ARCHIVÉ – Analyse des données sur les niveaux de compétence linguistique canadiens issues de l’enquête sur la langue (Citoyenneté)

Introduction

À l’été 2006, Citoyenneté et Immigration Canada a demandé la réalisation d’une analyse complète d’un ensemble de données existant. Les données pour l’essai pilote ont été recueillies dans six villes auprès d’immigrants qui étaient en attente de passer leur examen pour la citoyenneté. Les évaluateurs ont administré la composante combinée de la compréhension et de l’expression de l’outil de l’Évaluation selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (ENCLC). Les participants ont en outre fourni des renseignements d’ordre démographique sur un large éventail de variables. Cette recherche visait principalement à examiner les relations entre ces variables et la compétence linguistique des immigrants, telle qu’elle est déterminée par les notes à l’ENCLC. Les variables qui présentaient un intérêt étaient le genre, la langue maternelle, le pays d’origine, la durée de la résidence au Canada, la nature des cours de langue (CLIC ou autres), la formation linguistique à temps plein plutôt que la formation à temps partiel, la durée de la formation linguistique en mois, le niveau d’études, l’âge (chronologique), l’âge à l’arrivée, le résultat à l’examen pour la citoyenneté, le statut d’immigration et la langue utilisée au travail.

Dans ce rapport, nous présenterons un aperçu des caractéristiques des participants admissibles à l’étude, puis une analyse des relations qui existent entre les notes obtenues à l’ENCLC et les variables liées aux participants. Nous présenterons également d’autres analyses corrélationnelles et de régression. Les problèmes liés aux ensembles de données seront exposés, et enfin, nous ferons des recommandations au sujet de recherches futures.

Définition de « cas admissible »

Pour les besoins de notre étude, nous avons défini un « cas admissible » comme une personne dont la langue maternelle n’est pas une langue officielle, qui a achevé l’ENCLC et qui a donné son consentement à participer à l’étude. Il y avait au départ un total de 3828 cas, qui ont été réduits par la suite à 3827 répondant à ces critères (un des cas a été perdu au cours de l’analyse).

Caractéristiques des cas

Il y avait un peu plus de participantes (53,9 %) que de participants (46,1 %). L’âge des participants variait de 18 à 61 ans, la moyenne se situant autour de 35,9 ans. L’âge au moment de l’immigration variait de 3 à 56 ans, la moyenne se situant autour de 30 ans. La durée de la résidence au Canada variait de 2 à 26 ans, la moyenne se situant autour de 5,9 ans. Selon la catégorie d’immigration déclarée par les participants, 20 p. 100 étaient des réfugiés, 34 p. 100 étaient dans la catégorie de la famille et 46 p. 100 étaient dans la catégorie des immigrants indépendants.

Pays

Seulement 3 pays ont contribué pour plus de 5 p. 100 des répondants – la Chine (19,3 %), l’Inde (10,1 %) et les Philippines (8,4 %) – pour un total combiné de 37,8 %. En outre, 20 autres pays ont contribué pour au moins 1 p. 100 du nombre total de cas chacun. Voir l’annexe A pour une répartition selon le pays.

Langues

Plus de 108 langues maternelles ont été représentées. Il est impossible de donner un chiffre exact en raison de la classification assez vague ou d’éventuelles erreurs de classifications lors des entrevues. Par exemple, certains ont déclaré parler le « chinois » (vague), le « suisse » (il n’existe pas de langue de ce nom), ou le gad (impossible de savoir s’il s’agit d’une abréviation pour une langue comme le gaddang). Les 5 langues maternelles les plus fréquemment citées, chacune représentant plus de 5 p. 100 du total des cas admissibles, étaient le mandarin (15 %), le cantonais (7,5 %), le tagalog (7,4 %), le punjabi (6,5 %) et l’arabe (5,8 %). En outre, 18 autres langues ont contribué pour au moins 1 p. 100 du nombre total de cas chacune. Le tableau 1 présente une répartition selon les groupes linguistiques (voir la discussion ci-après) de cas admissibles ainsi que le nombre de locuteurs anglais et français.

Tableau 1: Locuteurs natifs de l’anglais, du français et cas selon le groupe linguistique.
Langue N Langue N
Mandarin 575 Tamil-dravidien 133
Anglais 513 Coréen-japonais 117
Hindi-Punjabi 350 Serbo-croate 106
Sémitique 267 Autre langue slave 111
Philippin-indonésien 301 Roman 117
Cantonais 289 Autres langues 98
Iranien 260 Vietnamien-cambodgien 59
Somali-Oromo 247 Niger-Congo 49
Autre langue indienne d’Asie 223 Turc 28
Autre langue chinoise 191 Français 31
Autre langue européenne 166    
Russe-ukrainien 140 Total 4 371

Cours de langue

The Les cas étaient répartis presque à parts égales entre ceux ayant suivi leurs cours de langue au Canada (50,7 %) et ceux qui les avaient suivis ailleurs (49,3 %). La durée des cours variait et pouvait atteindre aussi longtemps que 114 mois, la médiane se situant à 6,0 mois. Près des deux tiers (61,3 %) des personnes ayant suivi des cours de langue l’avaient fait à temps plein, tandis que 38,7 p. 100 avaient pris des cours à temps partiel. Au chapitre des progrès dans les cours de langue, seulement 6,2 p. 100 ont mentionné avoir achevé leurs cours de langue, tandis que 67,7 p. 100 ont déclaré qu’ils les suivaient toujours, et que 26,1 p. 100 confiaient ne pas avoir achevé leurs cours de langue et ne plus étudier en vue d’apprendre une langue officielle.

L’examen de la figure 1 révèle que 42,5 p. 100 de ceux qui ont suivi des cours l’ont fait par l’entremise des CLIC, tandis que 34,2 p. 100 ont suivi des cours payants sur les langues officielles, et que 23,3 p. 100 ont étudié une langue officielle à l’école secondaire, au collège ou à l’université. Une analyse du khi-carré n’a montré aucune différence entre les catégories d’immigration pour ce qui est de la participation aux trois groupes de formation linguistique (khi carré [df = 4], 4,22, p = 0,377).

Figure 1 : Source de la formation linguistique.

Source de la formation linguistique
Source de la formation linguistique
Source Pourcentage
CLIC 42,5
Cours payants 34,2
École-secondaire/ Collège/ Université 23,3

Études faites au Canada

Le manque de renseignements fournis par les participants au sujet de leurs études dans leur pays d’origine réduit considérablement l’utilité de l’information au sujet des études faites au Canada. La moitié des participants (49,7 %) ont fait des études en bonne et due forme au Canada. Toutefois, on a pu enregistrer un niveau pour seulement 62 p. 100 de ces cas. Les données sur le niveau d’études sont donc d’une valeur restreinte. Il vaut la peine de mentionner que presque la moitié des participants ayant indiqué le genre d’études qu’ils avaient suivie ont précisé qu’il s’agissait d’études universitaires ou collégiales (voir le tableau 2). La deuxième réponse la plus courante était l’éducation permanente, mais malheureusement, compte tenu de la grande diversité de l’offre dans cette catégorie (incluant les cours de langue), il est impossible d’en tirer des conclusions significatives.

Tableau 2: Études au Canada suivies par les participants.
Niveau d’études Pourcentage
Diplôme universitaire ou collégial 46,5
Éducation permanente 23,5
Études secondaires 12,3
Formation en informatique 11,5
Apprentissage 6,2

Les deux tiers des personnes ayant suivi des programmes d’enseignement régulier au Canada étaient des étudiants à temps plein. Soixante-et-un pour cent ont déclaré avoir achevé leur programme d’études, 26 p. 100 étaient toujours aux études, et les 14 p. 100 qui restent ont déclaré que leur statut était incomplet.

Profession

Pour pouvoir interpréter et analyser les questions sur les emplois les plus récents et les plus longs, nous avons recodé les données à l’aide du système de la Classification nationale des professions (CNP). Nous avons ainsi obtenu 26 catégories; le nombre de participants employés dans chaque profession est montré au tableau 6. Seulement sept catégories ont compté pour plus de 5 p. 100 du total des participants chacune. Lorsque nous avons comparé les emplois récents avec les emplois occupés depuis le plus longtemps, nous n’avons découvert pratiquement aucune différence; encore une fois, les même sept catégories comptaient pour plus de 5 p. 100 du total des participants. La seule différence digne de mention est le changement de position dans les catégories des emplois de bureau et des emplois professionnels dans les sciences naturelles et appliquées. En effet, selon les données sur l’emploi le plus récent, 8,3 p. 100 des participants admissibles ont déclaré occuper un emploi de bureau, et 8,1 p. 100 ont dit occuper un emploi professionnel dans les sciences naturelles et appliquées. Ces chiffres sont légèrement différents pour ce qui est de la catégorie de l’emploi occupé depuis le plus longtemps, puisque l’on obtient alors 8,0 p. 100 des répondants dans un emploi professionnel dans les sciences naturelles et appliquées, 7,8 p. 100 dans un emploi de bureau. Compte tenu des différences tellement infimes entre ces deux analyses, nous n’avons déclaré que les emplois les plus récents.

Langue parlée au travail

Plus de 85 p. 100 des participants ont déclaré utiliser principalement une langue officielle au travail dans leur emploi le plus récent : 81,4 p. 100 des cas ont déclaré l’anglais, tandis que 4 p. 100 ont déclaré le français. La catégorie la plus courante parmi les langues non officielles était le chinois : chinois (3,4 %), cantonais (2,9 %) et mandarin (2,4 %). Aucune autre langue n’a contribué pour plus de 1 p. 100 du total des cas. Les constatations relatives à la langue utilisée le plus souvent au travail dans le cadre de l’emploi occupé depuis le plus longtemps sont remarquablement semblables à celles correspondant aux pourcentages pour l’emploi le plus récent.

Renseignements sur l’examen pour la citoyenneté

La note de passage globale pour l’examen pour la citoyenneté était de 96,2 p. 100. Quatre-vingt dix-huit pour cent des locuteurs d’expression anglaise et 100 p. 100 des locuteurs d’expression française ont réussi l’examen, tandis que 95,9 p. 100 des participants ayant une autre langue maternelle ont réussi l’examen. Il n’y avait pas de différence significative sur le plan statistique entre les trois groupes (khi carré [df = 2] = 4,02, p = 0,134). Et il n’y avait pas non plus de différence entre les notes moyennes pour l’examen, les locuteurs anglais ayant obtenu en moyenne 18,8/20, tandis que les locuteurs français avaient obtenu en moyenne 19,2 et que les locuteurs d’autres langues obtenaient en moyenne 18,5, F (2, 2562) = 2,58, p = 0,076.

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