Ligne d'effort 5 : Partenariats

Le défi

La nature de la technique en matière d’IA est de nature collaborative — et souvent extérieure à la défense. À l’interne, la mise en œuvre et l’exploitation de l’IA nécessiteront la collaboration de nombreux membres de l’Équipe de la Défense, mais ce n’est que le début. À l’échelle mondiale, bien que l’on ait revendiqué que la recherche en matière de défense était à l’avant-garde de la technologie, les techniques et les applications d’IA les plus perfectionnées se trouvent aujourd’hui généralement dans l’industrie privée, le milieu universitaire et la communauté « source ouverte ». Le MDN et les FAC doivent donc être ouverts à l’acquisition, à la co-conception, à la co-élaboration, à la mise à l’essai et à la validation en collaboration avec des partenaires fiables. En outre, l’adoption de technologies basées sur l’IA nécessitera une coopération internationale entre des pays qui partagent les mêmes valeurs pour élaborer des principes, des politiques et des normes et en convenir ainsi pour développer et protéger des infrastructures numériques et une chaîne d’approvisionnement sécurisés avec les bonnes analyses.

À l’heure actuelle, l’IA au sein du MDN et des FAC nécessite une coordination qui découlerait de partenariats. Le MDN et les FAC doivent continuer d’exploiter activement des possibilités de collaboration en matière de défense, de sécurité et de sûreté avec des partenaires d’autres ministères et organismes, de l’industrie, du milieu universitaire et des alliés internationaux afin de maximiser les avantages stratégiques de l’écosystème d’innovation du Canada et de le protéger contre les adversaires et les menaces. Les activités d’engagement, de mobilisation et de sensibilisation doivent couvrir l’ensemble du spectre de l’innovation, y compris l’échange de renseignements scientifiques, techniques et de personnel, le partage de données, des cadres élaborés conjointement, des essais, des expériences, des démonstrations de technologies conceptuelles de pointe et la consultation de communautés de pratique.

Ce que nous devons faire

Nous devons veiller à ce que l’innovation soit adaptable et interopérable. L’élaboration d’une vision stratégique en matière d’IA harmonisée avec les alliés de la défense du Canada, y compris le partenariat avec le Groupe des cinq, le Programme de coopération technique (TTCP) et nos alliés de l’OTAN, permettra au MDN et aux FAC de prioriser et de poursuivre la recherche en matière d’IA relative aux capacités interopérables, tout en partageant les pratiques exemplaires actuelles concernant l’élaboration d’une capacité militaire en matière d’IA et la formation du personnel quant à son utilisation. Cela offrira également des possibilités d’investissement stratégique dans des technologies qui compléteront celles de nos partenaires de défense.

Nous devons nous employer à développer et à exploiter un écosystème d’IA en matière de défense et de sécurité. Le Canada, ainsi que le MDN et les FAC, bénéficie du développement des talents et de la concurrence dans le domaine de l’IA. Il est dans l’intérêt du MDN et des FAC de favoriser un écosystème d’innovation en matière de défense dynamique, diversifié, souple et réactif en tirant parti de celui déjà créé en vertu de la Stratégie d’IA pancanadienne et administré par l’Institut canadien de recherches avancées (CIFAR). L’expérience du CIFAR prouve clairement que cela est possible. Toutefois, il faudra des outils novateurs en matière de collaboration avec l’industrie, le milieu universitaire et des partenaires non traditionnels afin de maximiser la détermination et l’exploitation de capacités conjointes, d’accélérer les acquisitions et de faciliter l’accès à des experts en vue d’affectations de courte durée. À cette fin, nous devrons identifier des possibilités en matière de double usage ou spécifiques à la défense et collaborer avec des petites et moyennes entreprises pour mettre en œuvre des capacités à usage limité et évolutives. Cela nécessitera également des efforts pour surmonter les obstacles à la participation efficace de l’industrie, à l’harmonisation de l’infrastructure numérique qui soutient la collaboration externe et à la protection de la propriété intellectuelle. Enfin, il faudra un engagement à long terme en matière d’investissement au-delà d’une expérimentation à grande échelle.

Nous devons continuer d’innover en partenariat avec des secteurs externes. Des partenariats solides avec le secteur privé et des établissements universitaires à la fine pointe des avancées en matière d’IA seront essentiels à toutes les étapes du cycle de vie de l’IA, notamment la recherche, la validation, la certification, la mise en service, le maintien et la mise hors service. Le MDN et les FAC doivent accroître leurs partenariats avec le milieu universitaire et l’industrie pour identifier, définir, financer et permettre des percées dans le domaine de l’IA. Cette collaboration devrait comprendre des modèles de financement traditionnels et des initiatives existantes telles que la Mobilisation des idées nouvelles en matière de défense et de sécurité (MINDS) et Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS); toutefois, elle devrait également comporter une utilisation accrue d’approches novatrices, comme de grands défis, des marathons de programmation et des séances de conception créative avec de jeunes entreprises et des intégrateurs pour concevoir et élaborer conjointement des solutions basées sur l’IA à la fine pointe de la technologie. Nous devons également explorer des partenariats non traditionnels. La défense a beaucoup à apprendre de partenaires non traditionnels tels que la société civile, les secteurs non techniques du milieu universitaire et la communauté « source ouverte ».

Nous devons approfondir la collaboration avec d’autres ministères pour générer des gains d’efficacité et une approche commune. Aux fins d’économie d’effort et d’interopérabilité, le MDN et les FAC doivent s’employer à co-élaborer et à échanger des capacités d’IA avec d’autres ministères, en particulier avec les ministères et les organismes avec lesquels nous partageons des responsabilités en matière de sécurité nationale. Une approche pangouvernementale permettra un transfert de technologie, une amélioration de l’établissement de relations externes et de partenariats, ainsi que l’acquisition d’une technologie d’IA profitable pour tous les domaines.

Nous devons établir des lignes directrices pour veiller à ce que nos partenariats soient fiables et sûrs. Nous savons que nos alliés, l’industrie et le milieu universitaire sont constamment ciblés par des adversaires potentiels, de sorte que notre dépendance à l’égard de partenaires en matière d’IA pourrait constituer une source de vulnérabilité stratégique. Cela s’applique en particulier aux technologies à double usage. Les chercheurs universitaires travaillent souvent au sein de réseaux mondiaux dont les limites et l’adhésion peuvent être difficiles à protéger, alors que des entreprises canadiennes continuent de faire l’objet d’un espionnage industriel et peuvent éprouver des vulnérabilités liées à leur chaîne d’approvisionnement. Nous devons donc investir dans la recherche et le développement de lignes directrices afin de veiller à ce que nos partenariats soient convenablement protégés contre les menaces extérieures.

Comment nous nous y prendrons

  1. Renforcer les partenariats stratégiques et la collaboration avec nos alliés en matière de nouvelles capacités, de pratiques exemplaires et de leçons retenues. À cet égard, nous devrions développer notre collaboration stratégique avec le Groupe des cinq, le TTCP et l’OTAN, mais aussi approfondir la coopération bilatérale avec des pays fiables dans des domaines précis d’intérêt commun.
  2. Contribuer à améliorer le processus d’approvisionnement pour soutenir le développement et l’acquisition d’une IA qui permet d’équilibrer la sûreté, la sécurité, l’éthique et la nécessité de maintenir une souplesse et une agilité. Nous devons continuer de collaborer avec Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) pour déterminer les exigences précises et les possibilités visant à simplifier et à accélérer les processus d’approvisionnement. Cela réduira les obstacles administratifs à la participation d’innovateurs canadiens, accroîtra la diversité des fournisseurs et améliorera les perspectives économiques et sociales pour les groupes sous-représentés. Les changements relatifs à l’approvisionnement devraient également encourager les organisations à identifier l’IA et ses bases techniques, telles que les infrastructures de données et numériques, dans les exigences en matière de capacités.
  3. Contribuer à des activités qui favorisent des infrastructures de données sécurisées et fiables et le partage avec nos partenaires et nos alliés, en travaillant à bâtir des ensembles de données communs pour élaborer des solutions interopérables.
  4. Renforcer les liens avec le milieu universitaire pour favoriser le développement des compétences en appui aux exigences en matière de défense. Nous devons favoriser des partenariats novateurs au moyen d’échanges de personnel, comme l’initiative de mobilité, pour permettre l’échange de personnel entre les partenaires d’IDEeS. Nous devons également rechercher des possibilités de nouveaux parcours de formation pour établir un bassin de talents en matière de défense.
  5. Développer et favoriser davantage l’écosystème d’innovation en matière de défense et de sécurité en partenariat avec l’écosystème d’innovation pancanadien en matière d’IA. Nous devons explorer des pistes de partage de compétences et d’affectations pour déployer les talents de manière souple dans tous les secteurs. Nous devrons également accroître les liens et le soutien à l’égard de solutions novatrices face aux défis en matière de défense et favoriser des processus permettant d’étendre ces initiatives à l’ensemble de l’Équipe de la Défense. Cela pourrait comprendre des mécanismes existants, tels que les centres de recherche ainsi que les programmes MINDS et IDEeS, mais aussi de nouvelles lignes de financement à l’appui des capacités et des mécanismes militaires prioritaires pour proposer des défis à l’industrie. Ce faisant, nous devrons adopter une approche stratégique en matière de recherche et développement dans les domaines où nous pourrons prendre appui sur les atouts existants du Canada.
  6. Collaborer avec des partenaires gouvernementaux pour veiller à ce que les intérêts en matière de défense et de sécurité soient pris en compte dans la conception de l’écosystème d’innovation canadien. L’écosystème d’innovation devra être protégé contre les actes d’adversaires et soutenu pour établir des liens avec l’environnement de la défense. À cet égard, nous devrions accorder une attention à la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et à la nécessité d’un contrôle des exportations concernant les technologies canadiennes sensibles. Nous devrons également assurer une cohésion et une cohérence dans le domaine de la réglementation afin de réduire les fardeaux administratifs liés à la conformité imposés aux non-spécialistes.

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