Document d’information : Résultats préliminaires de l’Enquête canadienne sur le bien-être financier

De : Agence de la consommation en matière financière du Canada

Le présent document présente les résultats préliminaires d’une enquête sur le bien-être financier des adultes canadiens. 

Enquête sur le bien-être financier de l’ACFC 

Par bien-être financier, on entend la facilité avec laquelle les individus sont capables de respecter tous leurs engagements financiers et répondre à leurs besoins actuels tout en ayant la résilience financière nécessaire pour continuer d’en faire autant à l’avenirNote de bas de page 1. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) a mené sa première enquête nationale sur le bien-être financier en 2018Note de bas de page 2. Cette enquête s’appuie sur un modèle conceptuel qui met en évidence l’interdépendance entre quatre facteurs essentiels au bien-être financier : 1) l’environnement social et économique; 2) les connaissances et l’expérience financières; 3) les facteurs psychologiques; 4) un comportement démontrant une bonne capacité financière.     

Une analyse préliminaire des données de l’enquête nous a permis de relever deux comportements particulièrement importants pour assurer le bien-être financier des Canadiennes et des Canadiens. Premièrement, d’après notre analyse, les personnes qui épargnent activement ont une meilleure résilience financière et un niveau de bien-être financier généralement plus élevé. En d’autres termes, quel que soit le revenu d’une personne, l’épargne régulière en prévision de dépenses imprévues et d’autres priorités à venir semblent être la clé pour se sentir et être en contrôle de ses finances personnelles. Deuxièmement, les Canadiens qui ont régulièrement recours au crédit pour couvrir leurs dépenses quotidiennes parce qu’ils sont à court d’argent affichent un niveau de bien-être financier inférieur. Bien que ce comportement soit probablement symptomatique d’un faible bien-être financier, notre analyse nous a permis de conclure qu’une personne peut considérablement améliorer sa résilience financière et son bien être financier en adoptant des stratégies pour être moins souvent à court d’argent et diminuer son recours au crédit pour joindre les deux bouts. 

Principales conclusions

Les résultats de l’enquête permettent de générer un score représentant la capacité des Canadiens à respecter leurs engagements financiers, leur niveau d’aise face à leur situation financière et leur résilience à l’égard de leur avenir financier. Le score global attribué au bien-être financier des Canadiens est de 65 sur 100. D’autres scores ont également été calculés pour un certain nombre de composantes du bien-être financier (p. ex., le respect des engagements et la résilience face à l’avenir). Le score global attribué au bien-être financier au Canada est de 65, ce qui se situe dans la moyenne des scores obtenus dans les autres pays similaires qui ont récemment mené cette même enquêteNote de bas de page 3.

Tableau 1 : Scores moyens associés à certaines composantes du bien-être financier au Canada par rapport à ceux d’autres pays
Composante  Canada Australie  Nouvelle-Zélande Norvège
Bien-être financier général  65 59 59 77
Respect des engagements 81 71 72 91
Résilience face à l’avenir 60 54 52 73
Épargne active 68 63 60 75
Ne pas emprunter pour des dépenses quotidiennes 84 83 82 93
Prise de décision éclairée  69 66 66 70

Le score global attribué au bien-être financier représente un instantané de l’état du bien-être financier au Canada. Ce résultat s’explique par le fait que les Canadiens réussissent généralement bien dans des domaines comme le respect de leurs engagements financiers, la prise de décisions financières éclairées et la compréhension des risques liés aux produits financiers. Toutefois, d’autres facteurs sous-jacents ont permis de cerner certains enjeux qui pourraient nécessiter plus d’attention :

  • plus de la moitié des Canadiens de l’échantillon n’épargnent pas régulièrement pour couvrir les dépenses imprévues; 
  • un Canadien sur sept de l’échantillon a fréquemment recours au crédit pour acheter des produits de première nécessité, comme de la nourriture, et couvrir d’autres dépenses parce qu’il est à court d’argent;
  • près d’un Canadien sur dix de l’échantillon a déclaré faire des achats impulsifs, ce qui l’amène à acheter des choses qu’il ne peut pas se permettre.
Tableau 2 : Proportion de répondants canadiens qui adoptent certains comportements financiers
Comportement financier Très souvent/souvent De temps en temps Rarement/jamais
Épargner en vue de dépenses imprévues 47 % 29 % 24 %
Recourir au crédit pour acheter de la nourriture ou couvrir des dépenses en cas de manque de fonds 14 % 16 % 70 %
Comportement financier Tout à fait/assez vrai Neutre Pas tout à fait vrai/pas du tout
Je suis impulsif et j’ai tendance à dépenser même si je n’en ai pas les moyens 8 % 14 % 78 %

Importance des comportements financiers quotidiens

Notre analyse préliminaire comprend la modélisation afin de cerner les facteurs comportementaux qui ont la plus grande influence sur les scores de bien-être financier au CanadaNote de bas de page 4. Comme nous l’avons mentionné précédemment, deux comportements clés ont été relevés : 1) l’épargne active; 2) le recours au crédit pour couvrir les dépenses quotidiennes en cas de manque d’argent. 

Les exemples suivants illustrent l’incidence de ces deux comportements sur les scores associés au bien-être financier. 

Commençons par l’exemple d’un adulte canadien moyen ayant un conjoint et deux enfants, et dont le revenu familial se situe entre 59 000 $ et 89 000 $. Selon notre analyse, celui-ci pourrait augmenter de 30 points le score attribué à son bien-être financier s’il épargnait plus régulièrement et diminuait son recours au crédit pour couvrir ses dépenses quotidiennes.

Figure 1 : Incidence des comportements financiers sur le bien-être financier d’une famille moyenne

Figure 1 : Incidence des comportements financiers sur le bien-être financier d’une famille moyenne
Figure 1 – Version textuelle

Ce diagramme démontre un adulte canadien typique qui a un partenaire et deux enfants avec un revenu familial entre 59 000$ et 89 000$. Notre analyse indique que des efforts qui portent sur l’amélioration des comportements quotidiens d’épargnes et la réduction de la fréquence d’utilisation de crédit pour des dépenses quotidiennes donnent lieu à un score de bien-être financier de 76. Les gens qui n’ont pas d’épargne active et qui emprunte pour des dépenses quotidiennes ont un score de 46, soit 30 points de moins. 

Ces deux comportements ont une incidence tout aussi importante sur le bien-être financier d’une femme moyenne de moins de 30 ans, dont le revenu se situe entre 33 000 $ et 58 000 $. De la même façon, cette personne pourrait augmenter de 22 points le score attribué à son bien-être financier si elle épargnait plus fréquemment et diminuait son recours au crédit pour couvrir ses dépenses quotidiennes.

Figure 2 : Incidence des comportements financiers sur le bien-être financier d’une femme de moins de 30 ans  

Incidence des comportements financiers sur le bien-être financier d’une femme de moins de 30 ans
Figure 2 – Version textuelle

Ce diagramme démontre une femme canadienne typique sous l’age de 30 ans avec un salaire entre 33 000$ et 58 000$. Notre analyse indique que des efforts qui portent sur l’amélioration des comportements d’épargne active et la réduction de la fréquence d’utilisation de crédit pour les dépenses quotidiennes donnent lieu à un score de bien-être financier de 69. Ne pas épargner activement et emprunter pour des dépenses quotidiennes donnent lieu à un score de bien-être financier de 47, soit 22 points de moins. 

 

 

Importance des résultats

Les résultats préliminaires de l’enquête sur le bien-être financier soulignent l’importance du lien entre l’épargne active et le bien-être financier au Canada. Il semble que l’épargne active est essentielle parce qu’elle aide les Canadiens à se préparer aux dépenses imprévues et à d’autres priorités à venir, réduisant de ce fait le stress associé aux imprévus d’ordre financier. D’après ces résultats, l’épargne active pourrait également offrir aux Canadiens la marge de manœuvre dont ils ont besoin pour éviter de recourir au crédit afin de joindre les deux bouts lorsqu’ils sont à court d’argent. Il est intéressant de préciser que, dans les autres pays où cette enquête a été menée jusqu’à maintenant (c.-à-d. la Norvège, l’Australie, la Nouvelle-Zélande), on a conclu que les personnes qui épargnent régulièrement ont aussi une meilleure résilience financière et un niveau de bien-être financier généralement plus élevé. 

Au cours des prochains mois, l’ACFC continuera d’analyser l’ensemble de données sur le bien-être financier afin de mieux comprendre les facteurs associés au bien-être financier et la façon dont ils varient selon les différents groupes démographiques de Canadiens. 

Ces constatations préliminaires donnent des renseignements précieux, qui pourraient être utiles aux praticiens et à d’autres intervenants en littératie financière, de même que dans le cadre de la conception et de la prestation des interventions de littératie financière à venir. Ces constatations indiquent qu’il convient d’encourager les consommateurs à utiliser certains des outils et des stratégies suivants pour établir les priorités en matière de dépenses, les aider à prendre de bonnes habitudes en matière d’épargne et éviter d’être à court d’argent :

  • faire un budget;
  • établir un fonds d’urgence;
  • fixer des objectifs d’épargne; 
  • établir un plan pour éviter d’avoir recours au crédit lorsqu’on est à court d’argent.
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