Immigrants récents, immigrants antérieurs et natifs du Canada : confiance interpersonnelle et confiance sociale

3. Méthodologie

L’Enquête mondiale sur les valeurs (EMV) est « une recherche à l’échelle mondiale sur le changement socioculturel et politique. L’enquête longitudinale a été menée par un réseau international de chercheurs en sciences sociales des meilleures universités du monde. » [TRADUCTION] (World Values Survey, 2008). Cinq vagues de l’enquête ont été terminées à ce jour : en 1981, 1990-1991, 1995-1997, 1999-2001 et la dernière en 2005-2006.

L’Enquête mondiale sur les valeurs fournit un échantillon national représentatif des Canadiens âgés de 18 ans et plus. L’échantillon d’origine (population totale N = 1 765) a été gonflé pour la deuxième fois en 2006 (première fois en 2000) afin d’inclure davantage d’immigrants récents. Cela a permis de comparer les réponses des immigrants récents – c’est-à-dire les personnes qui ne sont pas nées au Canada et qui vivent au pays depuis 10 ans ou moins – avec celles des immigrants antérieurs – les personnes qui ne sont pas nées au Canada et qui vivent au pays depuis plus de 10 ans – et celles des natifs du Canada. L’échantillon des nouveaux immigrants comprend des sujets vivant à Vancouver (n = 151), Toronto (n = 157) et Montréal (n = 192) et est venu enrichir l’enquête de base. [Note 4] Les résultats rapportés à chacune des questions ne tiennent pas compte des non-réponses ni des refus de répondre. L’échantillon de base de l’Enquête mondiale sur les valeurs a été combiné à celui des nouveaux immigrants, puis la population a été répartie en trois groupes : personnes nées au Canada (n=1 766), immigrants récents (n=570) et immigrants antérieurs (n=298).

CIC a fourni un financement continu au projet (dont la somme nécessaire à l’augmentation de la taille de l’échantillon des immigrants) et a conclu une entente aux termes de laquelle elle obtiendra certaines des données canadiennes avant leur diffusion au grand public. Comme les microdonnées n’étaient pas accessibles, les analyses statistiques de ce rapport sont tirées du travail du professeur Neil Nevitte de l’Université de Toronto, le principal chercheur canadien à travailler à l’Enquête mondiale sur les valeurs.

L’étude se base sur la question suivante :

Dites-moi si vous faites totalement, plutôt, peu ou aucunement confiance aux personnes de chacun des groupes suivants (votre famille, vos connaissances, vos voisins)?

Pour comparer les schémas de confiance entre les groupes de population, nous avons mis en rapport les réponses (« entièrement », « plutôt », « peu » et « aucunement ») et calculé les valeurs P à l’aide d’un test du chi carré pour vérifier le degré de signification. Nous avons effectué une analyse factorielle afin de déterminer si les réponses se regroupaient autour de deux dimensions théoriques de la confiance, à savoir la confiance interpersonnelle et la confiance sociale. Pour dresser un portrait global de la confiance interpersonnelle et de la confiance sociale dans les trois groupes de population étudiés, deux indices ont été créés à partir des facteurs identifiés : l’indice de confiance interpersonnelle, construit à partir de trois indicateurs (confiance envers la famille, confiance envers le voisinage et confiance envers les connaissances) et l’indice de confiance sociale, fondé sur quatre indicateurs (confiance envers la population canadienne en général, confiance envers les Américains, confiance envers les immigrants récents et confiance envers les personnes rencontrées pour la première fois). De nouvelles totalisations croisées ont été effectuées pour obtenir plus de précisions sur les schémas de réponses des trois groupes de population. Des niveaux d’analyse ont été introduits à partir de diverses variables socioéconomiques et démographiques. Les variables socioéconomiques et démographiques additionnelles prises en compte étaient : le sexe, la tranche d’âge, le niveau de scolarité, le quartile de revenu du ménage, la profession (regroupement en catégories principales), la situation d’activité, le groupe ethnique (regroupement en grandes catégories) et la taille de la ville de résidence. Les tableaux croisés utilisant les variables de la profession, de la situation d’activité et du groupe ethnique n’ont pas été retenus, car de nombreuses cellules ne comptaient pas suffisamment de personnes.

Il faut souligner que les réponses « je ne sais pas » et les refus de répondre ont été exclus des calculs.

Note : L’analyse factorielle sert à dévoiler la structure latente d’un ensemble de variables. Le chercheur y a recours lorsqu’il veut « déterminer quelles variables de l’ensemble forment des sous-ensembles cohérents et relativement indépendants les uns des autres. Les variables qui sont fortement corrélées entre elles, mais presque indépendantes des autres sous-ensembles sont alors combinées en facteurs » (Tabachnick et Fidell, 2007, p. 607). Plus précisément, nous avons fait une analyse en composantes principales (avec rotation Varimax), ce qui a simplifié l’interprétation des variables observées (soit les niveaux de confiance envers les sept catégories de personnes énumérées au paragraphe précédent).
 

Notes

  • [Note 4] Pour Montréal, Toronto et Vancouver, les données de l’enquête ont été pondérées de manière à ce qu’elles représentent bien le profil d’âge et de sexe des nouveaux immigrants de la ville. Les coefficients de pondération ont été calculés à partir des données du recensement du Canada de 2006 pour les régions métropolitaines de recensement de Montréal, Toronto et Vancouver.

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2017-10-16