ARCHIVÉ – Évaluation sommative de la phase II du projet Metropolis

Résumé

Contexte

Le projet Metropolis (« Metropolis ») mis sur pied conjointement par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) en 1995-1996 visait à soutenir la recherche et l’élaboration des politiques publiques sur la migration des populations, la diversité culturelle et les défis que représente l’intégration des immigrants dans les villes canadiennes. Financé par le CRSH et par un groupe de ministères et organismes fédéraux, le projet Metropolis est constitué de cinq centres d’excellence régionaux issus de partenariats entre les trois ordres de gouvernement, les chercheurs universitaires et les organismes communautaires. Le budget total de Metropolis pour la période de cinq ans allant de 2002-2003 à 2006-2007 était de 7 911 062 $.

La présente évaluation est organisée conjointement par CIC et le CRSH. Elle a pour objet de déterminer dans quelle mesure le projet Metropolis a réussi à transférer les connaissances acquises en cours de recherche aux décideurs du gouvernement. Elle porte tout particulièrement sur le transfert des connaissances à l’échelon fédéral (notamment aux ministères fédéraux participants). Elle repose sur de nombreuses sources de données : une revue de la littérature, la revue de documents, des entrevues auprès d’informateurs clés, des études de cas, des données administratives ainsi qu’une enquête. Les résultats sont regroupés en trois sections qui correspondent aux dimensions essentielles du transfert des connaissances – les méthodes de recherche, les produits et leur application (incidence).

Sont exclus de l’évaluation le volet international du projet Metropolis, étant donné qu’il ne reçoit pas de financement de base des partenaires fédéraux, ainsi que le centre d’excellence de l’Atlantique, parce qu’il a été créé au cours de la phase II.

Principales conclusions

Les centres Metropolis ont-ils intégré avec succès dans leurs plans de recherche les grandes questions stratégiques identifiées par les partenaires financiers fédéraux?

Dans l’ensemble, il ressort que les centres Metropolis ont remporté un succès limité pour ce qui est de l’intégration dans leurs plans de recherche des grandes questions stratégiques des partenaires financiers fédéraux. Le quart des répondants à l’enquête représentant des utilisateurs potentiels ont déclaré que leurs besoins et leurs priorités étaient « souvent » ou « toujours » intégrés dans les plans de recherche des centres, 24 % ont estimé qu’ils l’étaient « parfois » et 7 %, qu’ils ne l’étaient « jamais » ou l’étaient « rarement ». Les autres ont affirmé « ne pas savoir ». D’après les participants aux groupes de discussion, l’absence de rétroaction à la suite des journées de réflexion et des réunions sur la recherche les empêchait de dire si leurs commentaires avaient été intégrés aux recherches réalisées.

Quelques interviewés ont signalé que les recherches menées dépendaient des intérêts particuliers des chercheurs et de la qualité des propositions reçues par les centres en réponse à leurs appels de propositions.

Même si les partenaires financiers fédéraux ont mené un exercice collectif en vue de cerner onze priorités et que les centres se sont dotés de processus visant à obtenir des ministères leurs besoins en matière de politiques, il reste que très peu d’efforts soutenus ont été officiellement déployés en vue de s’informer des grandes questions stratégiques. Les participants aux groupes de discussion ont fait remarquer que les commentaires intégrés aux programmes de recherche étaient recueillis lors de conversations informelles ou dans le cadre de relations qu’ils avaient établies avec leur contact au Secrétariat ou dans les centres.

Est-ce que les centres, le Secrétariat et le groupe d’organismes fédéraux ont agi efficacement comme « courtiers du savoir »?

Le courtage du savoir [ note 1 ] s’est fait jusqu’à un certain point, mais la phase II du projet n’incluait pas formellement la transmission du savoir. Les entrevues et les études de cas ont révélé que le courtage des connaissances s’était effectué avec un certain succès et que le processus de transfert des connaissances reposait sur des conversations informelles ou encore sur les relations établies. Le personnel de recherche était en règle générale d’un avis plus positif. L’engagement des ministères fédéraux finançant le projet, qui a varié au fil du temps, a aussi joué.

Est-ce que les partenaires fédéraux consultent ou utilisent les recherches de Metropolis et est-ce que les ministères encouragent la consultation et l’utilisation dans le cadre de l’élaboration des politiques?

Dans l’ensemble, les utilisateurs des produits de la recherche les trouvent utiles. Toutefois, on constate que les ministères n’encouragent pas la consultation et l’utilisation des produits de la recherche de Metropolis. L’enquête menée auprès des utilisateurs potentiels a fait ressortir que la majorité d’entre eux leur ont attribué une cote soit « très utile » ou « assez utile ». Les produits jugés les plus utiles étaient les rapports et les publications et les groupes d’utilisateurs les plus enthousiastes étaient les chercheurs et les analystes des politiques des ministères fédéraux.

En règle générale, les répondants n’ont pas consacré beaucoup de temps à lire ou à consulter les documents de recherche ou à participer aux activités de diffusion de la recherche. Le tiers environ des répondants a laissé entendre que le temps consacré à lire des documents de recherche ou à participer à des événements de diffusion de la recherche était insuffisant pour répondre aux exigences de leur travail. Le principal obstacle invoqué était le manque de temps. D’après environ le quart des répondants à l’enquête, l’utilisation de la recherche et la participation à des activités de recherche ne figuraient pas parmi les priorités de leur gestionnaire ou ministère.

Est-ce que les produits de la recherche du projet Metropolis sont pertinents pour les décideurs du gouvernement?

Globalement, les produits de la recherche de Metropolis sont jugés utiles, en dépit de certaines réserves émises au sujet de leur lien avec les politiques. Soixante-dix pour cent des répondants à l’enquête ont déclaré que les recherches effectuées par Metropolis étaient utiles aux décideurs du gouvernement. Tous les partenaires financiers fédéraux sauf un ont reconnu que la recherche était pertinente. Toutefois, un peu plus du tiers des répondants à l’enquête et des utilisateurs ayant participé aux études de cas ont exprimé des réserves au sujet du lien entre les politiques et les recherches effectuées par Metropolis.

Les opinions des partenaires fédéraux et des personnes interrogées dans le cadre des études de cas étaient partagées lorsqu’on leur demandait de comparer la pertinence des produits de Metropolis avec celle des recherches d’autres sources. Même si le tiers environ des partenaires financiers interrogés estimait que la recherche de Metropolis est aussi pertinente que celle qui provient d’autres sources, un autre tiers a déclaré qu’elle l’était moins. Certains partenaires financiers fédéraux interrogés (5 sur 13) et répondants ayant participé aux études de cas (3 sur 8) s’interrogeaient sur le lien entre les politiques et les recherches menées par Metropolis.

L’exécution d’études comparatives, longitudinales et macro (notamment pancanadiennes) a été définie comme une priorité de la phase II du projet Metropolis. Ces études ont-elles été menées?

Les centres Metropolis ont effectué un certain nombre d’études comparatives, longitudinales et macro. La majorité des répondants ont déclaré être satisfaits de la mesure dans laquelle les centres ont effectué ce genre d’analyses. Quant aux utilisateurs potentiels des produits de recherche de Metropolis (particulièrement ceux qui jouent un rôle en matière de recherche et d’élaboration de politiques et ceux de la RCN), ils ont déclaré que ce genre d’analyses est important pour l’exercice de leurs fonctions.

Les personnes interrogées dans le cadre des études de cas et les participants aux groupes de discussion ont souligné le manque de fonds consacrés aux études de grande envergure. Ils ont également fait remarquer que le financement était accordé sur une base annuelle, mais que les études de grande envergure s’étalent habituellement sur plusieurs années. Les centres Metropolis ont tendance à privilégier leurs « propres » chercheurs lorsqu’ils versent des fonds, plutôt que des chercheurs de diverses régions du pays, ce qui pourrait être nécessaire pour mener des études pancanadiennes. Enfin, les centres Metropolis ne peuvent financer que les projets de recherche pour lesquels ils ont reçu des propositions, et durant la phase II, les mesures mises en place pour encourager les chercheurs à proposer et à entreprendre des études plus complexes et de plus grande envergure ont été limitées.

Est-ce que les connaissances issues des recherches menées par Metropolis ont servi à éclairer ou à influencer l’élaboration de la politique gouvernementale?

Les recherches de Metropolis auraient été consultées par les décideurs, mais elles ne semblent pas avoir beaucoup d’influence sur l’élaboration des politiques. Près de 40 % des utilisateurs potentiels interrogés ont déclaré que les recherches de Metropolis avaient été utilisées pour orienter les discussions entourant l’élaboration des politiques. Chez les analystes des politiques, ce pourcentage atteint 79 %.

Les opinions des partenaires fédéraux et personnes interrogées dans le cadre des études de cas étaient partagées quant à l’éventuelle influence qu’auraient eue les produits de la recherche sur l’élaboration des politiques. En effet, la moitié environ a déclaré qu’ils avaient effectivement éclairé le débat, tandis que l’autre moitié était d’avis contraire.

Le critère utilisé pour évaluer l’incidence, soit l’utilité des recherches pour orienter l’élaboration des politiques, est moins rigoureux que leur influence sur l’élaboration des politiques. La mesure dans laquelle les recherches de Metropolis ont directement influencé l’élaboration de politiques est difficile à établir. En effet, les personnes interviewées et les participants aux études de cas ont éprouvé de la difficulté à citer des documents de politique précis sur lesquels les recherches de Metropolis ont eu une influence. La recherche était considérée comme l’un des intrants, parmi de nombreux autres, du processus d’élaboration de politiques.

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1. Le courtage du savoir se définit comme l’établissement de relations et de réseaux entre chercheurs et utilisateurs du produit de recherche en vue de faciliter le transfert et l’utilisation des connaissances existantes et de soutenir la production de nouvelles connaissances favorisant l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes.

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