ARCHIVÉ – Le revenu des immigrants et la famille

V. Principales sources de revenu – Contributions au revenu familial

Chez les immigrants et les non-immigrants, l’emploi est la principale source de revenus des jeunes. C’est pourquoi l’analyse qui suit sur les jeunes portera sur les revenus d’emploi. Si la population plus âgée a nettement tendance à toucher des revenus de retraite, aucune source de revenu n’est exclusive à une seule catégorie d’immigrants. Chez les non-immigrants, les revenus provenant d’un régime de retraite contributif représentent la majeure partie du revenu total, mais les prestations de la SV et les revenus d’emploi en représentent aussi une partie non négligeable. Chez les immigrants de la catégorie économique âgés de 60 ans ou plus, les revenus d’emploi sont encore la principale source du revenu total, mais les revenus provenant de régimes de retraite complémentaires ou non contributifs font maintenant de plus en plus souvent partie de l’équation. Chez les immigrants de la catégorie du regroupement familial et les réfugiés, l’emploi procure une part moindre des revenus, tandis que les suppléments provinciaux et les revenus provenant de régimes de retraite non contributifs représentent la principale source de revenu. En raison des différences que présente la composition des revenus de retraite des personnes âgées, l’analyse qui suit de cette population ne peut porter sur une seule source de revenu. En effet, l’analyse portera plutôt sur six des neuf sources de revenu : les revenus d’emploi, les suppléments provinciaux, les prestations du RPC et du RRQ, les régimes de retraite complémentaires, les prestations de la SV et celles du SRG et l’Allocation.

Pour toutes les personnes enregistrées dans la DAL et recevant un revenu d’une source en particulier, il est possible de savoir si elles sont les seules dans leur famille à toucher un revenu provenant de cette source [note 31]. L’analyse ci-dessous porte sur le nombre de membres d’une famille qui touchent un revenu provenant d’une des sources principales selon leur âge, le type de famille à laquelle ils appartiennent et, s’il y a lieu, la catégorie d’immigrants.

Personnes de moins de 60 ans

Le tableau 3 porte sur les familles des personnes de moins de 60 ans. Il montre, pour chaque catégorie d’immigrants et pour la population non immigrante, la proportion de personnes qui déclarent des revenus d’emploi, la proportion d’entre elles qui sont les seules à gagner un revenu au sein de leur famille, et la proportion de celles qui peuvent compter sur d’autres membres de la famille. La majorité (78 %) des non-immigrants ayant moins de 60 ans déclarent des revenus d’emploi, 32 % d’entre eux sont les seuls membres de leur famille à toucher un revenu d’emploi, tandis que 68 % peuvent compter sur au moins un autre membre de leur famille. La proportion d’immigrants qui déclarent des revenus d’emploi est plus faible. Dans l’ensemble, 68 % des immigrants de moins de 60 ans déclarent des revenus d’emploi. Comme chez les non-immigrants, la majorité (65 %) des immigrants n’étaient pas les seuls membres de leur famille à toucher des revenus d’emploi. Ces proportions étaient semblables dans toutes les catégories d’immigrants, à une exception près : les réfugiés. Ceux-ci étaient plus nombreux à toucher des revenus d’emploi (74 %), et une plus grande proportion d’entre eux (53 %) étaient les seuls de leur famille à tirer un revenu d’un emploi.

Tableau 3 : Proportion des moins de 60 ans touchant des revenus d’emploi selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 32]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 78 32 68 100
Immigrants 68 35 65 100
Catégorie économique–DP 69 41 59 100
Catégorie économique–CPC 71 35 65 100
Regroupement familial 67 40 60 100
Réfugiés 75 42 58 100

Source: DAL, Statistique Canada

En 2003, les immigrants de tous les types de familles [note 33] ont été proportionnellement moins nombreux que les non-immigrants à déclarer des revenus d’emploi. Un pourcentage plus faible de ceux ayant déclaré un revenu d’emploi pouvait compter sur la contribution d’autres membres de la famille. Chez les immigrants, 73 % des hommes mariés avaient déclaré des revenus d’emploi et près des trois quarts d’entre eux n’étaient pas les seuls de leur famille à a voir un revenu. La majorité (74 %) des immigrants vivant seuls ont également déclaré des revenus d’emploi. Plus de 75 % des enfants d’immigrants ont déclaré des revenus d’emploi, mais 86 % de ceux-ci n’étaient pas les seuls de leur famille à avoir un revenu. Par rapport aux immigrants mariés de sexe masculin, une plus petite proportion (63 %) des immigrantes mariées ont déclaré des revenus d’emploi et une plus grande proportion (83 %) d’entre elles n’étaient pas les seules à toucher des revenus au sein de leur famille. Le pourcentage d’immigrants chefs de famille monoparentale ayant touché des revenus d’emploi est semblable à celui des immigrantes mariées (64 %), mais moins de 20 % de ces chefs de famille monoparentale pouvaient compter sur un autre revenu d’emploi au sein de leur famille.

Chez les non-immigrants, le pourcentage des personnes des divers types de famille à avoir déclaré des revenus d’emploi est semblable à celui observé chez les immigrants. Une forte proportion (83 %) des non-immigrants mariés de sexe masculin ont déclaré des revenus d’emploi : 10 % de plus que les immigrants mariés de sexe masculin. Chez les non-immigrants, les hommes mariés ayant déclaré des revenus d’emploi ont été en proportion plus nombreux (83 %) que leurs homologues parmi les immigrants à n’avoir pas été les seuls, au sein de leur famille, à avoir déclaré ce type de revenu. Un pourcentage légèrement plus élevé (77 %) de non-immigrants vivant seuls touchent des revenus d’emploi par rapport aux immigrants, et une plus grande part des enfants de non-immigrants (85 %) déclarent des revenus d’emploi en comparaison des enfants d’immigrants. Comme pour ces derniers, la majorité des enfants de non-immigrants qui déclarent des revenus d’emploi ne sont pas les seuls à en déclarer au sein de leur famille. Si on les compare à la population immigrante correspondante, les non-immigrantes mariées sont 10 % plus nombreuses à déclarer des revenus d’emploi. À l’instar des immigrantes mariées, les non-immigrantes mariées ont été en proportion moins nombreuses (66 %) que les non-immigrants mariés de sexe masculin à avoir déclaré des revenus d’emploi. Par ailleurs, une plus grande part (87 %) de ces non-immigrantes mariées ayant déclaré des revenus pouvait compter sur la contribution d’au moins un autre membre de leur famille. Comparativement aux immigrants qui se trouvent dans la même situation, les non-immigrants qui sont chefs de famille monoparentale ont été en proportion plus nombreux à déclarer des revenus d’emploi (71 %), et, dans le cas de ces derniers, à n’être pas les seuls à avoir un revenu au sein de leur famille.

Personnes de 60 ans ou plus

Le tableau 4 porte sur les familles des personnes de 60 ans ou plus. Pour chaque catégorie d’immigrants et pour la population non immigrante, il indique le pourcentage des personnes ayant déclaré des revenus d’emploi en 2003, la proportion d’entre elles qui sont les seules à gagner un revenu au sein de leur famille, et la part de celles qui peuvent compter sur d’autres membres de la famille. Les proportions sont semblables pour les immigrants et les non-immigrants : dans chaque groupe, la majorité (85 %) ne touche pas de revenus d’emploi. Des 15 % restants dans chaque groupe, 50 % sont les seuls membres de leur famille à contribuer au revenu d’emploi familial et 50 % peuvent compter sur l’aide d’au moins un autre membre de leur famille. Le groupe des demandeurs principaux de la catégorie économique, bien que peu nombreux, s’écarte de la moyenne : une plus grande proportion (30 %) des 60 ans ou plus de ce groupe déclarent des revenus d’emploi, et la majorité d’entre eux ne sont pas les seuls à contribuer au revenu familial.

Chez les 60 ans ou plus, presque autant d’immigrants que de non-immigrants ont déclaré des revenus d’emploi, et cela quel que soit le type de famille. On constate aussi, au sein des deux groupes, des proportions relatives très semblables pour tous les types de famille. Dans les deux cas, les hommes mariés sont en proportion les plus nombreux à déclarer des revenus d’emploi : 24 % chez les immigrants et 22 % chez les non-immigrants. Les femmes mariées se classent deuxièmes : 14 % chez les immigrantes et 16 % chez les non-immigrantes. Les personnes de 60 ans ou plus qui sont chefs de famille monoparentale ou qui vivent seules sont les moins susceptibles d’avoir des revenus d’emploi.

Tableau 4 : Proportion des 60 ans ou plus touchant des revenus d’emploi selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 34]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 15 54 46 100
Immigrants 15 48 52 100
Catégorie économique–DP 30 41 59 100
Catégorie économique–CPC 12 53 47 100
Regroupement familial 17 44 56 100
Réfugiés 15 59 41 100

Source: DAL, Statistique Canada

Tableau 5 : Pourcentage des  60 ans ou plus touchant des suppléments provinciaux selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 35]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 5 86 14 100
Immigrants 22 77 23 100
Catégorie économique–DP 10 92 8 100
Catégorie économique–CPC 23 75 25 100
Regroupement familial 46 80 20 100
Réfugiés 13 83 17 100

Source: DAL, Statistique Canada

Le tableau 5 montre, pour chaque catégorie d’immigrants et pour la population non immigrante, la proportion des personnes touchant un revenu d’emploi, et la part de celles-ci qui sont les seules à avoir un revenu au sein de leur famille [note 36]. En 2003, les proportions d’immigrants et de non-immigrants qui touchaient des suppléments provinciaux étaient très différentes. Seulement 5 % des non-immigrants ont déclaré des revenus provenant de suppléments provinciaux, tandis que la proportion moyenne chez les immigrants était de 22 %. Une part beaucoup plus faible des demandeurs principaux de la catégorie économique (10 %) et des réfugiés (13 %) ont déclaré des suppléments provinciaux, mais les immigrants de la catégorie du regroupement familial, qui constituent la majorité des immigrants de 60 ans ou plus, ont été beaucoup plus nombreux à en déclarer (46 %).

Les proportions d’immigrants et de non-immigrants qui déclarent des suppléments provinciaux varient également selon les types de famille. Les immigrants mariés ont déclaré des suppléments provinciaux (17 % d’hommes, et 13 % de femmes) dans des proportions plus importantes que les non-immigrants mariés (3 % d’hommes, et 2 % de femmes). Cependant, ce sont les personnes vivant seules et les chefs de famille monoparentale qui diffèrent le plus de leurs homologues non immigrants. En effet, un tiers ou plus de ces personnes déclarent des revenus provenant de suppléments provinciaux, contre seulement 10 % des non-immigrant s ayant les mêmes caractéristiques.

Comme nous l’avons vu précédemment, les revenus de retraite forment une grande partie des revenus des immigrants et des non-immigrants de 60 ans ou plus. Les tableaux 6 à 9 indiquent la proportion des immigrants des diverses catégories qui déclarent des revenus provenant des quatre principales sources de revenus de retraite. Le tableau 6 indique la proportion des personnes qui ont touché des prestations du RPC ou du RRQ en 2003 et combien étaient les seuls à en toucher au sein de leur famille. Il y a d’importantes différences entre les proportions d’immigrants et de non-immigrants qui touchent des prestations du RPC et du RRQ. Plus de 80 % des non-immigrants ont déclaré des prestations du RPC ou du RRQ, et près de la moitié d’entre eux en ont compté au moins un prestataire parmi les membres de leur famille. En revanche, seulement 27 % des immigrants ont déclaré des prestations du RPC ou du RRQ, et seulement 40 % d’entre eux pouvaient compter sur la contribution d’autres personnes au sein de leur famille. Pour chaque catégorie, les résultats sont sensiblement les mêmes sauf pour les demandeurs principaux de la catégorie économique qui sont plus nombreux (36 %) à toucher des prestations du RPC ou du RRQ. Ces résultats ne sont pas surprenants si l’on considère que le RPC et le RRQ sont des régimes de retraite contributifs qui sont liés aux revenus cumulatifs. Même s’il n’existe aucune disposition spéciale pour les immigrants, le montant de leurs prestations est directement lié à la durée de la période pendant laquelle ils ont travaillé au Canada. En général, les non-immigrants de 60 ans ou plus, ayant bénéficié de plus d’années que les immigrants pour cotiser au RPC et au RRQ, reçoivent des prestations plus importantes. De plus, comme nous l’avons vu précédemment, une part plus importante d’immigrants (surtout les demandeurs principaux de la catégorie économique) que de non-immigrants travaillent après l’âge de 60 ans, ce qui a pour effet de différer le versement de leurs prestations du RPC et du RRQ.

Tableau 6 : Proportion des 60 ans ou plus touchant des prestations du RPC ou du RRQ selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 37]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 82 53 47 100
Immigrants 28 62 38 100
Catégorie économique–DP 37 69 31 100
Catégorie économique–CPC 26 60 40 100
Regroupement familial 27 67 33 100
Réfugiés 26 77 23 100

Source: DAL, Statistique Canada

Pour tous les types de famille, les non-immigrants sont en proportion deux fois plus nombreux que les immigrants à toucher des prestations du RPC et du RRQ. Chez les non-immigrants, les hommes mariés, les personnes vivant seules et les chefs de famille monoparentale sont les plus susceptibles de toucher des prestations du RPC ou du RRQ, dans des proportions respectives de 87 %, 87 % et 84 %. De plus, 64 % des non-immigrants mariés de sexe masculin et 10 % des chefs de famille monoparentale comptent au moins une autre personne au sein de leur famille qui déclare des revenus. Les non-immigrantes mariées forment le groupe qui touche le moins de prestations du RPC et du RRQ (78 %), mais elles sont le plus susceptibles d’avoir dans leur famille au moins une personne ayant des revenus.

Chez les immigrants, les hommes mariés sont aussi plus nombreux, mais seulement un peu plus nombreux, à déclarer des prestations du RPC et du RRQ : 31 %. Par ailleurs, moins de la moitié d’entre eux ont, dans leur famille, au moins une personne ayant des revenus; cette proportion est beaucoup moins importante que celle observée chez leurs homologues parmi les non-immigrants. Les immigrantes mariées, les immigrants vivant seuls et les immigrants chefs de famille monoparentale suivent de près, puisque ces catégories affichent une proportion semblable à celle des hommes mariés (environ 27 %). Les immigrantes mariées, comme leurs homologues non immigrantes, sont les plus susceptibles de compter, au sein de leur famille, au moins une autre personne ayant des revenus tandis que, contrairement aux chefs de famille monoparentale non immigrants, la totalité des immigrants qui sont chefs de famille monoparentale et qui touchent des prestations du RPC ou du RRQ sont les seuls membres de leur famille à avoir de tels revenus.

Le tableau 7 montre, pour chaque catégorie d’immigrants, le pourcentage de personnes ayant déclaré un revenu provenant de régimes de retraite complémentaires en 2003 et la proportion d’entre elles qui étaient les seules de leur famille à avoir des revenus. Beaucoup plus de non-immigrants (51 %) que d’immigrants (12 %) déclarent des revenus provenant de régimes de retraite complémentaires, et la majorité d’entre eux sont les seuls membres de leur famille à toucher ce type de revenus. Les réfugiés et les demandeurs principaux de la catégorie économique sont ceux qui touchent le plus de revenus provenant de régimes de retraite complémentaires (23 % et 19 %, respectivement), tandis que les immigrants de la catégorie du regroupement familial sont ceux qui en touchent le moins (5 %).

Tableau 7 : Proportion des 60 ans ou plus bénéficiant de régimes de retraite complémentaires selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 38]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 51 63 37 100
Immigrants 12 66 34 100
Catégorie économique–DP 19 75 25 100
Catégorie économique–CPC 10 63 37 100
Regroupement familial 5 79 21 100
Réfugiés 23 66 34 100

Source: DAL, Statistique Canada

Les non-immigrants, quel que soit le type de famille auquel ils appartiennent, sont beaucoup plus susceptibles de bénéficier de régimes de retraite complémentaires que leurs homologues immigrants. C’est chez les hommes mariés des deux groupes que l’on observe la plus forte proportion de prestataires de régimes de retraite complémentaires, mais cette proportion est de 63 % chez les non-immigrants, et de seulement 14 % chez les immigrants. Chez les immigrants et les non-immigrants, un peu plus de la moitié des hommes mariés qui déclarent ce type de revenu sont les seuls à contribuer au revenu familial. Les immigrants vivant seuls ar rivent deuxièmes (12 %) pour ce qui est de la proportion des personnes à bénéficier du RPC ou du RRQ, mais la proportion des non-immigrants à cet égard est encore une fois plus importante (51 %). Les femmes mariées et les chefs de famille monoparentale des deux populations sont les moins susceptibles de bénéficier d’un régime de retraite complémentaire : moins de 50 %, dans le cas des non-immigrants, et moins de 10 % dans celui des immigrants. Chez les non-immigrants et les immigrants, les femmes mariées sont les moins susceptibles d’être les seules à avoir un revenu au sein de leur famille : 80 % ou plus de celles qui déclarent bénéficier de régimes de retraite complémentaires comptent au sein de leur famille au moins une autre personne ayant un revenu.

Le tableau 8.1 montre, pour chaque catégorie d’immigrants, la proportion de personnes qui ont touché des prestations de la SV en 2003 et la part de ces personnes qui étaient les seules au sein de leur famille à avoir des revenus de ce type. Plus des trois quarts des non-immigrants ont déclaré des prestations de la SV contre un peu plus de la moitié des immigrants. Si l’on considère les obligations de résidence assorties à la SV, il n’est pas étonnant que moins d’immigrants aient touché ces prestations. En 2003, seulement 60 % des immigrants enregistrés dans la DAL respectaient l’obligation de résidence de la SV [note 39]. Comme le montre le tableau 8.2, lorsque l’on tient uniquement compte de ceux qui respectent l’obligation de résidence, les résultats sont sensiblement les mêmes que dans le cas de la population non immigrante. Ce tableau indique que 70 % des immigrants de 60 ans ou plus qui respectent l’obligation de résidence touchent des prestations de la SV, et que 43 % d’entre eux ne sont pas les seuls membres de leur famille à en bénéficier. On peut cependant noter quelques différences entre les catégories d’immigrants. Le groupe des conjoints et personnes à charge de la catégorie économique est celui qui compte la plus forte proportion de prestataires de la SV (86 %); 44 % d’entre eux peuvent par ailleurs compter sur les revenus d’au moins un autre membre de leur famille. Les demandeurs principaux de la catégorie économique et les immigrants de la catégorie du regroupement familial comptent cependant moins de prestataires de la SV : 45 % et 56 %, respectivement. De plus, une proportion plus faible de demandeurs principaux de la catégorie économique compte d’autres bénéficiaires de la SV au sein de leur famille.

Même si les immigrants sont proportionnellement moins nombreux que les non-immigrants à déclarer des prestations de la SV, les deux groupes affichent, selon le type de famille, des proportions relatives presque identiques à cet égard. Dans les deux cas, les personnes vivant seules sont les plus nombreuses à toucher des prestations de la SV : plus de 80 %. Les chefs de famille monoparentale suivent de près  : 80 % des non-immigrants et 75 % des immigrants touchent ces prestations. Les personnes mariées des deux populations sont le moins susceptibles de déclarer des prestations de la SV, mais elles sont quand même nombreuses à en toucher : environ 65 % des immigrants et 70 % des non-immigrants. De plus, chez les deux populations, les femmes mariées sont plus susceptibles que les hommes mariés de compter, dans leur famille, au moins une personne ayant ce type de revenus. Plus de 90 % des femmes mariées touchent des prestations de la SV tandis que cette proportion est des deux tiers environ chez les hommes mariés.

Tableau 8.1 : Proportion des 60 ans ou plus touchant des prestations de la SV selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 73 53 47 100
Immigrants 47 57 43 100
Catégorie économique–DP 38 69 31 100
Catégorie économique–CPC 50 56 44 100
Regroupement familial 44 67 33 100
Réfugiés 57 56 44 100

Source: DAL, Statistique Canada

Tableau 8.2 : Proportion des 60 ans ou plus qui, respectant l’obligation de résidence, touchent des prestations de la SV selon la catégor ie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 40]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 73 52 48 100
Immigrants 70 57 43 100
Catégorie économique–DP 45 67 33 100
Catégorie économique–CPC 84 55 45 100
Regroupement familial 56 66 34 100
Réfugiés 67 55 45 100

Source: DAL, Statistique Canada

Comme le SRG prévoit les mêmes conditions que la SV en matière de résidence, il est plus judicieux de tenir compte des immigrants qui sont admissibles pour comparer les proportions d’immigrants et de non-immigrants qui reçoivent des prestations du SRG ou l’Allocation. Le tableau 9 montre, pour chaque catégorie d’immigrants, le pourcentage des personnes (respectant l’obligation de résidence) qui ont touché des prestations du SRG ou l’Allocation en 2003 et la proportion d’entre elles qui contribuaient seules au revenu familial. La proportion d’immigrants qui déclarent des prestations du SRG ou l’Allocation (63 %) est beaucoup plus grande que celle des non-immigrants (29 %). Comme nous l’avons vu précédemment, cela peut être dû au fait que, en moyenne, les immigrants reçoivent moins de prestations de la SV (à cause de leur courte période de résidence au Canada) que les non-immigrants, et ont ainsi davantage besoin des prestations du SRG. Les demandeurs principaux de la catégorie économique affichent la plus faible proportion de prestataires du SRG ou de l’Allocation (32 %), tandis que les conjoints et les personnes à charge de cette catégorie présentent la plus grande proportion (80 %). Fait encore plus important, la majorité des immigrants de la catégorie du regroupement familial, le groupe le plus important de cette population, touchent des prestations du SRG ou l’Allocation, et près de 60 % d’entre eux comptent, dans leur famille, d’autres personnes qui en bénéficient.

Tableau 9 : Proportion des 60 ans ou plus qui, respectant l’obligation de résidence, touchent des prestations du SRG ou l’Allocation selon la catégorie d’immigrants, année d’imposition 2003 [ note 41]
  PROPORTION DE LA POPULATION PROPORTION DES PERSONNES
  Personnes touchant
un revenu (%)
Seuls membres de la famille
touchant un revenu (%)
Autres membres de la famille
touchant un revenu (%)
Total
Non-immigrants 29 64 36 100
Immigrants 63 52 48 100
Catégorie économique–DP 33 55 45 100
Catégorie économique–CPC 80 54 46 100
Regroupement familial 55 58 42 100
Réfugiés 46 54 46 100

Source: DAL, Statistique Canada

Les immigrants de tous les types de famille sont plus susceptibles de toucher des prestations du SRG et l’Allocation que leurs homologues non immigrants, mais les proportions relatives pour chaque type de famille sont encore une fois semblables. Chez les deux populations, les chefs de famille monoparentale et les personnes vivant seules affichent les plus fortes proportions de prestataires du SRG ou de l’Allocation. Chez les immigrants, 76 % des personnes vivant seules et 72 % des chefs de famille monoparentale déclarent ces prestations, tandis que chez les populations non immigrantes correspondantes, ces proportions sont de 45 % et de 50 %, respectivement. Les personnes mariées des deux populations sont moins susceptibles que les personnes des deux autres types de famille de toucher des prestations du SRG ou l’Allocation, mais la différence est moins marquée dans le cas des immigrants. Chez ces derniers, en effet, 53 % des hommes mariés et 65 % des femmes mariées touchent des prestations du SRG et l’Allocation, contre 22 % et 19 % respectivement chez leurs homologues non immigrants. Chez les deux populations, les femmes mariées qui déclarent des prestations du SRG ou l’Allocation sont plus susceptibles que les hommes mariés d’en compter au moins un autre prestataire au sein de leur famille.

____________

31  Malheureusement, si la personne enregistrée dans la DAL ne reçoit pas de revenu d’une source en particulier, on ne peut savoir si un membre de sa famille reçoit un revenu provenant de cette source.

32  Le tableau A4 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon la situation de famille. En 2003, chez les non-immigrants de moins de 60 ans : 60 % étaient mariés, 16 % étaient des enfants, 7 % étaient chefs de famille monoparentale et 17 % étaient des personnes vivant seules. Chez les immigrants de 60 ans et moins : 70 % étaient mariés, 11 % étaient des enfants, 6 % étaient chefs de famille monoparentale et 13 % étaient des personnes vivant seules.

33  Retournez à la figure 4 pour connaître les types de famille.

34  Le tableau A5 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille. En 2003, les immigrants et les non-immigrants de 60 ans ou plus se répartissent de la même façon selon le type de famille  : 63 % sont mariés, aucun n’est un enfant, 4 % sont chefs de famille monoparentale et 33 % sont des personnes vivant seules.

35  Le tableau A6 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille.

36  Les familles touchant des prestations d’aide sociale devraient former la majorité de cette population. Comme l’aide sociale fait l’objet d’une seule déclaration par famille, il ne peut y avoir plus d’un membre par famille qui en bénéficie. Cependant, en plus de l’aide sociale, d’autres suppléments provinciaux sont inscrits à la même ligne du formulaire de déclaration de revenus. Pour cette raison, il est possible qu’une famille compte plus d’un membre qui touche des suppléments provinciaux.

37  Le tableau A7 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille.

38  Le tableau A8 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille.

39  Aux fins de la présente analyse, on considère que les personnes de 60 ans ou plus qui sont admises au pays depuis au moins dix ans respectent les obligations de résidence de la SV. Il s’agit peut-être d’une légère sous-estimation du nombre réel de personnes admissibles aux prestations de la SV puisqu’on ne tient pas compte ici de la résidence temporaire, qui peut être prise en compte dans la durée de résidence lors de la présentation d’une demande de prestations de la SV.

40  Le tableau A9 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille.

41  Le tableau A10 de l’annexe présente des renseignements semblables, mais selon les types de famille.

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