5. Tendances liées au rendement économique des immigrants au Canada

Le Canada est l’un des pays de l’OCDE où l’afflux de résidents permanents est le plus important, avec un taux annuel d’environ 0,8 % de sa population. Malgré son taux d’immigration relativement élevé, il démontre la plus grande égalité au chapitre du taux d’emploi entre la population née au Canada et celle d’origine immigrante. En ce qui a trait à la participation au marché du travail, l’écart entre les femmes nées au Canada et celles d’origine immigrante est le plus faible des pays de l’OCDE et il est négligeable pour les hommes. Néanmoins, les immigrants ont de la difficulté à s’intégrer au marché du travail canadien.

Les résultats du Recensement de 2006 indiquent que l’écart entre les revenus des immigrants récents et ceux des travailleurs nés au Canada a continué de se creuser durant la première décennie du XXIe siècle. En 1980, les immigrants récents de sexe masculin qui recevaient un revenu d’emploi touchaient 85 cents pour chaque dollar gagné par les hommes natifs du Canada. Ce rapport avait chuté à 67 cents en 2000 et à 63 cents en 2005. Les chiffres correspondants pour les immigrantes reçues récemment étaient de 85 cents, 65 cents et 56 cents respectivement.

L’examen des données sur les revenus d’emploi annuels tirées de la Banque de données longitudinales sur les immigrants (BDIM) fait ressortir le maintien de deux tendances au fil du temps pour toutes les cohortes d’entrée. Tout d’abord, les revenus augmentent avec le temps passé au Canada. Ensuite, les revenus des immigrants (demandeurs principaux) de la catégorie économique dépassent en moyenne ceux de toutes les autres catégories d’immigrants, au début de l’établissement et au fil du temps (figure 8). Ce groupe est sélectionné en fonction de ses caractéristiques relatives au marché du travail et affiche généralement un plus fort taux de participation au marché du travail que les autres.

Malgré cette tendance à long terme, les résultats économiques des immigrants sont inégaux depuis le début des années 1990. Ceux qui sont entrés au Canada à cette époque-là ont été touchés par le marasme économique et cela se reflète dans leurs revenus d’emploi. En moyenne, les revenus d’emploi des cohortes ultérieures se sont améliorés, une forte croissance s’affichant dans le secteur des technologies de l’information (TI). Chez les immigrants qualifiés, on constate une concentration anormalement élevée dans les professions du secteur des TI, notamment en ingénierie et en informatique.Note de bas de page 21 Par conséquent, ils ont également été touchés hors de proportion par l’effondrement de ce secteur au début de la présente décennie et leur profil de revenus durant la période de 2000-2008 reflète cette réalité.Note de bas de page 22

Figure 8 : Revenus d’emploi moyens au niveau d’entrée (en dollars de 2008), selon la catégorie d’immigration et l’année d’imposition

Figure 8 : Revenus d’emploi moyens au niveau d’entrée (en dollars de 2008), selon la catégorie d’immigration et l’année d’imposition

5.1. Tendances du faible revenu

Le taux de faible revenu chez les immigrants récents (ceux qui ont été reçus au pays dans les cinq dernières années) a presque doublé entre 1980 (25 %) et 1995 (47 %), puis a chuté sous les 36 % en 2000. Par comparaison, le taux de faible revenu chez les natifs du Canada est passé de 17 % en 1980 à 14 % en 2000. Les résultats du Recensement de 2006 montrent qu’en 2005, le taux de faible revenu chez les immigrants récents a continué d’être très supérieur à celui des natifs du Canada.Note de bas de page 23 Le taux de faible revenu chez les immigrants qui résident au Canada depuis plus longtemps est nettement plus faible. On constate une baisse du taux à chaque année supplémentaire de séjour au Canada.

Des recherches antérieures indiquent que chez les personnes non âgées, plusieurs groupes sont particulièrement à risque au chapitre du faible revenu persistant et de la pauvreté. Il s’agit notamment des chefs de famille monoparentale, des Canadiens d’origine autochtone, des immigrants récents, des personnes souffrant d’un trouble médical limitant leur capacité de travailler et des personnes seules âgées de 45 à 64 ans.Note de bas de page 24 En outre, la forte baisse du salaire horaire des employés nouvellement embauchés par rapport à celui des autres travailleursNote de bas de page 25 a entravé les progrès de bien des personnes à faible revenu. Toutefois, en ce qui a trait aux immigrants récents en particulier, on ne sait pas grand-chose des causes de la pauvreté, des endroits où elle sévit et de ses diverses répercussions sociales.

5.2. Facteurs en cause

Les recherches sur les raisons qui expliquent les mauvais résultats économiques indiquent l’influence de plusieurs facteurs :

La situation du marché du travail a contribué à environ 40 % de la baisse durant les 20 dernières années. Dernièrement, l’effondrement du secteur des TI au début des années 2000 a réduit l’emploi et les revenus dans ce secteur de l’économie.

La formation acquise à l’étranger rapporte moins par suite de changements survenus dans les pays sources. Même si le rendement de la formation acquise dans les différents pays n’a pas diminué avec le temps, la proportion d’immigrants venant de pays pour lesquels le rendement est plus faible a augmenté.

L’expérience de travail acquise à l’étranger n’est pas aussi prisée que celle acquise au Canada.

La connaissance des langues officielles est insuffisante. Même s’il a été difficile d’évaluer avec précision l’incidence de la connaissance des langues officielles sur les résultats économiques, tout porte à croire qu’il s’agit là d’un obstacle majeur à la réussite économique des immigrants.Note de bas de page 26

Les natifs du Canada sont de plus en plus instruits et livrent donc une concurrence plus féroce aux immigrants.

5.3. Résultats économiques, selon la province ou la région

Les résultats économiques relatifs des immigrants varient d’une province à l’autre. Cette situation cadre avec celle des natifs du Canada dans toutes les provinces. Plusieurs facteurs expliquent les écarts de revenus d’emploi (p. ex. situation du marché du travail local, lois sur le salaire minimum), le facteur clé étant la variation de la concentration des immigrants dans certaines industries et professions d’une région à l’autre.

La baisse des revenus d’emploi annuels moyens des immigrants récents au cours de la première partie de la présente décennie a également été constatée à l’échelle provinciale dans le cas de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec, bien qu’à des degrés différents. En Ontario, les revenus d’emploi ont été particulièrement touchés par la baisse de l’emploi dans les secteurs des TI et de la fabrication, ce qui a eu des conséquences négatives pour les revenus d’emploi des immigrants récents dans cette province. La hausse constante du taux de faible revenu depuis 1990 chez les immigrants de fraîche date, surtout à Toronto et à Vancouver, est de plus en plus préoccupante, car le taux de faible revenu des natifs du Canada dans ces villes a baissé pendant la même période.

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