Déclaration commune des coprésidentes du Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes – Nouvelle modélisation du nombre projeté de décès liés aux opioïdes et données nationales actualisées sur la crise des opioïdes

Déclaration

Le 15 décembre 2021 | Ottawa (Ontario) | Agence de la santé publique du Canada

Les coprésidentes du Comité consultatif spécial fédéral-provincial-territorial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, et la Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, ont émis aujourd’hui la déclaration qui suit au sujet de la publication de la nouvelle modélisation du nombre projeté de décès liés aux opioïdes (jusqu’à juin 2022) et des données de surveillance actualisées sur les méfaits liés aux opioïdes et aux stimulants au Canada pour la période allant de janvier 2016 à juin 2021.

Depuis plusieurs années déjà, le Canada connaît une crise des surdoses qui n’a fait que s’aggraver pendant la pandémie de COVID-19. Les dernières données indiquent que le nombre de décès et les hospitalisations liées aux opioïdes sont restés élevés au cours de la première moitié de 2021; chaque jour, il y a eu en moyenne 19 décès et 16 hospitalisations. Plus de la moitié des décès liés aux opioïdes mettaient également en cause un stimulant (cocaïne, méthamphétamine, etc.), ce qui illustre à quel point la crise des surdoses est un phénomène qui concerne plusieurs substances psychoactives.

Les nouvelles projections découlant de la modélisation faite par l’Agence de la santé publique du Canada donnent à penser que le nombre de décès liés aux opioïdes pourrait rester élevé, voire augmenter, au cours des six prochains mois au Canada. Selon ces projections, il semblerait qu’entre 1 200 et 2 000 personnes au pays pourraient perdre la vie chaque trimestre jusqu’en juin 2022. Dans tous les cas de modélisation, les projections soulignent le besoin crucial de mesures additionnelles pour intervenir face à la crise d’opioïdes, afin de prévenir des décès et autres méfaits.

Nous savons que les interventions de santé publique, comme l’accès et la formation à la naloxone, les sites de consommation supervisée et les programmes d’approvisionnement plus sécuritaire, aident à prévenir les décès attribuables aux surdoses. Au nom de nos collègues provinciaux et territoriaux, nous insistons sur l’importance de poursuivre les efforts collectifs pour prévenir les méfaits liés à la consommation de substances et aider les gens qui utilisent des drogues à obtenir le soutien qui convient.

Certes, les interventions axées sur la réduction des méfaits sont essentielles, mais il ne faut pas perdre de vue l’importance des contextes plus larges qui influent sur l’usage de substances. La disponibilité de logements adéquats et abordables pour tous, les liens sociaux dans les collectivités, le développement positif des enfants et des jeunes, et réduction de la stigmatisation et la discrimination — ce sont tous des moyens de prévenir les méfaits liés à l’usage de substances.

Si la crise de surdoses liées aux opioïdes touche les collectivités partout au pays et les gens de tous les horizons, elle est particulièrement importante chez les groupes les plus vulnérables, comme les collectivités de l’Ouest canadien et de l’Ontario, les hommes et les Canadiens âgés de 20 à 49 ans.

Comme pour tout autre domaine de la santé, il est impératif que les régions travaillent ensemble pour améliorer le partage et la comparabilité des données, afin de fournir aux décideurs les preuves dont ils ont besoin pour éclairer les politiques et les programmes. Il nous faut aussi enrichir nos bases de données sur les contextes plus larges qui concourent aux méfaits liés aux substances chez divers groupes de la population canadienne.

En même temps que la diffusion des données nationales actualisées, l’ASPC publie aussi son premier rapport sur le syndrome d’abstinence néonatale (SAN) au Canada. Le SAN est un ensemble de symptômes que présente un nouveau-né lorsqu’il est exposé à certaines substances in utero. Ce rapport sommaire est la première étape vers un approfondissement de nos connaissances sur le nombre d’enfants nés au Canada avec ce syndrome et son évolution dans le temps.

Nous incitons tous les décideurs, les professionnels de la santé et les prestataires de soins, de même que les familles et les amis qui apportent leur soutien aux êtres chers qui consomment des drogues à se renseigner davantage sur les dernières données et sur les façons dont ils peuvent faire toute la différence dans la vie de ces personnes. Nous pouvons poser des gestes concrets, notamment apprendre à reconnaitre les signes d’une surdose, nous munir de naloxone, puis reconnaitre et défier le langage et les attitudes qui mènent à la stigmatisation liée à la consommation de substances.

Dre Theresa Tam
Administratrice en chef de la santé publique du Canada
Coprésidente, Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes

Dre Jennifer Russell
Médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick
Coprésidente, Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes

Liens connexes

Coordonnées

Relations avec les médias
Agence de la santé publique du Canada
613-957-2983
media@hc-sc.gc.ca

Détails de la page

Date de modification :