Guide sur la gonorrhée: Étiologie et épidémiologie

Étiologie et épidémiologie des infections à Neisseria gonorrhoeae.

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Étiologie

N. gonorrhoeae est un diplocoque à Gram négatifNote de bas de page 1 . Cette bactérie très contagieuse colonise et infecte les surfaces de la muqueuse génitale et elle peut également infecter des sites extragénitaux, notamment les muqueuses oropharyngée, conjonctivale et anorectaleNote de bas de page 2.

La bactérie N. gonorrhoeae peut développer rapidement une résistance aux antimicrobiens (RAM) et a développé une résistance à toutes les classes d'antimicrobiens utilisées pour la traiterNote de bas de page 3Note de bas de page 4; certains de ces antibiotiques (sulfonamides, pénicillines, tétracyclines) sont inefficaces et ne sont plus utilisés. Des isolats de gonorrhée résistants à la ceftriaxone liés au voyage ont été rapportés au Canada en 2017Note de bas de page 5 et 2018Note de bas de page 6, et des isolats présentant une sensibilité réduite aux céphalosporines (céfixime et ceftriaxone) continuent d'émerger. La résistance à l'azithromycine augmente; des échecs thérapeutiques ont été rapportés au Canada et partout dans le monde.  

Épidémiologie

La gonorrhée est la deuxième infection transmissible sexuellement (ITS) la plus fréquemment déclarée au Canada et les taux de cette infection sont en augmentation graduelle et constante depuis 1997Note de bas de page 7.

La gonorrhée peut être non diagnostiquée ou non rapportée parce que les infections gonococciques sont souvent asymptomatiques.

De 2010 à 2015, le taux de gonorrhée était plus élevé chez les hommes que chez les femmes. De plus, le taux de gonorrhée a augmenté plus rapidement chez les hommes que chez les femmes. Les adolescents et les jeunes adultes (groupe d'âge des 15 à 29 ans) sont les plus touchésNote de bas de page 8.

Information supplémentaire

Information sur l'épidémiologie locale : consulter votre unité de santé publique.

Information sur l'épidémiologie nationale :

Information sur l'épidémiologie à l'échelle mondiale: World Health Report on global sexually transmitted infection surveillance (disponible en anglais seulement)

Surveillance de la résistance aux antimicrobiens de N. gonorrhoeae

La résistance aux antimicrobiens de N. gonorrhoeae représente un problème de santé publique à l'échelle mondialeNote de bas de page 3. La surveillance de la RAM de N. gonorrhoeae est essentielle pour suivre les tendances et d'orienter les efforts de prévention et de contrôle de la propagation de cette bactérie.

Au Canada, on utilise de plus en plus des TAAN, plutôt que la culture, pour le dépistage de N. gonorrhoeae. Par conséquent, un moins grand nombre d'échantillons sont soumis à des tests de sensibilité, et il est difficile de dresser un portrait précis de la résistance aux antimicrobiensNote de bas de page 9.

Le système national de surveillance accrue de la résistance de la gonorrhée aux antimicrobiens (SARGA) intègre des données épidémiologiques et d'échecs thérapeutiques à la surveillance en laboratoire des souches de N. gonorrhoeae résistantes aux antimicrobiens. Les informations du SARGA favorisent une identification précoce de souches de gonorrhée pharmacorésistantes et aident à identifier les traitements appropriés et efficaces qui aident à prévenir leur propagation.

Au Canada, on a observé des taux élevés de résistance de N. gonorrhoeae à la pénicilline, à la tétracycline, à l'érythromycine et à la ciprofloxacineNote de bas de page 9. Ces agents antimicrobiens ne devraient pas être utilisés dans le traitement des infections gonococciques, sauf si leur sensibilité a été confirmée.

Des cas de résistance à l'azithromycine et de sensibilité réduite aux céphalosporines ont été signalés au Canada. Des échecs thérapeutiques ont aussi été signalés avecutilisation de céphalosporines de troisième génération par voie orale Note de bas de page 10Note de bas de page 11 et par injection. Des cas de gonorrhée présentant une résistance élevée à la ceftriaxone et une corésistance élevée à l'azithromycine ont été signalés au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et à HawaïNote de bas de page 12Note de bas de page 13Note de bas de page 5.

Références

Note de bas de page 1

Edwards JL, Apicella MA. The molecular mechanisms used by Neisseria gonorrhoeae to initiate infection differ between men and women. Clin Microbiol Rev. 2004;17(4):965-981. doi:10.1128/CMR.17.4.965-981.2004

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Note de bas de page 2

Chan PA, Robinette A, Montgomery M, et al. Extragenital Infections Caused by Chlamydia trachomatis and Neisseria gonorrhoeae: A Review of the Literature. Infect Dis Obstet Gynecol. 2016;2016:5758387. doi:10.1155/2016/5758387

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Note de bas de page 3

Unemo M, Shafer WM. Antimicrobial resistance in Neisseria gonorrhoeae in the 21st century: past, evolution, and future. Clin Microbiol Rev. 2014;27(3):587-613.

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Note de bas de page 4

Tapsall JW, Ndowa F, Lewis DA, Unemo M. Meeting the public health challenge of multidrug- and extensively drug-resistant Neisseria gonorrhoeae. Expert Rev Anti Infect Ther. 2009;7(7):821-834. doi:10.1586/eri.09.63

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Note de bas de page 5

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Note de bas de page 6

Berenger BM, Demczuk W, Gratrix J, Pabbaraju K, Smyczek P, Martin I. Genetic Characterization and Enhanced Surveillance of Ceftriaxone-Resistant Neisseria gonorrhoeae Strain, Alberta, Canada, 2018. Emerg Infect Dis. 2019;25(9):1660-1667.

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Note de bas de page 7

Centre for Communicable Diseases and Infection Control, Public Health Agency of Canada. Report on sexually transmitted infections in Canada: 2008. Government of Canada. 2010.

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Note de bas de page 8

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Note de bas de page 9

Martin I, Jayaraman G, Wong T, Liu G, Gilmour M; Canadian Public Health Laboratory Network. Trends in antimicrobial resistance in Neisseria gonorrhoeae isolated in Canada: 2000-2009. Sex Transm Dis. 2011;38(10):892-898.

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Note de bas de page 10

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Note de bas de page 11

Singh AE, Gratrix J, Martin I, et al. Gonorrhea Treatment Failures With Oral and Injectable Expanded Spectrum Cephalosporin Monotherapy vs Dual Therapy at 4 Canadian Sexually Transmitted Infection Clinics, 2010-2013. Sex Transm Dis. 2015;42(6):331-336.

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Note de bas de page 12

Katz AR, Komeya AY, Kirkcaldy RD, et al. Cluster of Neisseria gonorrhoeae Isolates With High-level Azithromycin Resistance and Decreased Ceftriaxone Susceptibility, Hawaii, 2016. Clin Infect Dis. 2017;65(6):918-923.

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Note de bas de page 13

European Centre for Disease Prevention and Control. Extensively drug-resistant (XDR) Neisseria gonorrhoeae in the United Kingdom and Australia – 7 May 2018. Stockholm: ECDC; 2018. https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/documents/RRA-Gonorrhoea%2C%20Antimicrobial%20resistance-United%20Kingdom%2C%20Australia.pdf

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