Rapport annuel de 2025 sur les instructions visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangères (commissaire de l’Agence du revenu du Canada)

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre des Finances et du Revenu national, 2025

ISSN: 2818-1808

Introduction

Le présent rapport du commissaire de l’Agence du revenu du Canada (ARC) est présenté au ministre des Finances et du Revenu national conformément au paragraphe 7(1) de la Loi visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangèresNote de bas de page 1 .

Selon ce paragraphe, le commissaire doit préparer un rapport annuel sur la mise en œuvre des Instructions visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangères (commissaire de l’Agence du revenu du Canada)Note de bas de page 2  au cours de l’année civile précédente.

Le gouverneur en conseil a émis les Instructions le 4 septembre 2019.

Ce septième rapport annuel décrit la mise en œuvre des Instructions du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025. Il comprend ce qui suit :

Pratiques et ententes d’échange de renseignements concernant des entités étrangères de l’ARC

Aperçu des pratiques et des ententes d’échange de renseignements

La mission de l’ARC est d’« exécuter les programmes fiscaux et de prestations, et d’autres programmes connexes, et d’assurer l’observation fiscale pour le compte des gouvernements dans l’ensemble du Canada, de façon à contribuer au bien-être économique et social continu des Canadiens ».Note de bas de page 3

À ce titre, l’ARC échange des renseignements à des fins variées avec divers partenaires nationauxNote de bas de page 4  et internationaux. Grâce à l’administration du réseau de conventions fiscales du Canada, l’ARC participe à divers accords d’échange de renseignements fiscaux et conventions fiscales internationales (collectivement appelées « accords internationaux » dans le présent rapport).

À l’échelle internationale, l’échange de renseignements avec les administrations fiscales étrangères peut être divisé en deux grands groupes :

L’ARC a plusieurs obligations et accords nationaux et internationaux liés à l’échange de renseignements. Ces derniers sont complexes et concernent une quantité considérable de renseignements. Toutefois, en raison du mandat de l’ARC en tant qu’administration fiscale et de son réseau d’ententes, le risque de mauvais traitements est atténué de façon proactive grâce à des normes et des procédures bien établies. Elles comprennent des exigences et des restrictions strictes en matière de confidentialité sur la façon dont les renseignements sont utilisés (par exemple, uniquement pour une administration fiscale) qui sont intégrés dans ses ententes d’échange de renseignements. 

De plus, des révisions internes régulières dans le cadre du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales aident à assurer le respect des normes internationales et la confidentialité.

Section des conseils sur l’échange de renseignements

En 2021, l’ARC a mis en place la Section des conseils sur l’échange de renseignements (SCER), une équipe spécialisée à la Direction générale des programmes d’observation (DGPO). La SCER est responsable de la mise en œuvre globale de la Loi et des Instructions, et cela comprend ce qui suit :

Sections d’échange de renseignements

Les Sections d’échange de renseignements (SER) de l’ARC font partie de la DGPO. Elles appuient les efforts déployés par l’ARC pour lutter contre l’évitement fiscal et l’évasion fiscale en contrôlant l’échange de renseignements des contribuables avec les administrations fiscales étrangères, conformément aux accords internationaux du Canada.

Ces accords prévoient l’échange de renseignements fiscaux à des fins civiles et criminelles. Ils imposent aussi des exigences strictes en matière de confidentialité et de restrictions quant à l’utilisation des renseignements échangés.

À l’exception des activités d’échange de renseignements entreprises par le Programme des enquêtes criminelles (PEC) selon le traité d’entraide juridique (TEJ), toutes les activités d’échange de renseignements de l’ARC selon des accords internationaux sont simplifiées par l’intermédiaire d’une autorité compétente désignée pour chaque partie.

Les renseignements sont échangés selon des accords internationaux du Canada, à condition qu’ils soient utilisés uniquement pour évaluer ou recouvrer l’impôt visé par les accords. L’ARC n’est pas tenue de fournir des renseignements à une administration étrangère dans les cas suivants :

Les SER appuient aussi les fonctionnaires de l’ARC qui comptent sur les renseignements échangés aux fins d’observation à l’échelle internationale et nationale et collaborent avec ces derniers.

Bureau des relations et conventions internationales

Le Bureau des relations et conventions internationales (BRCI) à la Direction générale de la politique législative et des affaires réglementaires à l’ARC agit à titre d’autorité compétente pour résoudre les questions d’interprétation concernant les accords internationaux du Canada. Il aide aussi le ministère des Finances pour la négociation de traités et l’élaboration des politiques de convention fiscale.

Le BRCI est aussi responsable, en collaboration avec d’autres intervenants, de la négociation d’accords bilatéraux conclus avec une autorité compétente pour l’échange de renseignements selon les accords internationaux et la sélection des partenaires d’échange dans le cadre des AMAC sur l’échange de la NCD, des déclarations pays par pays et des plateformes numériques.

Le BRCI travaille aussi en partenariat avec divers secteurs de programme de l’ARC et le ministère des Finances sur un éventail de questions de politique et de coopération fiscales à l’échelle internationale. Parmi les exemples, on compte les travaux sur les normes relatives à l’échange automatique de renseignements, les mises à jour du modèle de convention fiscale de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et le projet de l’OCDE et du G20 pour relever les défis fiscaux liés à la numérisation de l’économie.

Programme des enquêtes criminelles

Le PEC au sein de la DGPO enquête sur des cas importants d’évasion fiscale, de fraude et d’autres infractions criminelles graves des lois fiscales, y compris les cas ayant une composante internationale. Le PEC travaille de près avec la Gendarmerie royale du Canada, les corps policiers provinciaux et locaux et d’autres organismes d’application de la loi sur les cas liés à l’impôt pour maintenir l’intégrité du régime fiscal. Par ailleurs, le PEC partage ses connaissances et son expertise avec ses partenaires nationaux et internationaux, y compris par l’intermédiaire des Joint Chiefs of Global Tax Enforcement, connus sous le nom de « J5 »Note de bas de page 10 . Ses capacités de collecte de renseignements lui permettent de bien cerner et de traiter l’évasion fiscale à l’échelle mondiale. Pour obtenir des éléments de preuve étrangers, le PEC consulte les SER ou utilise des canaux bien codifiés, comme des demandes dans le cadre du TEJ.

Mise en œuvre des Instructions

L’ARC est responsable de déterminer le niveau de risque associé à la divulgation, à la demande ou à l’utilisation de renseignements à destination ou en provenance d’une entité étrangère, principalement une administration fiscale étrangère. Elle est aussi responsable d’appliquer des mesures d’atténuation, si cela est nécessaire.

Coordination interministérielle

L’ARC est membre du groupe de coordination d’échange de renseignements, un forum dirigé par Sécurité publique Canada. Les membres du groupe travaillent pour veiller à ce que leurs instructions respectives soient mises en œuvre de façon uniforme dans l’ensemble des ministères et organismes fédéraux concernés. L’ARC s’efforce d’évaluer le risque de mauvais traitements de façon uniforme en collaboration avec les autres membres du groupe et dans le cadre international plus large du gouvernement du Canada.

Les trois principaux objectifs du groupe de coordination d’échange de renseignements sont les suivants :

Mise à jour des politiques et des procédures liées aux Instructions

Bien que l’ARC ait une pratique historique de longue date qui consiste à tenir compte des conditions relatives aux droits de la personne et des risques de mauvais traitements (en consultation avec Affaires mondiales Canada et d’autres ministères et organismes fédéraux, s’il y a lieu) dans le cadre de ses activités d’échange de renseignements, elle a apporté des modifications à ses politiques et procédures opérationnelles dans le but de renforcer l’observation des Instructions depuis leur publication. L’ARC fait aussi la promotion de l’utilisation des principes et des pratiques d’amélioration continue dans ses charges de travail. Par conséquent, ces politiques et procédures demeurent toujours évolutives et sont modifiées au besoin de façon continue.

Évaluation du risque de mauvais traitements

L’ARC mène des évaluations à l’échelle nationale, connues sous le nom de « cote de risque des juridictions (CRJ) », en utilisant une méthode normalisée, y compris les commentaires d’autres partenaires du gouvernement du Canada, afin d’évaluer les dossiers en matière de droits de la personne et les risques connexes de ses partenaires d’échange de renseignements. Les résultats permettent à la haute direction de l’ARC de prendre des décisions éclairées concernant la nécessité de divulguer des renseignements à un partenaire d’échange ou encore de demander ou d’utiliser des renseignements de ce dernier.

En 2023, l’ARC a aussi introduit la cote de risque des partenaires (CRP) qui examine les risques, ou le manque de risques, associés à chaque administration fiscale avec laquelle l’ARC a une relation aux fins d’échange de renseignements.

Les CRJ et les CRP sont ajoutés à l’évaluation des risques de mauvais traitements de l’ARC, qui est préparée pour chaque échange de renseignements.

Toutes les activités liées à l’échange de renseignements, y compris celles qui relèvent du PEC, font l’objet d’une évaluation des risques de mauvais traitements préparée au niveau opérationnel par l’équipe de la SCER.

Si l’évaluation des risques de mauvais traitements concerne un pays à risque élevé, la haute direction appropriée de l’ARC examinera et approuvera l’évaluation des risques de mauvais traitements complétée avant que les renseignements puissent être divulgués à un partenaire d’échange, ou demandés ou utilisés par ce dernier. Le niveau d’autorité d’approbation dépend du niveau du risque évalué. L’évaluation des risques de mauvais traitements peut être acheminée à une autorité d’approbation supérieure, s’il y a lieu. Elle peut aussi être rejetée à n’importe quel niveau. Toutes les évaluations des risques de mauvais traitements attribuées au commissaire doivent être signalées au ministre des Finances et du Revenu national, à l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement et au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, conformément à la Loi et aux Instructions.

L’ARC utilise des « autorisations permanentes » pour les échanges de renseignements à faible risque. Un exemple d’échange de renseignements à faible risque peut être celui où la nature des données ou les partenaires d’échange prévus présentent un faible risque et ne rencontrent pas le seuil de risque sérieux prévu par la Loi. Ces autorisations permanentes permettent à la SCER de traiter l’échange de renseignements plus efficacement, au lieu d’exiger des examens au cas par cas. Les autorisations permanentes sont examinées au moins une fois par année.

Sensibilisation et formation

L’ARC offre de la formation aux employés qui mènent régulièrement des activités d’échange de renseignements ou dont les responsabilités les amènent à participer à des échanges de renseignements. La formation est adaptée aux responsabilités et aux rôles précis des employés et est donc appropriée au niveau de risque précis. La connaissance des Instructions est une composante standard de la plupart des activités et des consultations d’échange de renseignements.

Des activités de sensibilisation et de formation supplémentaires sont offertes aux employés de l’ARC, au besoin, à mesure que de nouvelles questions surviennent.

Rapport d’activité – Période du 1er janvier au 31 décembre 2025

Entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2025, aucun échange de renseignements avec l’ARC n’a généré de risque important de mauvais traitements nécessitant un renvoi au commissaire, conformément aux directives du décret.

Bob Hamilton

Commissaire de l’Agence du revenu du Canada

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2026-04-10