Virus Zika 14 avril 2016

Avis de biosécurité

Le présent avis de biosécurité est émis par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) en vue d’aider les cliniques de diagnostic et les laboratoires de recherche à fixer des règles de biosécurité pour la manipulation d’échantillons contenant le virus Zika (ZIKV) qui a causé une éclosion de maladie ayant sévi au Brésil au printemps 2015 et s’est rapidement propagé à travers l’Amérique latine et les Caraïbes. Cet avis de biosécurité est fondé sur les données probantes scientifiques actuelles en date de mars 2016 et est susceptible de faire l’objet de révisions et de changements au fur et à mesure que de nouveaux renseignements seront connus. Le ZIKV est un agent pathogène humain faisant partie du groupe de risque 2 (GR2). S’il peut infecter les animaux, il n’y a pas de preuves pour suggérer que ZIKV provoque des maladies chez les animaux, et l’ASPC l’a classé comme agent biologique du groupe de risque 1 (GR1)Footnote 1. Le ZIKV doit être manipulé dans une zone de confinement de niveau 2 (NC2) pour toutes les activités sauf celle qui impliquent les vecteurs arthropodes indigènes, qui doivent être manipulés dans une zone NC3. 

1.0 Renseignements généraux

ZIKV est un flavivirus et la cause de la maladie du ZIKV. Les moustiques Aedes, A. aegypti et A. albopicus en sont les principaux vecteurs de transmission, bien que d’autres vecteurs de moustique peuvent exister. Le ZIKV fait partie de la famille des Flaviviridae, s’apparentant ainsi au virus du Nil occidental, à la fièvre jaune et à la dengue. En général, le ZIKV cause, chez l’humain, une affection bénigne. Des données scientifiques laissent entendre qu’il y aurait un lien entre le virus et le développement du syndrome de Guillain-Barré (SGB) chez certains patientsFootnote 2, Footnote 3. De plus, la propagation du ZIKV a coïncidé, au Brésil, avec une hausse non négligeable du nombre de nouveau-nés atteints de microcéphalie.Footnote 4 Bien que ce soit toujours l’objet d’enquêtes, il y a des éléments de preuves supplémentaires cliniques et épidémiologiques d’une relation causale entre l’infection avec le ZIKV et le développement de malformations fœtales et de troubles neurologiques.Footnote 5

ZIKV est principalement transmis entre les humains par une piqûre de moustiques infectés.  Le risque de transmission zoonotique directe est faible. La transmission directe entre humains a été observée, y compris associée au sang, à la transmission sexuelle et verticale, et le sang, l’urine et le sperme sont considérés des sources possibles d’infectionFootnote 6, Footnote 7, Footnote 8, Footnote 9.

Le 1ier février 2016, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale en raison des grappes de cas de microcéphalie et autres troubles neurologiques signalées dans certaines zones affectées par le ZIKV. Pour les mises-à-jour sur les pays affectés par le ZIKV, veuillez visiter le site Web de OMS. Pour la dernière carte de cas confirmés aux Amériques, veuillez visiter le site Web de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Veuillez consulter le site Web du gouvernement du Canada pour les avis de santé publique et de voyage.

2.0 Exigences en matière de biosécurité

ZIKV est classé comme un pathogène humain RG2 fondé sur le risque individuel modéré et un risque faible pour la communauté. Les risques primaires de laboratoire incluent des contacts avec l'échantillon infecté (sang, urine, sperme) et le travail avec le vecteur arthropode.  Les femmes enceintes et les femmes envisageant une grossesse doivent prendre des précautions supplémentaires pour atténuer les risques pour le fœtus.

Le travail avec ZIKV doit être manipulé dans une zone NC2 pour toutes les activités in vitro et in vivo, sauf lorsqu’il s’agit de manipulations du ZIKV avec des vecteurs indigènes du Canada; celles-ci doivent avoir lieu dans une zone NC3.

L’ASPC continuera de surveiller la situation et mettra à jour le présent avis selon les nouvelles données dont elle disposera, le cas échéant. Les laboratoires devraient consulter les Normes canadiennes sur la biosécurité (NCB), 2e édition, 2015, pour obtenir une liste complète des exigences en matière de biosécurité Footnote 10 .

Le tableau ci-dessous résume les exigences en matière de confinement physique et les exigences opérationnelles applicables aux installations qui travaillent sur le ZIKV.

Type d'échantillon et activité

Niveau de confinement minimal exigé

CL2

CL3

Activités cliniques/diagnostiques sans mise en culture
Parmi ces activités figurent notamment :

  • la préparation d’échantillons prélevés chez un humain ou un animal à des fins diagnostiques dans le but de concentrer ou d’isoler le virus (p. ex. concentration du virus par filtration ou centrifugation de l’échantillon).

Activités liées à la culture in vitro
 Parmi ces activités figurent notamment :

  • la culture d’échantillons susceptibles de contenir ou connus de contenir le virus;
  • le travail préliminaire à des activités in vivo;
  • la manipulation de cultures positives pour l’emballage et l’expédition à des laboratoires.

Manipulation in vivo
Parmi ces activités figurent notamment :

  • la préparation d’un inoculum;
  • l’inoculation d’animaux;
  • le prélèvement d’échantillons chez des animaux infectés dans le cadre d’une expérience (p. ex. lavage broncho‑alvéolaire).

*

Manipulation In vivo avec des vecteurs arthropodes indigènes
Parmi ces activités figurent notamment :

  • Inoculation de vecteurs moustiques;
  • Des expériences de transmission avec des animaux.

*

* Le travail dans des zones de confinement de petits animaux (zones PA) doit satisfaire aux exigences de la colonne NC2 des NCB, et le travail dans les zones de confinement de gros animaux (zones GA) doit satisfaire aux exigences de la colonne NC2-Ag des NCB.

3.0 Exigences supplémentaires en matière de biosécurité

Les installations effectuant des expériences sur les moustiques qui sont endémiques au Canada pour étudier la transmission de ZIKV, les installations doivent être conformes au niveau de confinement physique et les exigences pratiques opérationnelles pour une zone de CL3 indiquée dans les chapitres 3, 4 et 5 de la NCBFootnote 10.

4.0 Considérations de biosécurité

Bon nombre de ces exigences sont axées sur les risques et la performance, de sorte qu’elles sont en fonction du type d’évaluation locale des risques (ELR) effectuée. Étant donné les risques associés à la manipulation du ZIKV, les éléments suivants sont présentés pour faciliter l’élaboration de protocoles d’ELR et de procédures opératoires normalisées.

  • Compte tenu des risques pour le fœtus, les femmes enceintes et celles qui essaient de le devenir, ainsi que les partenaires sexuels de ces femmes devraient prendre des précautions supplémentaires pour se protéger contre les expositions possibles lorsqu’elles travaillent dans un laboratoire où le ZIKV est propagé ou manipulé, sinon éviter de travailler dans ce contexte de laboratoire, si possible.

5.0 Transport

L’emballage, la manutention et le transport des échantillons de ZIKV doivent respecter les exigences du Règlement sur le transport des marchandises dangereuses (2015) et celles de Transports Canada pour le transport par voie terrestre ou ferroviaire.Footnote 11, Footnote 12 Le transport par voie aérienne doit se conformer aux Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).Footnote 13

  • Pour les expéditions par voie aérienne et terrestre, tous les échantillons (les cultures, les échantillons de patients et les échantillons primaires) doivent être expédiés en tant que matière de catégorie B, UN3373.

Pour toute question sur le Règlement sur le transport des marchandises dangereuses et les Instructions techniques de l’OACI, veuillez communiquer avec Transports Canada à l’adresse TDG-TMD@tc.gc.ca ou visiter le site Web du Ministère.

En cas d’urgence concernant des marchandises dangereuses, veuillez appeler CANUTEC au 1-888-CANUTEC (226-8832), au 613-996-6666 ou au *666 (pour les téléphones cellulaires).

6.0 Coordonnées

Veuillez noter que le présent avis est fondé sur les données scientifiques actuelles liées à cet agent pathogène et qu’il pourrait être revu et modifié à mesure que d’autres renseignements seront communiqués. De plus amples renseignements sur la biosécurité peuvent être obtenus :

7.0 Ressources

  1. Agence de la santé publique du Canada. Avis de santé publique.
  2. Organisation mondiale de la Santé (OMS), mise à jour sur les virus transmis par des moustiques.
  3. Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Public health Emergency of International Concern. www.paho.org
  4. Transports Canada, Direction générale du transport des marchandises dangereuses.
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