Les critères canadiens pour la détermination des nouveaux allergènes prioritaires

Cat. : H164-116/2010F-PDF
ISBN : 978-1-100-93484-6

Table des matières

Sommaire

Pour faire en sorte que les consommateurs canadiens allergiques soient protégés de manière adéquate, en vertu des modifications à la réglementation sur l'étiquetage des allergènes alimentaires l'amélioration de l'étiquetage pour les allergènes prioritaires dans les aliments préemballés sera exigée. Par la suite, Santé Canada a adopté des critères afin de déterminer la validité scientifique de l'ajout de nouveaux aliments ou de nouveaux ingrédients alimentaires à la liste des allergènes prioritaires au Canada. Les principaux critères canadiens comprennent les recommandations scientifiques requises pour modifier la liste des allergènes alimentaires prioritaires de la Commission du Codex Alimentarius Note de bas de page 1 (CCA, 1999) par les pays à titre individuel. Ces recommandations sont les suivantes :

  • L'existence d'une relation de cause à effet crédible fondée sur des résultats positifs à des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo ou l'existence de rapports faisant état, hors de tout doute, de réactions dont les caractéristiques correspondent aux caractéristiques typiques des réactions allergiques ou des intolérances graves.
  • Des rapports faisant état de réactions systémiques graves à la suite de l'exposition à la denrée alimentaire.
  • L'évaluation des données disponibles sur la prévalence chez les enfants et les adultes, lesquelles doivent être appuyées, soit par des études cliniques adéquates auxquelles des sujets de la population générale de plusieurs pays ont participé, soit par d'autres données disponibles sur la prévalence issues d'études cliniques auxquelles des groupes de patients allergiques de plusieurs pays ont participé appuyées conformément à la première recommandation.

En plus d'intégrer ces recommandations, les principaux critères canadiens tiennent compte de la puissance allergénique de l'aliment ou de l'ingrédient alimentaire (Bjorksten et al., 2008), le potentiel d'exposition à l'aliment ou à l'ingrédient alimentaire au sein de la population canadienne, et ce, sous l'angle particulier de la possibilité qu'en raison du contexte réglementaire canadien, l'aliment ou l'ingrédient alimentaire puisse devenir une source cachée Note de bas de page 2d'allergène alimentaire dans des produits alimentaires préemballés vendus au Canada, de même qu'ils tiennent compte de la correspondance entre l'aliment ou l'ingrédient alimentaire et la définition canadienne de l'expression allergène alimentaire proposée au Canada, laquelle souligne que c'est la part protéique d'un aliment qui déclenche la réaction allergique. D'autres facteurs applicables au contexte canadien et pertinents en matière de gestion des risques sont aussi considérés.

Les critères canadiens seront appliqués à l'évaluation de l'information scientifique obtenue au moyen d'un examen systématique de la documentation disponible. Pour faire en sorte que l'on adopte une démarche uniforme et transparente pour l'évaluation de l'allergénicité d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire, des méthodes pour la gestion et l'évaluation de l'information scientifique disponible ont été mises au point. Plus précisément, ces méthodes fournissent des directives sur :

  • La collecte systématique de données;
  • Les critères pour l'évaluation de la qualité des preuves;
  • L'organisation et la mise en ordre des données;
  • Les critères pour l'évaluation de la gravité des réactions cliniques.

L'information obtenue et évaluée en ayant recours à ces méthodes sera examinée dans la perspective des critères canadiens pour l'établissement de nouveaux allergènes alimentaires prioritaires. Une démarche axée sur la qualité des preuves déterminera si les observations disponibles satisfont les critères et justifient l'ajout d'un nouvel aliment ou ingrédient alimentaire à la liste des allergènes prioritaires au Canada. Ces pratiques faciliteront l'adoption d'une démarche scientifique uniforme pour la déclaration des nouveaux allergènes alimentaires prioritaires et l'application de la réglementation sur l'étiquetage des allergènes alimentaires au Canada.

Situation

Le 26 juillet 2008, Santé Canada a publié ses propositions de modification du Règlement sur les aliments et drogues (1220 - Étiquetage amélioré des sources d'allergènes alimentaires et de gluten et des sulfites ajoutés) dans la partie I de la Gazette du Canada (GCI). Ces modifications réglementaires proposées sont consultables sur le site Web de Santé Canada, soit au Étiquetage des allergènes. Par la suite, une consultation publique sur les modifications proposées s'est déroulée jusqu'au 28 novembre 2008. Avant que la version définitive des règlements soit mise au point et publiée dans la partie II de la Gazette du Canada (GCII), les commentaires reçus pendant cette période de consultation sont à l'étude.

Santé Canada a reçu un peu plus de 140 commentaires du public, de groupes de patients, de professionnels de la santé, d'un organisme de consommateurs et d'organismes gouvernementaux. Dans leurs commentaires, plusieurs parties intéressées ont demandé que, dans la foulée des modifications réglementaires, de nouveaux aliments et ingrédients alimentaires soient ajoutés à la liste des allergènes prioritaires.

En réponse à la rétroaction reçue au cours de la consultation publique, Santé Canada a adopté des critères pour évaluer la validité scientifique de l'ajout de nouveaux aliments et ingrédients alimentaires à la liste des allergènes d'intérêt prioritaire tels que définis au Canada. Ces critères faciliteront l'adoption d'une démarche scientifique uniforme pour la déclaration des nouveaux allergènes alimentaires prioritaires et l'application de la réglementation sur l'étiquetage des allergènes alimentaires.

Contexte

Certains aliments et ingrédients alimentaires peuvent provoquer des réactions allergiques graves pouvant entraîner la mort. Puisqu 'elles ne peuvent être atténuées par des stratégies de gestion des risques employées avec les contaminants alimentaires, les réactions allergiques sont différentes des effets indésirables provoqués par l'exposition à des contaminants chimiques ou microbiologiques ou encore, à des ingrédients actifs sur le plan pharmacologique (Godefroy et Popping, 2009).

L'expression allergie alimentaire est correctement employée lorsqu'elle désigne un mécanisme immunitaire qui se déclenche chez une personne sensibilisée antérieurement. Selon la définition proposée par l'European Academy of Allergology and Clinical Immunology (EAACI), les allergies alimentaires sont une forme d'hypersensibilité (une réaction reproductible, anormale et non dépendante d'un mécanisme psychologique) à un aliment et pour laquelle le mécanisme immunitaire peut être ou non de type IgE (immunoglobuline E) dépendant (Johansson et al., 2001).

Actuellement, il n'existe aucune solution thérapeutique pour éliminer les allergies alimentaires. Pour une personne atteinte d'une allergie alimentaire, la seule option viable consiste à prévenir les réactions allergiques en évitant l'aliment auquel elle est sensible. Les consommateurs atteints d'allergies alimentaires doivent se fier à l'information fournie par les transformateurs d'aliments et les importateurs pour éviter les aliments qui contiennent les ingrédients auxquels ils sont susceptibles de réagir. En ce qui concerne les aliments préemballés, il est essentiel que cette information soit présentée sur leur étiquette. On a pu démontrer que l'étiquetage constitue un outil de santé publique qui permet non seulement au consommateur de gérer l'évitement, mais en outre, de faire des choix éclairés d'aliments qui ne présentent aucun danger pour sa santé (Godefroy et Popping, 2009; Bjorksten et al., 2008).

L'étiquetage des aliments préemballés est assujetti à des règles et à des lois établies par chaque pays (Godefroy et Popping, 2009; Taylor et Hefle, 2006). Le Comité du Codex sur l'étiquetage des denrées alimentaires considère l'étiquetage des allergènes comme une question prioritaire et il a formulé des recommandations à cet effet, lesquelles ont été adoptées par la Commission du Codex Alimentarius (CCA) en 1999 (CCA, 1999). Le Comité du Codex sur l'étiquetage des denrées alimentaires a recommandé d'avoir recours à des critères scientifiques pour déterminer les aliments ou les produits alimentaires qui, sur la base de leur potentiel de provoquer une réaction allergique, devraient paraître sur une liste des aliments prioritaires et toujours être déclarés dans la liste des ingrédients sur l'étiquette des aliments. Les aliments suivants constituent la liste retenue par la Commission pour paraître dans le Codex :

  • Les céréales qui contiennent du gluten, c.-à-d. le blé, le seigle, l'orge, l'avoine Note de bas de page 3, l'épeautre ou leurs souches hybridées et produits dérivés;
  • Les crustacés et produits dérivés;
  • Les oeufs et produits dérivés;
  • Le poisson et les produits de la pêche;
  • Les arachides;
  • Les fèves de soja
  • Le lait et les produits laitiers (y compris le lactose);
  • Les fruits à coque et produits dérivés;
  • Les sulfites en concentration de 10 mg/kg ou plus.

Après l'adoption de cette liste, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réuni un groupe d'experts des allergènes alimentaires dont la mission consiste à orienter le Comité mixte FAO/OMS d'experts des additifs alimentaires (JECFA), lequel conseille la Commission du Codex Alimentarius en matière d'additifs alimentaires ainsi qu'à l'égard d'autres substances chimiques et ingrédients dans les aliments. Le groupe d'experts des allergènes alimentaires a été chargé d'établir les critères pour la modification de la liste des aliments allergéniques prioritaires qui paraît dans le Codex. Le groupe a ainsi recommandé que la détermination des allergènes alimentaires prioritaires soit fondée sur les critères suivants : l'existence d'une relation de cause à effet fondée sur des résultats positifs à des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo ou des rapports faisant état, hors de tout doute, de réactions, dont des symptômes graves associés à l'exposition à la denrée alimentaire ainsi que des données sur la prévalence chez les enfants et les adultes de la population générale de plusieurs pays, appuyées par des d'études cliniques fondées sur les tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo. Le groupe d'experts a reconnu qu'en ce qui concerne les nourrissons, pour certains aliments et dans certaines régions du monde, l'obtention de telles données constituerait un défi. Comme solution de rechange, il serait approprié d'avoir recours à des données comparatives sur la prévalence au sein de groupes de patients allergiques de plusieurs pays, lesquelles devraient être appuyées par des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo (Godefroy et Popping, 2009; CAC, 1999).

Les organismes nationaux de réglementation sur les aliments ont employé ces lignes directrices afin de se fonder sur la liste du Codex et de préparer leur propre liste d'allergènes alimentaires prioritaires qui doivent faire l'objet d'une déclaration obligatoire sur l'étiquette des aliments en vente dans le pays ou la région dont ils sont responsables. Au Canada, Santé Canada est responsable d'établir les normes, les politiques, la réglementation et les lignes directrices alimentaires et de veiller au respect des exigences d'étiquetage associées aux préoccupations en matière de santé, d'innocuité et de qualité nutritionnelle. Au pays, les modifications au Règlement sur les aliments et drogues ont pour but d'améliorer l'étiquetage des produits alimentaires préemballés en exigeant la déclaration, lorsqu'elles sont présentes dans les produits alimentaires préemballés, des sources d'allergènes prioritaires et de gluten ainsi que les sulfites lorsque présent dans le produits préemballé en quantité égale ou supérieure à 10 ppm. Au Canada, les aliments qui sont le plus souvent associés à des réactions allergiques et qui paraissent sur la liste proposée des allergènes alimentaires prioritaires sont : les amandes, les noix du Brésil, les noix de cajou, les noisettes, les noix de macadamia, les pacanes, les pignons, les pistaches, les noix, les arachides, les graines de sésame, le blé, le kamut, l'épeautre, le triticale, les oeufs, le lait, le soja, les crustacés, le poisson et les mollusques et les sulfites en quantité égale ou supérieure à 10 ppm (Godefroy et Popping, 2009). Selon les estimations actuelles, les allergies alimentaires touchent autant que 6 % des jeunes enfants et que 3 % à 4 % des adultes (Rona et al., 2007).

Le Règlement sur les aliments et drogues actuellement en vigueur exige que les ingrédients des produits alimentaires préemballés figurent dans l'ordre décroissant de leur proportion dans la liste des ingrédients sur l'étiquette de la plupart des aliments préemballés. Toutefois, les paragraphes B.01.009 (1) et (2) du Règlement sur les aliments et drogues du Canada exemptent précisément les constituants de certains ingrédients, mélanges et préparations tels que les épices et les assaisonnements de la déclaration dans la liste des ingrédients. Ainsi, les produits alimentaires préemballés peuvent contenir des sources d'allergènes alimentaires ou des substances non déclarées auxquelles certains consommateurs sont sensibles, par exemple du gluten. À cause de cette possibilité, les consommateurs atteints d'une allergie ou d'une sensibilité alimentaire peuvent ne pas être en mesure d'éviter avec certitude les allergènes ou les substances qui peuvent provoquer des effets néfastes sur leur santé (Godefroy et Popping, 2009).

Les modifications réglementaires proposées exigeraient la déclaration des allergènes prioritaires, du gluten et des sulfites en quantité égale ou supérieure à 10 ppm lorsqu'ils sont présents dans un produit alimentaire préemballé. En vertu des modifications, l'expression allergène alimentaire serait définie comme étant toute protéine des aliments énumérés dans la définition proposée ou toute protéine modifiée (y compris toute fraction protéique) qui en est dérivée. Cette définition est fondée sur le fait que la protéine est la part de l'aliment à laquelle une personne atteinte d'allergie alimentaire ou de maladie coeliaque réagira.

Critères canadiens

Afin de déterminer la validité scientifique de l'ajout de nouveaux aliments ou ingrédients alimentaires sur la liste des allergènes alimentaires prioritaires au Canada, Santé Canada a adopté les critères établis pour la modification de la liste des aliments allergènes prioritaires du Codex. Conformément aux lignes directrices du JECFA, ces critères comprennent (CCA, 1999) :

  1. L'existence d'une relation de cause à effet crédible, établie sur la base de résultats positifs à des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo ou l'existence de rapports faisant état, hors de tout doute, de réactions dont les caractéristiques correspondent aux caractéristiques typiques des réactions allergiques ou d'intolérance.
  2. Des rapports faisant état de réactions systémiques graves à la suite de l'exposition à une denrée alimentaire.
  3. L'évaluation des données disponibles sur la prévalence chez les enfants et les adultes, lesquelles doivent être appuyées, soit par des études cliniques adéquates auxquelles des sujets de la population générale de plusieurs pays ont participé, soit par des données disponibles sur la prévalence issues d'études cliniques auxquelles des groupes de patients allergiques de plusieurs pays ont participé appuyées conformément au premier critère.

En plus des critères énumérés ci-dessus, l'évaluation de l'allergénicité d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire tiendra compte de son potentiel allergénique. Dans ce contexte, l'expression potentiel allergénique est définie comme la quantité d'aliment ou d'ingrédient alimentaire requise pour déclencher une réaction chez une personne qui y est déjà sensibilisée (Bjorksten et al., 2008).

Qui plus est, on considérera également l'exposition potentielle à l'aliment ou à l'ingrédient alimentaire au Canada, et ce, sous l'angle particulier de la possibilité que l'utilisation actuelle de l'aliment ou de l'ingrédient alimentaire soit cachée parce qu'elle est exemptée, en vertu des paragraphes B.01.009 (1) et (2) du Règlement sur les aliments et drogues, de la déclaration dans la liste des ingrédients sur les emballages alimentaires. Le but poursuivi par les modifications proposées au Règlement sur les aliments et drogues consiste à améliorer l'étiquetage des aliments et d'y avoir recours à titre d' outil de santé publique à l'intention des consommateurs allergiques en leur permettant d'éviter les allergènes auxquels ils sont sensibles et de faire des choix éclairés de sources alimentaires sans danger. En vertu des modifications réglementaires proposées, la déclaration des sources potentiellement cachées d'allergènes alimentaires dans les produits alimentaires préemballés sera exigée.

Qui plus est, le fait qu'il corresponde ou non à la définition proposée d'un allergène alimentaire sera considéré. Au Canada, la définition proposée d'un allergène alimentaire précise que c'est la part protéique de l'aliment qui provoque le déclenchement de la réaction allergique. Par conséquent, la protéine de tout allergène alimentaire qui correspond à la définition ou toute protéine modifiée (y compris toute fraction protéique) qui est dérivée de l'un ou l'autre de ces aliments est considérée comme présentant un risque pour les personnes atteintes d'allergies alimentaires.

D'autres facteurs applicables au contexte canadien et pertinents en matière de gestion des risques sont aussi considérés. Par exemple, ces facteurs peuvent comprendre, mais sans s'y limiter, la question de la réactivité croisée de l'allergène.

Méthodes

Les critères canadiens seront appliqués à l'évaluation de l'information scientifique obtenue au moyen d'un examen systématique de la documentation disponible. Les méthodes pour la gestion et l'évaluation de l'information scientifique disponible ont été mises au point pour faire en sorte que l'on adopte une démarche uniforme et transparente pour l'évaluation de l'allergénicité d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire.

Collecte systématique de données

Une recherche dans la base de données électronique sera effectuée en ayant recours, mais sans s'y limiter, aux versions actuelles des bases de données suivantes : Ovid Medline, Ovid Embase et FSTA Direct. Les résumés de toutes les publications traitant précisément de l'allergénicité de l'aliment ou de l'ingrédient alimentaire seront examinés et triés pour inclusion ou exclusion sur la base des critères suivants :

Inclure la publication si :

  1. Elle est pertinente pour la santé humaine (adultes ou enfants);
  2. Elle traite de l'allergie provoquée par l'exposition par voie orale à des denrées alimentaires;
  3. Elle est pertinente pour l'identification et la caractérisation des protéines allergènes spécifiques.

Exclure la publication si :

  1. Dans le cadre de l'étude expérimentale évaluant l'allergénicité, on a eu recours à des modèles animaux ou à des méthodes in vitro;
  2. Elle est pertinente pour la santé humaine, mais n'aborde pas l'exposition par la voie orale à une denrée alimentaire, par exemple si elle traite d'une exposition professionnelle (cutanée/respiratoire).

Les publications qui satisfont aux critères de sélection seront évaluées par un ou plusieurs chercheurs selon le besoin. En situation de divergence d'opinions, l'interprétation des données sera établie par consensus. Toutes les références aux publications qui satisfont aux critères pour être incluses seront transférées dans un gestionnaire de références électronique actuel et des réimpressions seront demandées. Les références exclues seront conservées dans un fichier de base de données distinct (p. ex., les allergies professionnelles) pour être utilisées ou consultées éventuellement si nécessaire.

Critères pour l'évaluation de la qualité des preuves

Dans le but de déterminer la qualité des preuves fournies par les publications dans la base de données, les plans d'étude seront catégorisés et cotés conformément aux lignes directrices établies par le Joint Task Force on Practice Parameters du Joint Council of Allergy & Immunology des É.-U. Ce groupe de travail mixte est composé de spécialistes du domaine de l'allergie et de l'immunologie. Les lignes directrices pour établir la qualité des recommandations cliniques en cotant les catégories de preuves issues des études cliniques sont adoptées par trois sociétés nationales américaines vouées à l'allergie et à l'immunologie : l'American College of Allergy, Asthma and Immunology (ACAAI), l'American Academy of Allergy, Asthma and Immunology (AAAAI) et le Joint Council of Allergy, Asthma and Immunology (JCAAI). De fait, les critères auxquels on a recours pour évaluer la qualité des preuves dans la base de données (par ordre décroissant de la preuve de la meilleure qualité jusqu'à la plus faible) sont les suivants : méta-analyses d'essais cliniques aléatoires, essais cliniques aléatoires, essais cliniques non aléatoires, études quasi expérimentales, études descriptives non expérimentales (comparatives, corrélation ou études cas-témoins), rapports de comités d'experts, ou opinions ou expériences cliniques d'autorités respectées et études en laboratoire (ACAAI, 2006; Bernstein, 2008).

Organisation et mise en ordre des données

Toutes les publications qui satisfont aux critères de sélection seront réexaminées et catégorisées sur la base des critères pour l'évaluation de la qualité des preuves. Les publications inclassables selon ces critères seront citées en référence dans les résultats sous une rubrique appropriée. Les observations issues des publications qui ont satisfait aux paramètres de la qualité des preuves seront tabulées selon les catégories suivantes :

  1. Études cliniques charnières (observations issues des méta-analyses et des essais cliniques aléatoires et non aléatoires);
  2. Études cliniques non charnières (observations issues d'études quasi expérimentales);
  3. Autres études pertinentes (observations issues d'études descriptives non expérimentales [comparative/corrélation]);
  4. Rapports de cas (observations issues d'études descriptives non expérimentales).

Dans chacune des catégories, les études seront organisées par ordre chronologique selon la date de publication. Les paramètres suivants seront tabulés pour chaque publication dans les catégories 1 à 3 :

La référence (auteur, année, pays d'origine); les détails sur le plan d'étude (c.-à-d., la méthode d'évaluation); les sujets (adultes vs enfants, âge, sexe); l'histoire clinique (y compris les antécédents personnels et familiaux); les signes cliniques (avant le test de provocation); les signes cliniques (après le test de provocation avec l'accent mis sur l'intensité de la réaction); les tests diagnostiques (confirmation de la réaction allergique); la dose déclenchante; l'allergène déclenchant (source et type d'allergènes, y compris le type d'aliment ingéré lors du déclenchement de la réaction); la prévalence; les commentaires (notes pertinentes rédigées par le ou les chercheurs).

Les paramètres suivants seront tabulés pour chaque publication dans la catégorie 4 :

La référence (auteur, année, pays d'origine); les cas (le nombre de cas, le sexe, l'âge); l'histoire clinique (y compris les antécédents personnels et familiaux); les signes cliniques (avec l'accent mis sur l'intensité de la réaction); les tests diagnostiques (confirmation de la réaction allergique); la dose déclenchante; l'allergène déclenchant (source et type d'allergènes, y compris le type d'aliment ingéré lors du déclenchement de la réaction); les commentaires (notes pertinentes rédigées par le ou les chercheurs).

Critères pour l'évaluation de la gravité des réactions cliniques

Une vaste gamme de symptômes sont associés aux allergies alimentaires, dont :

  • Les symptômes gastrointestinaux : p. ex., vomissements, diarrhée, douleur abdominale (colique);
  • Symptômes respiratoires : p. ex., rhinite, asthme;
  • Symptômes cutanés : p. ex., urticaire, oedème, angio-oedème.
  • Anaphylaxie.

L'anaphylaxie est une réaction généralisée qui peut comprendre des symptômes cutanés, respiratoires, cardiovasculaires et gastrointestinaux et qui peut entraîner la mort. Les symptômes de l'anaphylaxie peuvent survenir entre de quelques minutes à quelques heures après l'ingestion de l'allergène alimentaire. Les systèmes de notation existants relatifs aux réactions d'hypersensibilité systémique aiguë telle que l'anaphylaxie varient considérablement, comportent de nombreuses lacunes et ne sont pas tous fondés sur la même définition de l'anaphylaxie. Pour parvenir à une uniformité dans l'évaluation de la gravité des symptômes décrits dans la documentation scientifique, les critères cliniques et le système de notation de l'anaphylaxie tels que décrits dans la publication de Brown (2004) s'appliqueront comme suit :

  1. Les réactions graves se manifestent par des symptômes qui sont étroitement associés à l'hypotension et à l'hypoxie (obstruction des voies respiratoires supérieures mettant en danger la vie du sujet) ou à une atteinte neurologique : confusion, effondrement, perte de conscience et incontinence. En présence d'asthme et de maladie pulmonaire, le risque d'hypoxie augmente. Chez les enfants, le plus souvent, l'anaphylaxie est provoquée par un bronchospasme associé à l'ingestion de nourriture et habituellement, des antécédents d'atopie et d'asthme sont présents (Brown et al., 2006).
  2. Les réactions modérées se manifestent par des symptômes tels que la diaphorèse, les étourdissements, la présyncope, la dyspnée, le stridor, le sifflement, le rétrécissement des voies respiratoires supérieures, l'oppression thoracique, la nausée, les vomissements et la douleur abdominale.
  3. Les réactions légères ne sont que cutanées (urticaire, érythème et angio-oedème). Cependant lorsque l'angio-oedème touche le visage et la glotte, on associe ce symptôme à l'hypoxie et à une réaction grave.
  4. Les autres renseignements dont on tiendra compte pour l'évaluation de la documentation scientifique sur la gravité des réactions comprennent la perception de la gravité des symptômes par le(s) auteur(s) et toute description de l'utilisation d'adrénaline, de soins médicaux d'urgence ou d'hospitalisation pour traiter le(s) cas décrit(s). Les définitions des termes médicaux sont consultables à l'Annexe 2.

Conclusion

Pour pouvoir définir un nouvel allergène comme prioritaire au Canada, l'information scientifique obtenue au moyen d'un examen systématique de la documentation disponible doit fournir une qualité des preuves suffisante et satisfaire aux critères canadiens. Les principaux critères canadiens comprennent: les recommandations scientifiques requises pour modifier la liste des allergènes prioritaires de la Commission du Codex Alimentarius par un pays particulier (CCA, 1999); la puissance allergénique de l'aliment ou de l'ingrédient alimentaire (Bjorksten et al., 2008); l'exposition potentielle de la population canadienne à l'aliment ou à l'ingrédient alimentaire; la possibilité qu'un ingrédient puisse devenir une source cachée d'allergènes alimentaires dans un produit alimentaire préemballé pour la vente au Canada, en raison du contexte réglementaire canadien; et le fait que les caractéristiques d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire correspondent à la définition de l'expression allergène alimentaire proposée au Canada. D'autres facteurs applicables au contexte canadien et pertinents en matière de gestion des risques sont aussi considérés.

Pour faire en sorte que l'on adopte une démarche uniforme et transparente pour l'évaluation de l'allergénicité d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire, des méthodes pour la gestion et l'évaluation de l'information scientifique disponible ont été mises au point à l'endroit de la collecte systématique des données, des critères pour l'évaluation de la qualité des preuves, de l'organisation et de la mise en ordre des données et des critères pour l'évaluation de la gravité des réactions cliniques. Ces pratiques favoriseront l'adoption d'une démarche scientifique uniforme pour la modification de la liste canadienne des allergènes alimentaires prioritaires et pour l'application de la réglementation sur l'étiquetage au Canada.

Références

Certains hyperliens donnent accès à des sites d'organismes qui ne sont pas assujettis à la  
. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.
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  • Bernstein IL . (2008) American Academy of Allergy, Asthma and Immunology; American College of Allergy, Asthma and Immunology. Allergy diagnostic testing: an updated practice parameter. 2008. Ann Allergy Asthma Immunol. 100(3 Suppl 3), S1.-148.
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Annexe 1 : Glossaire des termes médicaux

La définition des termes médicaux employés à l'échelle du document et des tableaux est présentée ci-dessous par ordre alphabétique. La source des définitions dont la traduction est présentée ci-dessous paraît dans les notes en fin de document.

Anaphylaxie
Une réaction allergique systémique qui peut causer le décès en quelques minutes, soit en raison du gonflement qui obstrue les voies respiratoires, soit par une chute grave de la tension artérielle. Le contact avec un allergène ou l'ingestion de celui-ci peut déclencher une réaction en chaîne dans le système immunitaire d'une personne, laquelle peut provoquer l'oedeme des voies respiratoires, la chute de la tension artérielle et la perte de connaissance, ce qui entraîne le choc anaphylactique. Certaines réactions anaphylactiques ne touchent qu'un organe tel que les voies respiratoires ou la peau. Cependant, en présence d'anaphylaxie, plusieurs organes sont habituellement touchés simultanément, dont les voies respiratoires supérieures et inférieures, le système cardiovasculaire et le tractus gastrointestinal Note de bas de page 4.
Anaphylaxie causée par l'exercice
L'exercice peut provoquer une réaction allergique aux aliments. Le scénario habituel se déroule comme suit : une personne consomme un aliment particulier, puis entreprend des activités physiques. Alors que celle-ci fait de l'exercice, la température de son corps augmente, elle ressent des démangeaisons, éprouve de la faiblesse musculaire, puis rapidement, les caractéristiques des réactions allergiques se manifestent, soit l'urticaire, l'asthme, des symptômes abdominaux et même l'anaphylaxie. Reportez-vous à Anaphylaxie ou à Réactions systémiques i.
Angio-oedème
Il est caractérisé par un gonflement diffus et douloureux des tissus mous, qui peut être asymétrique, et qui survient particulièrement sur les paupières, les lèvres, la figure et la langue, mais qui peut aussi toucher le dos des mains ou des pieds, ainsi que les organes génitaux. L'oedème qui atteint les voies respiratoires supérieures peut provoquer une détresse respiratoire. L'obstruction complète des voies respiratoires peut survenir Note de bas de page 5.
Asthme
Un trouble commun provoqué par l'inflammation chronique des tubes bronchiques (bronches) qui provoque l'oedeme de ceux-ci, laquelle rétrécit les voies respiratoires. L'asthme n'atteint que les tubes bronchiques et ne touche ni les sacs alvéolaires ni le tissu pulmonaire (le parenchyme du poumon) en so i.
Atopie
Une tendance personnelle ou familiale à produire des anticorps IgE en réaction à de faibles doses d'allergènes, habituellement des protéines, et à subir des symptômes typiques tels que l'asthme, la rhinoconjonctivite ou l'eczéma/la dermatite Note de bas de page 6.
Bronchospasme
Une contraction spasmodique de la paroi musculaire des voies respiratoires bronchiales jusqu'aux poumons, ce qui, à l'instar de l'asthme, rend la respiration pénible Note de bas de page 7.
Conjonctivite
Une inflammation de la muqueuse qui tapisse la surface intérieure de la paupière et couvre la partie avant du globe oculaire iv.
Cardiovasculaire
Un système de l'organisme constitué du coeur et des vaisseaux sanguins iv.
Dermatite atopique
Dermatite est un terme générique pour désigner une inflammation locale de la peau; la dermatite atopique désigne une inflammation sous-jacente dominée par une réaction liée aux anticorps IgE ii.
Diaphorèse
La transpiration, particulièrement lorsqu'elle est profuse iv.
Dyspnée
L'essouflement iv.
Eczéma
Un trouble cutané non contigu caractérisé par l'inflammation, la démangeaison et la formation de squames iv.
Érythème
Une rougeur anormale de la peau provoquée par divers agents tels que la lumière solaire, les médicaments, etc., qui irritent et congestionnent les capillaires iv.
Glotte
L'ouverture située entre les cordes vocales et le larynx iv.
Gastrointestinal
L'estomac et les intestins iv.
Hypotension
Une tension artérielle anormalement faible iv.
Hypoxie
Un état anormal qui découle d'une diminution de l'oxygène fourni au tissu cellulaire ou utilisé par celui-ci iv.
Incontinence
L'incapacité chez une personne de maîtriser un écoulement normal de l'urine iv.
Réactions systémiques
Plusieurs systèmes de l'organisme sont atteints simultanément, dont les voies respiratoires supérieures et inférieures, le système cardiovasculaire et le tractus gastrointestinal iv. Reportez-vous à Anaphylaxie.
Rhinite
Les symptômes d'hypersensibilité touchant le nez, par exemple la démangeaison, les éternuements, les sécrétions accrues et la congestion i.
Rhinoconjonctivite
La conjonctivite allergique, aussi appelée rhinoconjonctivite, est la réaction allergique oculaire la plus répandue. Habituellement, ce trouble est saisonnier et il est associé au rhume des foins. Les pollens en sont la cause principale, bien que des allergènes intérieurs tels que les acariens détriticoles, la moisissure et les pellicules des animaux domestiques, dont des chats et des chiens, puissent porter atteinte aux yeux toute l'année. Habituellement, les symptômes dont les personnes atteintes se plaignent sont la démangeaison, la rougeur, le larmoiement, une sensation de brûlure, l'écoulement aqueux et l'enflure des paupières. Dans une large mesure, les symptômes aigus (initiaux) apparaissent en raison de la libération d'histamine i.
Syndrome d'allergie orale
Le syndrome d'allergie orale est un type de réactivité croisée. Ce syndrome survient chez les gens qui sont très sensibles, par exemple à l'herbe à poux ou au pollen de bouleau. Pendant les saisons au cours desquelles ces allergènes pollinisent, lorsque la personne atteinte consomme des fruits, principalement des melons ou des pommes, elle constate l'apparition rapide de démangeaisons dans la bouche et la gorge et doit cesser d'en consommer. Les réactions provoquées par cette allergie, laquelle est causée simplement par le contact direct de l'aliment avec la muqueuse de la cavité buccale et de la gorge, disparaissent rapidement i.
Stridor
Un son sifflant, aigu et rauque produit par la respiration en raison de l'obstruction des bronches, de la trachée ou du larynx iv.
Syncope
Une perte de connaissance temporaire suivie par le retour à l'état de veille; évanouissement i.
Urticaire
Une affection cutanée allergique caractérisée par la démangeaison, la sensation de brûlure et de piqûre et par la formation de plaques lisses ou de papules habituellement rouges iv.
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