Vos questions sur le cannabis, nos réponses

Les Canadiens posent des questions sur le cannabis. Nous avons communiqué avec des experts pour vous donner des réponses.

Si je fume du pot et que j’allaite ensuite, est-ce que mon bébé sera gelé?

Tout comme pour le tabac et l’alcool, la consommation de cannabis d’une femme enceinte ou d’une nouvelle mère peut avoir des effets sur son enfant à naître ou son nouveau-né. Pendant la grossesse, les substances contenues dans le cannabis sont transmises au fœtus par le sang de la mère. Elles sont aussi présentes dans le lait maternel après la naissance. Ces substances peuvent entraîner des problèmes de santé chez l’enfant. Puisqu’il n’y a pas de seuil sécuritaire connu pour la consommation de cannabis pendant la grossesse et l’allaitement, l’approche la plus sûre est de ne pas consommer de cannabis. Si vous avez besoin de plus d’information ou de soutien, il est recommandé de parler à un professionnel de la santé.

Fumer du cannabis peut-il déclencher la schizophrénie chez certaines personnes?

Même si le mécanisme sous-jacent exact est encore en grande partie inconnu, chez certaines personnes, la consommation de cannabis augmente le risque de développer des maladies mentales, comme la schizophrénie. C’est particulièrement vrai pour les personnes qui :

  • commencent à consommer du cannabis à un jeune âge
  • consomment du cannabis fréquemment (chaque jour ou presque tous les jours)
  • ont des antécédents personnels ou familiaux de schizophrénie

Puisque, selon des recherches, le développement du cerveau ne s’achève que vers l’âge de 25 ans, les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets du cannabis. C’est parce que le THC, la substance contenue dans le cannabis qui entraîne l’état d’euphorie (« high »), touche les rouages qui dirigent le développement du cerveau.

Vous devriez aussi savoir que la consommation de produits de cannabis à haute teneur en THC a aussi été associée à un risque accru de développer la schizophrénie. Il a été montré que d’arrêter ou de réduire la consommation de cannabis entraîne une amélioration des résultats, mais certains effets sur la santé peuvent ne pas être totalement réversibles même après l’abandon du cannabis.

Quels sont les bénéfices connus de la consommation de cannabis?

Il y a des éléments probants à l’appui de possibles usages thérapeutiques du cannabis ou de ses composants chimiques (cannabinoïdes). De plus, de nombreux Canadiens déclarent consommer du cannabis à des fins médicales pour soulager des problèmes de santé comme des douleurs chroniques, la nausée et les vomissements associés à la chimiothérapie anticancéreuse, de même que la spasticité attribuable à la sclérose en plaques. Même si certaines personnes peuvent consommer du cannabis pour leurs problèmes de santé, la meilleure façon de déterminer si le cannabis convient pour traiter les symptômes d’une personne est d’en discuter avec un professionnel de la santé.

Santé Canada a pour les professionnels de la santé et pour les patients autorisés à consommer du cannabis de l’information sur l’usage du cannabis et des cannabinoïdes à des fins médicales. Cette information porte notamment sur les usages thérapeutiques possibles, la posologie, les mises en garde et les effets indésirables. Pour en savoir plus, veuillez consulter notre page Accéder à du cannabis à des fins médicales.

Quels sont les effets de la fumée secondaire du cannabis?

Toute fumée est nocive. En fait, des études montrent que la fumée du cannabis contient bon nombre de substances dangereuses qui se trouvent dans la fumée du tabac. Fumer du cannabis, comme fumer la cigarette, peut endommager vos poumons et causer des symptômes semblables à ceux de la bronchite, une toux et une respiration sifflante qui peuvent, par exemple, nuire à la performance sportive. Quoique les effets de la fumée secondaire du tabac sont bien connus, il faut poursuivre plus de recherches pour mieux comprendre ceux de la fumée secondaire du cannabis sur la santé.

Que fera le gouvernement pour prévenir la conduite sous l'effet de la drogue dans la même mesure que la conduite en état d'ébriété?

La conduite avec facultés affaiblies par la drogue ou l'alcool est illégale au Canada et le demeurera après la légalisation du cannabis. Les autorités policières sont déjà en mesure de détecter la conduite avec facultés affaiblies par la drogue à l'aide de tests normalisés de sobriété administrés sur place (TNSAP) et en faisant appel à des experts en reconnaissance de drogues (ERD).

Le 21 juin 2018, une nouvelle loi visant à renforcer les dispositions législatives concernant la conduite avec facultés affaiblies est entrée en vigueur. La nouvelle loi facilite la détection par les policiers de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue. Pa exemple, les autorités policières seront en mesure d'utiliser un appareil de dépistage de drogue par voie orale (après l'approbation du procureur général du Canada) afin de soumettre les conducteurs à un test visant à détecter la conduite avec facultés affaiblies par la drogue.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a élaboré le cours « Introduction à la conduite avec facultés affaiblies par la drogue » renforçant le programme actuel relatif aux TNSAP pour former les agents à reconnaître les signes et les symptômes de la conduite sous l'effet de la drogue. Il y a plus de 13 000 agents formés pour le TSN dans l'ensemble du Canada (avril 2018) et 833 sont des ERD certifiés (octobre 2018). On s'attend à ce que plus de 7 000 nouveaux agents soient formés aux TNSAP au pays au cours des trois prochaines années. La GRC et ses partenaires provinciaux ont également l'intention de former environ 500 autres agents-ERD certifiés au cours des cinq prochaines années.

De plus, le gouvernement fédéral a lancé la campagne nationale, Ne conduis pas gelé, qui a pour but d'informer les Canadiens sur les risques pour la sécurité et les risques juridiques liés à la conduite avec facultés affaiblies par la drogue.

Que puis-je faire pour aider un ami qui a une dépendance au cannabis?

Il n’y a pas de texte à suivre pour parler de la dépendance au cannabis avec votre ami(e) et vous pouvez avoir du mal à le ou la convaincre d’arrêter d’en consommer. Pour commencer, vous pouvez l’inviter à comparer sa situation de vie actuelle à ce qu’elle était lorsqu’il ou elle limitait sa consommation de cannabis. Il ou elle admettra peut-être qu’il ou elle se sentait en meilleure santé, plus heureux ou heureuse et plus productif ou productive.

Quand une personne a un problème de consommation de substances (y compris de cannabis), il faut absolument qu’elle demande de l’aide. Bon nombre de personnes peuvent répondre à ses questions, la conseiller ou lui offrir un soutien pratique. Notre page Obtenez de l’aide concernant la consommation problématique de drogues contient une liste d’organismes des quatre coins du pays qui peuvent apporter de l’aide à votre ami(e). Vous pouvez dresser la liste des organismes de votre région, qui indique leur site Web et leur numéro de téléphone.