Vaccin contre les oreillons : Guide canadien d'immunisation

Pour les professionnels de la santé

Dernière mise à jour partielle du contenu (voir le Tableau des mises à jour des chapitres) : août 2021

Août 2021 : Ce chapitre a été mis à jour en vue d'en assurer la conformité avec la Déclaration du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) : Utilisation du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour la prise en charge des éclosions d'oreillons au Canada.

Les mises à jour comprennent ce qui suit :

  • La section « Épidémiologie » fournit de plus amples renseignements sur la transmission, les facteurs de risque et les taux d'incidence nationaux des cas d'oreillons.
  • La section « Lutte contre les éclosions » a été révisée de façon à fournir de plus amples renseignements sur le contrôle des éclosions d'oreillons. Pendant une éclosion, l'administration d'une dose du vaccin RRO adaptée aux éclosions peut être envisagée dans le cadre de la stratégie plus vaste de contrôle des éclosions.
  • La section « Conseils pour la déclaration des effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI) » a été mise à jour en vue de donner des précisions sur les exigences en matière de déclaration MCI à la suite d'une immunisation.
  • Une nouvelle section concernant le processus de révision des chapitres a été ajoutée.

Dernière révision complète du chapitre : avril 2015

Sur cette page

Principaux renseignements (consulter le texte et les tableaux pour plus de précisions)

Quoi

  • Des éclosions d'oreillons continuent de survenir au Canada; ces dernières années, la majorité des cas d'oreillons liés à des éclosions au Canada sont survenus chez de jeunes adultes âgés de 15 à 39 ans, et la proportion de cas chez les personnes âgées de 20 ans et plus a augmenté.
  • Des complications telles une orchite ou une oophorite se produisent assez fréquemment; des séquelles permanentes, comme la surdité, sont rares.
  • Le vaccin contre les oreillons est disponible sous forme de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) ou sous forme de vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle (RROV).
  • Il est estimé que l'efficacité du vaccin contre les oreillons se situe entre 62 et 91 % lorsque 1 seule dose est administrée et entre 76 et 95 % lorsque 2 doses sont administrées.
  • Les réactions au vaccin RRO sont habituellement bénignes et transitoires, et comprennent une douleur et une rougeur au point d'injection, une fièvre inférieure à 39 °C, et des éruptions cutanées. Les réactions au vaccin RROV incluent les suivantes : une douleur et un érythème au point d'injection, une fièvre inférieure à 39 °C chez 10 % ou plus des vaccinés, des éruptions cutanées semblables à celles causées par la varicelle, la rougeole ou la rubéole, un œdème au point d'injection, et une fièvre supérieure à 39 °C chez moins de 10 % des vaccinés.
  • Lorsque la première dose du vaccin RROV est administrée à des enfants âgés de 12 à 23 mois, il y a un plus grand risque de fièvre et de convulsions fébriles dans les 7 à 10 jours suivant la vaccination, comparativement à une administration du vaccin RRO et du vaccin monovalent contre la varicelle au cours de la même visite.

Qui

  • Il est recommandé que le vaccin contenant le virus des oreillons soit administré dans le cadre de l'immunisation systématique des enfants et de l'immunisation des enfants et des adolescents qui n'ont pas suivi le programme de vaccination systématique contre les oreillons.
  • Il est recommandé que le vaccin contenant le virus des oreillons soit administré aux adultes réceptifs nés en 1970 ou après.
  • On suppose généralement que les adultes nés avant 1970 ont développé une immunité naturelle aux oreillons; toutefois, les travailleurs de la santé, les voyageurs se rendant à des destinations hors du Canada et le personnel militaire réceptifs devraient recevoir le vaccin RRO, quelle que soit leur année de naissance.

Comment

  • Immunisation systématique des enfants : Il faut administrer 2 doses de tout vaccin (RRO ou RROV) contenant le virus des oreillons. La première dose du vaccin contenant le virus des oreillons devrait être administrée lorsque l'enfant est âgé entre 12 et 15 mois et la deuxième dose, à 18 mois ou après, mais elle ne devrait pas être administrée après son entrée à l'école.
  • Enfants et adolescents qui n'ont pas été vaccinés : Il faut administrer 2 doses du vaccin contenant le virus des oreillons. Le vaccin RROV peut être administré aux enfants en bonne santé âgés de 12 mois à moins de 13 ans.
  • Adultes réceptifs nés en 1970 ou après : Il faut administrer 1 dose du vaccin RRO. Les sujets les plus susceptibles d'être exposés aux oreillons (ceux voyageant hors du Canada, les travailleurs de la santé, les étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement postsecondaire et le personnel militaire) devraient recevoir 2 doses du vaccin RRO.
  • Travailleurs de la santé et personnel militaire réceptifs qui sont nés avant 1970 : Il faut administrer 2 doses du vaccin RRO.
  • Voyageurs réceptifs nés avant 1970 qui se rendent à l'extérieur du Canada : Il faut administrer 1 dose du vaccin RRO.
  • Étudiants réceptifs nés avant 1970 qui fréquentent des établissements d'enseignement postsecondaire : L'administration de 1 dose du vaccin RRO devrait être envisagée.

Pourquoi

  • Les oreillons sont présents partout dans le monde et des éclosions continuent d'être enregistrées.
  • Les complications des oreillons sont relativement fréquentes, mais les séquelles permanentes sont rares.

Épidémiologie

Description de la maladie

Agent infectieux

Le virus des oreillons appartient à la famille des Paramyxoviridae.

Réservoir

Les humains.

Transmission

Le virus des oreillons se transmet principalement par exposition à de grosses gouttelettes, de même que par contact direct avec de la salive ou des gouttelettes respiratoires infectées. La période d'incubation dure de 12 à 25 jours (moyenne de 16 à 18 jours). Le virus a été isolé de la salive pendant les 7 jours qui précèdent l'apparition des symptômes et jusqu'à 9 jours après; la période la plus contagieuse est de 2 jours avant l'apparition des symptômes, jusqu'à 5 jours après. Même si elles sont asymptomatiques, les personnes infectées peuvent tout de même transmettre les oreillons à d'autres.

Facteurs de risque

En général, les personnes n'ayant jamais contracté le virus des oreillons ou n'ayant jamais été vaccinées contre cette maladie sont susceptibles d'être infectées. Au Canada, on suppose que la plupart des adultes nés avant 1970 ont développé une immunité naturelle aux oreillons; toutefois, certaines personnes n'ont pas nécessairement eu cette infection et peuvent demeurer réceptives. Une deuxième dose du vaccin contre les oreillons est administrée systématiquement avec le vaccin contre la rougeole et la rubéole (RRO) en vue du contrôle de la rougeole depuis 1996-1997. Les personnes nées entre 1970 et 1990 sont vulnérables aux oreillons, puisqu'il est moins probable qu'elles aient reçu deux doses d'un vaccin contenant les oreillons ou qu'elles aient été vivantes quand le virus sauvage circulait à grande échelle.

Tendances saisonnières et temporelles

Historiquement, l'incidence des oreillons atteint son apogée pendant l'hiver et le printemps dans les régions tempérées. La maladie survient maintenant seulement dans des cas sporadiques ou dans le cadre d'éclosions.

Spectre de la maladie clinique

Environ 40 % des personnes infectées par le virus des oreillons présentent une parotidite aiguë, qui est unilatérale dans environ 25 % des cas. Près de la moitié des personnes touchées manifestent des symptômes non spécifiques ou principalement respiratoires. Les infections infra-cliniques sont courantes. Si les complications des oreillons sont relativement fréquentes, par contre les séquelles permanentes sont rares. Avant l'usage généralisé du vaccin contre les oreillons, cette maladie représentait une cause importante de méningite virale. Il arrive, quoique rarement, que la méningo-encéphalite associée aux oreillons entraîne des séquelles neurologiques permanentes, notamment la paralysie, les convulsions, la paralysie des nerfs crâniens et l'hydrocéphalie. Une surdité permanente est observée, à un taux estimatif de 0,5 à 5,0 pour 100 000 cas d'oreillons signalés. Les oreillons se compliquent d'une orchite chez 20 à 30 % des hommes pubères et d'une oophorite chez 5 % des femmes pubères. L'atteinte des organes sexuels est le plus souvent unilatérale et, par conséquent, il est rare que cette maladie entraîne la stérilité. Les oreillons contractés pendant la grossesse n'ont pas été associés à des malformations congénitales, par contre, si l'infection survient pendant le premier trimestre, elle peut accroître le risque d'avortement spontané.

Répartition géographique de la maladie

À l'échelle mondiale

Les oreillons surviennent partout dans le monde. Des cas sont signalés tout au long de l'année, et des épidémies surviennent tous les deux à cinq ans. Les oreillons sont endémiques dans de nombreux pays.

À l'échelle nationale

Depuis l'autorisation du vaccin contre les oreillons au Canada en 1969 et la mise en place subséquente d'un calendrier d'immunisation systématique à deux doses du vaccin RRO en 1996-1997, le nombre de cas d'oreillons signalés à l'échelle nationale a diminué de plus de 99 %. La répartition par âge des cas d'oreillons au Canada a également évolué au fil du temps.

La majorité des cas de 2014 à 2018 ont été observés dans la tranche d'âge de 20 à moins de 40 ans. Au cours de cette période, les taux d'incidence les plus élevés ont été signalés chez les adultes de 20 à 24 ans (3,8 cas pour 100 000 habitants). Les oreillons demeurent une maladie cyclique au Canada, et des éclosions surviennent toutes les quelques années, même si les taux d'incidence sont autrement faibles.

Préparations autorisées au Canada

Vaccins contenant le virus des oreillons

  • M-M-R®II (vaccin combiné à virus vivants atténués contre la rougeole, la rubéole et les oreillons), Merck Canada Inc. (RRO)
  • PRIORIX® (vaccin combiné à virus vivants atténués contre la rougeole, la rubéole et les oreillons), GlaxoSmithKline Inc. (RRO)
  • PRIORIX-TETRA® (vaccin combiné à virus vivants atténués contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle), GlaxoSmithKline Inc. (RROV)
  • ProQuadMC (vaccin combiné à virus vivants atténués contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle), Merck Canada Inc. (RROV)

Au Canada, le vaccin contre les oreillons est seulement disponible sous forme de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) ou sous forme de vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle (RROV). Tous les vaccins autorisés pour la prévention des oreillons (RRO et RROV) au Canada contiennent la souche atténuée du virus des oreillons Jeryl Lynn, qui appartient au génotype A. Dans certains autres pays, le vaccin contre la rougeole est administré seul, et la vaccination contre les oreillons n'est pas proposée.

Pour obtenir les renseignements thérapeutiques complets, consultez le dépliant du produit ou l'information contenue dans la monographie de produit disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada.

Voir la section Contenu des agents immunisants autorisés au Canada dans la partie 1 pour connaître la liste des vaccins offerts au Canada ainsi que leurs constituants.

Efficacité potentielle, efficacité réelle et immunogénicité

Immunogénicité

Dans les essais cliniques, l'administration de 1 seule dose de vaccin RRO suffit pour induire des anticorps contre la rougeole, les oreillons et la rubéole chez 95, 96 et 99 % des enfants auparavant séronégatifs, respectivement.

Chez les enfants âgés de 12 mois, 1 seule dose de vaccin RROV donne des taux de séroconversion similaires à ceux obtenus après l'administration concomitante du vaccin RRO et du vaccin monovalent contre la varicelle. Dans une autre étude menée chez des enfants ayant reçu 2 doses de RROV durant leur deuxième année de vie, le taux de séropositivité pour la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle s'établissait, trois ans après la vaccination, à 99; 97,4; 100 et 99,4 % respectivement.

Efficacité potentielle et réelle

Il est estimé que l'efficacité réelle du vaccin contre les oreillons se situe entre 62 et 91 % lorsqu'une seule dose est administrée et entre 76 et 95 % lorsque 2 doses sont administrées. Une efficacité réelle un peu plus faible a été observée lors d'éclosions, surtout lorsque les expositions se sont produites dans un environnement de contact étroit. Des éclosions d'oreillons sont survenues dans des populations dont plus de 95 % des personnes avaient reçu 1 dose de vaccin contenant le virus des oreillons, ce qui donne à penser que 1 seule dose de vaccin n'est pas suffisante pour prévenir une éclosion de cette maladie. Dans certains cas, des éclosions sont survenues dans des milieux où une proportion élevée de personnes avaient reçu 2 doses du vaccin. Le déclin de l'immunité semble contribuer au risque d'oreillons chez les personnes vaccinées.

Il n'existe aucune donnée sur l'efficacité réelle à long terme du vaccin RROV.

Indications

Enfants

Calendrier d'immunisation systématique

Enfants en santé (âgés de 12 mois à moins de 13 ans)

Dans le cadre de l'immunisation systématique des enfants âgés entre 12 mois à moins de 13 ans, il faut administrer 2 doses de vaccin contenant le virus des oreillons (RRO ou RROV). La première dose du vaccin contenant le virus des oreillons devrait être administrée lorsque l'enfant est âgé entre 12 et 15 mois et la deuxième dose, à 18 mois ou après, mais elle ne devrait pas être administrée après son entrée à l'école.

Vaccination de rattrapage et vaccination accélérée

Enfants (âgés de 12 mois à moins de 13 ans)

Deux doses de vaccin contenant le virus des oreillons (RRO ou RROV) devraient être administrées aux enfants âgés de moins de 13 ans qui n'ont pas été immunisés de façon systématique. Pour les enfants d'âge préscolaire, 2 doses de vaccin contenant le virus des oreillons devraient être administrées avant l'entrée à l'école (enfant de 4 à 6 ans). Les enfants ayant déjà reçu 1 dose du vaccin RRO devraient recevoir une deuxième dose au moins 4 semaines après l'administration de la première dose. L'intervalle minimum entre les doses de vaccin contenant le virus des oreillons est de 4 semaines.

Adolescents (âgés de 13 ans à moins de 18 ans)

Les adolescents réceptifs aux oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 2 doses du vaccin RRO à au moins 4 semaines d'intervalle.

Consultez le Calendrier d'administration des vaccins de la partie 1 pour plus de précisions sur les retards dans les calendriers de vaccination et les calendriers de vaccination accélérés.

Adultes

Adultes en santé (âgés de 18 ans ou plus)

Les adultes réceptifs aux oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 1 ou 2 doses du vaccin RRO selon leur âge et leurs facteurs de risque. Si l'administration de 2 doses est nécessaire, il faut administrer les doses du vaccin RRO à au moins 4 semaines d'intervalle.

Calendrier d'immunisation systématique

On suppose généralement que les adultes nés avant 1970 ont développé une immunité naturelle aux oreillons; toutefois, certaines de ces personnes peuvent demeurer réceptives.

Les adultes ne présentant pas de contre-indications, nés en 1970 ou plus tard, et qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient être immunisés avec 1 dose du vaccin RRO.

Sujets à risque élevé

Travailleurs de la santé

Voir la section Travailleurs.

Étudiants de niveau postsecondaire

Les étudiants nés en 1970 ou plus tard et qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient être immunisés avec 2 doses du vaccin RRO. Chez les étudiants nés avant 1970, l'administration de 1 dose de vaccin RRO devrait être envisagée.

Personnel militaire

Les membres du personnel militaire, quelle que soit leur année de naissance, qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 2 doses du vaccin RRO.

Voyageurs

Voir la section sur les Voyageurs.

Pour plus de renseignements sur l'immunisation systématique recommandée pour les adultes et sur les vaccins recommandés pour les adultes dans des situations à risque particulières, consultez la section Immunisation des adultes de la partie 3.

Réceptivité et immunité

Le Tableau 1 ci-dessous présente un résumé des critères d'immunité contre les oreillons.

Tableau 1 : Critères d'immunité contre les oreillons
Immunisation systématique Travailleurs de la santé Personnes voyageant hors du CanadaNote 3 du tableau 1 Étudiants de niveau postsecondaire Personnel militaire
  • Preuve de vaccination :

    OU

  • Antécédents d'infection confirmée en laboratoire
    OU
  • Preuve d'immunité fournie par un laboratoire
    OU
  • Être né avant 1970
  • Preuve de réception de 2 dosesNote 1 du tableau 1 (quelle que soit l'année de naissance)
    OU
  • Antécédents d'infection confirmée en laboratoire
    OU
  • Preuve d'immunité fournie par un laboratoire
  • Preuve de vaccination :

    OU

  • Antécédents d'infection confirmée en laboratoire
    OU
  • Preuve d'immunité fournie par un laboratoire
  • Preuve de vaccination :

    • Si nés en 1970 ou après : 2 dosesNote 1 du tableau 1
    • Adultes nés avant 1970 : Envisager 1 doseNote 1 du tableau 1 si aucun document n'atteste l'administration d'un vaccin contenant le virus des oreillons

    OU

  • Antécédents d'infection confirmée en laboratoire
    OU
  • Preuve d'immunité fournie par un laboratoire
  • Preuve de réception de 2 dosesNote 1 du tableau 1 (quelle que soit l'année de naissance)
    OU
  • Antécédents d'infection confirmée en laboratoire
    OU
  • Preuve d'immunité fournie par un laboratoire.

Notes du tableau 1

Note 1 du tableau 1

Vaccin contenant le virus des oreillons

Retour à la référence de la note 1 du tableau 1

Note 2 du tableau 1

Voir les recommandations supplémentaires pour les travailleurs de la santé, les personnes qui voyagent hors du Canada, les étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement postsecondaire et le personnel militaire

Retour à la référence de la note 2 du tableau 1

Note 3 du tableau 1

L'immunisation contre les oreillons et la rougeole est assurée par un vaccin combiné (RRO ou RROV). Pour des conseils sur l'immunisation contre la rougeole pour les voyageurs, voir la section « Vaccin contre la rougeole » de la partie 4.

Retour à la référence de la note 3 du tableau 1

Doses de rappel et revaccination

Il n'est pas nécessaire de procéder à une revaccination si un vaccin contenant le virus des oreillons adapté à l'âge et aux facteurs de risque de la personne en question a été administré.

Immunisation post-exposition

La vaccination post-exposition avec le vaccin RRO devrait être administrée aux personnes réceptives, car l'exposition peut ne pas entraîner d'infection, et le vaccin protégera ainsi contre les expositions ultérieures. Rien n'indique qu'une hausse du risque d'évènements indésirables (ÉI) puisse se produire à la suite de l'administration d'un vaccin RRO si la personne est déjà immunisée contre un ou plusieurs des éléments du vaccin ou déjà infectée par le virus des oreillons. Il n'y a pas de données concernant l'efficacité du vaccin RROV après l'exposition.

Lutte contre les éclosions

La taille, la portée et la durée des éclosions d'oreillons peuvent être variables; en outre, leur progression et leur pic sont difficiles à prévoir, compte tenu des retards dans la déclaration, des comportements favorisant la santé et de la période d'incubation relativement longue pour le virus des oreillons. De plus, la circulation du virus des oreillons dans les populations fortement vaccinées peut passer inaperçue; et il peut être difficile de déterminer le statut de vaccination des cas et des contacts dans plusieurs administrations canadiennes en raison de la variabilité au chapitre de la disponibilité de registres d'immunisation exhaustifs.

La réponse de la santé publique aux oreillons comprend la prise en charge des cas et des contacts et l'identification de réseaux sociaux pour définir la population vulnérable lorsque le suivi des contacts n'est pas possible, ainsi que le maintien ou l'amélioration de la surveillance pour d'autres cas et résultats de la maladie (p. ex. hospitalisations, complications). En général, une éclosion d'oreillons est maîtrisée à l'aide des méthodes suivantes :

  • Définir les populations vulnérables et les milieux de transmission;
  • Prévenir toute transmission ultérieure par l'isolement de cas ainsi que par l'éducation et la sensibilisation des contacts;
  • Vacciner les groupes sous-immunisés;
  • Assurer une bonne communication des risques.

Pendant une éclosion, l'administration d'une dose du vaccin RRO adaptée aux éclosions peut être envisagée dans le cadre de la stratégie plus vaste de contrôle des éclosions. En outre, le vaccin RRO (jusqu'à une troisième dose) peut être considéré pour les contacts étroits à la suite d'une exposition à un cas d'oreillons lors d'une éclosion. Toutefois, en raison des difficultés logistiques potentielles liées à la mise en œuvre du programme (telles que celles liées à l'approvisionnement en vaccins et aux coûts d'acquisition, à l'acceptation des vaccins et à la détermination de la sensibilité au virus et à l'absence de registres de vaccination ou d'informations sur les expositions), il est important d'évaluer rapidement les caractéristiques de l'éclosion et de définir les populations qui ont été ou peuvent être exposées à la maladie.

Il est important de procéder rapidement à la mise en œuvre de programmes d'immunisation en cas d'éclosion d'oreillons (c.-à-d. pendant la période où le nombre de cas augmente rapidement), car la vaccination précoce sera probablement l'intervention la plus efficace pour contrôler l'éclosion. Même si la vaccination dans les phases ultérieures de l'éclosion (p. ex., après le pic) pourrait être bénéfique pour les individus, son effet au niveau de la population est incertain.

Différentes options pour l'administration d'une dose d'éclosion du vaccin RRO sont possibles, y compris l'immunisation selon le temps qui s'est écoulé depuis la dernière dose, le milieu et le niveau de l'exposition, ainsi que l'âge et le risque de complications. Comprendre la nature de l'éclosion (personne, endroit, moment) et avoir accès aux antécédents de vaccination du groupe cible seront d'une importance capitale pour éclairer le choix et la mise en œuvre de la stratégie de doses adaptées aux éclosions. Il faudra notamment déterminer si la dose adaptée aux éclosions devrait être la première, la deuxième ou la troisième dose du vaccin contenant les oreillons.

Afin d'obtenir une liste des éléments à prendre en considération pour la gestion des éclosions d'oreillons, voir la Déclaration du CCNI sur l'utilisation du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour la prise en charge des éclosions d'oreillons au Canada.

Les recommandations relatives aux vaccins et les autres renseignements fournis dans le Guide canadien d'immunisation visent à compléter et, le cas échéant, à mettre à jour les Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada publiées en 2010, qui fournissent des renseignements plus détaillés et plus complets sur les principes de prise en charge des éclosions d'oreillons au-delà de la vaccination. Pour en savoir davantage sur le contrôle des éclosions d'oreillons, voir le document Supplément : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Vaccination de populations particulières

Personnes ayant un dossier de vaccination incomplet

Les enfants et les adultes qui sont réceptifs aux oreillons, y compris ceux qui manquent de documents adéquats sur l'immunisation, devraient être vaccinés conformément au calendrier d'immunisation adapté à leur âge et à leurs facteurs de risque. Un vaccin contenant le virus des oreillons peut être administré sans avoir à se préoccuper des antécédents de vaccination, car il a été démontré que l'administration répétée d'un tel vaccin ne provoque pas d'ÉI additionnels. Voir le chapitre Immunisation des personnes dont le dossier de vaccination est incomplet de la partie 3 pour obtenir de plus amples renseignements.

Grossesse et allaitement

Il faut vérifier l'immunité à l'égard de la rougeole, des oreillons et de la rubéole chez les femmes en âge de procréer et recommander la vaccination aux femmes réceptives qui ne sont pas enceintes. Il est recommandé que les femmes évitent de devenir enceintes au cours des 4 semaines au moins suivant l'administration d'un vaccin RRO.

Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués en cours de grossesse à cause du risque théorique de transmission de maladie au fœtus. Toutefois, il n'y a pas de preuve démontrant un risque tératogène découlant du vaccin, et on ne doit donc pas recommander l'avortement à la suite d'une immunisation malencontreuse avec l'un de ces vaccins en se fondant sur des risques possibles pour le fœtus après l'immunisation maternelle. Aucun cas de rubéole congénitale n'avait été observé chez les enfants de 226 femmes vaccinées par erreur pendant leur grossesse. Cependant, dans certaines situations où les avantages potentiels du vaccin RRO peuvent l'emporter sur les risques, comme durant une éclosion de rougeole ou de rubéole, il est possible d'envisager la vaccination selon les recommandations des responsables de la santé publique. Les femmes enceintes qui sont réceptives aux oreillons devraient se voir offrir le vaccin après l'accouchement.

Les femmes réceptives qui allaitent devraient recevoir un vaccin RRO.

Voir le chapitre Produits sanguins, immunoglobulines humaines et moment de l'immunisation de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements sur la vaccination contre les oreillons de femmes ayant accouché qui ont reçu de l'immunoglobuline anti-Rh (RhIg). Voir le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3 pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet.

Patients d'un établissement de santé

Les résidents réceptifs des établissements de soins de longue durée doivent recevoir un vaccin contenant les virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons adapté à leur âge et aux facteurs de risque. Voir le chapitre Immunisation des patients dans les établissements de santé de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Personnes atteintes de maladies chroniques

Voir le chapitre Vaccin contre la rougeole pour obtenir davantage de renseignements. Voir le chapitre Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux sur la vaccination des personnes atteintes de maladies chroniques.

Troubles neurologiques

Les personnes ayant un trouble du spectre autistique ou un trouble neurologique démyélinisant (y compris la sclérose en plaques) devraient recevoir tous les vaccins systématiquement recommandés, y compris un vaccin contenant le virus des oreillons.

Sujets immunodéprimés

Que ce soit en raison d'états sous-jacents ou d'une thérapie immunosuppressive, les individus immunodéprimés présentent un risque plus élevé de développer les oreillons. Ils pourraient être plus à risque de présenter des épisodes récurrents et des complications de la maladie.

En général, les personnes immunodéprimées ne devraient pas recevoir de vaccins vivants en raison du risque de maladie lié aux souches du vaccin. Si la vaccination d'un sujet immunodéprimé avec un vaccin vivant est envisagée, il convient d'obtenir au préalable l'approbation de son médecin traitant. Pour les cas complexes, il est recommandé de consulter un médecin spécialisé dans les domaines de l'immunisation et de l'immunodéficience.

Pour plus d'information, consultez Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir de plus amples renseignements.

Contacts familiaux

Les contacts familiaux des personnes immunodéprimées qui sont réceptifs devraient être considérés comme étant prioritaires pour l'administration d'un vaccin contenant le virus des oreillons conformément aux recommandations formulées pour leur âge et leurs facteurs de risque.

Voir le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 et la section Contre-indications et précautions pour obtenir davantage de renseignements.

Voyageurs

Il est particulièrement important pour les personnes qui prévoient voyager hors du Canada d'être protégées contre les oreillons. Les voyageurs se rendant à l'étranger, nés en 1970 ou après, et qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 2 doses du vaccin contenant le virus des oreillons.

Les voyageurs se rendant à l'étranger, nés avant 1970, et qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 1 dose du vaccin RRO.

Les oreillons sont endémiques dans de nombreux pays. Veuillez consulter le nombre de cas signalés d'oreillons par pays (en anglais seulement) pour de plus amples renseignements.

Voir le chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Nouveaux arrivants au Canada

Les fournisseurs de soins de santé qui examinent des nouveaux arrivants au Canada devraient évaluer leur état vaccinal et mettre à jour leurs vaccins, au besoin. Dans bon nombre de pays étrangers, les vaccins contre les oreillons et la rubéole sont offerts en quantité limitée, et le vaccin contre la rougeole est administré seul. Ainsi, les résultats d'une étude canadienne ont révélé que plus d'un tiers des nouveaux immigrants et réfugiés, notamment les femmes, étaient réceptif à la rougeole, à la rubéole ou aux oreillons. Voir le chapitre Immunisation des personnes nouvellement arrivées au Canada de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Travailleurs

Il est recommandé que tous les travailleurs de la santé reçoivent le vaccin contre les oreillons. Les travailleurs de la santé, quelle que soit leur année de naissance, qui ne répondent pas à la définition de l'immunité contre les oreillons (voir le Tableau 1 pour les critères d'immunité) devraient recevoir 2 doses du vaccin RRO. Voir le chapitre Immunisation des travailleurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Tests sérologiques

L'exécution d'un test sérologique n'est pas recommandée avant ou après la réception d'un vaccin contenant le virus des oreillons. Pour en savoir davantage sur la sérologie des oreillons, voir le document Supplément : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada de l'ASPC.

Méthodes d'administration

Dose et voie d'administration

Dose

Chaque dose de vaccin contenant le virus des oreillons est de 0,5 mL.

Voie d'administration

Le vaccin RRO devrait être administré par voie sous-cutanée (SC). Le vaccin RROV devrait être administré selon la monographie du produit.

Pour plus de renseignements sur la consultation avant et après la vaccination, les techniques de préparation et d'administration de vaccins, ainsi que la prévention et le contrôle des infections, voir le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1.

Interchangeabilité des vaccins

D'après l'opinion d'experts, les vaccins RRO autorisés au Canada peuvent être utilisés de manière interchangeable. Voir le chapitre Vaccin contre la varicelle pour obtenir de plus amples renseignements sur l'interchangeabilité des vaccins RROV. Voir le chapitre Principes de l'interchangeabilité des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements.

Administration simultanée d'autres vaccins

Le vaccin RRO peut être administré de façon concomitante avec (ou en tout temps avant ou après) des vaccins inactivés, des vaccins oraux vivants, ou un vaccin vivant atténué, intranasal, contre l'influenza (VVAI).

Le vaccin RRO peut être administré avec d'autres vaccins vivants à administration parentérale systématique. Si ces vaccins ne sont pas administrés de manière concomitante, un intervalle minimal de 4 semaines est recommandé entre le vaccin RRO et les autres vaccins vivants à administration parentérale. Cette recommandation vise à éliminer le risque que le premier vaccin nuise à l'efficacité du deuxième.

Dans le cas de vaccins administrés par voie parentérale au cours de la même consultation, les points d'injection ne doivent pas être les mêmes, et une aiguille et une seringue différentes doivent être utilisées. Voir le chapitre Calendrier d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir de plus d'information sur l'administration concomitante du vaccin contenant le virus des oreillons avec d'autres vaccins.

Exigences relatives à la manipulation et entreposage des agents immunisants

Voir le chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants de la partie 1 pour les recommandations relatives à l'entreposage et à la manipulation des vaccins contenant le virus des oreillons.

Innocuité et évènements indésirables du vaccin

ÉI courants et localisés

Vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons

La fréquence et la gravité des ÉI consécutifs à l'administration d'un vaccin RRO sont moins importantes que les manifestations associées à la maladie naturelle. Les ÉI sont moins fréquents après la seconde dose du vaccin et ne se produisent en général que chez les sujets qui n'ont pas été protégés par la première dose. Dans les 6 à 23 jours suivant l'administration du vaccin RRO, environ 5 % des enfants vaccinés sont atteints d'un malaise ou d'une fièvre (accompagnés ou non d'une éruption cutanée) pouvant durer jusqu'à 3 jours. En outre, le vaccin RRO occasionne parfois une parotidite, une éruption cutanée, une lymphadénopathie ou des symptômes articulaires. Il n'y a pas de problème d'innocuité grave connu après l'administration d'une troisième dose du vaccin RRO.

Vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle

Une douleur et un érythème au point d'injection ou une fièvre inférieure à 39 °C sont observés chez 10 % ou plus des vaccinés. Une éruption cutanée, y compris une éruption ressemblant à celle qui survient en cas de rougeole, de rubéole ou de varicelle, ainsi qu'une enflure au point d'injection et une légère fièvre supérieure à 39 °C apparaissent chez de 1 à moins de 10 % des vaccinés. Comme les éruptions varicelliformes qui apparaissent dans les 2 semaines suivant la vaccination peuvent être causées par un virus sauvage (virus de la varicelle circulant au sein de la communauté), les fournisseurs de soins de santé doivent prélever des échantillons auprès du vacciné afin de déterminer s'il s'agit d'une éruption due à une infection varicelleuse naturelle ou à la souche vaccinale.

Vaccins contenant le virus de la rubéole

D'une à trois semaines après l'administration d'un vaccin contenant le virus de la rubéole, il se peut qu'une arthrite ou une arthralgie transitoire aiguë se présente. Un tel malaise persiste pendant environ 1 à 3 semaines; ces ÉI réapparaissent rarement. Ces réactions sont plus fréquentes chez les femmes pubères, qui présentent une arthralgie dans 25 % des cas et une arthrite dans 10 % des cas après l'administration du vaccin contenant le virus de la rubéole. Rien n'indique qu'il existe un risque accru de nouvelles apparitions d'arthropathies chroniques.

ÉI moins fréquents et manifestations cliniques inhabituelles sérieuses ou graves

Les ÉI graves sont rares après l'immunisation et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. On a déjà observé des réactions anaphylactiques consécutives à l'administration d'un vaccin RRO ou RROV, mais seulement dans de très rares cas.

Purpura thrombocytopénique immun

Dans de rares cas, un purpura thrombocytopénique immun (PTI) se produit dans les 6 semaines suivant l'administration du vaccin RRO ou RROV. Chez la plupart des enfants, la thrombocytopénie post-vaccination se résorbe dans les 3 mois qui suivent sans complications graves. Dans le cas des personnes ayant subi un purpura thrombocytopénique immun après l'administration de la première dose du vaccin RRO ou RROV, il y a lieu d'évaluer leur statut sérologique afin de déterminer si l'administration d'une deuxième dose est nécessaire aux fins de protection. Dans de pareils cas, il convient d'évaluer avec soin les risques et les bienfaits potentiels avant d'envisager la vaccination.

Encéphalite

Des cas d'encéphalite attribuables au vaccin contre la rougeole ont été signalés à une fréquence d'environ 1 cas pour 1 million de doses distribuées en Amérique du Nord; cette incidence est beaucoup moins fréquente qu'après une infection naturelle (environ 1 cas pour 1 000 infections).

Convulsions fébriles

Lorsque la première dose du vaccin RROV est administrée contre la rougeole et la varicelle à des enfants âgés de 12 à 23 mois, il y a un plus grand risque de fièvre et de convulsions fébriles dans les 7 à 10 jours suivant la vaccination, comparativement à une administration distincte du vaccin RRO et du vaccin monovalent contre la varicelle au cours de la même visite. Pour plus de renseignements sur les convulsions fébriles après l'administration du vaccin RROV, consultez la section Vaccin contre la rougeole de la partie 4.

Autres problèmes d'innocuité

Dans la deuxième moitié des années 1990, des chercheurs du Royaume-Uni ont fait état d'une association entre le vaccin RRO et l'autisme ou les maladies inflammatoires de l'intestin. Des études scientifiques rigoureuses et des évaluations des données en cause réalisées partout dans le monde ont permis de recueillir suffisamment de données pour prouver que les conclusions initiales étaient fausses. En 2010, il a été révélé que l'étude initiale qui laissait entendre l'existence d'un lien entre le vaccin RRO et l'autisme était frauduleuse, et l'étude a été rétractée.

Conseils pour la déclaration des effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI)

Afin de garantir l'innocuité des vaccins au Canada, la déclaration des ESSI par les fournisseurs de vaccins et autres cliniciens est essentielle; d'ailleurs, dans certaines administrations, cette déclaration est prescrite par la loi.

Les fournisseurs de vaccins sont priés de signaler les ESSI par l'intermédiaire des représentants de la santé publique locaux et de vérifier les exigences précises se rapportant à ces déclarations dans leur administration respective. D'une manière générale, tout ÉI grave ou imprévu qui semble être temporellement associé à la vaccination doit être déclaré. Les ESSI suivants, en particulier, sont à signaler :

  • Convulsions fébriles dans les 30 jours suivant l'administration d'un vaccin RRO ou RROV;
  • Varicelle modérée (causant de 50 à 500 lésions) ou grave (causant plus de 500 lésions vésiculaires ou associée à des complications ou nécessitant une admission à l'hôpital) qui survient dans les 7 à 21 jours suivant l'administration d'un vaccin RROV;
  • Toute manifestation clinique inhabituelle grave ou inattendue considérée comme temporellement associée à la vaccination. Une manifestation clinique inhabituelle suivant l'immunisation est un ÉI qui ne figure pas dans les renseignements disponibles sur le produit, mais qui peut être dû à l'immunisation, ou encore une modification de la fréquence d'un ESSI connu.

Voir le guide Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d'une immunisation au Canada et le chapitre Effets secondaires suivant l'immunisation de la partie 2 pour obtenir de plus amples renseignements sur la déclaration des ESSI.

Contre-indications et précautions

L'administration des vaccins RRO et RROV est contre-indiquée chez les personnes ayant des antécédents anaphylactiques après l'administration du vaccin ainsi que chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique avérée à toute composante du vaccin, sauf une allergie aux œufs. Voir le chapitre Contenu des agents immunisants autorisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des vaccins autorisés au Canada ainsi que leurs constituants.

Si une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique aux composants du vaccin est soupçonnée, il est indiqué de mener une enquête et, le cas échéant, d'effectuer la vaccination dans un milieu sous surveillance. Une consultation avec un allergologue est conseillée.

Les composants antirougeoleux et antiourliens des vaccins RRO et RROV sont produits dans une culture de fibroblastes de poulet et peuvent contenir des traces résiduelles de protéines d'œuf et de poulet. Le vaccin semble cependant ne pas contenir suffisamment de traces de protéines d'œuf ou de poulet pour causer une réaction allergique chez les personnes allergiques aux œufs. La réalisation d'un test cutané avant l'administration du vaccin n'est pas recommandée, car ce test ne permet pas de prévoir les réactions au vaccin. Les vaccins RRO et RROV peuvent être administrés de la façon courante aux personnes ayant des antécédents d'hypersensibilité anaphylactique aux œufs de poule. L'ingestion d'œufs dans le passé n'est pas une condition préalable à l'administration d'un vaccin contenant des protéines d'œuf. Comme pour tous les vaccins, l'immunisation devrait être effectuée par du personnel ayant la capacité et les ressources pour gérer les ÉI après la vaccination. Voir le chapitre Hypersensibilité anaphylactique aux œufs et aux antigènes de l'œuf de la partie 2 pour de plus amples renseignements.

Les enfants pour qui l'administration de vaccins à virus vivants est contre-indiquée en raison d'antécédents familiaux connus ou présumés d'immunodéficience congénitale ou héréditaire ne devraient pas recevoir de vaccins vivants, à moins que leur immunocompétence n'ait été établie. Pour de plus amples renseignements, voir le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3.

Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués en cours de grossesse à cause du risque théorique pour le fœtus. Pour de plus amples renseignements, voir le chapitre Immunisation durant la grossesse et allaitement de la partie 3.

Par mesure de précaution, les vaccins contenant le virus de rougeole sont contre-indiqués chez les personnes souffrant de tuberculose active non traitée. Bien que l'infection naturelle par le virus de la rougeole puisse exacerber la tuberculose, rien n'indique que le vaccin RRO produit le même effet. Néanmoins, une thérapie antituberculeuse pour le traitement de la tuberculose active est recommandée avant d'administrer un vaccin contenant le virus de la rougeole, et il peut être prudent d'éviter tout vaccin à virus vivants chez les personnes souffrant d'une tuberculose active jusqu'à ce que le traitement soit en cours. Une consultation avec un expert en maladies infectieuses est recommandée.

Des antécédents de convulsions fébriles et des antécédents familiaux de convulsions ne sont pas une contre-indication à l'administration du vaccin RROV.

L'administration du vaccin RRO ou RROV devrait être reportée chez les personnes présentant une maladie aiguë grave. Les personnes atteintes d'une maladie aiguë légère, avec ou sans fièvre, peuvent être vaccinées.

Il est déconseillé de prendre des salicylates [médicament découlant de l'acide salicylique comme l'acide acétylsalicylique (AAS)] pendant les 6 semaines suivant la réception du vaccin RROV à cause d'une association entre la varicelle de type sauvage, le traitement aux salicylates et le syndrome de Reye.

Voir le chapitre Contre-indications et précautions à prendre de la partie 2 pour obtenir d'autres renseignements généraux.

Autres considérations

Interactions médicamenteuses

Traitement antiviral systémique

Il est déconseillé de recevoir un traitement antiviral systémique (comme un traitement à l'acyclovir, au valacyclovir ou au famciclovir) pendant la période précédant ou suivant immédiatement la vaccination, puisqu'un tel traitement risque de nuire à la reproduction du virus vaccinal et, par conséquent, à l'efficacité d'un vaccin contenant le virus de la varicelle, comme le vaccin RROV. D'après l'opinion d'experts, il est recommandé que les personnes recevant un traitement antiviral prolongé cessent de prendre ces médicaments, si possible au moins 24 heures avant l'administration du vaccin RROV et jusqu'à 14 jours après la vaccination.

Test cutané à la tuberculine ou test de libération d'interféron gamma (TLIG)

Le composant anti-rougeoleux des vaccins contenant le virus de la rougeole peut supprimer provisoirement la réactivité à la tuberculine, ce qui entraîne des résultats faussement négatifs. Si un test cutané à la tuberculine ou un test de libération d'interféron-gamma (TLIG) est nécessaire, il doit être réalisé la même journée que la vaccination ou au moins 4 semaines après la réception du vaccin contre la rougeole. Le vaccin contenant le virus de la rougeole peut être administré n'importe quand après la réalisation et l'évaluation du test cutané à la tuberculine.

Immunoglobuline humaine et autres produits sanguins

L'administration d'une immunisation passive au moyen d'immunoglobulines humaines et la réception de la plupart des autres produits sanguins peuvent nuire à la réponse immunitaire aux vaccins RRO et RROV. Voir le chapitre Produits sanguins, immunoglobulines humaines et moment de l'immunisation de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements concernant les intervalles recommandés entre l'administration de préparations d'immunoglobulines ou d'autres produits sanguins et l'administration des vaccins RRO et RROV.

Processus de révision des chapitres

Ce chapitre a été mis à jour de manière à en assurer la conformité avec la Déclaration du CCNI : Utilisation du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour la prise en charge des éclosions d'oreillons au Canada. Les recommandations sur la gestion des éclosions d'oreillons fournies dans ce chapitre et dans la déclaration sont fondées sur les meilleures connaissances scientifiques actuelles et visent à compléter et, le cas échéant, à mettre à jour les Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada publiées en 2010.

Références choisies

  • Agence de la santé publique du Canada. « Supplément : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada ». Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 36S1, p. 1-46, 2010.
  • American Academy of Pediatrics. Pickering L.K., C.J. Baker, D.W. Kimberlin, et al., éditeurs, Red Book: 2009 Report of the Committee on Infectious Diseases, 28e éd., Elk Grove Village, IL, American Academy of Pediatrics, 2009.
  • Boulianne N., G. De Serres, S. Ratnam, et al., « Measles, mumps and rubella antibodies in children 5-6 years after immunization: effect of vaccine type and age at vaccination », Vaccine, vol. 13, nº 16, p. 1611-1616, 1995.
  • Caplan, C.E. « Mumps in the era of vaccines », CMAJ, vol. 160, nº 6 (1999), p. 865-866.
  • Centers for Disease Control and Prevention. The Pink Book: Epidemiology and Prevention of Vaccine Preventable Diseases, 13e éd. révisée, 2015. Consulté en juin 2015. Accès : http://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/index.html
  • Centers for Disease Control and Prevention. Measles, Mumps, and Rubella -- Vaccine Use and Strategies for Elimination of Measles, Rubella, and Congenital Rubella Syndrome and Control of Mumps: Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). MMWR Recomm Rep 1998; 47(RR-8):1-57.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Advisory Committee on Immunization Practices Provisional Recommendations for Measles-Mumps-Rubella (MMR) 'Evidence of Immunity' Requirements for Healthcare Personnel, 2009.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Use of Combination Measles, Mumps, Rubella and Varicella Vaccine. Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2010; 59(03):1-12.
  • Comité consultatif national de l'immunisation. « Déclaration sur le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle », Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 36(DCC-9), 2010, p. 1-22.
  • Comité consultatif national de l'immunisation. « Déclaration sur le vaccin contre les oreillons », Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 33(DCC-8), 2007, p. 1-10.
  • Comité consultatif national de l'immunisation. Recommandations mises à jour sur l'utilisation du vaccin contre la varicelle et du RRO chez les personnes infectées par le VIH. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2010; vol. 36(DCC-7):1-19.
  • Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI). Déclaration d'un comité consultatif (DCC) Comité consultatif national de l'immunisation. Utilisation du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour la prise en charge des éclosions d'oreillons au Canada, juillet 2021. Accès : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vaccins-immunisation/utilisation-vaccin-contre-rougeole-rubeole-oreillons-prise-charge-eclosions-canada.html
  • Cooney M.K., J.P. Fox et C.E. Hall. « The Seattle Virus Watch, VI. Observations of infections with and illness due to parainfluenza, mumps, and respiratory syncytial viruses and Mycoplasma pneumoniae », American Journal of Epidemiology, vol. 101, nº 6, p. 532-551, 1975.
  • Davidkin I, M. Valle et I. Julkunen. « Persistence of anti-mumps virus antibodies after a two-dose MMR vaccination at nine-year follow-up », Vaccine, vol. 13, nº 16, p. 1617-1622, 1995.
  • Duclos P. et B.J. Ward. « Measles vaccines: a review of adverse events », Drug Safety, vol. 19, nº 6, p. 435-454, 1998.
  • Falk W.A., K. Buchan, M. Dow, et al. « The epidemiology of mumps in Southern Alberta, 1980-1982 », American Journal of Epidemiology, vol. 130, nº 4, p. 736-749, 1989.
  • GlaxoSmithKline Inc. Monographie de PRIORIX®. Novembre 2008.
  • GlaxoSmithKline Inc. Monographie de PRIORIX-TETRAMD. Mai 2010.
  • Griffin M.R., W.A. Ray, E.A. Mortimer, et al. « Risk of seizures after measles-mumps-rubella Immunization », Pediatrics, vol. 88, nº 5, p. 881-885, 1991.
  • Jadavji, T., D. Scheifele et S. Halperin. « Thrombocytopenia after immunization of Canadian children, 1992 to 2001 », Pediatr Infect Dis J, vol. 22, nº 2 (2003), p. 119-122.
  • James J.M., A.W. Burks, P.K. Roberson, et al. « Safe administration of the measles vaccine to children allergic to eggs », New England Journal of Medicine, vol. 332, nº 19, p. 1262-1266, 1995.
  • Merck Frosst Canada Ltée. Monographie de M-M-R®II. Février 2009.
  • Miller E., M. Goldacre, S. Pugh, et al. « Risk of aseptic meningitis after measles, mumps and rubella vaccine in U.K. children », Lancet, vol. 341, nº 8851, p. 979-982, 1993.
  • Peltola H., O.P. Heinonen, M. Valle, et al. « The elimination of indigenous measles, mumps and rubella from Finland by a 12 year two-dose vaccination program », New England Journal of Medicine, vol. 331, nº 21, p. 1397-1402, 1994.
  • West R. et P.M. Roberts. « Measles, mumps and rubella vaccine: current safety issues », BioDrugs, vol. 12, nº 6, p. 423-429, 1999.
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :