6. Le rôle des résidents temporaires qui travaillent au Canada

En plus des résidents permanents qui arrivent au Canada, il y a ici des étrangers présents de façon temporaire qui ont reçu un permis de travail et ont le droit de participer au marché du travail canadien. La principale source de ces résidents temporaires est le Programme des travailleurs étrangers temporaires; toutefois, d’autres résidents temporaires (essentiellement des étudiants étrangers et des demandeurs d’asile) peuvent aussi présenter une demande de permis de travail pendant leur séjour au Canada. La figure 9 indique, par année, le nombre de résidents temporaires munis d’un permis de travail qui séjournent au Canada.Note de bas de page 27

Figure 9 : Nombre d’étrangers (présents au Canada le 1er décembre) munis d’un permis de travail canadien, 1980-2011

Figure 9 : Nombre d’étrangers (présents au Canada le 1er décembre) munis d’un permis de travail canadien, 1980-2011

6.1. Travailleurs étrangers temporaires

Diverses initiatives ont été lancées afin de réagir à la mondialisation, à la mobilité croissante de la main-d’œuvre et aux besoins des employeurs. Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) et Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) travaillent constamment à améliorer le Programme des travailleurs étrangers temporaires afin de répondre aux besoins changeants des travailleurs et des employeurs. Ce plan comprend l’engagement de fournir rapidement des services afin d’aider les employeurs canadiens à fonctionner efficacement dans le contexte concurrentiel mondial.

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires actuel comprend deux grands volets. Le premier, et le plus connu, vise les personnes qui répondent directement aux besoins des employeurs, notamment celles qui ont obtenu un avis sur le marché du travail (AMT) confirmé par RHDCC, et d’autres étrangers au Canada qui sont rattachés à un segment particulier du marché du travail (notamment les travailleurs embauchés dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers [PTAS], du Programme des aides familiaux résidants [PAFR] et des accords internationaux). Le deuxième volet du Programme des travailleurs étrangers temporaires peut être qualifié de « facilitant » et n’est pas associé à un emploi ou à un employeur particulier (il s’agit notamment des programmes d’échange pour les jeunes et des permis de travail ouverts pour les époux). Les étrangers qui entrent au Canada au titre du volet « facilitant » n’ont pas besoin d’un AMT de RHDCC et ne sont pas rattachés à un segment particulier du marché du travail.

L’estimation du nombre de personnes qui entrent au Canada de façon temporaire est généralement fondée sur le nombre de documents délivrés. Toutefois, certaines pratiques entraînent un double comptage, qui est parfois très important. Il faut donc se fonder non seulement sur le nombre de permis délivrés, mais aussi, et surtout, sur le nombre de personnes pour calculer le nombre annuel de travailleurs étrangers (présents à un moment donné de l’année) et sur la durée de validité de chaque permis de travail.

En examinant le nombre de travailleurs étrangers présents au pays le 1er décembre, nous constatons que, par le passé, les travailleurs étrangers représentaient un faible pourcentage de la population active totale au Canada.Note de bas de page 28 En 1980, ils constituaient 0,2 % de la population active totale; en 1990, cette proportion avait grimpé à 0,8 %. En 1993, elle avait chuté à 0,5 %, niveau auquel elle s’est maintenue jusqu’en 1999. Mais la population des travailleurs étrangers temporaires a augmenté rapidement depuis, et elle est actuellement supérieure à 300 000, ou 1,6 % de la population active totale du Canada.

Figure 10 : Travailleurs étrangers (présents au Canada le 1er décembre), selon le niveau de compétence, 1980-2011

Figure 10 : Travailleurs étrangers (présents au Canada le 1er décembre), selon le niveau de compétence, 1980-2011

Version texte : Travailleurs étrangers selon le niveau de compétence

L’accroissement rapide de la population de travailleurs étrangers temporaires depuis le début des années 2000 est bien connu, mais la source de cet accroissement l’est peut-être moins bien. Il tient en grande partie à l’aspect « facilitant » du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Par exemple, le nombre d’étrangers présents au Canada dans le cadre du Programme d’échange pour les jeunes est passé d’environ 10 700 en 2000 à 61 000 en 2011. Une forte hausse a également été relevée dans le cas des époux et des conjoints de fait de résidents temporaires et d’autres entrants similaires munis d’un permis de travail « ouvert » (non lié à un emploi ou à un employeur en particulier) à l’arrivée.

D’autres programmes axés sur le marché du travail ont également enregistré une forte hausse depuis 2000, notamment le Programme des aides familiaux résidants (PAFR), le Programme des travailleurs agricoles saisonniers, le programme pour les travailleurs peu spécialisés et le programme pour les travailleurs du domaine des logiciels. Le Programme des aides familiaux résidants présente un intérêt particulier dans la présente analyse en ce sens qu’il vise davantage le long terme et permet expressément d’effectuer la transition vers le statut de résident permanent.

Le PAFR vise à faire venir des travailleurs au Canada pour occuper des emplois d’aide familial résidant lorsqu’il n’y a pas suffisamment de Canadiens pour les pourvoir. Les travailleurs embauchés dans le cadre de ce programme prennent soin d’enfants, de personnes âgées ou de personnes handicapées, sans supervision, dans un foyer privé. Les travailleurs étrangers acceptés en vertu du PAFR peuvent demander la résidence permanente après avoir occupé un emploi d’aide familial résidant pendant deux des trois ans qui suivent leur arrivée au Canada. La croissance du PAFR depuis 2000 a été importante, passant de 7 450 travailleurs en 2000 à 39 000 en 2009. Toutefois, après avoir atteint un sommet en 2009, le nombre d’aides familiaux résidants au Canada a diminué à environ 25 000 en 2011.

6.2. Autres travailleurs temporaires

Comme nous l’avons déjà mentionné, les étudiants étrangers, les demandeurs d’asile et les autres résidents temporaires peuvent aussi demander un permis de travail pendant leur séjour au Canada. Même si la principale raison pour laquelle ils séjournent ici n’est pas de travailler, ils peuvent entrer sur le marché du travail. Les documents administratifs indiquent qu’environ 135 000 étrangers au Canada (en plus des 300 000 travailleurs étrangers temporaires) pourraient avoir participé au marché du travail en 2011, ce qui représente une hausse importante par rapport aux 52 000 autres résidents temporaires munis d’un permis de travail en 2000. L’augmentation de ces chiffres durant la dernière décennie a surtout été le fait des étudiants étrangers et des demandeurs d’asile. En ce qui a trait aux étudiants étrangers, les programmes spéciaux (comme le Programme de permis de travail hors campus, le Programme d’alternance travail-études [coop] et le Programme de permis de travail postdiplôme) ont entraîné une augmentation du nombre de ces étudiants munis d’un permis de travail. Quant aux demandeurs d’asile, ils ont augmenté en raison du plus grand nombre d’étrangers qui ont présenté une demande d’asile et du plus fort pourcentage d’entre eux qui ont demandé un permis de travail.

6.3. Transition de la résidente temporaire à la résidence permanente

Les étrangers qui entrent au Canada en vertu d’un permis de travail temporaire peuvent obtenir la résidence permanente après leur arrivée. En 2000, environ 47 000 résidents temporaires ont obtenu la résidence permanente, soit près de 21 % des nouveaux résidents permanents pour cette année-là. En 2010, ce nombre était passé à près de 72 000, soit presque 25 % de tous les immigrants reçus.Note de bas de page 29 Les travailleurs étrangers temporaires représentaient environ 30 % des personnes ayant effectué la transition vers la résidence permanente, une bonne part de ce pourcentage étant attribuable aux aides familiaux résidants philippins qui ont choisi de demeurer au Canada au titre de la catégorie économique. Bon nombre d’étudiants de la Chine et de Hong Kong ont aussi choisi de demeurer au Canada après avoir acquis suffisamment de capital humain pour satisfaire aux critères de sélection de la catégorie économique ou effectué la transition au titre de la catégorie du regroupement familial.

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