Chapitre 6: Le sport dirigé par les Autochtones et le système sportif canadien : les structures, les interactions et la réconciliation
Sur cette page
- Le rôle du sport dans les cultures autochtones
- Les gouvernements et les communautés autochtones
- Les droits des Autochtones et la réconciliation
- Les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation
- Le financement du sport et de l’activité physique
- La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 87 (éducation du public)
- La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 88 (développement, croissance et soutien)
- La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 89 (modification de la Loi sur l’activité physique et le sport)
- La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 90 (politiques, programmes et initiatives de portée nationale en matière de sport)
- La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 91 (événements sportifs internationaux)
- L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées – Réclamer notre pouvoir et notre place
- La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
- La Déclaration sur le sport (Lekwungen) du Commonwealth sur la vérité, la réconciliation et le partenariat avec les peuples autochtones
- Les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation
- Les perspectives des participants sur le sport autochtone
- Les perspectives des participants sur la lutte contre le racisme envers les Autochtones dans le sport
- Les perspectives des participants sur les obstacles à la participation au sport et à l’activité physique
- Les perspectives des participants sur le Cercle sportif autochtone
- Les perspectives des participants sur les jeux autochtones
- Les perspectives des participants sur les centres d’amitié et l’Association nationale des centres d’amitié
- Les perspectives des participants sur les appels à l’action relatifs au sport de la Commission de vérité et réconciliation
- Appels à l’action : les personnes autochtones et le sport
Notre examen de l’écosystème sportif canadien ne serait pas complet si nous ne tenions pas compte des réalités du sport autochtone ainsi que des interactions entre les personnes autochtones et le système sportif « conventionnel » du Canada.
Tout au long de nos activités, nous avons pris des mesures pour entrer en relation de manière significative avec des personnes autochtones et nous assurer de faire entendre leurs voix, leurs réflexions et leurs perspectives. La Commission a ainsi eu le privilège de rencontrer des athlètes, des dirigeants, des gouvernements et des représentants des communautés autochtones. Nous reconnaissons la contribution de toutes les personnes qui ont saisi l’occasion de partager avec nous leurs perspectives, leurs expériences et leurs réflexions sur le système sportif et le sport sécuritaire.
Ce chapitre examine la relation entre les personnes autochtones et le sport au Canada. Il commence par souligner l’importance du sport pour ces personnes, notant que le sport est profondément imbriqué dans les cultures et l’histoire autochtones. Nous examinons ensuite les effets du colonialisme sur les personnes autochtones et sur le sport, pour ensuite explorer les différentes structures et les différents organismes sportifs autochtones. Nous décrivons ensuite quatre documents clés pertinents pour les discussions concernant les communautés autochtones et le sport au Canada.
Ensuite, nous présentons les perspectives des participants sur le sport autochtone, recueillies au cours de notre processus de mobilisation (par l’entremise de réunions, d’observations écrites et d’autres documents partagés avec la Commission) et du Sommet national organisé par la Commission. Enfin, le chapitre détaille les conclusions de la Commission quant au sport autochtone et se conclut par des appels à l’action pour favoriser un système sportif plus équitable, plus respectueux et plus inclusif pour toutes les personnes autochtones du Canada.
Le rôle du sport dans les cultures autochtones
Le sport a toujours été important dans les cultures autochtonesNote de bas de page 518. Les compétitions mettant en valeur l’habileté, la force et l’endurance étaient une caractéristique importante dans de nombreuses communautés autochtonesNote de bas de page 519. Les aptitudes en matière de chasse étaient souvent au cœur de ces compétitions. Chaque nation, communauté et famille autochtone avait ses propres sports et ses propres jeux. Les pratiques étaient parfois partagées entre les groupes et les régions lorsque les gens voyageaient, se rencontraient, négociaient et participaient à des compétitions et à des cérémoniesNote de bas de page 520.
Pour les personnes autochtones, le sport et l’activité physique sont « holistiques », orientés vers la communauté, enracinés dans la relation à la terre et porteurs de sensNote de bas de page 521.
Cette vision et cette approche du sport sont illustrées par les bienfaits associés au sport et à l’activité physique pour les personnes autochtones, tels que décrits au chapitre 2. Comme nous l’avons vu dans ce chapitre, le sport peut être une source de guérison pour les Autochtones. Le mouvement est en effet décrit comme un remède : il rassemble les communautés, favorise un sentiment de fierté à l’égard de l’identité autochtone et constitue un moyen de transmettre la langue et le savoir.
Les athlètes autochtones sont de puissants modèles au sein de leurs communautés. Leur parcours est un exemple de force et de résilience. La célébration et la représentation des athlètes autochtones dans le sport sont cruciales, car elles permettent aux Autochtones de se reconnaître dans le sport.
Les répercussions de la colonisation du sport
Comprendre le contexte dans lequel le système sportif canadien a émergé et continue de fonctionner aujourd’hui permet de mieux comprendre les défis et les luttes auxquels les peuples et les communautés autochtones sont confrontés lorsqu’ils interagissent avec les structures sportives canadiennes.
Lorsque les colons européens sont arrivés au Canada, ils ont introduit une approche du sport qui a été décrite comme relevant de la callisthénie, de la gymnastique, de l’exercice militaire et des sports de compétitionNote de bas de page 522. Cette approche du sport et de l’activité physique était et est toujours très différente de l’approche autochtone que nous venons d’évoquerNote de bas de page 523. Les structures coloniales imposées aux populations autochtones visaient l’assimilation et ont causé de profonds préjudices qui perdurent encore aujourd’huiNote de bas de page 524.
Nous avons appris que l’un de ces préjudices réside dans la vision et le traitement historiques du sport et de l’activité physique autochtones par le système sportif canadien, sous l’angle de la supériorité culturelle. Cette vision tend à considérer le sport autochtone comme « non civilisé », « inférieur » et « en-deçà » du système sportif canadien, ce qui contribue à alimenter le racisme envers les Autochtones.
La Commission comprend qu’encore aujourd’hui, de nombreuses personnes non-autochtones perçoivent le sport traditionnel autochtone comme étant une pratique culturelle et non comme étant du sport. Les personnes et les communautés autochtones ont continué à résister à ces points de vue, plaidant pour l’avancement d’un système sportif dirigé par et pour les Autochtones, organisant eux-mêmes des jeux et des tournois, et réaffirmant l’identité culturelle, les traditions, les pratiques et l’autodétermination des peuples autochtonesNote de bas de page 525.
Les gouvernements et les communautés autochtones
Les gouvernements, les conseils, les communautés et les organismes des Premières Nations, des Inuits et des Métis offrent des programmes de sport et d’activité physique dans leurs communautés. Ils gèrent des programmes de sport, offrent des programmes d’éducation et des ressources, et financent des athlètes, des programmes et des événements. Les caractéristiques de ces programmes, services et politiques varient d’une communauté à l’autre.
Certains gouvernements autochtones soutiennent leurs communautés en leur accordant des subventions pour le sport et les loisirs. Certains organisent et parrainent également des événements liés au sport. D’autres disposent d’un ministère et d’un ministre dédiés au sport et à l’activité physique. Dans certains cas, ils travaillent en collaboration avec leur organisme provincial ou territorial de sport autochtone respectifs et avec l’Association nationale des centres d’amitié.
Certaines communautés autochtones disposent également d’un service dédié au sport et aux loisirs. Ce service offre aux membres de la communauté la possibilité de s’engager et de participer à des activités physiques, à des sports organisés, à des événements communautaires interactifs et à des activités culturelles. Par conséquent, les membres profitent d’une programmation annuelle visant à améliorer la qualité de vie par le biais d’activités sportives, de loisirs et d’autres activités physiques axés sur la communauté.
Le Cercle sportif autochtone et les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone
À la fin des années 1980, une idée a été soulevée et a pris de l’ampleur au sein des communautés autochtones : celle de créer un secrétariat autochtone au sein du gouvernement fédéral afin de veiller à la promotion du sport autochtone au CanadaNote de bas de page 526. En 1992, le Groupe de travail du ministre a publié un rapport intitulé « Le sport : Un pas d’avance » dans lequel il soutenait la création d’un secrétariat autochtoneNote de bas de page 527. Cette initiative a mené, en 1995, à la création du Cercle sportif autochtoneNote de bas de page 528.
Sport Canada considère le Cercle sportif autochtone comme un organisme national de services multisportsNote de bas de page 529. Le Cercle sportif autochtone se décrit comme le porte-parole national du Canada pour le sport et les loisirs autochtones, représentant les intérêts des Premières Nations, des Inuits et des MétisNote de bas de page 530. Initialement créé pour répondre au besoin de rendre les sports et les loisirs plus accessibles et plus équitables pour les Autochtones, le mandat du Cercle sportif autochtone a depuis évolué et inclut maintenant l’activité physique, la santé, la nutrition, l’éducation physique et le bien-êtreNote de bas de page 531.
La structure et le mandat
Le Cercle sportif autochtone est un organisme à but non lucratif qui fonctionne comme un collectif composé des organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone qui en sont membres. Il oriente les priorités nationales et coordonne la collaboration entre les différents niveaux du système sportif. Il ne propose aucune offre sportive directe au niveau communautaireNote de bas de page 532.
L’organisme compte 13 organismes provinciaux ou territoriaux de sport autochtoneNote de bas de page 533. Leurs structures respectives, leurs mandats et les services qu’ils fournissent à leurs communautés peuvent varier pour répondre aux besoins, aux contextes de gouvernance et aux priorités culturelles spécifiques à leur région. En tant que membres du Cercle sportif autochtone, ces organismes représentent les intérêts locaux des peuples autochtones dans leur province ou leur territoire respectifNote de bas de page 534.
Nous avons été informés que le Cercle sportif autochtone, par le biais de ses activités et de ses initiatives, suscite l’intérêt et la mobilisation des dirigeants sportifs et des communautés autochtones, tant au sein du système sportif autochtone que du système sportif canadien, afin de promouvoir l’avancement d’une gouvernance dirigée par et pour les Autochtones. Nous présentons ci-dessous quelques-unes des initiatives du Cercle sportif autochtone en termes de programmation, d’événements sportifs et de défense des droits.
La programmation
En partenariat avec d’autres organismes nationaux de services multisports, le Cercle sportif autochtone a élaboré et offre différents programmes, dont les suivants :
- Le programme de soutien des athlètes, qui vise à accroître la proportion d’enfants autochtones qui acquièrent une littératie physique et à augmenter le nombre d’Autochtones qui restent actifs toute leur vie. Il vise également à créer un parcours vers le sport de haute performance pour les athlètes autochtones. Ce programme, élaboré en collaboration avec « Le sport, c’est pour la vie », reconnaît que les parcours sportifs conventionnels au Canada ne reflètent ni les besoins ni les priorités culturelles des AutochtonesNote de bas de page 535.
- Le Développement à long terme du participant autochtone, conçu comme une feuille de route destinée à promouvoir le sport et l’activité physique chez les AutochtonesNote de bas de page 536.
- Le Programme destiné aux entraîneurs d’athlètes autochtones, créé en partenariat avec l’Association canadienne des entraîneurs. Ce programme est offert aux entraîneurs d’ascendance autochtone, métisse, ou inuite, ainsi qu’aux entraîneurs non autochtones qui travaillent auprès de communautés ou de participants autochtonesNote de bas de page 537.
- Le Programme des apprentis entraîneurs autochtones, créé en partenariat avec les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone, les représentants provinciaux et territoriaux des entraîneurs, le Conseil des Jeux du Canada et l’Association canadienne des entraîneurs. Dans le cadre de ce programme, chaque province et territoire peut envoyer deux entraîneurs d’origine autochtone (Premières Nations, Métis ou Inuits) à titre d’apprentis aux Jeux du CanadaNote de bas de page 538.
Les événements sportifs
Le Cercle sportif autochtone accueille également des événements sportifsNote de bas de page 539. Le Championnat national autochtone de hockey, créé par le Cercle sportif autochtone en 2002, est un exemple d’événement dirigé par les AutochtonesNote de bas de page 540. Il s’agit d’un événement accrédité par Hockey Canada que le Cercle sportif autochtone organise chaque année en collaboration avec une communauté hôte. Le Cercle sportif autochtone le décrit comme suit :
[Traduction] « […] un forum pour les jeunes autochtones élites de catégories M15 et M18, leur permettant non seulement de concourir pour la gloire sportive, mais aussi de se réunir dans le cadre d’une cérémonie et d’un esprit de camaraderie. Cet événement annuel favorise l’unité et la fierté culturelles en célébrant les athlètes autochtones de tout le pays »Note de bas de page 541.
Le Cercle sportif autochtone est l’organisme qui détient les droits de franchise des Jeux autochtones de l’Amérique du NordNote de bas de page 542. Ces Jeux sont abordés plus en détail ci-dessous.
La défense des droits et le leadership
En ce qui concerne son rôle de défense des droits, de leadership et d’orientation stratégique nationale, nous comprenons que le Cercle sportif autochtone a participé aux activités suivantes :
- La Déclaration de Maskwachees (2000)Note de bas de page 543
- La création de la Politique de Sport Canada sur la participation des Autochtones au sport (2005)Note de bas de page 544
- La création de L’esprit du sport : Bouger ensemble – Une stratégie nationale favorisant la participation des peuples autochtones à des activités sportives, physiques et récréatives au Canada (2025)Note de bas de page 545. Cette récente stratégie est abordée plus en détail ci-dessous.
La Commission comprend également que le Cercle sportif autochtone fait régulièrement des présentations aux ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport. Il a participé à la négociation du cadre de financement des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord, à l’obtention d’un financement fédéral pour le sport autochtone dans le cadre du programme Sport au service du développement social dans les communautés autochtones, et à la conclusion d’ententes de financement bilatérales avec les provinces et les territoires.
Nous avons également été informés que le « Groupe de travail permanent pour le développement du sport autochtone » a été créé à la suite des efforts de sensibilisation déployés par le Cercle sportif autochtone. Ce groupe de travail relève du Comité fédéral-provincial/territorial du sport et rend des comptes aux ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs. Il a été créé pour définir les priorités et codévelopper des plans d’action en réponse aux appels à l’action du Rapport final de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (que nous abordons en détail plus loin)Note de bas de page 546.
Les sources de financement
Le Cercle sportif autochtone et les 13 organismes provinciaux ou territoriaux de sport autochtone bénéficient d’un financement dans le cadre du programme « Sport au service du développement social dans les communautés autochtones », qui est une composante du Programme de soutien au sport de Sport CanadaNote de bas de page 547. Les fonds sont disponibles annuellement et peuvent couvrir des dépenses sur plusieurs années. En 2024-2025, le Cercle sportif autochtone a reçu 2 120 000 $ du Programme de soutien au sport de Sport CanadaNote de bas de page 548.
La Commission comprend également que les organismes provinciaux ou territoriaux de sport autochtone peuvent avoir d’autres sources de financement, y compris dans le cadre d’ententes bilatérales entre leur province ou territoire respectif et le gouvernement du Canada. Nous avons été informés que ce financement est généralement fourni sur une base annuelle, ce qui rend plus difficile la planification ou la mise en œuvre d’un plan stratégique. Souvent, les fonds reçus dans le cadre d’accords bilatéraux ne sont débloqués qu’en milieu d’année, ce qui a des conséquences négatives sur les activités des organismes de sport autochtone.
Les jeux autochtones
Les jeux autochtones préservent et ravivent le patrimoine culturel et peuvent être un vecteur de réconciliation au Canada. Certains observateurs estiment que la renaissance des jeux et des pratiques traditionnels est liée à la survie des personnes et des nations autochtonesNote de bas de page 549 et qu’elle est intégrée à la vie communautaire. Ces jeux et ces pratiques permettent d’acquérir des compétences et des valeurs importantesNote de bas de page 550.
Il existe plusieurs jeux autochtones destinés aux athlètes autochtones, qu’il s’agisse d’événements multisports ou d’événements spécifiques à un seul sport. Bien que nous reconnaissions qu’il existe d’autres jeux, événements et organismes autochtones qui effectuent un travail important dans le contexte du sport autochtone, ce sont les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord et les Jeux d’hiver de l’Arctique qui ont été les événements les plus souvent identifiés durant les travaux de la Commission comme étant particulièrement significatifs pour les peuples autochtones.
Les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord
Les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord sont un événement multisport pour les athlètes autochtones d’Amérique du NordNote de bas de page 551. Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements sportifs et culturels des peuples autochtones en Amérique du NordNote de bas de page 552.
Cet événement est le fruit d’un processus mené par des personnes autochtones, sans le soutien du gouvernementNote de bas de page 553. Certains participants nous ont aussi dit que ces jeux sont uniques, car ils veillent à ce que la culture autochtone y soit « infusée » dans tous ses aspects.
Le Conseil des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord agit à titre d’instance dirigeante internationale des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord. Il est composé de 26 membres représentant les 13 provinces et territoires du Canada et 13 régions des États-UnisNote de bas de page 554. Le conseil est un organisme sans but lucratif constitué en personne moraleNote de bas de page 555.
Ces jeux ont été créés pour promouvoir des modes de vie sains, renforcer l’image de soi et souligner les modèles autochtones par le biais du sport et de la culture. Le programme des jeux comprend 16 disciplines sportives, dont trois sports autochtones traditionnels : le canoë-kayak, la crosse et le tir à l’arc 3DNote de bas de page 556. La vision des jeux est la suivante :
[Traduction] « […] d’améliorer la qualité de vie des peuples autochtones en soutenant des activités sportives et culturelles autodéterminées qui encouragent l’égalité d’accès à la participation au tissu social, culturel et spirituel des communautés où ils résident, et qui respectent l’identité et les caractéristiques autochtones »Note de bas de page 557.
Les Jeux d’hiver de l’Arctique
Les Jeux d’hiver de l’Arctique sont un événement multisport créé en 1969 pour offrir aux athlètes des régions arctiques et subarctiques un lieu de compétition dans leur propre contexte culturelNote de bas de page 558. La mission de ces jeux est d’offrir une expérience enrichissante des Jeux d’hiver de l’ArctiqueNote de bas de page 559.
Les Jeux d’hiver de l’Arctique se tenaient jusqu’à récemment sur une base biennale. En début décembre 2025, le comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique ont annoncé que les jeux auraient maintenant lieux à tous les trois ansNote de bas de page 560.
Les Jeux d’hiver de l’Arctique est une société régie par la Loi sur les sociétés par actionsNote de bas de page 561. La société est dirigée par un conseil d’administration dont les membres sont issus de chacun des membres permanents de la société : l’Alaska, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, le nord de l’Alberta, le Nunavut et le Groenland.
Dans le cadre d’un processus de mise en candidature, l’organisation des Jeux d’hiver de l’Arctique sélectionne une communauté hôte avec laquelle une entente officielle est conclue. À son tour, la communauté hôte crée une société hôte sans but lucratif pour l’événement. La communauté hôte, par l’intermédiaire de la société, organise ensuite les jeux conformément aux exigences des Jeux d’hiver de l’ArctiqueNote de bas de page 562.
Les principales activités de l’organisation des Jeux d’hiver de l’Arctique consistent à sélectionner une communauté hôte, à surveiller la préparation des jeux et à assurer leur intégrité technique et culturelle. Grâce à ces activités, l’événement favorise le développement de jeunes athlètes, encourage les échanges culturels et renforce les liens entre les communautés circumpolaires du NordNote de bas de page 563.
La Commission comprend que les Jeux d’hiver de l’Arctique ne reçoivent généralement aucun financement du gouvernement fédéral du Canada. Nous comprenons cependant que lorsque les jeux ont lieu au Canada, la société hôte reçoit généralement un financement de Sport Canada et d’Infrastructure Canada. Ainsi, le financement des Jeux d’hiver de l’Arctique provient généralement d’une combinaison de contributions gouvernementales provinciales et territoriales, de commandites d’entreprises, de subventions et de dons en nature. Par exemple, en 2024, les Jeux ont été financés en grande partie par des subventions gouvernementales, des commandites et des dons en natureNote de bas de page 564. De plus, le gouvernement du Yukon s’est engagé à verser 4 millions de dollars en financement et 350 000 $ supplémentaires de contributions en nature pour les Jeux de 2026Note de bas de page 565.
L’Association nationale des centres d’amitié
L’Association nationale des centres d’amitié, appelée Mouvement des centres d’amitié, est un réseau de centres d’amitié membres et d’associations provinciales et territorialesNote de bas de page 566. Bien qu’elle ne soit pas un organisme de sport et qu’elle ne dispose pas de politiques ou de programmes spécifiques liés au sport ou à l’activité physique, elle joue un rôle important dans le contexte sportif des communautés autochtones urbaines.
Elle promeut et défend ses membres et les aide à réaliser leurs missions et leurs visions dans les communautés autochtones urbaines. Elle partage également les perspectives autochtones urbaines avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les autorités municipales et les organisations allochtones de la société civileNote de bas de page 567.
L’Association nationale des centres d’amitié définit les populations autochtones urbaines comme suit :
« Les Autochtones urbains sont des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis vivant dans des communautés de petite, moyenne et de grande taille, y compris des communautés rurales, isolées et éloignées, situées hors des réserves, en dehors de leur communauté d’origine ou d’établissement, ou en dehors de l’Inuit Nunangat (terres ancestrales inuites)Note de bas de page 568 ».
En tant qu’association à but non lucratif constituée en vertu de la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif, l’Association nationale des centres d’amitié est dirigée par un conseil d’administration bénévole et par un comité exécutif composé de cinq membres du conseil. Le conseil d’administration est composé de 11 représentants régionaux, dont des membres du Conseil des jeunes autochtonesNote de bas de page 569 et du sénat de l’AssociationNote de bas de page 570. Les membres du conseil d’administration sont sélectionnés par les associations provinciales et territorialesNote de bas de page 571.
L’Association reçoit des fonds dans le cadre de divers accords conclus avec le gouvernement du Canada et d’autres contributeurs. Elle distribue ensuite ces fonds à ses membres à travers le Canada et à d’autres organisations qui réalisent des projets destinés à remplir son mandat.
En 2023, les revenus de l’Association s’élevaient à 49 921 261 $, dont la majorité provenait de contributions gouvernementales (48 445 884 $)Note de bas de page 572. Ces contributions provenaient de Services aux Autochtones Canada, de Patrimoine Canada (Programme des langues et cultures autochtonesNote de bas de page 573), du ministère de la Justice, d’Emploi et Développement social Canada, du ministère des Femmes et Égalité des genres, des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, de l’Agence de la santé publique du Canada, de Sécurité publique Canada, d’Environnement Canada ainsi que des Instituts de recherche en santé du CanadaNote de bas de page 574.
L’Association nationale des centres d’amitié, bien qu’elle fournisse des services culturellement adaptés aux personnes autochtones par l’intermédiaire de ses membres, ne reçoit de Sport Canada aucun financement propre au sport. De plus, elle n’est pas admissible à recevoir des fonds du Cercle sportif autochtone puisqu’elle n’est pas un organisme provincial ou territorial de sport autochtone. Dans certains cas, l’association représente et fournit des services à des personnes autochtones qui ne sont pas représentées par les organismes provinciaux ou territoriaux de sport autochtone.
Les droits des Autochtones et la réconciliation
Tout au long du processus de mobilisation de la Commission, quatre documents clés ont été notés comme étant très pertinents pour les discussions concernant les communautés autochtones et le sport au Canada :
- Les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation (2008 à 2015)
- Les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (2016 à 2019)
- La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2021)
- La Déclaration sur le sport (Lekwungen) du Commonwealth sur la vérité, la réconciliation et le partenariat avec les peuples autochtones (2023).
Nous présentons ci-dessous le contexte dans lequel s’inscrit chacun de ces documents clés et les réponses apportées par les gouvernements.
Les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation
La Commission de vérité et réconciliation a été créée en 2008 à la suite d’un accord juridique entre les survivants des pensionnats, l’Assemblée des Premières Nations, les représentants des Inuits et les entités responsables de la création et du fonctionnement des écoles, à savoir le gouvernement fédéral et des organismes religieuxNote de bas de page 575.
La Commission avait pour mandat général de promouvoir la vérité, la guérison et la réconciliation pour les personnes autochtones touchées, directement ou indirectement, par l’héritage malheureux du système des pensionnats. L’objectif était également de sensibiliser la population canadienne à l’histoire de ces écoles et aux séquelles permanentes qu’elles ont causéesNote de bas de page 576. Au cours de ses travaux, la Commission a mené des recherches approfondies et recueilli des témoignages de survivants des pensionnats, de leurs familles, de membres de la communauté, d’anciens membres du personnel des pensionnats et d’autres personnesNote de bas de page 577.
En juin 2015, la Commission de vérité et réconciliation a publié son rapport final en plusieurs volumes, comprenant 10 principes de réconciliation et 94 appels à l’action. Ces appels à l’action s’adressaient à tous les secteurs de la société canadienne et avaient pour objectif de promouvoir et de faire progresser la réconciliation entre la population canadienne et les peuples autochtonesNote de bas de page 578.
Parmi ces appels à l’action, cinq portaient sur la réconciliation par le sport et l’activité physique (appels à l’action 87 à 91)Note de bas de page 579. En réponse, le gouvernement fédéral s’est engagé à soutenir des initiatives sportives autochtones spécifiques, notamment en finançant les gouvernements des Premières Nations, des Métis et des Inuits pour soutenir divers programmesNote de bas de page 580. Ci-dessous, nous donnons un aperçu de la réponse gouvernementale à ces cinq appels à l’action en nous basant sur les données disponibles sur la page Web du gouvernement du Canada consacrée aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Au moment de rédiger le présent rapport, cette page Web avait été mise à jour pour la dernière fois en juin 2024Note de bas de page 581.
Le financement du sport et de l’activité physique
Pour soutenir la mise en œuvre des appels à l’action 87 à 91, le gouvernement du Canada a fait différents investissements financiers. Dans le budget fédéral de 2017, il a notamment alloué 18,9 millions de dollars sur cinq ans, à partir de 2017-2018, ainsi que 5,5 millions de dollars de financement continu sur un cycle de quatre ans pour soutenir le leadership sportif autochtone et des programmes pertinents sur le plan culturelNote de bas de page 582. Le budget de 2022 a réaffirmé cet investissement en allouant 20 millions de dollars sur cinq ans à partir de 2022-2023Note de bas de page 583.
La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 87 (éducation du public)
« 87. Nous demandons à tous les ordres de gouvernement, en collaboration avec les peuples autochtones, les temples de la renommée des sports et d’autres organisations concernées, de sensibiliser le public à l’histoire des athlètes autochtones au pays »Note de bas de page 584.
En ce qui concerne l’appel à l’action 87, le gouvernement du Canada rapporte qu’il progresseNote de bas de page 585. Une partie des investissements mentionnés ci-dessus permet au Cercle sportif autochtone de financer ses activités et ses programmes, notamment l’attribution du prix Tom Longboat et des Prix nationaux des entraîneurs autochtones. Le prix Tom Longboat récompense les athlètes autochtones pour leur contribution exceptionnelle au sport au CanadaNote de bas de page 586, alors que les Prix nationaux des entraîneurs autochtones sont décernés chaque année à un homme et à une femme autochtone qui font preuve d’une intégrité exemplaire dans leur approche de l’entraînementNote de bas de page 587.
Le gouvernement du Canada indique que les lauréats ont reçu leur prix lors de la cérémonie d’intronisation au Panthéon des sports canadiens de 2022 et lors du Gala du leadership sportif Petro-Canada de 2022 de l’Association canadienne des entraîneursNote de bas de page 588. Les prochaines étapes que le gouvernement a soulignées en réponse à cet appel à l’action portent sur les prix de 2024Note de bas de page 589. Nous comprenons que les lauréats de 2024 ont maintenant reçu leur prix.
En plus de gérer ces prix, le Cercle sportif autochtone collabore également avec le Panthéon des sports canadiens (pour le prix Tom Longboat) et l’Association canadienne des entraîneurs (pour les Prix nationaux des entraîneurs autochtones) afin de promouvoir ces prix et d’autres projets de reconnaissance pertinentsNote de bas de page 590.
La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 88 (développement, croissance et soutien)
« 88. Nous demandons à tous les ordres de gouvernement de prendre des mesures afin de garantir le développement à long terme des athlètes autochtones et de maintenir leur appui à l’égard des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord, y compris le financement pour la tenue des Jeux et pour la préparation et les déplacements des équipes provinciales et territoriales »Note de bas de page 591.
Le gouvernement du Canada considère que la mise en œuvre de l’appel à l’action 88 est terminée. En réponse à l’appel à l’action 88, le gouvernement canadien réfère au soutien continu à la préparation et aux déplacements de l’équipe des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord (par l’entremise d’ententes bilatérales) dans le cadre des investissements mentionnés ci-dessusNote de bas de page 592. Il réfère également au financement continu et au cadre de financement en place pour organiser les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord. Un nouveau cadre de financement et une rotation des hôtes ont été approuvés par les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirsNote de bas de page 593. Ces ministres ont convenu que ce cadre s’appliquerait à partir du début de l’année 2024, puis tous les quatre ans étant donné que les jeux seront organisés au Canada tous les quatre ansNote de bas de page 594.
Le budget de fonctionnement standard des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord se situe entre 10 et 14 millions de dollarsNote de bas de page 595. Les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux ont accepté de verser une contribution équivalente, soit chacun 35 % du budgetNote de bas de page 596.
La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 89 (modification de la Loi sur l’activité physique et le sport)
« 89. Nous demandons au gouvernement fédéral de modifier la Loi sur l’activité physique et le sport pour appuyer la réconciliation en s’assurant que les politiques visant à promouvoir l’activité physique comme élément fondamental de la santé et du bien-être, à réduire les obstacles à la participation au sport, à accroître la poursuite de l’excellence dans le sport et à renforcer la capacité du système sportif canadien, intègrent les peuples autochtones »Note de bas de page 597.
Le gouvernement du Canada note que l’appel à l’action 89 nécessitera un effort à plus long terme étant donné que les modifications législatives requièrent une consultation avec d’autres ministères du gouvernement fédéral, et ce, en collaboration avec le Cercle sportif autochtone et les peuples autochtones du CanadaNote de bas de page 598. Dans un premier temps, le gouvernement du Canada a investi en 2022 un montant de 3,1 millions de dollars sur deux ans dans le Cercle sportif autochtone afin d’élaborer une stratégie nationale sur le sport autochtone, et ce, à l’issue d’un processus de consultation nationaleNote de bas de page 599. Cette stratégie devrait fournir un cadre pour la mise en œuvre des appels à l’action relatifs au sport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, soit les appels à l’action 87 à 91Note de bas de page 600.
La Commission a été informée que la Stratégie nationale favorisant la participation des peuples autochtones à des activités sportives, physiques et récréatives au Canada a en fait été rendue possible grâce aux efforts de sensibilisation qui ont débuté en 2016 à la suite du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (et avant l’investissement mentionné ci-dessus).
Le Cercle sportif autochtone a été chargé à l’automne 2021 d’élaborer la Stratégie nationale favorisant la participation des peuples autochtones à des activités sportives, physiques et récréatives au Canada. Pour ce faire, il a d’abord mené des consultations et des recherches approfondies qui ont abouti au rapport officiel « Phase 1 : Réinventer notre avenir » qui a été partagé avec Sport Canada. La phase 2 s’intitulait « L’esprit du sport : Bouger ensemble - Une stratégie nationale favorisant la participation des peuples autochtones à des activités sportives, physiques et récréatives au Canada »Note de bas de page 601.
La Commission a été informée que la stratégie nationale sur le sport autochtone (« L’esprit du sport : Bouger ensemble ») a été officiellement soumise à Sport Canada le 31 mars 2025 et présentée aux ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs lors de leur réunion d’août 2025. Au moment de rédiger le présent rapport, la Commission comprend que le Cercle sportif autochtone continue de dialoguer avec Sport Canada, mais qu’aucune réponse écrite officielle à la stratégie nationale n’a encore été fournie.
La Stratégie nationale favorisant la participation des peuples autochtones à des activités sportives, physiques et récréatives au Canada fournit le cadre nécessaire à la mise en place d’un système autodéterminé de sport, d’activité physique et de loisirs autochtones qui prospère aux côtés d’un système canadien inclusif et qui interagit parfois avec lui. Elle propose une initiative, une vision et une feuille de route qui s’étendent sur dix ans. Elle est structurée en 5 domaines d’action stratégique, avec un total de 19 priorités et 49 actions correspondantesNote de bas de page 602. La stratégie explique ce qui suit :
« Les communautés et organisations autochtones peuvent adopter les éléments qui répondent le mieux à leurs besoins, tandis que les partenaires non autochtones sont appelés à soutenir – et non à supplanter – le leadership autochtone dans chaque domaine. En tant que document vivant, cette stratégie nationale évoluera au fur et à mesure que nous relèverons des nouveaux défis et que nous aborderons les priorités changeantes, et nous nous ajusterons en fonction des leçons tirées. Nous sommes favorables à une collaboration et à un dialogue continu pour veiller à ce qu’elle continue à répondre aux besoins des peuples autochtones et de leurs communautés et organisations »Note de bas de page 603.
Le Cercle sportif autochtone a exprimé l’espoir qu’une fois mise en œuvre, la stratégie nationale 2025 servira de cadre de collaboration pour créer des alliances, partager des pratiques exemplaires et renforcer les capacités opérationnelles.
La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 90 (politiques, programmes et initiatives de portée nationale en matière de sport)
« 90. Nous demandons au gouvernement fédéral de veiller à ce que les politiques, les initiatives et les programmes de portée nationale se rattachant aux sports intègrent les peuples autochtones; nous demandons, entre autres choses :
- en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, un financement stable et l’accès à des programmes sportifs communautaires qui reflètent la diversité des cultures et les activités sportives traditionnelles des peuples autochtones
- un programme de développement d’athlètes d’élite pour les Autochtones
- des programmes pour les entraîneurs, les instructeurs et les autorités en matière de sports qui sont pertinents sur le plan culturel pour les peuples autochtones
- des programmes de sensibilisation et de formation sur la lutte contre le racisme »Note de bas de page 604.
Dans son budget de 2017, en réponse à l’appel à l’action 90, le gouvernement fédéral a investi pour soutenir des initiatives visant la jeunesse et le sport autochtone dans les domaines suivants :
- le leadership sportif autochtone
- les programmes qui sont pertinents sur le plan culturel
- les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord
- les données et les efforts de recherche de Sport CanadaNote de bas de page 605.
Des fonds ont également été alloués au Cercle sportif autochtone pour qu’il assume un rôle de leader dans le développement du sport autochtone afin de :
- soutenir les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone
- soutenir les organismes nationaux de sport et les organismes de services multisports à aligner leurs programmes avec le parcours de développement à long terme du participant autochtone
- assurer l’élaboration d’une stratégie en matière de donnéesNote de bas de page 606.
Dans le cadre d’ententes bilatérales, des fonds ont été alloués aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour renforcer leur capacité à soutenir le leadership des organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone. Ce financement est également destiné à soutenir des programmes sportifs qui sont pertinents sur le plan culturel, y compris la préparation et les déplacements de l’équipe des Jeux autochtones de l’Amérique du NordNote de bas de page 607.
Des fonds ont également été alloués aux organismes nationaux de sport et aux organismes nationaux de services multisports pour promouvoir le développement à long terme des athlètes autochtones grâce à des programmes adaptés à leur cultureNote de bas de page 608.
En outre, une section sur les initiatives de réconciliation a été ajoutée aux lignes directrices du Programme de soutien au sport 2023-2024, afin de s’assurer que les initiatives visant à faire progresser la réconciliation soient admissibles à un financement dans le cadre de programmes fédérauxNote de bas de page 609.
Dans sa réponse à l’appel à l’action 90, le gouvernement du Canada indique également qu’un groupe de travail permanent a été mis sur pied pour identifier les priorités et élaborer conjointement des plans d’action en réponse aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Ce groupe de travail, qui est coprésidé par le Cercle sportif autochtone et Sport Canada, est dédié au développement du sport autochtone sous l’égide du Comité fédéral-provincial/territorial du sport qui, de son côté, relève des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirsNote de bas de page 610. Le groupe de travail recommande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux des mesures visant à promouvoir la participation d’athlètes, d’entraîneurs et d’officiels autochtones aux Jeux du Canada dans tous les sports, ainsi que l’inclusion de la crosse en tant que sport permanent dans la programmation des Jeux d’été du CanadaNote de bas de page 611.
La Commission de vérité et réconciliation - Appel à l’action 91 (événements sportifs internationaux)
« 91. Nous demandons aux hauts dirigeants et aux pays d’accueil de manifestations sportives internationales comme les Jeux olympiques, les Jeux du Commonwealth et les Jeux panaméricains de veiller à ce que les protocoles territoriaux des peuples autochtones soient respectés et à ce que les collectivités autochtones locales participent à tous les aspects de la planification et de la tenue de ces événements »Note de bas de page 612.
En réponse à l’appel à l’action 91, le gouvernement du Canada a indiqué qu’il ajoute une mention de cet appel à l’action, en guise de rappel, dans les documents qu’il partage avec les organismes candidats et hôte, ainsi qu’avec d’autres partenaires chargés d’élaborer et de soutenir les candidatures à des événements sportifs d’envergure nationale et internationaleNote de bas de page 613. Le gouvernement du Canada précise également que cet appel à l’action s’inscrit dans le cadre des initiatives de Sport Canada visant à coordonner et à élaborer un cadre national de candidature et d’accueil pour les événements sportifs majeursNote de bas de page 614.
Le gouvernement du Canada a également investi pour soutenir des programmes et des initiatives répondant à l’appel à l’action 91. Le budget de 2017 incluait des fonds destinés aux gouvernements provinciaux et territoriaux, par le biais d’ententes bilatérales, afin d’accroître les capacités opérationnelles des organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone. Ces fonds visaient à accroître l’offre de programmes sportifs pertinents sur le plan culturel et à soutenir la préparation et les déplacements de l’équipe des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord.
Dans le budget de 2018, un investissement de 9,5 millions de dollars par an a été annoncé pour développer l’utilisation du sport en tant qu’outil de développement social en réponse aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliationNote de bas de page 615. Par conséquent, en mai 2019, Sport Canada a ajouté un volet au Programme de soutien au sport, soit le volet « Sport au service du développement social dans les communautés autochtones ». Selon Sport Canada, quatre résultats escomptés de ce programme pour les personnes autochtones sont les suivants :
- amélioration de la santé
- amélioration de l’éducation
- réduction des comportements à risque
- amélioration de l’employabilitéNote de bas de page 616.
Le budget de 2022 prévoyait un soutien continu à la préparation et aux déplacements de l’équipe des Jeux autochtone de l’Amérique du Nord dans le cadre d’ententes bilatéralesNote de bas de page 617. En ce qui concerne les événements, Sport Canada a investi 2,5 millions de dollars pour les Jeux d’hiver de l’Arctique de 2023 et 1,68 million de dollars pour faciliter l’ajout de la crosse aux Jeux d’été du Canada de 2025Note de bas de page 618.
L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées – Réclamer notre pouvoir et notre place
En 2016, à la suite de la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a été lancée. Cette enquête, dont les travaux consistaient à enquêter sur les disparitions massives de femmes et de filles autochtones, a conclu que les disparitions et l’inaction du Canada face à ces disparitions constituaient un génocideNote de bas de page 619.
Le rapport final de l’Enquête a été publié en 2019 et contenait 231 appels à la justice à l’intention des gouvernements, des institutions, des fournisseurs de services sociaux, des industries ainsi que des Canadiennes et des Canadiens en généralNote de bas de page 620. Deux de ces appels à la justice sont liés au sport et à l’activité physique :
« 3.1 […] veiller à ce que les droits à la santé et au bien-être des Autochtones, et plus précisément des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQQIA autochtones, soient reconnus, respectés et protégés de façon équitableNote de bas de page 621.
(…)
7.3 […] appuyer les initiatives axées sur la prévention qui sont dirigées par des peuples autochtones en matière de sensibilisation à la santé et d’éducation communautaire […] »Note de bas de page 622.
Selon la page Web « Rapports sur les appels à la justice » du gouvernement du Canada, la troisième composante du volet « Sport au service du développement social dans les communautés autochtones » a été créée en réponse à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et plus particulièrement aux appels à la justice 3.1 et 7.3Note de bas de page 623. Pour bénéficier de ce financement, les projets doivent proposer des activités qui créent des occasions favorables pour les femmes, les filles et/ou les personnes 2ELGBTQI+ autochtones de participer à des activités sportives. Les projets doivent également répondre à un ou plusieurs des objectifs de développement social suivants :
- la santé physique et mentale
- la prévention du suicide
- la sensibilisation à la traite des personnes à des fins sexuelles et toute prévention connexe
- les relations saines et sécuritaires
- l’approche sexuelle positive (2ELGBTQI+)Note de bas de page 624.
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
En plus des deux commissions mentionnées ci-dessus, le Canada a pris des mesures pour mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007Note de bas de page 625. Cette déclaration est un instrument international complet en matière de droits de la personne qui traite des droits des personnes autochtones à travers le mondeNote de bas de page 626.
Elle affirme et énonce un large éventail de droits collectifs et individuels qui constituent des normes minimales nécessaires pour protéger les droits des personnes autochtones et contribuer à leur survie, à leur dignité et à leur bien-êtreNote de bas de page 627. Cette déclaration affirme également la nécessité de respecter et de promouvoir les droits des peuples autochtones qui sont énoncés dans les traités, les accords et d’autres arrangements constructifsNote de bas de page 628.
Les étapes suivantes ont permis à la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de recevoir la sanction royale au Canada :
- En 2015, la Commission de vérité et réconciliation a lancé un appel à tous les paliers de gouvernement afin qu’ils adoptent la Déclaration des Nations Unies comme cadre de réconciliation (appel à l’action 43)Note de bas de page 629.
- En 2016, le gouvernement du Canada a pleinement endossé la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et s’est engagé à la mettre en œuvreNote de bas de page 630.
- En 2019, le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a demandé au Canada de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
- En 2021, après une collaboration continue avec les personnes autochtones en vue de sa mise en œuvre, la Loi sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a reçu la sanction royale et est entrée en vigueur.
Cette loi fournit une feuille de route au gouvernement du Canada et aux personnes autochtones afin que tous collaborent à la pleine mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtonesNote de bas de page 631.
La Déclaration sur le sport (Lekwungen) du Commonwealth sur la vérité, la réconciliation et le partenariat avec les peuples autochtones
À la suite de la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, et en s’appuyant sur les travaux vers la réconciliation entamés lors des Jeux du Commonwealth de 2018 en Australie, un groupe de travail international coprésidé par Ava Hill, ancienne chef élue des Six Nations de Grand River, a été créé pour travailler à l’ébauche de la Déclaration sur le sport (Lekwungen) du Commonwealth sur la vérité, la réconciliation et le partenariat avec les peuples autochtonesNote de bas de page 632. Le gouvernement du Canada a soutenu la création du groupe de travail et l’élaboration de la déclaration en accordant un financement à Commonwealth Sport CanadaNote de bas de page 633.
Cette déclaration internationale sur la promotion de la vérité et de la réconciliation vise à respecter, protéger et promouvoir les droits et les occasions favorables des peuples autochtones par le biais du sportNote de bas de page 634. Elle a été approuvée par acclamation lors de l’assemblée générale de la Fédération des jeux du Commonwealth en 2023Note de bas de page 635. Cette déclaration contient 10 appels à l’action visant à :
- promouvoir le sport et l’éducation physique pour les personnes autochtones
- promouvoir le développement du sport autochtone
- développer une meilleure compréhension des jeux traditionnels
- renforcer les partenariats avec les personnes et les communautés autochtones pour planifier et accueillir des événements sportifs
- inclure des jeux traditionnels autochtones dans des événements sportifs
- créer des avenues vers le sport de haute performance pour les athlètes et les entraîneurs autochtones
- célébrer les exploits des athlètes autochtones
- renforcer des réseaux sportifs inclusifsNote de bas de page 636.
Les organismes sportifs, les institutions, les gouvernements, les organisateurs de jeux, les personnes et les peuples autochtones sont encouragés à travailler ensemble pour soutenir et mettre en œuvre l’esprit et les actions de la déclarationNote de bas de page 637.
Les perspectives des participants sur le sport autochtone
La Commission a eu des discussions avec un éventail de personnes et de communautés autochtones, incluant des organismes de sport et des organismes communautaires autochtones qui s’occupent du sport dans des réserves et hors réserve. Nous reconnaissons qu’une grande partie de la population autochtone vit hors réserve et hors des terres ancestrales des Métis, souvent dans des milieux urbains.
Bien que leurs perspectives mettent en évidence les défis, les lacunes et les obstacles auxquels sont confrontées les personnes et les communautés autochtones, de nombreuses réussites ont également été soulevées auprès de la Commission. Les communautés autochtones ont célébré leurs athlètes et les personnes qui sont impliquées dans le sport.
Des personnes et des communautés autochtones ont fièrement raconté leurs réussites à la Commission, qu’il s’agisse d’un jeune athlète autochtone sélectionné pour jouer dans l’équipe canadienne ou d’entraîneurs autochtones dévoués aidant les jeunes athlètes de leur communauté à franchir des étapes importantes, comme l’obtention d’un diplôme d’études secondaires.
Les perspectives des participants sur les bienfaits du sport pour les personnes autochtones sont également présentées au chapitre 2.
Nous présentons ci-dessous un résumé des informations que nous avons reçues. Nous les avons regroupés en six thèmes : la lutte contre le racisme envers les Autochtones dans le sport, les obstacles à la participation, le Cercle sportif autochtone, les jeux autochtones, les centres d’amitié et la Commission de vérité et réconciliation.
Les perspectives des participants sur la lutte contre le racisme envers les Autochtones dans le sport
Tous les organismes et toutes les communautés autochtones avec lesquelles la Commission s’est entretenue ont raconté des expériences de racisme et de moqueries envers les Autochtones dans les milieux sportifs conventionnels. Des athlètes autochtones, autant des enfants que des adolescents et des adultes, ont raconté avoir été ciblés et intimidés pendant des jeux et des événements sportifs. Nous avons également appris que les structures sportives existantes constituent souvent des obstacles systémiques et racistes à la participation des personnes autochtonesNote de bas de page 638.
De nombreux parents des communautés autochtones avec lesquelles nous nous sommes entretenus ont illustré la présence de racisme en expliquant que leurs enfants étaient exclus des activités, étaient victimes d’insultes raciales et étaient traités différemment. Nous avons appris que les parents étaient eux-mêmes victimes de racisme, de discrimination et de marginalisation.
Malgré la présence de racisme, les personnes issues de ces communautés ont rappelé que le sport constitue un fondement historique et culturel important pour les athlètes et les communautés des Premières Nations, inuites et métisses. On nous a dit à plusieurs reprises qu’il était important d’honorer cette histoire et de reconnaître les contributions des personnes autochtones au sport canadien. Des athlètes autochtones ayant connu un succès national ont déclaré avoir reçu du soutien et des encouragements considérables de la part de leurs communautés, ce qui a suscité un immense sentiment de fierté.
Grâce à ce partage, nous avons appris que le système sportif autochtone a été créé parce que les personnes autochtones n’étaient pas incluses dans le système sportif « conventionnel ». Ceci a donné lieu à deux systèmes sportifs parallèles qui fonctionnent indépendamment l’un de l’autreNote de bas de page 639.
Il a été porté à l’attention de la Commission qu’il était nécessaire de mettre en place un système sportif autochtone qui est réfléchi, appuyé par la recherche, culturellement sécuritaire, fondé sur les valeurs et la culture autochtones, et imputable. Le besoin de mettre en place des compétitions et des programmes sportifs dirigés par des Autochtones a été souligné. En effet, on nous a dit qu’un système sportif autochtone qui permet aux communautés et aux nations d’administrer leurs propres programmes serait conforme au principe d’autodétermination. Les participants ont également souligné la nécessité pour le système sportif « conventionnel » d’agir de manière intentionnelle et culturellement sensible afin de garantir des environnements sportifs sécuritaires pour les Autochtones.
Les perspectives des participants sur les obstacles à la participation au sport et à l’activité physique
Les nombreux obstacles à la participation au sport et à l’activité physique que nous abordons au chapitre 7 s’appliquent aux personnes autochtones. Ci-dessous, nous mettons plutôt l’accent sur les points de vue exprimés dans des perspectives spécifiquement autochtones.
Tout au long des activités de la Commission, des Autochtones nous ont fait part de nombreux obstacles à leur participation au sport, dont l’abordabilité et l’emplacement géographique, le manque d’installations et d’infrastructures, le manque d’environnements culturellement sécuritaires et le manque de représentation et de célébration des athlètes autochtones. Ces défis, nous a-t-on dit, sont encore plus prononcés dans les petites communautés, les communautés isolées et celles du Nord, où même l’accès à un nombre limité de bénévoles peut être un défi important.
L’abordabilité et l’emplacement géographique
Le chapitre 7 traite des dépenses liées à la pratique du sport et de l’activité physique. Des personnes et des communautés autochtones ont également évoqué ces coûts comme un obstacle. Certaines ont souligné que, compte tenu des difficultés économiques auxquelles sont confrontés certains Autochtones au Canada, de nombreuses familles ne peuvent tout simplement pas payer les frais d’inscription, l’équipement et les déplacements associés au sport et aux compétitions.
La question de l’abordabilité est en outre exacerbée par d’autres facteurs comme l’emplacement géographique, en particulier lorsqu’une personne vit dans une région éloignée ou dans une réserve. Des participants nous ont dit qu’étant donné que les programmes sportifs n’incluent souvent pas les communautés autochtones, il peut être nécessaire de voyager, parfois pendant des heures, pour jouer dans une équipe. De tels déplacements entraînent des coûts supplémentaires de transport (quand celui-ci est disponible). Certains se souviennent avoir été obligés de faire de l’auto-stop pour se rendre à une activité sportive. Des participants ont également donné des exemples des coûts liés à l’entraînement et aux déplacements à tous les niveaux du sport. Par conséquent, on nous a dit que de nombreux athlètes autochtones qui auraient pu jouer à des niveaux élites ont abandonné simplement parce qu’ils n’avaient pas les moyens de le faire.
Le manque d’installations et d’infrastructures
Le manque d’installations et d’infrastructures au sein des communautés autochtones est un autre facteur qui affecte la participation au sport des personnes autochtones.
À de nombreuses reprises, la Commission a été informée que le manque d’installations au sein des communautés, comme des arénas ou des piscines, ainsi qu’un manque général d’infrastructures ou de ressources appropriées, pouvaient obliger certaines personnes à voyager pour participer à des activités de natation ou de patinage. Nous avons également entendu parler de membres de la communauté qui devaient amener leurs véhicules dans un champ et allumer leurs phares afin de fournir une source de lumière suffisante et permettre au jeu de se poursuivre une fois le soleil couché.
Selon les personnes avec lesquelles nous avons échangé, il est non seulement important qu’il y ait des installations au sein des communautés, mais aussi qu’elles soient accessibles, bien entretenues et situées à des endroits stratégiques. Certaines personnes ont souligné le lien entre le manque d’installations adéquates dans les réserves et les communautés autochtones et le manque de représentation des athlètes autochtones aux niveaux les plus élevés du sport.
Comme l’ont exprimé certains participants, plusieurs athlètes autochtones rêvent de se rendre aux Jeux olympiques. Cependant, les installations, les entraîneurs, le financement et les endroits pour s'entrainer qui sont nécessaires pour faire de ce rêve une réalité n’existent pas.
Comme l’indique le chapitre 7, les Autochtones rencontrent également des difficultés lorsqu’ils souhaitent utiliser des écoles ou des centres communautaires pour faire du sport ou de l’activité physique, en particulier dans les endroits les plus éloignés. Des participants ont expliqué que, dans les régions éloignées ou du Nord, une même installation peut souvent être utilisée à plusieurs fins différentes. Une installation peut par exemple être utilisée à la fois comme salle communautaire, salle d’audience et lieu de rencontre pour l’assemblée législative, ce qui réduit l’accès pour des activités sportives et récréatives.
La Commission a également été informée que, pour les communautés autochtones vivant dans les réserves, les projets d’investissement pour les écoles, les routes et les logements ont la priorité sur les installations sportives ou récréatives. Cela limite l’accès des communautés aux programmes quotidiens de loisirs ou d’activités physiques, y compris au sportNote de bas de page 640.
L’absence d’environnements culturellement sécuritaires
Au cours des activités de la Commission, les personnes et les communautés autochtones ont identifié le racisme envers les Autochtones comme un autre obstacle à leur participation au sport, conduisant à des environnements sportifs culturellement peu sécuritaires. Ils ont également noté que le manque d’entraîneurs autochtones, ainsi que le manque d’entraîneurs non autochtones sensibles aux cultures et aux traditions autochtones, entravaient leur participation au sport. Les difficultés d’accès aux cours de certification des entraîneurs et au matériel de formation approprié ont été identifiées comme des facteurs limitant le développement des entraîneurs autochtones.
Le manque de représentation et de célébration des athlètes autochtones
Les participants nous ont dit à quel point il est important de souligner les succès des personnes et des athlètes autochtones dans le sport, en particulier parce que les Autochtones sont moins susceptibles de participer s’ils ne sont pas suffisamment représentés dans les contextes sportifs. Certains ont mentionné que des athlètes autochtones doivent participer aux événements internationaux, tandis que d’autres aimeraient qu’une reconnaissance territoriale soit prononcée lors de tous les événements sportifs.
Comme l’indique le chapitre 2, le sport et l’activité physique procurent de nombreux avantages significatifs à la population canadienne. Toutefois, les occasions de participer à des programmes sportifs sont peu nombreuses ou limitées dans plusieurs communautés autochtones et pour les jeunes autochtones qui vivent en milieu urbain.
Les perspectives des participants sur le Cercle sportif autochtone
La Commission a entendu de nombreuses personnes qui ont reconnu le rôle essentiel du Cercle sportif autochtone dans la promotion d’un système sportif autochtone et l’intégration de pratiques spirituelles et culturelles dans le sport. Certaines personnes le considèrent comme la voix nationale du sport autochtone. Cependant, elles ont également souligné que l’organisation est sous-financée.
Un certain nombre d’organismes provinciaux et territoriaux de sport que la Commission a rencontrés ont exprimé leur soutien à la stratégie nationale 2025 (« L’esprit du sport : Bouger ensemble ») élaborée sous la direction du Cercle sportif autochtone. Ces organismes ont aussi plaidé en faveur de sa mise en œuvre.
Certains ont expliqué que les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone sont distincts du Cercle sportif autochtone en ce qui concerne le financement. Bien qu’ils entretiennent de bonnes relations avec le Cercle, certains ont déclaré qu’ils ne dépendaient pas de lui.
D’autres ont noté que le Cercle sportif autochtone reflétait une approche coloniale. Il suivrait un modèle semblable à celui d’un organisme national de sport avec ses 13 organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone. À cet effet, certains ont fait remarquer que le Cercle sportif autochtone a été créé dans le cadre des contraintes imposées par les structures et les systèmes sportifs coloniaux. Certains ont fait valoir que le Cercle sportif autochtone est reconnu par le gouvernement du Canada comme le porte-parole des Autochtones et le gardien de l’opinion autochtone. Certains ont soulevé des questions concernant l’imputabilité du Cercle envers les communautés autochtones. En ce qui concerne la stratégie nationale 2025, certaines personnes ont fait part de leurs préoccupations voulant que les communautés et les organismes autochtones, y compris les populations autochtones urbaines, les centres d’amitié et les diverses nations, n’avaient pas été consultés de manière suffisamment significative avant que la stratégie ne soit élaborée.
Les perspectives des participants sur les jeux autochtones
Un thème récurrent tout au long de notre processus de mobilisation auprès des organismes sportifs et des communautés autochtones a été l’importance des différents jeux autochtones pour les athlètes et les communautés autochtones. Certains participants ont déclaré que la participation des jeunes aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord avait changé des vies. Ils ont déclaré que cette participation avait éliminé des obstacles et apporté un soutien aux jeunes. Nous avons appris que ces jeux sont particuliers en raison du rôle central qu’y joue la culture, depuis la purification et les autres cérémonies jusqu’à l’intégration de la langue tout au long de l’événement. Des participants ont décrit ces jeux comme une occasion pour les enfants de renouer avec leur culture et de se la réapproprier.
D’autres ont indiqué à la Commission que la participation aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord avait entraîné des changements positifs dans le mode de vie, menant à des comportements plus sains, comme de meilleurs choix nutritionnels et la poursuite d’études postsecondaires. Plus important encore, il a été souligné que la participation à ces Jeux donnait à de nombreux jeunes davantage de confiance en eux et d'estime d’eux-mêmes. Cela a aussi conduit certains d’entre eux à se percevoir comme des modèles dans leur communauté.
De plus, le succès et les retombées économiques substantielles des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord ont été largement reconnus par les participants, malgré le manque de financement. Certains ont demandé aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de reprendre les discussions sur le financement, et ce, conformément à l’appel à l’action 88 de la Commission de vérité et réconciliation. Nous comprenons que le cadre de financement des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord a été abordé pour la dernière fois en 2019.
En plus de l’appui exprimé en faveur des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord, des sentiments similaires ont été exprimés à l’égard d’autres jeux autochtones comme les Jeux d’hiver de l’Arctique, les championnats nationaux de hockey autochtones et d’autres jeux autochtones provinciaux ou territoriaux. Ces événements ont été décrits comme des occasions de grande importance pour guérir des traumatismes intergénérationnels. Ils offrent aux jeunes autochtones des occasions de concourir et de jouer ensemble, ce qui favorise un sentiment de fierté et d’appartenance à la communauté. La participation aux Jeux d’hiver de l’Arctique a été décrite comme une excellente occasion pour les jeunes autochtones, cet environnement sécuritaire favorisant un sentiment d’appartenance.
De nombreux Autochtones nous ont dit que les non-Autochtones ont tendance à ne pas connaître ni même à reconnaître l’existence des Jeux autochtones. Des recruteurs assistent rarement à ces événements, les exploits des athlètes autochtones passant inaperçus. Cependant, au niveau provincial, nous avons été informés que les Jeux autochtones de l’Alberta disposent d’un programme de bourses pour leurs jeunes et que des recruteurs universitaires assistent à ces Jeux. En effet, des représentants des Jeux autochtones de l’Alberta ont rapporté avec fierté qu’une douzaine d’anciens athlètes de ces Jeux poursuivent aujourd’hui leurs études dans des écoles aux États-Unis.
Les perspectives des participants sur les centres d’amitié et l’Association nationale des centres d’amitié
Même s’ils ne sont pas des organismes sportifs, les centres d’amitié et l’Association nationale des centres d’amitié jouent un rôle important. Des participants ont décrit comment, dans de nombreux milieux urbains, certains enfants autochtones accèdent au sport par l’intermédiaire d’un centre d’amitié, tandis que d’autres y accèdent par l’intermédiaire d’un organisme de sport « conventionnel ». Un grand nombre d’entre eux ont indiqué que ces organismes de sport conventionnels ne sont pas conçus pour offrir un environnement sécuritaire et inclusif aux Autochtones.
Pour cette raison, des participants ont vivement recommandé à la Commission d’envisager la possibilité d’accorder du financement à l’Association nationale des centres d’amitié pour des activités sportives et récréatives. Ce financement pourrait ensuite être distribué aux centres d’amitié locaux.
Les perspectives des participants sur les appels à l’action relatifs au sport de la Commission de vérité et réconciliation
Tout au long des activités de la Commission, les personnes et les communautés autochtones nous ont fait part de leurs réflexions sur les progrès réalisés par les gouvernements et par les Canadiennes et les Canadiens en réponse aux appels à l’action relatifs au sport de la Commission de vérité et réconciliation (appels à l’action 87 à 91). Bien que le gouvernement du Canada se soit engagé en décembre 2015 à répondre à l’ensemble des appels à l’action, la Commission a appris que Sport Canada n’avait pas encore donné le mandat aux organismes nationaux de sport d’y donner suite.
Même si certains progrès ont été soulevés, la Commission a aussi entendu des critiques. Plusieurs d’entre elles étaient liées au manque de financement et à la nécessité d’accentuer les efforts de réconciliation.
Les exemples de progrès
De nombreux participants ont soulevé des exemples de progrès. Ils ont parlé du développement et de la mise en œuvre d’une série de modules de formation pour les entraîneurs d’athlètes autochtones. Ces modules contribuent spécifiquement à répondre à l’appel à l’action 88 de la Commission de vérité et réconciliation en mettant l’accent sur le développement à long terme des athlètes autochtones. Des participants ont également noté qu’un module spécifique traitant du racisme envers les Autochtones dans le sport contribue à répondre à l’appel à l’action 90.
Par ailleurs, la Commission a été informée de l’existence du programme « Héros sportifs autochtones : une expérience éducative ». Cette ressource, gratuite et bilingue, met en lumière les histoires inspirantes d’athlètes autochtones membres du Panthéon des sports canadiens par l’entremise de récits, de vidéos, d’artefacts et d’activités éducatives. Cette ressource, qui comprend 12 plans de cours prêts à être utilisés et qui offre des connaissances de base quant aux façons autochtones d’apprendre, est un outil très utile pour les enseignants. Elle soutient par le fait même l’appel à l’action 62 de la Commission de vérité et réconciliation. Certains des participants ont aussi noté que cette initiative s’aligne à l’appel à l’action 87.
La Commission a également pris connaissance d’une initiative de collaboration entre un organisme national de sport, le Cercle sportif autochtone et les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone qui en sont membres, visant à organiser un premier camp national de sport autochtone. Ce camp, qui a rassemblé des athlètes, des entraîneurs et des animateurs autochtones, a donné lieu à une expérience puissante et transformatrice. Cet événement a offert un environnement sécuritaire et inclusif, favorisant ainsi l’apprentissage, la croissance et le resserrement des liens culturels, tout en entraînant des répercussions positives et durables pour toutes les personnes qui y ont participé.
À l’échelle nationale, la Commission a également appris que, dans le cadre des compétitions de natation aux Jeux du Canada, une nage commémorative a été organisée entre les courses pour commémorer les tombes anonymes qui ont été découvertes dans un ancien pensionnat. Deux couloirs de nage étaient demeurés vides, des maillots orange ayant été déposés sur la ligne de départ en mémoire des enfants disparus.
À l’échelle provinciale, nous avons entendu parler des efforts déployés par un organisme provincial de sport pour réintroduire la crosse, un sport d’origine autochtone, au sein de la communauté autochtone. Pour ce faire, l’organisation dispose de deux postes de liaison autochtone au sein de son conseil d’administration. Les Autochtones qui occupent ces postes jouent un rôle de conseillers et contribuent à la réintégration de la crosse au sein de la communauté.
Nous avons également été informés de certaines mesures positives en faveur de la réconciliation. Par exemple, des matchs de football canadien sont diffusés en langue pied-noir. Aussi, lors de certains matchs, les athlètes portent des maillots d’échauffement orange en signe d’engagement dans le processus de réconciliation et pour sensibiliser le public à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Les exemples d’occasions d’amélioration
Le financement
Certains participants ont fait remarquer que Sport Canada n’a accordé aucun fond supplémentaire aux organismes nationaux de sport pour répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Des participants et la littérature ont déclaré qu’en échouant à allouer des fonds, des ressources et du soutien, Sport Canada renforce le colonialismeNote de bas de page 641.
Il a été rappelé que les gouvernements ont le devoir de soutenir des programmes mis en place par et pour les communautés autochtones et de donner suite aux appels à l’action dans le domaine du sport. Des participants ont également insisté sur le fait que ces appels à l’action doivent être pleinement financés par le biais d’un mandat du gouvernement du Canada, qui doit entre autres inclure Sport Canada. Le financement de ces appels à l’action, nous a-t-on dit, n'implique pas seulement de donner de l’argent « ici et là » : un engagement et une coordination sont nécessaires pour mettre en œuvre des initiatives de manière systématique et durable.
Le manque de financement permanent pour les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord demeure un enjeu, auquel s’ajoute le besoin d’obtenir un soutien continu pour les jeux autochtones régionaux et nationaux.
La Loi sur l’activité physique et le sport
Certains participants soutiennent que la Loi sur l’activité physique et le sport (2003) devrait être révisée pour s’aligner avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et sur la loi canadienne (2021). Une telle initiative serait nécessaire pour affirmer l’engagement du gouvernement du Canada en faveur des droits et de l’autodétermination des peuples autochtones dans le domaine du sport et de l’activité physique, et ce, conformément à l’appel à l’action 89.
Les événements sportifs
Comme condition pour recevoir un soutien fédéral, des participants ont souligné que tous les événements nationaux et internationaux de sport organisés au Canada devraient inclure une représentation autochtone, des protocoles et des partenariats avec les communautés et les nations autochtones locales. Cette initiative serait nécessaire pour répondre à l’appel à l’action 91.
Les organismes nationaux, provinciaux et territoriaux de sport et les efforts de réconciliation
À de nombreuses reprises, des participants ont rappelé à la Commission l’importance d’établir des relations avec les communautés et les personnes autochtones. De telles relations exigent du temps et des efforts afin d’apprendre à connaître les membres de la communauté qu’une organisation sportive essaie de servir. Il est essentiel d’aller au-delà du simple financement.
De nombreux participants ont soulevé le fait que les organismes sportifs, que ce soit au niveau national ou provincial et territorial, pourraient et devraient faire plus pour aborder la question de la réconciliation. Certaines communautés autochtones ont confié à la Commission que lorsqu’elles s’adressent aux organismes nationaux de sport pour obtenir de l’aide afin de développer un sport au sein de leur communauté, ces organismes ont tendance à utiliser une approche passive et distante plutôt qu’une approche active et collaborative afin d’implanter le sport dans la province ou le territoire. On nous a également décrit un manque d’engagement de la part des organismes provinciaux et territoriaux de sport lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre le Programme destiné aux entraîneurs d’athlètes autochtones.
Appels à l’action : les personnes autochtones et le sport
La Commission reconnaît le contexte de colonisation dans lequel le système sportif canadien a vu le jour et continue de fonctionner. Les personnes autochtones continuent d’être confrontées au racisme dans leur vie quotidienne et le sport ne fait pas exception.
La Commission reconnaît la complexité du système sportif autochtone et de ses relations avec le système sportif « conventionnel ». Nous reconnaissons également le manque de recherches, d’information et de données spécifiques aux personnes et au sport autochtone au Canada. Le besoin de financement supplémentaire pour soutenir la recherche spécifique aux personnes et au sport autochtones est abordé au chapitre 12. Les appels à l’action relatifs au financement du volet « Sport au service du développement social dans les communautés autochtones » sont présentés dans le chapitre 15.
La Commission reconnaît par ailleurs le travail de la Commission de vérité et réconciliation et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, ainsi que leurs appels à l’action et leurs appels à la justice respectifs. Bien que le gouvernement du Canada ait réalisé certains progrès pour répondre à ces appels, dix ans se sont écoulés depuis les appels à l’action et six ans depuis les appels à la justice. Ce travail doit être poursuivi.
Considérant la portée et le cadre des travaux de la Commission, et reconnaissant l’importance pour les personnes autochtones d’exercer un contrôle sur la façon dont le sport les sert et sert leurs communautés – et considérant que de telles décisions doivent être prises par et pour les personnes autochtones – la Commission incite fortement tous les gouvernements à continuer de collaborer de manière significative avec les peuples autochtones lorsque des décisions liées au sport autochtone doivent être prises.
Toutes les personnes qui sont impliquées dans le système sportif « conventionnel » ont un rôle important à jouer pour que la réconciliation soit véritable et significative, notamment en s’engageant et en collaborant de manière constructive avec les personnes autochtones. La Commission s’est entretenue avec des personnes et des communautés autochtones qui ont fait part de leurs réalités en matière de sport autochtone et des interactions que les personnes autochtones ont avec le système sportif « conventionnel ». Ces échanges nous ont permis de mieux comprendre les obstacles et les défis systémiques auxquels les Autochtones ont été confrontés et sont encore confrontés aujourd’hui.
Dans ce rapport, les conclusions et les appels à l’action relatifs aux personnes et au sport autochtones reflètent donc l’étendue des échanges et du travail que nous avons été en mesure de réaliser dans le cadre du mandat et du calendrier de la Commission. En revanche, nous reconnaissons le travail considérable mené par la Commission de vérité et réconciliation. Nous reconnaissons aussi ses recommandations, y compris celles relatives au sport, et appelons le gouvernement à poursuivre leur mise en œuvre. De plus, afin de poursuivre et de consolider cet important travail et de faire avancer le dialogue, nous appelons le gouvernement à prendre des mesures pour poursuivre la mobilisation auprès des personnes autochtones. Nous avons donc déterminé que toutes les mesures prises par le gouvernement du Canada en réponse aux appels à l’action lancés dans le présent rapport doivent tenir compte des perspectives autochtones.
Appels à l’action
La Commission lance les appels à l’action suivants, demandant que :
- Le gouvernement du Canada poursuive ses efforts afin de remplir ses engagements en réponse aux appels à l’action relatifs au sport de la Commission de vérité et réconciliation, soit les appels à l’action 87 à 91, tels que reproduits ci-dessous:
« 87. Nous demandons à tous les ordres de gouvernement, en collaboration avec les peuples autochtones, les temples de la renommée des sports et d’autres organisations concernées, de sensibiliser le public à l’histoire des athlètes autochtones au paysNote de bas de page 642.
88. Nous demandons à tous les ordres de gouvernement de prendre des mesures afin de garantir le développement à long terme des athlètes autochtones et de maintenir leur appui à l’égard des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord, y compris le financement pour la tenue des Jeux et pour la préparation et les déplacements des équipes provinciales et territorialesNote de bas de page 643.
89. Nous demandons au gouvernement fédéral de modifier la Loi sur l’activité physique et le sport pour appuyer la réconciliation en s’assurant que les politiques visant à promouvoir l’activité physique comme élément fondamental de la santé et du bien-être, à réduire les obstacles à la participation au sport, à accroître la poursuite de l’excellence dans le sport et à renforcer la capacité du système sportif canadien, intègrent les peuples autochtonesNote de bas de page 644.
90. Nous demandons au gouvernement fédéral de veiller à ce que les politiques, les initiatives et les programmes de portée nationale se rattachant aux sports intègrent les peuples autochtones; nous demandons, entre autres choses :
- en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, un financement stable et l’accès à des programmes sportifs communautaires qui reflètent la diversité des cultures et les activités sportives traditionnelles des peuples autochtones
- un programme de développement d’athlètes d’élite pour les Autochtones
- des programmes pour les entraîneurs, les instructeurs et les autorités en matière de sports qui sont pertinents sur le plan culturel pour les peuples autochtones
- des programmes de sensibilisation et de formation sur la lutte contre le racismeNote de bas de page 645.
91. Nous demandons aux hauts dirigeants et aux pays d’accueil de manifestations sportives internationales comme les Jeux olympiques, les Jeux du Commonwealth et les Jeux panaméricains de veiller à ce que les protocoles territoriaux des peuples autochtones soient respectés et à ce que les collectivités autochtones locales participent à tous les aspects de la planification et de la tenue de ces événements »Note de bas de page 646.
- Tous les paliers de gouvernement respectent le principe de l’autodétermination autochtone dans leur processus décisionnel en ce qui concerne les personnes autochtones dans le sport, ce qui signifie que de telles décisions devraient être prises par les peuples autochtones et pour les peuples autochtones.
- Tous les paliers de gouvernement prennent des mesures proactives pour collaborer avec les personnes autochtones et s’assurer qu’elles participent de manière significative aux processus décisionnels liés à tous les aspects du sport, y compris, mais sans s’y limiter, aux politiques, aux programmes, à l’allocation de fonds et à la gouvernance, afin que le système sportif canadien soit inclusif et tienne compte des perspectives, des connaissances et des cultures autochtones. Ils doivent également encourager les autres participants au sport qui relèvent de leur sphère de compétence à faire de même en collaborant de manière significative avec les personnes autochtones pour s’assurer que leurs voix sont exprimées et entendues.
- Le gouvernement du Canada s’assure que la mise en œuvre des appels à l’action de ce rapport tienne compte des perspectives autochtones.