Prévention et contrôle de la maladie COVID-19 : Lignes directrices provisoires pour les établissements de soins actifs – Deuxième version

Ce document a été mis à jour pour la dernière fois le 30 avril 2020. Veuillez-vous reporter aux mises à jour ultérieures.

Table des matières

Les présentes lignes directrices actualisent et consolident les directives en matière de prévention et de contrôle de la COVID-19 pour les établissements de soins actifs. Des précisions ont été apportées à certains sujets (p. ex. le triage, les entrées des établissements, les interventions médicales générant des aérosols (IGMA), l'état de préparation organisationnelle, de même que la sécurité et la formation des travailleurs de la santé).

Les personnes responsables de l'élaboration des politiques ainsi que de la mise en œuvre et de la surveillance des mesures de prévention et de contrôle des infections pour les établissements de soins actifs doivent connaître les documents d'information pertinents sur les pratiques de base et les précautions additionnelles, de même que les lois et règlements en matière de santé et de sécurité au travail. Les politiques et protocoles en matière de prévention et de contrôle des infections et la formation concernant la COVID-19 doivent être élaborés en collaboration avec les comités mixtes de santé et de sécurité au travail (CMSST).

Le document actuel s'appuie sur les lignes directrices fondamentales en matière de prévention et de contrôle des infections pour les établissements de soins actifs, et fournit à ces établissements des orientations fondamentales s'appliquant tout particulièrement à la pandémie de la COVID-19. Le document actuel ne tient pas compte des circonstances liées aux pénuries d'équipements de protection individuelle (EPI) qui font l'objet de discussions urgentes à tous les échelons dans l'ensemble du pays. Par ailleurs, le document n'aborde pas la question de la prestation de soins de santé dans des milieux non traditionnels.

Aperçu des mesures de prévention et de contrôle des infections

Contexte

En décembre 2019, une grappe de cas de pneumonie d'origine inconnue a été signalée à Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine. Une pandémie a été déclarée le 11 mars 2020.

Le 10 janvier 2020, la cause de cette grappe de cas de pneumonie, a été attribuée à un nouveau coronavirus, qui cause une maladie que l'on appelle maintenant COVID-19.

La situation évolue rapidement. La plupart des pays, dont le Canada, font état d'une transmission communautaire de la COVID-19. Pour connaître les derniers renseignements sur le sujet, les responsables des établissements de soins actifs peuvent consulter les sites Web des autorités de santé publique de leur province.

Au cours des dernières semaines, notre compréhension du COVID-19 s'est considérablement approfondie. Selon les données dont on dispose à l'heure actuelle à l'échelle internationale, il existe des preuves convaincantes de transmission de personne à personne. La COVID-19 se transmet principalement par des gouttelettes respiratoires ou par un contact avec des surfaces ou des objets contaminés. La COVID-19 peut également se propager par voie aérienne lors des interventions médicales générant des aérosols (IMGA).

La protection des travailleurs de la santé est primordiale.

Introduction

L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) établit des lignes directrices fondées sur des données probantes en matière de prévention et contrôle des infections pour compléter les efforts des gouvernements provinciaux et territoriaux en matière de surveillance, de prévention et de contrôle des infections associées aux soins de santé.

Le but du document actuel, intitulé prévention et contrôle de la maladie COVID-19 : Lignes directrices provisoires pour les établissements de soins- Deuxième version, est de fournir des directives provisoires sur la prévention et le contrôle des infections aux établissements de soins de santé et aux travailleurs de la santé, afin de prévenir la transmission de la COVID-19 dans les établissements de soins actifs.

Ces lignes directrices provisoires sont fondées sur les orientations canadiennes élaborées lors d'éclosions antérieures de coronavirus, sur l'expérience de la Chine et d'autres pays relativement au COVID-19, et sur les lignes directrices provisoires concernant la COVID-19 qui sont publiées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles s'appuient sur les conseils techniques formulés par les membres du Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI) de l'ASPC. Ces lignes directrices sont fondées sur les données scientifiques disponible à ce jour et les avis d'experts; elles sont sujettes à changement à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles.

Les stratégies de prévention et de contrôle des infections visant à prévenir ou à limiter la transmission de la COVID-19 dans les établissements de soins actifs sont semblables à celles utilisées pour la prise en charge des patients qui présentent d'autres infections respiratoires aiguës. Elles prévoient notamment ce qui suit :

Les présentes lignes directrices ont été élaborées pour les établissements de soins actifs et les travailleurs de la santé canadiens et peuvent différer des lignes directrices élaborées par d'autres pays. Elles devraient être interprétées en conjonction avec les lois, les règlements et les politiques locaux, provinciaux et territoriaux pertinents.

Surveillance de la santé publique et notification

Les autorités sanitaires des provinces et des territoires doivent déclarer les cas confirmés d'infection COVID-19 dans les 24 heures suivant leur détection.

À l'heure actuelle, l'objectif principal en ce qui concerne l'épidémie de la COVID-19 est d'assurer une détection précoce des cas et de ralentir la propagation de la maladie afin d'aplanir la courbe épidémiologique.

Préparation organisationnelle

Dans les établissements de soins actifs, il est possible de réduire au minimum le risque d'exposition au COVID-19 et de transmission de la maladie en effectuant une évaluation des risques organisationnels liés au COVID-19 et en utilisant des mesures techniques et administratives (notamment en ce qui concerne l'utilisation d'un EPI adéquat, au bon moment et de la bonne manière, comme indiqué ci-après).

Chaque établissement de soins actifs doit être prêt à identifier et à prendre en charge les patients qui sont atteints ou potentiellement atteints de la COVID-19.

Avant la survenue des cas d'infection COVID-19 ne se produsient dans leur collectivité ou leur région, les établissements de soins actifs doivent effectuer une évaluation des risques organisationnels de l'état de préparation à la gestion des cas d'infection COVID-19 en fonction des éléments suivants :

Mesures organisationnelles

Avant que les établissements de soins actifs prennent en charge des patients atteints de la COVID-19, il est essentiel qu'ils disposent de l'EPI nécessaire et qu'ils mettent en place les mesures techniques et administratives suivantes.

Mesures techniques

Il doit idéalement y avoir, dans les établissements :

Mesures administratives

Des politiques et des protocoles visant à prévenir la transmission de la COVID-19 et à lutter contre la maladie doivent être mis en œuvre, notamment :

En plus des désinfectants pour les mains à base d'alcool aux points de service, les établissements de soins actifs doivent fournir :

Le CMSST, les services de santé et de sécurité au travail et les services de prévention et contrôle des infections doivent travailler ensemble pour élaborer des politiques qui permettront de déterminer quelles sont les modalités de travail les plus sûres pour les travailleurs de la santé qui travaillent dans divers organismes ou établissements, de façon à limiter la propagation de la COVID-19.

Postes de triage et points d'accès destinés aux patients et aux travailleurs de la santé

Dans toute la mesure du possible, il faut créer des aires de triage et des aires d'attente séparées pour les patients atteints de la COVID-19.

Dans les établissements de soins actifs, il faut réduire le plus possible le nombre de points d'accès et veiller à ce que des barrières physiques (p. ex. cloisons ou barrières transparentes destinées à empêcher les contacts par gouttelettes tout en permettant de communiquer facilement) soient installées dans les aires de triage, les aires de contrôle et les aires destinées à l'accueil des patients, dans les urgences et dans tout autre endroit où les patients se présentent directement pour recevoir des traitements ou des soins (p. ex. services d'imagerie diagnostique, soins ambulatoires, laboratoires et cliniques de consultations externes).

Le nombre de points d'accès destinés aux travailleurs de la santé devrait être réduit au minimum, et ces points d'accès devraient être distincts de ceux destinés aux patients, aux visiteurs et aux autres personnes. Il faudrait envisager un dépistage actif pour détecter des signes ou symptômes de maladie chez tous les travailleurs de la santé aux points d'accès pour les travailleurs de la santé.

Les décisions concernant les points d'accès pour les patients, les visiteurs ou autres personnes et ceux utilisés pour les travailleurs de la santé doivent être prises à la lumière d'une évaluation des risques effectuée par l'établissement.

Pour assurer l'identification et la prise en charge rapides de tous les patients présentant des signes et des symptômes d'une atteinte respiratoire aiguë, il faut :

Sécurité et formation des travailleurs de la santé

Soin des patients et mesures de prévention et de contrôles des infections

Évaluation du risque au point de service

Avant toute interaction avec un patient, les travailleurs de la santé ont la responsabilité d'évaluer les risques que représente un patient, une situation, une intervention ou un procédure pour eux-mêmes, les autres travailleurs de la santé, les autre patients et les visiteurs.

Une évaluation du risque au point de service consiste notamment à déterminer s'il peut y avoir eu :

Les facteurs associés aux patients comprennent notamment les suivants :

L'EPI doit toujours être utilisé conformément à ce qui a été déterminé dans le cadre de l'évaluation du risque au point de service pour les pratiques de base, conformément aux précautions contre la transmission par gouttelettes ou par contact, et conformément aux précautions contre la transmission par voie aérienne lorsque des IMGA sont prévues ou exécutées.

Hygiène des mains

Les établissements de soins actifs doivent s'assurer qu'un programme d'hygiène des mains à jour est en place, qu'il est régulièrement surveillé et que des améliorations sont apportées au besoin.

Comme toujours, les désinfectants pour les mains à base d'alcool doivent contenir de 60 % à 90 % d'alcool.

Il faut tout mettre en œuvre pour atteindre un taux de conformité de 100 % en ce qui concerne l'hygiène des mains (c.-à-d. au moins avant et après chaque contact avec un patient ou avec l'environnement de soins, avant les interventions devant être réalisées dans un environnement propre ou stérile, après un risque d'exposition à des liquides organiques, après avoir retiré ses gants et si les mains sont visiblement souillées).

Il est obligatoire de pratiquer l'hygiène des mains au moment de retirer l'EPI.

Pratiques de base

Les pratiques de base concernent tous les patients et doivent être appliquées en tout temps dans les établissements de soins actifs. Elles comprennent notamment la réalisation d'une évaluation du risque au point de service, l'hygiène des mains, l'utilisation de l'EPI et le respect de l'étiquette respiratoire (p. ex. tousser ou éternuer dans le pli du coude ou un mouchoir).

Précautions concernant la transmission par contact et par gouttelettes

Interventions médicales générant des aérosols (IMGA)

Une IMGA est une intervention réalisée chez un patient qui peut entraîner la production de particules de diverses tailles, notamment des noyaux de gouttelettes. Ces interventions comprennent notamment les suivantes :

Il convient de suivre les directives provinciales ou territoriales pour les autres interventions qui nécessitent l'utilisation d'un respirateur N95. Ces directives peuvent varier d'une province ou d'un territoire à l'autre.

Lorsqu'on prévoit qu'un patient aura besoin d'une IMGA il faut le placer dans une chambre d'isolement des infections aéroportées si une telle chambre est disponible dans l'unité. Si aucune telle chambre n'est disponible, il faut placer le patient dans une chambre individuelle. Il est à noter que la porte de la chambre doit être fermée lorsqu'on pratique une IMGA. Il ne devrait pas y avoir de transferts entre les unités à moins que cela ne soit médicalement nécessaire.

Les IMGA qui doivent être effectuées chez un patient dont on sait ou soupçonne qu'il est atteint de la COVID-19 ne doivent être amorcées que lorsque toutes les personnes présentes dans la chambre portent un respirateur N95 dont on aura vérifié l'ajustement et l'étanchéité, des gants, une blouse et une protection faciale ou oculaire.

Il faut en outre :

Écouvillonnage nasopharyngé

Il n'y a pas encore d'étude scientifique sur laquelle se fonder afin de déterminer la marche à suivre pour procéder au prélèvement d'échantillons pour diagnostic par écouvillonnage nasopharyngé chez des patients atteints du COVID-19. Les lignes directrices concernant le prélèvement de tels échantillons varient d'une province et d'un territoire à l'autre. L'écouvillonnage du nez, de la gorge ou du nasopharynx est une méthode de prélèvement qui exige beaucoup moins de temps que la plupart des interventions considérées comme générant des aérosols, et elle ne provoque pas une toux importante dans bien des cas. Par contre, certains patients peuvent tousser ou éternuer pendant ou après le prélèvement. Les travailleurs de la santé qui doivent prélever des échantillons doivent toujours effectuer une évaluation du risque au point de service avant l'intervention.

Il est à noter qu'il y a un débat au sujet de la mesure dans laquelle certaines interventions médicales peuvent générer des gouttelettes et des aérosols. Ces interventions comprennent notamment les suivantes :

Dans le cas de ces interventions, le choix de l'EPI doit reposer sur une évaluation du risque au point de service tenant compte de la possibilité que les patients toussent ou éternuent pendant l'intervention, et sur la recherche d'un équilibre entre la sécurité des patients et celle des travailleurs de la santé.

Équipement de protection individuelle (EPI)

L'EPI (gants, blouse, respirateur N95 et autres masques, protection faciale et oculaire) doit être fourni dans tous les endroits où sont prodigués des soins aux patients, en quantité suffisante, et être stocké de manière à être facilement accessible par tous les travailleurs de la santé aux points de service.

L'EPI doit toujours se faire parallèlement à la mise en œuvre et au maintien des mesures techniques et administratives.

Les travailleurs de la santé qui utilisent un EPI doivent :

Doivent effectuer une évaluation du risque au point de service avant d'entrer dans la chambre d'un patient.

L'EPI doit être disponible tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la chambre du patient, et les travailleurs de la santé ainsi que les visiteurs (y compris les membres de la famille) doivent le revêtir avant d'entrer.

La prise en charge des patients présentant une atteinte respiratoire aiguë comprend l'application des pratiques de base, la prise de précautions contre la transmission par gouttelettes et par contact et, lorsqu'une IMGA doit être réalisée, l'utilisation d'un respirateur N95.

Il faut avoir revêtu tout l'EPI avant d'entrer dans la chambre du patient.

Les travailleurs de la santé doivent retirer l'EPI conformément au protocole afin de ne pas se contaminer, puis ils doivent pratiquer l'hygiène des mains. Une formation doit être donnée à cet effet, et des affiches illustrant les étapes à suivre pour revêtir et retirer l'EPI doivent être posées à l'intérieur et à l'extérieur de la chambre de chaque patient atteint de la COVID-19.

Pour en savoir davantage sur l'utilisation, le choix et l'ajustement de l'EPI, reportez-vous à la page :

Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les milieux de soins.

Prise en charge des patients hospitalisés

Il convient d'effectuer une évaluation du risque au point de service avant chaque interaction avec un patient, afin de déterminer les pratiques de base requises pour lui donner des soins en toute sécurité.

Placement et hébergement

Les patients dont on sait ou soupçonne qu'ils sont atteints de la COVID-19 doivent être placés dans une chambre individuelle dotée d'une toilette et d'un lavabo réservés à l'usage du patient, si une telle chambre est disponible.

Il doit y avoir des affiches claires (rédigées dans plusieurs langues, au besoin) indiquant les précautions à prendre contre la transmission par gouttelettes et par contact.

Il doit y avoir des affiches illustrant clairement les étapes à suivre pour revêtir et retirer l'EPI à l'intérieur et à l'extérieur de la chambre de chaque patient atteint de la COVID-19.

Si le partage d'une chambre est nécessaire, il ne faut le faire que dans le cas des patients chez qui la COVID-19 est confirmée.

Si le nombre de cas confirmés ou soupçonnés de la COVID-19 dans l'établissement est élevé, il faut songer à mettre sur pied des équipes de travailleurs de la santé qui ne s'occuperaient que de ces patients, afin de réduire le risque de transmission de l'infection dans l'établissement et de permettre aux travailleurs de la santé hautement qualifiés de développer une expertise dans la prestation de soins à ces patients.

Le nombre de travailleurs de la santé qui s'occupent de personnes dont on sait ou soupçonne qu'elles sont atteintes de la COVID-19 devrait être réduit au minimum dans toute la mesure du possible. Idéalement, les travailleurs de la santé qui prodiguent des soins à des patients atteints de la COVID-19 ne devraient pas soigner d'autres patients.

À mesure que le nombre de patients atteints de la COVID-19 augmentera, il faudra envisager de réserver une unité ou une zone pour y placer ces patients. Cette unité ou cette zone ne devrait pas être située à côté ou à proximité des unités qui accueillent des patients à risque élevé (p. ex. des patients recevant des traitements oncologiques).

Déplacements des patients

Les patients dont on sait ou soupçonne qu'ils sont atteints de la COVID-19 doivent être confinés à leur chambre jusqu'à ce que leurs symptômes soient résolus, en conformité avec les directives provinciales et territoriales à cet effet. Les déplacements ou le transport des patients ne devraient être autorisés que pour des tests diagnostiques ou des traitements essentiels. Il faut éviter les transferts entre établissements et au sein d'un même établissement, sauf en cas d'indication médicale.

Il ne faut pas déplacer les patients pour avoir accès à une chambre d'isolement des infections aéroportées, car cela risque d'exposer d'autres patients et travailleurs de la santé à des risques.

Si les patients doivent quitter leur chambre pour recevoir des soins ou des traitements médicalement nécessaires, il faut :

Il faut veiller à nettoyer et à désinfecter les surfaces avec lesquelles le patient pourrait avoir été en contact à l'extérieur de sa chambre.

Les travailleurs de la santé doivent continuer à appliquer les mesures de précaution contre la transmission par contact et par gouttelettes pendant le transport du patient, et les recommandations relatives à ces précautions doivent être communiquées au personnel de l'unité de départ et de l'unité d'arrivée avant le transfert.

Il faut éviter de déplacer les patients qui utilisent un appareil de VPPC ou un appareil BiPAP dans l'établissement. S'il est impossible d'éviter un transfert au sein de l'établissement, il faut emprunter le chemin le plus direct pour atteindre la destination et veiller à ce que les autres patients ou les visiteurs demeurent à au moins 2 mètres du patient transféré. Il faut également veiller à ce que les travailleurs de la santé et les accompagnateurs qui se trouvent à moins de 2 mètres du patient respectent les pratiques de base et prennent les précautions nécessaires contre la transmission par gouttelettes et par contact. Les travailleurs de la santé qui sont en contact avec un patient ou avec la civière d'un patient doivent également prendre les précautions applicables à ce type de contact et porter un respirateur N95. Il faut également nettoyer et désinfecter immédiatement toutes les surfaces qui sont fréquemment touchées, comme les mains courantes, les poignées de porte et les boutons poussoirs, tout le long du trajet emprunté avec le patient.

Arrêt des mesures de précaution additionnelles

Les décisions relatives à la durée et à l'arrêt des mesures de précaution doivent être prises au cas par cas, en consultation avec les responsables du programme de prévention et de contrôle des infections, et être conformes aux lignes directrices provinciales ou territoriales ou aux directives de l'établissement.

Manipulation des dépouilles

Les pratiques de base doivent être appliquées correctement et systématiquement durant la manipulation des dépouilles ou durant la préparation des dépouilles en vue d'une autopsie ou d'un transport vers des établissements de services mortuaires. La réglementation provinciale ou territoriale sur les maladies transmissibles doit être respectée.

Manipulation des échantillons de laboratoire

Tous les échantillons recueillis pour les analyses de laboratoire doivent être considérés comme potentiellement infectieux. Les échantillons cliniques doivent être recueillis et transportés conformément aux politiques et aux procédures de l'établissement. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les protocoles de biosécurité en laboratoire, qui s'appliquent à la manipulation d'échantillons prélevés chez des personnes potentiellement atteintes de la COVID-19, consultez l'avis de biosécurité de l'ASPC.

Manipulation du matériel utilisé pour prodiguer des soins aux patients

L'ensemble du matériel et des fournitures réutilisables, ainsi que les jouets, les jeux électroniques, les effets personnels, etc., doivent être réservés à l'usage exclusif des patients dont on sait ou soupçonne qu'ils sont atteints de la COVID-19. Si un autre patient doit les utiliser, le matériel et les fournitures doivent d'abord être nettoyés et désinfectés avec un désinfectant de qualité hospitalière. Les articles qui ne peuvent pas être nettoyés et désinfectés de façon appropriée doivent être jetés après le transfert ou le congé du patient. Au moment du congé du patient, celui-ci doit rapporter ses effets personnels à la maison; les effets dont il ne voudra plus seront jetés. Le matériel à usage unique doit être jeté dans un récipient à déchets mains libres après usage.

Nettoyage et désinfection de l'environnement

Il est important d'accroître la fréquence de nettoyage des surfaces touchées fréquemment pour contrôler la propagation des microorganismes lors d'une éclosion d'infection respiratoire. Les désinfectants environnementaux doivent être de qualité hospitalière et être homologués au Canada; ils doivent avoir reçu un numéro d'identification de drogue (DIN); et leur étiquette doit indiquer qu'ils sont efficaces à la fois contre les virus enveloppés et les virus non enveloppés.

Toutes les surfaces qui sont fréquemment touchées (p. ex. téléphones, tables de chevet, tables de lit, bras de chaise, cordons ou boutons d'appel, poignées de porte, interrupteurs de lumière, garde-corps, lavabos, toilettes et manettes de chasse d'eau, robinets, chaises de douche, barres d'appui, extérieur du distributeur d'essuie-tout) doivent être nettoyées et désinfectées au moins deux fois par jour et lorsqu'elles sont souillées. Il faut utiliser un désinfectant de qualité hospitalière (p. ex. des lingettes désinfectantes) pour désinfecter le matériel de petite taille utilisé pour prodiguer des soins aux patients (comme les brassards de tensiomètres, les thermomètres électroniques, les oxymètres, les stéthoscopes) après chaque utilisation.

De plus, le nettoyage et la désinfection de la chambre doivent être effectués au moins une fois par jour, sans oublier les surfaces peu touchées (comme les étagères, les chaises ou bancs de chevet, les rebords de fenêtre, les unités murales, les appareils d'éclairage situés au-dessus du lit, les tableaux à messages ou tableaux blancs, l'extérieur des contenants pour objets pointus ou tranchants). Le plancher et les murs doivent être visiblement propres; il ne doit pas y avoir de déversements, de poussière ou de débris.

Le nettoyage de la chambre du patient après son congé ou son transfert, ou après l'arrêt des précautions contre la transmission par gouttelettes ou par contact, doit se faire conformément au protocole de nettoyage de l'établissement. Au moment du congé ou du transfert du patient, il faut jeter les brosses à toilette ainsi que le papier de toilette et les autres fournitures à usage unique qui n'auront pas été utilisés, et enlever les rideaux de chevet ou d'intimité et les laver.

Toutes les surfaces et tous les articles situés à l'extérieur de la chambre du patient et avec lesquels les travailleurs de la santé entrent en contact (p. ex. chariot pour ordinateur, chariot pour médicaments, bureaux ou tables, écrans d'ordinateur, téléphones, écrans tactiles, bras de chaise) doivent être nettoyés et désinfectés au moins une fois par jour et lorsqu'ils sont souillés.

Manipulation de la literie, de la vaisselle et des ustensiles

Aucune précaution spéciale n'est recommandée; les pratiques de base suffisent.

Gestion des déchets

Aucune précaution spéciale n'est recommandée; les pratiques de base suffisent.

Gestion de l'exposition des travailleurs de la santé dans les établissements de soins actifs

Les professionnels des services de santé au travail de l'établissement et leurs collègues spécialisés dans le contrôle des infections doivent travailler en collaboration avec les autorités sanitaires pour gérer le cas des travailleurs de la santé qui auront été exposés.

Visiteurs

Afin de réduire le plus possible le risque d'introduire la COVID-19 dans l'établissement de soins de santé, il faut garder le nombre de visiteurs au strict minimum (p. ex. membres de la famille immédiate ou parents, tuteur ou principal fournisseur de soins) pour tous les patients, puis limiter les déplacements des visiteurs en leur demandant de se rendre directement au chevet du patient puis de ressortir immédiatement de l'établissement après la visite. Il faut informer les visiteurs de l'importance de se nettoyer les mains au moyen d'un désinfectant à base d'alcool et leur dire de le faire au moment d'entrer dans l'établissement et d'en ressortir, au moment d'entrer dans la chambre du patient et d'en ressortir, et après avoir touché au patient ou à des surfaces se trouvant dans l'environnement de ce dernier.

Les visiteurs doivent faire l'objet d'un contrôle visant à déceler les signes et les symptômes d'une infection à chaque visite. En cas de signe ou de symptôme, les visiteurs doivent se voir refuser l'accès à l'établissement.

Il faut demander aux visiteurs de consulter une infirmière avant d'entrer dans la chambre d'un patient, pour avoir des précisions au sujet des précautions à prendre contre la transmission par gouttelettes et par contact. L'infirmière évaluera le risque pour la santé du visiteur ainsi que sa capacité à respecter les pratiques de base et à prendre les précautions nécessaires contre la transmission par gouttelettes et par contact. Les visiteurs doivent recevoir des consignes sur l'utilisation de l'EPI pour se protéger contre la transmission par gouttelettes et par contact, ce qui comprend le port d'un masque et d'une protection oculaire, et être supervisés. Si le visiteur n'est pas en mesure de se conformer aux précautions à prendre concernant la transmission par gouttelettes et par contact, la visite lui sera refusée.

Il est également nécessaire d'élaborer et de mettre en place des politiques en matière de visites en vue d'établir un juste milieu entre le risque de transmission de maladies infectieuses et la promotion de soins axés sur le patient et sa famille.

Surveillance et évaluation

Les établissements de soins actifs doivent veiller à ce qu'il y ait des protocoles de surveillance appropriés liés à la prise en charge de patients atteints de la COVID-19. Dans la mesure du possible, ces mesures comprendront :

Bibliographie

Remerciements

Le Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI) est un organisme consultatif externe qui offre à l'Agence de la santé publique du Canada une expertise et des conseils en matière de prévention et de contrôle des maladies infectieuses dans les établissements de soins de santé canadiens.

Les présentes lignes directrices ont été rédigées par : Dre Marina Salvadori, Mme Sabrina Chung, le Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI) et la Section de la prévention et du contrôle des infections associées aux soins de santé de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Membres du CCN-PCI : Dre Joanne Embree (présidente), Dre Jennie Johnstone (vie-présidente), Mme Molly Blake, Mme Josiane Charest, Dre Maureen Cividino, Mme Nan Cleator, Mme Jennifer Happe, Dre Susy Hota, Mme Anne Masters-Boyne, Dr Matthew Muller, Mme Patsy Rawding, Mme Suzanne Rhodenizer-Rose, Dr Patrice Savard, Dre Stephanie Smith, Dre Nisha Thampi.

Section de la prévention et du contrôle des infections associées aux soins de santé de l'ASPC : Dre Gina Coleman (directrice), Mme Kathy Dunn (gestionnaire), Mmes Sabrina Chung, Katherine Defalco, Anna Bottiglia et Toju Ogunremi, ainsi que M. Steven Ettles, M. John McMeekin et Dre Kahina Abdesselam.

Les auteurs tiennent également à remercier la Dre Allison McGeer et le Dr John Conly, ainsi que Mmes Anne Augustin et Barbara Catt de Prévention et contrôle des infections (PCI) Canada, de même que Mme Patricia Piaskowski, rédactrice scientifique.

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