Alcool

L'alcool est une substance psychotrope consommée par 80 % des Canadiens, dans des boissons comme la bière, le vin, les spiritueux et le cidre. Bien que l'alcool soit légal, il présente tout de même des risques pour la santé et la sécurité.

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À propos de l'alcool

Alcool (aussi communément appelé la boisson ou d'autres surnoms) est le nom commun de l'éthanol ou de l'alcool éthylique. L'éthanol pur est un liquide clair et sans couleur qui est combiné à d'autres ingrédients pour fabriquer des boissons alcooliques, comme la bière, le vin et les spiritueux.

Fabrication de l'alcool

La bière, le vin et le cidre sont fabriqués grâce à un procédé de fermentation. La fermentation est un procédé biologique naturel par lequel la levure change le sucre en alcool. Elle permet de fabriquer des boissons dont le contenu en alcool est peu élevé (de 4 à 15 %).

Les spiritueux, comme le gin, le rhum, la vodka et le whisky, sont produits par distillation. Il s'agit d'un procédé industriel qui permet de fabriquer des boissons dont la concentration en alcool est plus élevée (40 % et plus).

Alcool à d'autres fins

Il existe deux autres types principaux d'alcool, qui sont tous les deux impropres à la consommation :

  • l'alcool isopropylique (communément appelé alcool à friction)
    • utilisé dans les agents de stérilisation, comme les désinfectants pour les mains
    • utilisé dans les produits nettoyants et les cosmétiques d'usage quotidien
  • l'alcool méthylique (communément appelé méthanol ou alcool de bois)
    • utilisé dans les dissolvants industriels, l'antigel ou les carburants pour poêles de camping

Fonctionnement de l'alcool

L'alcool active le centre du plaisir dans le cerveau, ce qui procurer une sensation de bien-être, de relaxation, de désinhibition et d'euphorie.

L'alcool est également un dépresseur du système nerveux central. Il ralentit les fonctions cérébrales et le processus de la pensée . Il peut également modifier d'autres fonctions corporelles, comme la respiration et la fréquence cardiaque.

Toutes les boissons alcoolisées ont le même effet. Votre réaction à l'alcool dépend de facteurs comme :

  • la quantité que vous buvez
  • votre sexe et votre âge
  • votre taille
  • la rapidité avec laquelle vous buvez
  • la quantité et le genre d'aliments que vous avez ingérés
  • l'interaction entre les médicaments que vous prenez et l'alcool
  • vos expériences antérieures avec la consommation d'alcool
  • votre état de santé général
  • votre humeur

L'alcool est absorbé dans votre circulation sanguine par votre bouche, votre estomac et vos intestins. La plupart de vos organes et tissus sont exposés à la même quantité d'alcool que votre sang, à l'exception de votre foie, qui y est davantage exposé.

Le temps nécessaire pour que vous ressentiez les effets de l'alcool varie grandement. Cela peut prendre plus de temps si vous buvez en mangeant certains types d'aliments, comme ceux contenant des protéines et des gras. L'effet peut être très rapide si vous buvez avec le ventre vide.

L'alcool continue de circuler dans votre corps jusqu'à ce que votre foie l'élimine. Une certaine quantité d'alcool (10 %) sort de votre corps par l'urine, la transpiration et la respiration.

Consommation standard

Une consommation standard est une mesure de la quantité d'alcool pur que vous buvez. Elle varie selon la concentration d'alcool dans votre verre.

Au Canada, une consommation standard contient 17 millilitres ou 13,45 grammes d'alcool pur, ce qui équivaut à :

  • une bouteille de bière (12 oz, 341 ml, 5 % d'alcool)
  • une bouteille de cidre (12 oz, 341 ml, 5 % d'alcool)
  • un verre de vin (5 oz, 142 ml, 12 % d'alcool)
  • un verre de spiritueux (1.5 oz, 43 ml, 40 % d'alcool)

Lignes directrices du Canada sur la consommation à faible risque

Boire de l'alcool est un choix personnel. La brochure intitulée Directives de consommation d'alcool à faible risque peut vous aider à prendre une décision éclairée en matière de consommation d'alcool. On y recommande notamment d'établir des limites pour vous aider à éviter les risques de dommages chroniques et aigus que la consommation d'alcool présente pour votre santé.

Gardez à l'esprit que :

  • l'intention de ces directives n'est pas d'encourager les Canadiens qui s'abstiennent de boire (pour des raisons culturelles, spirituelles, de santé ou autres) à commencer à le faire
  • ces directives sont axées sur la consommation d'alcool à faible risque et non « sans risque »

Directives sur les limites de consommation

  • Les limites de consommation d'alcool pour les femmes sont les suivantes :
    • pas plus de 2 consommations standards par jour
    • pas plus de 10 consommations standards par semaine
    • pas plus de 3 consommations standards lors d'occasions spéciales
    • pas d'alcool certains jours
  • Les limites de consommation d'alcool pour les hommes sont les suivantes :
    • pas plus de 3 consommations standards par jour
    • pas plus de 15 consommations standards par semaine
    • pas plus de 4 consommations standards lors d'occasions spéciales
    • pas d'alcool certains jours
  • Pour les femmes enceintes :
    • évitez de consommer de l'alcool
  • Les limites de consommation d'alcool pour les jeunes, avec le consentement parental, sont les suivantes :
    • ne pas boire plus de deux fois par semaine
    • ne pas boire plus que 1 à 2 consommations standards par semaine

Réduction des risques chroniques de dommages liés à la consommation d'alcool

Les risque chroniques sont ceux qui se produisent à long terme.

Pour éviter les effets toxiques de la consommation d'alcool, vous pouvez limiter la quantité d'alcool que vous buvez chaque jour et chaque semaine.

Chez les femmes, la consommation de deux verres standards par jour et de 10 verres standards par semaine, avec deux jours de repos (jours sans alcool), peut aider à réduire les effets toxiques de la consommation d'alcool. Chez les hommes, les directives sont d'au plus 3 consommations par jour et d'au plus 15 consommations par semaine, avec deux jours de repos.

Réduction des risques aigus de dommages liés à la consommation d'alcool

Les risques aigus sont les conséquences sur la santé de la consommation excessive à court terme ou en une seule occasion (souvent appelé beuverie ou consommation excessive).

Pour éviter de boire excessivement en une seule occasion, les femmes devraient limiter leur consommation à trois verres en une seule journée et les hommes, à 4 verres en une seule journée.

Effets à court terme sur la santé

Si vous buvez trop d'alcool en une seule occasion (communément appelé une beuverie), vous pourriez ressentir les effets suivants à court terme :

  • comportement impulsif
  • altération de l'attention, de la concentration et du jugement
  • somnolence
  • agressivité et comportement violent
  • temps de réaction ralenti
  • trouble de l'élocution
  • vision double ou trouble
  • rougeurs
  • nausées et vomissements
  • besoin fréquent d'uriner
  • trouble ou perte de mémoire

Une intoxication sévère à l'alcool peut mener à un empoisonnement par l'alcool, ce qui peut entraîner :

  • de la stupeur
  • un coma
  • un arrêt respiratoire
  • la mort

L'alcool peut également modifier les effets d'autres drogues ou substances. La combinaison de l'alcool et d'une autre drogue qui agit comme dépresseur du système nerveux central peut décupler l'effet dépresseur sur le corps. Dans certains cas, cette combinaison peut être dangereuse, voire fatale.

Effets à long terme sur la santé

Si vous buvez trop d'alcool fréquemment, vous risquez de ressentir les effets à long terme suivants :

  • dommages aux organes, notamment :
    • le foie
    • le cerveau
    • le cœur
    • l'estomac
  • risque accru de cancer, notamment :
    • du foie
    • du sein
    • de la gorge
    • de l'estomac
  • pression sanguine élevée
  • résistance réduite aux infections
  • impuissance sexuelle
  • baisse de l'appétit
  • malnutrition et carence en vitamines
  • troubles du sommeil
  • anxiété et dépression, y compris dépression suicidaire
  • irrégularités hormonales et infertilité

Consommation d'alcool durant la grossesse

La consommation d'alcool durant la grossesse peut nuire sérieusement au bébé à naître. Les études montrent que près de 4 % de la population canadienne souffre d'un trouble du spectre de l'alcoolisation fœtale (TSAF). Le TSAF est un terme diagnostic utilisé pour décrire les impacts de l'exposition à l'alcool avant la naissance sur le cerveau et le corps des personnes touchées.

Le TSAF est la principale cause de déficience sur le plan du développement évitable au Canada. On ne connaît pas le nombre exact de personnes atteintes par ce trouble ni au Canada ni ailleurs dans le monde. C'est parce que le TSAF est difficile à diagnostiquer et aussi parce qu'il passe souvent inaperçu.

Toutefois, d'après des études menées de 1985 à 1997, on estime à 1 % (360 000 personnes) le nombre de Canadiens atteints du TSAF. Selon des études plus récentes provenant des É.-U. et d'autres pays d'Europe occidentale portant sur des élèves de première année, on estime que 2 à 5 % d'entre eux seraient atteints du TSAF. Si vous envisagez une grossesse, la meilleure chose à faire est d'arrêter de consommer de l'alcool en prévision de celle-ci. Si vous ne prévoyez pas de grossesse, vous pouvez contribuer à prévenir le TSAF en utilisant adéquatement les :

  • condoms
  • pilules anticonceptionnelles
  • autres méthodes de contraception

Certaines grossesses ne sont pas planifiées et vous pouvez avoir consommé de l'alcool avant de savoir que vous étiez enceinte. Une fois que vous avez appris que vous êtes enceinte, le mieux est d'arrêter immédiatement de boire de l'alcool. Chaque jour sans alcool compte. Si vous êtes préoccupée au sujet des risques pour le fœtus, il est préférable de demander conseil à un fournisseur de soins de santé.

Pour plus d'information sur le TSAF, consultez les documents suivants :

Trouble de l'usage de l'alcool

Les personnes qui boivent trop d'alcool peuvent développer un trouble lié à l'usage de l'alcool (TUA). Comme les autres troubles liés à l'usage de substances, les TUA sont des troubles de santé mentale. Un diagnostic est rendu par la présence de symptômes et de critères précis. La sévérité de la maladie (légère, modérée, sévère) dépend de la quantité de symptômes que présente une personne.

Vérifiez si une personne de votre entourage souffre d'un trouble lié à l'usage de l'alcool

Le questionnaire AUDIT (Alcool Use Disorders Identification Test)[Questionnaire AUDIT pour l'alcool et sa dépendance] est une méthode de dépistage simple et efficace de l'utilisation malsaine de l'alcool (c'est-à-dire la consommation risquée et dangereuse d'alcool ou tout trouble lié à son usage).

Questionnaire AUDIT

  • Au cours de la dernière année, avez-vous connu des périodes où vous avez bu plus ou pendant plus longtemps que prévu?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous souhaité ou essayé plus d'une fois de ralentir votre consommation d'alcool ou d'arrêter de boire, mais en avez été incapable?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous passé beaucoup de temps à boire? Ou à être malade après avoir bu, ou à surmonter les effets résiduels de votre consommation?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous ressenti des envies impérieuses – un fort besoin de boire?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous remarqué que votre consommation d'alcool – ou le fait d'être malade après avoir bu – vous a souvent empêché de bien prendre soin de votre domicile ou de votre famille? Ou qu'elle vous a causé des problèmes au travail ou à l'école?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous continué à boire même si cela entraînait des problèmes avec votre famille et vos amis?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous abandonné ou ralenti la pratique d'activités qui comptaient pour vous ou pour lesquelles vous aviez un intérêt, ou encore qui vous procuraient du plaisir, pour boire?
  • Au cours de la dernière année, lorsque vous buviez ou après avoir bu, vous êtes-vous retrouvé plus d'une fois dans une situation qui a augmenté vos chances de vous blesser (comme conduire, nager, utiliser de la machinerie, marcher dans des aires dangereuses ou avoir des pratiques sexuelles non sécuritaires)?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous continué à boire même si cela entraînait chez vous de la dépression et de l'anxiété, ou aggravait d'autres problèmes de santé? Ou après avoir eu un épisode de perte de mémoire?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous dû boire bien plus qu'auparavant pour obtenir l'effet que vous souhaitiez? Ou avez-vous remarqué que le nombre de verres que vous buviez auparavant avait beaucoup moins d'effets?
  • Au cours de la dernière année, avez-vous remarqué que lorsque les effets de l'alcool disparaissaient, vous ressentiez des symptômes de sevrage, comme des troubles du sommeil, des tremblements, de l'irritabilité, de l'anxiété, de la dépression, de l'instabilité psychomotrice, des nausées ou de la sudation? Ou senti des choses qui n'existaient pas?

Si vous avez répondu oui à deux ou plus de ces questions, vous pourriez avoir des raisons de vous inquiéter de votre consommation d'alcool. Songez à obtenir une aide professionnelle pour effectuer une évaluation formelle et, si nécessaire, pour obtenir des traitements.

Pour plus d'information sur les endroits où obtenir de l'aide en matière de consommation problématique d'alcool, visitez le page de ressources en matière de la consommation problématique de substances.

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