Évaluation du programme «Language Instruction for Newcomers to Canada» (LINC)

6. Résumé des conclusions

6.1. Pertinence et conception du programme

  • Le programme LINC correspond étroitement aux priorités de CIC.
    • Le troisième résultat stratégique cité dans le Rapport sur les plans et les priorités 2009 2010 de CIC établit que l’intégration réussie des nouveaux arrivants dans la société et la promotion de citoyenneté canadienne constituent des priorités pour le Ministère.
    • Le programme LINC constitue un élément important des programmes d’intégration de CIC, représentant la plus grande partie des fonds pour l’établissement.
  • Un programme de formation linguistique pour les immigrants au Canada est nécessaire.
    • En 2008, la langue maternelle de la majorité (86 %) des résidents permanents du Canada n’était ni l’anglais ni le français. En outre, 21 % des résidents permanents du Canada jugent qu’ils ne sont pas en mesure de converser dans l’une ou l’autre des langues officielles.
    • La langue constitue l’obstacle le plus grave auquel se heurtent les nouveaux arrivants lorsqu’ils veulent accroître leur scolarité ou leur niveau de formation, et l’un des obstacles les plus grands lorsqu’il s’agit pour eux de trouver un emploi.
  • Le rôle du gouvernement fédéral dans la prestation de formation linguistique aux nouveaux arrivants au Canada est approprié.
    • Tous les informateurs clés sauf un ont convenu que le gouvernement fédéral devait participer à la formation sur les langues officielles pour les nouveaux arrivants.
    • La raison la plus citée était le fait que le gouvernement fédéral facilite l’entrée de nouveaux arrivants au pays et qu’il doit jouer un rôle dans leur préparation à habiter et à travailler au pays. La perspective nationale que le gouvernement fédéral apporte aux programmes de langue seconde a été également mentionnée.
  • Tous les informateurs clés considéraient que les objectifs du programme LINC sont clairs.
  • La formation offerte dans le cadre de la LINC est de haute qualité et satisfait les besoins des étudiants.
    • Les enseignants détiennent presque tous une certification ALS et les deux tiers, une formation sur les CLB. De plus, environ 90 % possèdent des compétences officielles en ALS.
      La plupart des enseignants de la LINC (97 %) ont suivi au moins un cours de perfectionnement professionnel.
    • L’enseignant type possède 6,6 ans d’expérience en enseignement de la LINC et 9,0 ans dans le domaine de l’ALS.
    • Le matériel pédagogique est pertinent; les formateurs utilisent une grande variété d’outils didactiques afin d’assurer l’atteinte des objectifs des étudiants.
    • Il y a des lignes directrices de qualité pour l’établissement des programmes d’études à tous les niveaux de la LINC.
    • Le taux d’abandon des étudiants s’établissait au moins à 22 %, mais peu d’entre eux ont quitté le programme LINC en raison de leur insatisfaction.
  • Les évaluations linguistiques sont efficaces et permettent le classement des participants au niveau approprié.
    • Quatre vingt quatorze pour cent des étudiants de la LINC ont affirmé avoir été classés au niveau approprié, et 85 % étaient à l’aise avec le rythme de la classe.
    • Seuls 17 % des administrateurs du programme LINC ont affirmé qu’il existe de meilleurs outils d’évaluation que ceux qui sont offerts aux évaluateurs de la LINC, mais beaucoup d’entre eux ne connaissent pas un meilleur outil en particulier.
    • Les résultats de l’enquête auprès des enseignants montrent qu’ils ne transfèrent que 5 % des étudiants de la LINC à un niveau différent au cours des deux premières semaines de classe, ce qui indique que, du point de vue des enseignants, la plupart des évaluations sont précises.
  • Une grande majorité de FS offrent de nombreux services de soutien, mais la possibilité d’avoir accès à des services de garde d’enfants a été indiquée comme le principal obstacle à surmonter pour suivre la LINC.
    • Quelque 80 % des FS offrent des services de garde d’enfants et d’aide au transport aux étudiants de la LINC, mais pas partout.
  • La plupart des participants potentiels ont accès à la LINC en temps utile.
    • Les listes d’attente ne représentaient pas un problème dans la plupart des régions du pays : l’Île du Prince Édouard a une liste d’attente pour les cours et Calgary, pour les évaluations et les cours.
    • L’attente moyenne entre l’évaluation et l’acheminement s’établissait à 35 jours pour les clients du programme LINC de l’Ontario évalués en 2009.
  • Plus de 90 % des classes de LINC acceptent des inscriptions continues, ce qui entraîne des difficultés pour les enseignants, mais comporte un avantage : les cours sont plus facilement accessibles aux étudiants.

6.2. Gestion et prestation du programme

  • Les lignes directrices du programme et les divers modes de prestation de la LINC permettent aux FS de créer un programme souple qui répond aux besoins des apprenants.
    • Les deux principaux modes de prestation sont la formation en classe (environ 95 % des étudiants) et à domicile par Internet et par correspondance (environ 4 %). Le reste (1 %) est composé du tutorat individualisé, de l’enseignement itinérant et de projets pilotes, notamment les programmes de la LINC pour le milieu de travail et les modèles mixtes d’études en classe et à domicile.
    • Les cours sont offerts le matin (55 %), l’après midi (26 %) et le soir (19 %). Peu de cours sont offerts la fin de semaine; seulement 3 % des classes soumises à l’enquête avaient lieu la fin de semaine.
  • Les FS disposent des outils ou de l’information appropriés pour soutenir et améliorer la prestation de services.
    • Environ 71 % des administrateurs de FS sont d’accord avec cette affirmation. Ceux qui trouvaient les outils inappropriés ont été interrogés sur leurs besoins. L’amélioration de la technologie a été mentionnée le plus souvent.
  • Il existe des différences entre les régions dans la façon dont les FS assurent la prestation des services de LINC.
    • Relativement aux modes de prestation, les études à domicile sont offertes en Ontario, en Saskatchewan, à l’Î.-P.-É. ainsi qu’à Terre-Neuve, et elles font actuellement l’objet d’un projet pilote en Alberta et en Nouvelle Écosse.
    • Terre Neuve-et-Labrador, la Saskatchewan et l’Alberta ont recours à des formateurs itinérants. Des programmes de tutorat individuel sont offerts en Ontario et en Saskatchewan.
    • La LINC pour le milieu de travail est mise à l’essai en Ontario.
    • L’Alberta limite le nombre d’heures de LINC qu’un apprenant peut suivre.
    • Sinon, les fournisseurs de services et CIC font état d’une gestion uniforme du programme.
  • Diverses méthodes ont été utilisées pour faire la promotion de la LINC.
    • Presque les deux tiers des FS utilisent les brochures et les affiches de la LINC.
    • Environ la moitié s’annoncent dans les journaux communautaires, généralement de groupes ethniques.
    • À peu près les deux tiers des administrateurs ont affirmé que le bouche à oreille, en général des étudiants actuels et anciens, constitue le moyen le plus efficace de promouvoir leur programme.
    • Uniquement 7 % des étudiants ont entendu parler de la LINC avant leur arrivée au Canada.
  • Un taux de participation n’a pas été calculé pour le programme en raison de l’existence de diverses options de formation linguistique accessibles aux immigrants et du caractère volontaire des cours de langue.
  • Les données que l’iSMRP (et HARTs en Ontario) renferme sur le programme sont surtout de nature administrative et ne renseignent pas convenablement sur les résultats des clients.

6.3. Répercussions du programme

  • Dans un monde idéal, il pourrait être possible de vérifier l’efficacité de la LINC par rapport à un groupe témoin n’ayant pas reçu de formation linguistique. Il serait toutefois difficile d’isoler les effets que produit la LINC sur les apprenants qui y sont inscrits des autres effets susceptibles d’influencer leur apprentissage de la langue. Dans le cas d’un groupe témoin, il est de même difficile de discerner l’incidence des caractéristiques non observables (motivation, diversité des réseaux sociaux, etc.) sur l’apprentissage, en dehors du contexte de la LINC. Pour les besoins de la présente étude, afin d’assurer une évaluation plus quantitative, un petit groupe-échantillon (formé de personnes évaluées, mais non inscrites à la LINC) a été sélectionné, puis une méthode d’évaluation avant et après la LINC a été utilisée afin de comparer les progrès. Dans le cas de l’échantillon « témoin » à l’étude dans le cadre de cette évaluation.
    • Le programme LINC a amélioré les compétences linguistiques des étudiants en compréhension de l’écrit (de 0,88 niveau des CLB) et en expression écrite (de 0,51 niveau des CLB). Toutefois, en compréhension de l’oral et en expression orale, les étudiants n’ont pas atteint un niveau supérieur à ce qu’ils auraient accompli naturellement en vivant au Canada.
    • Cependant, lorsque les étudiants atteignent 1 000 heures, les acquis attribuables à la LINC grimpent à 1,3 niveau des CLB pour la compréhension de l’oral, à 1,2 pour la compréhension de l’écrit et à 1,7 pour l’expression écrite (en supposant qu’aucune caractéristique non observable des groupes n’influe sur les résultats).
  • En moyenne, les étudiants de la LINC avaient achevé 1,0 niveau de la LINC.
    • Soixante pour cent avaient réussi au moins un niveau de la LINC; 26 % avaient achevé plus d’un niveau.
    • Parmi tous les étudiants (dans les études de cas), le nombre moyen d’heures pour terminer un niveau de la LINC s’établissait à 347,4.
  • Les clients de la LINC s’établissent bien au Canada, mais ils ne s’en tirent pas mieux que les autres en ce qui concerne certaines activités initiales en matière d’établissement.
  • Les clients se familiarisent avec de nombreux aspects de ce qu’il faut savoir pour vivre et travailler au Canada (anglais pratique, établissement/intégration, droits et devoirs civiques).
    • Dans plus de 90 % des classes de LINC, on enseigne l’anglais pour la vie quotidienne ainsi que l’établissement et l’intégration.
    • Dans environ deux tiers des classes, on enseigne l’anglais pour le milieu de travail. Les participants aux séances du groupe de discussion se sentaient mieux outillés pour se trouver une place sur le marché du travail.
  • Le programme LINC aide les étudiants à acquérir des compétences pour communiquer dans un environnement diversifié sur le plan culturel.
    • La classe de LINC type représentait 5,8 pays et 5,2 langues par 10 étudiants.

6.4. Rapport coût efficacité/solutions de rechange

  • Bien que le mode de prestation du programme par l’entremise d’organisations tierces soit considéré comme rentable par les répondants, il serait nécessaire de mener une analyse approfondie d’autres modèles de prestation dans le but de déterminer la véritable rentabilité du programme.
    • Un moyen d’améliorer l’efficacité serait d’accroître les études à domicile.
  • Le coût de la LINC par étudiant a augmenté de façon substantielle au cours des dernières années, tandis que le nombre des étudiants est demeuré stable.
    • Les dépenses sont passées de 94 millions de dollars en 2004-2005 à 172 millions en 2008-2009, tandis que le nombre d’apprenants passait d’environ 52 000 à quelque 55 000. Par conséquent, le coût par étudiant est passé de près de 1 800 $ à près de 3 150 $.
    • Les paiements pour la LINC aux FS avaient chuté sous les coûts réels de prestation du programme, ce qui explique en partie cette situation.
    • Ensemble, les dépenses entraînées par la garde d’enfants et l’aide au transport ont augmenté, puisque leur proportion des dépenses totales liées à la LINC est passée d’environ 2 % en 1998-1999 à 18 % en 2008-2009.

 

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