Recommandations concernant le dépistage de l’infection tuberculeuse chez les voyageurs de retour au pays

Publié le 15 mai 2026

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Préambule

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) donne à l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des conseils courants et à jour de nature médicale, scientifique et de santé publique concernant les maladies tropicales infectieuses et les risques pour la santé associés aux voyages internationaux. L’Agence reconnaît que les conseils et les recommandations figurant dans cette déclaration reposent sur la pratique médicale et les connaissances scientifiques les plus récentes et les diffuse dans le but d’informer les professionnels de la santé qui sont appelés à prodiguer des soins aux voyageurs.

Les personnes qui administrent ou utilisent des médicaments, des vaccins ou d’autres produits devraient bien connaître la monographie des produits ainsi que toute autre norme ou instruction approuvée concernant leur usage. Les recommandations relatives à l’usage des produits et les autres renseignements présentés ici peuvent différer de ceux figurant dans les monographies ou dans toute autre norme ou tout autre mode d’emploi approuvé pertinent qui a été établi par les fabricants autorisés. Rappelons que l’approbation demandée par les fabricants pour leurs produits, avec démonstration de leur innocuité et de leur efficacité à l’appui, ne s’applique qu’aux utilisations conformes à la monographie de produit ou à une autre norme ou un autre mode d’emploi approuvé.

Points clés pour les professionnels de la santé

Cadre d’évaluation des risques pour les voyageurs

Pour éclairer l’estimation des avantages et des préjudices liés au dépistage de la tuberculose, le CCMTMV propose d’évaluer, pour chaque voyageur, les éléments suivants :

Définitions

Tableau 1. Facteurs de risque de développer une tuberculose active en cas d’ITB (adapté du tableau 2 du chapitre 4 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse et de Campbell et al., 2020)Note de bas de page 2Note de bas de page 3
Groupe de risque Facteurs de risque
Très élevé VIH, contact étroit avec la tuberculose, silicose
Élevé Maladie rénale chronique, greffe d’organe, maladie fibronodulaire, prise de médicaments immunosuppresseurs, cancer
Modéré Granulome à la radiographie pulmonaire, diabète, forte consommation d’alcool ou de tabac
Faible Population adulte générale

Seuil relatif aux avantages et aux préjudices absolus importants

Le CCMTMV a fixé à 1 pour 1 000 (0,1 %) le seuil des avantages absolus pour le dépistage, ce qui correspond à une diminution modérément importante du risque de développer une tuberculose active.

Le CCMTMV a fixé à 1 pour 1 000 (0,1 %) le seuil des préjudices absolus associés aux évènements indésirables graves (ÉIG) découlant du traitement, ce qui correspond à une augmentation absolue modérément importante du risque (voir la section Résultats et seuils).

Recommandations

1. Le CCMTMV suggère que les voyageurs adultes nés au Canada qui reviennent au pays après un séjour de 6 mois consécutifs ou plus dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

(Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de faible certitude)

Justification :

2. Le CCMTMV suggère que les professionnels de la santé adultes nés au Canada qui reviennent au pays après avoir prodigué des soins à des patients pendant 3 mois consécutifs ou plus dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

(Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de certitude modérée)

Justification :

3. Le CCMTMV suggère que les voyageurs résidents adultes nés à l’étranger (voir la section Définitions), y compris les travailleurs de la santé, qui reviennent au Canada après un voyage de quelque durée que ce soit dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque élevé ou très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

(Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de faible certitude)

Justification :

Remarques :

Pour l’ensemble des voyageurs

Pour les voyageurs résidents nés à l’étranger (voir la section Définitions)

4. Les professionnels de la santé devraient conseiller les voyageurs sur les mesures de prévention de l’ITB. (Énoncé de bonnes pratiques)

Figure 1 : Outil d’aide à la décision pour le dépistage de la tuberculose après un voyage chez les voyageurs adultes nés au Canada
Figure 1. La version textuelle suit.
Figure 1 : Texte descriptif

Cette image montre un outil d’aide à la décision pour la prise en charge des voyageurs nés au Canada qui courent un risque de développer la tuberculose active. Il faut d’abord déterminer si le voyageur a déjà subi un test de dépistage de l’ITB.

  • Si le voyageur a déjà obtenu un résultat positif à un test de dépistage et qu’il a été traité, il n’est pas recommandé de procéder au dépistage de l’ITB après le voyage.
  • Si le voyageur a déjà obtenu un résultat positif à un test de dépistage, mais qu’il n’a pas reçu de traitement, envisager l’administration d’un traitement conformément au chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse.

Si le voyageur a déjà obtenu un résultat négatif à un test de dépistage, ou s’il n’a pas déjà fait l’objet d’un test de dépistage, il faut déterminer si le voyageur revient d’une zone d’endémie où l’on recense plus de 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes. Il est à noter que le risque d’infection chez les voyageurs croît avec l’augmentation de l’incidence de la tuberculose au lieu de destination. Les estimations de l’incidence de la tuberculose sont disponibles auprès de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

  • Si ce n’est pas le cas, le dépistage de l’ITB après le voyage n’est habituellement pas suggéré.
  • Si c’est le cas, il convient de déterminer s’il s’agissait d’un voyage de nature générale (tourisme) ou si le voyage avait pour but la prestation de soins aux patients.

Dans le cas des Canadiens qui effectuent un voyage de nature générale, le dépistage de l’ITB après le voyage n’est suggéré que chez les personnes qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active si elles contractent l’ITB (par exemple, les personnes qui vivent avec le VIH ou la silicose, ou qui ont été en contact étroit avec une personne atteinte de tuberculose), et dont la durée du voyage est d’au moins 6 mois consécutifs.

Dans le cas des Canadiens qui effectuent un voyage dans le but de prodiguer des soins aux patients, le dépistage de l’ITB après le voyage n’est suggéré que chez les personnes qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active si elles contractent l’ITB (par exemple, les personnes qui vivent avec le VIH ou la silicose, ou qui ont été en contact étroit avec une personne atteinte de tuberculose), et dont la durée du voyage est d’au moins 3 mois consécutifs.

Comme stratégie de dépistage, il est suggéré d’effectuer un seul test après le voyage, soit le TCT, 8 semaines ou plus après le retour du voyageur. Les personnes qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage devraient faire l’objet d’une évaluation visant à déterminer la présence d’une maladie active et être orientées vers un spécialiste de la tuberculose pour un traitement préventif de l’ITB. Voir la section Considérations relatives à la mise en œuvre.

Figure 2 : Outil d’aide à la décision pour le dépistage de la tuberculose après un voyage chez les voyageurs résidents nés à l’étranger (voir la section Définitions)
Figure 2. La version textuelle suit.
Figure 2 : Texte descriptif

Cette image montre un outil d’aide à la décision pour la prise en charge des voyageurs résidents nés à l’étranger (voir la section Définitions) qui courent un risque de développer la tuberculose active. Il faut d’abord déterminer si le voyageur a déjà subi un test de dépistage de l’ITB.

  • Si le voyageur a déjà obtenu un résultat positif à un test de dépistage et qu’il a été traité, il n’est pas recommandé de procéder au dépistage de l’ITB après le voyage.
  • Si le voyageur a déjà obtenu un résultat positif à un test de dépistage, mais qu’il n’a pas reçu de traitement, envisager l’administration d’un traitement conformément au chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse.

Si le voyageur a déjà obtenu un résultat négatif à un test de dépistage de la tuberculose effectué depuis qu’il est devenu résident du Canada, l’approche suggérée pour le dépistage serait la même que celle décrite à la figure 1 pour les voyageurs nés au Canada.

Si le voyageur n’a pas déjà fait l’objet d’un test de dépistage, il faut ensuite déterminer s’il revient d’une zone d’endémie où l’on recense plus de 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes. Il est à noter que les estimations de l’incidence de la tuberculose sont publiées par l’OMS.

  • Si ce n’est pas le cas, le dépistage de l’ITB après le voyage n’est habituellement pas suggéré.
  • Si c’est le cas, il convient d’évaluer le risque individuel que le voyageur développe une tuberculose active en cas d’infection.

Dans le cas des voyageurs présentant un risque élevé ou très élevé de développer une tuberculose active (par exemple, les personnes atteintes d’une maladie rénale ou fibronodulaire, les patients ayant subi une greffe, les personnes prenant des immunosuppresseurs, les personnes atteintes d’un cancer, du VIH ou de silicose, ou celles qui ont été en contact étroit avec une personne atteinte de tuberculose), il est suggéré de procéder au dépistage de l’ITB après le voyage.

Dans le cas des voyageurs présentant un risque faible ou modéré de développer une tuberculose active (par exemple, la population adulte générale ou les personnes qui sont atteintes de diabète, qui ont une forte consommation d’alcool ou de tabac, ou dont la radiographie pulmonaire révèle un granulome), le dépistage après le voyage n’est habituellement pas suggéré. Les estimations des avantages et des préjudices sont relativement équilibrées chez les voyageurs présentant un risque modéré de développer une tuberculose active. Le professionnel de la santé devrait évaluer soigneusement le risque individuel du voyageur, discuter des avantages et des préjudices du dépistage, tenir compte des valeurs et des préférences du voyageur et lui permettre de décider de manière éclairée s’il souhaite ou non subir un test de dépistage de l’ITB.

Comme stratégie de dépistage, il est suggéré d’effectuer un seul test après le voyage, soit le TCT, 8 semaines ou plus après le retour du voyageur. Les personnes qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage devraient faire l’objet d’une évaluation visant à déterminer la présence d’une maladie active et être orientées vers un spécialiste de la tuberculose pour un traitement préventif de l’ITB. Voir la section Considérations relatives à la mise en œuvre.

Considérations relatives à la mise en œuvre

À qui s’appliquent les lignes directrices?

Les voyageurs adultes qui se rendent dans des pays où l’incidence annuelle de la tuberculose est supérieure à 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes.

Qui n’est pas concerné par les lignes directrices?

Pourquoi le dépistage de l’ITB est-il suggéré?

À qui est-il suggéré de faire subir un test de dépistage de l’ITB dans les présentes lignes directrices? (voir le résumé des recommandations)

Pour quelle durée de voyage recommande-t-on le dépistage?

La durée de voyage pour laquelle le dépistage est recommandé varie en fonction du type de voyageur et de son exposition à l’ITB (voir le résumé des recommandations et les figure 1 et figure 2). Le risque de base d’infection augmente généralement avec la durée du voyage.

À qui est-il suggéré de NE PAS se soumettre à un test de dépistage de l’ITB?

À tout voyageur qui n’est pas visé par les recommandations du CCMTMV. Voir les figure 1 et figure 2. Il est à noter que cela comprend les personnes qui ont déjà obtenu un résultat positif à un test de dépistage et qui ont reçu un traitement, indépendamment de leurs antécédents de voyage ou de la durée de celui-ci. Le risque de réinfection et les recommandations en matière de soins cliniques dans de telles situations ne sont pas abordés dans les présentes directives.

Quel(s) test(s) suggère-t-on pour le dépistage de l’ITB?

Le test cutané à la tuberculine (TCT) est suggéré, puisqu’il s’agit actuellement de l’option de dépistage la plus accessible au Canada, et que c’est un test très sensible et spécifique. Lorsqu’ils sont disponibles, les tests de libération de l’interféron gamma (TLIG) peuvent convenir chez certains voyageurs. Il n’est pas recommandé de faire des TLIG en série, car les conversions et les réversions sont fréquentes avec les TLIG, de sorte qu’il est difficile de déterminer s’il s’agit d’une véritable « conversion » liée à une nouvelle ITB. L’utilisation de TLIG ne conviendrait pas dans le cas des voyageurs susceptibles d’effectuer plusieurs voyages, étant donné qu’il serait nécessaire d’effectuer des TLIG en série dans ce contexte. Pour de plus amples renseignements sur le diagnostic de l’ITB, voir le chapitre 4 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse.

Quand le dépistage de l’ITB est-il suggéré en cas de voyage?

Il est suggéré d’effectuer un seul test après le voyage, soit le TCT, 8 semaines ou plus après le retour. Bien qu’une consultation puisse avoir lieu avec le patient avant le voyage, le CCMTMV suggère que les personnes qui répondent aux critères de dépistage reviennent pour un test de dépistage de l’ITB après le voyage.

Que faut-il faire si le test est positif?

Les personnes qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage devraient faire l’objet d’une évaluation pour exclure la présence d’une maladie active et être orientées vers un spécialiste de la tuberculose pour la prise en charge de l’ITB.

Quel(s) traitement(s) suggère-t-on contre l’ITB?

Proposer un traitement préventif de l’ITB comme indiqué dans le chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse. Le traitement privilégié est généralement la rifampicine administrée quotidiennement pendant 4 mois (4R). Pour les schémas à base de rifamycine, il faut être très attentif aux interactions médicamenteuses. D’autres traitements, comme l’isoniazide, peuvent être utilisés, mais ils sont associés à un taux plus élevé de lésions hépatiques d’origine médicamenteuse que la rifampicine (2,3 % comparativement à 0,9 %). Le risque d’hépatotoxicité de l’isoniazide augmente avec l’âge.

Contexte

La tuberculose est une maladie respiratoire causée par Mycobacterium tuberculosis (MTB). Cette maladie demeure un problème de santé important à l’échelle mondiale. En effet, selon les estimations, elle a entraîné 10,8 millions de cas et 1,25 million de décès dans le monde en 2023Note de bas de page 4. L’élimination de la tuberculose est une priorité au Canada, et, bien que le Canada soit considéré comme un pays où l’incidence de la tuberculose est faible, les résidents nés à l’étranger comptent parmi les populations qui sont touchées de façon disproportionnée par la tuberculose au CanadaNote de bas de page 5. Les Inuits, les Premières Nations et les Métis sont d’autres populations qui sont démesurément touchées au Canada. Pour de plus amples renseignements et conseils cliniques sur ces dernières populations, voir le chapitre 12 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse.

Une étape clé pour parvenir à l’élimination de la tuberculose consiste à identifier les personnes atteintes de l’ITB qui présentent un risque élevé de développer une tuberculose active. Une exposition à la tuberculose est possible chez les Canadiens qui ont vécu, qui voyagent ou qui travaillent dans un pays où la tuberculose est endémique. Une telle exposition est associée à un risque de progression vers une tuberculose active.

Caractéristiques cliniques

L’infection par Mycobacterium tuberculosis se produit lorsqu’une personne réceptive inhale des noyaux de gouttelettes contenant des bacilles provenant d’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire active. Les bacilles peuvent alors être contenus dans des granulomes, sous une forme non infectieuse, connue sous le nom d’ITB. En l’absence de traitement, une petite proportion de personnes infectées par Mycobacterium tuberculosis finiront par développer une tuberculose active. Le risque de développer une tuberculose active est plus important dans les deux ans suivant l’infection, mais le risque de survenue d’une tuberculose active à la suite d’une réactivation persiste tout au long de la vieNote de bas de page 6Note de bas de page 7.

Bien que la tuberculose pulmonaire soit la forme la plus courante de la maladie, la tuberculose peut infecter n’importe quelle partie du corps, notamment causer des infections extrapulmonaires touchant le cerveau, les os, l’abdomen et les ganglions lymphatiques. La tuberculose pulmonaire active se caractérise généralement par les symptômes suivants : toux qui dure deux semaines ou plus; expectorations de sang ou de mucosités; douleurs thoraciques; faiblesse ou fatigue; perte de poids; perte d’appétit; fièvre et frissons; et sueurs nocturnes. Les personnes atteintes de tuberculose active peuvent également être asymptomatiques, c’est pourquoi les professionnels de la santé devraient maintenir un degré de suspicion élevé à l’égard de cette affection.

Épidémiologie de la tuberculose chez les voyageurs

Les taux de tuberculose varient considérablement entre les différentes régions géographiques du monde rapport de 2024 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, (en anglais seulement).

Parmi les régions où l’incidence est la plus élevée (> 100 cas pour 100 000 personnes), les destinations de voyage les plus courantes pour les Canadiens sont les suivantes, par ordre décroissant : Inde, Philippines, Vietnam, Thaïlande, Afrique du Sud, Tanzanie, Cambodge, Malaisie et Indonésie (Source : Statistique Canada, Enquête nationale sur les voyages, 2023).

Les voyageurs qui se rendent dans des pays où l’incidence de la tuberculose est élevée peuvent être exposés à un risque relativement accru d’ITB. Il s’agit notamment des personnes nées dans des pays à forte incidence de tuberculose ou des personnes qui se rendent dans un pays pour prodiguer des soins de santé. Les personnes présentant le risque le plus élevé d’évolution vers la tuberculose active sont celles qui ont eu un contact récent avec la tuberculose, les enfants de moins de 5 ans et les personnes qui présentent des affections sous-jacentes (tableau 1)Note de bas de page 1Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10.

Chez les résidents nés à l’étranger, la tuberculose active résulte souvent de la réactivation d’une ITB contractée dans leur pays d’origine. Les principaux lieux de naissance des immigrants canadiens originaires de pays à forte incidence de tuberculose entre 2016 et 2021, par ordre de volume d’immigration au Canada (et l’incidence de tuberculose correspondante en 2023), étaient les suivants : Inde (195 cas pour 100 000), Philippines (643 cas pour 100 000), Chine (52 cas pour 100 000), Pakistan (277 cas pour 100 000), Hong Kong (50 cas pour 100 000), Iran (11 cas pour 100 000) et Vietnam (182 cas pour 100 000)Note de bas de page 11.

Dépistage de l’infection tuberculeuse et traitement préventif

Le test cutané à la tuberculine (TCT) et les tests de libération de l’interféron gamma (TLIG) sont utilisés pour détecter l’ITB. Les deux types de tests sont acceptables pour le dépistage de l’ITB; cependant, le TCT est actuellement plus accessible et est généralement couvert par les régimes d’assurance maladie provinciaux ou territoriaux au Canada. Il convient de noter que la réalisation de TLIG en série n’est pas recommandée et que les TLIG ne conviennent donc pas aux voyageurs qui se rendront à plusieurs reprises dans des pays à forte incidence de tuberculose.

Les traitements à privilégier pour l’ITB sont décrits dans le chapitre 6 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, qui propose deux options thérapeutiques de première intention. Le traitement de choix est la rifampicine prise quotidiennement pendant quatre mois (4R). L'autre option, c'est-à-dire la rifapentine et l’isoniazide administrés une fois par semaine pendant trois mois (3HP), est également efficace ; cependant, la rifapentine n’est pas autorisée à l’heure actuelle pour une utilisation courante au Canada et ne peut être obtenue que pour répondre à des besoins urgents en santé publique par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial ou de la Liste des médicaments pour des besoins urgents de santé publique. Si les schémas à base de rifamycine ne sont pas tolérés ou sont contrindiqués, l’option de traitement privilégiée est l’isoniazide prise quotidiennement pendant neuf mois (9H).

La section Résumé des données probantes ci-dessous présente des renseignements sur l’exactitude des tests de dépistage de l’ITB, de même que sur l’efficacité et les préjudices du traitement préventif. Pour connaître les recommandations canadiennes sur les tests à utiliser pour diagnostiquer l’ITB dans des circonstances cliniques particulières, les limites de chaque test et les schémas de traitement préventif de la tuberculose, voir le chapitre 4 et le chapitre 6 de la 8e édition des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse (2022).

Méthodes utilisées pour l’élaboration des lignes directrices

La présente déclaration a été élaborée par le groupe de travail sur la tuberculose du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Avec le soutien du secrétariat du CCMTMV, le groupe de travail a formulé des questions clés, créé un modèle logique, effectué des analyses documentaires, fait la synthèse des données probantes, rédigé des recommandations et élaboré la déclaration.

Les décisions clés à l’appui du processus d’élaboration des recommandations ont fait l’objet de discussions et ont été approuvées par l’ensemble des membres du CCMTMV. La version définitive de la déclaration et des recommandations a été approuvée par le CCMTMV.

Des experts canadiens en matière de tuberculose, dont le président responsable des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, ont été consultés au sujet de la méthode et ont examiné la présente déclaration ainsi que les recommandations qu’elle contient. La méthode GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation) a été utilisée pour évaluer les données probantes et élaborer les recommandations.

Questions clés

La question clé définie selon le cadre PICO (population d’intérêt, intervention, comparaison et résultats) de notre analyse systématique GRADE était la suivante :

Nous avons également élaboré un énoncé de bonnes pratiques pour répondre à la question suivante :

Nous avons élaboré un modèle logique pour le dépistage de l’ITB (figure 3). Les principales questions de recherche, telles qu’elles sont présentées dans le modèle, sont les suivantes :

  1. Quel est le risque de base d’ITB chez les voyageurs? Certaines sous-populations présentent-elles un risque accru d’ITB?
  2. Quels voyageurs sont les plus à risque de développer la tuberculose active en cas d’infection (pendant ou avant le voyage)?
  3. Quelles sont la sensibilité, la spécificité et les caractéristiques opérationnelles des tests diagnostiques (TCT et TLIG) de l’ITB?
  4. Quelles sont l’innocuité et l’efficacité d’un traitement préventif de la tuberculose par la rifampicine pendant 4 mois?
  5. Quelle est la proportion de voyageurs qui subissent un test de dépistage de la tuberculose après un voyage? Quelle est la proportion de voyageurs ayant obtenu un résultat positif au dépistage qui mènent à bien le traitement préventif? Dans quelle mesure les voyageurs acceptent-ils de se soumettre au dépistage et au traitement de l’ITB?
  6. Quels sont le coût et le rapport coût/efficacité du dépistage et du traitement de l’ITB chez les voyageurs pour la prévention de la tuberculose active?

Résultats et seuils

La décision de procéder au dépistage de l’ITB suppose que l’on a évalué les avantages et les préjudices du test de dépistage et du traitement préventif de la tuberculose. Parmi les résultats associés au dépistage figurent la probabilité de prévenir le développement de la tuberculose active, le risque d’évènements indésirables graves liés au traitement chez les personnes dont le résultat du test est positif, ainsi que le fardeau lié aux traitements inutiles (si le résultat du test est erroné) et aux interactions médicamenteuses.

Le comité a évalué l’importance de tous les résultats associés au dépistage et a considéré que la prévention de la tuberculose active et des évènements indésirables graves était cruciale pour la prise de décisions cliniques. Les traitements inutiles et les interactions médicamenteuses ont été considérés comme des résultats importants, mais non critiques (voir le tableau 10 de l’annexe 3). Nos analyses étaient axées sur les résultats critiques, tout en tenant compte des traitements inutiles (résultat important) (annexe 4). Puisque les interactions médicamenteuses n’auraient probablement pas de conséquences majeures sur la prise de décisions des voyageurs, elles n’ont pas été examinées davantage.

Pour étayer notre évaluation, nous avons défini, pour chaque résultat critique, un éventail d’effets absolus qui, selon nous, correspondent aux croyances des patients (tableau 2). L’ampleur des effets allait d’insignifiante – ce qui, selon nous, n’influencerait pas la prise de décisions – à des effets absolus de petite ou de grande ampleur – ce qui, selon nous, influencerait le choix du patient. Cette approche compatible avec la méthode GRADE facilite la comparaison des différents résultats. Par exemple, on considère généralement qu’un préjudice critique important l’emporte sur un avantage modéré.

Le comité a défini, pour chaque résultat critique, un seuil correspondant à un effet d’ampleur modérée, en fonction de la valeur constituant un degré d’avantage ou de préjudice découlant du dépistage et du traitement que les patients considéreraient cliniquement significatif. Lorsqu’elles étaient disponibles, des études résumant les valeurs et les préférences des patients et du public ont été utilisées. En l’absence de telles études, les membres du CCMTMV se sont appuyés sur leur propre expérience et leurs observations issues de la prise de décisions conjointes avec les patients et le public. Une échelle d’évaluation de l’ampleur de l’effet absolu anticipé par rapport au seuil d’un effet modéré a été établie comme suit (tableau 2) :

Tableau 2. Seuils associés à une ampleur d’effet absolue du dépistage de l’ITB, selon le résultat
Résultat critique Seuils d’augmentation ou de diminution absolue des avantages et des préjudices (nombre pour 1 000 [%]) Principaux jugements des membres du GT
Insignifiante Petite Modérée Grande
Prévention de la TB active < 0,5 pour 1 000 (0,05 %) 0,5 pour 1 000 (0,05 %) 1 pour 1 000 (0,1 %) 5 pour 1 000 (0,5 %) Les deux résultats sont pris en compte de façon similaire dans le processus décisionnel, puisqu’il existe un éventail de gravité des ÉIG; cependant, dans la plupart des cas, les voyageurs accorderaient une plus grande importance à la réduction du risque de TB active, qu’ils considéreraient comme prioritaire par rapport au risque d’ÉIG.
Évènement indésirable grave (ÉIG) lié au traitement < 0,5 pour 1 000 (0,05 %) 0,5 pour 1 000 (0,05 %) 1 pour 1 000 (0,1 %) 5 pour 1 000 (0,5 %)

Processus d’examen systématique ou rapide

Un examen systématique complet ou rapide a été effectué pour rechercher, sélectionner, analyser et évaluer les données probantes utilisées pour formuler les recommandations de la présente déclaration. Avec l’aide d’une bibliothécaire de référence, une stratégie de recherche a été élaborée et une recherche documentaire systématique a été effectuée pour trouver des examens systématiques et des études primaires (annexe 1) :

Des recherches ont été menées dans cinq bases de données électroniques (Medline, Embase, Global Health, ProQuest et Scopus) à l’aide de termes pertinents pour chaque question clé.

Un examen systématique de l’ITB chez les voyageurs réalisé par Diefenbach-Elstob et al. (2021) a été utilisé pour répondre à la question de recherche 1Note de bas de page 1. Nous avons utilisé l’examen systématique et méta-analyse de Campbell et al. (2020), examinant les risques de progression vers la tuberculose active, pour éclairer la question de recherche 2Note de bas de page 2. Pour la question de recherche 3, nous avons recensé un examen systématique et une méta-analyse réalisés récemment par la Preventive Services Task Force des États-Unis pour évaluer l’exactitude des tests de dépistage de la tuberculose (TCT et TLIG)Note de bas de page 12. Pour la question de recherche 4, nous avons consulté l’examen systématique et l’évaluation GRADE des essais cliniques sur les schémas de traitement préventif de la tuberculose, réalisée par les Centers for Disease Control des États-UnisNote de bas de page 13. Les données concernant les questions 5 et 6 sont présentées dans la section Faisabilité et acceptabilité et n’ont pas été incluses dans l’évaluation de l’équilibre entre les avantages et les préjudices.

Modèle et principales hypothèses

Nous avons élaboré un modèle pour estimer les avantages et les préjudices absolus associés au dépistage et au traitement de l’ITB (figure 4 de l’annexe 2). Les paramètres clés du modèle sont les suivants (tableau 3) :

Voir la section Résumé des données probantes pour une analyse complète de chacune de ces étapes. Le risque de maladie lié aux voyages a été estimé pour les 10 années suivant l’exposition, et il a été supposé que le risque annuel de maladie diminuerait de 50 % après la période de deux ans suivant l’expositionNote de bas de page 14Note de bas de page 15.

Tableau 3. Données d’entrée du modèle pour estimer les résultats de la réduction absolue des cas de tuberculose active, des évènements indésirables graves et des traitements inutiles chez les voyageurs
Données d’entrée du modèle Estimation groupée
Risque annuel d’ITB chez les voyageurs nés au Canada Note de bas de page 1 2,06 %
Risque annuel d’ITB chez les travailleurs de la santé Note de bas de page 1 4,30 %
Prévalence de l’ITB chez les résidents nés à l’étranger Note de bas de page 16 25 %
Risque annuel de maladie tuberculeuse :
Très élevée (VIH, silicose) Note de bas de page 3Note de bas de page 2 3,00 % pour les années 1 et 2; 1,50 % pour les années 3 à 10
Élevée (maladie rénale chronique, greffe d’organe, maladie fibronodulaire, prise de médicaments immunosuppresseurs, cancer)Note de bas de page 2Note de bas de page 3 0,50 % pour les années 1 et 2; 0,25 % pour les années 3 à 10
Modérée (granulome à la radiographie pulmonaire, diabète, forte consommation d’alcool ou de tabac)Note de bas de page 3 0,15 % pour les années 1 et 2; 0,08 % pour les années 3 à 10
Faible (population adulte générale)Note de bas de page 2Note de bas de page 3 0,03 % pour les années 1 et 2; 0,01 % pour les années 3 à 10
Exactitude du diagnostic de tuberculose au moyen du TCT – taille de l’induration ≥ 10 mm Note de bas de page 12 Sensibilité : 81 %
Spécificité : 98 %
Efficacité du traitement par la rifampicine Note de bas de page 13 Efficacité : 75 %
ÉIG associés à la rifampicineNote de bas de page 17Note de bas de page 18 Risque d’ÉIG : 0,9 %

L’équilibre entre les avantages et les préjudices a été évalué en comparant la réduction absolue du risque de tuberculose active au risque absolu d’évènements indésirables graves.

La réduction absolue du risque de tuberculose active (avantage) et le risque absolu d’évènements indésirables graves (préjudices) pour différentes durées de voyage ont été estimés pour les trois différentes populations de voyageurs (voyageurs adultes nés au Canada, travailleurs de la santé nés au Canada et voyageurs résidents nés à l’étranger). Voir le tableau 4, tableau 5, tableau 6 et tableau 7 de la section Résumé des données probantes et les exemples de calculs à l’annexe 3.

La réduction absolue du risque de tuberculose active a été estimée à partir du risque de base d’ITB chez les voyageurs (lequel varie selon le type de voyageur et la durée du voyage) x le nombre estimé de vrais positifs x le risque annuel de progression vers la maladie x l’efficacité de la rifampicine.

L’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves a été estimée à l’aide du nombre total de voyageurs traités x le nombre d’ÉIG de grade 3 à 5 associés à la rifampicine.

L’augmentation absolue des traitements inutiles a été estimée en calculant la différence entre le nombre estimé de vrais positifs et le produit du nombre estimé de vrais positifs x le risque annuel de progression vers la maladie, puis en additionnant cette différence au nombre estimé de faux positifs.

Bien que les estimations modélisées présentent des limites, comme l’hypothèse d’un seul voyage cumulatif, la structure du modèle reflète généralement le parcours de soins standard au Canada. Ces estimations modélisées ont été utilisées pour le processus lié aux données probantes appuyant la prise de décisions (voir ci-dessous).

Processus lié aux données probantes appuyant la prise de décisions

Le comité a analysé les données probantes et a élaboré les recommandations après avoir pris en compte les avantages et les préjudices du dépistage et du traitement de l’ITB, les valeurs et les préférences des patients, les ressources, l’acceptabilité et la faisabilitéNote de bas de page 19. Dans le cadre de l’évaluation de la certitude des données probantes provenant des données de sortie du modèle, la structure du modèle et le degré de certitude des données d’entrée du modèle ont été évalués à l’aide de la méthode GRADE (annexe 4)Note de bas de page 20. Le degré global de certitude des données probantes portant sur les avantages et les préjudices a été présenté comme élevé, modéré, faible ou très faible. La perspective adoptée pour formuler la recommandation de dépistage était celle du voyageur individuel. Cependant, le comité a examiné les données probantes et reconnaît les répercussions liées à la prévention de la transmission de la maladie et à l’affectation des ressources à l’échelle de la population.

L’évaluation menant aux recommandations finales a été résumée dans un cadre de données probantes appuyant la prise de décisionsNote de bas de page 21(voir l’annexe 4). Ce travail a bénéficié du soutien d’un consultant sur l’utilisation de la méthode GRADE de l’Université McMaster.

L’énoncé de bonnes pratiques a été élaboré parce que nous étions d’avis qu’il existait des données probantes jugées acceptables d’un avantage net sans équivoque, et que les préjudices et les coûts étaient négligeablesNote de bas de page 22(voir l’annexe 5).

Évaluation des données probantes et recommandations en matière de prévention de la tuberculose chez les voyageurs

  1. Le CCMTMV suggère que les voyageurs adultes nés au Canada qui reviennent au pays après un séjour de 6 mois consécutifs ou plus dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

    (Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de faible certitude)

  2. Le CCMTMV suggère que les professionnels de la santé adultes nés au Canada qui reviennent au pays après avoir prodigué des soins à des patients pendant 3 mois consécutifs ou plus dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

    (Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de certitude modérée)

  3. Le CCMTMV suggère que les voyageurs résidents adultes nés à l’étranger (voir la section Définitions), y compris les travailleurs de la santé, qui reviennent au Canada après un voyage de quelque durée que ce soit dans un ou plusieurs pays à forte incidence de tuberculose et qui présentent un risque élevé ou très élevé de développer une tuberculose active fassent l’objet d’un test de dépistage de l’ITB après leur retour.

    (Recommandation discrétionnaire, fondée sur des données de faible certitude)

  4. Les professionnels de la santé devraient conseiller les voyageurs sur les mesures de prévention de l’infection si ceux-ci risquent d’être exposés à la tuberculose.

    (Énoncé de bonnes pratiques)

Résumé des données probantes

Risque de base d’infection

Voyageurs nés au Canada

Le risque d’infection par la tuberculose dépend du type d’exposition, notamment de l’incidence de la tuberculose dans le pays de destination, de la durée du voyage, du but du voyage et de l’exposition à la tuberculose avant le voyage. Un examen systématique du risque d’ITB liée aux voyages a estimé que l’incidence globale de l’ITB chez les voyageurs visitant des pays à forte incidence de tuberculose était de 2,32 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,71 à 3,13) après un séjour de 12 à 18 mois, et que le taux de tuberculose active liée aux voyages était de 120,71 cas pour 100 000 voyageursNote de bas de page 1. En outre, certaines sous-populations présentaient un risque relativement plus élevé. Par exemple, les travailleurs de la santé (TS) voyageant pour le travail présentaient une incidence cumulative groupée de 4,3 % (IC à 95 % : 2,8 à 6,7) après une période médiane de 6 mois, ce qui est nettement plus élevé que pour les voyageurs qui n’étaient pas des TS (2,06 %; IC à 95 % : 1,49 à 2,86)Note de bas de page 1. Ces résultats concordent avec ceux obtenus dans une autre analyse qui a révélé que, par rapport à la population générale, les estimations groupées stratifiées relatives aux ratios des taux d’incidence annuels de la tuberculose chez les TS étaient 2,42 (IC à 95 % : 1,20 à 3,64), 2,45 (IC à 95 % : 1,05 à 3,84) et 3,68 (IC à 95 % : 2,89 à 4,48) fois plus élevées que le risque correspondant pour la population générale dans les pays à faible, moyenne et forte incidence, respectivementNote de bas de page 23. Cela concorde avec la constatation de l’examen systématique de Diefenbach EstobNote de bas de page 1 selon lequel le risque d’ITB est deux fois plus élevé chez les travailleurs de la santé en voyage par rapport aux voyageurs en général. Compte tenu de ce risque d’infection plus élevé documenté chez les TS, le CCMTMV a stratifié le risque de base d’infection en fonction du statut de TS (4,3 % contre 2,06 % chez les voyageurs qui ne sont pas des TS).

Un voyage dans un pays à forte incidence de tuberculose, comparativement au Canada, a été défini comme un voyage dans un pays comptant plus de 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes, ce qui correspond aux critères d’inclusion des études dans l’examen systématiqueNote de bas de page 1. Cette étude n’a pas mis en évidence d’écarts en ce qui concerne l’ITB chez les voyageurs se rendant dans des lieux où l’incidence de la tuberculose est intermédiaire (> 10 à 99 cas/100 000 personnes) par rapport aux lieux où elle est élevée (> 100/100 000); cela peut s’expliquer par le fait que les pays de destination n’étaient pas clairement indiqués dans toutes les études incluses. Nous avons également effectué des analyses de sensibilité en élaborant des modèles fondés sur des probabilités d’infection correspondant à 30 % et à 50 % de nos taux de référence. Enfin, bien que la durée des voyages dans les études incluses dans l’examen systématique variait de 6 à 24 mois, nous avons simplifié notre modèle en supposant que le risque d’infection était attribuable à une année de voyage.

Le risque d’ITB a déjà été estimé dans d’autres contextes à l’aide de la règle de Styblo. Élaborée en 1985 à partir de données provenant de 16 pays, cette règle établissait un lien entre la mortalité annuelle attribuable à la tuberculose, l’incidence des résultats de frottis positifs pour la tuberculose et le risque annuel d’infectionNote de bas de page 24. Dans les pays à forte incidence de tuberculose, la règle de Styblo estime qu’une incidence annuelle de 50 à 60 frottis positifs pour la tuberculose pour 100 000 personnes correspond à un risque annuel d’infection de 1 %Note de bas de page 24. Cependant, puisqu’il a été démontré que ce ratio surestime la transmission de la tuberculoseNote de bas de page 24, nous ne l’avons pas utilisé dans notre analyse. Des études de modélisation récentes ont estimé le risque annuel d’infection actualisé, notamment chez les résidents nés dans un pays étranger où la tuberculose est endémique, en tenant compte des améliorations apportées aux programmes nationaux de traitement de la tuberculose active et de lutte contre l’infectionNote de bas de page 16Note de bas de page 25. Selon ces modèles, qui s’appuient sur une combinaison d’estimations directes tirées d’enquêtes sur l’ITB et d’estimations indirectes calculées à partir de la prévalence de la tuberculose à frottis positif publiée par l’OMS à l’aide du ratio de Styblo révisé, l’incidence annuelle prévue de l'ITB chez les Canadiens voyageant dans des pays où la tuberculose est endémique est inférieure à 2 %Note de bas de page 16Note de bas de page 25. Comme ces estimations ne portaient pas précisément sur les voyageurs, nous avons retenu, pour l’analyse primaire, les estimations de base des cas d’infection tirées de l’examen systématique de Diefenbach-Elstob et al.Note de bas de page 1. Nous avons ensuite effectué des analyses de sensibilité en utilisant les estimations du risque d’ITB obtenues pour divers taux d’incidence selon le ratio de Styblo.

Voyageurs résidents adultes nés à l’étranger (voir la section Définitions)

Les données de surveillance canadiennes et américaines et d’autres études d’observation dans des contextes de faible incidence de la tuberculose suggèrent que certaines sous-populations de voyageurs – les personnes nées dans des pays à forte incidence de tuberculose, les personnes rendant visite à des amis ou à des parents, et les voyageurs effectuant des séjours prolongés – présentent un risque accru d’ITB et de tuberculose active liées aux voyagesNote de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 30Note de bas de page 31Note de bas de page 32Note de bas de page 33. Selon une étude de modélisation, la prévalence de l’ITB chez les résidents canadiens nés dans un pays à forte incidence de tuberculose est estimée à 25 %Note de bas de page 16. Cela concorde avec d’autres estimations relevées dans la littérature selon lesquelles la prévalence serait de 10 à 40 % chez ce groupe, bien que cette proportion varie en fonction de l’incidence de la tuberculose dans le pays d’origine et de l’âge de la personne (un indicateur de la durée de l’exposition et, dans certains groupes d’âge, du risque accru d’évolution vers la tuberculose active)Note de bas de page 25Note de bas de page 34Note de bas de page 35Note de bas de page 36Note de bas de page 37.

En ce qui concerne les personnes nées dans un pays à forte incidence de tuberculose, les estimations indiquent que, chez certaines populations, de 15 à 50 % des cas de tuberculose active se manifestent après un voyage pour rendre visite à des amis ou à des parents dans le pays d’origineNote de bas de page 28Note de bas de page 32Note de bas de page 38Note de bas de page 39Note de bas de page 40. Les données de surveillance des cliniques de voyage européennes ont révélé que le risque de tuberculose active était quinze fois plus élevé chez les voyageurs rendant visite à des amis ou à des parents que chez les voyageurs effectuant des séjours de courte durée ou les expatriés (3,61 % contre 0,23 %)Note de bas de page 28.

Les voyageurs résidents nés à l’étranger dont les tests de dépistage antérieurs se sont révélés négatifs peuvent présenter des profils de risque semblables à ceux des voyageurs nés au Canada.

Risque de développer la tuberculose active

Le risque de progression de l’ITB vers la tuberculose active est influencé par des facteurs individuels, comme le temps écoulé depuis l’infection, l’âge et les comorbidités concomitantes (tableau 3)Note de bas de page 1Note de bas de page 8Note de bas de page 41. Le risque de développer une tuberculose active est le plus élevé durant les deux premières années suivant l’infection; il diminue ensuite considérablement, représentant environ le tiers du risque initial au début de la cinquième annéeNote de bas de page 4Note de bas de page 15Note de bas de page 42Note de bas de page 43.

En l’absence de comorbidités, seulement 5 à 10 % des personnes atteintes d’une ITB développeront une tuberculose active au cours de leur vieNote de bas de page 7. Le TCT et le TLIG ne permettent pas de différencier les infections qui évolueront vers une tuberculose active de celles qui ne progresseront pas vers la maladie active. Selon un vaste examen systématique et une méta-analyse regroupant des études de cohortes et des essais randomisés menés auprès de populations non traitées ayant obtenu un résultat positif au TCT ou au TLIG, les taux de progression vers la tuberculose active variaient en fonction des comorbidités sous-jacentes et du degré d’immunosuppression associéeNote de bas de page 2. Ces données sont résumées par groupe de risque (faible à très élevé) en fonction du risque annuel de développer une tuberculose active (tableau 3).

Bien qu’il y ait chez les jeunes voyageurs un risque élevé d’évolution de l’ITB vers la tuberculose activeNote de bas de page 10Note de bas de page 14Note de bas de page 44Note de bas de page 45, cette population sera prise en compte dans des lignes directrices distinctes.

Exactitude des tests diagnostiques de l’ITB

Un examen systématique de 2023 a recensé 101 études de qualité au moins acceptable qui visaient à faire la synthèse des caractéristiques de performance des tests TCT et TLIG; la sensibilité groupée du TCT, tous seuils confondus (5 mm, 10 mm, 15 mm) variait de 0,60 à 0,81, celle de l’ensemble des TLIG, de 0,81 à 0,90, et la spécificité de l’ensemble des tests se situait entre 0,95 et 0,99Note de bas de page 12. Au seuil de 10 mm, le TCT présentait une sensibilité de 0,81 et une spécificité de 0,98, tandis que le TLIG « QFT-Plus » présentait une sensibilité de 0,89 et une spécificité de 0,98Note de bas de page 12. Le comité a décidé d’utiliser les valeurs du TCT dans le modèle, car ce test est disponible partout au Canada et donne des résultats semblables à ceux du TLIG (tableau 3). En outre, le TLIG n’est pas recommandé pour la réalisation de tests répétés, une pratique à laquelle on a souvent recours dans le contexte des voyages, par exemple chez les personnes qui effectuent plusieurs voyages.

Innocuité et efficacité du traitement préventif de la tuberculose

Un examen systématique des essais cliniques sur les schémas de traitement de l’ITB a été mené en 2020 par les Centers for Disease Control des États-Unis et comprenait une évaluation des données probantes à l’aide des critères GRADENote de bas de page 13. Comme la rifampicine et le placebo n’ont pas été comparés directement dans les essais cliniques, l’efficacité a été évaluée au moyen d’une méta-analyse en réseau, qui a mis en évidence un rapport de cotes de 0,25 (IC à 95 % : 0,11 à 0,57) pour un traitement par la rifampicine administré quotidiennement pendant 3 à 4 mois comparativement à l’absence de traitementNote de bas de page 13. Nous avons utilisé une efficacité à 75 % dans notre modèle (tableau 3).

Trois essais cliniques ont évalué le risque d’évènements indésirables graves associés à la rifampicine par rapport à l’isoniazide pour le traitement de l’ITBNote de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 46. L’essai initial de phase 1 était une étude de petite envergure qui comptait seulement 58 patients par groupe et qui présentait un risque de biais lié à l’absence d’insu des évaluateurs de résultatsNote de bas de page 46. Parmi les essais de phase 2 et 3, le risque d’évènements indésirables graves (grades 3 à 5) considérés par le comité comme possiblement ou probablement liés au médicament étudié était de 0,9 % dans le groupe recevant la rifampicine et de 2,3 % dans le groupe recevant l’isoniazideNote de bas de page 17Note de bas de page 18. Nous avons utilisé 0,9 % comme valeur pour la rifampicine dans notre modèle (tableau 3).

Avantages et préjudices du dépistage et du traitement de l’ITB

Les avantages et les préjudices du dépistage et du traitement de l’ITB ont été estimés à l’aide d’un modèle comprenant des valeurs pour chacun des résultats critiques et certains résultats importants, et sont présentés séparément pour trois groupes de voyageurs, c’est-à-dire les personnes nées au Canada, les travailleurs de la santé nés au Canada et les résidents nés à l’étranger, en fonction de différentes durées de voyage (1 à 12 mois).

Voyageurs nés au Canada

Prévention de la tuberculose active (résultat critique) : La plus grande réduction absolue estimée du risque individuel de tuberculose active attribuable au dépistage et au traitement après le voyage concerne les personnes présentant un risque très élevé de développer une tuberculose active en cas d’infection (c’est-à-dire les personnes qui vivent avec le VIH, qui ont été en contact étroit avec une personne atteinte de tuberculose ou qui sont atteintes de silicose). Pour les voyageurs à risque très élevé qui sont nés au Canada et qui séjournent à l’étranger pendant 6 mois ou plus, la réduction absolue estimée du risque de tuberculose active varie de 0,1 à 0,2 % dans l’ensemble, et de 4 à 6 % chez les personnes dont le résultat du test de dépistage est positif. Pour les travailleurs de la santé à risque très élevé, c’est-à-dire qui fournissent des soins à l’étranger pendant 3 mois ou plus, la réduction absolue estimée du risque de tuberculose active varie de 0,1 à 0,5 % dans l’ensemble, ou de 4 à 9 % chez les personnes dont le résultat du test de dépistage est positif (tableau 4 et tableau 5, tableau 11 et tableau 12 de l’annexe 3).

L’ampleur des avantages est demeurée essentiellement la même lorsque nous avons examiné différentes hypothèses concernant le risque de base, et lorsque nous avons utilisé le TLIG plutôt que le TCT. Lorsque nous avons utilisé des estimations du risque d’ITB fondées sur le ratio de Styblo, nous avons observé une ampleur des avantages comparable, mais uniquement chez les personnes présentant un risque très élevé de développer une tuberculose active, ce qui indique que le risque d’infection associé aux voyages n’est probablement pas le principal facteur influençant la probabilité de développer la maladie.

Évènements indésirables graves (résultat critique) : Chez les voyageurs adultes nés au Canada, le risque d’évènements indésirables graves liés au traitement par la rifampicine demeurait systématiquement inférieur à notre seuil de 0,1 % pour tous les groupes de voyageurs (tableau 4 et tableau 5). Les analyses de sensibilité ont montré que l’utilisation quotidienne d’isoniazide pendant 9 mois pouvait multiplier par 2 ou 3 le risque absolu d’évènements indésirables graves par rapport au traitement par la rifampicine.

Traitement inutile (résultat important) : Chez les voyageurs adultes nés au Canada ayant subi un test de dépistage de la tuberculose, il existe un risque de 2 à 6 % de recevoir un traitement inutile en raison de résultats faussement positifs (tableau 4 et tableau 5). Dans le cas des schémas thérapeutiques à base de rifamycine, un ajustement de la médication et une surveillance supplémentaire peuvent être nécessaires en raison d’interactions médicamenteuses. Ce phénomène est fréquent chez les personnes prenant des antihypertenseurs, des anticoagulants, des antifongiques, de la méthadone, ainsi que certains agents immunosuppresseurs, antirétroviraux et contraceptifs hormonaux.

L’annexe 3 présente des exemples de calculs effectués pour estimer les avantages et les préjudices.

Tableau 4. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les voyageurs adultes nés au Canada
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 0,23 0,04 0,01 0,00
6 mois 0,11 0,02 0,01 0,00
3 mois 0,06 0,01 0,00 0,00
1 mois 0,02 0,00 0,00 0,00
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,03 0,03 0,03 0,03
6 mois 0,03 0,03 0,03 0,03
3 mois 0,02 0,02 0,02 0,02
1 mois 0,02 0,02 0,02 0,02
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 3,33 3,58 3,61 3,62
6 mois 2,66 2,79 2,81 2,81
3 mois 2,33 2,39 2,40 2,41
1 mois 2,11 2,13 2,13 2,13
Tableau 5. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les professionnels de la santé adultes nés au Canada et rentrant au pays après avoir fourni des soins à des patients
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 0,47 0,08 0,02 0,00
6 mois 0,24 0,04 0,01 0,00
3 mois 0,12 0,02 0,01 0,00
1 mois 0,04 0,01 0,00 0,00
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,05 0,05 0,05 0,05
6 mois 0,03 0,03 0,03 0,03
3 mois 0,03 0,03 0,03 0,03
1 mois 0,02 0,02 0,02 0,02
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 4,77 5,29 5,37 5,39
6 mois 3,39 3,65 3,68 3,70
3 mois 2,69 2,82 2,84 2,85
1 mois 2,23 2,27 2,28 2,28
Voyageurs résidents nés à l’étranger (voir la section Définitions)

Prévention de la tuberculose active (résultat critique) : Parmi les voyageurs résidents nés à l’étranger, les personnes appartenant aux groupes à risque élevé et très élevé ont atteint le seuil associé à un avantage modérément important, avec une réduction estimée du risque absolu de tuberculose active allant de 0,4 à 2,8 % chez l’ensemble des personnes ayant subi un test de dépistage, et de 1,8 à 10,9 % chez les personnes ayant obtenu un résultat positif au dépistage, en fonction de la durée et du but du voyage (tableau 6, tableau 7, tableau 13 et tableau 14 de l’annexe 3). La majorité des ITB chez les voyageurs résidents nés à l’étranger surviennent parce que ces personnes ont déjà vécu dans un pays à forte incidence de tuberculose (25 %). Le risque supplémentaire d’ITB associé au fait d’avoir effectué, pendant une période de 12 mois, un voyage de nature générale ou dans le but de prodiguer des soins de santé est de 2,06 % ou 4,3 %, respectivement.

De même que pour les voyageurs nés au Canada, l’ampleur des avantages est demeurée essentiellement la même lorsque nous avons examiné différentes hypothèses concernant le risque de base, et lorsque nous avons utilisé le TLIG plutôt que le TCT.

Évènements indésirables graves (résultat critique) : Pour les voyageurs résidents nés à l’étranger, le seuil d’un effet modéré, soit 0,2 %, a été dépassé pour tous les groupes à risque, en raison de la probabilité plus élevée d’être infecté (et traité) (tableau 6 et tableau 7). Toutefois, pour les groupes à risque élevé et très élevé, le CCMTMV a accordé une plus grande valeur à l’estimation des avantages relativement importants de la prévention de la tuberculose active qu’à l’estimation absolue modérée des évènements indésirables liés au traitement. Pour le groupe présentant un risque modéré, les avantages et les préjudices étaient étroitement équilibrés (voir la section Jugement). Comme pour les voyageurs nés au Canada, les analyses de sensibilité ont montré que l’utilisation quotidienne d’isoniazide pendant 9 mois pouvait multiplier par 2 ou 3 le risque absolu d’évènements indésirables graves par rapport au traitement par la rifampicine.

Traitement inutile (résultat important) : Le risque de traitement inutile augmente pour atteindre 19 à 25 % chez les voyageurs résidents nés à l’étranger en raison de la probabilité plus élevée qu’ils obtiennent un résultat positif au dépistage comparativement aux voyageurs nés au Canada (tableau 6 et tableau 7). La majorité des ITB chez les voyageurs résidents nés à l’étranger surviennent parce que ces personnes ont déjà vécu dans un pays à forte incidence de tuberculose (25 %). Le risque supplémentaire d’ITB associé au fait d’avoir effectué, pendant une période de 12 mois, un voyage de nature générale ou dans le but de prodiguer des soins de santé est de 2,06 % ou 4,3 %, respectivement.

Tableau 6. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les voyageurs résidents adultes nés à l’étranger
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 2,50 0,42 0,13 0,02
6 mois 2,39 0,40 0,12 0,02
3 mois 2,33 0,39 0,12 0,02
1 mois 2,30 0,38 0,11 0,02
2 semaines 2,29 0,38 0,11 0,02
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,21 0,21 0,21 0,21
6 mois 0,20 0,20 0,20 0,20
3 mois 0,20 0,20 0,20 0,20
1 mois 0,20 0,20 0,20 0,20
2 semaines 0,20 0,20 0,20 0,20
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 20,04 22,82 23,21 23,35
6 mois 19,38 22,03 22,40 22,54
3 mois 19,04 21,64 22,00 22,13
1 mois 18,82 21,37 21,73 21,86
2 semaines 18,76 21,30 21,66 21,79
Tableau 7. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les professionnels de la santé adultes nés à l’étranger et rentrant au Canada après avoir fourni des soins à des patients
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 2,75 0,46 0,14 0,02
6 mois 2,51 0,42 0,13 0,02
3 mois 2,40 0,40 0,12 0,02
1 mois 2,32 0,39 0,12 0,02
2 semaines 2,30 0,38 0,11 0,02
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,23 0,23 0,23 0,23
6 mois 0,21 0,21 0,21 0,21
3 mois 0,20 0,20 0,20 0,20
1 mois 0,20 0,20 0,20 0,20
2 semaines 0,20 0,20 0,20 0,20
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 21,48 24,54 24,96 25,12
6 mois 20,10 22,89 23,28 23,42
3 mois 19,41 22,07 22,44 22,57
1 mois 18,94 21,52 21,88 22,01
2 semaines 18,82 21,37 21,73 21,85

Faisabilité et acceptabilité

Acceptabilité : Dépistage

Le dépistage par TCT nécessite deux visites au centre de soins de santé, la première pour l’injection de TubersolMD, et la seconde 48 à 72 heures plus tard pour la lecture des résultats. Bien qu’il n’existe aucune étude portant précisément sur les voyageurs, un examen systématique et une méta-analyse de 2016 ont examiné la cascade de soins pour le diagnostic et le traitement de l’ITB dans la population générale, en s’appuyant sur les données provenant de 58 études menées dans plusieurs paysNote de bas de page 47. Parmi les personnes identifiées pour subir un test de dépistage de l'ITB, environ 72 % ont achevé l’étape de dépistage.

Acceptabilité : Traitement

Le fait de ne pas commencer et de ne pas achever un traitement préventif de la tuberculose a toujours été perçu comme une occasion manquée dans la lutte contre la tuberculose. L’amorce du traitement s’est révélée plus élevée chez les personnes qui sont immunodéprimées (85 %) que chez les travailleurs de la santé (6 à 48 %), selon les estimationsNote de bas de page 47Note de bas de page 48Note de bas de page 49. Les taux déclarés d’achèvement du traitement dans la population générale varient considérablement, allant de 46 % à 95 %Note de bas de page 50. Ce phénomène est sans doute attribuable à la variabilité des valeurs et des préférences des voyageurs à l’égard d’un traitement antimicrobien relativement long pour traiter une affection asymptomatique.

Un examen systématique chez les immigrants révèle que la proportion d’immigrants ayant obtenu un résultat positif au dépistage qui ont entamé un traitement n’était que de 69 % (IC à 95 % : 51 % à 84 %) et que seuls 74 % d’entre eux (IC à 95 % : 66 % à 81 %]) ont achevé le traitementNote de bas de page 51.

Obstacles

De multiples obstacles sociaux et liés au système de santé font en sorte que ces personnes sont perdues de vue à différentes étapes de la cascade de soins, notamment les contrindications médicales, les barrières linguistiques et la perception personnelle d’un faible risque d’infectionNote de bas de page 47. Des facteurs socioéconomiques, comme le chômage ou l’absence de soutien social, ont également été associés à des occasions manquées de dépistage et à une piètre observance du traitement par les personnes atteintes d’une ITBNote de bas de page 52.

Les obstacles couramment signalés à l'amorce et à l’observance du traitement comprennent la perception que la tuberculose n’est pas une maladie grave, le faible risque perçu de tuberculose active, les préoccupations liées à la toxicité du traitement et la longue durée de certains schémas thérapeutiquesNote de bas de page 47. Des taux plus faibles d’achèvement du traitement ont été signalés chez les immigrants et les travailleurs de la santéNote de bas de page 50Note de bas de page 52Note de bas de page 53. Chez les travailleurs de la santé, des taux plus faibles d’amorce et d’achèvement du traitement ont été attribués à certains groupes, comme les médecins ou les techniciens, à une durée d’emploi plus longue, à un âge plus avancé et à des préoccupations concernant les évènements indésirables liés au traitementNote de bas de page 49.

Dans le contexte de la médecine des voyages, de nombreux voyageurs à risque élevé, comme les immigrants, ne demandent pas de conseils de santé avant leur départNote de bas de page 54. Chez les voyageurs qui demandent des conseils avant leur départ, la tuberculose n’est généralement pas considérée comme une priorité, notamment chez les voyageurs et les professionnels de la santé. Des obstacles d’ordre pratique, notamment la nécessité de se rendre à la clinique à deux reprises pour la réalisation et la lecture du test cutané à la tuberculine (TCT), de même les barrières linguistiques et les préoccupations relatives à l’immigration, risquent de réduire encore plus la participation.

Les obstacles observés chez les professionnels de la santé sont également largement attestés. Ces obstacles comprennent une connaissance limitée des avantages et des risques du traitement préventif de la tuberculose, une réticence à traiter des personnes asymptomatiques, la lourdeur administrative et le manque de clarté des voies d’orientation des patientsNote de bas de page 47Note de bas de page 55Note de bas de page 56. Selon une étude cas-témoins imbriquée, les immigrants, les hommes et les travailleurs de la santé étaient moins susceptibles de se voir proposer un traitement contre l’ITB — une différence qui n’était pas justifiée par leur risque sous-jacent, ce qui évoque la possibilité d’un biais imputable aux professionnels de la santéNote de bas de page 57.

Facteurs favorables

Un thème récurrent dans de nombreuses études est que des schémas thérapeutiques plus courts sont associés à une meilleure observance et à des taux plus élevés d'achèvement du traitementNote de bas de page 50Note de bas de page 52, les schémas à base de rifamycine présentant un taux d’achèvement supérieur de 20 % à celui de l’isoniazideNote de bas de page 47. La rifampicine est un traitement d'une durée de 4 mois, qui nécessite la prise d’une dose quotidienne pendant 120 jours. Le traitement consiste en une capsule à prendre par voie orale, à jeun. Parmi les autres facteurs associés au dépistage, à l'amorce du traitement et à un nombre moins élevé de patients perdus de vue figurent une immunodépression préexistante et la participation à une enquête sur les contacts. Cette situation serait attribuable au statut de risque élevé des personnes qui sont immunodéprimées, lequel entraîne une prise en charge plus soutenueNote de bas de page 47.

Les données sur l’efficacité de la thérapie en observation directe sont partagées, mais des interventions sociales comme le soutien à l’observance, l’éducation et la gestion active des cas ont montré des effets positifs dans certaines études. Les répercussions des interventions semblent varier selon la population et le contexteNote de bas de page 52.

Considérations relatives aux ressources

Le TCT et le traitement préventif contre la tuberculose sont couverts par les régimes d’assurance maladie provinciaux du Canada lorsqu’ils sont jugés nécessaires sur le plan médical. Dans certaines provinces canadiennes, les TLIG sont couverts par les régimes d’assurance maladie, alors que dans d’autres provinces, les patients peuvent devoir assumer des frais estimés à environ 100 $Note de bas de page 58.

Il n’existe aucune analyse publiée sur le rapport coût/efficacité du dépistage de l’ITB après un voyage pour les situations où les personnes ayant reçu un résultat positif reçoivent un traitement par la rifampicine pendant 4 mois. Selon une analyse décisionnelle fondée sur l’utilisation de l’isoniazide pendant 9 mois comme traitement préventif et comparant quatre approches de dépistage chez les voyageurs se rendant au Mexique, en Haïti ou en République dominicaine, la réalisation d’un seul test après le voyage était la stratégie la plus rentable parmi un large éventail d’hypothèses, et permettait de réaliser des économies pour les longs voyages ou lorsque le risque d’exposition était élevé; toutefois, les sujets du modèle n’étaient pas représentatifs de tous les voyageurs canadiens potentielsNote de bas de page 59. Dans une cohorte hypothétique d’expatriés de 30 ans voyageant de pays à faible incidence de tuberculose vers des pays à forte incidence, pour laquelle diverses stratégies de dépistage (comprenant le TCT, les TLIG ou la radiographie pulmonaire) suivies d’un traitement 3HP ou 9H ont été modélisées, la stratégie de dépistage et de traitement la plus rentable était l’utilisation d’un TLIG (QuantiFERON-TB Gold In-Tube) suivie du schéma 3HPNote de bas de page 60. Cependant, le schéma 3HP n’est pas facilement accessible au Canada à l’heure actuelle.

Du point de vue de la population, les études portent à croire que le traitement préventif ciblé pourrait permettre de réaliser des économies. Un examen rétrospectif des dossiers et une analyse des coûts ont permis d’estimer les coûts liés à la prise en charge de la tuberculose (ITB et tuberculose active) dans trois grands centres de traitement au CanadaNote de bas de page 61. L’évaluation du rapport coût/efficacité du traitement de l’ITB a révélé que traiter 23 personnes infectées par la TB au moyen la rifampicine pendant 4 mois coûtait autant que de prendre en charge un seul cas de tuberculose active, ce qui laisse entendre que le traitement ciblé de l’ITB pourrait réduire les coûts plus élevés associés au traitement de la tuberculose active, en particulier les cas de tuberculose pharmacorésistanteNote de bas de page 61.

Jugement

Lorsque la réduction du risque de tuberculose active atteignait au moins un niveau modéré et dépassait l’augmentation estimée des ÉIG associés au traitement, le comité a jugé que le dépistage de l’ITB après le voyage procurait plus d’avantages que de préjudices. Chez les voyageurs nés au Canada, les avantages étaient au moins d’ampleur modérée, et les préjudices étaient faibles pour les personnes appartenant au groupe à risque très élevé ayant voyagé à l’étranger pendant 6 mois ou plus. Chez les professionnels de la santé nés au Canada, les avantages étaient au moins d’ampleur modérée, et les préjudices étaient faibles pour les personnes appartenant au groupe à risque très élevé ayant voyagé à l’étranger pendant 3 mois ou plus.

En ce qui concerne les voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque élevé ou très élevé de progression vers la tuberculose active, nous avons accordé une plus grande importance à l’estimation relativement élevée des avantages liés à la prévention de la tuberculose active qu’à l’estimation absolue modérée des évènements indésirables liés au traitement. Dans le cas des voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque faible ou modéré de développer une tuberculose active, l’évaluation des avantages et des préjudices ne faisait pas clairement pencher la balance en faveur du dépistage de l’ITB. Chez les voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque modéré de progression vers une tuberculose active, les estimations des préjudices et des avantages étaient toutes deux d’ampleur modérée, et l’augmentation estimée de la probabilité d’ÉIG était numériquement plus élevée que la réduction estimée du risque de tuberculose active. Comme les estimations des avantages et des préjudices sont à peu près équivalentes, le professionnel de la santé devrait évaluer soigneusement le risque individuel du voyageur, discuter des avantages et des préjudices du dépistage, tenir compte des valeurs et des préférences du voyageur et lui permettre de décider de manière éclairée s’il souhaite ou non subir un test de dépistage de l’ITB (figure 2).

Le comité a jugé que l’intervention entraînait un faible coût pour le voyageur, qu’elle était acceptable pour la plupart des voyageurs et que sa faisabilité demeurait inconnue (annexe 4). Compte tenu de ces éléments, nous avons opté pour une recommandation discrétionnaire préconisant un dépistage ciblé après le voyage chez certains groupes à risque élevé.

Mesures de prévention des infections

Si les voyageurs souhaitent adopter des mesures de prévention des infections, les professionnels de la santé devraient leur conseiller d’envisager le port d’un masque N95 lorsqu’ils se trouvent dans un milieu à haut risque, et/ou d’éviter de tels milieux (par exemple, les environnements intérieurs très fréquentés et mal ventilés).

Les petits espaces intérieurs mal ventilés ou dotés d’un système de recirculation de l’air peuvent accroître la concentration de bactéries inhalées par les personnes vulnérables. Dans les environnements bondés, la proximité accrue entraîne une augmentation du nombre de personnes exposées à un cas infectieux. En outre, une exposition prolongée augmente la probabilité de transmission de la maladieNote de bas de page 62. Il est recommandé de porter un masque homologué par Santé Canada muni d’un filtre N95 ou de niveau supérieur, car les masques médicaux ne sont pas conçus pour offrir une protection contre M. tuberculosisNote de bas de page 63. Les masques N95 sont munis d’un filtre qui permet d’éliminer au moins 95 % des particules en suspension dans l’air, y compris les mycobactéries; c’est pourquoi ils sont couramment utilisés dans les milieux de soins pour prévenir l’ITBNote de bas de page 64.

Il est recommandé aux personnes qui prévoient travailler dans un établissement de santé situé dans un pays à forte incidence de tuberculose de se conformer aux lignes directrices en matière de prévention et de contrôle des infections propres à la tuberculose. Comme la tuberculose est un agent pathogène qui se transmet par voie aérienne, le port d’un masque N95 ayant fait l’objet d’un essai d’ajustement est recommandé. Pour de plus amples renseignements sur les précautions contre la transmission par voie aérienne, voir Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les milieux de soins, en particulier, la Partie B, sous-section III, Recommandations concernant les pratiques de base dans tous les milieux de soins, ou les lignes directrices applicables au pays de travail. Pour de plus amples renseignements sur les lignes directrices en matière de prévention et de contrôle des infections propres à la tuberculose, voir le chapitre 14 des Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse.

Les personnes exposées à un risque accru de tuberculose ou d’autres maladies infectieuses (notamment les personnes qui sont immunodéprimées, qui vivent avec le VIH ou qui sont atteintes d’une maladie pulmonaire sous-jacente) devraient consulter un professionnel de la santé spécialisé en médecine des voyages afin d’obtenir des recommandations concernant le port du masque et les autres mesures de prévention des infections à appliquer en cours de voyage.

Vaccin bacille Calmette-Guérin (BCG)

Le vaccin Bacille Calmette-Guérin (BCG) a déjà été recommandé de manière ciblée chez les voyageurs par le Royaume-Uni Note de bas de page 65et, dans des cas exceptionnels, par l’OMSNote de bas de page 66 et au CanadaNote de bas de page 67. De façon générale, en raison du manque de données probantes appuyant la prévention de la maladie chez les adultes, le BCG n’est pas recommandé chez les voyageurs adultes, comme les travailleurs de la santé, avant un voyage dans des régions à forte incidence de tuberculose. L’approche privilégiée pour la lutte antituberculeuse chez les voyageurs consiste à effectuer le dépistage de l’ITB après le voyage, suivi d’une chimioprophylaxie chez les personnes ayant obtenu un résultat positif.

Conclusion et besoins en matière de recherche

Comme il peut s’écouler une longue période entre l’infection et le développement de la maladie, le lien entre la tuberculose active et une exposition survenue en voyage peut être sous-estimé. Dans un contexte de hausse des mouvements migratoires et des voyages, de nombreux voyageurs résidents nés à l’étranger sont exposés à un risque de réactivation d’une ITB non diagnostiquée, après leur retour au paysNote de bas de page 68.

Selon les estimations modélisées, le test de dépistage de l’ITB devrait cibler en priorité les voyageurs qui présentent le risque le plus élevé de progression vers la tuberculose active, sans égard au lieu de destination. Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux définir l’impact réel de la durée du voyage et de l’incidence de la tuberculose dans le pays de destination, notamment l’effet des voyages cumulatifs, puisque les estimations actuelles du risque de base sont fondées sur un éventail de durées de voyage consécutives et sur l’incidence de la tuberculose dans le pays visité. Bien que la présente déclaration ne vise pas les enfants qui voyagent, le CCMTMV reconnaît l’existence de lacunes dans les connaissances ainsi que le risque plus élevé de progression vers la tuberculose active dans cette population, et prévoit aborder cet aspect dans de futures mises à jour.

Abréviations

3HP
Traitement par la rifapentine et l’isoniazide (hebdomadaire, pendant 3 mois)
4R
Traitement par la rifampicine (quotidien, pendant 4 mois)
9H
Traitement par l’isoniazide (quotidien, pendant 9 mois)
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
BCG
Bacillus Calmette-Guérin
CCMTMV
Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages
CCNI
Comité consultatif national de l’immunisation
ÉI
Évènement indésirable
ÉIG
Évènement indésirable grave
GRADE
Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation
GT
Groupe de travail
IC
Intervalle de confiance
IGRA
Interferon-gamma release assays
MTB
Mycobacterium tuberculosis
N95
Appareil de protection respiratoire à masque filtrant N95 approuvé par le NIOSH
OMS
Organisation mondiale de la Santé
PICO
Population of interest, Intervention, Comparison, and Outcome
QFT-Plus
QuantiFERON-TB Gold Plus
SAE
Serious adverse event
TB
Tuberculose
TCT
Test cutané à la tuberculine
TLIG
Test de libération de l’interféron gamma
TS
Travailleur de la santé
VIH
Virus de l’immunodéficience humaine

Remerciements

La présente déclaration a été préparée par le groupe de travail sur la tuberculose du CCMTMV : C Greenaway (responsable), S Kadykalo (secrétariat), A Khatib, J Pernica, K Plewes, S Schofield, et a été approuvée par le CCMTMV.

Ancien membre : T Audcent

Le CCMTMV tient à remercier les personnes suivantes pour leur contribution : YG Bui, N Bruce, M Carew, P Deb-Rinker, S Desjardins, M Desroches, T Diefenbach-Elstob, H Feguery, LS Ho, M Laplante, T Lee, M Libman, T Locke, T Nguyen, N Santesso et la Bibliothèque de l'Agence de santé publique du Canada.

Le CCMTMV remercie également les experts canadiens en matière de tuberculose J Campbell, J Johnston et K Schwartzman pour leur contribution.

Membres du CCMTMV : M Libman (président), YG Bui (vice-présidente), K Plewes (présidente du sous-comité sur le paludisme), I Bogoch, A Khatib, P Lagacé-Wiens, J Lee, C Yansouni, K Kazmi et C Hogan.

Ancien membre : C Greenaway

Agents de liaison : J Pernica (Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada) et K O'Laughlin (Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis)

Ancienne représentante de liaison : I Viel-Thériault (Société canadienne de pédiatrie)

Représentants d’office : V Donici (ministère de la Défense nationale et Forces armées canadiennes [MDN-FAC]), C Jensen (secrétariat du Comité consultatif national de l’immunisation [CCNI], ASPC), D Marion (MDN-FAC), S Schofield (MDN-FAC), M Tunis (secrétariat du CCNI, ASPC), et R Zimmer (Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques, Santé Canada)

Ancien représentant d’office : E Ebert (MDN-FAC)

Conflits d’intérêts

Aucun déclaré.

Annexe 1 : Exemple de stratégie de recherche

Tableau 8. Exemple de stratégie de recherche et nombre de résultats obtenus pour la question de recherche 1 dans Ovid MEDLINEMD, de 2020 jusqu’au 24 juillet 2024
Numéro de la recherche Stratégie de recherche Résultats
1 exp *Tuberculosis/ 183922
2 ((active or latent) adj3 (Tuberculosis or TB)).tw,kf. 15202
3 or/1-2 [Tuberculosis] 187351
4 exp Travel/ 31349
5 (travel* or touris*).tw,kw,kf. 88669
6 or/4-5 [Travel] 101950
7 3 and 6 655
8 limit 7 to yr=2020-current 107

Annexe 2 : Modèle logique et structure du modèle

Figure 3. Modèle logique pour la question n 1 établie avec l’approche PICO : Les voyageurs canadiens (adultes) qui se rendent dans des pays à forte incidence de tuberculose devraient-ils faire l’objet d’un test de dépistage après leur voyage, et les voyageurs dont les résultats sont positifs devraient-ils se voir proposer un traitement préventif? Si oui, quels voyageurs seraient visés, et pour quelle durée de voyage?
Figure 3. La version textuelle suit.
Figure 3 : Texte descriptif

Cette image illustre le modèle logique qui présente les questions clés et les points de décision utilisés par le groupe de travail du CCMTMV sur la tuberculose pour formuler les recommandations concernant le dépistage de l’ITB chez les voyageurs de retour au pays, en partant du principe que les personnes ayant obtenu un résultat positif se verraient offrir un traitement préventif, l’objectif ultime étant de prévenir la tuberculose active. Voici l’ordre des éléments du modèle logique :

  • Premièrement, quel est le risque de base d’ITB chez les voyageurs?
  • Deuxièmement, quels voyageurs sont les plus à risque de développer une tuberculose active?
  • Troisièmement, quels tests devrait-on utiliser? Les facteurs à prendre en compte comprennent les caractéristiques des tests (sensibilité et spécificité) et le risque de traitements inutiles ou manqués, ainsi que l’acceptabilité, la faisabilité et le coût des tests.
  • Quatrièmement, enfin, quelles sont l’innocuité et l’efficacité du traitement préventif? Les facteurs à prendre en compte comprennent le risque d’évènements indésirables graves ou d’interactions médicamenteuses, ainsi que l’acceptabilité, la faisabilité et le coût des tests.
Figure 4. Structure du modèle pour estimer les résultats du dépistage et du traitement de l’ITB chez les voyageurs
Figure 4. La version textuelle suit.
Figure 4 : Texte descriptif

Cette figure illustre la structure du modèle utilisé pour estimer les résultats du dépistage et du traitement de l’ITB chez les voyageurs présentant les caractéristiques suivantes :

  • Le voyageur revient d’une zone d’endémie où l’on recense plus de 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes.
  • La stratégie de dépistage consiste en un seul TCT après le voyage, et le traitement utilisé est la rifampicine.
  • La période de suivi est de 10 ans.

Le modèle comporte deux grandes ramifications : les voyageurs dont le résultat est positif (qui sont traités par la rifampicine), et les voyageurs dont le résultat est négatif (qui ne reçoivent aucun traitement).

Parmi les voyageurs qui obtiennent un résultat positif et reçoivent un traitement, certains sont réellement infectés et sont donc des cas correctement détectés par le test (vrais positifs), tandis que d’autres ne sont pas réellement infectés, mais ont tout de même obtenu un résultat positif au test (faux positifs).

Parmi les vrais positifs, certains développeraient la maladie, alors que d’autres non.

  • Parmi les voyageurs qui développeraient la maladie, certains seraient traités efficacement, tandis que d’autres pourraient ne pas l’être; dans les deux cas, les voyageurs seraient susceptibles de présenter des évènements indésirables graves.
  • Les voyageurs qui ne développeraient pas la maladie recevraient un traitement inutile et seraient susceptibles de présenter des évènements indésirables graves. Il en va de même pour les faux positifs.

Parmi les voyageurs qui obtiennent un résultat négatif au test de dépistage et qui ne sont pas traités, ceux qui ne sont pas infectés et dont le résultat est négatif (c’est-à-dire les vrais négatifs) ne recevraient, à juste titre, aucun traitement. Quant aux voyageurs qui sont infectés, mais qui obtiennent un résultat négatif au test de dépistage (faux négatifs), ils pourraient développer la maladie, mais n’auraient pas reçu de traitement (traitement manqué).

Annexe 3 : Tableaux supplémentaires et exemples de calculs

Tableau 9. Comparaison des approches utilisées par le CCMTMV et les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 8e édition, pour formuler les recommandations sur le dépistage de l’infection chez les voyageurs
Différences CCMTMV Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 8e édition
Méthode Utilisation du processus GRADE complet pour évaluer les données probantes et formuler les recommandations, en consultation avec un spécialiste de la méthode GRADE de l’Université McMaster. Les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse ont utilisé l’approche GRADE modifiée.
Seuils utilisés pour l’élaboration de recommandations sur le dépistage de l’ITB chez les voyageurs

Le CCMTMV a établi un seuil d’avantage absolu de 1 pour 1 000 (0,1 %) chez les voyageurs faisant l’objet d’un test de dépistage pendant une période allant jusqu’à 10 ans.

La même valeur (1 pour 1 000 [0,1 %]) a été utilisée pour établir un seuil de préjudice absolu.

Les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse ont utilisé un seuil de 1 % des personnes ayant obtenu un résultat positif pendant une période allant jusqu’à 5 ans.
Estimation des résultats du dépistage de l’ITB Le CCMTMV a inclus le rendement du test de diagnostic (faux positifs et faux négatifs) dans les calculs. Non inclus.
Définition de « pays à forte incidence de tuberculose »

Pays où l’incidence de la maladie est élevée comparativement au Canada, c’est-à-dire une incidence annuelle déclarée de plus de 10 cas de tuberculose pour 100 000 personnes.

Ce seuil correspond à la même valeur seuil utilisée dans l’examen systématique et la méta-analyseNote de bas de page 1 sur laquelle s’appuie le CCMTMV pour estimer la probabilité de contracter une ITB en voyage.

Les pays à forte incidence de tuberculose sont définis comme des pays où l’on compte plus de 50 cas pour 100 000 personnes.
Terminologie utilisée pour désigner les voyageurs canadiens nés à l’extérieur du Canada

Le CCMTMV a choisi d’utiliser la formulation « voyageurs résidents nés à l’étranger » plutôt que « personnes rendant visite à des amis ou à des parents », car elle reflète de façon plus précise le fait que cette sous-population risque d’avoir été exposée à la tuberculose avant son arrivée au pays.

Cette terminologie a été adoptée en consultation avec des experts canadiens en matière de tuberculose.

Personnes nées à l’étranger
Tableau 10. Résultats permettant d’évaluer l’effet du dépistage de l’ITB chez les voyageurs de retour au pays, en fonction de leur degré d’importance pour la prise de décisions
RésultatNote de bas de page a Cote (score)Note de bas de page b Justification
Prévention de la TB active Critique
8,5

Pour la plupart des voyageurs, la prévention de la TB active représenterait un aspect important et un avantage déterminant qui influence leur prise de décisions.

Les cas de tuberculose non détectés ou manqués (résultats faussement négatifs) seront intégrés à la structure du modèle (figure 4) pour l’estimation de cet avantage (voir la section Méthodes).

Évènements indésirables (ÉI) de grade 3 à 5 Critique
8
Pour la plupart des voyageurs, l'évitement des évènements indésirables de grade 3 à 5 menant à l’arrêt du traitement représenterait un aspect important, car ces évènements constituent un préjudice déterminant qui influence leur prise de décisions. Ces ÉI comprennent l’hépatotoxicité, le syndrome grippal, une éruption cutanée.
Traitement inutile Important
6
Pour la plupart des voyageurs, le fait d’éviter un traitement inutile représenterait un aspect important qui influence leur prise de décisions. Ce résultat tient compte des conséquences associées à un traitement inutile, notamment les évènements indésirables et l’utilisation inefficace des ressources, comme le temps du professionnel de la santé et celui du patient.

Puisque la capacité du dépistage à prédire la progression vers la maladie est limitée, le nombre de cas évités de TB active sera plus faible que le nombre de voyageurs présentant un résultat positif et recevant un traitement.
Interactions médicamenteuses nécessitant un ajustement de la médication Important
4

Les interactions médicamenteuses (souvent liées aux médicaments contre l’hypertension) qui exigeraient un ajustement de la médication ont été considérées comme potentiellement importantes pour la prise de décisions, puisqu’elles peuvent représenter un défi supplémentaire pour les professionnels de la santé dans la surveillance des patients et un fardeau pour les patients en matière de temps, même sur une courte période.

Ce résultat n’aurait pas d’incidence majeure sur la prise de décisions du voyageur.

Effets indésirables non graves (comme des troubles gastro-intestinaux) Pas important
3
Les effets indésirables non graves ne sont pas considérés comme des aspects importants dans la prise de décisions d’un voyageur.
Tableau 11. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez la population générale de voyageurs adultes nés au Canada, parmi les 0,17 % (après 1 mois de voyage) à 2,06 % (après 12 mois de voyage) qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage de l’ITB
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 6,21 1,03 0,31 0,05
6 mois 4,00 0,67 0,20 0,03
3 mois 2,34 0,39 0,12 0,02
1 mois 0,88 0,15 0,04 0,01
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
6 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
3 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
1 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 91,72 98,62 99,59 99,93
6 mois 94,66 99,11 99,73 99,96
3 mois 96,88 99,48 99,84 99,97
1 mois 98,83 99,81 99,94 99,99
Tableau 12. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les professionnels de la santé adultes nés au Canada revenant au pays après avoir prodigué des soins aux patients, parmi les 0,36 % (après 1 mois de voyage) à 4,30 % (après 12 mois de voyage) qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage de l’ITB
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 8,71 1,45 0,44 0,07
6 mois 6,36 1,06 0,32 0,05
3 mois 4,13 0,69 0,21 0,03
1 mois 1,71 0,29 0,09 0,01
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
6 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
3 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
1 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 88,38 98,06 99,42 99,90
6 mois 91,52 98,59 99,58 99,93
3 mois 94,50 99,08 99,72 99,95
1 mois 97,72 99,62 99,89 99,98
Tableau 13. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les voyageurs adultes nés à l’étranger, parmi les 25 % (après 2 semaines de voyage) à 27 % (après 12 mois de voyage) qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage de l’ITB
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 10,71 1,78 0,54 0,09
6 mois 10,60 1,77 0,53 0,09
3 mois 10,54 1,76 0,53 0,09
1 mois 10,49 1,75 0,52 0,09
2 semaines 10,48 1,75 0,52 0,09
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
6 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
3 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
1 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
2 semaines 0,90 0,90 0,90 0,90
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 85,72 97,62 99,29 99,88
6 mois 85,87 97,65 99,29 99,88
3 mois 85,95 97,66 99,30 99,88
1 mois 86,01 97,67 99,30 99,88
2 semaines 86,02 97,67 99,30 99,88
Tableau 14. Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les professionnels de la santé adultes nés à l’étranger revenant au pays après avoir prodigué des soins aux patients, parmi les 25 % (après 1 mois de voyage) à 29 % (après 12 mois de voyage) qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage de l’ITB
Durée du voyage Population (stratifiée en fonction de la probabilité de développer une TB active en cas d’infection)
Très élevée Élevée Modérée Faible
Estimation de la réduction absolue du risque de TB active (%)Note de bas de page a
12 mois 10,93 1,82 0,55 0,09
6 mois 10,72 1,79 0,54 0,09
3 mois 10,60 1,77 0,53 0,09
1 mois 10,52 1,75 0,53 0,09
2 semaines 10,49 1,75 0,52 0,09
Estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves (%)Note de bas de page a
12 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
6 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
3 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
1 mois 0,90 0,90 0,90 0,90
2 semaines 0,90 0,90 0,90 0,90
Estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles (%)Note de bas de page b
12 mois 85,43 97,57 99,27 99,88
6 mois 85,71 97,62 99,29 99,88
3 mois 85,87 97,64 99,29 99,88
1 mois 85,98 97,66 99,30 99,88
2 semaines 86,01 96,67 99,30 99,88

Exemples de calculs pour les valeurs du tableau 4, Estimation des avantages et des préjudices du dépistage de l’ITB chez les voyageurs adultes nés au Canada, pour la population générale de voyageurs appartenant au groupe à risque très élevé et ayant voyagé pendant 12 mois.

Remarque : Le risque de base d’ITB est de 2,06 % chez les voyageurs nés au Canada, de 4,30 % chez les travailleurs de la santé et de 25 % chez les voyageurs résidents nés à l’étranger.

Figure 5. Exemple de calcul pour le nombre estimé de vrais positifs
Figure 5. La version textuelle suit.
Figure 5 : Texte descriptif

Cette figure montre comment le nombre de vrais positifs a été estimé. Le nombre total estimé de voyageurs traités pour 100 voyageurs ayant fait l’objet d’un test de dépistage, soit 2,06, est multiplié par la sensibilité du test cutané à la tuberculine (induration ≥ 10 mm), qui est de 81 %. Le résultat de cette multiplication, correspondant au nombre estimé de vrais positifs chez les voyageurs du groupe à risque très élevé ayant voyagé pendant 12 mois, est de 1,67.

Figure 6. Exemple de calcul pour le nombre estimé de faux positifs
Figure 6. La version textuelle suit.
Figure 6 : Texte descriptif

Cette figure montre comment le nombre de faux positifs a été estimé. D’abord, le nombre total de voyageurs ayant fait l’objet d’un test de dépistage, soit 100, est multiplié par la valeur correspondant à 1 moins le risque de base d’ITB, lequel est de 2,06 %. Le nombre estimé de vrais négatifs, soit 95,98 (calculé en fonction de la spécificité de 98 % associée au test cutané à la tuberculine [induration ≥ 10 mm]), est ensuite soustrait de ce produit. La valeur obtenue après soustraction, soit le nombre estimé de faux positifs chez les voyageurs du groupe à risque très élevé ayant voyagé pendant 12 mois, est de 1,96.

Figure 7. Exemple de calcul pour l’estimation de la réduction du risque absolu de tuberculose active
Figure 7. La version textuelle suit.
Figure 7 : Texte descriptif

Cette figure montre comment on a estimé la réduction du risque absolu de tuberculose active, exprimée en pourcentage. Il faut d’abord déterminer la somme de deux produits. Le premier est calculé en multipliant le nombre estimé de vrais positifs (1,67) par le risque annuel de progression vers la maladie durant les deux premières années (3 %), puis en multipliant le résultat par 2 années. Le deuxième est calculé en multipliant le nombre estimé de vrais positifs (1,67) par le risque annuel de progression vers la maladie durant les huit années suivantes (1,5 %), puis en multipliant le résultat par 8 années. La somme de ces deux produits est ensuite multipliée par le taux d’efficacité de la rifampicine (75 %). Ainsi, la réduction estimée du risque absolu de tuberculose active chez les voyageurs du groupe à risque très élevé ayant voyagé pendant 12 mois est de 0,23 %.

Figure 8. Exemple de calcul pour l’estimation de l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves
Figure 8. La version textuelle suit.
Figure 8 : Texte descriptif

Cette figure montre comment on a estimé l’augmentation absolue du risque d’évènements indésirables graves, exprimée en pourcentage. Le nombre total estimé de voyageurs traités pour 100 voyageurs ayant fait l’objet d’un test de dépistage – qui s’établit à 3,63, soit la somme des vrais positifs et des faux positifs – est multiplié par le risque d’évènements indésirables graves de grade 3 à 5 associés à la rifampicine, qui est de 0,9 %. Ainsi, l’augmentation absolue estimée du risque d’évènements indésirables graves chez les voyageurs du groupe à risque très élevé ayant voyagé pendant 12 mois est de 0,03 %.

Figure 9. Exemple de calcul pour l’estimation de l’augmentation absolue des traitements inutiles
Figure 9. La version textuelle suit.
Figure 9 : Texte descriptif

Cette figure montre comment on a estimé l’augmentation absolue des traitements inutiles, exprimée en pourcentage. Il faut d’abord déterminer la somme de deux produits. Le premier est calculé en multipliant le nombre estimé de vrais positifs (1,67) par le risque annuel de progression vers la maladie durant les deux premières années (3 %), puis en multipliant le résultat par 2 années. Le deuxième est calculé en multipliant le nombre estimé de vrais positifs (1,67) par le risque annuel de progression vers la maladie durant les huit années suivantes (1,5 %), puis en multipliant le résultat par 8 années. On soustrait ensuite la somme de ces produits du nombre estimé de vrais positifs, qui est de 1,67. Cette différence est ensuite ajoutée au nombre estimé de faux positifs, qui est de 1,97. Ainsi, l’augmentation absolue estimée des traitements inutiles chez les voyageurs du groupe à risque très élevé ayant voyagé pendant 12 mois est de 3,33 %.

Annexe 4 : Cadre de données probantes appuyant la prise de décisions pour la question 1

Question : Les voyageurs canadiens (adultes) qui se rendent dans des pays à forte incidence de tuberculose devraient-ils faire l’objet d’un test de dépistage après leur voyage, et les voyageurs dont les résultats sont positifs devraient-ils se voir proposer un traitement préventif? Si oui, quels voyageurs seraient visés, et pour quelle durée de voyage?

Population : Adultes nés au Canada et résidents nés à l’étranger qui partent du Canada à destination de pays à forte incidence de tuberculose, définis ici comme des pays présentant une incidence annuelle déclarée de tuberculose de > 10 cas pour 100 000 personnes.

Intervention : Dépistage de la tuberculose après le voyage et traitement préventif des personnes dont le test est positif.

Comparaison : Pas de dépistage

Principaux résultats : Prévention de la tuberculose active, évènements indésirables graves liés au traitement, traitement inutile, interactions médicamenteuses

Contexte : Voyage à l’étranger

Perspective : Individuelle 

Renseignements généraux : La tuberculose est une maladie respiratoire causée par Mycobacterium tuberculosis (MTB). Chez les voyageurs canadiens, l’ITB peut résulter d’une exposition dans des pays où la tuberculose est endémique, et est associée à un risque d’évolution vers une tuberculose active.

Les taux de tuberculose active varient considérablement d’une région géographique à l’autre à l’échelle mondiale. Les pays où l’incidence de la tuberculose est intermédiaire (10 à 100 cas pour 100 000 personnes) se trouvent généralement en Amérique centrale et en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Europe de l’Est et dans les pays de l’Asie centrale. Les taux d’incidence les plus élevés de tuberculose (> 100 cas pour 100 000 personnes) sont enregistrés en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique subsaharienne.

En l’absence de traitement, l’ITB peut évoluer en tuberculose active dans les deux ans suivant l’infection ou se réactiver en maladie active de nombreuses années plus tard. Il est possible de prévenir la tuberculose active chez les voyageurs en détectant l’ITB et en proposant un traitement préventif si le risque individuel est suffisamment élevé et si l’équilibre entre les avantages et les préjudices penche en faveur de cette intervention.

Les présentes lignes directrices visaient à évaluer le risque d’ITB et de tuberculose active chez les voyageurs, et à formuler des recommandations quant aux voyageurs qui pourraient bénéficier du dépistage et d’un traitement préventif de l’ITB, en mettant l’accent sur les adultes nés au Canada et les résidents nés à l’étranger.

Conflits d’intérêts : Aucun

Évaluation

Tableau 15. Évaluation des données probantes prises en compte dans la décision de recommander le dépistage de l’ITB après le voyage
Domaine  Jugement  Données probantes issues de la recherche et autres éléments à considérer 
Problème : Le problème est-il prioritaire?  Non
Probablement pas
Probablement oui
Oui
Variable
Ne sait pas
La tuberculose demeure un problème de santé majeur à l’échelle mondiale. En effet, selon les estimations, elle a entraîné 10,8 millions de cas et 1,25 million de décès dans le monde en 2023Note de bas de page 4. L’élimination de la tuberculose est une priorité au Canada, et, bien que le Canada soit considéré comme un pays où l’incidence de la tuberculose est faible, les résidents nés à l’étranger comptent parmi les populations qui sont touchées de façon disproportionnée par la tuberculose au CanadaNote de bas de page 5.
Effets souhaitables : Quelle est l’ampleur des effets souhaités anticipés? Insignifiante
Petite
Modérée
Grande
Variable
Ne sait pas

La réduction absolue anticipée du risque de TB active varie en fonction de la population, du risque de progression vers une TB active et de la durée du voyage.

Chez les voyageurs nés au Canada et présentant un risque très élevé, qui partent en voyage pendant 6 mois ou plus, la réduction absolue estimée du risque de TB active est modérée (de 0,1 à 0,2 %). Chez les travailleurs de la santé présentant un risque très élevé, qui partent en voyage pendant 3 mois ou plus, la réduction absolue estimée du risque de TB active est également modérée (de 0,1 à 0,5 %) (tableau 4, tableau 5 et tableau 16).

Chez les voyageurs résidents nés à l’étranger, les personnes faisant partie des groupes à risque élevé et très élevé ont présenté une réduction absolue estimée du risque modérée à grande et grande, respectivement, les taux variant de 0,4 à 2,8 % pour l’ensemble des les personnes ayant fait l’objet d’un test de dépistage (tableau 6, tableau 7 et tableau 16).

Effets indésirables : Quelle est l’ampleur des effets indésirables anticipés Insignifiante
Petite
Modérée
Grande
Variable
Ne sait pas

La réduction absolue anticipée du risque d’ÉIG associés au traitement préventif de l’ITB varie en fonction de la population, du risque de progression vers une TB active et de la durée du voyage. Chez les voyageurs adultes nés au Canada, le risque d’ÉIG liés au traitement par la rifampicine était faible (moins de 0,1 %) pour tous les groupes de voyageurs (tableau 4, tableau 5 et tableau 16). Bien qu’il ne s’agisse pas d’un résultat critique, il existe un risque global de 2 à 6 % qu’un voyageur né au Canada reçoive un traitement inutile après avoir passé un test de dépistage de l’ITB (tableau 4 et tableau 5).

Chez les voyageurs résidents nés à l’étranger, le risque d'évènements indésirables graves était modéré pour tous les groupes de risque, soit 0,2 %, en raison de la probabilité plus élevée d’infection (et de traitement) (tableau 6, tableau 7 et tableau 16). Le risque de traitement inutile augmente pour atteindre 19 à 25 % chez les voyageurs résidents nés à l’étranger en raison de la probabilité plus élevée qu’ils obtiennent un résultat positif au dépistage comparativement aux voyageurs nés au Canada (tableau 6 et tableau 7).

Certitude des données probantes : Quel est le degré global de certitude des données sur les effets?
Très faible
Faible 
Modéré 
Élevé 
Aucune étude incluse 

Le degré global de certitude des données probantes pour les résultats critiques (probabilité de prévention de la TB active et des ÉIG) est faible. Des résultats importants comme les traitements inutiles et les interactions médicamenteuses n’ont pas été pris en compte dans le degré global de certitude des données probantes.

Pour évaluer la certitude des données probantes, nous avons évalué à la fois la structure du modèle et les données probantes du modèle (données d’entrée du modèle).

Quant à la structure du modèle, les membres du groupe de travail ont généralement convenu qu’elle était solide et qu’elle reflétait les parcours de soins habituels au Canada. Comme un modèle unique était utilisé, l’incohérence et le biais de publication ne constituaient pas une préoccupation. En ce qui concerne le caractère indirect, les données produites par notre modèle offraient généralement les résultats critiques nécessaires. Les limites relevées comprennent le fait que le modèle s’appuie sur l’hypothèse d’un voyage unique et que les estimations du risque de base sont représentatives d’une seule année de voyage. Les répercussions des voyages successifs n’ont pas été prises en compte. Pour évaluer l’imprécision, nous avons effectué des analyses de sensibilité en appliquant différentes hypothèses concernant le risque de base (c’est-à-dire la durée du voyage, le risque d’infection selon l’incidence de la tuberculose) et évalué les résultats en utilisant d’autres données d’entrée, notamment la sensibilité et la spécificité du TLIG. Les analyses de sensibilité ont démontré la robustesse du modèle, puisque nos recommandations n’ont en grande partie pas changé malgré la variation des données d’entrée du modèle (avantages et préjudices du dépistage et du traitement de l’ITB).

Pour évaluer les données probantes du modèle, nous avons évalué la certitude des données d’entrée de notre modèle. Notre degré de certitude le plus faible concernait le risque de base d’infection chez les voyageurs nés au Canada et le risque annuel de progression vers la maladie dans le groupe à risque « élevé ». Le degré de certitude de ces données a été jugé « faible » en raison du risque de biais et d’incohérence (tableau 17 et tableau 18).

Importance des résultats pour la population touchée : Y a-t-il une incertitude ou une variabilité importante quant à la valeur accordée par les voyageurs aux principaux résultats? Incertitude ou variabilité importante
Incertitude ou variabilité possiblement importante
Probablement aucune incertitude ou variabilité importante
Aucune incertitude ou variabilité importante 

Le groupe de travail a déterminé que les éléments suivants sont des résultats critiques ou importants pour la prise de décisions :

Résultats souhaités :

  • Réduction absolue du risque de TB active : Résultat critique (note de 8,5/10)
Résultats indésirables :
  • ÉIG liés au traitement : Résultat critique (note de 8,0/10)
    • Comprend les évènements de grade 3 à 5 qui sont graves ou médicalement significatifs, mais qui ne constituent pas une menace immédiate pour la vie; qui entraînent une hospitalisation ou une prolongation de l’hospitalisation; qui sont invalidants; qui limitent les activités de la vie quotidienne liées aux soins personnels; qui comportent des conséquences potentiellement mortelles; qui nécessitent une intervention urgente; qui entraînent le décès.
  • Traitement inutile : Résultat important (note de 6,0/10)
    • Tient compte du gaspillage des ressources, du fardeau du traitement et des évènements indésirables
  • Interactions médicamenteuses : Résultat important (note de 4,0/10)
    • Les interactions médicamenteuses peuvent nécessiter une surveillance supplémentaire ou des solutions thérapeutiques de rechange, et peuvent nuire au traitement, mais n’auraient pas d’effet important sur la décision de procéder au dépistage.
Équilibre entre les effets : L’équilibre entre les effets souhaitables et indésirables favorise-t-il l’intervention ou la comparaison? Favorise la comparaison
Favorise probablement la comparaison
Ne favorise ni l’intervention ni la comparaison
Favorise probablement l’intervention
Favorise l’intervention Variable
Ne sait pas

L’équilibre entre les effets varie en fonction de la population, du risque de progression vers une TB active et de la durée du voyage (tableau 16).

Lorsque la réduction du risque de TB active atteignait au moins un niveau modéré et dépassait l’augmentation estimée des ÉIG associés au traitement, le comité a jugé que le dépistage de l’ITB après le voyage procurait plus d’avantages que de préjudices. Chez les voyageurs nés au Canada, les avantages étaient au moins d’ampleur modérée, et les préjudices étaient faibles pour les personnes appartenant au groupe à risque très élevé ayant voyagé à l’étranger pendant 6 mois ou plus. Chez les professionnels de la santé nés au Canada, les avantages étaient au moins d’ampleur modérée, et les préjudices étaient faibles pour les personnes appartenant au groupe à risque très élevé ayant voyagé à l’étranger pendant 3 mois ou plus.

En ce qui concerne les voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque élevé ou très élevé de progression vers la TB active, nous avons accordé une plus grande importance à l’estimation relativement élevée des avantages liés à la prévention de la TB active qu’à l’estimation absolue modérée des évènements indésirables liés au traitement. Dans le cas des voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque faible ou modéré de développer une TB active, l’évaluation des avantages et des préjudices ne faisait pas clairement pencher la balance en faveur du dépistage de l’ITB. Chez les voyageurs résidents nés à l’étranger et présentant un risque modéré de progression vers une TB active, les estimations des préjudices et des avantages étaient toutes deux d’ampleur modérée, et l’augmentation estimée de la probabilité d’ÉIG était numériquement plus élevée que la réduction estimée du risque de TB active. Comme les estimations des avantages et des préjudices sont à peu près équivalentes, le professionnel de la santé devrait évaluer soigneusement le risque individuel du voyageur, discuter des avantages et des préjudices du dépistage, tenir compte des valeurs et des préférences du voyageur et lui permettre de décider de manière éclairée s’il souhaite ou non subir un test de dépistage de l’ITB (figure 2).

Considérations relatives aux ressources : Quels sont les besoins en ressources (coûts) pour l’individu? Coûts élevés
Coûts modérés
Coûts faibles
Coûts négligeables
Variable
Ne sait pas
Le TCT et le traitement préventif contre la tuberculose sont couverts par les régimes d’assurance maladie provinciaux du Canada lorsqu’ils sont jugés nécessaires sur le plan médical. Dans certaines provinces canadiennes, les TLIG sont couverts par les régimes d’assurance maladie, alors que dans d’autres provinces, les patients peuvent devoir assumer des frais estimés à environ 100 $Note de bas de page 58.
Équité : Quel serait l’impact sur l’équité en matière de santé? Réduit
Probablement réduit
Probablement pas d’impact
Probablement augmenté
Augmenté
Variable
Ne sait pas
Le CCMTMV reconnaît l’existence d’enjeux liés à l’équité à l’échelle de la population; toutefois, ces considérations n’influencent pas la prise de décisions concernant l’élaboration des recommandations par le comité. Même si le CCMTMV privilégie une approche centrée sur le soutien du voyageur individuel, cela n’enlève rien à l’importance des enjeux qui se posent à l’échelle de la population.
Acceptabilité : L’intervention est-elle acceptable pour les parties prenantes clés? Non
Probablement pas
Probablement oui
Oui
Variable
Ne sait pas

Dépistage : Le dépistage par TCT nécessite deux visites au centre de soins de santé, la première pour l’injection de TubersolMD, et la seconde 48 à 72 heures plus tard pour la lecture des résultats. Selon un examen systématique et une méta-analyse de 2016 portant sur 58 études menées dans plusieurs pays, le taux de dépistage de l’ITB se situait à 72 %Note de bas de page 47.

Traitement : Sandgren et al. ont constaté que les taux d’achèvement du traitement de l’ITB variaient de 46 à 95 % dans la population générale, ce qui met en évidence une grande variabilitéNote de bas de page 50.

La rifampicine est un traitement d'une durée de 4 mois, qui nécessite la prise d’une dose quotidienne pendant 120 jours. Le traitement consiste en une capsule à prendre par voie orale, à jeun. Selon les études observationnelles et expérimentales, les taux d’achèvement du traitement sont plus élevés avec les schémas de courte durée à base de rifamycine qu’avec la solution de rechange thérapeutique qui consiste en un traitement de 9 mois par l’isoniazideNote de bas de page 47Note de bas de page 50Note de bas de page 52.

Les recommandations en matière de dépistage supposent que les patients ayant obtenu un résultat positif au test de dépistage accepteront le traitement.

Faisabilité : L’intervention peut-elle être mise en œuvre pour l’individu? Non
Probablement pas
Probablement oui
Oui
Variable
Ne sait pas
De multiples obstacles sociaux et liés au système de santé font en sorte que ces personnes sont perdues de vue à différentes étapes de la cascade de soins, notamment les contrindications médicales, les barrières linguistiques et la perception personnelle d’un faible risque d’infectionNote de bas de page 47. Des facteurs socioéconomiques, comme le chômage ou l’absence de soutien social, ont également été associés à des cas de dépistage manqués et à une faible observance du traitement de l’ITBNote de bas de page 52. Les obstacles courants à l'amorce et à l’observance du traitement comprennent la perception que la tuberculose n’est pas une maladie grave, la perception individuelle d’un faible risque de TB active, les inquiétudes concernant la toxicité du traitement et la longue durée de certains schémas thérapeutiquesNote de bas de page 47.

Type de recommandation 

Recommandation discrétionnaire en faveur de l’intervention (test de dépistage de l’ITB après le voyage). Voir la section Recommandations.

Tableau 16. Équilibre entre les effets souhaités et les effets indésirables liés au dépistage de la tuberculose après un voyage
Type de voyageur Risque de TB active Durée du voyage Ampleur des effets souhaités Ampleur des effets indésirables Équilibre entre les avantages et les préjudices
Voyageur né au Canada  Très élevé 12 mois Modérée Petite Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
6 mois Modérée Petite Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
3 mois Petite Petite Favorise probablement la comparaison (pas de dépistage)
Travailleur de la santé né au Canada  Très élevé 12 mois Modérée Petite Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
6 mois Modérée Petite Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
3 mois Modérée Petite Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
Voyageur résident né à l’étranger effectuant un voyage de nature générale Très élevé 2 semaines Grande  Modérée  Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
Élevé 2 semaines Modérée à grande  Modérée  Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
Modéré 2 semaines Modérée Modérée Ne favorise ni l’intervention ni la comparaison
Résident né à l’étranger, travailleur de la santé  Très élevé 2 semaines Grande Modérée Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
Élevé 2 semaines Modérée à grande Modérée Favorise probablement l’intervention (dépistage de la TB)
Modéré 2 semaines Modérée Modérée Ne favorise ni l’intervention ni la comparaison
Tableau 17. Profil des données probantes GRADE concernant le risque d’ITB chez les voyageurs
Nombre d’études Évaluation du degré de certitude Effet Certitude Importance
Plan d’étude Risque de biais Incohérence Caractère indirect Imprécision Autres éléments pris en compte Nombre d’évènements Nombre de personnes Taux 
(IC à 95 %)
Voyageurs en général 
Études non randomisées GraveNote de bas de page a GraveNote de bas de page b Non grave Non grave Aucun 13 108  1 154 230  Taux d’évènements 
2,06 pour 100 (1,49 à 2,86) 
FaibleNote de bas de page aNote de bas de page b Critique
Travailleurs de la santé 
Études non randomisées GraveNote de bas de page a Non grave Non grave Non graveNote de bas de page c Aucun 19 443 Taux d’évènements 
4,30 pour 100 (2,77 à 6,68)
ModéréeNote de bas de page a Critique 
Tableau 18. Profil des données probantes GRADE concernant le risque annuel de TB active chez les personnes présentant un risque élevé ou très élevé de progression de l’ITB vers la maladie
Nombre d’études Évaluation du degré de certitude Effet Certitude Importance
Plan d’étude Risque de biais Incohérence Caractère indirect Imprécision Autres éléments pris en compte Nombre d’évènements Nombre de personnes Taux annuel 
(intervalle)
Risque annuel de maladie : très élevé
20 Études non randomisées GraveNote de bas de page a Non grave Non grave Non grave Aucun 230 2 210 Médiane 3 % (1,7 à 3,7) ModéréeNote de bas de page aNote de bas de page bNote de bas de page c Critique
Risque annuel de maladie : Élevé
36 Études non randomisées GraveNote de bas de page a GraveNote de bas de page b Non grave Non grave Aucun 60  2 081  Médiane 0,5 % (0,1 à 1,2) FaibleNote de bas de page aNote de bas de page bNote de bas de page d Critique

Annexe 5 : Évaluation de l’énoncé de bonnes pratiques

Énoncé de bonnes pratiques : Si les voyageurs souhaitent adopter des mesures de prévention des infections, les professionnels de la santé devraient leur conseiller d’envisager le port d’un masque N95 lorsqu’ils se trouvent dans un milieu à haut risque, et/ou d’éviter de tels milieux (par exemple, les environnements intérieurs très fréquentés et mal ventilés).

Tableau 19. Évaluation de l’applicabilité de l’énoncé de bonnes pratiques concernant les mesures de prévention des infections
Critère Renseignements à l’appui Vérification
La population et les composantes de l’intervention sont claires. Sans objet. Oui
Le message est nécessaire en ce qui concerne la pratique réelle des soins de santé. Les mesures de prévention des infections sont des interventions importantes pour prévenir l’exposition aux infections transmissibles. Oui
La mise en œuvre de l’énoncé de bonnes pratiques a des conséquences nettes positives importantes. Étant donné que la bactérie Mycobacterium tuberculosis se transmet par voie aérienne, le fait de réduire l’exposition dans les milieux où le risque de transmission est élevé permet de réduire de façon importante le risque d’infection. Oui
La collecte et la synthèse des données probantes constituent une mauvaise utilisation du temps, de l’énergie et des ressources limités d’un groupe d’experts chargé de l’élaboration des lignes directrices. Le coût d’option de la collecte et de la synthèse des données probantes est important et peut être évité. Oui, cette recommandation vise à conseiller aux voyageurs de se protéger. Oui
Il existe une justification claire, explicite et bien documentée, qui établit un lien entre les données probantes indirectes. Oui, la réduction de l’exposition et le port d’un masque N95 devraient raisonnablement permettre de réduire la probabilité d’infection, en particulier parce que les aérosols peuvent demeurer en suspension dans l’air et être transportés sur de grandes distances à partir du cas source. Oui
Clair et réalisable. Sans objet. Oui

Décision définitive : L’élaboration d’un énoncé de bonnes pratiques est appropriée.

Références

Note de bas de page 1

Diefenbach-Elstob TR, Alabdulkarim B, Deb-Rinker P, Pernica JM, Schwarzer G, Menzies D, et al. Risk of latent and active tuberculosis infection in travellers: a systematic review and meta-analysis. Journal of Travel Medicine. 2020.

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Note de bas de page 2

Campbell JR, Winters N, Menzies D. Absolute risk of tuberculosis among untreated populations with a positive tuberculin skin test or interferon-gamma release assay result: systematic review and meta-analysis. Bmj. 2020;368:m549.

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Note de bas de page 3

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Note de bas de page 4

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Note de bas de page 5

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Note de bas de page 6

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Note de bas de page 7

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Note de bas de page 8

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Note de bas de page 9

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Note de bas de page 10

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Note de bas de page 11

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Note de bas de page 12

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Note de bas de page 13

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Note de bas de page 18

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Note de bas de page 19

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Note de bas de page 22

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Note de bas de page 32

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Note de bas de page 38

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Note de bas de page 39

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Note de bas de page 43

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Note de bas de page 52

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Note de bas de page 58

QUANTIFERON-TB GOLD Plus (POUR LE DÉPISTAGE DE LA TUBERCULOSE) : LifeLabs ; [Disponible sur : https://www.lifelabs.com/test/quantiferon-tb-gold/?myProvince=on.

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Note de bas de page 59

Tan M, Menzies D, Schwartzman K. Tuberculosis screening of travelers to higher-incidence countries: A cost-effectiveness analysis. BMC Public Health. 2008;8(1):201.

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Note de bas de page 60

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Note de bas de page 61

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Note de bas de page 63

Johnston BL, Ogunremi T, Defalco K, Savard N, Smith SW. Chapter 14: Prevention and control of tuberculosis transmission in healthcare settings. Canadian Journal of Respiratory, Critical Care, and Sleep Medicine. 2022;6(sup1):205-28.

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Note de bas de page 64

Jensen PA, Lambert LA, Iademarco MF, Ridzon R, Control CfD, Prevention. Guidelines for preventing the transmission of Mycobacterium tuberculosis in health-care settings, 2005. 2005.

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Note de bas de page 65

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Note de bas de page 66

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Note de bas de page 67

Behr M, Elwood K. Chapitre 16 : La vaccination par le bacille de Calmette-Guérin (BCG) au Canada. Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse. 7e éd. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada; 2014.

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Note de bas de page 68

Shamputa IC, Nguyen DTK, Mackenzie H, Gaudet DJ, Harquail A, Barker K, et al. Dépistage amélioré de la tuberculose chez les immigrants du sud du Nouveau-Brunswick : une étude pilote transversale. Relevé des maladies transmissibles au Canada. 2025;51(5).

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2026-05-15