Page 6 : Guide canadien d'immunisation : Partie 3 - Vaccination de populations particulières

Immunisation des patients/résidents dans les établissements de santé

Introduction

Dans les établissements de soins de courte durée et de soins de longue durée, il est important que l'immunisation fasse partie de plans de soins organisés au sein de chaque département renfermant des responsabilités claires quant à la planification, à la mise en œuvre et à l'évaluation. Il existe des preuves solides montrant que l'utilisation de rappels pour les fournisseurs de soins de santé et de règles de routine ou de directives médicales, de même que l'évaluation de la couverture vaccinale accompagnée de rétroaction aux fournisseurs de soins améliorent le taux de vaccination. Les programmes d'immunisation ou une augmentation du recours aux vaccins offerts ont été associés à une moins grande utilisation d'antibiotiques. La réduction de l'utilisation d'antibiotiques a varié entre 5 et 10 % dans des essais contrôlés aléatoires à des réductions relatives de 64 % dans des études d'observation.

Les calendriers de vaccination recommandés diffèrent d'une province et d'un territoire à l'autre; par conséquent, il faudrait prendre en considération les différences entre les calendriers avant de transférer un patient dans une autre province ou un autre territoire. En transférant un patient, il faut transmettre son état d'immunité à l'établissement d'accueil.

Établissements de soins de courte durée

L'hospitalisation de même que les visites à des cliniques externes ou au service des urgences constituent de bonnes occasions pour les fournisseurs de soins de santé d'évaluer l'état d'immunité et d'offrir la vaccination aux patients de tout âge. Pour les patients sans source régulière de soins de santé ou pour ceux qui sont suivis dans des cliniques spécialisées, les seules occasions pour l'immunisation peuvent être pendant les visites aux cliniques ou l'hospitalisation.

En plus des pratiques habituelles en milieu hospitalier, l'adoption de mesures anti-infectieuses supplémentaires peut être nécessaire lors de l'administration de vaccins vivants, notamment le vaccin contre la varicelle, le vaccin antirotavirus ou le vaccin antigrippal vivant atténué (VVAI). Par exemple, la transmission d'un virus atténué en cas d'apparition d'une éruption cutanée après la vaccination avec un vaccin contenant le virus de la varicelle, ou en cas d'excrétion virale après la vaccination contre le rotavirus, pourrait comporter un risque pour les patients gravement immunodéprimés. De même, les fournisseurs de soins de santé et autres personnes en contact étroit avec des patients gravement immunodéprimés doivent éviter tout contact avec ces patients pendant au moins deux semaines après avoir reçu le VVAI, en raison d'un risque théorique de transmission. Il est recommandé de consulter les experts en prévention des infections de l'hôpital. Les vaccins vivants ne sont généralement pas administrés à des patients immunodéprimés. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour de plus amples renseignements sur la vaccination de personnes immunodéprimées.

Il faudrait mettre en place des protocoles pour signaler les effets indésirables après l'immunisation dans les établissements de soins de courte durée. Il se peut que des patients soient admis à l'hôpital pour un effet indésirable grave se manifestant après la vaccination ou que des patients recevant un vaccin à l'hôpital subissent des effets indésirables. Tout effet indésirable après la vaccination qui entraîne une hospitalisation ou qui prolonge celle-ci est considéré comme un effet indésirable grave et doit être signalé sans délai. Pour de plus amples renseignements sur le signalement d'effets indésirables après la vaccination, veuillez consulter le chapitre Innocuité des vaccins de la partie 2.

Femmes enceintes

L'état d'immunité des femmes enceintes admises à l'hôpital doit être évalué, puis il faut prendre les mesures nécessaires pour l'optimiser. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3.

Nouveau-nés et nourrissons

Il faut prévoir une prophylaxie post-exposition (vaccin contre l'hépatite B et immunoglobuline antihépatite B) pour les nouveau-nés de mères infectées par l'hépatite B, et ce, dans les 12 heures suivant leur naissance. De plus, l'administration de la première dose du vaccin contre l'hépatite B à d'autres nouveau-nés à risque élevé d'exposition au virus de l'hépatite B peut être envisagée avant leur congé de l'hôpital. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite B de la partie 4.

Les unités néonatales de soins intensifs doivent avoir en place des programmes d'immunisation pour les nourrissons qui y demeurent pendant deux mois ou plus. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le chapitre Calendriers d'immunisation recommandés de la partie 1 et le chapitre Immunisation des nourrissons prématurés de la partie 3.

Femmes venant d'accoucher et autres personnes en contact étroit avec des nouveau-nés

Les femmes réceptives à la coqueluche, à la rubéole ou à la varicelle doivent recevoir le vaccin pertinent après l'accouchement et avant de recevoir leur congé de l'hôpital. Pour les femmes réceptives à la varicelle, il faut prévoir une deuxième dose du vaccin monovalent contre la varicelle au moins six semaines après la première dose. Durant la saison grippale, les femmes qui n'ont pas reçu le vaccin antigrippal pendant leur grossesse doivent également recevoir ce vaccin avant de quitter l'hôpital. Des mesures doivent être prises pour que les membres du foyer familial et autres proches prévoyant avoir des contacts réguliers avec le nourrisson optimisent leur état d'immunité. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le chapitre Calendriers d'immunisation recommandés de la partie 1.

Enfants et adolescents

Un séjour à l'hôpital peut constituer un moment idéal pour recevoir les vaccins systématiquement administrés au cours de l'enfance qui n'ont pas encore été reçus. Il peut être nécessaire de modifier les recommandations selon l'affection sous-jacente ayant entraîné l'hospitalisation. Pour de plus amples renseignements concernant les enfants et les adolescents hospitalisés atteints d'une immunodéficience ou subissant des traitements de chimiothérapie pour un trouble hématologique malin, veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3. Pour de plus amples renseignements sur les enfants et adolescents hospitalisés atteints d'affections chroniques, veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3.

Adultes

Il y a de plus en plus de vaccins recommandés pour les adultes; pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le chapitre Immunisation des adultes de la partie 3. Malgré l'augmentation des vaccins recommandés pour adultes, les jeunes adultes et adultes d'âge moyen, surtout les hommes, ont tendance à avoir moins de contacts avec le système de soins de santé que les enfants ou les personnes âgées; par conséquent, la vaccination opportuniste des adultes pendant l'hospitalisation est très importante.

Un grand nombre de troubles chroniques ou liés à l'immunosuppression sont associés à une réceptivité accrue aux complications de maladies évitables par la vaccination chez les adultes. Pour de plus amples renseignements concernant les adultes hospitalisés atteints du VIH ou d'autres troubles liés à l'immunodéficience, veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3. Pour de plus amples renseignements sur les adultes hospitalisés atteints d'affections chroniques, veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3.

Personnes âgées

L'admission de personnes âgées à l'hôpital constitue une occasion idéale pour optimiser l'état d'immunité de celles-ci. Des programmes efficaces pour la vaccination de patients âgés avant leur congé de l'hôpital ou pendant leur passage à une clinique feront en sorte qu'ils pourront être vaccinés pendant la période limitée durant laquelle le vaccin antigrippal est offert dans la collectivité. Le séjour à l'hôpital offre également l'occasion de déterminer la nécessité d'administrer le vaccin contre le tétanos et la diphtérie (Td) ou le vaccin dcaT, le vaccin contre le pneumocoque et le vaccin contre le zona. Pour de plus amples renseignements sur les patients atteints d'affections chroniques, veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3.

Établissements de soins de longue durée

Les résidents des établissements de soins de longue durée, y compris les enfants, doivent recevoir tous les vaccins systématiques prévus en fonction de leur âge et de leurs facteurs de risque. Il est particulièrement important d'envisager les vaccins suivants : le vaccin antigrippal, le vaccin contre le pneumocoque et contre le zona (à partir de 60 ans). Le vaccin Td est recommandé tous les 10 ans pour les adultes, et il pourrait s'agir d'un bon moment pour administrer également le vaccin antipoliomyélitique ou celui contre la coqueluche aux personnes non immunisées ou sous-immunisées.

La vaccination annuelle contre la grippe saisonnière est essentielle chez les adultes de tout âge dans les maisons de soins infirmiers ou les établissements de soins aux malades chroniques ou de soins continus. Des programmes et des stratégies devraient être mis en œuvre pour veiller à ce que la vaccination annuelle contre la grippe ait lieu. Les résidents des établissements de soins de longue durée qui ont des programmes permanents pour la grippe sont plus susceptibles d'être vaccinés. Les patients ou les personnes prenant des décisions en leur nom devraient être informés de la politique sur la vaccination de l'établissement au moment de l'admission. Il faudrait également tenter d'obtenir un consentement éclairé avant la saison de la grippe.

Pour de plus amples renseignements sur les recommandations en matière de vaccination de résidents ayant des troubles précis, veuillez consulter les chapitres Immunisation des sujets immunodéprimés et Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3.

Références choisies

  • Bardenheier BH, Shefer AM, Lu PJ, et al. Are standing order programs associated with influenza vaccination? NNHS, 2004. J Am Med Dir Assoc 2010 Nov; 11(9):654-61.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices: programmatic strategies to increase vaccination rates - assessment and feedback of provider-based vaccination coverage information. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 1996; 45(10):219-20.
  • Task Force on Community Preventive Services. The guide to community preventive services (site Web seulement disponible en anglais). Consulté en mars 2015. Accès : http://www.thecommunityguide.org/
  • Wilby, K.J., Werry, D. A review of the effect of immunization programs on antimicrobial utilization. Vaccine 2012; 30(46):6509-14.
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