièche migratrice (population des Prairies) (Parc national du Canada des Prairies)
  • Massasauga (Parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne et Parc marin national du Canada Fathom Five)
  • Mormon (population des Prairies) (Parc national du Canada des Prairies)  
  • Pluvier montagnard (Parc national du Canada des Prairies)
  • Pipit de Sprague (Parc national du Canada des Prairies)
  • Renard véloce (Parc national du Canada des Prairies)
  • Pluvier siffleur (sous-espèce melodus) (Parc national du Canada du Gros-Morne)
  • Paruline orangée (Parc national du Canada de la Pointe-Pelée)
  • Méné camus (Parc national du Canada des Mille-Îles)
  • Lépisosté tacheté (Parc national du Canada de la Pointe-Pelée)
  • Rainette faux-grillon de l’Ouest, population des Grands Lacs/Saint-Laurent et du Bouclier canadien (Parc national du Canada des Mille-îles)

Des efforts constants sont déployés pour parachever des mesures visant à protéger l’habitat essentiel d’autres espèces sur les terres administrées par l’APC.

Étude de cas
Effort de collaboration pour élaborer le décret ministériel visant à protéger l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall dans les terres et les eaux domaniales de la Nouvelle-Écosse

Sterne de Dougall / Photo : Jared Maida © Environnement et Changement climatique Canada
Sterne de Dougall / Photo : Jared Maida
© Environnement et Changement climatique Canada

La Sterne de Dougall (Sterna dougallii), un oiseau de mer gracieux de taille moyenne, se rencontre sur les côtes et les îles qui longent les océans Atlantique, Indien et Pacifique; elle possède d’importants sites de nidification dans l’Atlantique Nord, sur des îles au large des côtes de la Nouvelle-Écosse. La Sterne de Dougall est un oiseau migrateur protégé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM). Elle est inscrite comme espèce en voie de disparition dans la Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse et a été désignée comme une espèce faunique menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec.

En 2003, la Sterne de Dougall a aussi été classée en voie de disparition en vertu de la LEP. Le programme de rétablissement définitif visant la Sterne de Dougall a été achevé et publié dans le Registre public des espèces en péril en 2006. Il désignait l’habitat essentiel terrestre et aquatique de l’espèce, qui se trouvait notamment dans les terres domaniales suivantes : 1) l’habitat terrestre de l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse, et les eaux entourant l’île; 2) les eaux entourant les îles North Brother et South Brother, en Nouvelle-Écosse; et 3) l’habitat terrestre de l’île County, en Nouvelle-Écosse, et les eaux entourant l’île.

En janvier 2007, une description de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall dans le refuge d’oiseaux migrateurs de l’île de Sable a été publiée dans la Gazette du Canada. La protection légale de l’habitat en vertu de la LEP est entrée en vigueur 90 jours plus tard, soit le 20 avril 2007. L’île de Sable est administrée par l’APC et, à l’heure actuelle, elle est à la fois un refuge d’oixeaux migrateurs sous le régime de la LCOM et une réserve de parc national en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC).

La réserve de parc national du Canada de l’île-de-Sable a été créée le 1er décembre 2013 et, en octobre 2014, l’APC a publié une déclaration de protection dans le Registre public des espèces en péril qui précisait que la LPNC et ses règlements offrent une protection juridique contre la destruction de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall sur l’île de Sable en vertu de plusieurs dispositions. Afin d’évaluer la protection juridique dans les autres terres domaniales où de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall a été désigné, ECCC a procédé un examen approfondi de la LPNC, de la Loi de 2011 sur la marine marchande, la Loi sur les océans, la Loi sur les immeubles fédéraux et les biens réels fédéraux et la Loi sur les pêches. ECCC a conclu que des parcelles de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall n’étaient pas protégées juridiquement. ECCC a travaillé en collaboration avec l’APC et a consulté le MPO, le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse et les collectivités autochtones en vue de parachever la protection juridique de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall.

Le 16 novembre 2016, on a publié un décret ministériel interdisant la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce, tel qu’il est énoncé au paragraphe 58(1) de la LEP. Ce décret contribuera au rétablissement de la Sterne de Dougall en protégeant son habitat essentiel dans les terres domaniales contre les activités humaines destructrices. En outre, le décret fournit des certitudes réglementaires concernant les futures activités proposées dans les secteurs visés. Le décret pourrait aussi aider à protéger d’autres espèces, y compris d’autres espèces de sternes qui nidifient aux mêmes endroits que la Sterne de Dougall - la Sterne pierregarin (Sterna hirundo) et la Sterne arctique (Sterna paradisaea) –, ainsi que d’autres espèces d’oiseaux de mer et de sauvagine qui nidifie sur l’île Country, comme l’Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa), le Guillemot à miroir (Cepphus grylle) et l’Eider à duvet (Somateria mollissima).

En 2016, le MPO a protégé l’habitat essentiel de six espèces dans six RNF et deux ROM, ainsi que six autres espèces (dont l’une possède quatre populations):

  • Chevalier cuivré (RNF des Îles-de-Contrecoeur)
  • Dard de sable, populations de l’Ontario (RNF de Long Point)
  • Méné camus (RNF du Ruisseau-Big, de Long Point, de St. Clair et de la baie Wellers)
  • Lépisosté tacheté (RNF du Ruisseau-Big)
  • Esturgeon blanc, population de la rivière Nechako (ROM de la rivière Nechako)
  • Béluga, population de l’estuaire du Saint-Laurent (ROM de l’Île-aux-Basques et RNF des îles de l’Estuaire) Naseux de la Nooksack
  • Chat-fou du Nord
  • Esturgeon blanc :
    • population de la rivière Kootenay
    • population de la rivière Nechako
    • population du cours supérieur du fleuve Columbia
    • population du cours supérieur du fleuve Fraser

Pour aider à protéger d’autres espèces aquatiques en péril, le MPO a aussi lancé un nouveau site Web permettant aux personnes qui envisagent de réaliser un projet de construction de voir où se trouve l’habitat de ces espèces et de préparer leurs plans en conséquence (http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/fpp-ppp/index-fra.htm).

À l’extérieur des aires protégées fédérales, pour ce qui est de l’habitat essentiel désigné sur d’autres terres domaniales et pour des espèces aquatiques, le ministre compétent dispose de 180 jours suivant la publication dans le Registre public des espèces en péril du programme de rétablissement ou du plan d’action définitif désignant l’habitat essentiel pour prendre l’une ou l’autre des mesures suivantes :

  • publier dans le Registre une déclaration indiquant la façon dont une « protection juridique » existante de la LEP ou d’une autre loi fédérale protège l’habitat essentiel ou des parties de celui‑ci;
  • prendre un décret de protection en mettant en vigueur l’interdiction énoncée au paragraphe 58(1) de la LEP.

En 2016, ECCC n’a publié aucune déclaration de protection dans le Registre public des espèces en péril. La ministre de l’Environnement et du Changement climatique a pris un décret en vue de protéger l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall dans les terres et les eaux domaniales de la Nouvelle‑Écosse et d’empêcher sa destruction par les activités humaines.

Les provinces et les territoires jouent aussi un rôle important dans la protection de l’habitat essentiel des espèces terrestres et des oiseaux migrateurs sur les terres provinciales, territoriales et privées. Si, après consultation du ministre provincial ou territorial compétent ou, le cas échéant, le conseil de gestion des ressources fauniques, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique est d’avis qu’il n’y a aucune disposition ni d’autres mesures en vertu de la LEP ou de toute autre loi du Parlement, y compris les accords conclus en vertu de l’article 11, et que les lois de la province ou du territoire ne protègent pas efficacement l’habitat essentiel, la ministre est tenue de recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction énoncée au paragraphe 61(1) de la LEP. Il revient au gouverneur en conseil de prendre la décision définitive de mettre des mesures de protection en place. En 2016, le gouverneur en conseil n’a pris aucun décret en vertu de la LEP.

6.2 Activités de rétablissementNote de bas de page 3

Les biologistes du gouvernement du Canada en poste à l’échelle du pays ont dirigé ou appuyé des dizaines d’activités, notamment des projets de recherche, d’éducation et de sensibilisation, de remise en état ou de mise en valeur de l’habitat, de surveillance, d’évaluation, etc.

Étude de cas
Le parc national du Canada des Prairies fait appel à des bénévoles pour aider à protéger le Tétras des armoises et à remettre en état son habitat essentiel

Bénévoles mettant en terre des plants d’armoise Photo : © Agence Parcs Canada
Bénévoles mettant en terre des plants d’armoise
Photo : © Agence Parcs Canada

En 2016, dans le parc national du Canada des Prairies, bénévoles et partenaires ont consacré plus de 400 heures à baliser des clôtures et à mettre en terre des plants d’armoises pour améliorer et remettre en état l’habitat du Tétras des armoises.

Le Tétras des armoises, une espèce en voie de disparition, a souffert de la perte et de la fragmentation de son habitat d’armoise. Étant donné que c’est dans le parc national du Canada des Prairies que l’on retrouve les deux derniers leks (lieux de rassemblement traditionnel où les mâles tentent d’attirer les femelles en exécutant une parade nuptiale) utilisés par l’espèce en Saskatchewan, le parc constitue un site hautement prioritaire sur le plan de l’amélioration de l’habitat du Tétras des armoises. Même l’amélioration de petites superficies d’habitat peut permettre à l’espèce d’avoir un meilleur accès aux ressources alimentaires (plantes et insectes), aux sites de nidification et aux abris contre les prédateurs, ce qui peut mener à une augmentation importante de sa population.

Le parc national du Canada des Prairies a travaillé en partenariat avec l’Université de l’Alberta à la réalisation d’une recherche sur le rétablissement de l’habitat des steppes à armoise au Canada qui, jusqu’à maintenant, a suscité peu d’intérêts de la part des chercheurs. L’armoise argentée, la principale espèce de plante de cet habitat, forme une part importante de l’alimentation du Tétras des armoises, en plus d’être nécessaire à l’établissement des nids et à l’élevage des oisillons. Dans le cadre de cette importante recherche, une équipe de bénévoles enthousiastes ont planté 3 000 petits plants d’armoise pour aider à remettre en état l’habitat essentiel de l’espèce. En outre, des éleveurs locaux ont recours à des pratiques de pâturage modifiées pour leur bétail afin de contribuer également à la remise en état et à l’amélioration de l’habitat essentiel du Tétras des armoises. Toutes ces mesures profiteront à de nombreuses autres espèces des prairies, comme la Chevêche des terriers, le Moqueur des armoises, le Pluvier montagnard et le Pipit de Sprague.

Employés du parc national du Canada des Prairies balisant des clôtures pour le Tétras des armoises Photo : © Agence Parcs Canada
Employés du parc national du Canada des Prairies balisant des clôtures pour le Tétras des armoises. Photo : © Agence Parcs Canada

Les clôtures représentent un autre obstacle pour le Tétras des armoises et d’autres espèces sauvages, en raison du risque de blessures ou de décès lorsque des animaux entrent en collision avec celles-ci ou s’emmêlent dans leurs fils. En 2012, le parc national du Canada des Prairies a testé le balisage des clôtures afin de réduire le risque de collision pour les espèces sauvages. En plaçant des parements de vinyle d’une longueur de trois pouces le long des deux fils barbelés supérieurs, cela rend les clôtures beaucoup plus visibles pour les espèces sauvages. De plus, le fait d’alterner entre des parements gris et des parements blancs fait en sorte que les clôtures demeurent visibles pendant toutes les saisons. À la fin de 2015, au total 33,2 km de clôtures avaient été balisés et 28,2 km de clôtures avaient été retirés. En 2016, des bénévoles et des employés ont balisé 11,5 km supplémentaires, principalement à proximité de l’habitat essentiel du Tétras des armoises.

6.2.1 Activités de rétablissement des ministères compétents

En 2016, ECCC a continué de diriger et d’appuyer de nombreuses activités visant le rétablissement d’espèces en péril, notamment des projets de recherche, d’éducation et de sensibilisation, de remise en état et de mise en valeur de l’habitat, de surveillance et d’évaluation.

Étude de cas
Comité technique national sur le caribou boréal

Le Comité technique national sur le caribou boréal (CTNCB), composé de représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, a été mis sur pied en 2013 pour faciliter la collaboration entre les administrations en ce qui concerne la conservation et le rétablissement du caribou boréal ainsi que la mise en œuvre du Programme national de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, au Canada (ci-après appelé « programme national de rétablissement »). Le CTNCB offre aux experts des différentes administrations une tribune leur permettant de discuter d’enjeux et de partager des cas exemplaires de réussite en matière de gestion du caribou boréal partout au pays. Le Comité donne aussi l’occasion aux représentants provinciaux et territoriaux de discuter de leurs stratégies relatives aux plans par aires de répartition du caribou boréal, lesquelles décriront les plans des administrations relatifs aux activités de gestion dans l’espace et dans le temps pour protéger l’habitat essentiel contre la destruction.

Selon le plan national de rétablissement, les plans par aires de répartition devront être élaborés d’ici octobre 2017. ECCC a préparé des directives pour aider les provinces et les territoires dans la préparation de ces plans. Le CTNCB a pour objectif de partager des connaissances, d’élaborer des stratégies ainsi que de relever et de résoudre des problèmes techniques importants entre les administrations en vue d’aider à la stabilisation et au rétablissement des populations de caribous boréaux partout au Canada, ainsi que de faciliter la mise en œuvre du programme national de rétablissement. Dans l’exécution de son travail, le CTNCB fait souvent appel aux compétences d’experts scientifiques régionaux et nationaux pour garantir que les meilleures connaissances scientifiques disponibles sont appliquées. Jusqu’à maintenant, le CTNCB a concentré ses efforts sur les trois principaux domaines techniques suivants : 1) la remise en état de l’habitat du caribou boréal à la suite de perturbations humaines; 2) les stratégies de gestion pour éviter la disparition de populations vulnérables de caribous boréaux et 3) les méthodes de suivi des populations de caribous boréaux.

En dernier lieu, le CTNCB agit à titre de groupe d’examen des nouveaux travaux scientifiques dirigés par ECCC visant à mieux saisir le lien entre les perturbations et la réponse de la population de caribous boréaux, afin de déterminer les meilleures pratiques de gestion. Par exemple, les résultats des nouveaux travaux scientifiques pourraient aider une administration à prioriser ses mesures de gestion ou de remise en état en fonction des différents types de perturbation. Une description des nouveaux travaux scientifiques sur le caribou boréal est accessible dans le Registre public des espèces en péril.

En 2016, l’APC a continué de mettre en œuvre des activités de rétablissement dans les aires patrimoniales protégées et autour de celles-ci, y compris des activités de recherche, des activités de rétablissement et des activités de sensibilisation et d’éducation du public. Plusieurs projets de l’APC sont menés en partenariat avec des organisations non gouvernementales, des établissements d’enseignement, des citoyens et des collectivités autochtones. Ces travaux incluent un certain nombre de grandes initiatives visant à remettre en état et à protéger des habitats importants et à mettre en œuvre des mesures de rétablissement clés pour des espèces en péril. Les fonds du Programme de conservation et de restauration ont également été utilisés pour élever des saumons atlantiques sauvages (population de l’intérieur de la baie de Fundy) jusqu’à leur maturation et les relâcher dans les rivières du parc national du Canada Fundy, ainsi que pour enrichir l’alimentation de l’espèce en péril qu’est la Chevêche des terriers dans le parc national du Canada des Prairies, ce qui a donné lieu au plus grand nombre de jeunes produits au cours des 18 dernières années.

Étude de cas
Brûlage dirigé et plantation d’« arbres plus » : deux techniques utilisées dans le parc national du Canada des Lacs-Waterton pour rétablir le pin à écorce blanche

Brûlage dirigé dans le parc national du Canada des Lacs Waterton. Photo: Ryan Peruniak © Agence Parcs Canada
Brûlage dirigé dans le parc national du Canada des Lacs Waterton
Photo: Ryan Peruniak © Agence Parcs Canada

Depuis 2009, l’équipe de gestion du feu des Lacs-Waterton a recours au brûlage dirigé pour remettre en état de façon proactive l’habitat du pin à écorce blanche. Étant donné que le pin à écorce blanche prospère dans les habitats ouverts et ensoleillés, les feux de forêt peuvent être avantageux pour cette espèce, car ils créent des espaces ouverts là où la végétation est normalement dense. Dans le passé, ces feux étaient limités à de petites zones d’une superficie de 1 à 4 hectares. Cependant, en 2016, un brûlage dirigé d’une superficie de 15 hectares au mont Sofa est devenu le premier feu important allumé expressément pour remettre en état l’habitat du pin à écorce blanche.

Le pin à écorce blanche pousse lentement et peut atteindre 80 ans avant de commencer à produire des cônes en abondance. Même s’il peut résister à des conditions extrêmes, ce pin est aussi extrêmement vulnérable à la rouille vésiculeuse du pin plan, introduite en Amérique du Nord au début du XXe siècle, laquelle peut avoir un effet létal sur l’espèce en bloquant le mouvement de l’eau et des nutriments dans le tronc et les branches des arbres. La rouille vésiculeuse peut aussi entraîner la formation de gros chancres sur le pin, ce qui le rend plus vulnérable aux maladies et aux infestations du dendroctone du pin ponderosa. Au parc national du Canada des Lacs-Waterton, de 80 à 90 % des peuplements sont infectés et la taille de la population de pins à écorce blanche a diminué de manière importante. Cette tendance à la baisse a été observée à l’échelle de son aire de répartition, et c’est pourquoi le pin à écorce blanche a été inscrit à titre d’espèce en voie de disparition aux termes de la LEP.

Plantation de pin à écorce blanche Photo: © Agence Parcs Canada
Plantation de pin à écorce blanche
Photo: © Agence Parcs Canada

Après un feu de forêt, ce pin est souvent l’une des premières espèces d’arbres à s’installer dans le brûlis. Au cours des 100 dernières années cependant, les humains ont supprimé les feux de forêt, ce qui a permis au sapin subalpin et à l’épinette d’Engelmann d’empiéter sur le pin à écorce blanche au fur et à mesure du vieillissement de la forêt. Les feux de forêt, qui ajoutent des nutriments dans le sol et transforment la végétation dense en une forêt clairsemée, créent ainsi un habitat qui attire le Cassenoix d’Amérique.

Ce petit oiseau offre un service essentiel au pin à écorce blanche, car il recueille ses graines et les cache en prévision de l’hiver, lorsque les sources d’alimentation se font rares. Toutefois, le cassenoix ne récupère que la moitié environ des graines qu’il enterre et donc, celles qui restent peuvent devenir des arbres. À la lumière de cette compréhension de l’écologie, une solution est devenue apparente : redonner au feu le rôle qui lui revient dans le paysage par le biais du brûlage dirigé pourrait permettre de rétablir l’habitat du pin à écorce blanche tout en subvenant aux besoins du Cassenoix d’Amérique.

Pour se préparer au brûlage dirigé, le personnel a effectué un relevé approfondi afin de localiser les arbres sains, le cas échéant, lesquels ont ensuite été protégés du feu. On a vérifié les conditions météorologiques locales toutes les heures pour déterminer le moment idéal pour commencer le brûlage dirigé. Le foyer principal a été allumé au moyen d’une hélitorche suspendue à un hélicoptère qui a servi à répandre du combustible gélifié en flammes sur les arbres plus bas. Les mesures existantes, de même que les précipitations, ont permis de s’assurer que le feu ne se propage pas au-delà de la zone voulue. Le brûlage dirigé a été couronné de succès.

En plus de remettre en état l’habitat de l’espèce, les écologistes du parc national des Lacs-Waterton s’affairent à identifier et à recueillir les graines d’« arbres plus », soit des arbres qui ont présenté une résistance aux champignons. Ces travaux scientifiques sont le fruit d’un effort de collaboration. Le parc national Glacier, aux États-Unis, qui a des limites communes avec le parc national du Canada des Lacs-Waterton, a aussi participé à l’effort en cultivant soigneusement les graines des « arbres plus » en laboratoire et en les partageant. À peine quelques semaines après le brûlage dirigé du mont Sofa, le personnel du parc avait mis en terre 950 de ces plants dans l’habitat nouvellement restauré. Les autres partenaires incluent six autres parcs nationaux de montagne, de même que les gouvernements provinciaux de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

Cassenoix d’Amérique sur un pin à écorce blanche Photo : Ryan Peruniak © Agence Parcs Canada
Cassenoix d’Amérique sur un pin à écorce blanche
Photo : Ryan Peruniak © Agence Parcs Canada

En 2016, le MPO a continué de mettre en œuvre des activités de rétablissement, notamment les suivantes : recherche, pose d’affiches de réglementation à des endroits stratégiques, établissement de partenariats avec des employés provinciaux responsables de la conservation de la faune afin d’échanger des connaissances et d’établir des relations à l’appui de la protection de l’espèce, possibilités de remise en état de l’environnement et visites de sites ciblées.

Pendant sa neuvième année, le Programme d’intervention auprès des mammifères marins du MPO et des organisations partenaires externes ont joué un rôle de premier plan en matière d’intervention d’urgence auprès des mammifères marins. Ils ont mené 155 interventions auprès d’espèces en péril à l’échelle nationale. Ces interventions comprenaient le désenchevêtrement de baleines prises dans des engins de pêche, la surveillance des navires qui s’approchent de près des animaux, le renflouement d’animaux vivants piégés, la réunion d’animaux piégés avec leurs troupeaux, la réalisation d’autopsies sur des animaux morts afin de déterminer la cause du décès et la réalisation d’enquêtes sur des incidents de harcèlement. Les renseignements obtenus grâce à ces interventions aident le MPO à surveiller et à évaluer l’ampleur des menaces posées par ces formes de nuisances, et à trouver des moyens de réduire le nombre d’enchevêtrements et de collisions avec des navires. Les activités de sensibilisation aideront à renseigner le public en ce qui concerne les façons d’aider à protéger les mammifères marins et d’éviter de leur nuire.

Étude de cas
Évaluation du risque des effets cumulatifs du feu et des perturbations humaines sur l’habitat de la population boréale du caribou des bois

Caribou des bois de la population boréale Photo : Anne Gunn © Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest
Caribou des bois de la population boréale
Photo : Anne Gunn © Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest

En 2015-2016, avec le soutien du volet des espèces en péril du PIH, la Division de la gestion des forêts du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) a entrepris un projet visant à étudier les effets combinés du feu et des activités d’exploitation forestière sur le caribou des bois, population boréale (menacée), qui est une espèce inscrite à la LEP.

Le caribou des bois, population boréale (Rangifer tarandus caribou), est largement réparti dans l’ensemble de la forêt boréale au Canada. L’espèce a besoin d’étendues vastes et continues d’habitat non perturbé riche en peuplements forestiers mûrs à anciens, en lichens, en muskegs et en tourbières. L’altération de cet habitat par des activités humaines et des sources naturelles a entraîné une hausse de la prédation par les loups, les coyotes et les ours, ainsi qu’une baisse de la taille et de la répartition des populations partout au Canada. Dans le sud des T.N.-O., les feux de végétation sont la principale source naturelle de perturbation et sont responsables de 75 % de l’altération totale de l’habitat du caribou des bois dans cette région. Par le passé, l’exploration pétrolière et gazière était la plus importante source de perturbations d’origine humaine pour l’espèce. Cependant, depuis quelque temps, c’est l’augmentation des activités forestières qui a eu le plus d’incidences sur l’habitat de l’espèce, ce qui a imposé la nécessité de surveiller et de gérer ces activités de façon plus durable.

Au moyen de deux modèles de changements climatiques existants (2015-2050 et 2051-2080), le gouvernement des T.N.-O. a établi des projections relatives au paysage pour étudier les effets combinés des feux de végétation et des activités forestières sur l’habitat essentiel du caribou des bois dans le sud des T.N.-O. Ces projections ont été établies en deux étapes. La première étape consistait à examiner, de façon individuelle, les conséquences liées aux futures récoltes de bois et perturbations par le feu en tant que principaux facteurs de perturbation de l’habitat du caribou. La deuxième étape portait sur l’examen des effets cumulatifs de ces deux facteurs sur les aires de répartition de l’espèce dans le sud des T.N.-O. Les résultats mettent en évidence le degré élevé d’incertitude en ce qui concerne les effets des feux de forêt, en plus de souligner l’importance de gérer les activités de récolte du bois dans l’habitat du caribou des bois déjà perturbé par les feux de forêt.

Le projet a permis de recueillir des renseignements précieux qui orienteront les politiques du gouvernment des T.N.-O. sur la récolte du bois et la gestion des feux de végétation, et qui aideront à limiter les répercussions sur l’habitat essentiel de l’espèce dans des conditions climatiques diverses. En outre, les résultats de l’étude aideront les gestionnaires forestiers à intégrer les besoins du caribou des bois dans les plans relatifs à la récolte du bois existants et futurs. Le PIH et le gouvernement des T.N.-O ont respectivement investi 68 450 $ et 71 000 $ dans ce projet.

6.2.2 Programme d’intendance de l’habitat

Le Programme d’intendance de l’habitat (PIH) du gouvernement du Canada pour les espèces en péril a été créé en 2000 dans le cadre de la Stratégie nationale pour la protection des espèces en péril du gouvernement fédéral. Les objectifs généraux du PIH consistent à contribuer au rétablissement des espèces en voie de disparition, menacées et d’autres espèces en péril, et d’empêcher que d’autres espèces deviennent préoccupantes sur le plan de la conservation, en faisant participer les Canadiens et les Canadiennes de toutes les sphères de la société à des mesures de conservation profitables pour les espèces sauvages.

Les données les plus exhaustives disponibles sur le PIH sont celles de l’exercice 2015-2016.

Le financement dans le cadre du PIH est divisé en deux volets distincts : le volet des espèces en péril et le volet de la prévention.

  1. Le volet des espèces en péril du PIH se concentre sur les projets de rétablissement des espèces en péril inscrites à l’annexe 1 de la LEP. Les résultats sont axés sur ce qui suit :
    • préserver ou protéger les habitats d’importance pour le rétablissement des espèces en péril;
    • améliorer (par la restauration ou la mise en valeur) ou gérer les habitats d’importance de manière à satisfaire aux besoins en matière de rétablissement d’espèces en péril;
    • éliminer ou atténuer les menaces que les activités humaines font peser sur les espèces en péril et/ou sur leur habitat; ou
    • encourager les Canadiens (propriétaires fonciers, utilisateurs des ressources, bénévoles) à participer directement aux activités appuyant le rétablissement d’espèces en péril afin que les avantages liés aux projets soient durables.

    Entre sa création en 2000 et la fin de mars 2016, le volet des espèces en péril du PIH a versé plus de 163,7 millions de dollars à plus de 2 500 projets bénéficiant à plus de 420 espèces en péril, et mis à profit plus de 397,1 millions de dollars recueillis auprès des partenaires de projet. Le programme soutient aussi la protection juridique de plus de 191 000 hectares (ha) de terres, de même que l’amélioration ou la remise en état de plus de 402 000 hectares de terres et de 3 200 km de littoral.

  2. Le volet de la prévention du PIH se concentre sur les projets visant des espèces autres que celles inscrites à l’annexe 1 de la LEP, afin d’éviter que celles-ci deviennent une préoccupation en matière de conservation.

    Depuis sa création en 2014 et la fin du mois de mars 2016, le volet de la prévention du PIH a investi plus de 5,6 millions de dollars dans plus de 160 projets. Pendant l’exercice 2015-2016, ce volet a aussi investi plus de 3,1 millions de dollars pour soutenir 75 nouveaux projets de conservation locaux et trois projets pluriannuels déjà approuvés visant à empêcher que des espèces, autres que les espèces en péril, ne deviennent préoccupantes sur le plan de la conservation. Les partenaires de projet ont aussi investi plus de 6,5 millions de dollars dans ces projets.

    Au cours de l’exercice 2015-2016, 96 nouveaux projets et 73 projets pluriannuels déjà approuvés mettant en jeu 150 bénéficiaires de fonds ont contribué au rétablissement de plus de 270 espèces inscrites à la LEP partout au Canada. Un total de 12,1 millions de dollars en financement du PIH a été accordé à ces projets, et des investissements additionnels de 16,1 millions de dollars (en espèces et en nature) ont été obtenus des partenaires, pour un investissement total de 28,2 millions de dollars. Ces contributions ont permis de soutenir des activités d’intendance dans tout le pays et de contribuer au maintien et à la protection d’un peu plus de 87 000 hectares de terres, dont 3 600 hectares par des mécanismes juridiquement contraignants, comme l’acquisition de terres ou les servitudes de conservation. Par ailleurs, des mesures de protection non contraignantes sur le plan juridique ont été mises en place par l’intermédiaire d’accords de conservation écrits conclus avec des propriétaires fonciers, ce qui représente 23 000 hectares, soit plus de 10 000 hectares visés par des accords de conservation renouvelés et plus de 12 000 hectares visés par de nouveaux accords de conservation. Le programme a aussi permis d’améliorer ou de remettre en état plus de 12 000 hectares de terres et 230 km de littoral.

Le PIH, cogéré par ECCC, le MPO et l’APC, est administré par ECCC à l’échelle régionale. Les conseils régionaux de mise en œuvre regroupent des représentants des gouvernements fédéral, proviciaux et territoriaux ainsi que divers autres intervenants. Ces conseils donnent leurs avis sur les priorités et sur la sélection des projets pour leur région respective.

Étude de cas
Programme des Grands Lacs du zoo de Toronto – le PIH au travail

Présentation dans une école © Environnement et Changement climatique Canada
Présentation dans une école
© Environnement et Changement climatique Canada

Dans le sud-ouest de l’Ontario, les activités urbaines, industrielles, forestières et agricoles peuvent avoir des conséquences graves sur la santé de l’écosystème aquatique de la région. La présence de l’habitat essentiel de diverses espèces en péril fait en sorte qu’il est important de sensibiliser les habitants de la région aux stress que subit l’habitat naturel et à la nécessité d’assurer l’intendance environnementale.

Depuis des années, le zoo de Toronto propose aux enfants et aux éducateurs un programme bilingue de sensibilisation aux risques qui pèsent sur les espèces aquatiques en péril. En 2015-2016, avec l’appui du PIH (volet des espèces en péril), le zoo a mené un programme d’un an visant à mettre à jour et à approfondir son populaire programme des Grands Lacs, dont l’objectif est d’encourager les citoyens à devenir des intendants communautaires pour les espèces aquatiques en péril.

  • Mise à jour et étoffement du programme scolaire
    Le contenu du programme a été mis à jour et les présentations ont été étoffées de manière à ce qu’elles s’adressent aux élèves des 4e et 6e années, en plus de ceux des 1re, 2e, 7e, 8e et 11e années. On a embauché un biologiste chargé d’offrir le programme dans cinq bassins hydrographiques prioritaires du sud-ouest de l’Ontario. En 2015-2016, le programme des Grands Lacs a été offert à 19 000 participants de 128 écoles différentes.
Affiche pour le cahier d'activités A freshwater mussell, disponible en anglais seulement.
  • Création de modules de formation interactifs destinés aux enseignants
    Deux modules de formation interactifs accessibles sur le Web ont été créés afin d’offrir des ressources supplémentaires aux éducateurs. Les modules ont été partagés avec des partenaires au Canada et aux États-Unis.
  • Création d’un cahier d’activités pour enfants au sujet des espèces en péril dans les Grands Lacs
    Le zoo a également élargi son programme de sensibilisation du public au sujet des Grands Lacs par l’élaboration de matériel de vulgarisation sur huit espèces aquatiques en péril, y compris la ligumie pointue (Ligumia nasuta), qui est inscrite comme espèce en voie de disparition en vertu de la LEP. Une partie du financement a servi à créer une décalcomanie éducative sur les moules qui sera utilisée dans le cadre du programme de formation destiné aux élèves de 11e année.

6.2.3 Fonds autochtone pour les espèces en péril

Le Fonds autochtone pour les espèces en péril (FAEP), établi en 2004, permet aux organisations et aux collectivités autochtones du Canada de participer aux efforts de conservation et de rétablissement d’espèces en péril. Le programme contribue également à la protection et au rétablissement de l’habitat essentiel ou des habitats d’importance des espèces en péril dans les réserves des Premières Nations, ou près de celles-ci, ou encore sur les terres et dans les eaux utilisées traditionnellement par les peuples autochtones.

Les données disponibles les plus exhaustives sur le FAEP sont celles de l’exercice 2015-2016.

Le financement dans le cadre du FAEP compte deux volets distincts :

  1. Le volet des espèces en péril du FAEP est axé sur des projets de rétablissement des espèces en péril inscrites à l’annexe 1 de la LEP. Il vise à obtenir des résultats dans les quatre principaux domaines suivants :
    • renforcer la capacité des collectivités autochtones de mettre en œuvre la LEP;
    • atténuer les menaces qui pèsent sur les espèces en péril, que ce soit des individus ou des populations;
    • protéger, améliorer ou gérer l’habitat essentiel et les habitats d’importance des espèces en péril; et
    • documenter et conserver les connaissances traditionnelles autochtones et les connaissances écologiques traditionnelles sur les espèces en péril et, au besoin, assurer leur utilisation dans l’élaboration des objectifs de rétablissement.

    Entre sa création en 2004 et la fin de mars 2016, le volet des espèces en péril du FAEP a versé plus de 33,1 millions de dollars à 850 projets, tirant parti de plus de 23,5 millions de dollars en fonds de contrepartie de la part des partenaires des projets. Les projets financés ont profité à plus de 300 espèces inscrites à la LEP et ont favorisé l’amélioration ou la remise en état de plus de 13 500 ha de terres et de 190 km de littoral.

    Au cours de l’exercice 2015-2016, le volet des espèces en péril du FAEP a fourni 3,7 millions de dollars à 61 nouveaux projets et à 20 projets pluriannuels déjà approuvés. Ces projets ont entraîné des investissements additionnels de plus de 3,7 millions de dollars (en espèces et en nature), qui ont été versés à 71 organismes et collectivités autochtones distincts. Les projets financés ont profité à environ 300 espèces inscrites à la LEP, principalement grâce à une sensibilisation accrue des Autochtones à l’égard des espèces en péril et à l’élaboration de stratégies, de lignes directrices et de pratiques ou à la réalisation d’études de suivi, de relevés et d’inventaires.

  2. Le volet de la prévention du FAEP est axé sur des projets visant d’autres espèces que celles qui sont inscrites à l’annexe 1 de la LEP afin de les empêcher de devenir préoccupantes sur le plan de la conservation. Il vise les mêmes résultats que le volet des espèces en péril, mais en mettant l’accent sur les espèces qui ne sont pas inscrites à l’annexe 1 de la LEP.

    Entre sa création en 2014 et la fin du mois de mars 2016, le volet de la prévention du FAEP a versé plus de 1,5 million de dollars pour soutenir 45 projets locaux de conservation et a établi des partenariats avec plus de 20 organismes et collectivités autochtones différents. De leur côté, les partenaires de projet ont fourni une contribution de plus de 1 million de dollars à ces projets. Au cours de l’exercice 2015-2016, le volet de prévention du FAEP a investi plus de 890 000 $ dans 22 nouveaux projets et dans un projet pluriannuel de conservation déjà approuvé pour empêcher que des espèces autres que des espèces en péril ne deviennent préoccupantes sur le plan de la conservation. Les fonds destinés à ces projets ont été versés à 23 collectivités et organismes autochtones différents.

    Le FAEP est cogéré par ECCC, le MPO et l’APC, avec l’aide d’Affaires autochtones et du Nord Canada et d’organismes autochtones nationaux. Il est administré par ECCC et le MPO à l’échelle régionale. Les équipes de gestion régionales sont composées de représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, de représentants autochtones et de divers intervenants. Ces équipes donnent leur avis sur les priorités et la sélection des projets pour leur région respective.

Étude de cas
Éducation, sensibilisation et collecte de connaissances traditionnelles sur le territoire du Traité numéro 4, en Saskatchewan

Sortie educative Photo : Scott Fulton © Conservation de la nature Canada
Sortie educative
Photo : Scott Fulton © Conservation de la nature Canada

Un projet de deux ans, financé en partie par le FAEP (volet des espèces en péril) et par Conservation de la nature Canada (CNC) a pris fin en 2015-2016. Le projet a permis d'offrir un programme d'éducation sur les espèces en péril aux enfants du territoire du Traité numéro 4, plus précisément dans le bassin hydrographique de la rivière Qu'appelle. Dans ce bassin hydrographique, les pentes et les hautes terres représentent des corridors vitaux pour différentes espèces inscrites à la LEP, comme le Pluvier siffleur (en voie de disparition), la Chevêche des terriers (en voie de disparition), le Pipit de Sprague (menacée) et le Tétras des armoises (en voie de disparition). Cependant, ces espèces sont constamment menacées par la perte et la dégradation de leur habitat par les activités humaines.

Conservation de la nature Canada a élaboré le programme Learning the Land (Apprendre la terre) en partenariat avec la Treaty 4 Education Alliance (Alliance pour l’éducation du Traité numéro 4), un groupe qui appuie la promotion d'initiatives en matière d'éducation dans le territoire du Traité numéro 4. Ce programme, qui comprend une trousse de ressources sur les espèces indigènes des prairies en péril et le manuel de l'enseignant associé, a été préparé pour aider les élèves à acquérir des connaissances sur les écosystèmes indigènes des prairies. Conservation de la nature Canada a aussi collaboré avec des aînés afin d’intégrer les connaissances traditionnelles au matériel didactique, dans le but de faire participer les élèves et les membres de la collectivité aux activités d'intendance visant les espèces en péril qui sont menées sur le terrain.

Par l’entremise du programme Learning the Land, 260 jeunes et 92 adultes ont participé à diverses activités éducatives sur le terrain, notamment des randonnées avec les aînés pour apprendre à identifier et mieux connaître les plantes médicinales, à identifier les différentes espèces, à effectuer des relevés de l'habitat et à utiliser des systèmes de positionnement mondial (GPS). Les connaissances ainsi acquises permettront aux membres de la collectivité de participer efficacement à la planification de la conservation et à d'autres activités d'intendance pouvant améliorer l'habitat essentiel des espèces. Pour soutenir ce projet, le FAEP a fourni un financement de 106 660 $, tandis que CNC et ses partenaires ont apporté une contribution supplémentaire de 152 770 $.

Étude de cas
Atelier sur les connaissances traditionnelles relatives au morse de l'Atlantique et sur la gestion de cette espèce

La population de morses de l'Atlantique du Nunavut est confrontée à de nombreuses menaces, dont l'élimination par la chasse, les perturbations causées par le transport maritime et la diminution de l'habitat de glace saisonnier due aux changements climatiques. Au Nunavut, le morse est cogéré en vertu de l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Un des principaux enjeux liés à la gestion des menaces qui pèsent sur le morse est le manque de renseignements intégrés sur les sujets suivants le concernant : taille et structure des effectifs, cycle de vie, sites occupés, déplacements et mortalité due à la chasse.

Pendant l'exercice 2015-2016, le FAEP a octroyé 59 620 $ au Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) pour soutenir des ateliers sur les connaissances traditionnelles relatives au morse de l'Atlantique et sur la gestion de cette espèce qui ont eu lieu à Rankin Inlet, à Cape Dorset et à Kimmirut. Les participants comprenaient des représentants de NTI, du MPO, du Conseil de gestion des ressources fauniques de Kivalliq, du Conseil de gestion des ressources fauniques de Qikiqtaaluk et du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, ainsi que des représentants des collectivités du Nunavut et d'organisations de chasseurs et de trappeurs. L'objectif principal des ateliers était de réunir des détenteurs de connaissances traditionnelles (CT) sur le morse et des organisations de cogestion afin qu'ils puissent partager de l'information et améliorer la gestion du morse, trouver des façons d'établir des liens entre la science et les CT, et, à partir des CT, élaborer des cartes portant sur les caractéristiques principales du morse (p. ex., aires d'alimentation, d'accouplement et de mise à bas, et couloirs de migration).

Les ateliers incluaient ce qui suit :

  • La présentation des points saillants du Plan de gestion intégrée des pêches pour le morse et de son élaboration. Le plan intègre des connaissances scientifiques et traditionnelles, et on s'attend à ce qu'il évolue et qu'il soit amélioré au fil du temps.
  • Le visionnement d'une vidéo de formation sur la chasse au morse, créée au moyen d'un financement versé par le FAEP en 2014-2015, donnant un aperçu des meilleures pratiques de gestion en matière de récolte de morse à des fins de subsistance et de la façon de communiquer son expérience aux jeunes chasseurs.
  • Une table ronde sur les quatre principaux enjeux suivants : chasse au morse, pratiques de gestion, préoccupations des collectivités à l'égard du morse et connaissances écologiques.
  • Une présentation par le secteur des Sciences du MPO sur l'intégration des connaissances traditionnelles et scientifiques relatives au morse et une discussion sur l’intégration future des connaissances scientifiques, de l’Inuit Qaujimajatuqangitet (IQ) des connaissances traditionnelles (CT).
  • Des exercices de cartographie dans le cadre desquelles des cartes détaillées et de la grandeur d'une table (produites en collaboration avec les responsables des SIG du MPO) ont été utilisées pour recueillir des connaissances traditionnelles sur le morse auprès des membres de la collectivité, notamment sur les échoueries (actuelles et passées), les aires d'alimentation, les aires de reproduction, les aires de mise à bas, les couloirs de migration, les territoires de chasse et les polynies (zones d'eau entourées de glace de mer).

Les participants recevront un document de synthèse complet sur l'atelier et des cartes (papier et SIG) en anglais et en Inuktitut. Grâce à ce projet, la transmission positive d'information soutiendra le régime de gestion durable et la conservation de l'espèce dans la région du Nunavut.

Atelier à Cape Dorset Photo : © Pêches et Océans Canada
Atelier à Cape Dorset
Photo : © Pêches et Océans Canada

6.2.4 Fonds interministériel pour le rétablissement

Établi en 2002, le Fonds interministériel pour le rétablissement (FIR), administré par ECCC, appuie les projets visant les espèces en péril entrepris par les ministères et organismes fédéraux, et par les sociétés d’État (autres qu’ECCC, le MPO et l’APC). Les projets financés sont exécutés principalement sur le territoire domanial ou sur des terres relevant de la compétence d’organisations fédérales, et concernent directement la mise en œuvre d’activités visées par des programmes de rétablissement ou des plans d’action, ou la réalisation de relevés d’espèces en péril. .

Entre sa création en 2002 et la fin de mars 2016, le FIR a versé plus de 21,8 millions de dollars à plus 700 projets qui appuyaient les activités de rétablissement de plus de 310 espèces inscrites à la LEP. Depuis sa création, 72 % des fonds des programmes ont soutenu des mesures de rétablissement, tandis que 25 % ont servi à la réalisation de relevés, 1 %, à des activités de planification et 2 %, à des activités de conformité. Pendant l’exercice 2015-2016, le FIR a appuyé 28 projets menés par sept ministères fédéraux et trois sociétés d’État. Collectivement, 830 000 $ en financement des programmes et 1,3 million de dollars (en espèces et en nature) de la part des responsables de projets et d’autres partenaires ont appuyé les activités de rétablissement de 49 espèces visées par la LEP. En 2015-2016, 81 % des fonds des programmes ont soutenu des mesures de rétablissement, tandis que 14 % ont servi à la réalisation de relevés et 5 %, à des activités de planification.

6.2.5 Sensibilisation et éducation

La promotion de la conformité, la sensibilisation et l’éducation sont des activités essentielles, car elles fournissent à l’ensemble de la population canadienne l’information dont elle a besoin pour jouer un rôle important dans la conservation des espèces sauvages et de leur habitat. En 2016, ECCC a préparé et communiqué de l’information sous diverses formes pour sensibiliser les personnes, les collectivités et le grand public quant au rôle qu’ils peuvent jouer dans la protection des espèces en péril et de leur habitat. On a également incité fortement les autres ministères du gouvernement à offrir aux employés qui travaillent directement avec la Loi une formation de base sur la LEP.

ECCC poursuit ses activités visant à informer la population canadienne au sujet des espèces en péril, grâce à son partenariat de longue date avec la Fédération canadienne de la faune dans l’exécution du programme d’éducation sur les espèces sauvages « Faune et flore du pays » (www.hww.ca/fr/), et en redigent et publiant des profils d’espèces dans le Registre public des espèces en péril. En 2016, le programme « Faune et flore du pays » a publié six vidéos dans six langues autochtones qui portaient sur des espèces sauvages particulièrement importantes dans la culture autochtone, étant donné qu’elles sont présentes dans de nombreuses légendes inuites, métisses et des Premières Nations.

L’APC continue de faire la promotion de la protection des espèces en péril et, à cette fin, a élaboré un nouveau processus de planification intégrée de la conformité et de l’application de la loi. Le processus sera axé sur une communication proactive avec les visiteurs pour mettre en évidence le lien entre leurs actions et les effets qu’elles peuvent avoir sur la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leur habitat.

Les activités de mobilisation du public liées aux espèces en péril ont lieu dans les parcs nationaux, les lieux historiques nationaux et les aires marines nationales de conservation de l’ensemble du pays. Ces activités comprennent des programmes d’interprétation de la nature, des visites sur le terrain, des événements spéciaux et des activités volontaires comprenant la participation à des projets de remise en état et de surveillance (c.-à-d. science citoyenne).

De plus, l’APC met en œuvre plusieurs programmes de sensibilisation destinés aux jeunes, aux familles et aux nouveaux Canadiens dans les régions urbaines afin d’accroître le niveau de sensibilisation et de favoriser l’appui de ces groupes à la protection et au rétablissement des espèces en péril. En 2016, ces activités ont compris des programmes de sensibilisation présentés lors d’événements spéciaux et de festivals ainsi que dans plusieurs lieux de diffusion de partenaires (p. ex. zoos et aquariums) de grandes villes comme Toronto, Montréal, Vancouver, Winnipeg et Calgary. De plus, de l’information au sujet des espèces en péril a été publiée sur le site Web de l’APC, dans les médias sociaux, dans les médias traditionnels et par les organisations qui s’adressent au public, et par l’intermédiaire de divers programmes, articles et sites Web.

Le MPO poursuit son travail avec ses partenaires pour offrir des activités de formation et de sensibilisation, comme des visites dans les écoles, la participation à des foires commerciales, des ateliers, ainsi que des réunions avec l’industrie et les collectivités afin de discuter des menaces qui pèsent sur les espèces aquatiques en péril et des façons de protéger ces espèces.

Le Groupe de protection des baleines du MPO a aidé à organiser la sixième « Journée de la baleine » au cap Spear, le point le plus à l’est du Canada, non loin de St. John’s, Terre-Neuve. Dans le cadre de la présentation éducative « os, balanes et fanons », le groupe a présenté un squelette complet de petit rorqual ainsi qu’une toile représentant une baleine à bosse grandeur nature. Une réplique grandeur nature en fibre de verre d’une tortue luth échouée a aussi été présentée.

Cette année, les activités de sensibilisation du public à Terre-Neuve-et-Labrador incluaient une exposition de répliques en tissu de queues de rorqual bleu, d’un béluga et de quatre loups de mer (2 à tête large, 1 tacheté et 1 atlantique). Les répliques servent à fournir des renseignements sur les espèces, sur le rôle du ministère quant à leur protection et sur la façon dont la population peut favoriser la conservation de l’espèce.

Étude de cas
Sensibilisation à l’égard des bélugas

Patrouilleur s’adressant à un plaisancier Photo : © Pêches et Océans Canada
Patrouilleur s’adressant à un plaisancier
Photo : © Pêches et Océans Canada

Pour la deuxième année consécutive, le MPO et l’APC ont encouragé les plaisanciers à adopter de bonnes pratiques de navigation pour protéger les bélugas du Saint-Laurent. Sous le thème « Prenez-en soin, gardez vos distances », on a invité les plaisanciers à s’éloigner des bélugas afin d’éviter de déranger cette espèce en péril.

Pendant la haute saison touristique, le MPO et l’APC ont sensibilisé les plaisanciers à l’occasion de patrouilles sur la rive sud du Saint-Laurent et dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

De plus, le MPO et le Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM), un réseau d’écosurveillance des mammifères marins, ont rencontré des plaisanciers à Rivière-du-Loup, Rimouski, Kamouraska et Saint-Jean-Port-Joli. Ils ont discuté avec des plaisanciers locaux de la rive sud de l’estuaire lors d’événements spéciaux, comme la Fête des chants marins. Les quelque 150 amateurs de voile et de bateau à moteur qui ont participé à ces événements ont reçu des porte-clés flottants et on a distribué aux kayakistes des pochettes imperméables qui arboraient le nom de la campagne, de même qu’une liste de pratiques exemplaires. Ces articles leur rappelleront ce qu’ils doivent faire pour éviter de perturber les bélugas lorsqu’ils se pratiquent leurs activités sur l’eau.

Pour souligner le 35e anniversaire de la Région du Golfe du MPO, le Centre des pêches du Golfe à Moncton a organisé une journée portes ouvertes pour présenter les travaux accomplis dans la région. Le Programme sur les espèces en péril a tenu un kiosque pour sensibiliser le public au sujet des espèces en péril. La journée portes ouvertes a accueilli des membres de la population, des pêcheurs et des associations de pêche, des groupes environnementaux, des partenaires provinciaux, des universités et d’autres ministères fédéraux.

À l’occasion de la Journée mondiale des océans, la Région du Centre et de l’Arctique du MPO a organisé le « Better Bag Challenge » afin de lancer une invitation à passer à l’action et de renseigner le public sur la façon dont nous pouvons protéger les océans et les garder en santé. Huit épiceries de la région de Twilingate ont remis des sacs réutilisables à leurs clients pendant une journée dans l’espoir de les sensibiliser aux torts que le plastique peut infliger aux tortues et aux autres espèces marines. L’image d’une tortue luth et le slogan « Be the solution to Ocean Pollution » étaient imprimés sur le sac. Au total, 4 000 sacs réutilisables ont été distribués, et l’événement a suscité une attention positive des médias.

6.2.6 Espèces en péril tendances des populations

Déterminer les tendances des populations d’espèces rares peut présenter quelques difficultés. Il est difficile de repérer et d’identifier la plupart de ces individus. Par exemple, le moyen le plus fiable de différencier la couleuvre mince, une espèce menacée, de la couleuvre rayée, une espèce plus répandue, consiste à vérifier quelles rangées d’écailles comportent des bandes jaunes (rangées 3 et 4 pour la couleuvre mince et rangées 2 et 3 pour la couleuvre rayée).

Les espèces ont besoin de temps pour se rétablir, et les espèces à longue durée de vie peuvent avoir besoin de plusieurs décennies pour y parvenir. De plus, il est souvent difficile de recueillir des observations sur les espèces rares. Les résultats de l’indicateur ne doivent pas être interprétés comme étant une mesure du succès du rétablissement jusqu’à ce que suffisamment de temps se soit écoulé pour permettre aux espèces de se rétablir et pour recueillir suffisamment d’information pour évaluer le rétablissement.

6.2.6.1 Conformité des tendances des populations d’espèces en péril

Sur les 350 espèces en péril pour lesquelles un programme de rétablissement ou un plan de gestion a été élaboré en date de mai 2016, 123 espèces sont visées par des objectifs axés sur la population et ont été réévaluées depuis que leurs documents de rétablissement ont été finalisés. Sur ces 123 espècesNote de bas de page 4, 43 (35 %) affichent des tendances relatives à leurs populations qui sont conformes aux objectifs définis dans les documents de rétablissement, et 46 (37 %) affichent des tendances non conformes aux objectifs. Onze espèces (9 %) affichent à la fois des signes d’amélioration et de déclin. Pour les 23 espèces restantes (19 %), les données sont insuffisantes pour permettre de déterminer les tendances.

Figure 2. Conformité des tendances des populations d’espèces en péril avec les objectifs, mai 2016

Figure 2 : Conformité des tendances des populations d’espèces en péril avec les objectifs, mai 2016
Description longue de la figure 2

Le graphique à colonnes indique si les tendances des populations sont conformes aux objectifs pour les 123 espèces en péril ayant des objectifs axés sur la population et une réévaluation depuis que les documents pour le rétablissement de ces espèces ont été finalisés. Sur ces 123 espèces, 43 affichent des tendances de populations conformes aux objectifs définis dans les stratégies de rétablissement ou les plans de gestion et 46 affichent des tendances non conformes aux objectifs. Onze espèces affichent à la fois des signes d'amélioration et de déclin. Pour les 23 espèces restantes, les données sont insuffisantes pour permettre de déterminer les tendances.

Source : Pêches et Océans Canada, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada et Secrétariat du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (2016).

Note : Les catégories sont attribuées sur la base de l’information la plus récente disponible et prennent en compte le plus possible la quantité de temps qui a été disponible pour le rétablissement. « Preuves mitigées » signifie qu’il y a des tendances de population à la fois conformes et non conformes.

Les données du graphique peuvent être visualisées sur la page Web des Indicateurs canadiens de la durabilité de l’environnement (ICDE).

Études de cas

Arlequin plongeur (population de l’Est)

Arlequin plongeur. Photo : © Pêches et Océans Canada
Arlequin plongeur
Photo : © Pêches et Océans Canada

L’Arlequin plongeur (population de l’est) figure actuellement sur la liste des espèces préoccupantes. Son aire de répartition s’étend au Nunavut, au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador. Les objectifs de rétablissement énoncés dans le plan de gestion élaboré en 2007 sont de soutenir et d’intensifier les efforts internationaux visant à rétablir et à accroître les populations. Les données relatives à la population actuelle indiquent que la taille de la population augmente, ce qui signifie que les tendances de population sont conformes aux objectifs de rétablissement.

Les activités qui ont été entreprises pour mieux comprendre la population de l’espèce et contribuer à éclairer les mesures de rétablissement potentielles incluent les suivantes :

  • analyse des données de marquage-recapture;
  • évaluations de l’habitat, de la génétique, de l’alimentation et des perturbations;
  • interdiction de la chasse depuis 1990 dans le Canada atlantique et au Québec;
  • coordonnateur de l’intendance travaillant en collaboration avec les peuples autochtones; et
  • éducation et sensibilisation.

La principale cause du déclin de l’Arlequin plongeur demeure inconnue. Il faut effectuer de nouvelles activités de recherche et de surveillance.

Albatros à queue courte

Albatros à queue courtee Photo : Fish and Wildlife Service des États-Unis
Albatros à queue courte
Photo : Fish and Wildlife Service des États-Unis

L’Albatros à queue courte est inscrit comme espèce menacée en vertu de la LEP. Au Canada, on retrouve cet oiseau migrateur seulement en Colombie-Britannique. L’objectif de rétablissement consiste soutenir et à intensifier les efforts internationaux visant à rétablir et à accroître les populations. Les tendances de population actuelles sont conformes à l’objectif de rétablissement, la taille de la population continuant d’augmenter.

Les activités qui ont orienté les mesures de rétablissement de l’espèce incluent les suivantes :

  • relevés en mer réguliers à bord de navires de passage (navires de la Garde côtière) pour surveiller l’abondance, la répartition et la saisonnalité d’oiseaux de mer pélagiques au large de la côte Ouest du Canada;
  • études de télémesure satellitaire permettant de recueillir davantage de données au sujet de ses habitudes de déplacement pendant la période de reproduction et en dehors de cette période, notamment dans les eaux canadiennes; et
  • production d’une base de données et d’une carte relatives aux observations connues de l’Albatros à queue courte dans les eaux canadiennes et les eaux adjacentes.

Bec-croisé des sapins de la sous-espèce percna

Le Bec-croisé des sapins de la sous-espèce percna est un oiseau migrateur actuellement inscrit en tant qu’espèce en voie de disparition. On retrouve principalement l’espèce à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec. Les objectifs de rétablissement consistent à empêcher la disparition de la sous-espèce percna de T.-N.-L, à accroître la taille de la population pour atteindre un niveau d’autosuffisance et à gérer un habitat suffisant pour soutenir une population autosuffisante. À l’heure actuelle, les tendances de population ne sont pas conformes aux objectifs de rétablissement, étant donné que les populations continuent de baisser et que l’on s’attend à une perte additionnelle d’habitat.

Les activités qui ont été menées dans le cadre des efforts de rétablissement de l’espèce incluent les suivantes :

  • cartographie de l’habitat potentiel;
  • collecte de données sur les observations fortuites du Bec-croisé des sapins;
  • création d’une brochure utilisée comme outil d’éducation du public et pour fournir les coordonnées des personnes-ressources avec qui communiquer pour signaler toute observation du Bec-croisé des sapins.

Il existe encore beaucoup d’incertitudes au sujet des menaces qui pèsent sur l’espèce, de la taille de ses populations et de son habitat. Les menaces apparentes les plus importantes sont les espèces envahissantes et non indigènes, l’utilisation des ressources biologiques, les modifications des systèmes naturels, les corridors de transport et de service, l’exploitation de mines et de carrières et l’agriculture. Davantage d’activités de recherche et de surveillance sont requises pour déterminer les mesures de rétablissement à prendre.

Lampsile fasciolée

La lampsile fasciolée a été inscrite comme espèce en voie de disparition en 1999, puis est passée à la liste des espèces préoccupantes en 2010.

Cette moule de taille moyenne a une durée de vie de 10 à 20 ans. Toutes les populations canadiennes de lampsile fasciolée se retrouvent dans le cours supérieur de la rivière Grand et dans quelques sections des rivières Thames, Sydenham et Ausable, en Ontario. Les populations montrent des signes d'amélioration : les populations estimées ont augmenté, la zone d'occupation a été multipliée par deux ou trois, et l'abondance relative est passée de 2-4 % à 20-50 % dans certains bassins versants.

Le MPO a réalisé un programme de surveillance des moules dans la rivière Sydenham qui visait dix espèces, dont la lampsile fasciolée. Grâce aux données générées par ce programme de surveillance, une analyse des tendances sur une décennie a été effectuée en ce qui concerne les données démographiques et la répartition. L'analyse servira à faire le suivi de la réponse de la communauté de moules en péril aux efforts de rétablissement dans l'ensemble du bassin versant. Il s'agit de la priorité en matière de surveillance établie dans le plan d'action pour la rivière Sydenham (un plan plurispécifique et axé sur l'écosystème qui traite des besoins de plusieurs espèces de moules d'eau douce et de deux espèces de poisson).

Les organismes de protection de la nature continuent de jouer un rôle crucial dans la mise en œuvre de programmes d'intendance et d'éducation du public qui ont mené à une meilleure connaissance des espèces en péril et à l'amélioration des habitats et de la qualité de l'eau dans toute l'aire de répartition de la lampsile fasciolée en Ontario.

6.2.6.2 Changements du niveau de risque de disparition des espèces sauvages

Déterminer quelles espèces sauvages sont en péril constitue la première étape de la protection de ces espèces. En date de mai 2016, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué 916 espèces sauvages et leur a attribué une catégorie de risque. Le COSEPAC réévalue aussi les espèces sauvages qui avaient été désignées comme étant en péril, habituellement après dix ans, pour déterminer si leur situation a changé. Des 447 espèces sauvages qui ont été évaluées plus d’une fois, 65 % sont demeurées dans la même situation, 16 % ont été reclassées dans une catégorie de risque moins élevé et 19 % ont été reclassées dans une catégorie de risque plus élevé.

Les changements varient en fonction des catégories de risque d’extinction :

  • Sur les 30 espèces des catégories « disparue du pays » et « disparue » (de la planète), une espèce, la population du saumon de l’Atlantique du lac Ontario, est passée de la catégorie « disparue du pays » à la catégorie de risque plus élevée « disparue » en 2010.
  • Sur les 173 espèces de la catégorie « en voie de disparition », 45 ont été élevées à cette catégorie de risque et la situation d’une espèce, le bar rayé du Saint-Laurent, s’est améliorée, passant de la catégorie « disparue du pays » à la catégorie « en voie de disparition » après un effort de réintroduction.
  • Sur les 97 espèces de la catégorie « menacée », 33 ont été élevées à ce niveau de risque et 16 ont été abaissées à cette catégorie de risque moins élevé.
  • En 2016, sur les 111 espèces de la catégorie « préoccupante », 7 ont été élevées à ce niveau de risque et 30 ont été abaissées à ce niveau.
  • Vingt-cinq (25) espèces ont été reclassées à la baisse et ne sont plus en péril.

Figure 3. COSEPAC : Changement du niveau de risque de disparition des espèces sauvages du Canada, 2016

Figure 3. COSEPAC : Changement du niveau de risque de disparition des espèces sauvages du Canada, 2016
Description longue de la figure 3

La colonne empilée de gauche montre la proportion (et le nombre) d'espèces sauvages dans chaque catégorie de risque: Risque plus élevé (86 espèces), Aucun changement (289 espèces), Risque moins élevé (72 espèces). Les colonnes empilées sur la droite montre le nombre d'espèces sauvages de chaque catégorie de risque par statut: Disparue du pays et Disparue (30 espèces), En voie de disparition (173 espèces), Menacée (97 espèces), Préoccupante (111 espèces) et Non en péril (36 espèces).

Note : Dans cette analyse, « espèce sauvage » signifie une espèce sauvage, une sous-espèce ou une population distincte sur le plan génétique ou géographique. La disparition d’espèces sauvages peut signifier la disparition à l’échelle mondiale ou la disparition du Canada (c.-à-d., une espèce sauvage qu’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). Les résultats du COSEPAC ont été analysés selon la méthode décrite dans le document Sources de données et méthodes.

De plus amples renseignements sur le diagramme à secteurs présenté ci-dessus sont disponible en ligne.

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