Chapitre 7 : Obstacles à la participation au sport et à l’activité physique au Canada

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Le sport et l’activité physique sont des éléments fondamentaux de la société canadienne. Ils sont notamment des catalyseurs pour améliorer la santé mentale et physique, favoriser la croissance et le développement personnels et promouvoir l’inclusion sociale. Malheureusement, de nombreuses Canadiennes et de nombreux Canadiens se heurtent à des obstacles qui les empêchent de participer à des activités sportives et physiques et d’en profiter.

Tout au long des activités de mobilisation de la Commission, nous avons été informés des obstacles persistants qui limitent la participation au sport et à l’activité physique au Canada, laissant de nombreuses personnes de côté. Ces obstacles bien connus comprennent les coûts croissants de la participation, l’insuffisance des installations sportives dans tout le pays et le manque de programmes adéquats. Ces préoccupations ont été exprimées à maintes reprises par des gens provenant d’un large éventail de groupes d’âge, de milieux et de communautés, soulignant ainsi la nature systémique de ces problèmes au sein du système sportif canadien.

Le sport peut être un puissant vecteur d’égalité : il permet de construire des ponts et de rassembler les communautés. Cependant, l’accès au sport au Canada est loin d’être égal pour tous et toutes.

Les groupes méritant l’équité, tels que les femmes et les filles, les personnes en situation de handicap, les personnes racisées, les nouveaux arrivants, les personnes s’identifiant comme 2ELGBTQI+Note de bas de page 647 et les peuples autochtones, continuent de se heurter à des obstacles supplémentaires à la participation au sport. Il s’agit notamment de l’absence d’environnements culturellement sécuritaires et de la persistance de la discrimination systémique et individuelle.

Malgré les engagements antérieurs pris par tous les paliers de gouvernement pour rendre les différents niveaux de sport accessibles et exempts d’obstaclesNote de bas de page 648, le Canada n’a toujours pas pris de mesures significatives pour s’attaquer à ces obstacles.

Nous avons entendu de vifs appels au changement. Les Canadiennes et les Canadiens croient que tout le monde devrait avoir des chances égales de participer à des activités physiques et sportives, indépendamment de l’âge, du sexe, de l’orientation sexuelle, des capacités, de la culture, de la race, de l’appartenance ethnique ou autochtone ou du milieu socioéconomique.

Le présent chapitre se concentre sur les obstacles qui empêchent d’innombrables personnes de participer à des activités qui pourraient transformer positivement leur vie. Tout d’abord, nous examinons les tendances en matière de participation aux activités physiques et sportives au Canada. Nous constatons qu’une proportion importante de la population canadienne, y compris les enfants et les adolescents, n’atteint pas le niveau d’activité physique recommandé pour favoriser la santé et le bien-être.

Nous poursuivons avec un aperçu des obstacles courants à la participation, à savoir les obstacles financiers et le manque d’installations et de programmes. Nous examinons également les défis qui influencent la participation au sport des groupes sous-représentés.

Dans ce chapitre, nous présentons nos appels à l’action pour améliorer l’accessibilité du sport et de l’activité physique au Canada.

Cible ratée : de faibles taux de participation au sport et à l’activité physique

Bien que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux encouragent la pratique du sport et l’activité physique au Canada, la participation généralisée au sport demeure un objectif difficile à atteindre. Des données récentes révèlent que les taux de participation au sport et à l’activité physique sont inférieurs aux niveaux souhaités pour les adultes, les enfants et les adolescents. Les groupes méritant l’équité continuent d’être largement sous-représentés dans les programmes de sport et d’activité physique.

Les taux de participation de la population canadienne

Comme l’a démontré Statistique Canada, seulement près de la moitié (46 %) des adultes canadiens ont atteint l’objectif recommandé de 150 minutes d’activités physiques d’intensité modérée à élevée par semaine entre 2022 et 2024Note de bas de page 649. La Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés, réalisée par Statistique Canada en 2023, a révélé que :

En revanche, le Sondage indicateur de l’activité physique et du sport, réalisé par l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, a montré des taux de participation inférieurs en 2024. Il a permis de constater que seulement 27 % des adultes canadiens âgés de 18 ans et plus ont pratiqué un sport organisé, ce qui comprend des activités sportives structurées axées sur la compétition, les règles et l’acquisition d’habiletésNote de bas de page 654. Le taux de participation plus faible relevé dans ce sondage s’explique par l’accent qui est mis sur la participation au sport organisé, contrairement à la définition plus large du sport qui est utilisée par Statistique Canada.

En général, les taux de participation au sport diminuent avec l’âge et sont plus faibles chez les filles et les femmes. Seule une faible part des adultes canadiens pratique un sport. Seulement 18 % des hommes âgés de 65 ans et plus ont déclaré faire du sport, comparativement à 28 % des hommes âgés de 45 à 64 ansNote de bas de page 655. La tendance est encore plus prononcée chez les femmes, seulement 9 % de celles âgées de 65 ans et plus faisant du sport, comparativement à 13 % dans la tranche d’âge des 45 à 64 ansNote de bas de page 656.

De nombreux enfants et adolescents ne pratiquent aucun sport. Dans un rapport de l’Institut Aspen, examinant la gouvernance de 12 systèmes sportifs de premier plan, dont ceux de l’Allemagne, de la Suède, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Norvège, le Canada s’est classé derrière tous ces autres pays en ce qui concerne la participation sportive des jeunesNote de bas de page 657. Selon le Bulletin de l’activité physique de ParticipACTION de 2022, une moyenne de 57 % des enfants et des jeunes participaient à des programmes de sport organisé, ce qui a valu au Canada la note de C+ en matière de participation sportive des jeunesNote de bas de page 658.

Le Sondage indicateur de l’activité physique auprès des parents de 2025, mené par l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, indique que 72 % des enfants et des adolescents âgés de 5 à 17 ans ont déclaré faire du sport en 2025, le taux de participation des garçons étant légèrement supérieur à celui des fillesNote de bas de page 659. Des écarts ont été observés dans la régularité et la fréquence de la participation au sport, certains jeunes déclarant ne participer à des activités sportives que de 1 à 5 mois par année (24 % des garçons et 23 % des filles) et d’autres 12 mois par année (37 % des garçons et 35 % des filles)Note de bas de page 660.

Ce qui est peut-être plus inquiétant, ce sont les données faisant état de niveaux d’activité physique très bas chez les enfants d’âge scolaire au Canada. Alors que le pourcentage d’adultes (46 %) et d’enfants âgés de 5 à 11 ans (52 %) ayant atteint les niveaux d’activité physique recommandés de 2022 à 2024 est resté relativement inchangé par rapport à la période de 2018 à 2019, un récent rapport de Statistique Canada a révélé une baisse de l’activité physique chez les adolescentsNote de bas de page 661. De 2022 à 2024, seulement 21 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans au Canada ont atteint le niveau d’activité physique recommandé, contre 36 % de 2018 à 2019Note de bas de page 662. Quatre adolescents sur cinq ne font pas suffisamment d’activité physique. Des experts ont exprimé leur inquiétude, notant que cette tendance est susceptible de persister puisque l’activité physique est de plus en plus éclipsée par les préoccupations liées aux écrans et aux médias sociauxNote de bas de page 663.

Selon le même rapport de Statistique Canada, des écarts persistent dans les taux de participation à l’activité physique entre les filles et les garçons. Seulement 8 % des filles âgées de 12 à 17 ans ont satisfait aux recommandations en matière d’activité physique entre 2022 et 2024, contre 33 % des garçons de la même tranche d’âgeNote de bas de page 664. En 2024, les données relatives aux enfants des ménages ayant les revenus les plus faibles ont révélé que 46 % des enfants âgés de 5 à 11 ans ont satisfait aux recommandations en matière d’activité physique, contre 57 % des enfants des ménages ayant les revenus les plus élevésNote de bas de page 665.

Les taux de participation des groupes méritant l’équité

Plusieurs rapports mettent en évidence les taux de participation sportive nettement inférieurs des groupes méritant l’équité au Canada, lesquels représentent une proportion importante de la population. Les traitements injustes, le racisme et la discrimination sont entre autres plus fréquents parmi la population racisée, les personnes autochtones, les personnes en situation de handicap et les personnes issues des communautés 2ELGBTQI+Note de bas de page 666. Les disparités vécues par les personnes issues de divers horizons en matière d’accès, de participation et d’occasions favorables soulignent la nécessité de mettre en place des pratiques et des systèmes plus inclusifs au sein du système sportif canadien.

Les femmes et les filles

En 2021, les femmes et les filles représentaient un peu plus de la moitié de la population (environ 50,6 %), soit environ 18,4 millions de femmes et de filles vivant dans des ménages privés au CanadaNote de bas de page 667. Elles sont moins actives que les hommes et les garçons à tous les stades de la vie. En moyenne, les femmes âgées de 15 ans et plus ont un taux de participation au sport inférieur à celui des hommes de la même tranche d’âge, soit 49 % des femmes ayant déclaré avoir pratiqué un sport contre 62 % d’hommesNote de bas de page 668. Les femmes sont également sous-représentées dans les postes de haute direction, les postes décisionnels et les postes de leadership, ainsi que dans les conseils d’administration des organismes sportifs au CanadaNote de bas de page 669.

La disparité est moins prononcée chez les enfants : 73 % des filles âgées de 5 à 11 ans avait indiqué pratiquer un sport, contre 77 % des garçons pour la même tranche d’âgeNote de bas de page 670. La disparité est toutefois plus prononcée chez les jeunes de 12 à 17 ans, où 74 % des garçons pratiquent un sport contre 64 % des fillesNote de bas de page 671. Les filles accèdent à presque toutes les formes de sport et d’activité physique à des taux inférieurs à ceux des garçonsNote de bas de page 672. De plus, lorsque les filles participent, elles abandonnent plus tôt.

Selon le rapport « Le signal de ralliement 2024 » de l’organisme Femme et sport au Canada, le taux d’abandon du sport chez les filles augmente à l’âge de 16 ans et s’accentue tout au long de l’adolescence. Plus d’une fille sur cinq abandonne le sport pendant cette période. Les jeunes femmes sont beaucoup plus susceptibles de ne pas profiter des bienfaits d’une pratique sportive continueNote de bas de page 673. La participation des hommes se maintient jusqu’à la fin de l’adolescence et durant la vingtaine, ce qui crée un écart de participation important entre les hommes et les femmes.

Les personnes en situation de handicap

Un sondage de 2024 a révélé que les personnes en situation de handicap ont déclaré avoir une plus faible participation au sport (21 %) comparativement aux adultes sans handicap (30 %)Note de bas de page 674. Statistique Canada a rapporté en 2025 que les personnes s’identifiant comme des personnes en situation de handicap étaient plus susceptibles d’être victimes de traitements injustes, de racisme ou de discrimination dans le sport communautaire (9 %), comparativement aux autres personnes (6 %)Note de bas de page 675.

Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2022, 27 % de la population canadienne âgée de 15 ans et plus présentait au moins une incapacitéNote de bas de page 676.

Les personnes racisées et les nouveaux citoyens

Au Canada, les personnes qui s’identifient comme faisant partie des minorités visibles ont déclaré faire du sport à un taux légèrement inférieur à celui du reste de la population canadienne (25,2 % contre 26,7 %)Note de bas de page 677. Selon un rapport de 2025 de Statistique Canada, la population racisée était cependant trois fois plus susceptible que la population non racisée de déclarer avoir subi un traitement injuste, du racisme ou de la discrimination dans le sport communautaire (12 % contre 4 %)Note de bas de page 678. Un rapport de Statistique Canada indique qu’en 2021, une personne sur quatre au Canada était issue d’une population racisée (26,5 %)Note de bas de page 679.

Dans l’ensemble, les immigrants et les nouveaux citoyens sont moins susceptibles de participer à un sport organisé que les personnes nées au CanadaNote de bas de page 680. En 2021, 23 % de la population était des immigrants admis ou des résidents permanentsNote de bas de page 681. Entre 2022 et 2023, près de 98 % de la croissance démographique du Canada était due aux migrations internationalesNote de bas de page 682.

Les personnes non cisgenres et les membres des communautés 2ELGBTQI+

Les recherches révèlent que les jeunes non-cisgenres et ceux qui déclarent une attirance non hétérosexuelle ont tendance à moins participer aux sports organisés que leurs homologuesNote de bas de page 683. Selon un rapport de Statistique Canada de 2025, les personnes issues des communautés 2ELGBTQ+ étaient quatre fois plus susceptibles de subir un traitement injuste dans le sport communautaire (21 %) que les autres personnes (5 %)Note de bas de page 684.

Entre 2019 et 2021, environ 4,4 % de la population canadienne âgée de 15 ans et plus a déclaré être membre des communautés 2ELGBTQ+Note de bas de page 685.

Les personnes autochtones

Les personnes autochtones sont sous-représentées à tous les niveaux du sport au CanadaNote de bas de page 686. En raison du manque de données, il est difficile de déterminer avec précision les taux de participation au sport au sein des populations autochtones du Canada, en particulier chez les adultes. La plupart des rapports ne fournissent que des statistiques générales sur les populations autochtones, sans distinguer les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Selon le rapport intitulé « Le signal de ralliement 2022 » produit par Femmes et sport au Canada, 30 % des filles de 13 à 18 ans issues des Premières Nations, des communautés inuites et des communautés métisses pratiquaient un sport au moins une fois par semaine, comparativement à 52 % des « filles blanches »Note de bas de page 687.

Conclusions quant à la participation au sport et à l’activité physique

Malgré l’importance du sport et de l’activité physique pour l’ensemble de la population canadienne, les tendances en matière de participation révèlent des lacunes importantes en ce qui concerne l’accès et la mobilisation des différents groupes. La participation au sport demeure une faiblesse importante malgré les recommandations répétées visant à y remédier de façon efficace. Comme le souligne la nouvelle Politique canadienne du sport 2025-2035, l’un des objectifs de la Politique canadienne du sport de 2021 et de celle de 2022 étaient d’accroître la participation au sport, mais aucune n’y est parvenueNote de bas de page 688.

Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs, lors de leur Conférence de 2025, ont reconnu l’importance de promouvoir l’activité physique dans tout le pays pour soutenir la santé mentale des Canadiennes et des Canadiens. Ils ont convenu de la nécessité d’accroître les taux d’activité physique, compte tenu de l’ensemble des avantages sociaux, sanitaires et économiques que favorisent les modes de vie actifsNote de bas de page 689.

La Commission estime que des engagements coordonnés et soutenus sont nécessaires pour transformer ces priorités en résultats concrets et réaliser des progrès significatifs. Il est essentiel de s’attaquer aux obstacles qui limitent l’accès au sport et à l’activité physique et qui empêchent de nombreuses Canadiennes et de nombreux Canadiens d’y participer de manière optimale.

Le sport est un pilier fondamental de la société canadienne. Des investissements et une attention particulière sont nécessaires afin d’éliminer les obstacles à la participation au sport à tous les niveaux, ce qui permettra de tirer pleinement profit des bienfaits du sport en plus de nourrir et de promouvoir notre identité canadienne.

Les sections qui suivent examinent différentes facettes des obstacles qui empêchent d’innombrables Canadiennes et Canadiens de profiter des bienfaits du sport et de l’activité physique.

Les obstacles financiers au sport et à l’activité physique

Pour être accessible, le sport doit être abordable. Les coûts associés au sport, notamment les frais d’inscription, d’équipement et de déplacement, figurent parmi les principaux obstacles à la pratique du sport au Canada.

Comme l’a indiqué Statistique Canada en 2023, seulement environ 55 % des personnes âgées de 15 ans et plus ont indiqué participer à un sport organiséNote de bas de page 690. Selon le même rapport, 11 % des personnes qui n’ont pas pratiqué de sport ont déclaré que le coût de la participation était un obstacleNote de bas de page 691. Les groupes racisés étaient plus susceptibles que les groupes non racisés de citer le coût de la participation comme un obstacleNote de bas de page 692. Pour les jeunes, le rapport de Bon départ sur la situation des sports destinés aux jeunes au Canada de 2025, la principale raison pour laquelle les jeunes ne pratiquent pas de sport est que le sport coûte trop cherNote de bas de page 693.

Le statut socioéconomique a une incidence distincte sur les taux de participation au sport. Les personnes autochtones, les femmes célibataires, les membres de familles immigrées et les personnes dont les revenus et la scolarité sont plus faibles sont touchés de manière disproportionnée par les obstacles financiersNote de bas de page 694. Selon le Sondage indicateur de l’activité physique auprès des parents de 2025, mené par l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, 74 % des enfants et des adolescents issus de ménages dont le revenu est supérieur à 60 000 $ par année ont participé au sport, contre 63 % des enfants et des adolescents issus de ménages dont le revenu est inférieur à 60 000 $ par annéeNote de bas de page 695. De même, l’édition 2025 du bulletin de l’activité physique chez les adultes de ParticipACTION indique que les adultes ayant des revenus plus élevés étaient plus susceptibles de participer à une activité sportive que ceux ayant des revenus plus faibles (32 % comparativement à 22 %)Note de bas de page 696.

Alors que les Canadiennes et les Canadiens font face à une pression financière croissante, les coûts de la pratique sportive augmentent également. La privatisation des organisations sportives, liée à l’expansion du modèle « payer pour jouer », accentue davantage la pression financièreNote de bas de page 697.

Pour plusieurs familles et athlètes canadiens, la participation au sport est désormais inabordable. Le rapport de Bon départ sur la situation du sport de 2023 indique que 58 % des parents ont déclaré que les frais de loisirs étaient en hausse, ce qui représente une augmentation par rapport aux 17 % de décembre 2021Note de bas de page 698. Le même rapport indique que 44 % des parents ont déclaré ne pas avoir les moyens d’inscrire leurs enfants à un sport organiséNote de bas de page 699. Le rapport de Bon départ sur la situation des sports destinés aux jeunes au Canada de 2025 indique que 32 % des parents ont déclaré éprouver du stress à propos de l’abordabilitéNote de bas de page 700. Pour gérer le coût du sport et permettre à leurs enfants d’y avoir accès, l’étude menée par Bon départ sur les coûts et les obstacles à la participation sportive indique que près de six sur dix parents ont recours à au moins une stratégie de gestion des coûts, comme la réduction des dépenses dans d’autres domaines, l’utilisation de crédits ou de prêts, ou la prise de travail supplémentaireNote de bas de page 701.

L’accès inéquitable au sport a des répercussions négatives sur les enfants. Des parents ont indiqué que leurs enfants présentaient des signes d’une moins bonne condition physique et des sentiments de perte, de ressentiment et d’anxiété en raison de cette participation réduiteNote de bas de page 702.

Les coûts de transport élevés sont un obstacle potentiel à la pratique du sport, y compris pour les athlètes de haute performance. C’est particulièrement le cas dans les communautés nordiques et éloignées.

Les efforts pour réduire les obstacles financiers

Pour surmonter les obstacles financiers, les gouvernements et les organismes sportifs ont mis en place diverses initiatives visant à la fois le sport communautaire et le sport de haute performance. Comme l’explique plus en détail le chapitre 15 sur le financement, le gouvernement fédéral soutient les initiatives de sport communautaire pour les groupes sous-représentés au moyen de l’initiative Le sport communautaire pour tous, un volet du Programme de soutien au sportNote de bas de page 703.

Afin de réduire les obstacles financiers, des organisations telles que SportJeunesse Canada et ses sections locales fournissent une aide financière pour payer les frais d’inscription et l’équipement des jeunesNote de bas de page 704. Certains organismes communautaires de sport s’efforcent également de proposer des programmes sportifs gratuits ou à prix réduit. Malgré tout, l’accessibilité financière demeure un obstacle important à la participation, peu importe le revenu, la race, le sexe, les capacités ou l’emplacement géographiqueNote de bas de page 705.

Certains gouvernements provinciaux et territoriaux ont mis en place des crédits pour alléger les coûts liés à la participation. Le gouvernement fédéral offrait auparavant un Crédit d’impôt pour la condition physique des enfants. Ce crédit d’impôt non remboursable permettait aux particuliers de déduire les dépenses de conditionnement physique admissiblesNote de bas de page 706. Le Crédit d’impôt pour la condition physique des enfants a été éliminé pour l’année d’imposition 2017 et les suivantes, en raison de lacunes importantes constatées quant à son efficacité, son équité et son efficienceNote de bas de page 707. Certaines provinces et certains territoires continuent d’offrir des crédits d’impôt similairesNote de bas de page 708.

Les coûts pour les athlètes de haute performance

Les athlètes de haute performance font souvent face à d’importants obstacles financiers qui peuvent limiter leur capacité à s’entraîner et à participer à des compétitions de niveau élite. Il s’agit notamment des coûts élevés d’entraînement, de déplacement, d’équipement et d’encadrementNote de bas de page 709. Un sondage mené en 2023 par Léger Marketing pour le compte du ministère du Patrimoine canadien (Sport Canada) a révélé que le principal obstacle à la pratique du sport de haut niveau au Canada est d’ordre financier. En effet, 72 % des athlètes de haute performance de niveau national qui ont été interrogés pour le sondage ont indiqué que les coûts constituaient un obstacle à leur participationNote de bas de page 710.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux fournissent une aide financière aux athlètes de haute performance. Comme nous le mentionnons dans le chapitre 15, le gouvernement fédéral fournit une aide financière aux athlètes de haute performance qui concourent à l’échelle nationale par l’intermédiaire du Programme d’aide aux athlètesNote de bas de page 711. Nous avons toutefois entendu de façon récurrente que le financement attribué dans le cadre de ce programme est insuffisant.

Selon des reportages récents, les athlètes de haute performance qui représentent le Canada doivent souvent recourir au sociofinancement et aux dons afin de concourir à l’international, soutenir leur carrière sportive et répondre à leurs besoins essentielsNote de bas de page 712. Cette situation concerne autant les athlètes de haute performance qui reçoivent un soutien financier de Sport Canada (par l’intermédiaire du Programme d’aide aux athlètes) que ceux qui n’en reçoivent pas. Les obstacles financiers à la participation des athlètes de haute performance persistent.

Les perspectives des participants sur les obstacles financiers

Les résultats du sondage public mené en ligne par la Commission corroborent l’importance des obstacles financiers. Les répondants au sondage qui ont répondu à des questions sur l’amélioration du système sportif au Canada devaient indiquer ce qu’ils considéraient comme les enjeux les plus pressants qui entravent la participation au sport organisé au Canada. Plusieurs réponses étaient possibles, mais deux enjeux se sont démarqués. Une écrasante majorité de répondants (89,0 %) a choisi le coût financier élevé de la participation. Cet enjeu a été désigné comme enjeu le plus pressant par tous les groupes démographiques interrogés dans le cadre du sondage de la Commission.

La distance par rapport aux installations et infrastructures sportives a été le deuxième enjeu le plus souvent cité dans l’enquête de la Commission. Cet enjeu a été sélectionné par 55,9 % des répondants. Une plus grande proportion de répondants racisés (61,3 %) et de répondants résidant dans les Maritimes (60,7 %) ont choisi cette réponse.

Des participants à nos activités de mobilisations nous ont dit que le sport organisé est déjà trop cher pour de nombreuses Canadiennes et de nombreux Canadiens, et les coûts continuent d’augmenter. Davantage de personnes et de familles ont besoin d’un soutien financier pour participer au sport. Auparavant, les athlètes issus de milieux défavorisés pouvaient souvent atteindre les Jeux olympiques et le sport professionnel grâce à des programmes publics. De nos jours, des ressources familiales importantes et un entraînement privé coûteux sont généralement nécessaires pour atteindre le même niveau de réussite. Dans de nombreux cas, la participation au sport à tous les niveaux est limitée à ceux qui peuvent se le permettre.

Le sport devient de plus en plus exclusif et de moins en moins accessible.

Nous avons appris que les obstacles financiers sont particulièrement importants pour les organismes de sport pour les personnes en situation de handicap et les athlètes en situation de handicap, compte tenu des coûts élevés liés à l’équipement, des frais associés aux accompagnateurs de soutien et des pressions économiques auxquelles les personnes en situation de handicap font généralement face.

Dans l’ensemble, l’augmentation du coût de la participation au sport a été principalement attribuée à l’augmentation des frais, des coûts d’équipement et des coûts de transport. Nous avons été informés que l’escalade des frais d’inscription, des frais d’adhésion et des autres coûts se répercute sur les participants au sport à cause du manque de nouvelles sources de revenus pour les organismes de sport. Cette réalité existe à tous les niveaux du sport, du niveau local au niveau élite. Ces augmentations ont un effet sur le caractère abordable et l’accessibilité des programmes sportifs. La privatisation du sport contribue également à rendre les programmes sportifs inabordables. Les obstacles financiers ont été identifiés comme des défis importants par les gouvernements provinciaux et territoriaux.

Des participants ont remarqué que certains sports populaires, comme le patinage et le hockey ont des coûts de participation plus élevés et sont de plus en plus réservés aux personnes aiséesNote de bas de page 713. Les coûts d’équipement pour le hockey sont particulièrement élevés. Pour rendre le patinage et le hockey plus accessibles, certains ont suggéré que les patinoires disposent d’équipements accessibles à tous. Toutefois, il n’y eu aucun investissement substantiel à cet égard. D’autres ont suggéré des subventions directes pour apporter une aide financière aux familles.

Le transport a été mentionné comme un obstacle important à la pratique du sport dans les communautés nordiques, où les organismes de sport et les athlètes font face à des coûts de transport élevés. Ces coûts compromettent la capacité des enfants à prendre part à des activités sportives en dehors de leur communauté immédiate. Des problèmes similaires se posent dans d’autres régions éloignées du Canada, en particulier là où les transports en commun ne sont pas disponibles.

Tout en reconnaissant qu’il existe de nombreux obstacles à la participation, de nombreuses personnes sont favorables à l’élargissement des occasions de participer au sport. Les participants à nos activités de mobilisation ont convenu qu’il fallait faire davantage pour améliorer le caractère abordable du sport. Ils ont souligné la nécessité de poursuivre les investissements afin de promouvoir des programmes sportifs accessibles et abordables à tous les niveaux. Les subventions financières destinées aux populations à faible revenu peuvent être efficaces pour accroître la pratique sportive. D’autres participants ont insisté sur la nécessité d’encourager les programmes de soutien, tels que ceux proposés par les organismes SportJeunesse et la Fondation Bon départ de Canadian Tire.

Appel à l’action : réduire les obstacles financiers

Au Canada, le sport et l’activité physique ne sont pas accessibles à tous ceux et celles qui souhaitent y participer. Le Canada demeure loin de réaliser ses aspirations visant à éliminer les obstacles à la participation et à rendre le sport et l’activité physique accessibles à tous.

Les coûts associés à la pratique sportive demeurent l’un des principaux obstacles pour les athlètes de tous les niveaux. Les coûts de transport sont particulièrement prohibitifs pour les communautés nordiques et autochtones. Malgré les efforts constants des gouvernements et des organismes sportifs pour réduire les coûts de la participation, le sport au Canada devient de plus en plus exclusif. Cette tendance inquiétante va à l’encontre des valeurs canadiennes et de la volonté de rendre le sport accessible et inclusif. Il reste encore beaucoup à faire pour rendre le sport plus abordable, en particulier pour les groupes méritant l’équité qui sont touchés de manière disproportionnée par les obstacles financiers.

L’importance démesurée accordée au sport compétitif chez les enfants et les adolescents, ainsi que la spécialisation précoce, ont contribué à la croissance de programmes sportifs privés et coûteux, réduisant davantage l’accessibilité du sport.

Pour faire face aux obstacles financiers croissants à la pratique du sport, la Commission est d’avis que le gouvernement fédéral doit continuer à soutenir la participation de masse et l’excellence dans le sport.

Certains participants ont suggéré que des fonds soient alloués pour subventionner le coût de la participation au sport pour les participants de tous les âges, soulignant que la seule façon d’apporter une aide est de subventionner les activités elles-mêmes plutôt que d’offrir un crédit d’impôt. Le Crédit d’impôt pour la condition physique des enfants fédéral, par exemple, s’est révélé avoir peu ou pas d’effet pour favoriser l’activité physique chez les enfants canadiens, en particulier ceux à faible revenu. Il a d’ailleurs été aboliNote de bas de page 714. Certains participants ont fait valoir qu’en raison de l’inflation et du coût de la vie, la disponibilité de l’aide devrait être élargie au-delà des familles à faible revenu.

Des participants ont affirmé que le gouvernement fédéral devrait continuer à financer l’initiative Le sport communautaire pour tous et d’autres initiatives de financement qui soutiennent la participation et l’inclusion à l’échelle communautaire. Les participants ont clairement exprimé le besoin pressant de bonifier le Programme d’aide aux athlètes, qui soutient les athlètes de haut niveau, et l’urgence de s’attaquer à la crise de financement à laquelle font face de nombreux organismes nationaux de sport.

L’ensemble des appels à l’action de la Commission en ce qui concerne le financement du système sportif figure au chapitre 15.

Appel à l’action

La Commission lance l’appel à l’action suivant, demandant que :

  1. Le gouvernement du Canada, de concert avec les provinces et territoires, examine tous les mécanismes possibles – fiscaux, administratifs et de programme – afin de réduire les obstacles et d’accroître la participation au sport et à l’activité physique des Canadiennes et des Canadiens. Cela pourrait comprendre des exemptions fiscales sur l’équipement sportif et un programme de subventions pour la jeunesse canadienne.

Le manque d’installations et de programmes sportifs adéquats

La plupart des installations sportives au Canada, y compris les gymnases, les piscines et les arénas, sont des propriétés publiques. Elles sont construites et entretenues par les municipalités et les conseils scolaires régionauxNote de bas de page 715. Selon une enquête de Statistique Canada, les municipalités possédaient en 2018 plus de 99 % des 78 717 installations culturelles, récréatives et sportives publiques au CanadaNote de bas de page 716. En 2020, les gouvernements locaux, régionaux, provinciaux et territoriaux du Canada ont fourni 5 060 piscines, 7 569 patinoires ainsi que d’autres terrains de sport intérieurs et extérieursNote de bas de page 717.

Ces installations, qui comprennent des centres communautaires et des installations à usages multiples, sont essentielles à la mise en œuvre de programmes de sport et d’activité physique pour l’ensemble de la population canadienne. Des installations plus spécialisées, comme des installations olympiques et paralympiques et des centres d’entraînement, sont toutes aussi importantes pour aider les athlètes de haute performance à s’entraîner et à prendre part aux compétitions au plus haut niveau.

La pénurie d’installations sportives et récréatives de haute qualité

Le Canada ne dispose pas suffisamment d’installations sportives et récréatives. Leur disponibilité et leur accessibilité sont également problématiques. Le manque de piscines, par exemple, explique pourquoi au moins 8 000 personnes sont sur des listes d’attente pour des programmes de natation, rien qu’à VancouverNote de bas de page 718. Dans les régions où il manque d’infrastructures, les habitants parcourent souvent de longues distances pour se rendre dans les installations sportivesNote de bas de page 719, ce qui est à la fois long et coûteux.

De nouvelles installations sportives et récréatives sont nécessaires dans tout le pays, en particulier dans les communautés autochtones. Les installations conformes aux normes techniques élevées des athlètes de haute performance en quête d’excellence sont raresNote de bas de page 720. Selon un sondage mené en 2020-2021 par l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, près de la moitié des organismes de sport au Canada ont déclaré que les besoins les plus pressants en matière d’infrastructures étaient l’ajout ou la création d’installations intérieuresNote de bas de page 721.

Les installations sportives du Canada sont vieillissantes. De nombreuses installations sportives et récréatives intérieures nécessitent d’importants travaux de réparation et d’entretien, et d’autres doivent être modernisées pour les rendre plus accessibles aux personnes en situation de handicapNote de bas de page 722. Un rapport de 2019 examinant les infrastructures publiques dans l’ensemble du Canada a révélé que 30 à 35 % des installations culturelles, récréatives et sportives étaient dans un état passable ou pire. Une proportion importante d’installations avait plus de 50 ansNote de bas de page 723.

L’Association canadienne des parcs et loisirs tient un inventaire des infrastructures sportives, récréatives et des parcs au paysNote de bas de page 724. Cet inventaire décrit la nature et l’état des installations à l’échelle du Canada, y compris leur emplacement, leur taille, leurs équipements et leur âge. Il fournit un référentiel de données commun et ouvert permettant de consulter, d’ajouter et de gérer des informations pertinentes sur les infrastructuresNote de bas de page 725. En 2025, 400 organismes avaient adhéré à la base de données sur les infrastructures, y ajoutant des renseignements sur plus de 10 000 installations et lieux sportif et de loisir communautairesNote de bas de page 726.

Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs, lors de la Conférence de 2025, ont discuté de l’importance des installations sportives et récréatives et des défis liés à leur détérioration dans toutes les régions. Les ministres ont demandé aux fonctionnaires de poursuivre les discussions sur l’importance des infrastructures sportives et sur les possibilités de collaborer à la recherche de solutions pour relever ces défisNote de bas de page 727.

Le financement des infrastructures sportives

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que de nombreuses autorités municipales, investissent dans les infrastructures sportives et récréatives. Ces investissements impliquent l’apport direct de fonds pour l’aménagement, la construction, la réparation ou l’entretien d’installations sportives, ainsi que pour l’achat d’équipement nécessaireNote de bas de page 728. Le gouvernement fédéral finance les infrastructures sportives au moyen de divers programmes, tels que le Fonds pour le développement des collectivités du Canada et le Programme d’infrastructure Investir dans le Canada (qui relèvent tous deux de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada) :

D’autres programmes du gouvernement fédéral financent les infrastructures sportives, notamment les programmes administrés par Services aux Autochtones CanadaNote de bas de page 731. Le financement des infrastructures sportives et récréatives est abordé plus en détail dans le chapitre 15.

Le manque de programmes sportifs adéquats

Comme nous l’expliquons au chapitre 5, la prestation de programmes sportifs est assurée par une diversité d’organismes sportifs et d’autres institutions, notamment des établissements scolaires, des municipalités, des organismes privés à but lucratif et des organismes communautaires sans but lucratif.

L’offre de programmes sportifs est influencée par divers facteurs, notamment les ressources financières et la disponibilité d’installations adéquates. Comme les organismes sportifs sont aussi aux prises avec d’importantes difficultés financières, certains ont dû réduire leur programmation. Dans différentes régions, le manque de programmes accessibles ou culturellement appropriés peut également avoir une incidence sur l’accessibilité du sport.

Les perspectives des participants sur le manque d’installations et de programmes

La Commission a appris qu’il y avait une grave pénurie d’infrastructures sportives adéquates, sécuritaires et accessibles dans l’ensemble du Canada. Les participants au sport, les organismes sportifs, ainsi que les représentants et fonctionnaires des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, l’ont répété à d’innombrables reprises au cours de nos activités de mobilisation. Le manque d’installations sportives disponibles et adéquates empêche la mise en place de programmes sportifs accessibles et sécuritaires, et ce, à tous les niveaux.

Nous avons appris que des organismes locaux n’arrivaient pas à trouver d’installations disponibles en raison d’infrastructures insuffisantes. On nous a dit que certains athlètes devaient déménager dans une autre province pour progresser dans leur sport. Certains organismes nationaux de sport ont été contraints de déplacer leurs équipes nationales à l’étranger en raison d’un manque d’installations d’entraînement appropriées au Canada.

Les participants aux travaux de la Commission ont soulevé de graves préoccupations au sujet de l’insuffisance des installations sportives dans toutes les régions du pays.

Les perspectives des participants sur la pénurie d’installations et le vieillissement des installations

On nous a continuellement répété qu’il n’y avait pas assez d’installations pour que tous ceux et celles qui souhaitent pratiquer un sport puissent le faire. La croissance de la population a créé des besoins supplémentaires en matière d’agrandissement et de renouvellement des infrastructures sportives. Des représentants d’organismes communautaires, provinciaux, territoriaux et nationaux de sport nous ont fait part des difficultés considérables qu’ils ont rencontrées pour obtenir les espaces physiques nécessaires à la mise en œuvre de leurs programmes. On nous a dit que, dans certains cas, les seuls créneaux horaires disponibles se situaient très tard le soir, ce qui n’était pas toujours approprié ou sécuritaire. L’insuffisance marquée d’installations dans de nombreuses communautés éloignées et autochtones, particulièrement dans les territoires, a également été mentionnée.

Les infrastructures sportives, y compris les installations héritées de l’organisation des Jeux du Commonwealth, des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques, vieillissent et doivent être modernisées pour continuer à être utilisées. Certaines installations sportives désuètes ne sont pas accessibles aux athlètes en situation de handicap et ne disposent pas de toilettes neutres (non genrées). Par exemple, de nombreuses demandes de soutien financier ont été formulées pour remettre en état la piste de glisse et l’anneau olympique de patinage de vitesse de Calgary, mais ces appels sont restés sans réponse. D’autres ont souligné que de nombreuses patinoires sont en mauvais état et doivent être réparées ou remplacées.

On nous a constamment parlé du besoin urgent d’investir dans les infrastructures sportives et récréatives partout au pays. Différentes suggestions ont été partagées avec la Commission quant aux moyens d’améliorer les installations existantes et de construire l’infrastructure nécessaire pour accroître l’accessibilité au sport.

Dans son mémoire prébudgétaire de l’automne 2025, l’Association canadienne des parcs et loisirs a recommandé que le gouvernement fédéral crée un programme fédéral de 100 millions de dollars par année pour revitaliser l’infrastructure vieillissante des parcs et loisirs du Canada. Le mémoire souligne qu’une telle mesure permettrait de promouvoir la santé publique, de renforcer la résilience climatique, de servir les communautés méritant l’équité et de favoriser l’unité nationale en investissant dans des espaces communautaires où les Canadiens et les Canadiennes créent des liens, se sentent chez eux et s’épanouissentNote de bas de page 732.

D’autres suggestions comprennent la création d’un fonds d’infrastructure ouvert et incluant un volet consacré au sport et aux loisirs, à l’image du programme Construire au Canada. D’autres ont proposé que le financement des infrastructures soit lié à l’immigration. Les participants ont également suggéré que le gouvernement fédéral collabore avec ses homologues provinciaux et territoriaux pour élaborer une stratégie nationale en matière d’investissement et de développement des installations sportives. Il a été souligné que les nouvelles installations devraient être conçues et construites pour des usages multiples et, le cas échéant, pour des sports multiples. Il nous a été rappelé que des installations bien conçues peuvent soutenir à la fois les programmes communautaires et le sport de haute performance.

De nombreux participants ont souligné le rôle important que jouent les grands jeux multisports, comme les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques, dans l’aménagement d’infrastructures. Il a été souligné que les stratégies d’accueil pour de telles compétitions devraient inclure une planification et un financement consacrés aux infrastructures, en mettant l’accent sur la création et la pérennisation des installations afin de soutenir à la fois le sport de haute performance et le sport communautaire. Nous notons que la Politique fédérale concernant l’accueil de manifestations sportives internationales date de 2008Note de bas de page 733.

Les perspectives des participants sur l’accès aux installations existantes

En plus des nouvelles installations sportives, des participants nous ont dit que l’accessibilité des installations existantes devait être améliorée. Au cours de notre processus de mobilisation, nous avons souvent entendu parler des difficultés rencontrées par les citoyens pour accéder aux installations municipales et scolaires existantes. Certains participants nous ont mentionné qu’il n’y avait aucune mesure incitative pour encourager les municipalités à donner accès à leurs infrastructures aux organismes locaux de sport. D’autres ont remis en question les frais élevés que les municipalités imposent aux organismes qui veulent utiliser leur infrastructure.

Comme souligné dans le chapitre 5, des participants ont soulevé l’importance des partenariats avec les conseils scolaires pour améliorer l’accès aux installations sportives. Dans certaines communautés, en particulier dans les régions éloignées, les écoles possèdent les seules installations intérieures disponibles qui conviennent aux activités sportives. Cependant, nous avons appris que de nombreuses installations scolaires ne sont pas utilisées en dehors des heures de cours ou pendant l’été. Accéder à ces installations peut aussi être un processus lourd et compliqué.

Le processus pour accéder aux installations scolaires varie d’un conseil scolaire à l’autre, ce qui ajoute à la complexité de la situation. Les organismes, qu’ils se consacrent au sport ou non, doivent payer des frais pour accéder à ces installations scolaires. Il a été mentionné que les organismes sportifs privés disposaient vraisemblablement d’une plus grande capacité à payer ses frais et donc d’un meilleur accès aux infrastructures municipales et scolaires. Des participants ont fait remarquer que cette situation entravait davantage l’accès des organismes communautaires de sport, particulièrement pour les périodes et les plages horaires les plus demandées.

Nous avons également pris connaissance des obstacles auxquels se heurtent les conseils scolaires lorsqu’ils tentent d’améliorer l’accès à leurs installations. Les préoccupations liées à la sécurité, à la responsabilité, à l’assurance et aux coûts d’entretien associés à l’ouverture de leurs installations au public ont été fréquemment citées.

Des participants nous ont rappelé que des données sur les infrastructures sportives au Canada sont essentielles pour éclairer les processus décisionnels relatifs au développement des infrastructures.

Les perspectives des participants sur l’incidence du secteur privé sur l’accessibilité des programmes sportifs

Comme souligné dans le chapitre 5, nous avons entendu parler des défis posés par le nombre croissant d’associations et de clubs sportifs privés. Des participants ont expliqué que le nombre de ces organismes privés a augmenté au cours des dernières années et nous ont dit que l’attention disproportionnée portée à la performance et à la spécialisation dans le sport avait contribué à la croissance de ce secteur. De nombreux participants ont indiqué que le recours accru aux organismes sportifs privés pour offrir des programmes de sport contribue à rendre le sport moins accessible. Le manque de programmes communautaires et scolaires abordables rend la participation aux activités sportives plus difficile, autant pour les enfants que pour les adultes. Ironiquement, des participants nous ont indiqué que les organismes sportifs privés peuvent plus facilement assumer les coûts d’accès aux installations sportives publiques.

On nous a dit que les organismes nationaux de sport ont la responsabilité de développer et de faire croître leur sport. Ils devraient le faire, en partie, en élaborant des programmes imaginatifs qui peuvent être mis en œuvre à l’échelle communautaire. Des participants ont fait remarquer que cela contribuerait à lutter contre la privatisation du sport au Canada et offrirait des occasions de participation à l’échelle communautaire. À l’inverse, nous avons été informés qu’il peut être difficile pour les organismes nationaux de sport de s’acquitter de ces responsabilités, en particulier lorsqu’ils font face à des défis de financement ou lorsqu’ils ont des relations très limitées avec leurs homologues provinciaux, territoriaux ou communautaires.

Certains participants ont également observé que les organismes sportifs, du niveau local au niveau national, se concentrent désormais sur la performance et minimisent les vertus de la participation. Des inquiétudes ont été exprimées quant au fait que l’objectif de ces organisations est désormais de gagner à tout prix et de générer des profits. À l’échelle communautaire, nous avons entendu de sérieuses préoccupations concernant l’appauvrissement des programmes accessibles dans les municipalités et les écoles en raison des modèles payants (« payer pour jouer ») et de la privatisation qui sont devenus plus courants.

Les perspectives des participants sur la diminution de l’offre de programmes municipaux et scolaires

Les municipalités et les écoles publiques sont généralement celles qui offrent le plus d’occasions de pratiquer un sport de manière abordable. En moyenne, le coût de la participation dans les écoles et les centres de loisirs est nettement inférieur à celui des clubs sportifs.

Par exemple, les données du « Rapport de Bon départ sur la situation du jeu à l’intention des jeunes » de 2024 indiquent que le coût moyen de la participation dans les écoles (70 $ par personne) et dans les centres de loisirs (85 $ par personne) est bien inférieur au coût moyen de la participation dans un club de sport (1 122 $ par personne)Note de bas de page 734. Le coût moyen de la participation comprenait le coût initial des frais d’inscription, les frais de déplacement, les uniformes et toutes les autres dépenses associées.

Pour de nombreux enfants et adolescents, l’école est le premier et le seul endroit où ils participent à un sport organisé. Dans certains cas, les centres récréatifs municipaux offrent des programmes gratuits pour participer au sport. Cependant, nous avons appris que la capacité des municipalités et des écoles à offrir des activités sportives abordables est en baisse.

Nous avons appris que les taux tristement bas d’activité physique chez les enfants et les jeunes d’âge scolaire s’expliqueraient en partie par la diminution de l’offre de programmes de sport et d’activité physique dans les écoles canadiennes. Nous avons appris que cette réalité inquiétante découle d’une combinaison de facteurs, notamment le fait que l’activité physique n’est pas une priorité dans les programmes scolaires, les contraintes liées aux horaires de travail des enseignants ainsi qu’un manque d’enseignants possédant une formation adéquate pour encadrer des activités physiques. L’accès limité à l’équipement fait également en sorte que les écoles ont de la difficulté à offrir quotidiennement des activités physiques aux enfants. Au lieu de faire participer leurs enfants à l’école, certains parents dépensent des milliers de dollars pour que leurs enfants participent ailleurs, notamment dans des associations et des clubs de sport privés.

Nous avons appris que les programmes offerts dans les écoles sont de moins en moins accessibles. Certains participants nous ont dit que le sport scolaire devenait plus exclusif. Ils s’inquiètent du fait que les jeunes qui sont doués pour le sport ou qui ont reçu un entraînement spécialisé dans des clubs sont les seuls qui obtiennent des places dans les équipes scolaires. Dans certains cas, le déclin de l’accessibilité des programmes de sport scolaires était plus prononcé dans les communautés à faible revenu. Par conséquent, moins d’élèves ont la possibilité de participer au sport. Plusieurs personnes considèrent l’augmentation de la participation au sport dans les écoles et le renouvellement des programmes d’éducation physique comme des occasions évidentes d’accroître l’activité physique et d’améliorer l’accès au sport chez les jeunes Canadiens et Canadiennes.

Appels à l’action : développer des infrastructures et des programmes sportifs

Le manque criant d’infrastructures sportives appropriées constitue un obstacle important à l’augmentation de la pratique sportive au Canada. De nombreuses installations existantes doivent être réparées et améliorées de manière urgente pour garantir leur accessibilité, leur sécurité et leur conformité aux normes modernes. Les communautés mal desservies, éloignées et autochtones ont encore plus de mal à accéder aux installations sportives.

Les installations scolaires existantes, telles que les gymnases, ne sont pas exploitées efficacement pour favoriser la pratique du sport. Le manque d’accès aux installations peut augmenter les coûts pour les clubs sportifs locaux. Ces coûts sont ensuite répercutés sur les athlètes et leurs familles, ce qui limite encore davantage l’accessibilité du sport.

L’accessibilité des programmes sportifs est étroitement liée à la disponibilité des installations et du financement. Les contraintes budgétaires, les espaces limités et le recours croissant aux modèles du secteur privé ont réduit le nombre de programmes abordables. Dans de nombreuses régions, il manque également de programmes culturellement adaptés, ce qui nuit à la participation de groupes diversifiés. Les écoles, qui sont les principaux lieux de pratique du sport chez les jeunes, font également face à de nombreux défis pour proposer des activités physiques quotidiennes. Cette situation s’explique par des coupes budgétaires, des changements dans les programmes scolaires et un accès limité à de l’équipement et à du personnel qualifié.

Le Canada doit accroître ses investissements dans les infrastructures sportives. Les installations sportives sont des infrastructures essentielles et des actifs communautaires indispensables qui stimulent l’économie locale, améliorent la santé publique et servent d’espaces où les communautés peuvent se rassembler.

On ne saurait trop insister sur l’importance fondamentale des infrastructures sportives. Elles sont le fondement qui permet aux gens de participer au sport, ce dernier étant un pilier de l’identité canadienne.

En investissant dans les infrastructures sportives, nous pouvons éliminer des obstacles de manière concrète afin d’améliorer les occasions offertes aux athlètes de tous âges et de toutes capacités, de soutenir leur développement sportif et de veiller à ce que les collectivités dans l’ensemble du Canada puissent accéder pleinement aux bienfaits du sport. Les installations sportives favorisent les liens sociaux et le bien-être, et apportent des bienfaits pour la santé, sociaux et économiques durables à des collectivités entières.

Récemment, le Canada a mis l’accent sur la construction d’infrastructures dans d’autres secteurs afin de bâtir un pays plus fort et plus prospère. Compte tenu des nombreux bienfaits du sport, l’énorme potentiel inexploité du sport et des infrastructures sportives a manifestement été négligé. Investir dans les infrastructures sportives n’est pas une dépense, mais un investissement dans la jeunesse canadienne.

Le développement et la revitalisation des infrastructures

La Commission est d’avis qu’une réévaluation en profondeur et un réinvestissement substantiel dans les infrastructures sportives sont nécessaires, non seulement pour soutenir la quête de l’excellence et de médailles, mais aussi pour bâtir une nation plus saine, plus sécuritaire et plus prospère.

Tout au long de nos activités de mobilisation, de nombreux appels ont été formulés en faveur d’un financement destiné à combler les lacunes actuelles cruciales en matière d’infrastructures. Le dernier investissement global et d’importance du gouvernement fédéral dans des installations sportives remonte à 1967, à l’occasion du centenaire. Plusieurs de ces installations n’ont pas été modernisées, rénovées ou remplacées et se sont détériorées au point de devenir des obstacles à la participation.

Par ailleurs, la croissance démographique a mis à rude épreuve les infrastructures sportives existantes. Il faut donc davantage d’installations sportives pour répondre aux demandes d’une population croissante. Les communautés autochtones, nordiques et éloignées ont également grandement besoin d’installations sportives.

Certains participants ont demandé au gouvernement fédéral de mettre en place un programme consacré aux infrastructures sportives. Il ne s’agit pas d’une nouvelle proposition. En 2006, les gouvernements provinciaux et territoriaux ont exhorté le gouvernement fédéral à collaborer avec les provinces et les territoires pour élaborer un programme national d’infrastructures pour le sport, l’activité physique et les loisirsNote de bas de page 735. Cette idée est encore plus pertinente aujourd’hui. Des participants ont réitéré cette proposition lors de nos activités de mobilisation.

L’Association canadienne des parcs et loisirs, dans son mémoire prébudgétaire de l’automne 2025 présenté au Comité permanent des finances de la Chambre des communes, a recommandé que le gouvernement du Canada crée un programme fédéral de 100 millions de dollars par année pour revitaliser l’infrastructure vieillissante des parcs et des loisirs au CanadaNote de bas de page 736.

D’autres participants se sont interrogés sur la nécessité d’un nouveau programme consacré aux infrastructures sportives. Ils ont reconnu que le gouvernement fédéral transfère déjà de l’argent aux provinces et aux territoires pour le développement des infrastructures. Le problème, selon ce qu’on nous a dit, tient au fait que ces fonds ne sont pas affectés à l’amélioration des infrastructures sportives. Des préoccupations similaires ont été soulevées dans le contexte de l’évaluation des programmes de Sport Canada de 2015-2016 à 2019-2020. Cette évaluation a révélé que, bien qu’Infrastructure Canada ait octroyé des fonds aux municipalités pour les infrastructures, ces fonds ont été fréquemment affectés à des usages autres que les installations sportivesNote de bas de page 737. Des participants ont suggéré l’ajout d’une exigence selon laquelle un certain pourcentage des fonds transférés par le gouvernement fédéral aux provinces et territoires pour les infrastructures, puis attribués aux municipalités, doit être investi dans des infrastructures sportives.

Quelle que soit la forme du programme d’investissement dans les infrastructures sportives, une chose est claire : tous les paliers de gouvernement doivent réinvestir dans les infrastructures sportives. Nous notons qu’avant le budget d’automne 2025, le Comité permanent des finances de la Chambre des communes avait recommandé que le gouvernement du Canada « [réinvestisse] dans les infrastructures des parcs, récréatives et sportives pour assurer la santé et le bien-être de la population »Note de bas de page 738.

Des participants ont également souligné la nécessité d’inciter et d’encourager les entreprises privées à investir dans les infrastructures sportives. Ils ont décrit le financement par des capitaux privés comme étant largement sous-utilisé, en particulier pour les grands projets d’infrastructure. Certains participants étaient déçus que les infrastructures sportives ne soient pas admissibles au financement de la Banque de l’infrastructure du Canada. Ils ont également déclaré que des obstacles réglementaires empêchaient le secteur privé d’investir davantage et que tous les paliers de gouvernement devraient agir pour permettre aux investisseurs privés d’investir.

Une stratégie nationale de collaboration en matière d’infrastructures

La Commission croit fermement que le gouvernement fédéral doit collaborer avec ses homologues provinciaux et territoriaux pour élaborer une stratégie nationale relative aux infrastructures sportives. Nous avons constaté une absence de vision et de stratégie en ce qui concerne les infrastructures sportives au Canada. Nous soulignons l’importance d’une stratégie collective pour déterminer quelles installations doivent être construites ou rénovées. La stratégie devrait inclure des mécanismes coopératifs de collecte de données afin de pouvoir évaluer et faire le suivi des besoins en infrastructures sportives. Une approche planifiée et collaborative du financement de ces projets est nécessaire. Nous reconnaissons également l’importance d’avoir des stratégies provinciales et territoriales distinctes en matière d’infrastructures sportives.

Étant donné le rôle central des municipalités dans le développement des infrastructures sportives et la mise en œuvre des programmes de sport, il est important qu’elles participent de manière appropriée à l’élaboration des stratégies afin de rendre la collaboration encore plus efficace. Les gouvernements devraient également collaborer avec les groupes autochtones pour améliorer l’accès aux installations dans les communautés autochtones.

La stratégie nationale de collaboration devrait répondre aux préoccupations suivantes en matière d’infrastructures sportives :

Améliorer l’accès aux installations sportives permet de créer des espaces physiques qui sont nécessaires au fonctionnement des programmes. De meilleures infrastructures rendent les programmes plus accessibles et plus inclusifs, ce qui permet à un plus grand nombre de Canadiennes et de Canadiens de participer au sport et à l’activité physique, et d’en profiter. Le financement du système sportif a également une incidence sur l’accessibilité des programmes sportifs. Les appels à l’action de la Commission en matière de financement sont abordés au chapitre 15.

Appels à l’action

La Commission lance les appels à l’action suivants, demandant que :

  1. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, élabore une stratégie nationale sur les infrastructures sportives. La stratégie devrait inclure des mécanismes de coopération pour évaluer et faire le suivi des besoins en infrastructures sportives et pour envisager un meilleur accès aux installations existantes, en particulier les écoles, afin de favoriser la participation au sport.
  2. Le gouvernement du Canada augmente le financement qu’il alloue au développement et à la revitalisation des infrastructures sportives.
  3. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, crée un programme consacré aux infrastructures sportives.
  4. Le gouvernement du Canada exige qu’un pourcentage du financement qu’il fournit aux provinces et aux territoires pour l’aménagement des infrastructures soit consacré au développement et à la revitalisation d’infrastructures sportives.

Les obstacles au sport et à l’activité physique pour les groupes méritant l’équité

Au Canada, de nombreuses personnes se heurtent à des obstacles supplémentaires à la participation. Ces obstacles trouvent leur origine dans la discrimination systémique et individuelle. Selon des universitaires, le sport canadien a toujours été conçu par et pour des hommes blancs cisgenres, hétérosexuels et n’étant pas en situation de handicapNote de bas de page 739. Le sexisme, le capacitisme (la discrimination fondée sur le handicap), le racisme, l’homophobie et la transphobie continuent de limiter les personnes qui ont la possibilité de participer et de réussir dans le sport.

Les membres des groupes méritant l’équité, notamment les femmes, les personnes en situation de handicap, les personnes racisées, les Autochtones et les personnes s’identifiant comme des membres des communautés 2ELGBTQI+, n’ont pas le même accès au sport que le groupe dominant.

Dans le sondage de la Commission, une part importante des répondants qui ont répondu à des questions sur l’amélioration du système sportif au Canada ont identifié les obstacles limitant la participation des groupes méritant l’équité (32,3 %) et le manque d’environnements inclusifs qui favorisent l’appartenance et le respect (29,9 %) comme étant les enjeux les plus pressants liés à la participation au sport organisé au Canada.

Une plus grande proportion de répondants autochtones (42,0 %), racisés (50,2 %), qui s’identifie comme des personnes en situation de handicap (48,6 %) et issus des communautés 2ELGBTQI+ (52,0 %) ont indiqué que les obstacles limitant la participation des groupes méritant l’équité étaient l’enjeu le plus pressant. Le manque d’environnements inclusifs a été identifié comme un enjeu pressant par presque la moitié des répondants issus des communautés 2ELGBTQI+ (48,6 %), de répondants s’identifiant comme des personnes en situation de handicap (45,7 %) et de répondants résidant dans les territoires canadiens (47,4 %).

Nous examinons ci-dessous des obstacles liés à la participation au sport de différents groupes méritant l’équité. Bien que nous discutions séparément des obstacles à la participation, nous reconnaissons que les taux de participation sont influencés par divers facteurs qui s’entrecroisent. Ces facteurs comprennent notamment la situation géographique et économique, ainsi que d’autres facteurs tels que le sexe, la race, l’origine ethnique, la religion, l’âge et les incapacités mentales ou physiques.

Les obstacles rencontrés par les femmes et les filles

La discrimination fondée sur le sexe persiste et continue de limiter la participation des femmes au sportNote de bas de page 740. De nombreuses femmes et filles se heurtent à des obstacles pour participer au sport, notamment la discrimination fondée sur leur sexe et la prévalence de stéréotypes qui nuisent à leur participation et à leur avancement au sein des organismes sportifsNote de bas de page 741. De nombreux aspects du sport et de l’activité physique correspondent par ailleurs aux préférences des hommes et des garçons, comme la conception de l’équipement et les méthodes d’entraînementNote de bas de page 742. Les femmes appartenant à des groupes historiquement marginalisés peuvent faire l’objet de discrimination supplémentaire et d’un accès réduit en raison de leur origine, de leur langue et de leur identitéNote de bas de page 743.

Au fil des ans, diverses initiatives et organisations ont cherché à accroître la participation des femmes et des filles au sport. Par exemple, Femmes et sport au Canada, un organisme de services multisports, travaille avec des organismes sportifs et d’autres types d’organismes pour améliorer la participation des femmes au sportNote de bas de page 744. Certains organismes communautaires de sport proposent également des programmes sportifs expressément destinés aux femmes et aux filles. Divers gouvernements, y compris le gouvernement fédéral, ont aussi créé différents programmes et subventions au fil des ans afin de soutenir la participation des femmes et des fillesNote de bas de page 745.

Les perspectives des participants — femmes et filles

La Commission a pris connaissance des multiples enjeux auxquels les femmes et les filles doivent faire face dans le domaine sportif. Plusieurs d’entre elles nous ont dit que les environnements sportifs peuvent être peu accueillants pour les femmes et les filles, ces environnements demeurants dominés par les hommes. L’absence d’expériences de qualité pour les filles a été mentionnée comme un obstacle à la participation. Il a également été noté que les dirigeants sportifs ne sont pas équipés pour répondre aux besoins des filles. Moins de la moitié des entraîneurs reçoivent une formation sur la manière de créer des occasions sportives de qualité pour les fillesNote de bas de page 746.

Nous avons appris que les organismes sportifs sont mal équipés pour soutenir les athlètes, y compris ceux de haut niveau, qui souhaitent fonder une famille ou qui sont déjà parents. De nombreuses athlètes ont déclaré que la grossesse n’était pas bien accueillie dans le monde du sport. D’autres ont souligné à quel point il était difficile pour les femmes ayant des familles de trouver le temps de faire du sport, et que leur situation était souvent mal comprise. De plus, bien qu’il y ait un nombre croissant de programmes sportifs pour les filles, on nous a dit qu’il y avait très peu de programmes locaux pour les femmes âgées de 18 ans et plus.

Les obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap

Les personnes en situation de handicap font face à des obstacles systémiques de longue date qui les empêchent d’accéder à des sports sécuritaires, accueillants et inclusifs. Les personnes en situation de handicap manquent d’occasions pour participer au sport, compétitionner et agir comme entraîneurs. Elles demeurent sous-représentées dans le système sportif canadien.

Les obstacles systémiques comprennent l’inaccessibilité des installations et des transports, la non-disponibilité d’équipements adaptés et le manque d’organisations proposant des programmes inclusifs pour les personnes en situation de handicap. Les adultes et les parents d’enfants en situation de handicap ne connaissent pas toujours les programmes sportifs qui leur sont accessibles ni s’il existe des programmes adaptés à leurs besoinsNote de bas de page 747. Il a également été noté que les athlètes en situation de handicap peuvent avoir de la difficulté à trouver des entraîneurs spécialisésNote de bas de page 748. Il y a aussi un manque de dirigeants sportifs confiants en matière de handicap. La discrimination, le capacitisme, l’exclusion et la persistance de stéréotypes négatifs réduisent par ailleurs les occasions de participationNote de bas de page 749.

Au Canada, le sport pour les personnes en situation de handicap est offert par un vaste réseau d’organismes de parasport et de sport pour les personnes en situation de handicap. Les organismes de sport pour les personnes en situation de handicap comprennent Olympiques spéciaux Canada et ses sections provinciales et territoriales, ainsi que l’Association des sports des Sourds du Canada et ses associations provinciales de sports des Sourds. Le chapitre 5 traite plus en détail des organismes de parasport et de sport pour les personnes en situation de handicap.

Le Comité paralympique du Canada défend une véritable inclusion des personnes en situation de handicap au sein du système sportif canadien et promeut des communautés inclusives grâce au pouvoir du sport paralympiqueNote de bas de page 750. Le Comité paralympique du Canada apporte une aide financière aux organismes locaux de parasport dans tout le pays par l’intermédiaire du Fonds de développement du sport paralympiqueNote de bas de page 751.

L’Alliance de vie active pour les Canadiens et Canadiennes ayant un handicap a pour mission de soutenir les communautés et les organismes afin d’accroître la participation des personnes en situation de handicap à l’activité physique, aux loisirs et au sport communautaireNote de bas de page 752. L’Alliance milite pour des changements systémiques visant à éliminer les obstacles à l’activité physique, aux loisirs et au sport communautaireNote de bas de page 753. Ce travail comprend la promotion d’une planification, de politiques, de programmes et de services inclusifs.

Les perspectives des participants — personnes en situation de handicap

Il a été signalé que le capacitisme ainsi que la présence de préjudices répandus ont contribué à réduire les niveaux de participation sportive des personnes en situation de handicap. Les athlètes en situation de handicap subissent plus de préjudices que les athlètes n’étant pas en situation de handicap, notamment des préjudices liés au capacitisme.

L’inaccessibilité constitue un obstacle important à la participation. Il a été porté à notre attention que des personnes en situation de handicap sont fréquemment obligées de s’entraîner, de participer à des compétitions, de voyager, de travailler et d’être hébergées dans des installations inaccessibles. Cette situation s’expliquerait par le manque de solutions de rechange, notamment dans les petites localités, ou par les décisions prises par des entraîneurs et des administrateurs qui ne sont pour la plupart pas en situation de handicap. Les athlètes en situation de handicap peuvent en subir des préjudices physiques et être laissés de côté.

Le manque de choix en matière de programmes, d’entraîneurs et de personnel d’entraînement constitue un autre obstacle pour les athlètes en situation de handicap. Des participants ont noté que les athlètes ruraux en situation de handicap ont rarement accès à des programmes appropriés à l’échelle locale. Il a été signalé que des personnes en situation de handicap se trouvent parfois dans l’impossibilité de quitter des environnements non sécuritaires, aucun autre programme ne leur étant offert.

Des participants ont répété à plusieurs reprises que les personnes en situation de handicap ont le droit d’avoir un accès sécuritaire et réel à ce qu’ils appellent les programmes sportifs « conventionnels » et les programmes intégrés. Bien que les programmes sportifs « conventionnels » puissent offrir un plus grand choix de sports, certains s’inquiètent du peu de considération ou d’attention accordées à la participation sécuritaire des personnes en situation de handicap dans ces contextes. Des participants ont souligné que plusieurs organismes nationaux de sport n’élaborent pas de programmes propres au parasport et accordent plutôt la priorité aux athlètes n’étant pas en situation de handicap pour tout ce qui concerne l’accès à l’entraînement, aux entraîneurs, aux infrastructures et aux ressources financières.

Nous avons été informés que les décisions prises au sein des programmes destinés aux athlètes en situation de handicap sont habituellement prises par des personnes n’étant pas en situation de handicap. Autant dans le contexte du sport « conventionnel » que dans celui du sport pour les personnes en situation de handicap, la majorité des administrateurs, des membres des conseils d’administration et des entraîneurs qui prennent les décisions touchant la sécurité des personnes en situation de handicap ne sont pas eux-mêmes en situation de handicap. Nous avons entendu comment cela peut entraîner des pratiques et des politiques sportives bien intentionnées, mais qui diminuent involontairement la sécurité et la participation des athlètes en n’étant pas basées sur les besoins réels des athlètes en situation de handicap.

Les obstacles rencontrés par les personnes racisées

Les personnes racisées continuent de rencontrer des obstacles importants qui limitent leur accès et leur participation au sport. Il a été reconnu que les personnes issues de communautés racisées et ethnoculturelles sont sous-représentées de manière disproportionnée dans les activités sportives et physiques. Des obstacles structurels ou procéduraux, notamment le fait que ces activités ne sont pas toujours culturellement significatives, contribuent à cette réalité. Il est indéniable que la discrimination raciale est présente dans les lieux de sport et d’activité physique et qu’elle constitue un obstacle à la participation.

Un rapport de Statistique Canada datant de 2024 indique que 25 % des Canadiennes et des Canadiens estiment que le racisme et la discrimination sont des problèmes dans les sports communautaires. Parmi les personnes ayant pratiqué un sport, 18 % ont déclaré avoir été victimes ou témoins d’un traitement injuste, de racisme ou de discrimination dans le sport. La race ou la couleur de peau était la cause de discrimination la plus souvent citéeNote de bas de page 754. Il est clairement établi que les groupes racisés courent un risque plus élevé de subir diverses formes de préjudice et de discriminationNote de bas de page 755. Le « Change the Game Research Project » (le projet de recherche « changer le jeu »), lancé par la Fondation MLSE, a démontré que plus d’un jeune noir sur trois, un jeune autochtone sur quatre et un jeune racisé sur cinq déclarent avoir directement vécu du racisme dans le sport en OntarioNote de bas de page 756. Selon le « Change the Game Research Project 2.0 » (le projet de recherche « changer le jeu » 2.0), achevé l’année suivante, 82 % des jeunes ont déclaré ne pas avoir de personne à qui ils peuvent parler de leurs expériences de racisme ou de discrimination dans le sportNote de bas de page 757.

Des enjeux systémiques ont été clairement identifiés dans le sport, comme la sous-représentation des personnes racisées parmi les entraîneurs et dans les postes d’autoritéNote de bas de page 758. Le rapport de Bon départ sur la situation des sports destinés aux jeunes au Canada de 2025 indique qu’environ 25 % des jeunes noirs, autochtones et métis signalent que leurs entraîneurs ne leur ressemble « presque jamais » comparativement à 13 % chez les jeunes blancsNote de bas de page 759. Les pratiques d’embauche et de recrutement peuvent être inéquitables. Les athlètes, entraîneurs et administrateurs racisés peuvent aussi être écartésNote de bas de page 760. Le manque de politiques institutionnelles pour lutter contre le racisme est aggravé par un manque général de formation et de sensibilisation des entraîneurs et des dirigeants sur la manière de prévenir et de traiter les incidents racistes et discriminatoiresNote de bas de page 761.

Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre à travers le pays pour promouvoir la participation et lutter contre le racisme. Certains organismes locaux offrent aux membres des communautés racisées la possibilité de participer au sport et à l’activité physique à l’échelle communautaire.

D’autres organismes cherchent à lutter contre le racisme en sensibilisant le public et en proposant de l’information et des ressources en matière de lutte contre le racisme. L’Association canadienne des entraîneurs, par exemple, a produit un module d’apprentissage en ligne et des ressources sur l’antiracisme et l’encadrement sportif. L’Association a en effet travaillé avec une équipe de conseillers experts pour élaborer le module d’apprentissage en ligne intitulé « Lutte contre le racisme dans l’entraînement », qui a été lancé en 2022Note de bas de page 762. L’organisme Antiracisme dans le sport Canada propose des ressources, un modèle de politique contre le racisme et un atelier intitulé [traduction] « Le sport n’est pas un terrain de jeu égal : Introduction à la littératie et à l’action antiracistes »Note de bas de page 763.

En 2024, le réseau Inclusion dans le réseau sportif canadien a lancé le programme « Franc jeu », une boîte à outils pour la lutte antiraciste dans le sport. Cette boîte à outils a été créée en collaboration avec un groupe d’experts en matière de diversité et d’inclusion, des athlètes qui ont fait l’expérience directe du racisme et des organismes sportifs qui se sont engagés à changer les chosesNote de bas de page 764. Elle comprend une variété de ressources destinées à soutenir les organismes dans leurs efforts en matière de lutte contre le racisme, d’inclusion et de réconciliation avec les peuples autochtones, ainsi que d’inclusion des personnes issues des communautés 2ELGBTQI+.

Sport Canada a déjà reconnu les effets profonds et durables du racisme systémique sur le sport au Canada. Lors de leur Conférence de 2025, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs ont demandé aux fonctionnaires d’examiner comment les gouvernements peuvent faire avancer les travaux visant à lutter contre le racisme et à la discrimination dans le sport au CanadaNote de bas de page 765.

Sport Canada a déjà offert un financement aux organismes sportifs pour soutenir l’équité, la diversité et l’inclusionNote de bas de page 766. Il s’agissait d’un financement de projet à court terme, ce qui a fait l’objet de critiques. Voir le chapitre 15 pour de plus amples informations sur le financement.

De manière plus générale, le gouvernement du Canada a élaboré une stratégie intitulée « Changer les systèmes pour transformer des vies : la stratégie canadienne de lutte contre le racisme 2024-2028 ». Cette stratégie vise à lutter contre le racisme systémique et à rendre les communautés plus inclusivesNote de bas de page 767.

Les perspectives des participants — personnes racisées

Des participants ont raconté leurs expériences de racisme et de discrimination dans le milieu sportif. Ces expériences les ont parfois amenés à se retirer de leur sport.

Le racisme prend différentes formes, certaines étant moins évidentes. Des participants ont raconté des expériences de violence verbale. On nous a fait part de remarques discriminatoires, d’insultes et de micro-agressions. Certains participants se sont fait dire qu’ils avaient été choisis pour faire partie d’une équipe ou pour occuper un poste de direction uniquement en raison du « besoin de diversité ». La diversité symbolique a été mentionnée comme un enjeu important. Des participants ont signalé que, dans les sports où les personnes blanches sont majoritaires, les personnes racisées faisaient face à des stéréotypes selon lesquelles elles ne correspondent pas à l’image perçue de ce qu’un athlète devrait être.

Beaucoup ont fait remarquer que le racisme n’est pas traité de manière suffisante. Des participants ont proposé plusieurs mesures pour lutter concrètement contre le racisme dans le sport, notamment la formation obligatoire en matière de lutte contre le racisme pour tous les participants au sport, les efforts de sensibilisation à la lutte contre le racisme et la prise en compte des inégalités structurelles liées à la pauvreté et à l’accès. Certains ont suggéré que les organismes sportifs devraient tous adopter des politiques de tolérance zéro en matière de racisme. D’autres ont souligné l’importance de collaborer avec des organismes locaux qui exercent leurs activités dans des communautés diversifiées. Plusieurs ont insisté sur la nécessité de lutter contre le racisme d’un point de vue systémique, tant à l’échelle locale que nationale. Ces participants ont suggéré qu’il devrait y avoir un meilleur accès aux informations pour aider les organismes à lutter contre le racisme, y compris le racisme anti-Noirs.

Pour de nombreux participants aux activités de mobilisation de la Commission, il y a un manque flagrant de représentation des personnes racisées qui participent au sport, y compris parmi les athlètes, les entraîneurs et les dirigeants. Ces participants ont expliqué qu’il était difficile de regarder autour d’eux dans une salle et de constater que personne ne leur ressemble. Des personnes racisées siégeant à des conseils ont raconté que leur expérience et leurs compétences avaient été ignorées ou remises en question en raison de la couleur de leur peau. On nous a aussi dit que les personnes de couleur étaient évincées des conseils d’administration.

Plus positivement, on nous a dit qu’un leadership représentatif encourage d’autres personnes à s’engager dans le sport et peut contribuer à créer des environnements accueillants. Le fait d’avoir un siège à la table des décisions est considéré comme un moyen efficace d’opérer des changements.

Par ailleurs, bien que les populations minoritaires manifestent un intérêt envers la participation au sport et aux activités de loisir, celles-ci demeurent inaccessibles du nombre limité d’installations, de programmes et de services qui répondent à leurs besoins culturels, sociaux et religieuxNote de bas de page 768.

Les obstacles rencontrés par les nouveaux arrivants

Le sport peut être un vecteur important et accueillant d’intégration des nouveaux arrivants dans leurs communautés localesNote de bas de page 769. Les nouveaux arrivants se heurtent à plusieurs obstacles lorsqu’ils envisagent de pratiquer un sport ou une activité physique. De multiples facteurs, dont les barrières linguistiques, le racisme, la discrimination, l’exclusion sociale et les différences culturelles s’ajoutent à ces difficultés. Les obstacles financiers, les problèmes de transport, la méconnaissance du sport et le manque d’information peuvent également constituer des obstacles à la participationNote de bas de page 770. Malgré tous ces obstacles, les études indiquent que les nouveaux arrivants sont intéressés par la pratique du sport et de l’activité physiqueNote de bas de page 771.

De nombreux organismes nationaux, provinciaux, territoriaux et communautaires de partout au Canada, qu’ils se consacrent au sport ou non, ont tendu la main aux nouveaux arrivants et trouvé des moyens de leur permettre de participer avec succès au sport et à l’activité physiqueNote de bas de page 772. De nombreux organismes fournissent des ressources, de l’aide et de l’information pour rendre le sport et l’activité physique plus accessiblesNote de bas de page 773.

Des organismes communautaires de sport et d’autres organisations locales offrent des programmes sportifs culturellement significatifs. D’autres offrent des conseils et un leadership pour aider à réduire les obstacles que rencontrent les nouveaux arrivants. En 2024, la Société du sport pour la vie a publié une ressource qui décrit les obstacles auxquels les nouveaux arrivants peuvent se heurter dans la pratique d’un sport ou d’une activité physique et qui propose des exemples de solutions pour améliorer l’accessibilitéNote de bas de page 774. Néanmoins, une plus grande mobilisation de la part de tous les acteurs est nécessaire pour favoriser la participation, l’inclusion et l’accueil appropriés des nouveaux arrivantsNote de bas de page 775.

Les perspectives des participants — nouveaux arrivants

Le sport est important pour les nouveaux arrivants. Nous avons appris comment le sport permet de créer des liens, une vie communautaire et éventuellement un sentiment d’appartenance. Néanmoins, pour la plupart des nouveaux arrivants, la probabilité d’accéder au sport de compétition est très faible en raison du racisme et de la discrimination au sein du système sportif ainsi que d’autres obstacles à la participation.

Des nouveaux arrivants nous ont fait part des obstacles qu’ils rencontrent, notamment les obstacles financiers que représentent les frais d’inscription aux activités sportives pour les jeunes, les enjeux de distance et de transport, ainsi que la dépendance à l’égard du transport collectif. D’autres ont souligné qu’en arrivant au Canada, ils doivent s’adapter à de nouvelles normes sociales et à de nouveaux systèmes qui ne leur sont pas familiers. On nous a indiqué que la procédure pour s’inscrire à un sport peut être compliquée et frustrante. Les barrières linguistiques peuvent également contribuer à l’inaccessibilité du sportNote de bas de page 776.

Pour surmonter ces obstacles, des participants ont suggéré que les organismes sportifs devraient simplifier leurs processus d’inscription, collaborer avec les agences d’établissement et travailler avec des interprètes pour surmonter les barrières linguistiques. Nous avons toutefois été invités à reconnaître qu’il n’existe aucune approche universelle.

Certains ont suggéré que les politiques et les programmes de sport soient plus étroitement alignés sur les services et les programmes d’immigration afin d’aider les nouveaux arrivants à comprendre les occasions offertes par le sport et les démarches nécessaires pour inscrire leurs enfants à différents programmes. On nous a indiqué que les organismes provinciaux et territoriaux de sport pourraient collaborer plus étroitement avec les organismes de sport qui desservent des groupes marginalisés afin d’accroître l’accessibilité au sport, tout en soutenant les nouveaux arrivants de manière plus active. On nous a mentionné que des ressources supplémentaires devraient être allouées aux organismes sportifs et aux programmes qui facilitent l’intégration, la cohésion sociale et le bien-être des populations de réfugiés et de nouveaux arrivants.

Les obstacles rencontrés par les personnes issues des communautés 2ELGBTQI+

L’accès au sport pour les personnes issues des communautés 2ELGBTQI+ reste inégal, notamment en raison d’un manque d’espaces inclusifs et sécuritaires. Ces personnes se heurtent à des obstacles particuliers pour participer à des activités sportives et physiques, qu’il s’agisse du manque de vestiaires et de toilettes sécuritaires et accessibles, de l’exclusion, de la discrimination, des propos hostiles ou de la violenceNote de bas de page 777.

Comme l’a souligné Égale Canada, les personnes 2ELGBTQI+ continuent de subir de l’exclusion et de la violence dans les environnements sportifs, et ce, à tous les niveauxNote de bas de page 778. La Déclaration de consensus 2024 du CIO sur la protection et la violence interpersonnelle dans le sport, publiée par le Comité international olympique, a noté que les athlètes lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queers+ subissent davantage de violence interpersonnelle dans le sportNote de bas de page 779. Les actes d’homophobie implicites et explicites sont courants dans les organismes sportifs et empêchent la participation au sport des personnes issues des communautés 2ELGBTQI+Note de bas de page 780. Une étude réalisée en 2017 auprès de 1 008 athlètes canadiens a révélé que 30 % des athlètes hétérosexuels, 67 % des athlètes lesbiennes, gais et bisexuels, et 85 % des athlètes transgenres avaient vécu au moins un incident homophobeNote de bas de page 781.

Des organismes sportifs et d’autres organisations ont généré des occasions favorables et créé des outils et des ressources pour soutenir l’inclusion des personnes 2ELGBTQI+ dans le sportNote de bas de page 782. Égale Canada cherche expressément à faire progresser l’égalité pour les personnes 2ELGBTQI+ au Canada. L’organisme a créé le guide intitulé « Inclusion 2SLGBTQI dans le sport : Guide pour faire tomber les barrières ». Ce guide recense des barrières et différents types de discrimination qui existent spécifiquement dans le sport et fournit des conseils et des astuces pour favoriser l’inclusionNote de bas de page 783. Égale Canada fournit également une liste de ligues et de clubs sportifs de partout au pays qui incluent activement les personnes 2ELGBTQI+ et leur offrent un espace sécuritaireNote de bas de page 784.

En Colombie-Britannique, viaSport a créé le guide intitulé Inclusion in Sport Coaching Resource (la ressource pour les entraîneurs sur l’inclusion dans le sport) afin d’aider les entraîneurs à créer des espaces sécuritaires pour leurs participants, en particulier ceux et celles qui s’identifient comme 2ELGBTQI+Note de bas de page 785. Des occasions réelles de participation au sport pour les personnes issues des communautés 2ELGBTQI+ sont par ailleurs offertes par des organismes et clubs sportifs locaux qui sont dirigés par des personnes appartenant à ces communautésNote de bas de page 786.

Les perspectives des participants — personnes 2ELGBTQI+

Nous avons appris que de nombreux participants 2ELGBTQI+ ont quitté le sport après avoir vécu de l’homophobie et de la transphobie. Certains participants ont déclaré que l’homophobie était normalisée dans le sport et qu’elle demeurait un problème systémique.

On nous a fait part des propos homophobes et transphobes fréquemment utilisés dans les vestiaires et les autres espaces liés au sport. Des athlètes nous ont dit qu’ils étaient souvent la cible d’insultes homophobes. Des personnes trans et de diverses identités de genre ont subi différentes formes de transphobie, notamment le phénomène de la « police du genre »Note de bas de page 787 dans les vestiaires et d’autres installations sportives, ainsi que des propos discriminatoires et des actes de violence. Il nous a été indiqué que certains participants ne se sentaient pas en sécurité à l’idée de vivre ouvertement leur orientation sexuelle dans le sport, tandis que d’autres ont été invités à la dissimuler. En fin de compte, de nombreuses personnes 2ELGBTQI+ ont affirmé ne pas se sentir en sécurité dans le milieu du sport.

Des organisations et des ligues locales ont été créées par et pour les athlètes queers. Des participants ont indiqué que ces organisations mettent l’accent sur l’inclusion, la socialisation et la création d’un environnement sécuritaire pour les athlètes 2ELGBTQI+. Nous avons appris qu’il y avait quelque chose d’unique et d’émancipateur dans ces ligues, où les participants se sentent reconnus et peuvent être pleinement eux-mêmes. Des participants nous ont dit que ces organisations avaient de la difficulté à obtenir du financement et à avoir accès à des installations de qualité. D’autres organisations ont éprouvé des difficultés à trouver des arbitres, des juges et des officiels qui acceptent de participer à leurs ligues.

Les obstacles rencontrés par les personnes autochtones

Dans les chapitres précédents, nous avons souligné le rôle essentiel que joue le sport dans l’identité des communautés autochtones. Des Autochtones nous ont appris que le sport rassemble les communautés et favorise la santé, le bien-être et la fierté. Le sport peut être considéré comme un outil de réconciliation et de résurgence culturelle.

L’accès au sport et à l’activité physique pour les personnes autochtones, y compris les perspectives des participants sur cet accès, est abordé plus en détail au chapitre 6. Il est toutefois important de reconnaître que de nombreux obstacles limitent spécifiquement l’accès au sport pour les personnes autochtones.

Les recherches démontrent que les personnes autochtones continuent d’être la cible de racisme manifeste et systémique dans le sport. Les jeunes autochtones sont victimes d’insultes raciales, de stéréotypes, d’aliénation, de discrimination institutionnelle et d’autres formes de racisme qui les empêchent de faire du sportNote de bas de page 788. Le manque d’installations ou de programmes sportifs culturellement appropriés dans la plupart des communautés autochtones, le coût de la participation et les frais de déplacement élevés (de nombreuses personnes devant se rendre à l’extérieur de leur communauté pour pratiquer un sport) limitent par ailleurs l’accès au sport. Les communautés autochtones soulignent ces obstacles depuis de nombreuses années.

Dans son examen du système sportif canadien, le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a déclaré « qu’il reste du travail à faire pour que les Autochtones puissent participer pleinement au système sportif canadien »Note de bas de page 789.

Le chapitre 6 présente les perspectives des personnes qui ont participé aux travaux de la Commission en ce qui concerne les obstacles à la pratique du sport et de l’activité physique chez les Autochtones.

Les perspectives des participants sur les efforts visant à augmenter l’accessibilité pour les groupes méritant l’équité

Les occasions de participer à des activités sportives et physiques ne sont pas équitables. Bien que d’importants progrès aient été réalisés pour rendre le sport plus accessible, les participants au sport au Canada continuent de se heurter à des obstacles structurels et systémiques qui limitent ou empêchent la participation. Plusieurs ont fait remarquer que les inégalités et les obstacles à la participation et aux occasions favorables sont en croissance. Il a été mentionné qu’une attention accrue à l’équité, à la diversité et à l’inclusion est nécessaire pour garantir un sport accessible à tous et toutes.

Les inégalités croissantes dans le monde du sport vont à l’encontre du large consensus des participants selon lequel l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens — indépendamment de l’âge, du sexe, de l’orientation sexuelle, des capacités, de la culture, de l’appartenance ethnique ou autochtone, de la race ou du milieu socioéconomique — devraient avoir un accès égal au sport et aux activités physiques. De nombreux participants estiment que l’accès au sport et aux loisirs devrait être un droit pour tous les citoyens. Ils nous ont également indiqué que le droit de participer devrait influencer les politiques et les actions du gouvernement, y compris l’attribution du financement. Nous avons entendu un message très clair selon lequel il est fondamental de veiller à ce que les personnes qui font partie de groupes sous-représentés ou méritant l’équité se sentent accueillies et en sécurité dans le milieu sportif.

Il nous a été constamment indiqué que les gouvernements et les organismes sportifs doivent veiller à ce que le sport soit plus inclusif et accessible pour les groupes marginalisés. Il nous a aussi été indiqué qu’il était particulièrement important de concentrer les efforts sur l’élimination des obstacles au niveau communautaire, puisque c’est à ce niveau que la majorité des Canadiennes et des Canadiens participent au sport et que presque tous les athlètes amorcent leur parcours sportif.

Nous avons été heureux de constater que des mesures sont prises afin de fournir des fonds et d’accroître la participation au sport et à l’activité physique pour les communautés sous-représentées. Le gouvernement fédéral propose des programmes de financement visant à réduire les obstacles à la participation, à savoir l’initiative « Le sport communautaire pour tous » de Sport Canada et le « Fonds pour la santé des Canadiens et des communautés » de l’Agence de la santé publique du CanadaNote de bas de page 790.

Nombreux sont ceux qui ont applaudi l’initiative « Le sport communautaire pour tous » de Sport Canada et ont insisté sur la poursuite de ce type de programmes. La nécessité d’avoir des espaces accueillants et culturellement appropriés a été soulignée. Des participants ont souligné la nécessité d’investir davantage dans des programmes sportifs communautaires pour les personnes en situation de handicap, aux personnes autochtones, aux personnes racisées, aux femmes et aux personnes 2ELGBTQI+. D’autres ont soutenu la nécessité d’implanter des programmes sportifs ciblés et à faible coût destinés aux populations vulnérables qui pourraient grandement tirer profit de ce type d’expériences sportives.

Il nous a également été mentionné qu’une attention accrue à l’équité, à la diversité et à l’inclusion au sein du système sportif était nécessaire pour garantir l’accessibilité du sport pour tous. Certains ont avancé l’idée selon laquelle offrir de meilleures occasions aux groupes marginalisés pour qu’ils occupent des postes de leadership favoriserait un environnement sportif plus sain, plus accessible et plus diversifié au Canada.

Nous avons appris que si des politiques significatives en matière d’équité, de diversité et d’inclusion peuvent témoigner d’un véritable engagement à promouvoir de tels objectifs, elles sont souvent dépourvues d’actions ou de plans concrets pour remplir leurs engagements en matière d’inclusion. Dans certains cas, les politiques peuvent elles-mêmes reproduire des mécanismes d’exclusion. Les personnes issues de groupes méritant l’équité continuent de subir l’exclusion, l’effacement, le déni et l’ignorance lorsqu’elles s’engagent dans le système sportif canadien, non pas toujours en dépit de ces politiques, mais parfois à cause d’ellesNote de bas de page 791.

Des participants ont noté que Sport UK dispose d’une stratégie consacrée à l’équité, la diversité et l’inclusion dans le sportNote de bas de page 792. Les exigences pour les organismes sportifs nationaux en la matière sont liées au financement et inscrites dans le « Code for Sport Governance » (le code pour la gouvernance dans le sport). Nous examinons ce modèle plus en détail au chapitre 14. D’autres ont souligné que le système sportif en Nouvelle-Zélande était plus accueillant pour les femmes et les filles et plus inclusif à l’égard des personnes autochtones que le système sportif canadien.

Appels à l’action: améliorer l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité dans le sport

La Commission reconnaît que de nombreux nouveaux arrivants, de nombreuses Canadiennes et de nombreux Canadiens appartenant à des groupes méritant l’équité continuent de se heurter à des obstacles supplémentaires qui s’entrecroisent et qui limitent la participation au sport. Le harcèlement, la discrimination et les inégalités systémiques contribuent tous à créer des environnements sportifs non sécuritaires et à en limiter l’accès. Une attention soutenue sur l’équité, la diversité et l’inclusion est donc nécessaire pour que le sport et l’activité physique soient sécuritaires et accessibles à tous et toutes.

À la lumière de nos travaux, la Commission estime que le racisme, la discrimination et les traitements inéquitables persistent dans le sport canadien et demeurent en grande partie non résolus. Les occasions de participer à des activités sportives et physiques ne sont pas équitables.

Bien qu’il soit généralement reconnu que des progrès importants ont rendu le sport plus accessible, les participants au Canada continuent de faire face à des obstacles structurels, systémiques et sociaux qui limitent ou empêchent leur participation. Les inégalités et les obstacles à la participation et aux possibilités sont en croissance. Cette réalité a été universellement reconnue par les gouvernements, les organismes sportifs et les participants au sport.

Nous saluons la décision des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’avoir demandé à leurs fonctionnaires d’examiner comment les gouvernements peuvent faire avancer les travaux visant à lutter contre le racisme et à la discrimination dans le sport au CanadaNote de bas de page 793. Ce travail doit être réalisé en priorité, avec l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie concrète pour parvenir à des changements réels et durables. Sport Canada ne possède aucune stratégie consacrée à la lutte contre le racisme, l’équité, la diversité et l’inclusion.

Améliorer l’inclusivité et l’accessibilité du sport constitue un enjeu complexe qui exige une approche multidimensionnelle. Les participants ont souligné l’importance de l’éducation, de mettre en place des politiques appropriées, de fournir un financement pour soutenir un accès équitable au sport, d’améliorer les pratiques de gouvernance et, par-dessus tout, de créer des environnements sportifs sécuritaires et accueillants.

L’éducation, la gouvernance et les politiques d’équité, de diversité et d’inclusion

La Commission estime que l’équité, la diversité et l’inclusion sont essentielles pour créer des environnements sportifs sécuritaires, accueillants et accessibles.

Bien que certains organismes nationaux de sport, organismes multisports et organismes provinciaux et territoriaux de sport aient adopté des stratégies pour lutter contre le racisme et promouvoir l’équité, la diversité et l’inclusion, il n’existe actuellement aucune structure d’imputabilité ou de signalement. Ces stratégies mentionnent souvent très peu, voire pas du tout, la manière dont elles aideront ou soutiendront les membres des communautés 2ELGBTQI+.

De nombreux participants ont souligné l’importance de l’éducation comme outil de promotion de l’équité, de la diversité et de l’inclusion dans le sport. Certains ont suggéré que la formation sur la lutte contre le racisme et sur l’inclusion devrait être obligatoire pour les membres des conseils d’administration, les entraîneurs, le personnel et les athlètes.

La Commission reconnaît l’importance fondamentale de la diversité dans les structures dirigeantes du sport. On nous a constamment souligné l’importance de la représentation au sein du leadership sportif, notamment parmi les entraîneurs, le personnel et les conseils d’administration. Au chapitre 14, qui traite de la gouvernance des organismes de sport, nous avons lancé des appels à l’action au sujet de la diversité des conseils d’administration.

La diversité et l’inclusion doivent se traduire par des résultats mesurables. Le gouvernement fédéral doit donner une orientation claire en matière de diversité, d’équité et d’inclusion. Des normes doivent être fixées pour les organismes sportifs. Ces organismes doivent ensuite être imputables quant au respect des normes. Par conséquent, le gouvernement fédéral devrait établir des normes et veiller à ce que tous les organismes de sport qui reçoivent des fonds fédéraux se conforment aux pratiques exemplaires en matière d’équité, de diversité et d’inclusion. En plus des appels à l’action décrits au chapitre 14 sur la gouvernance des organismes de sport, il faudrait accorder une attention particulière à la représentation, la formation et l’éducation, ainsi qu’aux politiques en matière d’équité, de diversité et d’inclusion.

Le financement de l’accès équitable

On nous a constamment parlé de l’importance d’un financement équitable du sport pour en garantir l’accessibilité. Nous reconnaissons que le système sportif a besoin d’un financement continu, stable et équitable afin de répondre aux besoins des groupes méritant l’équité, notamment les personnes en situation de handicap, les personnes noires, autochtones et de couleur, ainsi que les personnes issues des communautés 2ELGBTQI+. Les appels à l’action de la Commission en matière de financement du sport et de l’activité physique figurent au chapitre 15.

De plus, la Commission reconnaît la recommandation du Comité permanent de la condition féminine selon laquelle le gouvernement du Canada devrait continuer d’investir pour l’équité entre les genres dans le sport, notamment dans des projets visant à réduire les obstacles à la participation des femmes et des filles. Ces obstacles sont notamment :

En réponse à cette recommandation, nous comprenons que Sport Canada financera des projets admissibles qui visent à recruter, former et renforcer les compétences des personnes issues des populations méritant l’équité, ce qui mènera à une augmentation de la participation et de la rétention de ces personnes. Cela les préparera également à assumer des rôles de leadership au sein du système sportif. Nous notons que le financement antérieur visant à soutenir de telles initiatives pour les organismes de sport financés par le gouvernement fédéral a été fourni sous forme de financement de projet. Ce financement s’est avéré insuffisant pour apporter des changements réels et durables au sein des organismes sportifs.

Appels à l’action

La Commission lance les appels à l’action suivants, demandant que :

  1. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, et les groupes méritant l’équité, crée une stratégie nationale sur l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité dans le sport et l’activité physique. Ce rôle devrait être transféré à l’entité sportive centralisée décrite au chapitre 12 une fois qu’elle sera établie.
  2. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les groupes méritant l’équité, crée et met en œuvre des normes obligatoires en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité pour les organismes de sport financés par le gouvernement fédéral. Ce rôle devrait être transféré à l’entité sportive centralisée décrite au chapitre 12 une fois qu’elle sera établie.
  3. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les groupes méritant l’équité, continue de soutenir et d’élargir les initiatives visant à promouvoir l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité dans le sport et l’activité physique, y compris les initiatives qui cherchent à éliminer les obstacles et à accroître la participation au sport et à l’activité physique. Ce rôle devrait être transféré à l’entité sportive centralisée décrite au chapitre 12 une fois qu’elle sera établie.

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2026-03-24