Maladie à pneumocoques : Pour les professionnels de la santé

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Renseignements clés

La maladie à pneumocoques est causée par la bactérie Streptococcus pneumoniae (S. pneumoniae). Plus de 100 sérotypes sont reconnus dans le monde. Lorsque la bactérie envahit un site normalement stérile, on parle de maladie invasive à pneumocoques (MIP). La pneumonie avec bactériémie, la bactériémie et la méningite sont les formes les plus courantes de MIP.

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande la vaccination contre les maladies à pneumocoques pour des âges particuliers et des affections médicales sous-jacentes.

Pour en savoir plus :

Épidémiologie

S. pneumoniae est une bactérie à Gram positif anaérobie facultative qui appartient au genre Streptococcus de la famille des Streptococcaceae.

Réservoir

L'humain est le seul réservoir. S. pneumoniae est une bactérie courante qui peut coloniser les voies respiratoires humaines.

Période d'incubation

La période d'incubation varie selon le type d'infection, mais elle peut être aussi courte que de 1 à 3 jours.

Transmission

S. pneumoniae peut être transmise par :

La transmission dépend de multiples facteurs, dont la présence de bactéries dans les sécrétions du nez et de la bouche. Après le début d'un traitement antibiotique approprié, une personne cesse généralement d'être infectieuse dans les 24 heures.

Manifestations cliniques

La colonisation transitoire des voies respiratoires supérieures par le pneumocoque est fréquente chez les personnes en bonne santé. La colonisation est observée chez de nombreux enfants et adultes en bonne santé. Le plus souvent, les personnes colonisées sont des porteurs asymptomatiques et ne présentent aucun symptôme.

Les pneumocoques peuvent être à l'origine de nombreuses infections, y compris celles qui sont :

Maladies invasives

L'infection à pneumocoques peut provoquer des maladies sévères et entraîner une mortalité et une morbidité importantes.

Lorsque la bactérie envahit un site normalement stérile, on parle de MIP. La pneumonie avec bactériémie, la bactériémie et la méningite sont les formes les plus courantes de la MIP.

Au Canada, les maladies invasives à pneumocoques sont plus fréquentes en hiver et au printemps.

La pneumonie à pneumocoques avec bactériémie est la forme invasive la plus courante chez les adultes et constitue une complication fréquente de la grippe, du virus respiratoire syncytial ou d'autres virus respiratoires. Le taux de létalité est de 5 à 7 % et est plus élevé chez les personnes âgées et celles présentant de multiples comorbidités.

La bactériémie est la manifestation la plus fréquente de la MIP chez les enfants non vaccinés de moins de 2 ans.

La méningite à pneumocoques présente un taux de létalité de 8 % chez les enfants et de 22 % chez les adultes. La surdité et les lésions neurologiques permanentes sont fréquentes chez les survivants.

Facteurs de risque

Les maladies invasives à pneumocoques sont plus fréquentes chez les enfants de moins de 5 ans, les adultes de plus de 65 ans et les personnes présentant des facteurs de risque. Elle est souvent précédée d'une infection virale des voies respiratoires.

Les facteurs de risque comprennent des affections médicales telles que :

Le risque est également accru par certains facteurs sociaux, comportementaux et environnementaux, tels que :

Pour en savoir plus :

Diagnostic et tests en laboratoire

Le diagnostic de l'infection par S. pneumoniae implique généralement l'isolement de l'organisme à partir d'échantillons cliniques.

Il existe également des tests d'amplification en chaîne par polymérase (PCR) qui sont utiles dans des circonstances particulières.

Les fournisseurs de soins de santé sont tenus de déclarer les cas confirmés de MIP à leur bureau de santé publique local, cette infection étant une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale.

Définition nationale de cas : Pneumococcies invasives

Pour en savoir plus :

Traitement

Les antibiotiques sont utilisés pour traiter les maladies pneumococciques et peuvent varier en fonction du type d'infection. Comme une résistance aux antimicrobiens peut se produire, le traitement est adapté aux sensibilités révélées par les tests de laboratoire.

Pour en savoir plus :

Prévention

Vaccination systématique

Le moyen le plus efficace de prévenir la maladie à pneumocoques est la vaccination. Les vaccins contre le pneumocoque sont recommandés dans le cadre des vaccinations systématiques chez les enfants et les personnes âgées, ainsi que pour les personnes présentant un risque élevé de MIP.

Plusieurs vaccins contre le pneumocoque sont autorisés au Canada. Aucun n'est un vaccin vivant :

Les calendriers de vaccination avec le vaccin Pneu-C varient en fonction de l'âge, des antécédents de vaccination contre le pneumocoque et du risque de MIP. Le vaccin Pneu-P est recommandé uniquement dans certains cas ou pour certaines personnes.

Pour en savoir plus :

Évènements indésirables et contrindications

Afin de garantir l'innocuité des vaccins au Canada, il est essentiel que les vaccinateurs et les cliniciens déclarent les effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI). Dans la plupart des administrations, la déclaration peut également être obligatoire en vertu des lois en matière de santé publique. Les vaccinateurs doivent déclarer les ESSI à leur bureau de santé publique local.

La déclaration des effets indésirables graves suivant l'immunisation est importante pour la surveillance de l'innocuité des vaccins. L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) :

Dans certaines circonstances, le vaccin contre le pneumocoque peut être contrindiquée, notamment chez les personnes ayant des antécédents d'anaphylaxie après un vaccin.

Pour en savoir plus :

Surveillance et contrôle

Systèmes de surveillance des maladies invasives à pneumocoques au Canada

La MIP est une maladie à déclaration obligatoire au Canada depuis 2000.

Les cas qui répondent à la définition de cas nationale sont signalés à l'ASPC à des fins de surveillance nationale. Les fournisseurs de soins de santé et les laboratoires déclarent les cas à leur bureau de santé publique local. Ces déclarations sont transmises aux responsables provinciaux et territoriaux de la santé publique, puis à l'ASPC par l'intermédiaire du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire.

Le programme Surveillance des pneumococcies invasives au Canada, ou eSTREP, assure la surveillance nationale en laboratoire des :

eSTREP est un système volontaire et passif dans le cadre duquel les isolats sont envoyés au Laboratoire national de microbiologie pour y être sérotypés.

De même, la surveillance circumpolaire internationale des maladies bactériennes invasives recueille des données épidémiologiques et de laboratoire sans identifiants personnels, provenant des régions nordiques du Canada et des pays ayant des régions arctiques. Depuis 2000, le système recueille des données sur les territoires et les régions nordiques du Québec et du Labrador.

Pour en savoir plus :

Épidémiologie des maladies invasives à pneumocoques et immunisation au Canada

Après la mise en œuvre des programmes de vaccination avec le Pneu-C au Canada en 2002, une réduction importante de l'incidence globale a été observée chez les enfants de moins de 5 ans par rapport à la période prévaccinale. Le vaccin Pneu-C-7 a eu l'effet le plus important sur l'incidence dans le groupe d'âge des moins de 5 ans. Cependant, après le passage au Pneu-C-13 en 2010, de nouvelles baisses ont été observées dans ce groupe d'âge. Le taux d'incidence (TI) rapporté chez les enfants de moins de 5 ans était d'environ :

Pendant la pandémie de COVID-19, l'incidence des MIP a diminué dans tous les groupes d'âge. Après avoir atteint ses niveaux les plus bas en 2020, l'incidence des MIP a commencé à augmenter dans la plupart des groupes d'âge en 2022 et 2023. Chez les enfants de moins de 5 ans, le TI a atteint des niveaux minimaux de 6,1 cas pour 100 000 habitants en 2020 et de 9,7 cas pour 100 000 habitants en 2021, respectivement. Le TI déclaré chez les enfants de moins de 5 ans a ensuite augmenté pour atteindre 16,2 cas pour 100 000 habitants en 2022 et 17,1 cas pour 100 000 habitants en 2023, respectivement.

Figure 1. Taux d'incidence de la MIP (pour 100 000 habitants) par groupe d'âge suite à l'introduction des programmes avec le PNEU-C au Canada, de 2000 à 2023
Figure 1. Taux d'incidence de la MIP (pour 100 000 habitants) par groupe d'âge suite à l'introduction des programmes avec le PNEU-C au Canada, de 2000 à 2023
Figure 1 : Texte descriptif
Année Moins de 5 5 à 19 20 à 39 40 à 59 60 et plus
2000 35,6 1,9 3,1 5,1 13,8
2001 27,5 2,0 3,1 4,1 10,8
2002 36,6 1,9 3,9 4,7 15,6
2003 39,3 2,1 5,1 6,5 18,3
2004 33,4 2,1 5,2 7,6 20,7
2005 22,3 2,7 5,7 8,1 20,4
2006 15,1 2,6 7,0 9,0 19,1
2007 18,8 2,4 8,1 10,2 20,5
2008 19,4 2,3 6,2 9,6 21,6
2009 20,6 2,9 6,3 8,9 22,3
2010 18,3 2,5 5,9 9,0 23,4
2011 16,5 3,0 5,9 9,2 21,8
2012 14,5 2,7 6,6 9,2 22,9
2013 12,7 2,1 5,4 8,4 21,9
2014 12,2 1,9 5,3 8,6 21,2
2015 10,7 2,2 5,5 8,9 20,6
2016 12,8 2,2 5,9 9,0 20,0
2017 12,9 2,1 6,1 9,0 21,4
2018 12,5 2,0 6,8 11,5 23,4
2019 11,7 2,1 7,1 10,3 21,3
2020 6,1 1,0 5,0 7,2 11,0
2021 9,7 0,8 3,3 6,6 9,3
2022 16,2 3,1 5,6 11,3 15,6
2023 17,1 3,0 7,0 13,9 24,4

Remarque : La MIP est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale en 2000. Par conséquent, les estimations nationales des taux d'incidence ne sont pas disponibles pour les années antérieures à 2000. Les données de l'Ontario pour l'année 2000 ne sont pas disponibles et la population de cette province a été exclue du calcul des taux. De plus, les données du Manitoba pour l'année 2023 n'étaient pas disponibles au moment de la préparation des données. La population de cette province a donc été exclue du calcul des taux.

Tableau 1. Taux d'incidence (pour 100 000 habitants) des cas déclarés de MIP au Canada, par année et groupe d'âge, de 2001 à 2023
Année Moins de 1 1 à 4 5 à 9 10 à 14 15 à 19 20 à 24 25 à 29 30 à 39 40 à 59 60 et plus
2001 37,8 25,2 3,6 1,1 1,5 1,6 1,8 2,5 4,1 10,8
2002 50,0 33,5 3,2 1,6 1,2 1,6 2,1 3,5 4,7 15,6
2003 54,5 35,6 4,4 1,2 1,0 1,4 3,0 4,7 6,5 18,3
2004 42,9 31,0 4,3 1,2 1,3 1,6 2,8 4,9 7,6 20,7
2005 25,9 21,4 5,3 1,8 1,3 2,6 3,2 5,0 8,1 20,4
2006 20,3 13,7 4,6 1,8 1,8 2,0 3,8 6,8 9,0 19,1
2007 30,3 15,8 3,4 1,9 2,1 3,4 4,5 7,1 10,2 20,5
2008 29,8 16,7 4,6 1,4 1,4 2,7 3,5 5,2 9,6 21,6
2009 27,8 18,7 5,8 1,6 1,8 2,4 3,5 5,5 8,9 22,3
2010 25,1 16,5 4,8 1,8 1,3 1,9 3,1 5,2 9,0 23,4
2011 20,7 15,5 5,3 2,5 1,7 1,4 3,1 5,4 9,2 21,8
2012 18,3 13,6 4,3 2,5 1,6 2,5 4,0 5,1 9,2 22,9
2013 18,7 11,2 3,8 1,5 1,3 1,5 2,8 4,6 8,4 21,9
2014 17,6 10,9 3,7 1,1 1,0 1,7 2,6 4,4 8,6 21,2
2015 14,4 9,8 3,9 1,2 1,5 1,9 2,8 4,5 8,9 20,6
2016 15,7 12,1 3,6 1,3 1,7 2,3 2,6 4,8 9,0 20,0
2017 15,6 12,3 3,5 1,2 1,4 1,5 2,8 5,3 9,0 21,4
2018 12,0 12,6 3,7 1,2 1,2 1,6 3,6 5,7 11,5 23,4
2019 13,4 11,3 3,8 1,2 1,3 2,1 2,8 6,0 10,3 21,3
2020 6,0 6,1 1,7 0,5 0,8 1,5 2,5 3,9 7,2 11,0
2021 10,3 9,5 1,5 0,4 0,6 2,0 2,5 4,2 6,6 9,3

2022

15,1 16,5 5,2 2,1 2,0 2,9 4,7 7,3 11,3 17,7

2023

12,8 17,1 5,7 1,6 1,5 2,9 5,8 8,9 13,4 23,6

Les données sur les cas et les taux d'incidence de 2000 à 2023 ont été obtenues auprès du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire.

Comme l'indique la figure 2, les sérotypes Pneu-C-20/21 ont été à l'origine du plus important fardeau de la maladie dans tous les groupes d'âge (29,5 %), suivis par les sérotypes Pneu-C-21/non-Pneu-C-20 (25,3 %). Les sérotypes Pneu-C-20/21 ont été à l'origine de la majorité des cas chez les :

Dans l'ensemble des groupes d'âge, les sérotypes non inclus dans les vaccins représentaient environ 8 % des cas de MIP.

Figure 2. Pourcentage de cas sérotypés de MIP par groupe d'âge et par sérotype vaccinal associé au Canada, 2019 à 2023
Figure 2. Pourcentage de cas sérotypés de MIP par groupe d'âge et par sérotype vaccinal associé au Canada, 2019 à 2023
Figure 2 : Texte descriptif
Groupe d'âge Pneu-C-20/non-Pneu-C-21 Pneu-C-20/21 Pneu-C-20/21/non-Pneu-C-15 Pneu-C-21/non-Pneu-C-20 Type non-vaccinal
Moins de 2 ans 7,6 % 30,3 % 24,6 % 24,5 % 13,0 %
2 à 4 ans 6,2 % 39,4 % 22,6 % 23,2 % 8,6 %
5 à 14 ans 12,9 % 41,7 % 16,3 % 22,1 % 7,0 %
15 à 49 ans 31,1 % 25,4 % 21,3 % 17,9 % 4,4 %
50 à 64 ans 20,3 % 28,2 % 19,1 % 25,3 % 7,1 %
Plus de 65 ans 11,2 % 31,7 % 14,6 % 31,6 % 10,9 %
Tous les âges 18,8 % 29,5 % 18,3 % 25,3 % 7,98 %

Remarque : Données saisies par le Laboratoire national de microbiologie (LNM) dans le cadre de la Surveillance des maladies streptococciques invasives au Canada (eSTREP) par le biais de tests de référence pour les échantillons reçus passivement.

Des données de sérotypage étaient manquantes pour 39 des 16 467 cas transmis au LNM et ces cas ont été exclus de cette figure. L'âge n'était pas disponible pour 21 des 16 467 cas dont les échantillons ont été envoyés au LNM pour sérotypage. Ils ont été exclus de la proportion par groupe d'âge et par sérotype associé au vaccin, mais inclus dans les données tous âges confondus.

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2026-10-20