Évaluation de la catégorie de l’expérience canadienne - Rendement - Efficacité

4 Rendement - Efficacité

Cette section porte sur la sensibilisation à la CEC, les tendances relatives aux demandes et aux admissions au titre de la CEC, les répercussions de la CEC sur l’offre de travailleurs qualifiés ainsi que l’intégration économique et sociale des résidents permanents de la CEC au Canada afin de déterminer la mesure dans laquelle chacun des résultats attendus a été atteint. Se reporter au modèle logique du programme à l’appendice B.

4.1 Sensibilisation à la CEC

Constatation : Les intervenants sont suffisamment sensibilisés à la CEC. Au cours des années, CIC ainsi que des intervenants dans les domaines de l’emploi, l’éducation et l’immigration ont entrepris des activités afin de promouvoir les exigences de la CEC et d’encourager la participation au programme.

Le degré de sensibilisation à la CEC a été examiné comme première étape vers la participation au programme. Dans l’ensemble, les représentants de CIC et les partenaires interviewés étaient d’avis que les intervenants connaissaient assez bien la CEC, bien qu’il a été suggéré que les employeurs, les organismes employeurs ou les établissements d’enseignement plus petits étaient peut-être moins sensibilisés à la CEC. Presque tous les établissements d’enseignement sondés ont indiqué qu’ils étaient au courant de l’existence de la CEC avant de répondre au sondage, et la majorité des employeurs sondés ont déclaré qu’ils connaissaient suffisamment le programme pour recruter un travailleur étranger, et dans bien des cas, c’est ce qu’ils avaient fait. Le site Web de CIC a été le moyen cité le plus souvent par lequel les intervenants des différents groupes ont entendu parler de la CEC, c’est-à-dire 39,5 % des établissements d’enseignement qui ont déclaré connaître la CEC, près d’un tiers des employeurs, et 58,3 % des DP de la CEC.

Alors que la sensibilisation au programme dépend en partie de la manière dont l’information sur le programme est communiquée, l’ampleur des efforts de promotion de la CEC a aussi été examinée dans le cadre de l’évaluation. La promotion de la CEC a été réalisée par CIC ainsi que par les partenaires et les intervenants. CIC a entre autres publié quelques documents d’information ainsi que des communiqués de presse sur son site Web, et a déployé des efforts de sensibilisation en participant à des événements, organisés principalement par des universités. En 2013, CIC a fait paraître des publicités sur la CEC dans le bulletin de certains campus et a envoyé des lettres de promotion du programme aux directeurs d’université et aux centres pour les étudiants étrangers. Quant aux partenaires et aux intervenants, les activités de promotion comprenaient des efforts dans le cadre de la campagne de promotion internationale de l’éducation au Canada, dirigée par le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD)Note de bas de page 31, ainsi que des efforts menés par des représentants de gouvernements provinciaux et des intervenants des milieux de l’éducation, de l’emploi et de l’immigration (décrites plus amplement dans le rapport d’évaluation détaillé).

Invités à parler des efforts actuels de promotion de la CEC, les représentants de CIC interviewés ne savaient généralement pas si des initiatives étaient en cours ou elles n’étaient pas certaines de la nécessité de consacrer des efforts additionnels. Toutefois, des représentants de gouvernements provinciaux et des intervenants extérieurs ont fait observer que CIC pourrait multiplier les activités de sensibilisation et de promotion de la CEC. En 2012, la Stratégie du Canada en matière d’éducation internationale du MAECD contenait une recommandation visant l’expansion et la promotion de la CEC afin d’attirer et de conserver des étudiants étrangers qualifiésNote de bas de page 32.

4.2 Tendances relatives aux demandes et aux admissions au titre de la CEC

4.2.1 Tendances relatives aux demandes

Constatation : Le volume des demandes présentées au titre de la CEC a été initialement plus faible que prévu, mais il a augmenté au fil du temps, ce qui constitue une croissance normale pour un nouveau programme, jusqu’à ce que le nombre de demandes ait été plafonné en 2013. Bien que dans les premiers temps du programme, plus de demandes aient été présentées au titre du volet des étudiants, le nombre de demandes au titre du volet des travailleurs a augmenté au fil du temps pour représenter près de la moitié de la totalité des demandes en 2012.

L’intérêt manifesté à l’égard du programme a été examiné en fonction du nombre de demandes reçues au titre de la CEC. Comme le montre la figure 4.1, le nombre de demandes reçues au titre de la CEC a augmenté au fil du temps, jusqu’à ce qu’un nombre maximum de nouvelles demandes ait été établi le 9 novembre 2013 par le truchement d’instructions ministérielles, soit un plafond annuel de 12 000 demandes qui pouvaient être examinées aux fins de traitementNote de bas de page 33 Note de bas de page 34.

Figure 4.1 : Nombre de demandes au titre de la CEC reçues selon l’année et le volet
Décrit ci-dessous
Figure 4.1 : Nombre de demandes au titre de la CEC reçues selon l’année et le volet
Année Volet des travailleurs Volet des étudiants Programme fusionnéNote de bas de page * Plafond des demandes Total
2008 174 573 - - 747
2009 1 906 2 723 - - 4 629
2010 2 093 2 814 - - 4 907
2011 3 101 3 440 - - 6 541
2012 4 194 4 003 8 197
2013 - - 15 284 - 15 284
2014 - - 13 285 12 000 11 765
Total 11 468 13 553 27 049 - 52 070

Source : SMGC et and SSOBL

Au début du programme, la plupart des demandes ont été présentées au titre du volet des étudiants (représentant 76,7 % des demandes en 2008), mais la proportion des demandes au titre du volet des travailleurs a graduellement augmenté pour représenter près de la moitié des demandes en 2012. En 2013 et en 2014, les demandes reçues ont été présentées en vertu des nouvelles exigences du programme, c’est-à-dire sans distinction entre les étudiants et les travailleurs qualifiés puisque les deux volets ont été éliminés. Toutefois, une analyse plus poussée a révélé que 47,3 % des demandeurs qui ont présenté une demande en 2013 après les changements apportés au programme, avaient possédé un permis d’étude antérieur, ce qui porte à croire que les diplômés étrangers continuent de participer au programme conformément aux nouvelles exigences qui s’y rattachent.

Pour expliquer les tendances relatives au volume des demandes présentées, il a été noté lors des entrevues qu’une augmentation graduelle de participation était attendue puisqu’il s’agissait d’un nouveau programme. Il a été suggéré chez les représentants de CIC interviewés que le bouche-à-oreille peut avoir contribué à augmenter l’intérêt à l’égard du programme tout comme le fait que les représentants en immigration connaissaient mieux le programme. Toutefois, il a été mentionné au cours des entrevues avec les représentants de CIC et des intervenants du secteur de l’immigration que les changements apportés à d’autres programmes d’immigration économique, comme les changements relatifs au PTQF qui ont eu pour effet de restreindre le nombre de demandes acceptées, peuvent avoir amené des demandeurs à se tourner vers la CEC. En outre, il a été suggéré chez les intervenants interviewés du secteur de l’immigration qu’il a peut-être fallu un certain temps aux représentants pour se familiariser avec le programme, et aux clients potentiels, pour devenir admissibles à présenter une demande.

4.2.2 Tendances relatives aux admissions

Constatation : Les admissions annuelles au titre de la CEC ont généralement augmenté au fil du temps, plus de 50 000 personnes ayant été admises dans le cadre du programme de 2009 à 2014.

Un nombre cible des admissions au titre de la CEC est fixé chaque année par le truchement du Rapport annuel au Parlement sur l’immigration du Ministère. Le tableau 4.1 montre le nombre d’immigrants admis au titre de la CEC par année, et établit une comparaison entre le nombre des admissions et la fourchette cible indiquée dans le Rapport annuel au Parlement sur l’immigration de CIC. Comme c’est le cas pour les demandes, le nombre de personnes admises comme résidents permanents a augmenté au fil du temps, passant de 2 545 admissions en 2009 à 23 767 en 2014.

Tableau 4.1 : Nombre d’immigrants (demandeurs principaux, conjoints et personnes à charge) admis au titre de la CEC (de 2009 à 2014)
Nombre cible d’admissions
Année Seuil inférieur Seuil supérieur
2009 5 000 7 000
2010Note de bas de page * 2 670 2 856
2011 6 000 7 000
2012 6 000 7 000
2013 9 600 10 000
2014 14 000 15 000
Nombre d’admissions par année
Année Volet des travailleurs Volet des étudiants Programme fusionné Total des admissions
2009 1 080 1 465 0 2 545
2010Note de bas de page * 2 161 1 756 0 3 917
2011 3 219 2 807 0 6 026
2012 5 556 3 803 0 9 359
2013 4 343 2 537 336 7 216
2014 2 227 913 20 627 23 767
Total 26 748 13 392 12 690 52 830

Source : Données sur les cibles tirées des Rapports annuels au Parlement sur l’immigration; données sur les admissions tirées du SMGC et du SSOBL.

Il y a une faible concordance entre les fourchettes cibles des admissions et le nombre d’immigrants admis. De 2009 à 2013, le nombre des admissions au titre de la CEC s’est situé dans la fourchette cible seulement en 2011. Le nombre des admissions a été bien inférieur au nombre cible des admissions fixé pour deux des cinq années de mise en œuvre de la CEC (2009 et 2013), mais il a dépassé le seuil supérieur de la fourchette au cours de deux autres années (2010 et 2012). Il est mentionné dans le Rapport annuel au Parlement sur l’immigration de 2010 que le nombre de demandes reçues a été trop faible pour atteindre les cibles initialement prévues pour la nouvelle CEC, et que le Ministère prenait des mesures pour promouvoir cette catégorie auprès des demandeurs potentielsNote de bas de page 35.

En 2014, le nombre des admissions a été bien supérieur au seuil supérieur de la fourchette; il représente plus du triple du nombre des admissions en 2013. L’augmentation des admissions correspond à l’augmentation du nombre de demandes présentées en 2013, qui peut être attribuée en partie aux modifications réglementaires apportées au programme en janvier 2013, qui ont eu pour effet de diminuer le nombre de mois d’expérience de travail nécessaire pour être admissible au titre de la CEC. L’augmentation du volume de demandes et des ressources correspondantes est traitée plus en détail à la section 5.1.

4.3 Incidence de la CEC sur l’offre de travailleurs qualifiés

Constatation : La CEC a contribué à l’offre au Canada de travailleurs qualifiés ayant déjà acquis une expérience canadienne de travail.

L’un des objectifs de la CEC est d’augmenter l’offre de travailleurs qualifiés au Canada. De 2009 à 2014, le nombre de DP de la CEC admis s’est élevé au total à 32 676, et 99,4 % d’entre eux étaient des travailleurs qualifiés ayant l’intention de travailler dans une profession appartenant au niveau de compétence 0, A ou B de la Classification nationale des professions (CNP)Note de bas de page 36. Les personnes ayant l’intention d’occuper un poste correspondant au niveau de compétences B de la CNP ont représenté un peu plus de la moitié (51,9 %) des immigrants admis au titre de la CEC, et un pourcentage plus élevé de DP de la CEC ayant cette intention ont été admis dans le cadre du volet des étudiants (56,7 %) que de celui des travailleurs (40,2 %) (tableau 4.2).

Tableau 4.2 : Pourcentage de demandeurs principaux admis (de 2009 à 2014) par profession selon le niveau de CNP et la catégorie d’immigration
Niveau de la NCP CEC volet des travailleurs CEC volet des étudiants CEC programme fusionné Ensemble de la CEC PTQF PCP
0 17,4 % 7,2 % 9,9 % 11,1 % 21,6 % 10,5 %
A 42,0 % 35,0 % 33,8 % 36,5 % 57,0 % 23,0 %
B 40,2 % 56,7 % 55,9 % 51,9 % 20,8 % 37,7 %
C 0,4 % 1,1 % 0,4 % 0,6 % 0,6 % 17,0 %
D - - - - - 11,9 %
C & D 0,4 % 1,1 % 0,4 % 0,6 % 0,6 % -

Nota : Les chiffres ayant été arrondis, le total peut ne pas correspondre à 100 %.

Source : SMGC et SSOBL

Pour les trois programmes de nature économique examinés, la répartition des niveaux de compétence des DP de la CEC se situe entre celle des DP du PTQF et celle des DP du PCP. Comparativement aux DP de la CEC, un plus grand pourcentage de DP du PTQF avaient l’intention de travailler dans une profession qui exige un diplôme universitaire (niveau de compétence A de la CNP – 57,0 %) ou à un poste de gestion (niveau de compétence 0 de la CNP – 21,6 %), tandis qu’un plus grand pourcentage de DP au titre du PCP avaient l’intention de travailler dans une profession qui exige un diplôme d’études secondaires ou une formation propre à une profession ou en cours d’emploi (niveaux de compétence C et D de la CNP – 28,9 %).

L’évaluation a aussi porté sur la mesure dans laquelle la CEC a augmenté le nombre de travailleurs qualifiés possédant une expérience canadienne de travail, en plus des travailleurs qualifiés admis au titre PTQF et du PCP. Cette analyse a révélé que le nombre combiné de travailleurs qualifiés ayant acquis de l’expérience de travail au Canada qui sont admis par le truchement du PTQF et par le truchement du PCP a augmenté au cours des années (de 3 068 en 2004 à 11 972 en 2014), tout comme le nombre des admissions au titre de la CEC depuis 2009 (de 1 575 en 2009 à 13 360 en 2014), ce dénote une augmentation globale du nombre de travailleurs qualifiés ayant acquis de l’expérience de travail au Canada, attribuable en partie à la CEC.

Afin de mieux comprendre comment les DP de la CEC ont obtenu cette expérience de travail au Canada, l’évaluation s’est penchée sur les permis de travail antérieurs détenus par les DP de la CEC admis au Canada et ayant l’intention de travailler dans une profession du type ou niveau de compétence 0, A, ou B de la CNP. Cette analyse a indiqué qu’environ un quart (26,2 %) des demandeurs principaux avaient possédé un permis de travail antérieur appuyé par une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), tandis que 67,0 % avaient possédé un permis de travail antérieur par le truchement du Programme de mobilité internationale.

4.4 Établissement économique

Les résultats économiques des DP de la CEC ont été examinés par rapport au taux d’emploi et à la qualité de cet emploi, plus particulièrement la correspondance entre l’emploi occupé par le demandeur principal et ses études, sa formation ainsi que son expertise et ses revenus d’emploi. Les difficultés d’obtention d’un emploi et la fréquence du recours à l’aide sociale ont aussi été des facteurs pris en compte. Deux méthodes principales ont été utilisées pour évaluer les résultats économiques : la BDIM, qui a fourni des renseignements généraux sur l’emploi des immigrants admis au titre de la CEC ayant produit une déclaration de revenus et le sondage effectué auprès des DP de la CEC, qui a fourni des renseignements plus approfondis sur les antécédents d’emploi d’un échantillon de DP de la CECNote de bas de page 37, Note de bas de page 38.

4.4.1 Taux d’emploi et de recours à l’aide sociale

Constatation : Les demandeurs principaux de la CEC sont établis économiquement au Canada; ils accèdent rapidement au marché du travail et très peu d’entre eux ont recours à l’aide sociale.

Emploi

Une analyse des données de la BDIM a révélé un taux élevé d’emploi chez les DP de la CEC durant leurs trois premières années au Canada en tant que résidents permanentsNote de bas de page 39, puisque 92,7 % d’entre eux occupent déjà un emploi durant l’année de leur admission. De légères différences ont été observées entre les deux volets de la CEC : les DP admis dans le volet des travailleurs ont un taux d’emploi légèrement supérieur (par rapport aux DP du volet des étudiants) durant cette période. Comparativement aux immigrants du PCP et du PTQF, le taux d’emploi des immigrants admis au titre de la CEC a été équivalent au taux d’emploi des immigrants du PCP, mais plus élevé que celui des immigrants du PTQF, la différence se situant aux environs de dix points de pourcentage trois ans après l’admission des immigrants (voir le tableau 4.3).

Tableau 4.3 : Pourcentage des immigrants qui ont déclaré des revenus d’emploi selon le nombre d’années depuis leur admission et la catégorie d’immigration (de 2009 à 2012)
Catégorie d’immigration Année de l’admission 1 an 2 ans 3 ans
Volet des travailleurs 93,7 % 92,3 % 91,1 % 88,9 %
Volet des étudiants 92,0 % 88,4 % 87,0 % 86,3 %
CEC 92,7 % 89,9 % 88,5 % 87,1 %
TQF 61,0 % 74,0 % 75,9 % 77,2 %
CP 83,7 % 88,5 % 87,4 % 86,8 %

Nota : Demandeurs principaux seulement.

Source : BDIM 2012.

Les résultats du sondage correspondaient aux données probantes de la BDIM. Selon ces renseignements, 75,0 % des DP de la CEC sondés occupaient un emploi durant le mois où ils sont devenus résidents permanents, ce qui porte à croire que la plupart des DP de la CEC ont effectué la transition vers la résidence permanente en occupant le même poste qu’au moment où ils étaient résidents temporairesNote de bas de page 40. En outre, 85,0 % des immigrants de la CEC ont déclaré avoir obtenu un emploi avant la fin de leur première année au Canada comme résidents permanents, et ce taux d’emploi a été relativement stable pendant la période de quatre ans à l’étude.

Aide sociale et difficultés à trouver un emploi au Canada

La proportion de bénéficiaires d’aide sociale a aussi été examinée afin de déterminer les problèmes d’établissement économique des DP de la CEC. L’analyse des données de la BDIM a montré que les DP de la CEC avaient peu recours à l’aide sociale, puisque 0,5 % d’entre eux ont déclaré avoir reçu des prestations d’aide sociale au cours de leurs trois premières années au Canada en tant que résidents permanents. En comparaison, une proportion légèrement supérieure de DP admis au titre du PTQF (de 2,5 % à 3,5 %) et du PCP (de 1,0 % à 1,6 %) ont déclaré avoir reçu des prestations d’aide sociale durant leurs trois premières années au Canada comme résidents permanents.

Selon les résultats du sondage, la plupart des DP de la CEC (85,2 %) n’ont pas éprouvé de difficulté à trouver un emploi depuis qu’ils sont résidents permanents. Seulement 14,8 % ont indiqué de la difficulté et plusieurs appartenaient au volet des étudiants (67,3 %). Parmi les difficultés les plus souvent signalées, mentionnons le manque de possibilité d’emploi en général (40,7 %), ne pas avoir une expérience de travail suffisante (27,3 %) et ne pas être capable de trouver un emploi dans son domaine (27,3 %).

4.4.2 Emploi correspondant au niveau des études, de formation et d’expertise

Constatation : La plupart des demandeurs principaux de la CEC sont capables d’obtenir un emploi qui correspond à leurs études, leur formation et leur expertise.

Pour déterminer la correspondance entre les emplois des DP de la CEC et leurs compétences, le niveau d’études atteint par les DP de la CEC a été comparé au niveau d’études exigé par leurs emplois (selon le code de la CNP)Note de bas de page 41. D’après cette analyse, 76 % des DP de la CEC sondés occupaient un emploi correspondant à leur niveau d’études. Des différences ont été observées selon le volet de la CEC, plus de DP admis au titre du volet des travailleurs (environ 86 %) occupaient un emploi correspondant à leur niveau d’études, que de DP admis au titre du volet des étudiants (environ 69 %). Ces taux ont été jugés relativement stables au cours des quatre premières années que les immigrants ont passées au Canada après leur admission (voir le tableau 4.4).

Tableau 4.4 : Pourcentage des demandeurs principaux de la CEC sondés qui occupaient un poste correspondant à leurs études selon le volet et le nombre de mois depuis leur admission
Comparaison entre les niveaux d’études des DP et les exigences du poste. 0 mois 6 mois 12 mois 24 mois 36 mois 48 mois
Ensemble de la CEC 75,5 % 76,0 % 76,1 % 76,9 % 77,6 % 74,3 %
Volet des travailleurs 86,7 % 86,2 % 85,3 % 87,0 % 87,8 % 83,7 %
Volet des étudiants 66,5 % 67,4 % 68,7 % 69,2 % 70,6 % 68,8 %

Source : Sondage auprès des DP de la CEC.

L’autoévaluation des DP de la CEC relativement à leur emploi a également été analysée, brossant un tableau encore plus positif. Selon l’analyse de l’autoévaluation des répondantsNote de bas de page 42, environ 91 % des DP de la CEC sondés étaient d’avis que leur emploi exigeait un niveau d’études, de formation et d’expertise équivalent ou supérieur à celui qu’ils possédaient et environ 94 % ont déclaré que leur emploi était complètement ou en partie relié à leur domaine d’études, de formation et d’expertise. Aucune différence marquée n’a été observée entre les volets de la CEC quant aux mesures autoévaluées (voir le tableau 4.5).

Tableau 4.5 : Pourcentage des demandeurs principaux de la CEC sondés qui occupaient un poste correspondant à leur niveau et domaine d’études ou de formation et d’expertise selon le volet et le nombre de mois depuis leur admission
L’emploi exigeait un niveau d’études, de formation et d’expertise équivalent ou supérieur à celui que possède le DP.
Autoévaluations 0 mois 6 mois 12 mois 24 mois 36 mois 48 mois
Ensemble de la CEC 89,2 % 89,3 % 88,5 % 91,3 % 92,0 % 93,5 %
Volet des travailleurs 90,7 % 91,6 % 90,7 % 92,4 % 91,8 % 95,7 %
Volet des étudiants 87,8 % 86,9 % 86,7 % 90,5 % 92,2 % 92,2 %

Source : Sondage auprès des DP de la CEC.

L’emploi était relié au domaine d’études, de formation et d’expertise du DP.
Autoévaluations 0 mois 6 mois 12 mois 24 mois 36 mois 48 mois
Ensemble de la CEC 94,5 % 94,2 % 93,1 % 94,3 % 93,8 % 93,9 %
Volet des travailleurs 94,3 % 94,7 % 93,8 % 93,8 % 91,2 % 92,5 %
Volet des étudiants 94,8 % 93,8 % 92,5 % 94,7 % 95,5 % 94,8 %

Source : Sondage auprès des DP de la CEC.

Par conséquent, l’ensemble des constatations, plutôt que de révéler une absence nette de correspondance entre la profession exercée et le niveau de compétence, semble indiquer que les DP de la CEC admis au titre du volet des étudiants sont peut-être rendus à une phase différente de leur carrière que les DP admis au titre du volet des travailleurs. Certes, certains immigrants du volet des étudiants ont obtenu un emploi qui est inférieur objectivement à leur niveau d’études, mais cette situation est peut-être voulue, ou du moins acceptée, puisque ces personnes sont probablement depuis peu de temps sur le marché du travail.

De manière semblable, les données administratives de CIC ont montré que les DP admis au titre du volet des étudiants de la CEC tendaient à être plus jeunes que les DP admis au titre du volet des travailleurs. La plupart (96,1 %) des DP du volet des étudiants étaient âgés de 35 ans ou moins au moment de leur admission, comparativement à 57,4 % des DP admis au titre du volet des travailleurs. En outre, les résultats du sondage ont indiqué que les DP de la CEC admis au titre du volet des étudiants tendaient à avoir moins d’expérience de travail que les DP admis au titre du volet des travailleurs avant de devenir résidents permanents. En moyenne, les DP de la CEC admis au titre du volet des étudiants possédaient une expérience de travail de 3,5 années à l’étranger et de 2,3 années au Canada, comparativement à une expérience de travail de 10,7 années à l’étranger et de 4,2 années au Canada pour les DP admis au titre du volet des travailleurs. Dans ce contexte, il peut être adéquat que certains DP de la CEC admis au titre du volet des étudiants aient obtenu des emplois inférieurs à leur niveau d’études, compte tenu de leur âge et de leur entrée sur le marché du travail. Par conséquent, en ce qui concerne ces demandeurs principaux, le niveau d’études devient plus une mesure de leur niveau éventuel de compétence puisque ceux-ci progresseront dans leur domaineNote de bas de page 43.

4.4.3 Revenus

Constatation : Au cours des trois premières années suivant leur admission au Canada, les revenus d’emploi des demandeurs principaux de la CEC sont plus élevés en moyenne que les revenus des demandeurs du PTQF et du PCP. Bien que les revenus moyens soient plus élevés pour les DP admis au titre du volet des travailleurs de la CEC en comparaison avec ceux du volet des étudiants de la CEC, ces différences sont attribuables aux caractéristiques individuelles (p. ex. niveau de compétence, études, expérience de travail) des immigrants au sein de ces volets.

Les revenus d’emploi ont été examinés afin de mieux déterminer la mesure dans laquelle les DP de la CEC sont établis économiquement au Canada. En moyenne, les DP de la CEC ont déclaré des revenus d’emplois de plus de 60 000 $ au cours de chacune des trois premières années suivant leur admission comme résidents permanents. Parmi ces DP, les revenus de ceux qui avaient été admis au titre du volet des travailleurs étaient deux fois supérieurs à ceux qui avaient été admis au titre du volet des étudiantsNote de bas de page 44. En outre, les DP de la CEC gagnaient, en moyenne, plus que les immigrants des autres catégories à caractère économique, admis au titre du PCP et du PTQF, bien que l’écart entre les revenus ait diminué au fil du temps (voir le tableau 4.6).

Tableau 4.6 : Revenus d’emploi moyens des immigrants qui ont déclaré leurs revenus selon l’année depuis leur admission et leur catégorie d’immigration (de 2009 à 2012)
Catégorie Année de l’admission 1 an 2 ans 3 ans
Volet des travailleurs 92 000 $ 99 000 $ 111 000 $ 95 000 $
Volet des étudiants 39 000 $ 42 000 $ 45 000 $ 47 000 $
CEC 62 000 $ 65 000 $ 70 000 $ 62 000 $
TQF 29 000 $ 39 000 $ 46 000 $ 51 000 $
CP 41 000 $ 46 000 $ 50 000 $ 54 000 $

Nota : Demandeurs principaux seulement.

Source : BDIM 2012.

Des analyses de régression subséquentes des données de sondage ont permis d’obtenir des précisions sur l’écart entre les revenus des DP admis au titre du volet des étudiants et du volet des travailleurs. Selon les résultats des analyses, les écarts sont en grande partie attribuables aux différences entre les facteurs suivants : (1) niveau de compétence (CNP 0, A, B) de l’emploi obtenu; (2) ampleur de l’expérience de travail accumulée à l’étranger et au Canada; (3) niveau d’études; et (4) âgeNote de bas de page 45. Une fois ces facteurs pris en compte dans l’analyse, l’écart de revenus entre les immigrants de ces deux volets de la CEC n’était plus significatif.

Les résultats des analyses de régression ont montré que des revenus plus élevés étaient associés de manière significative à ce qui suit :

  • professions des niveaux de compétence 0 et A de la CNP (en comparaison avec les professions des niveaux de compétence C et D de la CNP)Note de bas de page 46;
  • avoir plus d’expérience de travail à l’étranger avant de devenir résident permanent;
  • avoir plus d’expérience canadienne de travail avant de devenir résident permanent;
  • avoir un diplôme d’études universitaires;
  • être un peu plus âgé (entre 36 et 45 ans)Note de bas de page 47.

Alors que la plupart de ces facteurs ont eu une incidence importante tout au long de la période de deux ans visée par l’analyse, l’incidence de l’expérience de travail a seulement été importante durant la première année qui a suivi l’admission comme résident permanent au Canada. Bien qu’une expérience de travail à l’étranger et au Canada ait été associée positivement aux revenus durant la première année en tant que résident permanent, les résultats de l’analyse de régression ont indiqué que les années d’expérience canadienne de travail accumulées sont plus rentables en comparaison à l’expérience de travail à l’étranger.

4.5 Intégration sociale

Constatation : En général, les demandeurs principaux de la CEC s’intègrent socialement et sont satisfaits de leur vie au Canada.

L’évaluation a porté entre autres sur l’intégration sociale des DP de la CEC afin de mieux comprendre comment l’expérience canadienne accumulée pendant le séjour comme résidents temporaires, que ce soit comme travailleurs étrangers ou étudiants étrangers, a contribué à l’intégration de ces DP à la société canadienne.

4.5.1 Adaptation à la vie au Canada

La plupart des DP de la CEC sondés ont indiqué que leur expérience antérieure au Canada comme résidents temporaires avait contribué à l’établissement d’un réseau social au Canada par le truchement de leur travail (80,2 %) et d’un réseau à l’extérieur de leur travail (77,7 %), à leur adaptation à la vie au Canada (85,8 %) et à leur sentiment d’appartenance au pays (85,6 %). En outre, un peu moins de la moitié (48 %) des DP de la CEC sondés ont signalé qu’ils n’avaient éprouvé aucune difficulté depuis qu’ils étaient devenus résidents permanents. Cette proportion était la même pour les DP des deux volets de la CEC. Quant aux difficultés indiquées, l’absence de soutien social ou familial a été la difficulté citée la plus souvent (31,1 %), suivie par la recherche d’un emploi « adéquat » (23,8 %)Note de bas de page 48.

Les résultats du sondage auprès des DP de la CEC ont concordé avec les résultats des autres sondages réalisés auprès des établissements d’enseignement et des employeurs et des résultats des entrevues. Bon nombre des représentants des établissements d’enseignement sondés étaient d’avis qu’il peut être plus facile pour les étudiants étrangers (comparativement aux autres travailleurs qualifiés qui n’avaient pas étudié au Canada) de s’établir économiquement et socialement au Canada, et la plupart des employeurs sondés ont déclaré que les employés ayant immigré au titre de la CEC s’adaptaient bien à leur environnement de travail. Il a également été signalé en entrevue que les résidents permanents de la CEC auraient déjà relevé le défi de l’intégration lorsqu’ils étaient résidents temporaires et que leur expérience antérieure comme résidents temporaires aurait été avantageuse.

Dans l’ensemble, invités à se prononcer sur leur vie au Canada, la plupart des DP de la CEC sondés (79,2 %) ont indiqué qu’ils étaient satisfaits de la façon dont leur vie se déroulait au Canada, et la vaste majorité (97,9 %) a signalé que s’ils avaient à prendre de nouveau la décision, ils deviendraient résidents permanents du Canada.

4.5.2 Utilisation des services d’établissement de CIC

Une analyse des données des systèmes iSMRP et iEDEC de CIC a permis d’établir que la plupart des DP de la CEC (92,2 %) n’avaient pas utilisé des services d’établissement de CIC après être devenus résidents permanents, ce qui renforce encore la notion selon laquelle une expérience antérieure au Canada peut contribuer à faciliter l’intégration, une fois l’immigrant admis comme résident permanent. En outre, comparativement aux immigrants des autres catégories à caractère économique, les DP de la CEC ont utilisé des services d’établissement le moins fréquemment. Seulement 7,8 % des DP de la CEC s’étaient prévalus des services d’établissement, comparativement à 31,0 % des DP du PCP et 44,7 % des DP du PTQF.

Quant aux types de services d’établissement les plus souvent utilisés par les DP de la CEC, le cas échéant, ce sont les services d’aiguillage et d’évaluation des besoins (77,6 %) et les services d’information et d’orientation (76,9 %). Une plus petite proportion des DP de la CEC a utilisé des services relatifs à la langue (évaluation et/ou formation) (22,9 %) ou à l’emploi (court terme et/ou long terme) (20,5 %). Par opposition, 47,3 % des DP du PTQF et 57,5 % des DP du PCP ont utilisé des services relatifs à la langue, tandis que 52,9 % des DP du PTQF et 25,7 % des DP du PCP ont utilisé des services relatifs à l’emploi.

Par conséquent, un petit nombre de DP de la CEC utilisaient des services d’établissement, mais lorsque c’était le cas, les DP n’avaient pas tendance à se prévaloir énormément de services relatifs à la langue ou à l’emploi. Ces constatations donnent à penser que les critères d’admissibilité de la CEC (expérience canadienne de travail et connaissance d’une langue officielle) réussissent à cibler des personnes qui s’établissent facilement au Canada et qui n’ont pas besoin de beaucoup d’aide pour s’établir.

4.6 Mobilité interprovinciale, intention de rester et citoyenneté canadienne

Constatation : Presque tous les demandeurs principaux de la CEC restent dans la province de destination envisagée et il y a une indication que la plupart d’entre eux aient l’intention de rester au Canada et d’obtenir la citoyenneté.

La CEC vise non seulement à attirer, mais à conserver au Canada les travailleurs qualifiés. Bien que le programme CEC soit trop récent pour mesurer les départs du Canada, la rétention des immigrants a été étudiée par une évaluation de la mobilité interprovinciale des DP de la CEC au Canada à l’aide des données de la BDIM, et une analyse des données de sondage sur les intentions des DP de la CEC de continuer à résider au Canada et d’obtenir la citoyenneté canadienne.

4.6.1 Mobilité interprovinciale

Aux fins d’analyse de la mobilité interprovinciale, une comparaison a été établie entre la province de destination envisagée des DP de la CEC à l’admission (où ils avaient l’intention de s’établir) et leur province de résidence (où ils ont résidé) en 2012. Selon les résultats obtenus, 95 % des DP de la CEC résidaient en 2012 dans la province de destination qu’ils avaient envisagée, peu importe le volet d’immigration de la CEC. Toutefois, les taux de rétention variaient selon la province. Alors que le taux de rétention s’élevait à environ 95 % pour les DP de la CEC en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, le taux était plus faible dans les provinces de l’Atlantique (75,6 %), ainsi qu’au Manitoba et en Saskatchewan (76,7 %).

Bien que la plupart des DP résidaient en 2012 dans la province de destination qu’ils avaient envisagée, les taux de rétention pour les DP du PTQF et du PCP (87,6 % et 88,8 % respectivement) ont été plus faibles que ceux des DP admis au titre de la CEC.

4.6.2 Intention de rester au Canada et d’obtenir la citoyenneté

Pour mieux déterminer si les DP de la CEC sont susceptibles de rester au Canada, les DP de la CEC ont été invités à indiquer dans le sondage s’ils projetaient de rester au Canada. Selon les réponses obtenues, 88,5 % des DP de la CEC avaient l’intention de rester au Canada et ne pensaient pas quitter le pays, tandis que 3,0 % avaient l’intention de rester au Canada pendant un certain temps puis de retourner dans leur pays d’origine, environ 1 % avaient l’intention de se rendre dans un autre pays et 7,5 % n’avaient fait aucun projet. Aucune différence importante n’a été observée entre les deux volets de la CEC quant aux intentions de rester au Canada.

L’obtention de la citoyenneté a aussi été abordée dans le sondage des DP de la CEC pour savoir si les DP projetaient de rester au Canada. Selon les résultats du sondage, 87 % des DP de la CEC sondés avaient obtenu ou demandé ou avaient l’intention de demander la citoyenneté canadienne. La raison citée le plus fréquemment par les DP qui n’avaient pas l’intention de demander la citoyenneté canadienne est que le pays de leur citoyenneté actuelle ne permet pas la double citoyenneté. Aucune différence marquée n’a été observée entre les deux volets de la CEC quant aux intentions d’obtenir la citoyenneté canadienne.

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