Les expériences des nouveaux Canadiens sur le plan du logement : d’après l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC)

Sommaire

Dans le présent rapport, nous mettons en relief plusieurs aspects des expériences résidentielles des immigrants récents au Canada. Nous utilisons l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC) pour décrire les expériences de familiarisation des nouveaux arrivants avec le marché du logement au Canada. Après avoir décrit le contexte historique de l’immigration au Canada dans la première section, nous nous penchons dans la section suivante sur l’abordabilité du logement et sur la façon dont cette abordabilité varie selon la région métropolitaine de recensement, la catégorie d’immigrant, le pays d’origine et l’appartenance à une minorité visible. Dans cette deuxième section, l’analyse compare essentiellement les propriétaires et les locataires. Dans la troisième section, nous faisons appel à l’analyse multidimensionnelle pour déterminer les facteurs qui permettent aux locataires de la vague 1 de devenir des propriétaires à la vague 3. Nous terminons par l’examen de certaines conséquences sur le plan de la politique et nous faisons des recommandations en vue de recherches ultérieures.

Constatations

Dans l’ensemble, nos constatons que les immigrants s’établissent très rapidement dans le marché du logement; si nombre d’entre eux éprouvent des difficultés les premières années, ils semblent résolus à les surmonter pour assurer leur mobilité résidentielle. De fait, après seulement quatre ans, la plupart ont triomphé des problèmes découlant de l’inabordabilité qu’ils avaient rencontrés au départ; beaucoup ont même acheté une maison, ce qui donne à penser qu’ils se sont également familiarisés avec le marché hypothécaire et le marché du travail du Canada.

Dans la première section du rapport, nous décrivons l’ELIC et exposons le fondement théorique général qui permet de mieux comprendre les résultats de l’intégration des immigrants au Canada, par exemple au chapitre du logement. Nous présentons ensuite dans la deuxième section les premiers travaux de recherche menés sur l’immigration et le logement, suivis d’une analyse descriptive des expériences des immigrants sur le plan du logement. La deuxième section se veut principalement une analyse bidimensionnelle des coûts d’habitation selon des caractéristiques pertinentes au logement. Une analyse multidimensionnelle des déterminants de l’accession à la propriété suit dans la troisième section. L’accession à la propriété en tant que résultat revêt un intérêt dans la présente étude parce que la propriété demeure le mode d’habitation le plus courant au Canada et que, à mesure que les immigrants s’intègrent à la société canadienne, c’est celui qui les intéresse le plus. Par conséquent, l’accession à la propriété représente un jalon important du point de vue de la mobilité résidentielle et socioéconomique des immigrants.

Conclusion

Dans l’ensemble, notre étude brosse un tableau plutôt positif d’une cohorte d’immigrants au Canada. Même si la quasi-totalité des nouveaux arrivants sont aux prises avec d’importants problèmes associés à l’inabordabilité du logement au moment de leur arrivée, la plupart parviennent à trouver un logement abordable durant la période d’observation de quatre ans de l’ELIC. Plus de la moitié de ceux qui continuent de faire partie de l’échantillon sont propriétaires après seulement quatre ans. Ce rythme de progression est remarquable, et confirme dans une certaine mesure que les immigrants s’intègrent rapidement à la société canadienne.

Si l’aperçu général est positif pour les répondants de l’ELIC, certaines tendances méritent toutefois qu’on les examine de façon plus approfondie dans des recherches ultérieures. Premièrement, il semble que les difficultés liées à l’inabordabilité soient critiques pour les locataires d’Ottawa et pour les propriétaires de Toronto et de Vancouver; en effet, bien que le marché du logement se soit un peu calmé au cours des dernières années, un nombre important de nouveaux arrivants dans ces villes consacrent vraisemblablement davantage de ressources au logement que ceux de leurs semblables qui habitent ailleurs au Canada. D’ailleurs, c’est probablement le cas de tous les nouveaux entrants sur le marché du logement dans ces villes, ce n’est pas un problème propre aux immigrants. Deuxièmement, il semble également que les membres de certaines minorités visibles éprouvent davantage de problèmes que les autres dans le marché du logement, en particulier les immigrants originaires de l’Asie occidentale. La ventilation par pays d’origine fait ressortir que les Africains et les Moyen-Orientaux sont aux prises avec les plus grandes difficultés liées à l’inabordabilité. Des variations importantes se dégagent aussi selon la catégorie d’admission et, dans ce cas, ce sont les réfugiés qui se heurtent aux plus grandes difficultés.

La présente étude donne aussi à penser, entre autres choses, que même s’il est probablement important de fournir aux nouveaux arrivants de l’information et un soutien au logement, c’est aux immigrants mêmes qu’il faut principalement attribuer l’amélioration des résultats sur le plan du logement. Les loyers baissent rapidement en pourcentage du revenu pour la plupart des groupes, les taux d’accession à la propriété grimpent rapidement et les coûts d’habitation (pour un grand nombre) s’apparentent rapidement à ceux des autres habitants de la même région métropolitaine de recensement. On peut en déduire que la plupart des nouveaux arrivants au Canada tirent leur épingle du jeu, à l’instar de ceux qui les ont précédés, dans le marché privé du logement canadien. Cela ne veut aucunement dire que ces gens n’éprouvent pas de difficultés à d’autres égards de leur intégration (par exemple le marché du travail), mais plutôt qu’ils réussissent bel et bien à s’intégrer au marché du logement canadien malgré ces autres obstacles. Avec toutes les données dont nous disposons, il serait intéressant de se pencher dans une étude ultérieure sur la façon dont les immigrants récents parviennent à s’intégrer au marché du logement au Canada par rapport aux cohortes précédentes. Comptent-ils davantage ou moins sur le réseau des relations familiales? Sur le patrimoine qu’ils possèdent à leur arrivée? Sur le marché hypothécaire conventionnel? Nous répondons en partie à ces questions dans le présent rapport, mais il reste beaucoup de points à approfondir.

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