Cinq étapes pour sécuriser les expéditions – Notes de l’Institut canadien de conservation (ICC) 20/3

Avis de non-responsabilité

Les renseignements contenus dans ce document sont basés sur la compréhension actuelle des problèmes soulevés. Ils ne s’appliquent pas nécessairement à toutes les situations, et aucune des activités décrites n’assure une protection complète. Bien que des efforts raisonnables aient été faits pour s’assurer que les renseignements sont exacts et à jour, l’éditeur, l’Institut canadien de conservation (ICC), n’offre aucune garantie à cet égard et n'assume aucune responsabilité en cas de perte, de réclamation ou de revendication pouvant résulter, directement ou indirectement, de l’utilisation des renseignements ou de la confiance qui leur est accordée. L’ICC ne cautionne aucun des produits, services ou matériaux indiqués dans ce document ou sur les sites Web externes auxquels ce document pourrait renvoyer. Par ailleurs, il ne fait aucune déclaration à leur sujet. Ces produits, services ou matériaux sont donc utilisés à vos propres risques.

Liste des abréviations
é
épaisseur
h
hauteur
HR
humidité relative
P
poids
PEBD
polyéthylène basse densité
S
superficie

Introduction

La présente Note traite d’une méthode en cinq étapes pour emballer des objets fragiles en vue de les expédier. Les étapes portent sur les principales mesures à prendre pour garantir que les objets arrivent à destination sans être endommagés.

Voici les principales préoccupations liées à l'expédition d'un objet fragile :

Étape 1 : Déterminer les caractéristiques de l’objet et les détails de l’expédition

Il est utile de commencer un projet d’emballage en se posant des questions comme celles-ci :

Les réponses à ces questions vous aideront à planifier l’expédition et à établir des exigences d’emballage appropriées.

Informer le transporteur de tout élément inhabituel lié à l'objet expédié ou des spécifications d'expédition. Les renseignements de base sur l’objet emballé, comme sa taille et son poids, permettent de choisir le bon véhicule et d'estimer plus facilement la taille de l’emballage afin de s'assurer que celui-ci peut aisément être déplacé dans les sites d'expédition et de réception. Les renseignements sur l'objet et les matériaux qui le constituent aideront à hiérarchiser les risques et les mesures de contrôle nécessaires.

L’information acquise auprès de personnes qui connaissent bien l'objet peuvent aider à définir les méthodes de manutention et à concevoir un emballage approprié, en particulier lorsque l’objet est soumis à des forces pendant la manutention ou qu’il touche des éléments de l’emballage primaire. Les conversations avec ces personnes peuvent aussi aider à découvrir une sensibilité inhabituelle ou cachée inhérente à l'objet. Si l’objet est expédié pour être traité, il peut nécessiter des mesures de protection (par exemple, la consolidation de la peinture écaillée). Dans ce cas, il convient de demander à l'avance des conseils en matière de restauration.

Le moment de l’année et la durée du déplacement permettront d’établir si un transport sous température dirigée est nécessaire. L’emballage type offre une protection allant de 30 minutes à plusieurs heures contre des variations soudaines de la température. Lorsque le transport sous température dirigée est nécessaire, la norme est une régulation fiable dans la plage de 15 °C à 25 °C (de 59 °F à 77 °F).

Le type d’expédition permettra de choisir le modèle d’emballage. Un objet expédié directement et ne faisant qu’un aller simple peut être emballé simplement (par exemple, dans une caisse d’expédition de base avec fermetures à vis). Toutefois, si l’objet est expédié à plusieurs endroits, des éléments simplifiant l’emballage et le déballage peuvent être inclus.

Pour garantir une expédition sûre, il convient d’anticiper les risques liés au segment le plus difficile du trajet et d’emballer l’objet en conséquence. Le tableau 1 présente différents types d’expédition et compare les profils de risque de chacun. Des commentaires concernant l’emballage sont aussi fournis comme lignes directrices de base. Puisque la sensibilité de l’objet et la solidité de l’emballage effectué par le musée sont souvent inconnues, il est conseillé d'envisager des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité de l'expédition. Voici certaines de ces mesures : planification et supervision adéquates, vérification de l’arrimage du chargement dans le véhicule de transport, recours à de bons transporteurs et utilisation de véhicules de transport bien entretenus.

Tableau 1 : Types d’expédition, profils de risque (manutention) et façons d’atténuer les risques
Type d’expédition Niveau de risque relatif Commentaires sur l’emballage
Expédition porte-à-porte par un manutentionnaire d’œuvres d’art, sans transfert du chargement (expédition sous température dirigée) Faible
  • L’emballage primaire peut à lui seul offrir une protection adéquate.
  • On peut envisager l’emploi de caisses plus légères.
  • L’épaisseur du calage de base est de 25 mm (1 po). Utiliser un matériau de calage de 50 mm (2 po) d’épaisseur pour les articles dont la valeur, l’importance ou la fragilité est grande.
Expédition par un manutentionnaire d’œuvres d’art et un transporteur aérien supervisé Faible à modéré
  • Un calage d’épaisseur moyenne, comme une enveloppe de base ayant une épaisseur allant jusqu’à 50 mm (2 po), est recommandé.
  • Des caisses plus légères peuvent suffire. S’assurer que les caisses sont suffisamment durables pour le transport en camion à destination et en provenance de l’aéroport.
Expédition par un manutentionnaire d’œuvres d’art, un transporteur aérien et des transporteurs commerciaux dignes de confiance Modéré
  • Des chutes plus fréquentes de hauteurs plus élevées sont à prévoir.
  • Un calage d’une épaisseur de 50 mm (2 po) est recommandé.
  • Des contenants d’expédition ou des caisses plus durables sont recommandés.
  • Des risques modérés sont à prévoir pendant les transferts du chargement.
Transporteurs commerciaux Modéré à élevé
  • Des caisses durables avec un calage d’au moins 50 mm (2 po) sont recommandées. Les caisses devraient être fabriquées conformément à des normes reconnues (normes de l’ASTM, normes militaires ou normes d’autres organismes visant les envois intérieurs et internationaux).
  • Des risques de chutes courantes sont à prévoir dans le cas des envois commerciaux.
Expédition par messagerie postale Élevé à très élevé
  • Ce type d’expédition représente le risque le plus élevé pour les colis de petite à moyenne taille. Des chutes à une hauteur allant jusqu’à 2 m (6,5 pi) sont à prévoir.
  • Un calage d’une épaisseur de 100 mm (4 po) ou plus peut être nécessaire.
Tableau 2 : Méthodes visant à prévenir les causes habituelles d’endommagement pendant la manutention et le transport
Facteur Façons dont les dommages sont causés Solutions
Problèmes de base
  • Collision entre objets non arrimés à l’intérieur de l’emballage ou collision entre pièces mobiles d’objets
  • Flexion ou déformation des articles emballés
  • Abrasion entre des objets ou des pièces d’objets en mouvement
  • Caisses qui se brisent, déversent leur contenu ou se déforment
  • Autres effets indirects des mouvements provoqués par un changement dans l’orientation de l’emballage et par les chocs ou les vibrations liés au transport
  • Utiliser des supports et des cloisons pour empêcher les collisions.
  • Placer les objets sur des supports ou dans des dispositifs de fixation pour empêcher toute flexion ou déformation.
  • Utiliser des dispositifs de fixation, des supports, des emballages protecteurs et des matériaux de calage souples pour empêcher l’abrasion.
  • Trouver ou fabriquer des caisses composées de matériaux choisis en fonction de leur rendement.
Force excessive
  • Chocs ou vibrations qui dépassent les seuils d’endommagement
  • Amplification des vibrations (résonance) dans les objets ou leurs pièces
  • Amplification des chocs dans les pièces libres et les assemblages
  • Réduire la sensibilité de l’objet aux forces exercées (consulter l’étape 2).
  • Choisir et utiliser correctement les matériaux de calage.
  • Isoler les vibrations au moyen du calage.
Arrimage insuffisant pendant le transport
  • Rebonds répétitifs du chargement
  • Articles tombant des piles dans les véhicules en mouvement
  • Arrimer les marchandises dans les véhicules de transport.
Risques environnementaux
  • Chaleur ou froid extrême
  • Niveaux extrêmes d’HR
  • Contact avec de l’eau (pluie ou neige)
  • Organismes nuisibles
  • Polluants (effets chimiques des matériaux d’emballage)
  • Préciser d’utiliser des véhicules sous température dirigée.
  • Utiliser des caisses bien conçues (joints étanches, couvercles bien ajustés, etc.).
  • Utiliser des matériaux appropriés.
  • Isoler les caisses.
  • Envelopper les articles sensibles à l’HR.
Risques extrêmes
  • Manutention intentionnellement inadéquate des colis
  • Accidents de véhicule graves
  • Choisir des transporteurs et des manutentionnaires de bonne réputation.

Étape 2 : Réduire la sensibilité de l’objet (dans la mesure du possible)

La sensibilité d’un objet ou d’une de ses parties aux dommages causés par les chocs et les vibrations augmente en fonction du degré de souplesse et du jeu dans les pièces, des faiblesses de la structure ou des matériaux et de tout dommage préexistant. Dans certains cas, il est possible de réduire la sensibilité en agissant sur ces facteurs. Le tableau 3 donne plusieurs exemples et propose des mesures correctives.

Tableau 3 : Exemples de sensibilité des objets et solutions possibles
Exemple Solutions
Peinture sur toile de petite ou de moyenne taille présentant un déplacement hors plan (c’est-à-dire une toile fléchie perpendiculairement par rapport à son plan)
Toile de grande taille présentant un déplacement hors plan
  • Dos protecteurs ou rentoilage sur barres (consulter la Note de l’ICC 10/10 Dos protecteurs pour les peintures sur toile)
  • Dos inséré en mousse (demander l’avis d’un restaurateur pour obtenir des recommandations personnalisées)
Peinture dont le cadre ou les panneaux du châssis sont fragiles et se cisaillent (déforment) sous l’effet de forces, ce qui augmente la pression exercée sur la toile tendue
  • Dos protecteurs (consulter la Note de l’ICC 10/10 Dos protecteurs pour les peintures sur toile)
  • Cadres d’exposition ou de transport durables
  • Rentoilage sur barres
  • Cadres de transport
  • Cadres de type manutention-transport-mise en réserve (MTR)
Tableau avec couches de peinture fragiles à expédier pour traitement
  • Consolidation en vue de l’expédition (consulter un restaurateur)
Réduction au minimum des facteurs augmentant la sensibilité à la force des gros objets (par exemple, les meubles et les machines)
  • Raccords et fixations installés solidement
  • Position de l’objet pendant le transport pouvant aider à réduire les effets de la force exercée (par exemple, placer une table dont les pieds sont fragiles sur sa surface et la stabiliser adéquatement)
  • Utilisation de dispositifs de blocage ou d’arrimage sur les structures de transport utilisées pour l’expédition
Dommage préexistant
  • Choix d’un emballage primaire empêchant le fléchissement ou la déformation de composants endommagés, en plus d’un calage adéquat
Assemblage complexe (comme un squelette de dinosaure ou un objet d’art contemporain)
  • Démontage, dans la mesure du possible (Les différentes pièces d’un objet sont souvent moins fragiles que le tout assemblé.)
  • Dispositif de retenue souple pour les objets libres sujets aux vibrations ou les objets mal fixés

Étape 3 : Obtenir des avantages importants avec un emballage primaire

L’emballage primaire est une protection de base placée près de l’objet ou en contact avec celui-ci. Il peut s’agir d’un emballage, d’intercalaires protecteurs entre les objets et de supports de transport qui assurent le maintien ferme de l’objet, et ce, dans tous les sens. L’emballage primaire peut rendre les objets plus faciles à manipuler et à emballer et peut, à lui seul, fournir une protection adéquate dans certains cas. On peut aussi s’en servir pour limiter les risques environnementaux menaçant les objets sensibles. Le tableau 4 donne des exemples d’emballages primaires et leurs avantages.

Tableau 4 : Contribution de l’emballage primaire à l’efficacité de l’emballage
Type d’emballage primaire Avantages
Emballage primaire simple avec matériau intercalaire recouvert de polyéthylène (emballage de tableau comme il est décrit dans la Note de l’ICC 10/16 Emballage des tableaux)
  • Empêche les perforations, les bosses et l’abrasion et offre une protection contre les impacts légers.
  • Protège contre la poussière, les polluants et les insectes.
  • Contient l’objet ainsi que les organismes nuisibles possiblement présents en vue de l’inspection ou du traitement.
  • Emballage avec une feuille de polyéthylène qui sert de tampon protecteur pour les objets si une quantité suffisante de matériau hygroscopique est incluse.
Armatures ou autres dispositifs destinés à soutenir un objet fragile ou comportant des surfaces fragiles dans des zones non critiques
  • Offrent une structure ou une forme intermédiaire à laquelle il est facile d’ajouter un matériau de calage.
  • Empêchent les contacts directs entre les surfaces fragiles de l’objet et le matériau de calage.
Emballage soigné et répété d'un objet dont la surface est fragile, à l’aide d'étroites bandelettes de papier mousseline sans réserve alcaline fait de fibres d’abaca (aussi connu sous le nom « emballage de type momie » ou « mummy wrap » en anglais)
  • Protège la surface fragile, permettant ainsi le calage direct de l’objet (déconseillé pour les tableaux).

Support négatif (forme ajustée qui est découpée dans un matériau de mousse ferme, comme de la mousse de polyéthylène) ou armature en bois matelassée

(On peut placer un matériau intercalaire entre l’objet et le support afin d’améliorer l’ajustement du support ou de protéger davantage les surfaces fragiles aux points de contact avec le support.)

  • Réduit au minimum la charge par unité de surface sur les surfaces fragiles de l’objet.
  • Permet le découpage d’espaces autour des petites projections sujettes à l’endommagement pendant l’emballage et le déballage.
  • Faire flotter un objet solide et un support sur un système de calage souple empêche tout mouvement le long de l’interface entre l’objet et le support.
Objets durs, comme des bouteilles ou de la vaisselle, emballés dans une même boîte et séparés des autres objets et des surfaces intérieures de la boîte par un matériau intercalaire, tels du carton, de la mousse, du papier mousse, de la ouate de cellulose ou du papier
  • Empêche les impacts entre les objets durs et les dommages causés par l’application de forces très faibles.
Mesures visant à assurer que les objets ne bougent pas ou ne s’entrechoquent pas (par exemple, emballer plusieurs objets de manière compacte dans un contenant) et insertion d’éléments intercalaires convenables entre les objets ou de cloisons dans le cas d’articles lourds
  • Protègent plusieurs objets au moyen d’un seul système de calage.
  • Simplifient la configuration du calage.
  • Assurent un meilleur rendement du calage.
  • Permettent d’utiliser les matériaux de calage coûteux de façon économique.
Remplissage des vides intérieurs d’articles à parois minces, comme les chapeaux et boîtes
  • Permet aux objets de conserver leur forme pendant l’expédition et peut contribuer à empêcher le mouvement des objets (par exemple, remplissage du vide dans la poignée d’une théière).
Tableau 5 : Les matériaux d’emballage primaire et leur utilisation
Matériau Description Utilisation
Feuille de polyéthylène haute densité (PEHD)
  • Densité supérieure à celle d’une feuille de polyéthylène ordinaire et barrière contre l’humidité supérieure à celle des feuilles de PEBD plus minces
  • Souple et douce
  • Peu d’agents de démoulage et de plastifiants
  • Offerte par les fabricants de sacs sous forme de petits sacs de qualité alimentaire ou de rouleaux de plus grande taille
  • Emballage
  • Recouvrement protecteur
Feuille de polyéthylène basse densité (PEBD)
  • Chimiquement stable
  • Présence possible de talc ou d'autres agents de démoulage, et la surface peut également comporter un résidu huileux
  • Emballage de tableaux (avec un matériau intercalaire entre le polyéthylène et le tableau)
  • Emballage de boîtes intérieures
Ruban à joints en polytétrafluoroéthylène (Téflon) pour filets
  • Fluoropolymère synthétique
  • Chimiquement stable et non toxique
  • Très extensible, s'adapte à diverses formes
  • Matériau intercalaire non abrasif pour les objets légers aux surfaces fragiles
  • Utilisation sur des nappes ouatées de polyester pour former des cornières
Aluminium recouvert de polyéthylène (par exemple, Marvelseal 360)
  • Matériau barrière en aluminium revêtu de nylon collé à du polyéthylène
  • Protection efficace et de longue durée contre la pénétration de l'eau, des gaz et des polluants
  • Doublage de l’intérieur des caisses d’expédition, surtout si l’on prévoit un long entreposage
  • Utilisation de sacs pour contenir des objets et d’un déshydratant pour maintenir un faible taux d’humidité pendant l’entreposage
  • Doublage des parois intérieures des boîtes intérieures des caisses doubles
Papier mousseline sans réserve alcaline
  • Papier mousseline sans réserve alcaline fait de longues fibres d’abaca et semblable au papier Japon
  • Coûteux
  • Calage des objets très fragiles et intercalage entre des objets fragiles où le papier épouse les surfaces et les formes complexes
  • Emballage de type momie pour les objets aux surfaces fragiles (recouvrir de multiples bandes minces du matériau)
Feuille de polyéthylène non tissée (par exemple, Tyvek)
  • Étoffe filée-liée faite de fibres de polyéthylène à haute densité
  • Légère, chimiquement stable, non abrasive et résistante aux déchirures
  • Matériau intercalaire pour entourer la mousse de calage
  • Thermosoudable et pouvant être cousu
Feuille de polyéthylène réticulé (par exemple, Volara)
  • Produit très lisse et non abrasif
  • Masse volumique type de 33 kg/m3 (2,2 lb/pi3)
  • Épaisseur variant entre 3 mm et 12 mm (1/8 po et 1/2 po)
  • Épaisseur type de 6 mm (1/4 po)
  • Offre une surface non abrasive aux points de contact
  • Doublage de boîtes et de caisses
  • Calage de petits tableaux non encadrés dans des cadres de transport
Film étirable
  • Polyéthylène basse densité linéaire (PEBDL)
  • Souple, il s’étire pour emballer des objets de diverses formes
  • Utilisation optimale avec un matériau barrière
  • Offert en rouleaux d’une largeur allant de 50 mm à 760 mm (2 po à 30 po)
  • En vente dans les magasins de matériaux de déménagement et d’emballage
  • Permet de maintenir en place des objets ou des parties d’objets fragiles
  • Arrimage des boîtes les unes aux autres
  • Scellage des emballages afin de protéger leur contenu contre l’humidité, les organismes nuisibles, etc.
Feuille de mousse de polyéthylène (par exemple, Ethafoam et PolyPlank)
  • Mousse de polyéthylène à alvéoles fermées chimiquement stable
  • Facile d’utilisation
  • Masse volumique type de 33 kg/m3 (2 lb/pi3)
  • Épaisseur type de 50 mm (2 po)
  • Fabrication de supports d’entreposage de longue durée et de supports de transport
  • Thermosoudable
Papier mousseline sans acide et sans réserve alcaline
  • Papier mousseline sans acide fait de pâte de haute qualité sans lignine
  • Enveloppage des objets avant l’emballage pour stabiliser l’humidité et empêcher la condensation
  • Remplissage des vides et stabilisation des objets sur support
Nappe ouatée matelassée en polyester
  • Vendue en rouleaux pour la fabrication de courtepointes
  • Peut être posée en couches
  • Matelassage de surfaces irrégulières ou complexes
Planche de mousse de polystyrène extrudé (par exemple, styromousse)
  • Sans élasticité (ne reprend pas sa forme d’origine après un impact)
  • Excellent isolant
  • Chimiquement stable
  • Utilisation comme support et soutien pour des articles lourds
  • Isolation thermique
  • Application sur la paroi interne de la caisse intérieure d’un système à double caisse ou sur la paroi interne d’une caisse d’expédition

Étape 4 : Utiliser efficacement le calage de protection

Le calage de protection offre une protection uniforme sur tous les côtés de l'objet. Il peut être utilisé facilement avec les objets aux formes simples et aux surfaces planes et durables. Les problèmes que pose le calage d’objets aux formes complexes ou aux surfaces fragiles peuvent être réglés au moyen de supports, de dispositifs de fixation ou d’un système à double caisse. Le tableau 6 présente les méthodes de calage utilisées pour divers types d’objets.

Tableau 6 : Façons de caler des objets aux formes irrégulières ou aux surfaces fragiles
Objet Méthode de calage
Tableau non encadré qui est fragile et peut se déformer Ajouter un cadre de transport qui offre un renforcement et des surfaces planes et durables pour le calage (consulter la Note de l’ICC 10/16 Emballage des tableaux).
Cadre orné fragile Fixer solidement le cadre à l’intérieur d’un cadre MTR et installer des matériaux de calage contre les surfaces du cadre (consulter la Note de l’ICC 10/16 Emballage des tableaux).
Article de poterie fragile avec projections Utiliser un support négatif qui présente des cavités pratiquées autour des petites projections. Ce support peut ensuite être calé ou posé dans une caisse intérieure calée.
Plusieurs articles fragiles à expédier ensemble Installer les articles dans la caisse intérieure d’un système à double caisse avec des intercalaires ou des supports adéquats. Dans le cas d’articles lourds, utiliser des partitions durables.

Le calage peut être effectué de plusieurs façons. La présente Note traite des méthodes de calage courantes qui comprennent l’emballage des objets dans un matériau élastique, comme un film à bulles d'air, et l’utilisation de matériaux de calage en mousse.

© Gouvernement du Canada, Institut canadien de conservation. ICC 132906-0001
Figure 1. Dispositions de calages en panneaux de styromousse pour différentes formes d’objet. Les objets peuvent aussi être calés au moyen de méthodes d’emballage ou de matelassage simples en faisant attention à la charge exercée sur le matériau de calage.

Pour vérifier si un matériau est utilisé correctement, diviser le poids (P) total soutenu par le matériau de calage par la superficie (S) que recouvre ce dernier. Effectuer ce calcul de chaque côté si le recouvrement est différent. Si le résultat se situe à l’intérieur de la plage de charge indiquée dans le tableau 7, le matériau est utilisé correctement. L’objet peut donc s’enfoncer dans le calage, mais ne risque pas de l’écraser. Si le résultat se situe à l’extérieur de la plage, ajuster le recouvrement (accroître ou réduire la superficie [S]) ou choisir un matériau différent. Les données relatives aux autres matériaux se trouvent dans le Bulletin technique 34 Emballage et transport efficaces des objets d’art et dans d’autres publications indiquées dans la Bibliographie. On peut également obtenir les données directement des fabricants.

La mousse d’ester de polyuréthane est un bon choix de calage. Elle est très efficace, mais ne doit pas être placée directement contre les surfaces des objets.

La mousse de polyéthylène est chimiquement stable et facile à tailler, si bien qu’on l’utilise fréquemment pour la fabrication de supports. Elle constitue également un bon matériau de calage pour les objets lourds ou modérément lourds.

Pour être efficace, il est important que le calage soit d’une épaisseur adéquate. En règle générale, le calage doit mesurer au moins 50 mm (2 po) d’épaisseur. Dans le cas d’articles fragiles expédiés dans des conditions d’expédition à risques élevés, un calage mesurant jusqu’à 75 mm (3 po) ou 100 mm (4 po) d’épaisseur peut être nécessaire.

En plus des conseils de base sur le calage fournis ici, on peut trouver, dans la Note de l’ICC 20/2 Cornières de protection en mousse, une liste de calages préformés. Le calculateur de l’ICC servant à la conception de coussins de protection, PadCAD, est aussi offert gratuitement sur Internet. Cet outil en ligne applique des méthodes de conception de coussins de protection pour les emballages commerciaux et ne requiert que des renseignements de base au sujet de l’objet, des risques liés à l’expédition et de la disposition souhaitée des matériaux de calage.

Pour obtenir une isolation efficace contre les chocs et les vibrations, tout ce qui peut se déplacer sur le matériau de calage doit être suffisamment ferme. L’article protégé au moyen du calage doit pouvoir se déplacer sur son calage assez facilement et se comporter comme un tout, sans mouvement secondaire autonome. Le système de calage doit être la partie la plus souple de l’emballage de protection.

Tableau 7 : Utilisation de divers matériaux de calage courants et renseignements connexes
Matériau Description Utilisation Plage de charge type du calage (P/S)
Ester de polyuréthane
  • Le produit est généralement gris foncé et comporte des alvéoles fermées
  • La masse volumique et l’épaisseur types sont de 33 kg/m3 (2 lb/pi3) et de 50 mm (2 po)
  • N’est associé à aucun nom de commerce
  • Le contact direct avec des métaux et les surfaces d’autres objets doit être évité
  • Matériaux de calage de protection
  • Choix judicieux pour le calage d’emballages à double caisse
  • Unités de mesure métriques : de 0,003 à 0,06 kg/cm2
  • Unités de mesure anglo-saxonnes : de 0,04 à 0,8 lb/po2
Polyéthylène
  • Mousse blanche de polyéthylène à alvéoles fermées
  • Chimiquement stable
  • Masse volumique et épaisseur types de 33 kg/m3 (2 lb/pi3) et de 50 mm (2 po)
  • Thermoplastique et thermosoudable
  • Excellent choix pour la fabrication de supports en raison de sa stabilité chimique
  • Facile d’utilisation
  • Sert également au calage d’objets lourds
  • Unités de mesure métriques : de 0,015 à 0,1 kg/cm2
  • Unités de mesure anglo-saxonnes : de 0,2 à 2,0 lb/po2
Film à bulles d'air
  • Pellicule à bulles d’air
  • Utilisation avec un matériau intercalaire afin d’empêcher tout contact avec des agents de démoulage chimiques
  • Utilisation d’un film d’au moins 50 mm (2 po) d’épaisseur sur tous les côtés
  • Matériau léger présentant une forme simple ou complexe et une surface durable
  • Contact direct avec les surfaces d’objets (par exemple, les surfaces en métal) à éviter, puisque des agents de démoulage chimiques pourraient les tacher
  • Utilisation d’un film à bulles d’air régulier pour les articles de moins de 2 kg (5 lb)
  • Utilisation d’un film à bulles d’air très résistant pour les articles pesant jusqu’à 18 kg (40 lb)

Étape 5 : Trouver ou fabriquer des caisses d'expédition adéquates

La caisse d’expédition constitue la première ligne de défense contre les risques liés à l’expédition. Les caisses légères peuvent convenir aux types d’expédition sous température dirigée, mais une plus grande durabilité peut être nécessaire pour les types d’expédition courants.

Parmi les caisses légères, on compte les boîtes en carton ondulé pour miroir, les caisses de carton ondulé triple cannelure (consulter la Note de l’ICC 1/4 Fabrication d'une caisse de carton ondulé triple cannelure) et les caisses à châssis en U (consulter la Note de l’ICC 20/1 Caisse à châssis en U de l’ICC : fabrication d’une caisse légère et réutilisable). Les spécifications des caisses en bois pour les expéditions intérieures et internationales d’articles pesant jusqu’à 454 kg (1 000 lb) sont accessibles sous forme de normes publiéesNote de bas de page1.

Selon les normes publiées, l’épaisseur minimale d’un panneau de caisse est de 9,5 mm (3/8 po). Dans le milieu muséal, 12 mm (1/2 po) est l’épaisseur minimale type, puisque les panneaux de cette épaisseur sont plus plats et plus faciles à utiliser et que la différence de coût est minime.

© Gouvernement du Canada, Institut canadien de conservation. ICC 132906-0002
Figure 2. Trois options de caisses; dans le sens horaire, à partir du coin supérieur gauche : caisse de carton ondulé triple cannelure, caisse à châssis en U de l’ICC et deux types de caisses en contreplaqué conformes à la norme ASTM D6251.

Des poignées et des patins facilitent le déplacement des plus grosses caisses par des moyens manuels ou mécaniques. De plus, en disposant soigneusement les poignées, on réduit les risques de chute en diminuant la hauteur à laquelle il faut soulever la caisse pendant la manutention. En général, les poignées devraient être placées à la hauteur du genou.

Tableau 8 : Trois solutions pour la fabrication de caisses à l’interne
Type de caisse Description Utilisation
Caisse de carton ondulé triple cannelure
  • Légère mais robuste
  • Carton ondulé à triple cannelure avec châssis en bois tendre
  • Possibilité de fabriquer la caisse en aussi peu que 20 minutes
  • Expéditions locales et expéditions sur de grandes distances avec mode de transport de haute qualité
Caisse à châssis en U de l’ICC
  • Légère, robuste et réutilisable
  • Démontable pour une expédition de retour à faible coût et un entreposage compact
  • Expédition de peintures et d’autres objets sous température dirigée

Caisse d’expédition de base (par exemple, celles conformes à la norme ASTM D6251)

  • Contreplaqué (poncé sur un ou deux côtés) d’une épaisseur de 9 mm, de 12 mm ou de 18 mm (3/8 po, ½ po ou 3/4 po) avec des barreaux (cadre) de 19 mm sur 64 mm (1 po sur 3 po) ou de 19 mm sur 80 mm (1 po sur 4 po)
  • Modèle de base modifiable pour obtenir différentes options d’accès
  • Possibilité d’ajouter des poignées et des patins
  • Caisse robuste qui convient aux expéditions intérieures et internationales
  • Contenu pouvant peser jusqu’à 450 kg (1 000 lb)

À noter que la réglementation sur la lutte antiparasitaire s’applique à tous les matériaux d’emballage en bois de plus de 6 mm (1/4 po) d’épaisseur qui sont expédiés vers des destinations internationales, y compris les expéditions entre le Canada et les États-Unis. Au moment d’écrire la présente Note, les bois manufacturés, comme le contreplaqué, les panneaux de particules et les panneaux de grandes particules, n’étaient pas soumis à la réglementation. Pour obtenir des renseignements à jour sur la réglementation applicable, communiquer avec l’Agence canadienne d'inspection des aliments, qui gère le Programme canadien de certification des matériaux d’emballage en bois.

Si les objets sont enveloppés (dans du polyéthylène, par exemple) et qu’ils ne sont pas entreposés dans la caisse pendant de longues périodes, ils seront protégés contre les contaminants. Par conséquent, l’intérieur de la caisse peut être laissé non fini. Il faut toutefois fabriquer la caisse avec soin afin d’empêcher que l’humidité et des organismes nuisibles y pénètrent.

L'application d'un matériau barrière sur les parois intérieures d'une caisse d'expédition en bois peut offrir les avantages suivants :

Le polyéthylène recouvert d’aluminium (par exemple, Marvelseal 360) est très efficace comme barrière contre l’humidité et les polluants, et présente une surface à faible friction. Une solution moins coûteuse que l’utilisation de Marvelseal consiste à peindre l’intérieur de la caisse. Cependant, le rendement est inférieur à celui du polyéthylène recouvert d’aluminium. Il est conseillé de peindre l’intérieur si le contenu de la caisse doit y être entreposé pendant de longues périodes. Les peintures suivantes conviennent à cette fin, mais doivent sécher complètement (on recommande un séchage de quatre semaines) avant que l’on puisse utiliser la caisse :

N'importe quelle peinture ou n'importe quel revêtement peut être appliqué sur l'extérieur de la caisse d'expédition. Cependant, à l’intérieur, certaines peintures et certains revêtements ne doivent jamais être utilisés, car ils dégagent des composés pouvant réagir avec les matériaux de l’objet; il s’agit notamment :

Caractéristiques d’une bonne caisse

© Gouvernement du Canada, Institut canadien de conservation. ICC 132906-0004
Figure 3. Dimensions des chariots pour palettes à prendre en considération dans le cas des caisses volumineuses ou lourdes : distance entre les longerons des chariots pour palettes standards et étroits, ainsi que largeur type des longerons et hauteur type de la fourche levée.

Observations finales

Les renseignements de base fournis dans la présente Note peuvent aider à mieux assurer la sécurité des articles fragiles pendant l’expédition. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le sujet, consulter le Bulletin technique 34 Emballage et transport efficaces des objets d’art et les publications figurant dans la Bibliographie. Le personnel de l’ICC peut aussi répondre aux questions des clients portant sur les problèmes d’emballage, et sera heureux d’offrir son aide.

Bibliographie

Barclay, R., A. Bergeron et C. Dignard. Supports pour objets de musée : de la conception à la fabrication, 2e éd., Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2002.

Daly Hartin, D. Dos protecteurs pour les peintures sur toile, version révisée, Notes de l’ICC 10/10, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2017.

Marcon, P. Emballage et transport efficaces des objets d’art, Bulletin technique 34, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2020.

Marcon, P. Cornières de protection en mousse, Notes de l’ICC 20/2, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2021.

McKay, H., R. Arnold, W. Baker et D. Daly Hartin. Facteurs à considérer avant le transport d'un tableau, version révisée, Notes de l’ICC 10/15, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2015.

McKay, H., A. Morrow, C. Stewart, W. Baker et D. Daly Hartin. Emballage des tableaux, version révisée, Notes de l’ICC 10/16, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 2015.

Mecklenburg, M. F. Art in Transit: Studies in the Transport of Paintings, Washington (D.C.), National Gallery of Art, 1991.

Schlichting, C. Travail de la mousse de polyéthylène et des feuilles de plastique cannelées, Bulletin technique 14, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 1994.

Snutch, D., et P. Marcon. Fabrication d'une caisse de carton ondulé triple cannelure, Notes de l’ICC 1/4, Ottawa (Ontario), Institut canadien de conservation, 1997.

Lecture complémentaire

The Wooden Crates Organization. Box and crate standards (en anglais seulement), s. l., Deploy Tech Services, SARL., 2020.

Rédigé par Paul Marcon

© Gouvernement du Canada, Institut canadien de conservation, 2021

No de catalogue : NM95-57/20-3-2021F-PDF
ISSN 1928-5272
ISBN 978-0-660-38051-3

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