Oreillons : Pour les professionnels de la santé

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Renseignements clés

Les oreillons sont causés par le virus des oreillons, membre de la famille des Paramyxoviridae. Les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale.

La maladie se caractérise par une parotidite aiguë unilatérale ou bilatérale. Il est généralement précédé par :

Les complications sont relativement fréquentes, mais les séquelles permanentes sont rares. Des complications peuvent survenir en l’absence de parotidite.

Le virus se propage par l’intermédiaire de particules ou de sécrétions respiratoires infectieuses et, rarement, de matières contaminées.

Grâce à l’introduction de programmes de vaccination systématique contre les oreillons au Canada à partir de 1969, les oreillons sont passés d’une infection infantile courante à une maladie relativement rare. Néanmoins, des éclosions d’oreillons continuent de se produire au Canada, avec une proportion croissante de cas chez les adolescents et les jeunes adultes.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande une immunisation systématique contre les oreillons avec un vaccin contre le virus des oreillons.

Pour en savoir plus :

Épidémiologie

Le virus des oreillons est un virus enveloppé à ARN monocaténaire de polarité négative qui appartient au genre Rubulavirus de la famille des Paramyxoviridae.

Réservoir

L’humain est le seul réservoir.

Période d’incubation

Les oreillons se caractérisent par une période d’incubation relativement longue, de 12 à 25 jours (16 à 18 jours en moyenne).

Transmission

Le virus des oreillons est transmis par :

Le virus des oreillons a été isolé dans la salive de personnes infectées par les oreillons entre 7 jours avant l’apparition de la parotidite et 9 jours après. Les personnes infectées par les oreillons sont les plus contagieuses entre 2 jours avant et 5 jours après l’apparition de la parotidite.

Les personnes infectées par le virus des oreillons et qui sont asymptomatiques ou présentent des symptômes prodromiques peuvent encore transmettre la maladie à d’autres personnes.

Pour en savoir plus :

Manifestations cliniques

Les oreillons se caractérisent par l’inflammation d’une ou plusieurs glandes salivaires, généralement la parotide. La parotidite peut être unilatérale ou bilatérale, et dure généralement environ 5 jours.

Les symptômes prodromiques sont généralement non spécifiques. Il peut notamment s’agir :

Les infections par les oreillons ont été associées à une toux et à une rhinorrhée, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans.

L’émergence d’une parotidite controlatérale quelques semaines ou quelques mois après une apparente guérison a été décrite.

Complications

Les complications sont relativement fréquentes chez environ 30 % des personnes infectées, mais les séquelles permanentes sont rares.

Les complications liées aux oreillons peuvent inclure :

Les séquelles à long terme des oreillons peuvent inclure :

Les oreillons sont rarement mortels.

Les complications sont plus fréquentes chez les personnes non vaccinées, et chez les adultes plus que chez les enfants.

Images des manifestations cliniques des oreillons

Image 1 : Parotidite unilatérale

Source : Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis

Image 2 : Parotidite bilatérale

Gracieuseté du Dr C.W. Leung, Service de pédiatrie et de médecine de l’adolescence, hôpital Princess Margaret, Hong Kong.

L’image 1, à gauche, montre un enfant atteint d’une parotidite unilatérale due au virus des oreillons.

L’image 2, à droite, montre un enfant atteint d’une parotidite bilatérale due au virus des oreillons.

Facteurs de risque

Toute personne est à risque de contracter les oreillons si elle n’a pas déjà eu les oreillons ou si elle n’a pas été complètement immunisée conformément au calendrier de vaccination recommandé.

Au Canada, les adultes nés avant 1970 sont présumés avoir acquis une immunité naturelle contre les oreillons. Cela s’explique par les niveaux élevés d’oreillons qui circulaient avant 1970. La vaccination contre les oreillons peut encore être recommandée pour certains groupes de population, même s’ils sont nés avant 1970.

Les adolescents et les adultes nés en 1970 ou après qui sont les plus susceptibles d’être exposés aux oreillons comprennent les:

Pour en savoir plus :

Diagnostic et tests en laboratoire

Lorsque les fournisseurs de soins de santé soupçonnent la présence d’oreillons (y compris chez les personnes connues pour avoir eu un lien épidémiologique avec un cas ou une éclosion d’oreillons), le diagnostic devrait être confirmé à l’aide d’un échantillon de laboratoire. Cela peut inclure :

Des échantillons doivent être prélevés pour la détection virale et, s’ils sont positifs, seront également utilisés pour déterminer le génotype des oreillons. Seul le génotypage permet de distinguer une maladie due à une réaction à un vaccin d’une infection de type sauvage.

Les fournisseurs de soins de santé sont tenus de déclarer les cas suspects d’oreillons à leur bureau de santé publique local, car les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale. 

Seuls les cas qui répondent à la définition nationale de cas sont déclarés au Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire.

Pour en savoir plus :

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique pour les oreillons.

La prise en charge médicale consiste en des soins de soutien, et vise à soulager les symptômes et à gérer les complications. Cela peut inclure la réhydratation et la prise en charge des complications secondaires des oreillons.  

Prévention

Vaccination systématique

Les vaccins contre le virus des oreillons sont efficaces pour réduire le risque d’infection et de complications liées aux oreillons. L’administration de 2 doses d’un vaccin contenant le virus des oreillons est efficace à environ 90 % pour la prévention des oreillons. Il est toujours possible d’être infecté par les oreillons, même si l’on est totalement vacciné, mais les personnes vaccinées sont beaucoup moins susceptibles de développer des complications.

Le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) ou le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle (RROV) sont systématiquement administrés pendant l’enfance.

La première dose devrait être administrée à l’âge de 12 à 15 mois, et la deuxième à l’âge de 18 mois ou à tout moment ultérieur, mais au plus tard au moment de l’entrée à l’école. La deuxième dose doit être administrée au minimum 4 semaines après la première. Les calendriers de vaccination peuvent varier d’une province ou d’un territoire à l’autre.

Le vaccin RRO peut être administré tout au long de la vie aux personnes qui n’ont pas reçu toutes les vaccinations prévues. Le vaccin RROV n’est autorisé que pour les enfants âgés de 12 mois à moins de 13 ans.

Pour en savoir plus :

Rattrapage et considérations supplémentaires

Voici les recommandations actuelles pour les personnes qui ne répondent pas à la définition de l’immunité contre les oreillons.

Deux doses de vaccin RRO sont recommandées pour :

Une dose unique de vaccin RRO est recommandée pour les :

Pour en savoir plus :

Événements indésirables et contrindications 

Les réactions attendues aux vaccins contre le virus des oreillons sont généralement légères et disparaissent d’elles-mêmes. Il peut s’agir de réactions locales au site d’injection qui surviennent peu après la vaccination, ou d’autres qui peuvent apparaître 1 à 3 semaines après la vaccination, notamment de la fièvre et une éruption cutanée légère.

Les effets indésirables graves après la vaccination sont rares.

Afin de garantir l’innocuité des vaccins au Canada, la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI) par les vaccinateurs et les autres cliniciens est essentielle. Dans la plupart des administrations, la déclaration peut également être obligatoire en vertu des lois en matière de santé publique. Les vaccinateurs sont invités à déclarer les ESSI au bureau de santé publique local et de se renseigner sur les exigences spécifiques de leur province ou territoire en matière de déclaration des ESSI.

Dans certaines circonstances, la vaccination contre les oreillons peut être contre-indiquée, notamment chez les personnes :

Pour en savoir plus :

Prise en charge post-exposition et gestion des éclosions

En cas de suspicion de cas d’oreillons, les fournisseurs de soins de santé doivent communiquer avec leur bureau de santé publique local pour obtenir des instructions supplémentaires. Les cas confirmés doivent obligatoirement être déclarés à l’échelle nationale.

Les personnes infectées par les oreillons doivent être isolées pendant 5 jours après l’apparition de la parotidite afin de prévenir la transmission à d’autres personnes. Dans les établissements de soins de santé, il convient de prendre des précautions contre les gouttelettes.

Il n’existe pas de données sur l’utilisation du vaccin RROV dans les scénarios de post-exposition, et le CCNI recommande donc l’utilisation du vaccin RRO.

La vaccination post-exposition avec le vaccin RRO devrait être administrée aux personnes vulnérables, car il se peut que l’exposition n’entraîne pas d’infection, et le vaccin RRO induira une protection contre les expositions ultérieures.

Il n’y a pas de données probantes qui attestent d’un risque accru d’effets secondaires attendus de l’immunisation avec le vaccin RRO si une personne est :

En cas d’éclosion d’oreillons, la taille, l’étendue et la durée de l’éclosion peuvent varier et être difficiles à prévoir. Cela peut s’expliquer par:

Il se peut que, dans une population fortement immunisée, la circulation du virus des oreillons soit sous-détectée.

En cas d’éclosion, l’administration d’une dose de vaccin RRO (jusqu’à une troisième dose) peut être envisagée dans le cadre d’une stratégie plus large de gestion des éclosions. La vaccination précoce est probablement l’intervention la plus efficace pour contrôler l’éclosion.

Pour en savoir plus :

Surveillance et contrôle

Systèmes de surveillance des oreillons au Canada

Les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale au Canada depuis 1924.

Les cas qui répondent à la définition nationale de cas d’oreillons doivent être déclarés, et les fournisseurs de soins de santé et les laboratoires déclarent les cas à leur bureau de santé publique local. Ces déclarations sont ensuite transmises aux responsables provinciaux et territoriaux de la santé publique et fournissent des données annuelles à l’Agence de santé publique du Canada par l’intermédiaire du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire ou d’un système de surveillance spécifique à une maladie.

La surveillance du génotype est assurée par le Laboratoire national de microbiologie. Le génotypage est un outil important dans la surveillance des oreillons, car il :

Pour en savoir plus :

Épidémiologie des oreillons et immunisation contre les oreillons au Canada

La vaccination systématique à 1 dose contre les oreillons a été mise en œuvre dans les provinces et les territoires entre 1969 et 1983. Une deuxième dose de vaccin RRO a été introduite à la suite d’importantes éclosions de rougeole dans plusieurs provinces en 1996. Depuis l’introduction des vaccins, le nombre de cas d’oreillons déclarés a diminué de plus de 99 %.

Le taux d’incidence annuel moyen a considérablement diminué depuis l’ère prévaccinale (figure 1). Par exemple, l’incidence était d’environ :

Il convient de noter qu’entre 1959 et 1985, les oreillons ont été retirés de la liste des maladies à déclaration obligatoire au niveau national et que les données de surveillance nationale ne sont pas disponibles.

Les oreillons demeurent néanmoins endémiques au Canada, avec des pics d’activité sporadiques.

Depuis l’introduction d’une deuxième dose systématique de vaccin RRO en 1996 et 1997, une modification de la répartition par âge des cas d’oreillons a été observée. De 1991 à 1995, les taux de maladie les plus élevés ont été enregistrés chez les enfants âgés de 1 à 14 ans. Au cours des dernières années, cette tendance s’est déplacée vers les groupes plus âgés, et les taux les plus élevés ont été enregistrés chez les personnes âgées de 20 à 24 ans.

Des éclosions d’oreillons sont survenues dans plusieurs provinces entre 2016 et 2018, et ont entraîné une augmentation significative du nombre de cas déclarés. Toutefois, le nombre de cas s’est stabilisé ces dernières années. Entre 2019 et 2023 (figure 1) :

Figure 1. Nombre et taux d’incidence (pour 100 000 habitants) des cas d’oreillons déclarés au Canada, par année, de 1924 à 1959 et de 1985 à 2023

figure 1

Figure 1 : Texte descriptif
Année Cas Taux d’incidence
1924 7 997 122,1  
1925 7 669 115,4
1926 7 607 112,7
1927 8 418 122,4
1928 23 925 245,8
1929 12 053 121,4
1930 9 464 92,8
1931 11 158 107,7
1932 12 421 118,3
1933 11 562 108,9
1934 8 460 78,9
1935 22 644 209,1
1936 29 753 272,1
1937 14 441 130,9
1938 8 401 75,4
1939 5 844 52,0
1940 13 498 118,8
1941 22 936 199,6
1942 52 344 449,8
1943 48 304 410,1
1944 19 819 166,1
1945 20 400 169,2
1946 26 056 212,4
1947 32 252 257,5
1948 24 601 192,2
1949 24 557 183,0
1950 43 671 319,1
1951 35 189 251,6
1952 38 439 266,3
1953 36 297 244,9
1954 26 908 176,3
1955 27 193 173,6
1956 28 112 195,4
1957 22 386 166,3
1958 13 360 96,5
1959 Aucune donnée Aucune donnée
1960 Aucune donnée Aucune donnée
1961 Aucune donnée Aucune donnée
1962 Aucune donnée Aucune donnée
1963 Aucune donnée Aucune donnée
1964 Aucune donnée Aucune donnée
1965 Aucune donnée Aucune donnée
1966 Aucune donnée Aucune donnée
1967 Aucune donnée Aucune donnée
1968 Aucune donnée Aucune donnée
1969 Aucune donnée Aucune donnée
1970 Aucune donnée Aucune donnée
1971 Aucune donnée Aucune donnée
1972 Aucune donnée Aucune donnée
1973 Aucune donnée Aucune donnée
1974 Aucune donnée Aucune donnée
1975 Aucune donnée Aucune donnée
1976 Aucune donnée Aucune donnée
1977 Aucune donnée Aucune donnée
1978 Aucune donnée Aucune donnée
1979 Aucune donnée Aucune donnée
1980 Aucune donnée Aucune donnée
1981 Aucune donnée Aucune donnée
1982 Aucune donnée Aucune donnée
1983 Aucune donnée Aucune donnée
1984 Aucune donnée Aucune donnée
1985 Aucune donnée Aucune donnée
1986 836 3,2
1987 949 3,6
1988 792 3,0
1989 1 550 5,7
1990 535 1,9
1991 390 1,4
1992 330 1,2
1993 325 1,1
1994 356 1,2
1995 397 1,4
1996 290 1,0
1997 254 0,9
1998 114 0,4
1999 92 0,3
2000 81 0,3
2001 102 0,3
2002 200 0,6
2003 28 0,1
2004 33 0,1
2005 79 0,3
2006 42 0,1
2007 1 109 3,4
2008 748 2,3
2009 187 0,6
2010 768 2,3
2011 272 0,8
2012 48 0,1
2013 96 0,3
2014 40 0,1
2015 59 0,2
2016 365 1,0
2017 2 266 6,2
2018 808 2,2
2019 174 0,5
2020 77 0,2
2021 13 0,0
2022 27 0,1
2023 47 0,1
Figure 2. Nombre total et taux d’incidence moyen annuel (pour 100 000 habitants) des cas d’oreillons déclarés au Canada, par groupe d’âge, de 2019 à 2023 (n = 333)

figure 2

Figure 2 : Texte descriptif
Groupe d’âge Nombre total de cas Taux d’incidence moyen (pour 100 000 habitants)
Moins de 1 an 2 0,1
1 à 4 ans 27 0,4
5 à 9 ans 30 0,3
10 à 14 ans 7 0,1
15 à 19 ans 28 0,3
20 à 24 ans 56 0,5
25 à 29 ans 50 0,4
30 à 39 ans 68 0,3
40 à 49 ans 51 0,1
60 ans et plus 14 <0,1

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2026-05-13